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Full text of "Dictionnaire de littérature Chrétienne"

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NOUVELLE 



r 



ENCYCLOPEDIE 

THÈOLOGIQUE , 

ou NOCYELLE 

SiRIB DB DICTIONNAIRES SUR TOUTES LES PARTIES DE LÀ SCIENCE RELIGIEUSE , 

OrrRAlffT, EN rHANÇAIS ET PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE, 

LA PLUS CLAIRE, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE, LA PLUS VARIÉE '' 

ET LA PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOGIES. 

CES DICTIONNAIRES SONT CEUX : 

DES LIVRES APOCRYPHES, — DES DÉCRETS DES CONGRÉGATIONS ROMAINES, 
•— DE DISCIPLINE ECCLÉSIASTIQUE, — DE LÉGISLATION MIXTE, THÉORIQUE ET PRATIQUE, — DE PATROLOGIE, 
DE BIOGRAPHIE CHRÉTIENNE ET ANTI-CHRÉTIENNE , — DES CONFRÉRIES , — d'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUB , 
— DES CROISADES,— DES MISSIONS, — DES LÉGENDES, — d'aNECDOTES CHRÉTIENNES, — 

d'ascétisme, DES INVOCATIONS A LA VIERGE, ET DES INDULGENCES, 
^ — DES PROPHÉTIES ET DES MIRACLES , — DE BIBLIOGRAPHIE CATHOLIQUE , 
ï.,» ~^ ÉRUDITION ECCLÉSIASTIQUE,— DE STATISTIQUE CHRÉTIENNE, — D'ÉCONOMIE CHARITABLE , 

— DES PERSÉCUTIONS, — DES ERREURS SOCIALISTES, 
— DE PHILOSOPHIE CATHOLIQUE, — DE PHYSIOLOGIE SPIRITUALISTE, — d'aNTIPHILOSOPHISME, — 

DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES, — 

DE LA CHAIRE CHRÉTIENNE, — D'ÉLOQUENCE, irf., — DE LITTÉRATURE, irf., — d'aRCHÉOLOGIE , id., 

— D ARCHITE'-.TURE, DE PEINTURE ET DE SCULPTURE, id., — DE NUMISMATIQUE, td., — d'hÉRALDIQUE , i</., 

■ '^^ MUSIQUE, id., — DE PALÉONTOLOGIE, Jrf., —DE BOTANIQUE, id., —DE ZOOLOGIE, id., 

— DE MÉDECINE USUELLE, —DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS, ETC. 

PUBLIÉE 

PAR M. L'ABBÉ MIGNE, 

ASITBUR sa LA BIBLIOTB&QUE UNIVBRBBI.&B DU G&BROÉ. 

OU 
DES COVM COMPUTS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE. 

WaX : e F». LE YOt. POUR LE SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION TNTIÈRE, 7 FR., 8 FR., ET MÊME 10 FR. POUR LB 

•OLSCRIPTEUR A TEL OU TEL DICTIONNAIRE PARTICULIER, 



TOME TROISIEME. 



►•■•- 



DICTIONNAIRE DE BIOGRAPHIE CHRÉTIENNE ET ANTI-CHRÉTIENNE, 

3 VOLUMES, PRIX : 24 rsANCf. 

TOMB TROISIÈMB. 



.-JJ- 



S'IMPBIMK ET SE VE\D CHET: J.-P. MîG^E , ÉDITEUR, 

AUX ATELIERS CATiiOLIQUES, RUE D'A.VÎBOISE, AU PETIT-MONTROUGE, 

BARRIÈRE d'kNFER DE PARiS. 



1851 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/dictionnairedeli03pr 



DICTIONNAIRE 



DE 



BIOGRAPHIE 

CHRÈTIEME ET MTHHRÉTIENNE , 

PRÉSENTANT LA VIE : 

!• DES PERSONNAGES HISTORIQUES DE TOUS LES PAYS QUI SE SONT SIGNALÉS COMME APOLOGISTES ET DÉFENSEUAS 

DE LA RÉVÉLATION, PAR LEURS OUVRAGF.S, LEUR VIE OU LEUR MORT, AVANT ET DEPUIS l'ÈRE CHRÉTIENNE, 

2° CELLE DE TOUS LF.S HÉRÉSIARQUES, CUEÇS *E-SBC*E, SOPHISTES, INCRÉDULES, 

PHILOSOPHES ATHÉES, DÉISTES OU RÉVOLUTIONNAIRES, ETC., QUI ONT TROUBLÉ LA PAIX DE l'ÉCLISE, 

ET QUI ONT COMBATTU LINFLUENCE ET LES PROGRÈS DE CA RELIGION ; 

3* CELLE DES ÉCRIVAINS, PROSATEURS ET POÈTES, QUI ONT PUBLIÉ DES OUVRAGES SUR, POUR OU CONTRE LA RELIGION 

AVEC LA NOMENCLATURE EXACTE ET DÉTAILLÉE DE CES ÉCRITS, ETC., ETC. ; 

Ouvrage dont le fond emprunté à FELLBZl 

k ÉTÉ CORRIGÉ ET TRÈS-SOUVENT REFONDU d'aPRÈS LES INDICATIONS DE LA CRITIQUE ET DE LA BIBLIOGRAPIIIK 

CONTEMPORAINES; 
ENRICHI d'une foule DE NOTICES DONT UN GRAND NOMBRE NE SE TROUVENT 

DANS AUCUN DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, et prolongé jusqu'à l'année 1850 inclusivement; 

Membre de plusieurs sociétés savantes de Paris et de Lyon, auteur de VlnslUulioti du dimanche considérée iOUS la 
rapports hygiénique, économique, moral, social el religieux, et de plusieurs autres ouvrages coaronnés. 

PUBLIE 

PAR M. L'ABBÊ MIGNE , 

ÉOITBUR Dn ImÉl. bibliothèque UNIVEBSBLIiB do OIiBBCIÉ, 

00 
DES COVRt COatVLBTS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCL&SIASTIQUS. 



8 TOL. PRIX : 2k FBAHCS. 



TOME TROISIEME. 



S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, ÉDITEUR, 

AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-MONTROUGE, 

BARRIÈRE d'enfer DK PARU. 
1851 



c 
\ TORONTO 5, CANADA. 

MAR-31932 



luipririitTic MioB, au l'e ii-Vioiiuou^sC*. 



DICTIONNAIRE 



DE 



BIOGRAPHIE REIIGIEC8E. 



N 



NAAMA, Ammonite, femme de Salomon 
et mère de Roboam. Cette princesse était 
idolâtre comme les Ammonites : elle éleva 
son fils dans ses impiétés. 

NAAMAN, généra] de l'armée de Bénadad, 
roi de Syrie, fut attaqué de la lèpre. Son mal 
ayant résisté à tous les remèdes, il vint à Sa- 
marie présenter, de la part de son maître , 
des lettres de recommandation pour son mal 
au roi Joram, qui, prenant cette ambassade 
pour une embûche, lui fit mauvais accueil, 
en demandant avec hauteur, s'il était un dieu 
pour pouvoir guérir les lépreux. Naaman, 
ainsi renvoyé," perdait toute espérance de 
guérison, lorsque Elisée, instruit de ce qui 
se passait à la cour de Joram, fil dire à ce 
prince de lui envoyer Naaman : « Qu'il vienne 
« me trouver, dit-il, et qu'il sache qu'il est 
un prophète en Israël. » Naaman se mit en 
chemin pour aller trouver le prophète vers 
l'an 88i avant Jésus-Christ. Quand il fut à la 
porte, Elisée voulut éprouver sa foi. Il lui 
envoya dire par Giézi, son serviteur, d'aller 
se laver sept fois dans le Jourdain , et qu'il 
serait guéri. Naaman , regardant cette ré- 
ponse comme une marque de mépris, se re- 
tirait en colère; toutefois, à la prière de ses 
serviteurs, il obéit, et la lèpre disparut. Alors 
il revint vers l'homme de Dieu pour lui té- 
moigner sa reconnaissance; et sa guérison 
passant jusqu'à l'âme, il rendit hommage au 
Dieu qui l'avait opérée. Voy. Elisée. 

NAAS, roi des Ammonites, mit le siège de- 
vant Jabès, capitale de la province de Galaad. 
La ville , réduite à l'extrémité , demanda à 
capituler. Naas offrit aux habitants de leur 
sauver la vie, à condition de se laisser crever 
l'œil droit. Cette réponse consterna les Ja- 
béens; ils promirent de s'y soumettre, s'ils 
n'étaient point secourus dans sept jours. 
Naas méprisait trop les Israélites pour refu- 
ser leur demande; ils envoyèrent des dépu- 
tés à Saiil, qui n'était roi que depuis un mois. 
Saiil marcha avec tant de promptitude contre 
leurs ennemis, que toute l'armée de Naas fut 
taillée en pièces vers l'an 1095 avant Jésus- 
Christ. On croit communément que Naas fut 
tué dans l'action : mais cela est fort douteux; 
car on trouve un Naas, roi des Ammonites, 
chez lequel David se retira durant la perjé- 
cution de Saiil, et dont il fut bien accueilli. 
Dixitque David : Faciam misericordiam cum 

DiCT. DR Biographie relig. 111. 



Hanon filio Naas, sicut fecit pater ejus mecum 
misericordiam (II Reg. x). Plusieurs préten- 
dent que ce Naas est fils de celui qui périt 
devant Jabès ; d'autres pensent que c'est le 
même. 

NABAL. Voy. Abigaïl. 

NABONASSAR, roi des Chaldéens ou Ba- 
byloniens, est célèbre par la fameuse ère qui 
porte son nom, et qui commence le 26 fé- 
vrier, l'an 7i7 avant Jésus-Christ. On croit 
qu'il est le môme que Bélésis ou Baladan, 
dont il est parlé dans lEcriture sainte, et qui 
fut père de jMérodac, le [uel envoya des am- 
bassadeurs au roi Ezéchias; mais cette opi- 
nion, et toutes les autres qu'on forme sur ce 
prince, ne sont que conjecturales, et sans cer- 
titude. 

NABONIDE, le môme que le Balthasar de 
Daniel. Voy. Balthasar. 

rîABOPOLASSAR , prince de Babylone , 
déclara la guerre à Saracus, roi d'Assyrie. 11 
se joignit à Asîyages pour renverser cet em- 
pire. Ils assiégèrent Saracus dans sa capitale; 
et ayant pris cette ville, ils établirent sur les 
débris de l'empire d'Assyrie deux royaumiçs : 
celui des Mèdes, qui appartint à Astyages, 
et celui des Chaldéens, sur lequel fut établi 
Naitopolassar, l'an G26 avant Jésus-Christ. 
Néchao, roi d'Egypte, jaloux de sa prospé- 
rité, marcha contre lui, le défit, et lui enleva 
Carchemis, place importante de son empire. 
Nabopolassar, cassé par la vieillesse, ne put 
venger cet affront , et mourut après 21 ans 
de règne. 

NABOTH, de la ville de Jezraél, avait une 
vigne près le palais d'Achab. Ce prince , 
voulant faire un jardin potager, le pressa de 
lui vendre sa vigne, ou de la changer contre 
une meilleure; mais Naboth, très -fidèle 
observateur de la loi, refusa de vendre l'hé- 
ritage de ses pères. Jézabel, femme d'Achab, 
irritée de sa résistance, écrivit aux magis- 
trats de la ville oii demeurait Naboth , de 
susciter de faux témoins, qui déposassent 
qu'il avait blasphémé contre Dieu et maudit 
le roi, et de le condamner à mort. Cet ordre 
fut exécuté. Deux témoins déposèrent contre 
Naboth, qui fut lapidé le môme jour. Jézabel, 
en ayant appris la nouvelle, courut la porter 
au roi, qui partit aussitôt pour i)rendrj pos- 
session de sa vigne; mais le prophète Elle 
vint troubler sa joie, lui reurocha son crime, 



Il 



NAB 



NAB 



12 



et lui (lit : « Sachez (jirnu nuMno lion o\\ los 
« chioiis sont vomis l(''cl)er le song do IS''-' 
« botli, ils se dosalti'roront du vùtre. » Ce 
fui l'an 899 avant J.-C. L'amM aussi juste 
((uo Icrrihio fui cxccMté peu (Tannées apr^s. 
Vnij. J!./\iu:i.. La ritjiic de Nabolh est de- 
venue une espèce de proveilx- poiu- désigner 
les possossionR des pauvres (învaliies par les 
riches, ipii^ le Soigneur n<! tarde j)as à punir 
comme coupables d'un péché qui crie ven- 
goancf» an li-Ane de sa justice. 

NAÏîUr.HODONOSOÙ 1", roi do Ninive et 
de Bahvlono, dont il est parlé dans le livre 
de Judhh, appelé Arphaxnd dans les Ecri- 
tures, uionta sur le tione, l'an (tV() avant J.-C, 
délit et tua Phraortes, roi de Médie, appelé 
aussi Arpliaxad. Vainqueur des Mêles, il 
envoya conlie les Isr.iélites HoloCerne, gé- 
néral de ses armées, qui tut tué par Judith. 
Ouehpies-uns pensent (jue ce Nahuchodono- 
sor e.st le même que Nabopolassar. Il est 
difiicile de rien dire de positif sur ces temps 
reculés; mais ce que nous venons de dire 
de Nabopolassar n'est pas favorab'e à cette 
opinion. Depuis quelques années, des au- 
teurs catholiques, même ûas j)ré(iicateurs, 
d'après les cieuses spéculations des lierme- 
neutos moilernes, ont changé le nom de 
yahucliodonosor en celui de Ncbukadnezar, 
et lo^ autres noms à proportion des alteinles 
qu'une critique grammaticale aussi i)uérile 
qu(! tt'méraire leur avait données, en consé- 
quence du système arbitrairement adopté 
sur les voyelles , ou par attachement aux 



points massoréliques, [dus arbitraires encore 
(voy. Elkazar, Gonopirs, MasclefI; néol( 
isme ridicule et inliniment nuisible , qi 



:'olo- 
gisme nuicuie ei munmiem nuisiDie , qui 
fronde le respect dû au\ anciennes versions, 
dénalurc les notions luslori(iues, donne je 
ne sais cjuello mobilité au récit des auteurs 
sacrés, déroute raitentiou et l'intelligence 
du peuple accoutumé aux noujs reçus do- 

£uis dix-huit siècles dans l'instruction pu- 
li(pie. 

NAHLXHODONOSOR II, roi des Assy- 
riens et des JJabyloniens, surnommé le 
Grand, succéda, l'an G23 avant J.-C, à son 
père Nabofiolassar, et se renilit maître do 

Îr"Sf|ue toute l'Asie. 11 prit Jérusalem sur 
oaehiin, roi de Jnda (qui s'était révolté), au 
moment qu'on s'y attendait le moins, et, 
chargé des trésors de cette ville, l'emmena 
captif h Babylone, l'an 600 avant J.-C 11 lui 
rendit ensuite sa liberté el ses Etats, niais 
à des conditions très-dures, (^e roi s'éiant 
encore rév(jlié trois ans ap-rès, il fut pris et 
lue dans un combat. Jéchonias, son lils, lui 
succéda. Le roi de Babylone lit une 3' expé- 
dition en Judée, vint assiéger Jéchonias oans 
sa capitale, le mena captif à Rabvione, avec 
sa mère, sa femme, et 10,00.) houjmes (.e 
Jérusalem. Nabuchodouo>oc enleva tous les 
trésors du tem,.le, et établit 5 la [)lace de Jé- 
chonias l'oncle paternel do ce prince, au- 
quel il dorma b noiu de Sédi'cias. (le nou- 
veau roi, imitant ses préd. cesseurs, lit une 
ligue avec les princes voisins, contre celui 
à qui il était redevable de la couronne. Le 
monarque babylonien vint encore en Juiléc 



avec une armée formidable. Après avoir ré- 
i duit les principales place,? du pays, il fit le 
siège de Jérusalem. Sédécias, désespérant 
de défendre celle ville, s'enfuit, fut j)ris en 
chemin et mené h Nabuchodonosnr, qui 
était alors à lU'blalha en Syrie. Ce prince, 
après avoir fait égorger ses enfants en sa 
présence, ordonna qu'on lui crevAt les yeux 
el le fit mènera Babylone chargé de chaines. 
L'armée des Clialdéens entra dans Jérusa- 
lem, et y exerça des cruautés inouïes : on 
égorgea tout sans oistinction d'<lge ni de 
sexe. Nabuzardan, chargé d'exécuter les or- 
dres de son maître, fit mettre le feu au tem- 
ple, au palais du roi, aux maisons de la 
ville, et à toutes celles des grands. Les mu- 
railles de la ville furent démolies; on char- 
gea de chaînes tout ce qui restait d'habitants, 
après avoir, sous les yeux de Nabuchodo- 
nosor, égorgé soixante des premiers du peu- 
ple. Le vainqueur, de retour en sa capitale, 
fit dresser, dans la plaine de Dura, sa propre 
statue en or, haute de soixante coudées. Tous 
ses sujets eurent ordre, sous peine de mort, 
de se prosterner devant l'idole et de l'adorer. 
Les seuls compagnons de Daniel ayant re- 
fusé de le faire, le roi irrité les fit jeter dans 
une fournaise ardente, où ils furent mira- 
culeusement ])réservés des llammes par 
l'ange du Seigneur. Alors Nabuchodonosor, 
frai)pé de ce prodige, les fit retirer, et donna 
un é lit dans lequel il publia la grandeur du 
vrai Dieu. Voy. Daniel. Deux ans après la 
défaite des Juifs, Nabuchodonosor vainquit 
les Tyriens, les Moabites, et plusieurs au- 
tres peuples voisins et ennemis des Juifs. Il 
alla d'abord mettre le siège devant Tyr, ville 
maritime, illustre par son commerce. Ce siège 
dura 13 ans; et, dans cet iâitervalle, l'armée 
du roi désola la Syrie, la Palesthie, l'idumée 
et l'Arabie. ïyr se rendit enfin, et celte con- 
quête fut suivie de celle de l'Egypte, et 
d'une partie de la Perse. Nabuchodonosor 
s'appliqua ensuite à embellir sa capitale, et 
à y faire construire de superbes bâtiments. 
Enorgueilli de ses su';cès et de ses richesses, 
il jetait fièrement ii s yeux du haut de son 
palais sur tot.te la ville. « N'est-ce pas là, 
« dit-il, cette grande et magnifique ville que 
« j'ai bcltie dans la grandeur do ma [juis- 
« sance, et dans l'éclat de ma gloiic, pour 
« en faire le siège de mon empire ? » Il n'a- 
vait pas achevé ce discours qu'une voix du 
ciel se fit entendre, et lui dit : « Votre 
« royaume va passer en d'autres mains. \ ous 
« allez être retranché de la société des hora- 
(i mes, vous rechercherez celle des ani- 
« maux des foiêts, vous vous nourrirez 
« d'herbe et de foin comme les bêtes de 
« charge : vous j)asserez ainsi sept années, 
« jusqu'à ce que vous reconnaissiez que le 
« Seigneur Dieu tout -puissant exerce un 
« einpu-o absolu sur les royaumes de la 
« terre, et qu'd les donne à qui ii lui plaît. » 
Celle prédiction s'accomplit h l'instant : il 
tomlta malade, et ci ut être un bœuf. On le 
laissa aller parmi les bêles dans les bois. Il 
y demeuia sept ans, h la fin desquels ayant 
fait pénitence de ses péchés, il remonta sur 



13 



NAD 



NAG 



14 



le trône. Il mourut un an après, l'an S63 
avant J.-C, le 'iS" de son rèj;ne, dans de 
grands sentimonts de religion. C'est ce prince 
qui vit en songe, la 'î" année de son reine, 
une iîrande statue qui avait la tôte d'or, la 
poitrino et les bras d'argent, le ventre et les 
cuisses d'airain, les jambes de fer et les 
pieds d'argile. Le prophote Daniel expliqua 
ce songe mystérieux, et déclara à ce prince 
que les quatre métaux dont la statue était 
composée lui annonçaient la succession des 
quatre empires, des Bab Ioniens, des Perses, 
d'Alexandre le Gr.md et de ses successeurs. 
Il y a plusieurs sentiments sur la raétamcu'- 
phose de Nabuchodonosor. Le plus suivi 
est que ce prince, s'imaginant fortement être 
devenu bète, broutait l'iierbe, semblait frap- 
per des cornes, laissait croître ses cheveux, 
ses ongles, et imitait à l'extérieur toutes les 
actions d'une bète. Ce changement, qui pro- 
bablement n'avait lieu que dans son cerveau 
aliéré, ou dans son imagination échautfée, 
était une espèce de lycanthropie, état dans 
lequel l'homme se persuade qu'il est changé 
en loup, en chien, ou en un autre animal. 
Mais ({uels que fussent la cause, la nature et 
les eflets immédiats de cette maladie, elle 
était excellemment propre à confondre l'or- 
gueil de ce prince superbe, à le convaincre 
de sa faiblesse et de son néant, et a lui faire 
rendre un éclatant hommage au Roi des rois, 
qui, après lui avoir manifesté sa puissance 
dans une tello dégradation, la faisait éclater 
encore davantage en le retirant de cet état 
pour le remettre sur le trône. Quelques-uns 
prétendent qu'Ama.^is est le môme que Na- 
buchodonosor, et que Ihisloiie du prétendu 
roi d'Egypte a été forgée sur celle du mo- 
narque assyrien. Il y a etfectivemî'Ut des rap- 
prochements très-frappants. [Voyez \eJourn. 
hist. et litt., 1" déc. 1790, p. 528.) On peut 
remjrquer encore que la chronologie place 
leur règne au môme siècle. 

NABU.NAL (Eliej, théologien de l'ordre de 
Saii.t-François, nommé Nabunal, du lieu de 
sa naissance dans le Périgord, devint arche- 
vêciuG de Nicosie et patriarche de Jérusalem, 
et fut nommé cardinal en 13'i2 parle pape 
Clément VI. Il mourut à Avignon l'an 1307. 
On a de lui en litiu : des Cominentaires sur 
les quatre livres des Sentences et s r 1 Apo- 
calypse; un ï'rafï^ delà vie contemplative; 
des Sermons sur 1 s évangiles. 

NACHOIl, fils de Sarug et père de Tharé, 
mou. ut l'an 2008 avant Jés ,s-Christ, à li8 
ans. — Il ne faut pas le confnndre avec Na- 
chor, fils de 'l'Ii.iré et frère (rAbraham. 

NACLANTUS ou NACCHIANTE (Jacques), 
dominicain de Florence, mort en 1509, lut 
évèque de Chiozza, et assista au concile de 
Trente. On a de lui plusieurs ouvrages, im- 
primés en 2 vol. in-foho. 

NADAB, roi d'Israël, succéda à son père 
Jéroboam, l'an 95i avant Jésus-Christ, et fut 
l'imitateur de ses sacrilèges et de ses im- 
piétés. Basa, l'un de ses généraux, le tua en 
trahison 1 an 953, fit périr toute sa race, et 
s empara du trône. — Il ne faut pas le coq- 
fondre avec Nadar, fils d'Aaron, qui, comme 



son frère Abiu, fut dévoré par le feu du ciel. 

NADASI (Jea>-), né à Tnman en IGL'i-, en- 
tra chez les jésui es ?i Gratz en 1633. Après 
avoir enseigné la théologie et la controverse, 
ilfutfa:t assistant du Père générd ?«Jicixel, et 
eut le môme emploi sous le P. Oliva. Lors- 
qu'il fut de retour dans sa p.itrie, l'impéra- 
trice Eléonore, domirière de l'empereur Fer- 
dinand m, le choisit pour son confesseur. 
Il mMurut en 1679. On a de lui un très-grand 
nombre d'ouvrages, la plupa t ascétiques. 
Les principaux sont : Annua hcbdomadurum 
cœlestium, Prague, 1663, in-4° ; Reges Hun- 
gariœ a sancto Stcphano usque ad Ferdinan- 
dum III, Presb urg , 1637, in-fol. ; Vita 
santi EmeriH, Presbonrg, 164'i-, in-fol.; plu- 
sieurs ouvrages qui concernent les hommes 
de sa société, célèbres par leur piété et leur 
zèle pour la religion. 

NAGAXI.MA (Michel), Japonais, entra 
dans la société de j'''suites, et se dévoua en- 
tièrement à la[)rédication de l'Evangile. C'est 
un des missionnaires qui soufï'rirentles tour- 
ments, les plus longs et les plus raffinés. 
Ayant lassé ses bourreaux l'an 1626, il fut 
laissé un an en prison, sans qu'on parût 
songer à lui; mais, en décembre 1627, on 
recommença avec une fureur nouvelle, et le 
courageux Japonais ne mourut qu'après plu- 
sieurs jours de souffrances inouïes. Quelque 
temps après, sa mère et son frère furent 
également rais à mort pour la foi. 

NAdOT (François-Charlhs). supérieur et 
fondateur du séminal, e de Baltimore, né à 
Tours le 19 avril 175'î, étudia au colé^^e de 
cette vdl :•, fit son c airs de théologie ;iu sé- 
minaire des Robertins h Paris, et fut admis 
dans la compagnie de Saint-Sulpice. Envoyé 
à Nantes pour y professer la théologie, il 
prit dans l'université de celte ville le grade 
de docteur. L'abbé Nagot fut rappelé à Paris 
en 1769, et fut successivement supérieur de 
la [letito communauté et du petit séminaire. 
La révolution ayant détruit tous les établis- 
sements ecclésiastiques, Nagot se décida à 
passer en Amérique. Il se rendit, en 1791, à 
Baltimore, où Pie VI venait d'é ablir un 
siège é})iscopal pour toui. 'e territoire des 
Etats-Unis. Tout était à fuite dans ce nou- 
veau diocèse. Les diificultés ne l'effrayèrent 
point : il aclieta une maison dont il fit" le sé- 
m naire. Il la fournit du mobilier convena- 
ble. Bientôt il y joignit un petit séminaire, 
et un grcUid collège (jui eut le i;rivilége d"u- 
.niversité. On s'étonnerait de celte .^ubiie 
.création, si on ne sa va t ce que peut un zèle 
ardent et éclairé, aidé des secours de la Pro- 
vidence. Lri suite répondit à ces heureux 
commencements. Ces établissemnnts prosi é- 
rèrent; et il s'y forma une jeunesse qui ren- 
dit plus tard des services utiles. Au milieu de 
ces travaux Nagot f t frappé d'une attaque 
de paralysie qui le força de les interrompie. 
S s inlirmités ayant ougmenté en 1810, il 
■ dcmandi et obtint tt'ôtre déchargé de la su- 
périorité. Sa vie, néamnoins, se prolongea 
jusqu'au 9 avril 1816, époque où il expira, 
âgé de près de 82 ans, dans de grands senti- 
ments de piété, et après avoir reçu tous les 



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NAI 



NAl 



16 



sorotirs do In religion. Ses principaux écrits 
sont : niH' lirldlion imptimc^e de la conver- 
sion de (/urlqurs protestants, 1791, in-1-2; une 
Vie (le Aï. Olier, 1H13, iii-S" ; la Traduction 
de la Doctrine de VF.criture sur les miracles, 
de révtVuie anglais catli()li(]ue Ha.\ , 1808, 3 
vol. iti-12; la Traduction ilu Traité des i'iMos 
mobiles (le But! r, en inanusciit, pour faire 
suite aux \'iesdes Pères ; les Traductions du 
Déiot citrelien, du doctcnr Hay; du Catholi- 
que instruit, de Chaloner ; du Guide du chré- 
tien, et de quelques autres ouvrages pieux 
en aniilais. 

NAHUM, l'un des douze pe'its prophètes, 
vivait depuis la ruin<' des dix tribus par Sal- 
niaiia/ar, et avan^ rexp(''d lion de Senuaché- 
rib contre la tribu de Juda. On ne sait au- 
cune particularité de la v-e de ce prophète; 
on ne sait même si son nom est celui de sa 
faïuilli' ou ilu lieu de sa naissance, ou même 
une qualilication ;. car Nahum en hébreu si- 
gnifiLî Consolateur. On dispute encore sur le 
temps où il vivait : l'opinion la plus vraisem- 
blable est celle que nous avons suivie. Sa 
Prophétie est composée de trois chapitres 
qui ne ferment qu'un seul discours. li pré- 
dit, (l'une manière pathétique, la seconde 
ruine de Ninive par Nabopolassar et Astyages. 
Il renouvelle contre cette ville criminelle les 
menaces que Jonas lui avait faites quatre- 
vingt-dix ans auparavant. Le style de ce pro- 
phète est partout le môme ; rien n'égale la 
vivacité de ses tigures, la force de ses ex- 
pressions et lénergie de son pinceau. 

NAIGEON ( JACQuiis-AxDRÉ), littérateur, 
philosophe, membre de l'institut, né le 15 
juillet n38, à Dijon, d'un riche moutar- 
dier de cette ville, mort à Paris le 28 février 
1810, vint, très-jeum.' encore*, à Paris, où il 
se lia avec d'Holiiach et Diderot, et puisa 
dans leur société les principes d'incrédulité 
dont il devint un des apôtres les plus ardents. 
Il fut un des rédacteurs de la première En- 
cf/clnpédic, et y fournit, entre autres, l'arti- 
cle Initaires. II publia quelque temps après 
Le Militaire philosophe, Londres (Amster- 
dam), 1768, qu'on croit composé sur un ma- 
nuscrit intitulé Difficultés sur la religion, 
proposées auP. Malebranche, dont le dernier 
chapitre est attribué au baron d'Holbach. 
Naigeon a publié, en outre : Recueil philoso- 
phique, ou Mélanges de pièces contre la reli- 
gion, 1770 ; Traité de la tolérance de Crellius, 
que Naigeon retoucha, Londres (Amsterdam) 
1709 ; Éloge de M. Roux, 1777. Ce médecin 
était, comme lui, ami intime du baron d'Hol- 
bach. 11 parait môme que Naigeoii aida Ray- 
nal dans la composition de son Histoire phi- 
losophique. Il fut éditeur de plusieurs ou- 
vrages de ses confrères les philosophes, 
tels que ceux qui sont intitulés : Système 
de la nature, imprimé à Londres, et auquel 
il joignit un discours préliminaire ; la Tra- 
duction de Sénèque, par la Grange; Essai sur 
la viedeSénqucyiie Diderot ; Le Conciliateur, 
deTurgot;/i7e/ne?j^çdcmora/e,dubarond'Hol- 
j;ac;i, lï;iO, etc. 11 réd.<^ea la Collection des 
moralistes anciens, et y ajouta un discours 
prélimiDaire. 11 fit imprimer, en 1790, une 



Adresse à V Assemblée nationale sur la liberté 
des opinions et sur celle de la presse. « Mais 
« ce qui distingua éminemmentNaigeon, «dit 
l'auteur des Mémoires pour servira l'histoire 
ecclésiastique du xviii* siècle, tom. IV, p. 468, 
auquel nous emprunterons ce passage, « c'est 
« le Dictionnaire de la philosophie ancienne 
« et moderne, qn'ï\ rédigea [)our l'Encyclopé- 
« die met lodique. Cet ouvrage, qui parut à 
« une époque de vertiges et de crimes, en 
« porte la malheureuse empreinte. L'auteur 
« y alliche l'immoralité, l'inhumanité et l'a- 
« théisme dans toute leur turpitude. Ses ex- 
« pressions sont analogues à ses pensées ; 
« s'il parle des prophètes, c'est pour les ap- 
te pelerdes /"ows ; les Pères de l'Eglise étaient 
« pour la plupart très-ignorants et d'une cré- 
« dulité stupide... La superstition est la gour- 
« me des hommes. Il faut emmuseler les pré- 
« très : tel est le Ion poli de ce doux prédi- 
« cateur de la tolérance. Dans l'article Acor- 
« démicien, il excuse les vices les plus hon- 
« teux ; mais rien n'égale le ton qu'il prend 
<( dans l'article Meslier; il cite le vœu altri- 
« bué à ce curé : Puissé-je voir le dernier des 
« rois étranglé avec les botjaux du dernier^es 
i( .prêtres ! C'est là, dit Naigeon, le vœu a un 
« vrai philosophe, et qui a bien connu le seul 
« moyen de tarir partout, en un moment, la 
« source des maux qui affligent depuis si long- 
« temps l'espèce humaine. On écrira dix mille 
« ans, si l'on veut, sur ce sujet, mais on ne 
« produira jamais une pensée aussi profonde, 
« plus profondément conçue, et dont le tour 
« et l'expression aient plus de vivacité, de 
« précision et d'énergie. Cet article est signé 
« du citoyen Naigeon, en toutes lettres, tom. 
(( m, pag. 2.'i9. 11 avait dit à la page précé- 
'< dente que le prédicateur le plus éloquent 
« d'un Etat, c'est le bourreau. On voit que le 
« citoyen Naigeon était à la hauteur de l'épo- 
« que où il écrivait ; que s'il ne figura pas 
« dans le nombre des bourreaux, il savait 
« faire l'apologie de leurs hauts faits, et qu'il 
« était digne d'être le disciple de celui qui 
« avait dit : 

< Et des boyaux du dernier prêtre 
« Serrons le cou du dernier roi. 

« Il est à croire que Naigeon aurait voulu 
« dans la suite rayer son nom accolé à tant 
« d'infamies ; mais la Philosophie ancienne 
« et moderne est là pour accuser sa mémoire, 
<( et on verra en lui l'admirateur et le com- 
« plice des cruautés de 1793 et de if9k. Il 
« donna, en 1798, une édition complète des 
« œuvres de Diderot, en 16 vol. ; en 1801, une 
« de Rousseau, en 20 vol., avecM.Vl. Fayolle 
« et Bancarel; et en 1802, une de Montaigne. 
« Toutes sont accompagnées d'avertissements 
« et de notes rédigées dans le même esprit; 
« mais c'est surtout dans celle de Diderot que 
« Naigeon s'est donné le plus de carrière. A 
« travers tous les éloges qu'il prodigue à son 
« maître, il lui trouve cependant, tant il est 
« difficile, quelques moments de faiblesse; 
« il serait consolé, ce semble , que son ami 
« eût |)ayé sa hardiesse de sa tête, et s'écrie : 
« Les lignes tra-cées avec le sang du philoso- 



17 MAI NÂI It 

tf phe sont bien d'une autre éloquence. (Pré- de lui et l'envoyèrent au parlement, où il fut 

« face, tora. 1".) Ailleurs le pétulant orateur condamné, en 1657, comme un séducteur, à 

« nous révèle son secret tout eniiev. Diderot, avoir la langue percée avec un fer chaud , 

« dit-il, souvent témoin de la colère et de Vin- et le front marqué de la lettre B, pour signi- 

« dignation avec lesquelles je parlais des fier blasphémateur. Il fut ensuite reconduit 

« mfiux sans nombre que les prêtres, les re- à Bristol , où on le fit entrer h cheval, le vi- 

« ligions et les dieux de toutes les nations sage tourné vers la queue. On le confina en- 

« avaient faits à l'espèce humaine, et des cri- suite dans une étroite prison pour y expier 

« mes de toute espèce dont ils avaient été la ses rêveries ; mais il n'en fut que plus fana- 

« cause, disait, des vœux ardents que je for- tique. Ayant été ensuite élargi , il ne cessa 

« mais (pectore ab imo) pour Ventière des- de prêcher parmi ceux de sa secte, jusqu'à 

« truction des idées religieuses, quel qu'en fût sa mort arrivée en 1660. 

« Vobjet, que c était mon tic , comme celui de NAIN DE TILLEMONT ( Louis-SÉB.iSTiEiH 

« Voltaire d'écraser Vinfâme (tom. IX, p. 511, Le), né en 1637 à Paris, d'un maître des re- 

« note). Au moins cela n'est pas dissimulé, quêtes, se consacra à l'étude de l'antiquité 

« et le ton de colère et d'indignation avec ecclésiastique. Sacy , son ami et son con- 

« lequel Naigeon s'exprime ajoute au prix seil, l'engagea, en 1676, à recevoir le sacer- 

« d'un tel aveu, et c'est un témoignage écla- doce, et Buzanval , évêque de Beauvais, es- 

-<( tant de l'impartialité et de la modération pérait de l'avoir pour successeur. Il alla der- 

« d'un tel homme. On jugera si un tel suf- meurer à Port-Royal des Champs. Son atta- 

« frage n'est pas plus honteux que flatteur chement au jansénisme lui atiira des désa- 

« pour le partà auquel il était attaché... Nous gréraenls et l'obligea de quitter la capitale.. 

« n'avons pas besoin de dire que le même II se retira à ïillemont, près de Vincennes^ 

« homme a mérité d'être inscrit dans le Die- où il se communiquait libérah^ment à ceux. 

« tionnaire des athées, où Maréchal le cite qui avaient besoin de ses lumières, et sun- 

« comme un des esprits forts les plus décidés, tout à ceux qui étaient voués au parti. Tille- 

« Cependant Lalande lui a reproché depuis mont ne sortit de sa retraite que pour aller 

« de n'avoir pas osé convenir qu'il fût athée, voir en Flandre le fameux Arnauïd , et en 

« Il paraît que Naigeon avait eu la prétention Hollande l'évoque de Castorie. De retour 

« de devenir sénciteur, et qu'il craignait que dans sa solitude, il continua à s'occuper de 

« la réputation d'athée ne lui fût nuisible ; travaux utiles et d'intrigues de secte , et 

« ainsi , il tombait dans cette pusillanimité mourut à Paris, après une langueur de trois. 

« qu'il reproche amèrement, dans son Die- mois, en 1698, à 61 ans. On lui doit : Mé- 

« tionnaire, à Bayle, à Voltaire , à d'Alem- moires pour servir à l'Histoire ecclésiastique 

« bert , et à Diderot lui-même. Naigeon a des six premiers siècles, 16 vol. in-4.°; VHis- 

« fourni beaucoup de renseignements à l'au- toire des empereurs, en 6 vol. in-i". Ces deux 

« teur du Dictionnaire des ouvrages anony- ouvrages, tirés des auteurs originaux ,. sou— 

« mes, sur les véritables auteurs des ouvra- vent tissus de leurs propres termes, expri- 

« ges philosophiques pendant la dernière ment leur sens avec fidélité. Ils sont écrits 

« moitié duxYin'' siècle. Ces renseignements avec un ordre, une justesse et une précision 

« ont paru suspects à beaucoup de personnes, dont le mérite ne se fait bien sentir qu'à 

« et on croit que Naigeon, soit par zèle pour ceux qui ont éprouvé par eux-mêmes com- 

« la mémoire du baron d'Holbach, soit pour bien coûtent ces sortes de travaux. Le der- 

« toute autre raison , lui a fait l'honneur de nier volume de son Histoire des empereurs 

« lui attribuer des écrits auxquels le ba- finit avec le règne d'Anastase. Ses Mém.oive& 

K ron d'Holbach n'eut d'autre part que de les ecclésiastiques ne contiennent qu'une partie 

« encourager et de les payer. Plusieurs de du vi' siècle, et les douze derniers volumes 

« ses confrères de l'Institut voyaient avec ne furent imprimés qu'après sa mort. Quoi- 

« peine Naigeon siéger parmi eux; Laharpe que l'esprit de parti dont il était animé ne se 

« J'a tourné en ridicule dans sa Correspon- montre pas à découvert dans cet ouvrage 

« dance littéraire avec le grand duc de Russie , des lecteurs attentifs en découvrent çà et là 

« tom. II, p. 235 et 302; mais qu'est-ce que quelques allures. Une le^e contre l'opinion 

« des ridicules en comparaison de l'horrible du P. Lami , « que Jésus-Christ n'avait point 

« doctrine que prêchait Naigeon, et des vœux « fait la Pàque la veille de sa mort. » Nicole 

« atroces qu'il a osé consigner dans sa Phi- la regardait comme un modèle de la manière 

« losophie ancienne et moderne? » On a en- dont les chrétiens devraient disputer ensem- 

core de Naigeon un £'/ogre de La/onfame,Bouil- ble ; elle se trouve à la tin du 2'" volume des- 

Ion, 1775, in-8% ei une Notice sur la vie de Mémoires pour servir â l'histoire ecclésias- 

Jeûn Racine, 1184., in-4°. tique. Quelques ouvrages manuscrits , dont 

NAILOR (Jacques) , imposteur du diocèse le plus considérable est VHistoire des 

d'York, après avoir servi quelque temps en rois de Sicile de la maison d'Anjou. L'abbé 

qualité de maréchal-des-logis dans le régi- Tronchai , chanoine de Laval , a écrit sa 

ment du colonel Lambert, embrassa la secte Vie, in-12, 1711, Ou trouve à la suite de 

des çuaAers ou trembleurs. Il entra, en 1656, /cet ouvrage des îtéflexions pieuses et des 

dans la ville de Bristol , monté sur un che- Lettres édifiantes. Si aux vertus dont elle 

val dont un homme et une femme tenaient présente le tableau on pouvait ajouter la 

les rênes, et qui criaient, suivis d'une foule soumission aux décrets de l'Eglise , l'éloge 

de sectateurs : Saint, saint, saint, le Seigneur de ce savant homme serait complet. Son zèle 

Dieu de Sabaoth. Lqs magistrats se saisirent pour le parti dont il avait épousé les iuté- 



19 



NAI 



NAL 



20 



r^ts , nllail jusmi'h d(5ro};or aux coiisidrr.i- 
tiuiis los plus (l(^licates. Lois([ne M. (I(> Kaiicû 
pensnri h se déiaire do ses l)(''n(''lic('s et à se 
ciMisaciTrh Dieu tlii'isla soliltidodfnaTinppf^, 
TillL'iiuMit lui conseilla do les ;;ai'doi' /^o»/" tn 
(lislribucr les revenus à ceux qui l'tnient dans 
In persécution : solli( ilalir.ii qui no lit pas sur 
l'esprit de M. de Hancé une impression fnvo- 
rab'e aux disciples de Jaiis^'-nius. « Je ne puis 
« coinprendri', dit-il, que des j;oi)s qui vou- 
«laent passer pour iMro enlièreuienl déla- 
ie clu''s de.toutes les choses d'ici-bas, fussent 
« capables de faire |)arailrc un sentiment 
« au^si intéressé rpie celui-l,^. » 

NAIN (dum Pii:iinic Le}, frère du précédent, 
né h Paris en Ki'i-O, fut élevé dans la mai- 
son de son grand-père. II y j-ecul une sainte 
éducation sous les youx de madame de Brage- 
logiie, sa graiid'môre,dame veilncuse, dirigée 
anciennement par saint François de Sales. 
Le dx5sir de faire sou salut loin du monde le 
fit entrer h Saint-Victor, h Paris, et ensuite 
h la Trappe, où il fut un exem|)Io de péni- 
tence, d'humilité, et enfin de toutes les ver- 
Jus chrétiennes et monastiques. Nommé sous- 
piTour do cette abbaye, il gagna tous les 
cœui-s par son allabililé. 11 y mourut en 17J3, 
.^ 73 ans. Quoiiiue Tabbé de llancé fût en- 
nemi des études monastiques, il permit sans 
doute à di.m Le Nain d'étudier et de 
faire part de ses travaux au public. On a 
de lui : Essai rie Vhistoire de l'ordre de Cî- 
tenu.r, Paris, 16% elann. suiv.,9 vol. in-12. 
Le style en est simple et né.^ligé, mais tou- 
chant. Les faits y sont mal choisis, et le {lam- 
beau de la critique n'a pas éclairé cette his- 
toire, qu'on doit plutôt regarder comme un 
livre édifiant que comme un ouvrage pro- 
fond ; Homélies sur Jérémie , 2 vol. in-S"; une 
Traduction française de S. Dorothée , Père 
de l'église grecijuo , in-8°; la Vie de M. de 
Rancé, abbé et réformateur de lu Trappe, 2 
vol. in'12. Cette Vie, revue par le célèbre 
Ko^suct, n'a point é'é publiée telle qucD. Le 
Nain l'avait faite, ctqu'elleeslsortledes mains 
du prélat réviseur. On y a inséré des traits 
satiriques fort éloignés du caractère de l'au- 
trur. Hclntions de la vie et de ia viort de plu- 
sieurs religieux de la Trappe, (5 vol. in-12: 
ouvrage plein de touciianls exemples, et dont 
les détails ont néanmoins [)rCté h la critique; 
queljues personnes y oui cru voir des excès 
d'austérité et une espèce de dérOoalion h la 
loi (jui prescrit la conservation de soi-môine. 
C'est saiiS doute ce qui a fait apporter (luel- 
ques adoucissements à la rigueur de la ré- 
forme, telle q .'elle était dans les premières 
années; deux petits traités, l'un de l'état du 
monde après le jugement dernier, et l'autre 
sur le scandale qui peut arriver même dans 
les monastères les mieux ré<jlés , etc. , Paris , 
1715, in-S", édités par Aruaudin, moine et 
docteur de Sorbf)nne , qui lit précéder ces 
deux opuscubs d'une Vie de l'auteur; des 
Jilévations à Dieu pour se préparer à la mort : 
(îles inspirent cette piété tendre et pathé- 
tique que le bel esprit ne saurait coulie- 
faire. 

NAIRONI (Amoi.ne-Fauste) , savant ma- 



ronite et professeur en langue syriaque au 
collège de la Sapience, à Rome, depuis 1()()6 
jus(|u'en 1(iî)'i ; né au Mont-Liban , neveu 
d'Abiaham Kcchcllensis , par sa mère, mort 
à Home, presque octogénaire, l'an 1711, est 
auteur de deux ouvrages intitulés, l'un AVo- 
plia fidei catholicœ ex Sijrorum nwnumentis 
adrrrsns wvi nostri novatores , Rome, 1G')V, 
in-S"; l'autre, Dissertatio de origine, nomine 
ac relii/ione Maronitarum, iljid., 1()79, in-S". 
11 s'clfurce dans ces deux ouvrages de prou- 
ver que les maronites ont conservé la foi de- 
puis le temps des apôtres, et que leur nom 
ne vient pas de Jean ÎMaron, monothélilo , 
moi-t en 707, mais de saint Maron, célèbre 
anachorète, qui vivait à h fin du iV siècle. 
Ses raisons n'ont pas paru [)érem|)toires à 
tous les savants ; mais elles font honneur à 
son érudition, et sont at)j)uyécs d'une ré- 
flexion très-simple, mais solide, savoir, (pie 
si le nom de Mai'onitcs était un nom de secte, 
ces [ieuples l'eussent quitté au moment qu'ils 
sont revenus à la vérité, et cpi'ils se sont at- 
tachés à l'Eglise romaine, à laquelle ils sont 
fermement unis, au moins depuis 1182. 

NALDl (ANToiNt;),théatin, natif de Faenza, 
mort à Rome en 16'f5, est auteur des ouvra- 
ges suivants : Quastiones practicœ in foro in- 
teriori usu fréquentes, Bologne , 1010; Iteso- 
lutiones practicœ casuum conscientiœ, in qui- 
bus prcccipue de jvstitia controctus , libelli 
vnlcjo nuncupati, et de cambiis agilur, Bres- 
cia, 1621 ; Adnataliones practicœ advariaju- 
ris pontipcii loca, Rome, 1632; Sumnta tlieo- 
loqiœ moralis, seu resolutionrs practicœ nota- 
bitiores casiium fere onmixim conscientiœ , 
Brescia, 162:3; Bologne, 1025. 

NALIAN (Jacques), patriar-clie arménien à 
Constantinople, né vers la fin du xvn' siècle 
îi Zirnara, vdlagc de la i)etite Arménie, près 
de l'Eujjhrate , parvint par son mérite au 
patriarcat dans des temps diflîciles, et gou- 
verna son église avec tant de sagesse qu'il y 
maintint la tr'anquillité. Il était en corres- 
pondance avec le pape Clément XllI, et d'au- 
tres jiersonnages illustres, soit (he l'Asie, soit 
de l'Europe. En 176'i., il se démit de la di- 
gniti! patriarcale, et se fit donner un suc- 
cesseur de sou choix. Deux mois après il 
mourut h Constantinople (le 18 juillet 1704), 
laissant divers ouvrages pleins d'érudition. 
Les principaux S(jnt : Kandsaran ou le Tré- 
sor des notices, Constantinople, 1758, 1 vol. 
in-i'. Ce livre lui a assigné un rang distin- 
gué parmi les littérateurs de sa nation; il y 
a fait passer en revue ce que la morale a de 

fil us instructif, la physique de plus curieux, 
'histoire et la géographie de son pays de 
plus intéressant. L'arme spirituelle, ouvrage 
môle de vers et de prose turque et armé- 
nienne; Le Fondement delà foi, 1 vol. in-i"; 
Commentaire sur Nareg, livre célèbre parmi 
les Arméniens, et composé par un de leurs 
plus illiistres docteui'S ; Des sept sacrem(nts 
de l'Eglise, resté manu'-cril; La doctrine 
chrétienne à l'usage des Arméniens , Cons- 
tantinople, 1757, 1 vol. iii-12; Recueil d'un 
grand nombre de Lettres familières et instruc- 
tives; Recueil de chansons et d'anecdotes écri- 



âi 



NAO 



NAR 



22 



tes en turc et en arménien ; des Livres de 
prières, etc. Nalian faisait beaucoup d'au- 
mônes; il fit un fonds du produit de tousses 
ouvrages, et en légua la rente aux pauvres, 
aux malades et aux indigents de toute es- 
pèce de son patriarcat. 

NANNI ou mioux NANNING (Pierre) , 
Nannius , né à Alkmaër en 1500, enseigna 
les humanités à Louvain avec réputation 
pendant 18 ans, et obtint ensuite un canoni- 
cat d'Arras , qu'il garda jusqu'à sa mort 
arrivée en 1557, à 57 ans. Ses ouvrages sont : 
des Harangues ; des Notes sur quelques 
auteurs classiques, et sur des traités de 
quelques Pères; Miscellaneorum decas, Lou- 
vain , 1548, in-12, et dans le Thésaurus criti- 
cus de (Iruter. C'est un ouvrage de critique , 
où il montre des fautes qui se trouvent dans 
les éditions de plusieurs anciens, et où il 
tâche d'expliquer les passages obscurs. Cinq 
Dialogues des héroïnes, 15V1, in-V°, ouvrage 
qui passe pour son chef-d'œuvre. 11 a été 
traduit on français, 1550, in-S"; des Traduc- 
tions latines d'une partie de Démosthènes , 
d"Eschine , de Sinésius, d'Apollonius, de 
Plularque, de saint Basile, de saint Chrysos- 
tome, d'Athénagore, et de presque tous les 
ouvrages de saint Athanase. Celte dernière 
version est infidèle. Une Traduction de 
quinze psaumes en beaux vers latins dans 
Ips Psalmi XL versibus expressi de Jacques 
Latomus, Louvain, 1558. L'auteur a su allier 
les grâces de la poésie à la simplicité ma- 
jestueuse du texte sacré. In Cantica canti- 
corum paraphrases et scholia, Louvain, 155'i-. 
in-V*. L'auteur a réuni dans sa paraphrase 
le sens littéral et allégorique : c'est un des 
rneille'urs Commentaires qu'on ait sur le 
Cantique des cantiques. Il peut être mis à côté 
de celui de Bossuet. Voy. Salomo.n. Nanni, 
critique habile , bon grammairien , poète 
estimable, n'était qu'orateur médiocre. Ses 
ouvrages décèlent un homme qui était versé 
dans toutes les sciences; ils lui firent une 
ré|)utaiion très-étendue. L'Italie voulut l'en- 
lever aux Pays-Bas; mais il sacrifia toutes 
les espérances de fortune à l'amour de la 
patrie. Son caractère était modéré, ses mœurs 
douces, et son esprit agréable. 

NAOGEORGE (Thomas), théologien de la 
religion prétendue réformée, né à Straubing, 
en Bavière, en 1511, s'appelait Kirchmaijer; 
mais il habilla son nom à la grecque, selon la 
cout'ime pédantesque de ce temps-là. 11 se 
rendit célèbre dans son parti, par des vers 
satiriques contre l'Eglise catholique. Le plus 
fameux de ses poëmes est celui qui a pour 
titre : Regnum papisticum, imprimé, en 1553 
et 1559, in-S", sans nom de ville ni d'impri- 
meur; il n'est pas commun. On a encore de 
lui : Pamachius, tragœdia, 1538, in-S"; /wcm- 
dia,sive Prjropohjnices, tragœdia, 1538, in-S"; 
Agricultura sacra, 1558, in-8°; Hieremias, 
tragœdia, 1551, in-8°; Mercator, tragœdia, 
1560, in-8". Il y a deux éditions de la tra- 
duction française du Marchand converti, 
1558, in-8% et 1561, in-12. 11 y en a une 
troisième de 1591, in-12, où se trouve la 
comédie du Pape malade, de Bèze. Un Com- 



mentaire sur les Epîtres de saint Jean ; et 
quelques autres ouvrages , dans lesquels il 
y a plus de fanatisme que de goAt et de rai- 
son. Cet homme emporté mourut en 1578. 

NAPOLÉON BONAPARTE, empereur des 
Français et roi d'Italie, né à Ajaccio , le 15 
aoiH 1769, mort le 5 mai 1821 à l'île Sainte- 
Hélène, d'où ses restes ont été transportés 
en France, pour être déposés aux Invalides 
le 15 décembre 18i0. On comprend qu'une 
notice sulîisainmeiit développée serait ici un 
véritable hors d'œuvro. Relativement à ses 
rapports avec l'Eglise et la [)apauté, nous ne 
pouvons que renvoyer aux articles des prélats 
et ecclésiastiques de son temps, et surtout 
des papes Pie A^I et Pic VIL Nous le men- 
tionnons cependant ici à cause du livre 
suivant : Sentiment de Napoléon sur le chris- 
tianisme, conversationf religieuses recueil- 
lies à Sainte-Hélène , avec des documents 
inédits et des lettres du cardinal Fesch, do 
MM. de Montholon, Hudson Lowe et Mar- 
chand, par M. de Beauterne, 1 vol.in-8"; et 
5" édit., 1 vol. grand in-î8. 

NARCISSE (saint), passait depuislongtemps 
pour un des plus vertueux prêtres du clergé 
do Jérusalem, lorsque l'évêque étant venu à 
mourir, il fut choisi pour son successeur : il 
avait alors 80 ans. Son grand Age ne l'em- 
pêcha pas de faire toutes les fonctions d'un 
bon pasteur. Un jour l'huile de l'église man- 
quant, il fit remplir les lampes d'eau, et après 
qu'il l'eut bénie, elle se trouva changée en 
huile. Trois scélérats accusèrent le prélat 
d'un crime énorme, confirmant leur calomnie 
par une horrible imprécation. Narcisse leur 
pardonna généreusement cette calomnie, qui 
lui servit de prétexte pour suivre le désir 
qu'il avait depuis longtemps de vivre dans 
un désert. Peu de temps après, ces malheu- 
reux moururent de la mort qu'ils s'étaient 
eux-mêmes désirée. Dieu fit conuaîti'e à ce 
saint vieillard qu'il devait reprendre le soin 
de son église : il obéit. Ayant sup[)lié le 
Seigneur de lui marquer son successeur, afin 
de se décharger sur lui, dans sa caducité, 
d'une partie du fardeau pastoral, il eut révé- 
lation que ce serait saint Alexandre, évoque 
de Flaviade. Dès le lendemain , celui-ci 
arriva comme par hasard à Jérusalem, et fut 
fort surpris de s'enteiidrc nommer coadju- 
teur de saint Narcisse , lequel prolongea 
encore de quatre ans une vie qui avait été 
une leçon continuelle de toutes les vertus. 
Il fut enlevé à ses ouailles vers l'an 216, âgé 
de 116 ans, après s'être trouvé, vingt ans 
auparavant, au concile de César éc en Pales- 
tine, assemblé pour décider quel jour on 
devait célébrer la pâque. Un autre événe- 
ment remarquable de son épiscopat, c'est 
d'avoir élevé un grand homme au sacerdoce, 
dans la personne d'Origène. 

NARDI (Louis), né à Savignano le 17 août 
1777, mort à Rimini le 5 juin 1837, était 
chanoine de la collégiale de Sainte-Lucie, et 
avait été l'un des principaux fondateurs de 
l'académie du Rubicou. Il pa^sa la p.lusgrande 
partie de sa vie à Riuiini, où il était biblio- 
thécaire de la bibliothèque Gaml>alunghi, et 



tS NAR 

où il exerra longlonipsle niinist^ro des Ames 
(Iniis la |),-îroisso do S.iint-Joaii rf^vaii^i'-Iislc, 
dont il ('lait prévùt. Son savoir dans les 
iii.it i('^resd(''i'U(ii lion (>t(raMti(|iiit('!s parut dans 
plii-^ii'iirs opuscules, recueilli^ dans l('76i//7- 
udl (hs Arcades. Pii' Vlll lui conlV-ra un !«';- 
nélicc dans la Maiclie d'AncAne et encoura- 
gea ses travaux par un lircflionoiablo. l/ahhi' 
Nardi avait princiiialcnicnl étudie l'Écriture 
sainte eiranliquilé ('ccl('siasti(|ue, cl il écri- 
vit plusieurs traités et dissertations, parmi 
les(piels nous citerons la Drfcnsc du titre de 
Vé(jlise cathédrale de Himini , son gi'and ou- 
vrat;e des Cures, et celui ([u'il avait annoncé 
sous le titre d'Opinion sur le ç/rand nombre 
des calfiolif/ues (tdulles qui seront sauvh. Il 
coinl) :ttit la philoso|iliie du xviir siècle par 
plusieuis ar'ticies in^rés dans la Voix de ta 
liaison, olihns le recueil des Caloljihliophiles. 
Il s'appliqua aussi à la prédication avec un 
grand succès. 

NAIUÎCi ,(liiK(;oinE de), célèbre écrivain 
ascétique de rArinénie, né l'an 951, était (ils 
de Kliosrou, évoque de la province d'Andse- 
vatsi, darrs le VashoiU'a^^^Tn. Il passa toute sa 
vie dans le monastère de Nar-eg, où il avait 
été élevé sous la conduite de l'abbé Ananias 
qui était son par-cnt. Grégoire y mour-ut le 
27 février 1003 : l'église d'Arménie le révère 
comme un saint. On cite do lui : un Recueil 
de pièces , écrit d'un st.\le tiès-élo(|uont et 
très-élevé, mais parfois obscur : on distingue 
les éditions de Constantinople, 177'i., in-12, 
et de Venise, 1789, in-1-2; des Homélies; des 
Hymnes; un Commentaire sur le Cantique 
des cantiques, composé sur la demande de 
Ciourgen, i-oi d'Andsevatsi, à l'Age de 2G ans. 

NAHES (Edmond), docteur en droit canon, 
né l'an 17()2, h Londres, termina ses études 
à l'université d'Oxford, et obtint plus tard la 
cure de Saint-Pierre. En 1797, il épousa la 
troisième lillc du duc do Marlborough , et 
peu après il fut nommé recteur de B)dden- 
den, emploi qu'il occupa jusqu'à sa mort 
arrivée vers 181G. Indé|)endar)unent de nom- 
breux Sermons, on a de lui : Essais pour 
prouver combien les idées philosophiques 
d'une pluralité de mondes sont en harmonie 
avec le lane/af/c de l'Ecriture, 1802, in-8"; 
Thinks 1 to myself, nouvelle, 1811, 2 vol. 
in-12, 9' édit., 1813. A la dernière convoca- 
tion, Narcs avait été char-gé de représenter 
le clergé du diocèse de Cantorbéry, et, en 
181 '♦, le prince régent le choisit pour la place 
de [irofesseur d'histoire moderne. 

NAUI (CoRM:ri.i.E), prêtre catholique ir- 
landais, né en IGGO dans le comté de Kildare, 
fit ses humanités h Naas, petite ville de ce 
comté, r'oçirt la prêtrise en 168i, dans la ville 
do Kilkenny, et l'année suivante il partit 
pour Paris, où il acheva ses études au col- 
lég.; irlandais, dont il devint proviseur. En 
J69V il se fit rerevoir docteiu- en droit civil 
et canon. Deux ans après, il fut chargé de 
l'éducation du comte d'Antrim , seigneur 
catholicpre avec lequel il voyagea. Il retourna 
ensuite on Irlande, et fut pourvir de la cure 
de Saiiit-Michan dans la ville de Dublin. Il 
continrra de jouir, dans ce nouveau poste, 



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24 



do l'estime générale, même de la part des 
prolestarrts , qiri rendaient jirstice à son 
mérite et à sa modération. Il avait de la 
])iété , du zèle , du talent et toutes les 
vertus ecclésiastiques. Il est autour des 
écrits suivants : Etat modeste et fidèle des 
principaux points controversés entre les ca- 
tholiques ro)nains et les protestants , Anvers 
et Londres, 1G99, in-i°; dos Prières et des 
Méditations, 1705, in-12; une Traduction du 
Nouveau Testament , on anglais , avec des 
notes marginales, Londres, 1705-1708, in-12; 
lièqlc et pieuses instructions composées pour 
Varancement spirituel d'une dévote veuve, etc., 
Dublin, 1716, in-lG; Réponse <i une brochure 
intitulée : Conférence entre M. Clayton, pré- 
bendaire de iéqlise de Sainl-Michan à Dublin, 
et le docteur Nari, prêtre romain, Dublin , 
1722, in-i"; Lettre de controverse au curé de 
Naas, Dublin, 1722, in-V°; Lettre à mylord 
Edouard, archevêque de Tuam , en réponse à 
son Avis charitable h. tous ceux qui sont de 
la communion de l'Eglise de Rome, Dublin, 
1730, in-8"; Histoire abréqée du purgatoire de 
saint Patrice et de ses pèlerinages , en faveur 
de ceux qui sont curieux de connaître les 
partrcularités do ce fameux endroit et pèle- 
rirrage, tant célébrés dans l'antinuité, Dublin, 
1710. On lui attribue on outre la Traduction 
dos OEuvres do M. Papin, converti par Bos- 
suet, Paris, 1723, 3 vol. in-12, avec la Vie 
de l'auteur. Nari mourut le 3 mars 1738. Il 
était excellent controvorsiste. 

NABO (Benoît), cardinal , préfet de la 
congrégation de la discipline régulière , et 
archiprêtro de Sainto-.Marie-Majeuro , né à 
Rome, lo2G juillet nV'*, d'une famille noble, 
s'éleva en pou de temps, par son mérite et 
})ar ses vertus, aux plus hautes dignités de 
l'Eglise : d'abord chanoine du Vatican , il 
fut aussi camorior secret de Clément XIII. 
Pie VI le déclara prélat domestique et réfé- 
rendaire des deux signatures; plus tard , le 
saint Père lui donna place parmi les ponents 
du bon gouvernement et de la Consulte. 
Pie VII le nomma, en 1800, clerc de la cham- 
bre , et, en 1807, majordome et préfet des 
palais apostoliques. Devenu cardrnal le 8 
mars 181G, sous le titre do Saint-Clément , 
Naro se distingua par son zèle pour la splen- 
deur du culte divin et par les dons qu'il fit 
à l'église de son titre , à la basilique de 
Sainte-Mario-Majeure et à d'autres églises 
et pieux établissements, dont il était le pr^o- 
tectour. Le cardinal Naro est mor-t à Rome 
le 6 octobre 1832, après avoir reçu les se- 
cours de la religion. 

NATALI (Martin), clerc régulier des Écoles 
pies, naquit dans le diocèse d'Albenga, État 
do Gênes, en 1730, et lit profession à Rome 
en 17i9. Chargé d'enseigner la théologie dans 
le collège Nazaréen, il s'y fit de fâcheuses 
affaires, sous Clément XIII , par une thèse 
où l'on crut remarquer des opinions répré- 
honsibles. Il fut privé de sa chaire; mais le 
motif qui le mettait on disgrAcc à Rome de- 
vint pour lui un sujet de mérite à Pavie, où 
l'on cherchait à introduire un nouvel ensei- 
gnement. Il y fut appelé et pourvu d'une 



25 



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20 



place de professeur. Il y aOicha des senti- 
ments qu'à Rome il avait ét6 obligé de dissi- 
muler, et ne cacha plus son penchant pour 
la doctrine de Jansénius. Le catéchisme de 
Bellarmiii ayant été présenté à son approba- 
tion, en sa qualité de censeur, il refusa de 
l'approuver, à moins qu'on n'y fît des chan- 
gements. 11 sut si peu se contenir, que l'é- 
voque de Pavie lança sur lui une sentence 
d'excommunication, en date du 5 mai 1775. 
En vain le pape demanda qu'il fût destitué 
de sa place de professeur; le système de l'em- 
pereur Joseph 11 prévalait dans les États de 
fa maison d'Autriche en Italie, ot c'était une 
raison pour queNalali fût soutenu. Non seu- 
lement on ne le destitua point, au co; tndre 
on bannit un dominicain qui Trivait attaqué. 
Il mourut à Pavie le 28 juin 1791. Il a publié: 
Sentiments d'im catholique sur la prédestina- 
tion, ilS^; Prières de l'Eglise pour obtenir 
la grâce, 1783; Complexiones auqustinianœ, 
de gratia Dei,2 vol.; Traité de l Existence et 
des attributs de Dieu, de la Trinité, de la créa^ 
lion et de la grâce, 3 vol. ; Lettre au P. Ma- 
machi sur les limbes ; Lfttres contre la Ihéo- 
logiemorale de Collet, etc. Voy. M4machi. 
I4NATALIS. Voy. HiîRvÉ le Breton. 
' NATALIS (Jérôme), jésuite flamand7*mort 
en 1583, connu seulement par un ouvrage 
assez médiocre , mais qui est recherché à 
cause des figures dont il ( st orné. Il est in- 
titulé : Meditationes in Evangelia totius anni, 
in-fol., Anvers, 1591. 

NATHAN, prophète qui parut dans Israël 
du temps de David, déclara à ce prince qu'il 
ne bâtirait point de temple au Seigneur, et 
que cet honneur était réservé à son fils Sa- 
lomon. Ce même pro|)hète reçut ordre de 
Dieu, vers l'an 1035 avant J.-C, d'aller trou- 
ver David après le meurtre d'Urie, poui' lui 
reprocher ce crime et l'adultère qui y avait 
donné lieu. Nathan lui rappela son péché 
sous une image empruntée, en racontant à 
ce prince l'histoire feinte « d'un homme ri- 
« che qui, ayant plusieurs brebis, avait en- 
« levé de force celle d'un homme pauvre 
« qui n'en avait qu'une.» David ayant en- 
tendu le récit de Nathan lui répondit : 
« L'homme qui a fait cette action est digne 
« de mort, il rendra la brebis au quadruple. 
« — C'est vous-même qui êtes cet homme 
« (répliqua Nathan.) Vous avez ravi la femme 
« d'Urie Héthéen; vous l'avez prise pour 
« vous; vous l'avez fait périr lui-même par 
« l'épée des enfants d'Ammon. » Ces paroles 
furent un trait de lumière qui pénétra David 
de la plus vive componction; ses regrets lui 
méritèrent le pardon de sa faute. 

NATHAN ou RABBI-ISAAC -NATHAN, 
rabbin du xv' siècle, s'est rendu fameux par 
sa Concordance hébraïque, à laquelle il tra- 
vailla pendant 10 ans. Cette concordance a 
été traduite en latin, et depuis perfectionnée 
par Buxtorf,et imprimée à Baie, 1632, in-fol. 
Il est certain que Nathan composa sa Con- 
cordance d'après celle qu'Arlot, général des 
cordeliers, a composée en latin. Cet ouvrage 
a été imprimé sous le titre de Meir net iv. Lu- 
mière des sentiers. Ce rabbin est appelé tan- 



tôt Isaac, et tantôt Mardochée', selon la cou- 
tume des Juifs de changer de nom dans les 
maladies extrêmes ; s'ils viennent à guérir, 
ils retiennent le dernier comme un signe de 
pénitence et du changement de leurs mœurs: 
usage qu'il ne serait point absurde d'intro- 
duire parmi les chrétiens , qui avertirait de 
leur infidélité ou de leur hypocrisie tant 
d'hommes lâches et faux qui, dans des temps 
de souffrance et d'angoisses, abjurent leurs 
iniquités pour les reprendre au moment de 
leur convalescence. 

NATHANAEL, disciple de Jésus-Christ, de 
la petite ville de Cana en Galilée. Philippe 
l'ayant rencontré, lui apprit qu'il avait trouvé 
le Messie, et l'amena à J.-C. Le Sauveur en 
le voyant dit de lui, que c'était un vrai Is- 
raélite, sans déguisement et sans fraude. Natha- 
naël lui ayant demandé d'oii il le connais- 
sait, le Sauveur lui répondit qu'il l'avait vu 
sous le figuier avant que Philippe l'appelât. 
A ces paroles, Nathanaël le recoimut pour 
maître, poiu- le Fils de Dieu et le vrai roi 
d'Isratl. Plusieurs écivains ont soutenu que 
saint Barihélcmi était le môme que Natha- 
naël ; le Père Roborti, jésuite, dans Natha- 
nael Bartholomœus, Douai, 1619 ; Alphonse 
Tostat, Cornélius à Lai-ide, Henri Hammond, 
Gayantus, Faljricio Pignatelli, jésuite napo 
litain,dans De apostolatu B. Nathanaelis Bar- 
tholomœi, Paris, 1060, et le Père Stiiting 
dans les Acta sanctorum., août, tom. V, ont 
adopté ce sentiment. Saint Jean ne nomme 
jamais Barthélemi parmi les apôtres; mais 
aussi on ne trouve poir.it le nom de Natha- 
naël dans les trois autres évangélistes. Ceux- 
ci joignent constamment ensemble Philippe 
et Barthé emi; et saint Jean dit que Philippe 
et Nathanaël vinrent ensemble trouver J.-C. 
On voit aussi que Nathanaël était avec les 
apôtres, lorsque le Sauveur leur apparut sur 
le bord de la mer de Galilée, après sa résur- 
rection; et s'il n'eût point été dès lors mem- 
bre du sacré collège, pourquoi n'aurait-il 
point été proposé pour remplir la place va- 
cante par la mort de Judas? 

NATIVITÉ (Jeanne Le Royer, sœur de la), 
née le 2i janvier 1732, au village de Beau- 
lot, à deux lieues de Fougères, d'une famille 
de laboureurs, entra comme domestique, à 
l'âge de 18 ans, chez des religieuses de l'or- 
dre de Sainte - Claire, appelées Urbanistes^ 
établies à Fougères. Quoiqu'elle n'apportât 
rien en dot, elle obtint dans la suite d'être 
reçue sœur converse, et fit de grands progrès 
dans la vertu. La sœur de la Nativité crut 
avoir des apparitions et des révélations dont 
elle fit part à ses confesseurs successifs, qui 
cherchèrent à l'éclairer sur des points aussi 
délicats. Cependant un nouveau directeur du 
couvent, M. l'abbé Genêt, s'tloignant de la 
route de ses prédécesseurs, confirma la sœur 
dans sa pieuse croyance : elle lui dictait ce 
qu'elle prétendait avoir vu ou entendu ; mais 
la révolution les sépara. La sœur, forcée de 
quitter son couvent, se réfugia «hez son 
frère, puis aujtrès d'un charitable habitant de 
Fougères, où elle mourut le 15 août 1798, 
âgée de 6G ans. Pendant son séjour en An- 



37 



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•28 



j<letprre, l'aldn' fionct avait cnmnuinnuK^ ses 
iiinimst.Tils à phisiours persomies (|iii varient 
(]'i)|piiiii»ii <i\v II! ii('i;''tî lit- foiirianco (iiio mk';- 
rHai»'iit les prédictions ([u'ils contenaient. 
IMiisienrs copies en fnrenl mémo distrihnées. 
A la mort do cet occlésiasti-pio, sin-venueon 
1.S17, les manuscrits i'mont vendus h un li- 
bralro qui les puhlia dans la même année 
sous le tilre do Vie et licri'liUioiis de la sœur 
de la ytitivite, 3 vol. in-1-2. (l<t ouvra.L^e est 
com|>osùd'un Discours prcliininaire (\c l'abhô 
Cionet, (pu tAclie de |iroiiver (pie la sœur 
ét.iit inspirée ; d'un Abrégé de la vie de la 
sœur, par le mémo; d'une Vie intérieure de 
ladite su'ur, écrite ou pour mieux dire dictée 
par elle; de ses noudjrcuses et extraordi- 
naires Révélations, par lesffuolles elle i)rédit 
beaucoup de choses sur l'Kglise et la tin du 
monde. Ces révélations contiennent des dé- 
tails pleins do [liété et d'élévation, et d'au- 
tres (pii pourraient être soumis <v une sévère 
critique. On trouve dans le troisième vo- 
liniio, un Recueil d'autorités en faveur do ces 
mêmes révélations, des Observations (hi l'abbé 
Genêt sur la même matière, et une Relation 
fait ' par lui des huit dernières années de la 
sœur. On lit une nouvelle édition de cet ou- 
vrage en 1819, k volumes in-S" et iu-12. Le 
quatrième volume sufjplémentaire a été dicté 
par la sœur h des religieuses qui avaient mé- 
rité sa confiance. L'Ami de la Religion et du 
Roi a donné une analyse et un extrait de 
cet ouvrage dans le tome XXllI, p. 321-385, et 
dans le tome XX.1V, p. 193. Vn anonyme lui 
répondit par une brochure intitulée : Réponse 
de mon oncle sur la Censure des révélations 
de la sœur delà Nativité.— Une aulrc Jeanne 
do la Nativité, religieuse ursulino, est au- 
teur du Triomphe de l'amour divin dans la 
vie de la bonne Armelle, Paris, 16S3, in-12. 

NATTA (Marc- Antoine), célèbre juris- 
consulte du xvr siècle, natif d'Asti en Italie, 
était uiagislrat h Gènes, oii il se distingua 
par ses vertus et son amour pour l'étude. 
Le sénat de Pavie lui oifiit une chaire do 
droit canon; mais il ne voulut pas priver 
Gênes de ses lumières. On a de lui divers 
ouvrages de théologie et do jin-isjiriulonce. 
Son tr.iité De Dco, en quinze livres, "Venise, 
1559, est au nombre des raretés typogra- 
phiques. Si's autres ouvrages sont trois tomes 
des Conciles; un traité de rimmortatité de 
l'dme ; un de la Passion du Seigneur ; neuf 
livres de la doctrine des princes, etc. 

NATTA (Hyacinthk), lils de Gabriel-Hoc- 
lor Natta, comte d'Alliano, et do Polvxène 
de Blandrate, comtesse do Saint-Gebrgos, 
naquit à Casai , capital du Montferrat , en 
loTo. 11 passa de l'université do Pavie, où il 
commença ses études, dans colle de Sala- 
nian(iue et ensuite dans celle de Bologne, 
où 1, jirit le degré de docteur en droit. Entré 
dans l'ordre dos capucins, à l'dge de 25 ans, 
il ne tarda pas h s'y faire un nom parmi les 
plus célèbres prédicateurs : Home , Milan/ 
Naples, Gênes, Bologne, etc., deviïiront suc- 
cessivement le théAtrc do son éloquence. l<n 
16UG, il prêchait lo carême h Venise, d'où il 
lut exilé pour avoir mêlé dans ses sermons 



((uelques traits relatifs au différend qui sid)- 
si-stait entre le papi; Paul V et cette républi- 
que. Envoyé ensuite par la cour de Rome 
auprès do diffi-rents princes, le Père Natta 
tlé|)loya partout dos talents supéiiours : il 
réconcilia l'empereur Bodcdpho H et l'archi- 
duc Mathias, divisés i)0ui' dos intérêts de 
famille, dont le chot; pouvait devenir funeste 
à l'Etat; il engagea ce dernier, lorsqu'il fut 
devenu cm[)erour, à révo(iuer le pei'mission 
donnée aux héréti(|ues de b;Hir des temples, 
et s'opposa de tout(!S ses forces à leurs me- 
nées, (pii lie tendaient h rien moins qu'il 
l'entier anéantissement do la religion catho- 
lique. Ce fut lui qui dévoila h la cour d'Es- 
pagne les dessoins du prince do (iallcs, qui, 
sous prétexte de négocier son mariage avec 
la princesse Marie, sœur de Philip()e IV, ne 
s'était rendu à Madrid avec le baron de Dig- 
by, que pour détacher lo roi des intérêts des 
autres princes catholiques. A Bruxelles, il 
obtint de l'infante Isabelle, en faveur des 
Pères de l'Oratoire remplacement qu'ils oc- 
cupent en cette ville : de là il se rcridit à 
Palis, où il employa également à procurer 
le bien, les marques de considération et de 
conliance qu'il reçut à la cour et à la ville. 
Vers l'an 1G2V , il retourna h Rome, et s'a- 
donna à la jirédication jusqu'à sa mort, ar- 
rivée en 1627, à Casai, à l'âge de 52 ans. On 
a de lui divers ouvrages de piété, tous écrits 
en italien. 

NAU (Michel), missionnaire jésuite , né 
l'an 1631, à Paris, d'une famille anoblie par 
Henri IV en 1606, s'ap[)liqua d'abord à ren- 
seignement, et obtint ensuite de grands suc- 
cès dans les missions des pays orientaux où 
il fut envoyé par ses supérieurs. Le P. 
Nau mourut à Paris le 8 mars 1683, laissant 
plusieurs ouvrages estimés, savoir : Voyage 
nouveau de la terre sainte, Paris, 1679, 
in-12; réimpr. en 1702; Ecclesiœ Roma- 
nœ Grœcœque vera effigies, Paris, 1680, in-i". 
« La manière dont il traite son sujet, dit un 
« biographe, est fort simple en af)pflrence, 
« mais dans lo fond elle est fort adroite et 
« solide. )) L'état présent de la religion maho- 
métane, Paris, 2^ édil., 1685, 2 vol. in-12. — 
Son frère Nicolas Nau, jésuite comme lui, 
est auteur d'iuio Oraison funèbre du cardinal 
de La Rochefoucauld, 16'i-5, in-8°, en latm. 

NAUDÉ ((iabriel), savant distingué, né à 
Paris on 16jO, lit dos progrès rapides dans 
les sciences, dans la ciitique, dans la con- 
naissance dos auteurs et dans l'intelligence 
des langues. Hemi de Mesmos, président au 
parlement de Paris, le lit son bibliothécaire. 
Son inclination pour la médecine l'engagea 
quelque temps a[)ros à se rendre à Padoue; 
il s'y consacra à l'étude de cet art, et y prit 
lo boniiol de docteur. Le cardinal Bagni le 
choisit pour son bibliothécaire, et l'emmena 
avec lui à Rome. A[irès la mort do Bagni, lo 
cardinal Barberin fut charmé de l'avoir au- 
près de lui. Naudé était à Rome lorsque le 
général dos bénédictins do Saint-Maur vou- 
lut faire imprimer à Paris limitation de Jé- 
sus-Christ, sous le nom de Jean Gersen, 
. Gesen ou Gesscn, religieux de l'ordre de 



<29 



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30 



Saint-Benoît. Dom Tarisse (c'était le nom de 
ce général), le donnait pour le véritable au- 
teur de cet ouvrage; persoiuiage qui, selon 
toutes les apparences, est uu être de raison. 
Il se fondait sur l'autorité de quatre manus- 
crits qui étaient à R(nne. Le cardinal de Ri- 
chelieu écii vit à Rome à Naudé , pour les 
examiner. Il parut h Texaminateur que le 
nom de Gersen, placé à la iôte de quelques- 
uns de ces mar.usciits était d'une écriture 
plus récente que les manuscrits nieuîes. Il 
envoya ses observations aux savants du Puy, 
qui les communiquèrent au P. Fronteau, 
chanoine régulier de Sainte-Geneviève, très- 
étonné de ce qu'on voulait enlever cet ou- 
vrag'^ do l'Imitation à son confrère Thomas 
à Kempis, son véritable auteur. Il tit promp- 
lemi nt imprimer ce livre sous ce titre : Les 
quatre livres de ri mitât ion de Jésus-Christ, 
par Thomas à Kempis , avec (a conviction de 
la fraude qui a fait attribuer cet ouvrage à 
Jean Gersen, bénédictin. L'éditeur génovélain 
ne manqua pas de ra^iporter la Relation du 
sieur Naudé envoyée à messieurs du Puy 
de quatre manuscrits qui sont en Italie, tou- 
chant le livre de Vlmitation de Jésus-Christ, 
sous le nom de Jean Gersen, abbé de Ycrceil. 
Toute la congrégation de Saint-Maur se sou- 
leva contre l'auteur de celte pièce. Le P. 
Jean-Robeii Qualre-Maire, leur priicipal 
défenseur, accusa Naudé d'avoir falsifié les 
manuscrii.s et de les avoir vendus aux cha- 
noines réguliers pour un prieuré siuiple de 
leur ordre. Ce conte ridicule sem!)lait r( n- 
forcer les raisons de Naudé et drceler la fai- 
blesse de celles qu'on lui prétendit opposer. 
Le P. François Valgrave, autre bénédictin, 
vint à l'appui de son confrère, et reprocha 
également à Naudé de la mauvaise foi dans 
l'examen des manuscrits et dans sa Relation. 
Une simple querelle liitéraire devint alors 
un procès criminel. Naudé tit présenter une 
requèie au Chàtolet, poui' f.iire saisir et sup- 
primer les exemplaires des livres de Quatre- 
Maire et de Valgrave. Les bénédictins élu- 
dcrenl cette juridiction, ^t firent renvoyer 
la t;iusH aux requèt' s du pa'ais. Aussitôt pa~ 
r jrent de part et d'aulre des factum. Tous 
les gonj d',> lettres s'intéressèrent pour Nau- 
dé. Les chanoines réguliers intervinrent au 
procès : il traîna eu longueur. EnUn, après 
avoir été pour les avocats matiè.i*e à pl.usan- 
terie, l'aifaire fut terminée le 12 février 

. Iv5:>. On ordonna que les [laroles injurieuses 
em^,loyées de })art et d'autre seraient sup- 
pruuées; qu'il y aurait main-levée des exem- 
plaires du livre de Valgrave, qui avaient été 
saisis; qu'on ne laisserait plus imprimer le 
livre deVlnùtation de Jésus-Christ, sous le 
le nom de Jean Gersen, ahhé de Verccil; 

mais sous celui de Thomas à Kempis Le 

temps, l'équité etla bonne critique ont décidé 
cette controverse d'une manière plus pré- 
remptoire qu'elle n'a pu l'être dans un tri- 
bunal de jurisprudence. La multitude de 
germanisâmes dont l'ouvi âge t st rempli forme 
seule une jjreuve évidente et irrésistible 
contre les prétentions des gersénistes. {Voy. 

^hmnsf Gersen, Amort, Quatue-Maire, etc. 



Vaines subtilités de dom Chais, Jour. hist. 
et litt., 15 août 1785, pag. 586.) Comme Nau- 
dé jouissait d'une pension à la cour de Fran- 
ce, avec le titre de méJecin de Louis XIII, 
le cardinal de Richelieu le rappela à Par'is, 
où il revint en 1G42. Après la mort do ce 
ministre, le cardinal Mazarin se l'attacha en 
qualité de b bliothécaire, et lui donna un 
canonical de Verdun et le prieuré de Larlige 
en Limousin. La bibliolhèque de cette Kmi- 
nence s'accrut so is ses mains de plus de 
40,000 volumes. La reine Christine de Suède, 
instruite de son mérite, l'appela à sa cour. 
Naudé s'y rendit; mais les témoignages d'es- 
time et d'amitié dont cette princesse le com- 
bla ne purent lui faire aimer un pays con- 
traire à sa santé; il mourut en revenant, à 
Abbeville, en 1653, à 53 ans. Naudé avait 
beaucoup d'esprit et de savoir; mais ses 
jugements ne sont pas toujours vrais ni bien 
moti es. Il était extrêmement vif, et sa vi- 
vacité le jetait quelquefois dans des singu- 
larités dangereuses. Il pailait avec une li- 
berté qui s'étendait sur les matières de la 
religion , à laquelle il fut cependant , à ce 
qu'on assure , attaché de cœur et d'esprit : 
inconséquence ({ui lui était commune avec 
tant de prétendus sages, qui sacrifient au bel 
air philosophique des sentiments respecta- 
bles, dont ils n'ignorent ni la solidité ni le 
pris. Ses principaux ouvrages sont : Apolo- 
gie pour les grands personnages faussement 
soupçonnés de magie, Paris, Î625, in-12, ré- 
imprimée à Amsterdam en 1712. Il y a de 
bonnes observations; mais il y en a aussi 
qui, en bonne critique, ne sont pas receva- 
bles. Plusieurs de ces soupçonnés sont bien 
justifiés, ce sont ceux qui n'avaient pas be- 
soin de l'être; quelques-uns le sont très- 
mal, et restent toujours entachés. Avis pour 
dresser une bibliothèque, 16i4, in-8% bons 
pour leur temps; Addition à la Vie de Louis 
XI, 1630, in-8'% curieuse; Bibliographia po- 
litica, Leyde, traduite en français par Chail- 
Irine, Paris, 1642, ouvrage savant, mais peu 
exact; Sijnlagma de studio liberali, 1632, 
in-4% où il y a de bons |)réceptes sur la ma- 
nière d'étudier; Syntagma de studio militari, 
Rome, 1637, in-4", ouvrage peu commun, et 
qui ne mérite guère de l'être; De antiquitate 
scholœ inedicœ parisiensis, Paris, 1628, in-8''; 
Epistolœ, Carmina, in-12, 1667; les Considé- 
rations politiques sur les coups d'Etat, pro- 
duction médiocre écrite d'un style dur et in- 
correct, furent imprimées à Paris sous le 
nom de Rome, en 1639, in-4°. Cette édition 
est estimée. Louis du May en donna une en 
1673, sous le titre de Sciences des princes, 
et y ajouta ses réflexions. Quelques curieux 
recherchent son Instruction à la France sur 
la vérité de l'Histoire des frn'cs de la Rose- 
Croix , Paris, 1623, in-8". Elle prouve que 
Naudé connaissait cette société; et si la 
France eût écouté cette instruction, elle se 
fût bien trouvée de sa docilité. Voy. Maier, 
Ocu'N. Jugement de tout ce qui a été imprimé 
contre le cardinal Mazarin, 1050, in-4% livre 
devenu fort rare, et dont cependant il y a eu 
deux éditions, l'une de 492 pages, l'autre de 



Si 



NAU 



NAV 



Si 



717; Avis à nofxeigneuis du parlement, sur 
la vmle de la hibliotlièque du cardinal de Ma- 
zarin, 1052, m-k\ peu coiuniuii; lirmise de 
la bibliothèque entre les mains de M. Tubcuf, 
1651, in-i°, plus r;ux' oiicoro ; le Marfbre, on 
Discours contre les libelles, Paris, 1620, iii-8", 
ouvrage; oxlrt'nKMUcnt raie. Le P. Jacob, 
carme, a donnù un Recueil des éloges que 
les savants ont fait de Naudé , avec le cata- 
logue de ses ouvrages, Paris, 1659, iii-i". 
On a recueilli didérents traits de la vie et 
des pensées de Naudé sous le titre de Nau- 
deana, Pai'is, 1701, et Ainsterdaui , 1703, 
in-1-2, avec les additions. 

NAUDÉ (Philippe), né h Metz en 165V, de 
parents pauvres, se relira h Berlin après la 
révocation de l'édit de Nantes. Il fut re(;u de 
la société des sciences en 1701, et attaché, en 
170i, à Tacadéinie des princes, comme |)ro- 
fesseur de inatliémaliaues. On a de lui une 
Géométrie, in-i", en allemand; et quelques 
auti^s petites pièces dans les Miscellanea de 
la société de Berlin. Il laissa aussi beaucoup 
d'ouvrages de théologie, qui sont plutôt d'un 
homme emporté par le f.matisme de secte, 
que d'un auteur qui cherche à éclaircir les 
matières de religion : ils sont de plus écrits 
avec une sécheresse repoussante, et d'un 
style qui ne rachète en aucune façon les dé- 
fauts inhérents à la chose. 11 mourut à Ber- 
lin en 1729. On a de lui divers Mémoires dans 
les Miscellanea berolinensia. 

NAUDO (Paul), archevêque d'Avignon, 
naquit le 23 octibn; 179i, aux Angles, bourg 
de Catalogne, ancien diocèse d'Alet, dépar- 
tement des Pyrénées orientales , d'une fa- 
mille ancienne d'origine espagnole. Après 
avoir fait ses études dans un collège du dé- 
partement de l'Aude, il entra au séminaire 
de Carcassonne, et fut fait prêtre en 1818. 
Ses succès Ihéologiques engagèrent l'évoque 
à. lui confier une chaire, qu'il conserva jus- 
qu'en 1824-. A cette époque l'évèque de Per- 
pignan le rappela dans son diocèse, le choi- 
bit pour directeur de son grand séminaire, 
où il professa la théologie , l'astronomie et 
la physique, et plus tard il le nomma grand 
vicaire. En 183V, l'abbé Naudo fut promu à 
l'évôché de Nevers. Des discordes politiques 
agitaient ce pays, et le nouveau prélat dut 
0[)pO';er sa pacifique influence aux menaces 
de l'émeute. « Il y eut une collision terrible, 
« dit la Biographie des hommes du jour, entre 
« un bataillon d'infanterie et huit escadrons 
« de cavalerie d'une part, et quelques milliers 
« d'ouvriers flotteurs et de paysans de l'au- 
« tre. M. Naudo se rendit a Clainecy, où 
« l'émeute avait déjà éclaté par deux fois, 
« et, au péril de sa vie, fit agréer son inter- 
'< vention, et accomplit sa mission d'union 
t( et de paix. » Transféré en 18V2 sur le siège 
archiépiscopal d'Avignon, il eut la douleur 
de voir expulser de leur maison, malgré ses 
énergiques réclamations appuyées d'une 
délibét^ation des avocats les plus illustras de 
Paris, les religieuses hospitalières de Saint- 
Joseph, par suite d'imputations calomnieu- 
ses relatives à un commencement d'incendie 
Oui avait éclaté à trois reprises dans leur 



couvent, et h la séquestration de l'une d'en- 
tre elles atteinte de folie furieuse. Les habi- 
tants d'Avignon manifestèrent aussi dans 
cette occasion, de la manière la moins équi- 
voque, lasym|)athi(; et la vénération que les 
sœurs leur avaient inspirées. Mais l'autorité 
civile n'en maintint pas moins sa décision. 
Mgr Naudo est mort d'une attacjue d'apo- 
plexie en célébrant le service divin, le jour 
de Pilques, 23 avril 18V8 : il était âgé de 
5i ans. 

NAULT (N.), procureur général sous la 
restauration, est auteur d'un bon ouvrage 
intitulé : Vérité catholique, ou Vue générale 
de la religion considérée dans son histoire et 
dans sa doctrine, suivie d'une Notice analyti- 
que des Pères de l'Eglise, Paris, 1837, 1 vol. 
in-12 de 23V pages. 

NAUSÉA (Fkédéric), surnommé J?/anct- 
campianus, né près de Wurtzbourg, vers 
1V80, professa d'abord les belles-lettres, puis 
le droit et la théologie. Il parut ensuite avec 
éclat dans la chaire, et fut, pendant 12 ans, 
prédicateur à Mayence. Appelé à la cour de 
Vienne, en 1533, il fut nommé, en 15V1, évoque 
de cette ville, par l'empereur Charles-Quint, 
qui voulut récompenser ses succès dans la 
chaire et dans la controverse. Ce prélat mou- 
rut à Trente durant la tenue du concile, le 
février 1552. Ses mœurs étaient une règle 
vivante pour les évoques et pour le commun 
des fidèles. Nous avons de lui : plusieurs ou- 
vrages en latin, contre les hérétiques, entre 
autres : De missœ sacrificio; quehjues Livres 
de morale, parmi lesquels on distingue son 
Traité de la Résurrection, sous ce titre : De 
J.-C. et omnium mortuorum resurrectione, 
1551, Vienne, in-V° : ouvrage singulier, cu- 
rieux et peu connu; Sept livres des choses 
merveilleuses, Cologne, 1532, in-V°, fig. L'au- 
teur y parle des monstres, des prodiges, des 
comètes. Cet ouvrage est fort curieux; mais 
l'auteur paraît quelquefois trop crédule. Ca- 
techismus calholicus; Consilia de puer o litte- 
ris instituendo ; Libri quinque in concilia; 
'Abrégé de la vie du pape Pie II, et de celle 
de l'empereur Frédéric III ; des Poésies àssez 
faibles. On a imprimé à Bûle, en 1550, in-fol., 
un Recueil des lettres écrites à ce savant sur 
diverses matières. Ce recueil renferme aussi 
un catalogue de ses ouvrages. 

NAVA (Gabriel-Marie), évoque de Bres- 
cia, né le 17 avril 1758 à Barzano, diocèse de 
Milan, acheva ses études à l'université de Pa- 
vie,oii il fut reçu avecla plus grande distinction 
docteur en théologie. Il fut nommé, à l'âge 
de 26 ans, prévôt de la collégiale de Saint- 
Etienne le Majeur à Milan, et en 1795 il pas- 
sa avec le même titre à la paroisse de Saint- 
Ambroise, qu'il dirigeait encore lorsque les 
Français s'emparèrent de Milan. Nava , que 
son caractère et ses vertus entouraient d'une 
haute considération, parvint à sauver un au- 
tel fort riche, monument du ix.' siècle, dont 
les Français voulaient s'emparer. Une fièvre 
pernicieuse dont il fut atteint en assistant les 
malades de l'hôpital militaire de Saint-Fran- 
çois, mit ses jours dans le plus grand dqifi- 
ger. Lorsque les Français évacuèrent ritaiiei 



35 



NAV 



NAV 



34 



abandonnant leurs malades à Milan, Nava se 
chargea de pourvoir à leur subsistance, et 
leur prodigua tous les secours que réclamait 
leur position. Les militaires français lui ex- 
primèrent leur reconnaissance dans une let- 
tre qui a^té insérée dans VAini de la religion 
du 5 juillet 1836, n" 2676. Bonaparte ayant 
convoqué à Lyon, durant l'hiver de 1801-, 
1802, une assemblée de notables italiens, 
Nava accompagna dans cette ville Tarchevê- 
gue de Milan qui y avait été mandé. Depuis, 
il assista au couronnement de Napoléon à 
Milan, et reçut les titres d'aumônier du roi 
d'Italie et de chevalier de la Couronne de 
Fer. En 1806, il fut promu à l'évêché de 
Brescia, et il tut préconisé à Rome, le 18 sep- 
tembre 1807. Il s'apliqua à propager le goût 
des études, surtout dans le jeune clergé, et 
le zèle qu'il apportait dans ses fonctions était 
tel qu'il prêchait souvent trois ou quatre 
fois le même dimanche. En 1811, il assista 
au concile convoqué par Napoléon à Paris, 
et fut nommé un des quatre secrétaires. L'a- 
dresse à l'empereur, dans laquelle on avait 
fait entrer les quatre articles de 1682, que 
les évoques italiens n'admettaient point, 
donna lieu de leur part à de vives réclama- 
tions; l'évêque de Brescia demanda qu'on 
retranchât de l'adresse tout ce qui touchait 
à la doctrine. Cette opposition déplut à l'em- 
pereur : on demanda au prélat une rétrac- 
tation, et, sur son refus, un autre secrétaire 
fut nommé à sa place. Il s'empressa d'aller 
reprendre ses fonctions pastorales dans son 
diocèse. Grâce à ses dons généreux et aux 
etforts qu'il fit pour stimuler la charité des 
fidèles, la nouvelle cathédrale de Brescia fut 
presque entièrement terminée sous son ad- 
ministration. Pendant la famine qui se fit 
sentir en 1817, ce prélat, malgré la modicité 
de ses revenus, fit de nombreuses libéralités. 
Après avoir épuisé tontes ses ressources, il 
vendit, pour secourir les pauvres, un anneau 
(ju'il avait reçu de Naj)oléon, et tous les ob- 
jets précieux* qu'il possédait. Il fonda dans 
son diocèse un grand nombre d'établisse- 
ments pieux , qui reçurent de lui de grands 
secours, notamment le couvent de clarisses 
établi à Lovère, en 1816; le couvent de reli- 
gieuses de la Visitation, ouvert à Brescia en 
1818, et un établissement d'oratoriens, for- 
mé dans la même ville en 1823, avec la 
charge de donner des retraites aux prêtres 
et des missions dans le diocèse. Il mourut 
le 1" novembre 1831. Les prévôts Bazzoni et 
Bottelli prononcèrent son oraison funèbre ; 
le professeur Zambelli prononça son éloge 
à l'athénée de Brescia, et Menini publia un 
Abrégéde sa vie. 

NAVJilUS (Mathias), natif de la Hesbaye 
dans la princijjauté de Liège, fut licencié en 
théologie, curé de Saint-Pierre à Douai, et 
ensuite chanoine de l'église de Tournai et 
censeur des livres. Sa régularité et son sa- 
voir lui concilièrent une considération géné- 
rale. Il mourut vers le miheu du xxiv siècle. 
Ses principaux ouvrages sont : des sermons 
sur lés fêtes de quelques saints , sous le ti- 
tre de Prœlibatio theologica in [esta SancCo- 



rum, in-4.° ; Annotationes in summœ Theolo- 
giœ et sacrœ Scripturœ prœcipuas difficultates, 
in-4" ; Orationes de signi crucis et orationis 
ef/icacia, etD. Thomœ Aquinatis laudibus,iG30y 
in-4°. Il publia aussi Chronicon apparitio- 
num et gestorum sancti Michaelis archangeliy 
ouvrage de son oncle Michel Nav^eus, né 
à Liège, successivement chanoine et officiai 
d'Arras, archidiacre et grand vicaire de Tour- 
nai, mort l'an 1720, âgé de 87 ans, comme il 
est dit sur son portrait gravé. 

NAViEUS (Joseph) , prêtre et chanoine de 
Saint-Paul de Liège, naquit au village de 
Viesmç, à cinq lieues de cette ville, en 1651, 
et fit ses premières études avec une distinc- 
tion remarquable. Il n'eut pas moins de suc- 
cès en philosophie et en théologie. Il pro- 
fessa pendant qnelque temps la poésie dans 
le collège de la Trinité à Louvain. Ayant pris 
le degré de licencié en théologie dans l'uni- 
versité de cette ville, il fut appelé à Liège 
pour enseigner 1^ philosophie au séminaire. 
Quelques-unes des thèses qu'il y fit soute- 
nir sous sa présidence ont été imprimées. Il 
eut des démêlés assez vifs avec les jésuites 
au sujet du séminaire dont ces Pères cher- 
chaient à avoir la direction. En 1699, il prit 
la défense de M. Denys, professeur de théo- 
logie à Liège, accusé d'enseigner des propo- 
sitions qui n'étaient point orthodoxes ; M. De- 
nys était à Rome. Navœus, étant devenu in- 
firme, se démit de son emploi de professeur, 
et' fut nommé à un canonicat de la cathédrale 
de Saint-Paul. Il conserva ce bénéfice tant 
qu'il put en remplir les devoirs ; mais ses in- 
firmités ayant augmenté, il le résigna. Il mou- 
rut à Liège le 10 avril 1705, n'ayant que 5i ans. 
On a de lui : Mémoire contenant les raisons 
pour lesquelles il est très-important de ne pas 
retirer le séminaire de Liège des mains des 
théologiens séculiers, et de n en pas donner la 
conduite aux Pères jésuites. Ce mémoire, écrit 
en latin , fut traduit en français par le 
P. Quesnel, et imprimé in-i" et in-12. Il n'eut 
point l'effet que l'auteur en attendait. Les 
jésuites prirent possession du séminaire ; ce 
qui donna lieu à un autre écrit de Navœus 
intitulé : Deux lettres d'un ecclésiastique de 
Liège, contenant le récit de Vintrusion vio- 
lente du P. SaUran, jésuite anglais, dans la 
présidence du séminaire de Liège, en latin, 
1699. Ces lettres furent aussi traduites en 
français, in-4° et in-12 ; Epistola apologetica 
ad auctores et suscriptores resolutionis sacrœ 
(ut ipsi quidem existimari volunt), facultatis 
lovaniensis adquœstiones quasdam dogmaticas, 
datœ die 12 septembris 1699, et Lovani editœ 
per quosdam sacrœ theologiœ studiosos, ex 
S. L. pro professore suo absente. C'est la dé- 
fense de Denys citée ci-dessus, et mise sous 
le nom des étudiants en théologie de Lou- 
vain. Sacrœ facultatis theologiœ coloniensis 
sapientissimum judicium pro doctrina peril- 
lustris D. Henrici Denys, S. T. licenciati lo- 
vaniensis, in seminario leodiensi professoris, 
necnon in ecclesia leodiensi canonici theologi , 
adversus ineptias, cavillationcs , aberrationes 
et imposturas doctoris Francisci Martin, in 
libella eut titulus : Refutatig justifica- 



S8 



y\y 



NAX 



Sff 



TioNis, etc., rindicatum pcr Christianum ab 
Jrrndarl tlieologum, .M.nrianopoli, IGlil, in-V". 
Cotti> |)i(''co lui yéïK-raUMUiMil altiibiiôe à Na- 
voMis, qui (lu moins y eut i)i'<uicou|) df pni'i. 
J,c fondement de la conduite A la vie et /« piété 
chrétienne ^ selon les prituijies que la loi nous 
en donne dans l'Kcriture sainte et la doctrine 
de rFglise, livre pieux et estimé, que Na- 
vœus cr)ni|>osa pendant la retraite à laquelle 
ses infirmités le condanumient. Il conlrihua 
aux rùçSlements do i'hô|)ital des IncuraijJes 
do Liéye, et à l'établissement des (illcs re- 
penties. Ses liaisons intimes avec Ainauld , 
Quesi.el, Opstraët, etc. , montrent assez qu'il 
jiarlageait leurs sentimcuts. Voy. Chokier- 
Slrlet (Jean-Ernestj. 

NAVAGERO (Bernard), de la famille du 
noble et savant littérateur vénitien André 
Navagero, fut évoque de Vérone, assista au 
concile de Trente, et mourut en I5Go, à 58 ans. 
C'était un homme de mérite. Il fut honoré 
de la pourjtre, et chargé de plusicuis ambas- 
sades dans lesquelles il Ut briller son espi-it 
et son éloquence. On a de lui des Haran- 
gues et la Vie du Pape Paul IV. 

NAA'ARUE (Martin). Voyez Azpilcueta. 
NAVARUETTEou NAVARETTE (Ferdi- 
nand), dominicain espa^^nol, se signala dans 
son ordre par ses talents pour la chaire et 
par son zèle pour le salut des âmes. Il alla, 
en 165;), porter la foi à la Chine, et y eut 
quelques démêlés avec les autres mission- 
naires à l'occasion des cérémonies chinoises. 
Après avoir condamné ces cérémonies, il pa- 
rut revenir de son sentiment au sujet d'un 
écrit du P. Brancati, jésuite. 11 écrivit en 
ces termes au P. Govéa , vice-provincial 
des jésuites de la Chine en 1669 : « Pour ce 
« qui regarde les morts, les écriteaux et les 
« cérémonies funèbres, nous suivons au pied 
« dé la lettre, sans nous éloigner d'un s ul 
« point, tout ce qui fut arièlé dans lassem- 
« bléedevos pères, quisetint àHang-Tcheou 
« au mois d'avril 16'4-2. A l'égard (ie Confu- 
« cius , nous permettons ce que vos pères 
« permettent .k- p'aliquer en retranchant les 
« deux cérémonies soiennelies, que la com- 
« pagnie ne permet pas non plus , etc. » Il 
était alors exilé et en prison pour la foi à 
Canton. Il s'échap|)i de la |)rison et s'eni'uit 
à iMacao. Le P. Crimaldi, jésuite, prit sa [dace 
de son proi)re gré dans sa [)rison, pour ren- 
dre le noun)re onijtlel et que l'on ne s'a[)er- 
çût pas de lévasion du P. Navarrette. Il re- 
vint ensuite à son premier sentiment sur les 
cérémonies cliinoises, et attaqua avec cha- 
leur les jésuites, dans des ouvmges qui n'ont 
peut-être que trop bien servi aux ennemis 
do celte société pour la noircir, quoique, se- 
lon plusieurs écrivains qui ont pris à tAche 
de les réfuter, la passion et la vivacité s'y 
montrassent à découvert. Ses conl'rères en 
montrèrent du mécontentement, entre autres 
le P. Pierre d'Alcala qui, écrivant au P. In- 
torcotta, jésuite, une lettre diléo de Lan-Ki 
du 31 mars 1G80, dit, en parlant du livre du 
P. Navarrette : « Dieu m'est témoin combien 
«j'en suis inJigné, et que si cela était en 
« mon pouvoir, je l'effacerais de mon propre 



« sang. «Quelque temps après son retour en 
« Europe jl073j, le roi d'Es[)agnr', Charles II, 
l'él va <\ l'archevôc'é de Saint-Oominsin; en 
Amérique (l'>78). Monté sur ce sié^e, il pa- 
rut revenir de ses préventions; il écrivit au 
roi d'Espigne et au gouverneur <Te Saint- 
Domingue, pour les prier do faire en sorte 
que li-s jésuites restassent dans sa ville ar- 
chiépiscopale, où ils croyaient no pouvoir 
être utiles au public sous un prélat qui avait 
montré beaucoup d'aniinosilé coiilre eux. 
Ces lettres sont pleines d'éloges de cette so- 
ciété. Peu d'évé(pies ont parlé avec plus d'é- 
tendue de l'utilité que l's pasteurs et les 
peuples retirent des services de ces reli- 
gieux ; enfin, i)our ajjpuyer ses éloges par des 
faits, il leur fonda un collège et une chaire 
de théologie. Ce prélat mourut en l'i89, après 
avoir éditié et instruit son diocèse. On a de 
lui un Traité historique, politique et moral 
de la monarchie de la Chine, dont nous ve- 
nons de parler. Le [ireraier volume de cet 
ouvrage parut in-fol., h Madrid , en 1676 , en 
espa.^nol. Il y avait deux autres volumes 
dont l'un fut supprimé par l'inquisition et 
]'a>itre n'a jamais vu le jour. On trouve un 
extrait intéressant de cet ouvr<<ge dans VHist. 
gén. des voyages, de l'abbé Prévôt. Il est 
aussi auteur des Relations des quatre voyages 
entrepris par Christophe Colomb. (Voy. la 
Revue encycl. 1828, tome 111, pag. 200.) — Il 
ne faut pas le confondre avec le P. Ballhasar 
Navarette, du même ordre, dont on a un 
ouvrage en 3 vol. in-folio, intitulé : Contro- 
vcrsiœ in D. Thouiœ ejusdemque scholœ defen- 
sionem, Valladolid, lu05-09-3i , ni avec le 
P. Alphonse Navarette, aussi dominicain , 
mort j)0ur la foi au Japon, en 1017. On trouve 
dans le premier volume de VHistoire des 
Philippines, d'Aduarte , une Lettre (fu'il 
adressa à ses confrères, avant son départ 
pour ce pavs. 

NAVARliO (Pierre-Paul), né à Laino, pe- 
tite ville do Calabre, entra chez les jésuites, 
et partit fort jeune pour le Japon, où il ar- 
riva en 1585. Plein de res[)rit de saint Fran- 
çois-Xavier, \] travaill i 36 ans h |)ropager 
dans cette région lointaine la foi (]ue le saint 
apôtre y avaii portée. La pi'rsécution l'obligea 
longtemps d'errer de province en |)rovince, 
et la science évangélique qu'il y répandit 
semblait croître et .-e umltiplier d'une ma- 
nière toute j)articulière dans ce temps de 
souifrance ; mais, en 1621, il fut arrêté h Xi- 
mabara, où, apiès un an de prson, il fut 
brûlé vif le 1'" novembre 1622, au g and re- 
gret de Rugondono. prince de Ximabara, qui 
n'osa j)as contrarier les ordres de Tempe- 
reur, ei qui, après un entretien avec le mis- 
sionnaire, dit devant plusieurs personnes 
« qu'il ne croyait pas qu'on pût trouver ni 
« le repos de l'esprit , ni le salut de l'âme , 
« dans aucune secte du Japon. » 

NAXERA (Emmanuel de), jésuite de To- 
lède, mort vers 1680, ;1gé de /S ans, so dis- 
tingua dans la société par ses connaissances 
dans la théologie. Il a laissé des Commen- 
taires sur Josué, les Juges et les Rois ; des 
Sermons pour le carême, in-i", etc. 



37 



NAZ 



NEC 



38 



NAY rf ierfe), ecclésiastique, né le 3 dé- 
cembre 1753 h Mollé,^es, dans la B,Tss;^-Pro- 
vence, d'une famille de cultivateurs, fut lui- 
même d'abord employé aux travaux de la cam- 
pagne. Se sentant de la vocaliim pour le sa- 
cerdoce, comme il était privé de ressources, 
il forma le projet d'apprendre seul les con- 
naissances préliminaires qui lui étaient indis- 
pensables pour embrasser cette carrière, et il 
trouva le moyen d'acheter quelques livres avec 
lesquels il étudia le latin sans maître. Nay 
avait déjà 17 ans lorsqu'il parla à son curé de 
ses intentions et de ses efforts. M. Dulau, ap- 
prenant les heureuses dispositions du jeune 
homme, le plaça à ses propres frais au sé- 
minaire d'Avignon oCi il fut un modèle de 
zèle et de piété. Après avoir été ordonné 
prêtre, il fut envoyé en qualité de vicaire à 
Miramas, puis comme curé au Rove. Un de 
ses premiers soins dans ce dernier emploi fut 
de travailler à la construction d'une église 
dont la grandeur fût en rapport avec la po- 
pulation, et il parvint à force de zèle à trou- 
ver les fonds nécessaires pour cet édifice sa- 
cré. Il mettait lui-même la main à l'ouvrage, 
comme le dernier de ses ouvriers, et l'église 
du Rove fut enfin achevée; mais la révolu- 
tion le força d'aller chercher un asile en 
Italie ; les dangers qui l'avaient contraint de 
s'éloigner de son troupeau existaient encore, 
lorsqu'il revint au Rove. Il porta la parole 
sainte et les secours de la religion tant à ses 
paroissiens qu'aux habitants d;'S villages voi- 
sins. Plus tard, ses supérieurs l'envoyèrent 
aux Saintes-Mariés, et M. de Cicé , devenu 
archevêque d'Aix, le fit supérieur d'un petit 
séminaire près de Salon, cju'on fut obligé 
ensuite malheureusement de fermer. Une 
pieuse association qu'avait formée ce ver- 
tueux ecclési.'istique fut également dissoute. 
Devenu curé de Peliissaiie , puis de Mari- 
gnane, Nay est mort dans ce dernier lieu, 
le 11 décembre 1827 , après avoir été l'édi- 
fication de tous ceux qui l'ont connu. M. l'abbé 
Ginoux a [)ublié à Aix, et a dédié aux habi- 
tants de Marignane un écrit qui a pour titre : 
Soirées chrétiennes, ou Histoire de la vie et 
des vertus de M. Nay , racontées par un père 
à sa famille, 1830, iu-12. L'auteur a joint à 
cette vie de son prédécesseur quelques courts 
extraits de ses écrits. 

NAZALLI (Ignace), cardinal, né à Parme 
le 7 octobre 1750, fut fait par Pie VII prélat de 
sa maison et référendaire des deux signatu- 
res, ensuite lieutenant civil du tribunal du 
vicariat, et un des prélats de l'humilité ec- 
clésiastique. Le 27 décembre 1819, le saint 
Père le nomma archevêque de Cyr, et nonce 
près de la confédération helvétique. En 182G, 
Nazalli fut chargé d'une mission extraordi- 
naire près la cour des Pays-Bas. Léon XII 
le_ promut au cardinalat le 25 juin 1827, et 
lui conféra le titre presbytéral de Sainte- 
Agnès hors des Murs. Le nouveau cardinal 
soutuit avec honneur sa haute dignité, et 
donna pendant toute sa vie des exemples 
de vertu. Il est mort à Rome le 2 décem- 
bre 1831 , après avoir reçu de la manière 
la plus édifiante les secours de la religion. 




quit 

en luio uu loi-j, tji puisa les principes 
presbytéranisme dans une académie de dis- 
senters, dirigée par M. Rowe. A la fin de son 
éducation, il se rendit en Hollande, et sé- 
journa à Utrecht et h Leyde. En 1706 , il fut 
élu pasteur d'une congrégation d'indépen- 
dants ; il mourut en avril 17i3. On a de lui : 
une Histoire de la Nouvelle- Angleterre, 2 vol. 
in-S" ; une Histoire des puritains, 1^32-38, 
4 vol. ln-8". Maddox, depuis évoque de 
Worcester, attaqua cette histoire par un écrit 
intitulé : Vindication offhe church ofEngland, 
against NeaVs history of the puritains. Néal 
y répondit. Des Sermons, dont plusieurs con- 
tre rfiglisc romaine, prêches à Old-Jewry 
lors de la fondation faite à cet effet par les 
non-conformistes en 1735. L'Histoire des 
puritains a eu une seconde édition, donnée 
par Toulmin. Ce docteur entreprend d'y ré- 
pondre non-seulement à Maddox , mais en- 
core à Warburton et à Gray, qui avaient fait 
la critique de cette histoire. 

NÉANDER (Michel), théologien protestant, 
recteur d'ilfeldt en Allemag'ne ; né à Soraw 
en Silésie l'an 1525, mort dans sa cure en 
1595, à 70 ans, fut auteur de divers ouvra- 
ges : Erotemata linguœ grœcœ, in-S" ; Gram- 
maire hébraïque, in-S"-, Pindarica aristologia 
et aristologia Euripidis, Bàle , 1556, in-8° ; 
Gnomologia e Stobeo confëctn, in-8° ; des Edi- 
tions de plusieurs auteurs grecs, etc. ( Voy. le 
XXX' vol. de Niceron.) Ce savant possédait 
bien les langues. 

NEBRISSENSIS ou DE LEBRIXA. foy. An- 
toine-Nebrissensis. 

NÉCHAO l'\ ou plutôt Néchos , ainsi que 
le suivant, roi d'Egypte, commença à régner 
veis l'an 722 avant Jésus-Christ, et fut tué 
huit ans après par Sabacon, roi éthiopien. 
Psammitique, son fils, lui succéda, et fut 
père de Néchao II , qui suit. 

NÉCHAO II, roi d'Egypte appelé Pharaon 
Néchao dans l'Ecriture, était fils de Psammi- 
ti(pie, auquel il succéda au trône d'Egypte, 
l'an 616 avant Jésus-Christ. Ce prince, dès le 
comuiencement de son règne, entreprit de 
creuser un canal depuis le Nil jusqu'au golfe 
d'Arabie ; mais il fut obligé d'abandonner 
cet ouvrage, à cause du nombre prodigieux 
d'hommes (cent vingt mille) qui y étaient 
morîs. Il écjuipa plusieurs flottes, qu'd en- 
voya découvrir los bords de la mer Rouge 
et de la mer Méditerranée. Ses vaisseaux 
coururent, dit-on, la mer Australe, et ayant 
poussé jusqu'au détroit appelé Gibraltar, ils 
entrèrent dans la Méditerranée, et revinrent 
en Egypte trois ans après leur départ. On a 
de la peine à croire qu'on ait osé dans ce 
temps-là entreprendre de si longues et si 
périlleuses navigations ; mais si l'on consi.- 
dère que ces observateurs ne firent que lon- 
ger les côtes, et qu'ils mirent trois ans à 
tourner l'Afrique, l'histoire de ce voyage, 
rapportée par Hérodote, devient vraisembla- 
ble. Néchao, jaloux de la gloire de Nabucho- 
donosor, qui avait envahi l'empire d'Assyrie, 



S9 



NEC 



NEC 



40 



s'avnnra vers l'Eiiplirate pour le combattre. 
Comme' il i)assait sur les terres de Juda , le 
pieux Josias, qui élail tributaire du roi de 
Babvloue, vint avec :-ion armée pour lui dis- 
puter le passage. Nécliao, ([ui n'avait rien à 
démOler avec le roi de Juda, lui envoya dire 
que son dessein était d'allerdu coté de l'Eu- 
j)hrate, et qu'il le priait de ne pas le forcer 
a le combattre. Mais Josias n'eut aucun 
égard aux prières de Néchao 11 lui livra ba- 
taille h Mageddo, sur la frontière de la tribu 
de Manassès, et il la perdit a\ec la vie. Le 
roi d'Egypte continua sa route, aclieva heu- 
reusement son entreprise contre les Assy- 
riens ; mais il fut vaincu h son tour par Na- 
buchodonosor, qui le resserra dans ses an- 
ciennes limites. 11 mourut l'an 600 avant 
Jésus-Christ. 

NECKAM, NEQUAM ou NEKAM (Alexan- 
dre), théologien ang'ais, étudia à Paris, et 
voulut entrer dans l'abbaye de Saint-Alban; 
mais ayant regu quelques mécontentements 
de l'abbé, il se lit c anoine régulier, et fut 
nommé à l'abbaye d'Exeler. 11 y mourut en 
1227, On a de lui en lai m : des Commentai- 
res sur les Psaumes, les Proverbes, l'Ec- 
clésiaste, le Cantique des c.intiques, et les 
Evangiles ; un traité De nominibus utensilium ; 
un autre des Vertus; un tioisième De naturis 
rerum. 

NECKER (Charles - Frédéric) , né vers 
1700, à Custrin en Poméranie, fut d'abord 
professeur de droit en Allemagne, puis à 
Genève où il vint se fixer, et où on lui ac- 
corda des lettres de bourgeoisie en 1724. 
Necker mourut dans cette ville en 17G0, 
après avoir publié les ouvrages suivants ; 
Lettres sur la discipline ecclésiastique , au 
nombre de quatre, Utrecht , IT'i-O, in-12; 
Description du gouvernement présent du corps 
germanique, appelé vulgairement le Saint- 
Empire romain, Genève, 174-2, in-8% ano- 
nyme ; Tempe helvetica, tome VI; Responsio 
ad quœstionem : Quis sit verus sensus comma- 
fis:Sal'\s populi suprema lex esto, etc., dans 
tOMje VI de la Tempe Helvetica. 

NECKER ( Jacques ) , ministre sous 
Louis XVI , né à Genève le 30 septembre 
1732, mort dans la même ville le 9avrill80i, 
s'est distingué surtout comme financier et 
comme homme d'Etat. Sa biographie n'ap- 
partient pas à ce Dictionnaire, mais nous 
avons dû mentiormer son nom, à cause de 
l'ouvrage, De Cimportancedes idées religieuses, 
1788, in-8" et in-12, où, à travers un grand 
nomi»re d'erreurs de secte (Necker était pro- 
testant), on en trouve de vraies et de solides; 
et du Cours de morale religieuse^ iHOO, 3 vol., 
qui se compose de discours sur des sujets 
tirés de l'Ecriture sainte. Les OEuvres com- 
plètes de Necker ont été i)ubliées par son 
petit-tils, M. de St,.èl, Paris, 1822, 17 vol. 
111-8". — On a aussi de madame Necker 
(Suzanne Clrchod de Nasse) , plusieurs 
.ouvrages ; nous citerons : Des inhumations 
précipitées, 1798; Mémoire sur rétablissement 
des hospices, iii-8' ; Réflexions sur le divorce, 
1798, in-8". Quoique née dans une religion 
qui permet le divorce, elle n'en défend pas 



moins l'indissolubilité du mariage, et elle 
soutient son oj)inion avec autant de force 
que de se^isibiiilé. 

NECKÈRE (LÉON de), évoque de la Nou- 
velle-Orléans, né à AVevelgem, diocèse de 
Gand, entra dans la congrégation de Saint- 
Lazare , donna d'admirables exemples de 
piété dans la maison-mère et au séminaire 
d'Amiens, cl fut envoyé aux Etats-Unis. Le 
supérieur général de Wailly, [)rès de mourir, 
lui dit en le bénissant d'une main défail- 
lante : « Je bénis en vous toutes nos mis- 
« sions. » Puis il ajouta : « Quand notre con- 
te grégation n'aurait fourni que lui pour les 
« missions, elle aurait beaucoup fait. » 
Nommé, malgré sa jeunesse, h l'évèché de 
la Nouvelle-Orléans , on eut beaucoup de 
peine à le résoudie à acce()ter. Il fut préco- 
nisé à Rome le k août 1829, et sacré à la 
Nouvelle-Orléans le 24 juin 1830. Il traîna 
dès lors une santé languissante jusqu'à sa 
mort arrivée le k septembre 1833. Ce jeune 
prélat avait une grande ré|)Utation de science; 
il p riait et prêchait avec une égale facilité 
en diverses langues, notamment en allemand, 
en anglais, en italien et en français. 

NECTAIRE, natif de Tarse, d'une maison 
illustre, iUt mis à la i)lace de saint Grégoire 
de Na.:ianze sur le siège de Constantinople, 
par les Pères assemblés dans cette ville en 
381. Il n'était alors que catéchumène; ainsi 
il fut évèque avant que d'être chrétien. L'em- 
pereur Théo lose avait demandé pour lui le 
trône épiscopal, et on ne put le lui refuser. 
Ce fut sous son épiscopat que la dignité de 
pénitencier fut su[)primée dans l'église de 
Constantinople. Une femme de qualité s'étant, 
par un ordre très-imprudent du pénitencier, 
accusée publiquement d'un crime secret qui 
fut un sujet de scandale pour le [)euple. Nec- 
taire laissa la liberté à chacun de participer 
aux saints mystères, selon le mouvement de 
sa conscience ; ce qui doit s'entendre relati- 
vement à la pénitence publique, et aux péchés 
dont la nature semblait demander une telle 
expiation : car il est constant par toute la 
suite de l'histoire, aussi bien que par le té- 
moignage de Sozomène, que la suppression 
du prêtre pénitencier n'a donné atteinte ni à 
la confession secrète, ni môme à la péni- 
tence publique, pratiquée si longtemps en- 
core après cet événement , dans l'église 
même de Constantinople, avec cette ditfé-- 
rence seulement , qu'elle n'était pas du 
ressort d'un pénitencier nommé formelle- 
ment à cet effet. La plupart des églises 
d'Orient suivirent l'exemple de l'église de 
Constanlino[)le, et chacun fut libre de se 
choisir un confesseur. Nectaire mourut en 
392. Il avait de la naissance et beaucoup de 
talent pour les affaires ; mais son savoir 
était fort borné, et sa vertu n'avait pas ce 
degré de supériorité qu'on est en droit d'exi- 
ger d'un évêque. On lui altribue un Sermon 
sur l'aumône et le jeûne, imprimé en grec, 
Paris, 1554, in-8''; et en latin, avec six Ho- 
mélies de saint Jean-Chrysostome, son suc- 
cesseur, ibid., 1554, in-8". 

NECTAIRE, patriarche de Jérusalem, mort 



41 



NEE 



en 1668, était né dans l'Ile de crête, et avait 
embrassé, très-jeune encore, la vie monasti- 
que sur le mont Sinai. Il succéda au patriar- 
che Paisius sur le si(.§e de Jérusalem, mais 
il se démit au bout de quelques années, à 
cause de son grand ûge. On a de lui : Confu- 
tatio impcriipapœ in Ecclesiam , Londres, 
1702, in-8°, trad. du.grcc en laiin par Pierre 
Allix, ministre calviniste, sur l'invitation de 
Thomas, archevêque .de Canterbury. Aucun 
Grec, dans ces derniers temps, n'a poussé 
aussi loin l'emportement contre les Latins ; 
un écrit grec contre les principes de Lutlicr 
et de Calvin sur l'eucharistie, trad. en latin 
par Eusèbe Renaudot, qui le publia en grec 
et en latin, Paris, 1709, in-4-°, avec les Ho- 
mélies de Gennadius sur l'eucharistie , et 
d'autres opuscules semblables. On y a joint 
un abrégé de la Vie de Ncctaire'et des Notes. 
Nectaire avait aussi écrit, dit-on, lorsqu'il 
n'était encore que moine, une Histoire de 
Vempire des Egyptiens, jusqu'au sultan Sé- 
lim. 

NEEDHAM (Jean Tubervii.le), chanoine 
de Soignies, né en 1713, à Londres, d'une 
famille anglaise, et non irlandais ni jésuite, 
comme a dit Voltaire, mort en 1781, à Bruxel- 
les, où il était recteur de l'académie des 
sciences et belles-lettres, s'est fait un nom 
distingué par des connaissances étendues et 
variées, surtout dans la physique et l'his- 
toire naturelle. Des observations pénibles 
sur desoljjets presque inaccessibles aux yeux 
comme à l'intelligence de l'homuie , l'ont 
fait Regarder comme un des |)Ius laborieux 
coopérateurs de liulfon, et ont préparé le 
système sur la génération des êtres vivants, 
publié par le Pline français, et dont on 
trouve les princi|)aux traits dans des auteurs 
beaucoup plus anciens. {Voyez l'Examenim- 
partial des Epoques de la Nature, p. 175, éd. 
de 1780 ; n° IhO, édition de 1792.) Quoique 
ses expériences sur les animaux microsco- 
piques n'aient pas eu le succès qu'il leur a 
supposé, et que l'abbé Spallanzani les ait 
mieux appréciées que Bullon, elles ne mé- 
ritent pas le mépris que Voltaire en a té- 
moigné, moins encore les injures qu'il a pio- 
diguées à ce savant illustre. Néedham, mal- 
gré l'abus que des hommes superficiels 
pourraient fjire de quelques-unes de ses 
hypothèses, était inébranlable dans les bons 
principes; son attachement au christianisme 
était vif et sincère. Il avait plus de science 
qu'il n'avait de talent de la faire paraître. 
Soit modestie, soit éloignement naturel du 
bruit et de l'éclat, si chers à la médiocrité, 
soit difficulté de s'énoncer dans une langue 
étrangère, ou je ne sais quelle opposition qui 
so trouve quelquef )is entre la multitude et 
la précision des idées, l'estimable académi- 
cien, parlant ou écrivant, paraissait presque 
toujours au-dessous de ce qu'il était en etlet. 
On a de lui : diverses Observations insérées 
dans l'Histoire naturelle de Butlon ; Nouvel- 
les Recherches sur les découvertes microsco- 
piques et la génération des corps organisés, 
avec des notes, des recherches physiques et mé- 
taphysiques sur la nature et lareligioii, et une 

DlCT. DE BlOQRAPHlE BELIG. III. 



NÉE il 

nouvelle théorie de la terre, sous le nom de 
Londres, Paris, 1769, 2 vol. in-8° ; un petit 
écrit publié en 1773, sous le titre de Vue gé- 
nérale, où. il parait expliquer, modifier, ré- 
tracter même, mais d'une manière obscure 
et embarrassée, quelques assertions conte- 
nues dans l'ouvrage précédent; plusieurs 
Dissertations dans les Mémoires de l'académio 
de Bruxelles. 

NÉELS (Nicolas), Neelsius, dominicain, né 
h Campentiout dans le Brabant, docteur en 
théologie, enseigna cette science avec répu- 
tation dans l'université de Douai, et fut pro- 
vincial de son ordre. On a de lui, en latin, 
des Commentaires sur la Genèse, le Cantique 
des cantiques, les Epîtres de saint Paul et 
l'Apocalypse. Il mourut le 19 janvier 1600, 
âgé de *60 ans, à Gand, où. l'on conservait 
ses ouvrages en manuscrit. 

NE>:RCASSEL (Jean de), évêque de Cas- 
torie, né à Gorcum en 1623, entra, en 1655, 
dans la congrégation de l'Oratoire à Paris. 
Après avoir professé avec succès la théologie 
dans le séminaire archiépiscopal de Malines, 
l'an 1652, et dans le collège des saints Wil- 
li'brod et Boniface h Cologne, qui était le sé- 
minaire de la maison hollandaise, il devint 
provicaire apostolique. Alexandre VII le 
nomma, en 16G2, coadjuteur de Baudouin 
Catz, archevêque de Philippes, vicaire apos 
tolique en Hollande, auquel il succéda l'an 
iGGi, sous le titre cV évêque de Castorie. En 
1670, il se rendit à Rome pour lendre com[)to 
à Clément X de l'état de la religion catho- 
lique en Hollande. 11 fut bien accueilli du 
pontife, et souscrivit solennellement et avec 
serinent au Formulaire d'Alexandre VII. Il 
ne s'arrêta guère à Rome, et revint en Hol- 
lande, oii l'on ne s'aperçut que trop, par ses 
liaisons avec les chefs du parti, que son adhé- 
sion n'avait pas été sincère, il mourut à 
Zwol en 1686, et eut pour successeur Pierre 
Codde [voyez ce nom). On a de lui trois 
traités latins : le premier, sur le culte des 
saints et de la Vierge, Utrecht, 1675, traduit 
en français, Paris, 1679, in-8°; Bossuet en 
faisait beaucoup de cas; le second, sur la 
lecture de VEcrilure sainte, et le troisième 
intitulé Amor pœnitens, qui est un traité de 
l'amour de Dieu dans le sacrement de péni- 
tence. La meilleure édition de ÏAmour 
pénitent est de 168^^, 2 vol. in-12. 11 parut en 
français, en 17/i-0, en 3 vol. in-12. Le but de 
cet ouvrage est d'établir la nécessité de l'a- 
mour de Dieu dans le sacrement de péni- 
tence, contre les théologiens qui prétendent 
que l'attriiion sutht. On sait que les deux 
sentiments sont appuyés sur des raisons im- 
posantes. Si, d'un côté, il parait absurde 
qu'on puisse être justilié et devenir l'ami de 
Dieu sans charité, de l'autre, le sacrement de 
pénitence semble perdre son elheace si la 
charité est nécessaiie, parce qu'elle sullit 
seule pour couvrir la multitude des pèches. 
Peut-être concilie-t-on heureusement les 
deux opinions, en disant que l'attrition se 
change en contrition par la vertu et la grâce 
du sacrement, de manière que 1 amour de 
. Dieu nous est donné avec la j ustification et 



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NEW 



NEI 



44 



la charitf^ hahitudlo; et c'est peiil-rtro lo 
vrai sens du concile de Iv nie, ^ui ilit, en 
parlant de l'attrition : Ad Uci fjiatiain in sa- 
vrnmcuto pœnitciiliœ nnprtrnndam (Uspontt. 
C'est cerlainenienl le seul .>ens raisomiahle 
i|u'on peut donner h cet adago de l'école : 
ÀllrilHS in sacrantnUo fit contritus ; coniinc 
c'est le seul encore qui se présenli' nalurcl- 
lenient dans le titre du paragraphe 4-7 de 
Pœnitrntiii , dans le Calédii-nie romain. 
Coiitritionnn pvrjivit cunfrssio , litre mal 
expliqué dans le paragraphe, selon lequel il 
fa'iiirait snppirt. « Ke Seigneui", dit un Ihéo- 
« logien, toujoui's riche en miséricordes, ac- 
« cueille le pécheur timide et craintif; 
« touché de la candeur de ses aveux, et de 
« sa volonté d'ajipartenir à Dieu d'uni; ma- 
« nière quelconque, il achève, purifie et 
« pe:t'i'(aionne tout cela : fait naître son 
« amoir dans son cœur qui se montre dis- 
« posé. h le recevoir : et tout cela se fait dans 
« le sacrement môme. » Quoi qu'il en soit, 
on trouve dans VAinor pœnitens iiuelques en- 
droits favorables aux erreurs de Jaiisénius; 
et c'e'^t ce qui Fa lait censurer par Alexan- 
dre VllI, et défendre lar un décret de la sa- 
crée congrégation. Innocent XI, à qui il 
avait été déféré, ne voulut pas le condamner; 
mais ce qu'on a fa.t dire la-dessus à ce i)ai)e : 
Il libro è buono, è l'autore è un santo, est 
une fable. {Voyez, sur ce sujet, l'ouvrage im- 
])rimé par ordre de l'archevêque de Malines, 
sous le titre de Causa qucsnelliana, ainsi que 
Vnistoria Ecciesiœ ultrdjvctinœ , Corndii 
livynck van Papendrccht , canonici mechli- 
niensis.) Il ne faut nullement croire ce que 
dit van Heussen dans sa Batavia sacra, pari, ir, 
pag. 'i-82 : on sait qu'il était totalement livré 
au parti. Néercassel ne doit cependant las 
être compté parmi les coryphées du jansé- 
nisme, noii->eulement parce qu'il a souscrit 
au formulaire, mais paice qu'il n'adoptait 
pas la plupart de leurs opinions, et qu'il était 
zélé au contraire pour des choses ([ui leur 
sont pour le moins ind.Iférentes, comme on 
voit dans !e traité du Culte des saints et de la 
sainte Vierge. On assure qu'il a été ionglem[)S 
très-opposé 5 la secte, mais qu'une alfairo 
oiî l'intérêt et l'ambition sont intervenus 
l'en ont rapproché. On croit que M. Arnauld, 
qui a demeuré quelque temps chez lui, a eu 
Ii.ut 5 ses ouvrages. 

NEESSEN (Lalkent) , né à Saint-Tron, 
dans la principauté de Liège, en IGll, cha- 
noine et théologal de la c thé ,rale de Ma- 
lines, fut présKiiînt (lu séminaire de cette 
ville. Il augmenta considérablement les re- 
venus de ce séminaire, à condition qu'on n'y 
nommerait pour pr(jfesseurs q.te des clercs 
séculiers. 11 mourut en 1079. On a de lui une 
Théologie, Lille, 1(593, 2 vol. in-fol. Les ma- 
tières de dogme n'y sont qu'elUeurées; plu- 
sieurs le trouvent trop sévère sur quelques 
Doirits de morale. 

NÉHÉMIE, pieux et savant juif, s'acquit 
la faveur d'Artaxerxès Longue-.Mam, roi de 
Perse, dont il était échanson, et obtint de ce 
prince la permission de rebAtir Jérusalem. 
Les ennemis des Juifs mirent tout en œuvre 



pour s y opposer. Voy. Semeias. Ils vinrent 
eu armes à dessein de les surprendre dans 
le travail; mais Néhémic, ayant fait armer 
une partie de ses gens, les rangea par troupes 
derrière la muraille. Ils bâtissaient d'une 
main, et se défendaient de l'autre. Tous les 
elforls des ennemis de N(''hémie ne purent 
ralentir l'ardeur de ce gén 'reux chef. Enlin, 
après un travail assidu de 52 jours, les murs 
de Jérusalem furcnta(;hevés, l'an 'i^SV avant Jé- 
sus-Christ. On se prépai'aàenfaire la dédicace 
avec sol 'nnilé. Néliémie sépara les prêtres, 
les lévites et les princes du jieup'e en deux 
bandes. L'une marchait du côté du midi, et 
l'autre du côté du se|)tcntrion, sur les murs. 
Elles se rencoiitrôrcnt dans le temple, où 
l'on immola de gr.iudes victimes avec des 
transports de joie. Il établit ensuite un orch-e 
pour la garde et la sûreté delà ville. Il vonlut 
q ;e les pi'incipaux de la nation, et la dixième 
partie du peiq)le de Juda, y fixassent leur 
demeure. 11 s'a|)pliqua <-i corriger les abus 
(jui s'étaient glissés dans le gouvernement, 
et il réussit surtout à faire rompre les ma- 
riages contrac es avec des femmes idolâtres. 
Après avoir rétabli le bon ordre, il voub.t 
le perpétuer, en engageant les i)rincipaux de 
la nation 5 renouvel, r solennellement l'al- 
liance avec le Seigneur. La cérémonie s'en 
lit dans le temple; on en dressa un acte, qui 
fut signé des [iremicrs du peuple et des prô- 
trc^s; et tout le reste donna parole avec ser- 
ment qu'il serait lidèle à l'observer. Néhémie 
retourna enfin à la cour d'Artaxerxès, oh 
ayant demeuré quelques années, il obtint, 
par ses instantes prières, la peimission de 
revenir à Jérusalem. A son arrivée, il trouva 
que pendant son absence il s'était glissé 
plusieurs abus, qu'il travailla à corriger. 
Après avoir gouverné le peuple juif pendant 
environ trente ans, il mourut en paix vers 
l'an WO avant Jésus-Christ. Néhémie passe 
pourêtreauteurdu second Ivre d'Esdras, qui 
commence ainsi : Ce sont ici les paroles de 
Néhémie. Ce livre est canoni(jue. L'auteur y 
parie piesque toujours en première per- 
sonne. Cependant, en le lisant avec réllexion, 
on y remarque diverses choses qui n'ont pu 
avoir élé écrites par Néhémic. C'est du temps 
de Néhémie que fut reproduit le feu sacré 
que les prôtre.s, avant la captivité de Baby- 
lone, avaient caché dans le fond d'un puits 
qui était à sec. Ceux que ce saint homme 
envoya pour en faire la recherche ne rap- 
portèrent qu'une eau épaisse, qu'il fit ré- 
pandie sur l'autel. Le bois qui en avait été 
arrosé s'alluma aussitôt que le soleil vint à 
paraître; ce qui remplit d'admiration tous 
ceux qui élaii nt présents. Ce miracle étant 
venu à la connaissance du roi de Perse, ce 
prince fit fermei- de murailles le lieu où le 
feu avait été caché, et accorda aux prêtres 
de grands privilèges. 

NEIRAC (Antoine-Xayier de), né le 13 dé- 
cembre 1757, h Vabres, petite ville épisco- 
jiale du Rouergue (Aveyron), fut élevé par 
un jésuite habile, qui, depuis la suppression 
de son ordre, était curé aux portes de cette 
ville. Envoyé ensuite à Paris pour y suivre 



43 NEL 

un cours de belles-lettres, il obtint dans 
cette partie, comme plus tard en tbéologie, 
les plus brillants succès. 11 entra au sémi- 
naire, suivit les cours de la Sorbonne, et fut 
licencié en théologie ; mais sa santé s'étaiit 
dérangée, il se retira sans obtenir le boimot 
de docteur. A peine était-il de retour dans 
son pays natal que l'évoque de Vabres le tit 
son grand vicaire et lui confia une grande 
partie de l'a 'ministration de son diocèse. 
Sous le règne de la terreur, l'abbé Neirac fut 
ar.i-êté, et il allait subir la peine de la dé[)or- 
tat on lorsque la mort de Robespierre mit un 
terme à sa captivité. Outre la surdité que hii 
occasionna sa détention, il avait contracté 
d'autres infirmités dans les prisons de Fi- 
geac. On a faussement prétendu que pendant 
la révolution il avait pris part aux troubles 
de l'ouest, et dirigé, en capitaine expéri- 
menté, des colonuL'S vendéennes : il ne s'é- 
tait jamais éloigné de son pays, oii il s'était 
rendu très-utile dans plusieurs paroisses. 
Lorsque les temps devinrent meilleurs, 
l'abbé (le Neirac fut placé par l'évêque de 
Cahors à la tète de l'ancien diocèse de Va- 
bres. Il remplit ensuite les fonctions de 
grand vicaire à Rodez, de 1814 à 1817. Vers 
cette époque il fut élu pour occuper le siège 
épiscopal de Tarbes, rétabli par le concordat 
de 1817, et maintenu par celui de 1822 ; mais 
il ne cessa d'exercer les fonctions de grand 
vicaire que lorsqu'il se rendit à Tarbes en 
1823. il serait difficile de dire le bien im- 
mense qu'il opéra dans son diocèse qui, r;'uni 
avant 1822 à celui de Bayonn ', ne pouvat 
que se ressentir de son trop grand éloigne- 
ment du siège épisco[)al. Grâces aux soins, 
au zè'e infatigable, à l'inébraidable fermeté 
et à la patience liu nouvel évoque, le diocèse 
de Tfirbes put bientôt rivaliser avec les au- 
tres diocèses pour la régularité (t l'instruc- 
tion du clergé. Dans une visite générale qu'il 
en reprit deux mois avant sa mort, le prélat 
fit une chute qui aggrava ses intirmités et le 
conduisit au tombeau. Il mourut le 28 jan- 
vier 1833, environ quinze jours après sa 
chu'e.Son testarnsnit renfermait les plus gé 
nércises dispositions en faveur des |)auvres 
et des hosj) ces de Tarbes, de Ragnères, de 
Vie (Hautes-Pyrénées), de Saint-All'rique et 
de Vabres, et il avait chargé des prêtres 
d'employer imméd atemenl en bonnes œu- 
vres tout l'argent qu'il possédait. M^r de 
Neirac a laissé un petit noral)re de mande- 
ments et d'ordonnances : on remarqu:^ dans 
les premiers un style fort et concis, et il fait 
preuve, dnns les secondes, d'une graside ex- 
périence et de connaissances profondes. 

NELIS (Corneille-François de), évoque 
d'Anvers, né à Malines, le 5 juin 1736, d'une 
famille honnête, que ses services avaient fait 
anobbr par l'impMatrice xMarie-Thérèse, fit 
ses études à l'université de Louvain, où il 
remporta le premier prix. Destiné à l'état ec- 
clésiastique, il apprit la tuéologie, et obtint 
le grade de docteur dans cette fai^ulté, avec 
un tel succès, que le môme jour l'université 
le nomma directeur de sa l)ib lothèque. 
Bientôt il se fit avantageusement connaître 



NEL 



46 



comme écrivain par plusieurs Dissertations 
qu'il publia sur divers points d'histoire et de 
morale. Le gouvernement autri.hien lui 
donna un canonicat dans la cathédrale de 
Tournai, don' l'évêque le nomma son grand 
vicaire, il présida, en cotte (jua'ité et pendant 
plusieurs années, les Etats deTournaisis ; il 
devint un des premiers membres de l'acadé- 
mie des sciencf^s et belles-lettres qu'on éta- 
blit à Biuxell s. Les jésuites ayant été sup- 
primés en 17G7, on lui confia la direction des 
études, avec le titre de commissaire royal. Il 
fut choisi, en 1785, pour occompagner l'ar- 
cli duc Maximilien (depuis électeur de Co- 
logne), dans la visite que fii ce prince des 
provinces belgiq les. Sa conversation plut à 
l'archiduc, qui, reconnaissant en outre dans 
N('lis des vertus et un véritable talent, con- 
tribua <•! lui procurer l'évèché d'Anvers, où 
il fut installé en 178i. Quo qu'il dut son élé- 
vation à la maison d'Autriche, sa conscience 
fut alarmée des innovations religieus. s que 
voulait introduire Joseph IL II s'unit au jé- 
suite Van-Es;)en pour s'opposer aux mesures 
arbitraires de l'empereur, qui troublaient les 
esprits timorés. Léopold II, successeur de 
Joseph, calma les troubles des provinces ré- 
voltées ; mais l'évêque d'Anvers ne jouit 
point d'un long repos. Il se montra un des 
plus ardents ennemis de la révoluti- n fran- 
çaise, dont les démagogues s'étaient fait 
beaucoup de partisans dans la Belgifjue. Con- 
traint de quitter son diocèse, en 1794, à l'ap- 
proche des Français, il se rendit à Parme, oiî 
il se retira dans le couvent des Camaldules. 
Il y mourut le 21 août 1798, à l'âge de 
soixante-deux ans. Il a laissé, outre les dis- 
sertations déjà indiquées : Eloge funèbre de 
Marie-Thérèse, jugé supéiieur à celui de 
r> bbé de Boismont ; L'Aveugle de la Monta- 
gne, ou Entretiens philosophiques, Parme, 
Bodoni, 1795; 2' édition, Rome, 1796, in-4°; 
De Historia belgica et ejusdem scriptoribus 
prœcipuis commentatio . Parme, 1795. Parmi 
les nombreux manuscrits qu'il a laissés, on 
en cite un qui a pour titre: Europœ fata, mo- 
res, disciplina, etc., ab ineunte sœculo xv us- 
que ad finem sœculi xviii. 

NELLER (CiEOuGE-rHRisTOPHE), né à Au- 
beganerbiat, au pays de Wurlzbourg, dans la 
Franconie, en 1709, fit ses premières études 
et sa ph losophie avec succès. Il pt nsa à en- 
trer chez les jésuites, puis chez les char- 
treux, et ne fit ni l'un ni l'autre. A 16 ans il 
se décida pour la vie cléricale, et s'appl qua 
à l'étude des canons et de la théologie, de 
manière qu'âgé de 22 ans, il soutint des thè- 
ses sur toutes ces sciences avec un succès 
qui le fit admettre à prendre le degré de doc- 
teur en Ihéolog'e, sans qu'il fût besoin d'au- 
tre épreuve. Ses études finies, il s'appliqua 
particuiièiement au droit naturel, civil et 
ecclésiastique, et au dro:tdes gens, h Wurtz- 
bourg, sous la direction d'habiles profes- 
seurs, entre lesquels était le célèbre Bar- 
thels, revenu récemment de Rome, où il 
avait pris le iionnet de docteur. Neller aida 
ce savr.nt à fa re \nCo!lection des extraits de 
Vau-Espcn, de Christianus Lupus et de Noël 



a 



NEL 



NLP 



/i8 



Alexandre, dont les ouvrages ('(aienl alors 
fort en vogue à Wurt/bourg. Ordonné |)rè- 
tre, il i'ul quelque leuii).s dans le niinislt-re, 
puis préposé h l'éducalion (Tun jeune sei- 
gneur. Instruit par les nouvelles pid)li(pies 
(jue le prince Doria, nonce du pape à Fraiic- 
lort pour l'éleclioa de Charles Vil, cher- 
chait un gouverneur pour la jeune noblesse 
qui l'accoujjiagnail, il se piésenla pour cet 
en)[)loiet fut accepté. Pourvu d'un canonicat 
à S ire, et ayant iini son service près du 
prince Doria, il alla en prendre possession ; 
mais il s't;n délit peu de temps après, et s'ap- 
pliqua à nicltre en ordre les archives de l'illus- 
tre maison de Schoenborn. Kniin, en 17'i8, la 
chaire de droit canon en l'université de Trê- 
ves étant venue à vaquer , Neller en fut 
pourvu, et la remi)lit avec beaucoup de ré- 
putation, jusqu'en 1780, qu'elle passa à son 
neveu. Neller eut alors celle du droit public, 
et la tint jusque vers la lin de 1783, qu'il 
mourut, après avoir publié ungrand nombre 
de Dissertations sur des matières d'érudition 
et de critique, entre autics : Disserlatio de 
Decretis basileensibus ; De primalu sanctœ 
Fcclesiœ trevirensis ; Ilermenia inaxKjuralis 
in miKjni Balduini trevirensis documentum 
anecdoium. 11 sou'ient dans ces deux disser- 
tations ([ue la primatie d'Allemagne appar- 
tient h l'église de Trêves. De genuina idea et 
signis parochialitatis priinitivœ, ejusque prin- 
cipio, in corporatione, ex chartis trevirensi- 
bus confeeta, 1732; De juribus parochi pri- 
initivi, 1732 ; De sacro clectionis proccssu, 
1736 ; Disscrtatio de rarietate residentiariun 
canonicalium, 1759; De statu resignantium 
ad favorem apud Germanos, 17(35 ; Exerci- 
timn juridicutn historico-chronologicum de 
shncto Uenrico imperatore, bombergensis épis- 
copatus fundatore, Mil. ((ui lut suivi de ileux 
Apologies en 1772 cl 177J; Collectio inetlio- 
dica sanctoruin canonum ; plusieurs Disserta- 
tions sur les monnaies : De solido ficto, 1739; 
De solido speciei urgcnteœ, 1759 ; De inoneta 
rotata, 1700; De grosso turonensi et trevi- 
rensi, 1760, etc. On trouve une de ses 
Dissertations sur Jean XII, pape, à \ Index 
de Rome, iî5 mai 1767. Ou ne peut i)as se 
diss mul T que cet homme savant n'ait eu 
quelque peuclianl pour les idées systémati- 
que, et j)aiadoxales. On 1 li a alrUjué [ten- 
dant quelque temps la comi-ilation infoi-me 
quia paru sous le nom imaginaire de Justi- 
nus Fcbronins; mais l'on sait aujourd'hui ([ue 
c'est une calomnie. On avait coujmencé, en 
1787, ta donner une Collection de ses ouvra- 
ges ; mais il n'en a paru (juc le premier 
tome in-4°, et un supplément pour complé- 
ter ce |)reraier tome. 

NELSON (Uohekt), gentilhomme anglais, 
naquit en 1656, à Londres, et mérita, tant par 
le caractère de ses ouvrages rjuc par sa con- 
duite, le surnom de Pieux. Il commença, en 
1680, ses voyages sur le contnient avec le 
docteur Hulay, et se rendit à Home, où il 
épousa lady Théophila Lucy, que Bossuet 
avait lonvertie à la religion catholique, dans 
laquelle elle eut le bonheur de mourir. Nel- 
son, loin de se montrer partisan de la révo- 



lution qui éclata en Angleterre, au milieu 
du xvn' siècle, refusa de prêter sernuTit à 
(iuillaurae,et se joignit aux catholiques dont 
il endjrassa le culte. Mais, en 1709, il rentra 
dans la comnninion de l'Kglise anglicane, et 
mourut à Kensington le 16 janvier 171'i-. 
Nelson était de toutes les sociétés de ])ien- 
faisance établies en Angleterre, et à sa mort 
il lit une grandi; quantité de legs pour de 
bonnes (cuvres. En 16S0 il avait été élu mem- 
bre de la société royale de Londres. On a de 
lui divers ouvrages, jsavoir: Pratique de la 
vraie dévotion, 1708, in-S" ; Vie du docteur 
Georges Bull, c'vêque de Suint-David, mis à la 
tète des sermons de ce prélat, 1713, in-8", etc. 

NELSON (Valentin), ministre anglican, né 
en 1671, à Malton dans le ccjmté d'York, se 
fit connaître à l'université de Cambridge par 
ses talents précoces. Nommé à une prébende 
de la collégiale de Kip;ion, puis à la cure de 
S'iint-Martin dans le même comté, il y mou- 
rut en 172'i-. Nelson a laissé un recueil de 
Sermons très-e>timés. 

NÉMÉSIUS, célèbre philosophe chrétien du 
IV'' siècle, et évoque d'Emèse en Syrie, est le 
véritable auteur d'un savant et curieux traité, 
que plusieurs auteurs ont attribué à saint 
Grégoire de Nysse, sur la foi de quelques co- 
pies qui portaient son nom, Ce traité est in- 
titulé : De nutura hominis. Hurgundius Pisa- 
nus en publia une version latine, adressée à 
l'empereur Frédéric, Strasbourg, 1512, in- 
folio, sous le nom de saint Grégoire ; une 
aute version latine par Georges Valla fut 
im[)rimée à Lyon, 1538, in-i°. Ce fut le sa- 
vant Nicaise Éllebodequi donna pour la pre- 
mière fois le texte grec à Anvers, 1565, in-8% 
avec une nouvelle version latine, laquelle a 
été repro luite dans l'ylucfar/umetdans les di- 
verses éditions de laBibliothcca Patrum. On 
cite surtout l'édition donnée pai' Chr.-F'réd. 
Matlhœi, ^ Haie, 1802, in-8°. Némésius lait 
preuve dans cet écrit, de connaissances phy- 
siologiques et anatomiques très-remarqua- 
bl; s pour son temps. 

NÉPOMUCÈNE ou de NEPOMUCK (saint 
Jkan), clia: oine de Prag e, naquit à Né,>o- 
muck en Bohème, vers 1330. Il entra dans 
l'état ecclésiastique, et il aurait pu en obte- 
nir les plus hautes dignités, ^i la gran je idée 
qu il avait d-; l'ép scoo.it ne lui eût fa t i efj- 
serjus'.ju'à trois évèchés. Il accepta seulement 
un cano.iicat de Prague et la place de con- 
fesseur do la reine Jeanne, femme de "Wen- 
ccslas. Des courtisans accusèrent cetie prin- 
cesse d'avoir un co.nmerce il!é,-,iiime avec un 
seigneur de la cour. Wenceslas, trof) cré- 
dule, lit venir Néjiomucène, et \ oui ut l'obli- 
ger de révéler la conlession de la reine. Le 
refus l'irrita; il lit jeter le saint dans une pri- 
son avec des entraves aux piids. Wenceslas, 
revenu à lui-même, rendit le saint à ses 
fonctions; mais sa fureur sétanl ranimée, et 
n'ayant })u arracher les secrets inviolables 
de Népomucène, il le fit jeter dans la Mol- 
daw à Prague, le 16 mai 1383. Ainsi périt ce.t 
illuslre martyr de la confession. En ouvrant 
son tombeau, le Ik avril 1719, on trouva son 
corps dégarni de ses chairs; mais sa langue 



r. 



49 NEP 5jeR 50 

élaitsi fraîche et si oien conservée qu'on eût somorc et douloureux, font une mpression 

dit que le saint ne venait que d'expirer. On toute particulière. C'est là (ju'on trouve le 

la garde avec beaucoup de respect dans la mot si admiré de Perse : Fufjit hora : hoc 

cathédrale de Prague, oii un voyageur, qui (/worf /o(/«or, mrfces^, exprimé d'une manière 

observe bien, l'a vue encore, en 1769, très- à la vérité moins laconique, mais plus tou- 

entière, mais commençant éprendre quelque chante et pleine d'images : Hoe ipsum quod 

apparence d'altération et de moisissure. Ce dico, quod scribo, quod emendo, de mca vita 

saint avait été honoré comme martyr en Bo- tolUtur. Quot puncta notavi, lot meorum 

hême, depuis sa mort ; mais, pour rendre damna surit temporum. Scribimus atque re- 

son culte plus authentique et plus universel, scribimus, transeunt maria epistolœ, et scin- 

l'empereur Charles VI sollicita sa canonisa- dente sulcumcarina, per fluctus singulos œta- 

tion, et l'obtint du pape Benoît XIII, l'an 1729. tis nostra momenta minuuntur. 

On a institué une Confrérie sous son nom, NEPVEU (François), né à Saint-Malo en 

70ur demander le bon usage de la langue On 1639 , embrassa l'institut des jésuites en 

e regarde comme le patron de la réputation 1654. Il |)rofessa les humanités et la rhétori- 

ct de l'honneur, et on réclame son interces- que durant six ans, et la philosophie l'es- 

sion contre les calomniateurs et les détrac- pace de huit. Il était à la tète du collège de 

leurs. Les protestants mêmes ont rendu hom- Rennes, lorsqu'il mourut en 1708. Tous les 

mage à ses vertus. « Saint Jean Népomucène ouvrages du P. Nepveu ont la |)iété et lamo- 

« (écrivait en 16S7 Martin Borecq) était con- raie pour ol)jet; tels sont : De la connais- 

« fesseur do la reine Jeanne. L'autorité de sance et de Vamour de Notre-Seignciir Jésus- 

« Wenceslas, ni les menaces, ni la prison, ne Christ, Nantes, 1681, in-12, réimprimé plu- 

« purent l'engager à révéler le secret de la sieurs fois; Méthode d'oraison, in-12, Paris, 

« conl'ession. » Sa Vie a été écrite en latin 1691 et 1698. Le P. Segneri a traduit cet ou- 

par le P. lîalbin, jésuite, et publiée avec des vrage en italien. Exercices intérieurs pour 

remarques par le P. Papebroch; le P. de honorer les mystères de Notre-Seigneur Jésus- 

Maine, jésuite, l'a publiée en français. Le C/ins^, Paris, 1691, m-\:^; Retraite selon Ves- 

P. Wielens, le P. Le Chapelain, ont écrit prit et la méthode de saint Ignace, Vavïs, 10S7, 

aussi riiisloire de ce saint. En 1784, le in-12, et encore en 1716, ouvrage qui a été 

P. Nicolas Herman a donné un abrégé ou traduit en latin, et imprimé à Ingolstadt, en 

sommaire de ces divers écrits, en allemand, 1707, in-S" ; La manière de se préparer à la 

Luxembourg, 1784, in-12. Nous finirons cet mort, Paris, 1693, in-12; en italien, Venise, 

article par une réflexion dont les bons es- 1715, in 12; Pensées et réflexions chrétiennes 

prils sentiront la justesse. « Une chose inti- pour tous les jours de l'année, Paris, 1699, 4 

« niment remarquable, et qu'on peut être vol. in-12, ouvrage qui a été traduit en la- 

« porté à regarder comme surnaturelle et mi- tin, Munich, 1709, k tom. in-12; et en ita- 

« racnleuse, est le secret de la confession, lien, Venise, 1715, aus.>i4tom. in-12; L'Es- 

« confié tous lesjoursàdes milliers de prê- l)rit du christianisme, ou la conformité du 

« 1res, souvent, hélas! peu dignes de leur chrétien avec Jésus Christ, Paris, 1700, in-12. 

« étal, et capal)les de toute autre prévarica- Tous ces ouvrages sont bien éci-its en fran- 

« lion, et toujours si lidèlement gardé. A çais; l'auteur a su joindre les agréments du 

« peine toute l'histoire ecclésiastique four- langage à l'onction de la morale chrétienne. 

« nit-ello quel(|ue exemple d'infidélité en ce La liste des autres ouvrages de ce jésuite se 

« genre. Si, en faisant cette observation, on trouve dans le Dictionnaire de Moréri, édi- 

« réfiéchit un moment sur l'inconsistance liu- lion de 1759. 

« raaine, sur la curiosité des uns et la lo- NÉIU (saint Philippe de), fondateur de la 
« quacilé des autres, sur la nature et rim|)or- congrégation des prêtres de l'Oratoire en 
« tance des matières dont les ministres duce Italie, naquit h Florence, en 1515, d'une fa- 
« sacrement sont dépositaires, et dont la ré- mille noble. Elevé dans la piété et dans les 
« vélalion proiluirait souvent d'étonnants ef- lettres, il se distingua par sa science et sa 
« fets; sur les moyens que les inlérêts divers, vertu. A l'uge de 19 ans, il alla à Rome, où 
« que la cupidité, la jalousie et d'autres pas- il orna son esprit, servit les malades, eldonna 
« sions, ne manquent pas d'essayer pour at- des exemples de mortification et d'humilité. 
« teindre leur but, etc. ; on ne doutera pas Philippe, élevé au sacerdoce à l'âge de 36 
« (lue Dieu ne veille à la conservation de son ans, fonda, en 1550, une célèbre confrérie 
« ouvrage. » ^ dans l'église de Saint-Sauveur-del-Campo, 
NEPOTIEN, prêtre italien, ami de saint pour le soulagement des pauvres étrangers, 
Jérôme, fut élevé par son oncle Héliodore, des pèlerins, des convalescents qui n'avaient 
évèque d'Altino, qui lui conféra les ordres point de reliaile. Cette confrérie fut comme 
sacrés. Saint Jérôme lui a écrit une lettre sur le berceau de la congrégation de l'Oratoire. 
les devoirs des clercs, que Népotien pratiquait Le saint instituteur ayant gagné à Dieu Sal- 
avec un zèle et une exactitude surprenante, viati, frère du cardinal du môme nom, Taru- 
II mourut vers la fin du iv' siècle. Son saint gio, depuis cardinal, le célèbre Baronius et 
et savant ami lui consacra un Eloge, que plusieurs autres excellents sujets, ils com- 
nous ayons, sous le titre (ï Epitaphium Nepo- mencèrent à former un corps en 156i. Les 
tiani ; il se trouve parmi les Epitres du saint exercices spirituels avaient été transférés, 
docteur, et c'est un de ses plus beaux écrits, en 1558, de Saint-Jérôme de la Charité, que 
Les louanges du défunt sont entremêlées de Philippe ne quitia qu'en 1574, pour aller de- 
pensées grandes et fortes, qui, dans un sujet meurer à Saint-Jean des Florentins. Le pape 



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52 



(îrégoirc XIIï approuva sa congn'galion 
l'anticc d'après. Le père de coite nouvcilo 
liliîiro détn ha {[uelipios-uns do ses onfaiils, 
qui rép.indireut cet ordre dans toute l'Italie. 
On lie fait point de vœu dans cette conj^ré- 
g/ition, on n'y est uni (pio pai- le lien de la 
charité; le g'én(''ral n'y gouverne que 3 ans. 
Le saint fondateur mourut à Rome en 151)5, 
à 80 ans. Il sciait demis du géni'ralat trois 
ans auparavant, en faveur de Raroiiius, qui 
travaillait par son conseil aux Annales ecHé- 
siasliques. Les Conslilulions (pj'il avait lais- 
S(jes à sa congrégation ne furent im[)rimées 
qu'en 1012. Sa congrégation s'est partout 
soutenue et se soutient encore avec édilica- 
tion, si on excepte la France, où dans les 
commencements môme elle i)arut mêler 
(Quelques idées étrangères à l'esprit du saint, 
londateur Voy. Ricrllle' ; mais c'est pen- 
dant la révolution de 1789, qu'on a vu com- 
bien elle s'en était éloignée. « Les Pères de 
« l'Oratoire (dit, en 1792, l'auteurdesRornes 
« entre les deux puissances) montrent depuis 
« quelque temps , et notamment dans les 
« circonstances actuelles, un grand zèle i)0ur 
« l'irréligion. Se passant de saints canonisés, 
« ils ont produit Qucsnel, mais ils ont aussi 
« ])roduit un Malebraneh \ un Thoma-sin, 
« un Massillon, une foule d'autres personna- 
« ges recommandables par leur science cl 
« leurs talents, de soite quil est extrôme- 
« ment triste qu'une congrégation, dont le 
« plan nouveau et bien conçu promettait lant 
« d'avantages à l'Kglige de France, soit si 
« profondément gllée. » On a de saint Phi- 
lippe des Lettres, Padoue, 1751, in-8"; des 
Avis spirituels (ricordi) et quelques poésies 
insérées dans les Rime Oneste, 1. 1. Il fut cano- 
nisé en 1022 par Grégoire XV. Peu d'hommes 
ont eu une piété plus ard» nteet plus ten;ire. 
Son oraison était une espèce de ravissement, 
L'espace de dix ans, il demeua j)resque con- 
tinuellement dans les catacombes de Callixte, 
pour y prier , daiis le sil nce et 1 obscurité, 
deux choses qui rendent si vive la pensée 
de Dieu et si présence si sensible. Antoine 
Gallonio, l'un de s 'S disci[>]es, a donné sa 
Vie en latin, Rome et Mayence, 1G02, in-8". 
Pierre-Jac(|ues Bacci en a donné une autre 
en italien et en latin, qui a été traduite en 
français, Rome, 10V5, in-V. 

NÉRINCKX (Charles), missionnaire au 
Kentuokey, né l'an 1701, à Erffelingen dons 
le Br.ibant, était l'aîné de plusieurs enfants, 
parmi lesquels un autr*; embrassa aus-^i le 
sacer.Joce, et phsieurs filies se tirent reli- 
gi(;uses. Il fut d'abord curé de Mceibeck- 
Everbeck, près Louvain, et il s'était fa t ai- 
mer et vénérer de son troupeau, lorsque la 
révolution française, en s'étendant dans les 
Pays-Bas, l'obligea de s'en séparer. Il se ré- 
fugia dans l'hôpital deTermonde, o\x l'une de 
ses sœurs était religieuse, et s'y rendit très- 
ulile par son zèle et par son dévouement. 
En 1804-, l'abbé Nérinckx passa aux Etats- 
Unis, ei il alla joindre l'abbé Badin au Ken- 
tuckey, où il eut bientôt acquis la confiance 
des catholiques, qui lui durent la conslrac- 
lion de dix églises et la formation de cinq ou 



six oratoires. C'est lui qui institua la con- 
grégation des filles vertueuses (iii'il appela 
les Amantes fie Marie au pied de la croix. 
Elles donnent aux enfants pauvres et aux 
orphelines une éducation chrétienne et ap- 
propriée à leur état, et les prép.-irent h la 
première conununion. En 1815, l'abbé Né- 
ri; ckx revint en Kurn[)(; pour les besoins de 
la mission, à laquelle il rapporta des dons 
abondants. A son retour en Américp e, l'abbé' 
Nérinckx reprit ses travaux avec la même- 
ardeur. En 182't , linlatigable missionnaire 
était ail ^ visiter, h 130 lieues de sa résidence, 
une colonie de ses religieuses qu'il avait 
envoyées dans l'Etat duMissouri : il alla voir 
en môme temps (piehjues jésuites flamands,, 
qui étaient à trente lieues des sœurs, et il s'a- 
boucha avec un chef-indien, qui promit d'en- 
voyer d 'uzejeunes filles pour ôtre instruites 
chez les religieuses. Ayant rencontré sept à 
huit familles catholi(|ues qui n'avaient pas 
vu de piètre dei uis deux ans, il s'arrôta pour 
les instruire, les confesser et leur dire la 
messe, ce qui lie finit qu'à trois heures et 
demie de l'après-midi. La fatigue et la cha- 
leur lui causèrent un accès de fièvre ; il 
voulut cependant partir le lendemain pour 
se rendre l\ Sainte-Geneviève près le Missis- 
sipi, à cinq lieues d'' l'endroit oh il était. Il 
y arriva exténué et mourut au bout de huit 
jours, le 12 août. Mgc Flaget prononça son 
oiaison funèbre; V Ami de la religion, dans 
son tome XLlIi, p. 310, lui a consacré une 
Notice, d'où nous av(jns extrait cet article. 

NERINI (Félix-Marie) , savant religieux 
de l'ordre de Sa'nt-.]i'rôme , né h Milan eit 
1705, fut d'abord procureur général , puis, 
abbé de son ordre. Il devint consulteur du 
saint-olfice sous le pon ificat de Benoit XIV, 
et st! ret ra, sur la tin de ses jours , au mo- 
nastère d'" Saint-A!evis à Rome, où il mou- 
rut eu 1787. Il a f)ublié : De (emplo et cœno- 
bio sanctorum Bonifticii et Alexii historien 
monumenta, Rome, 1752, in-i"; De susceplo 
itinere subalpino epistolœ très, .Milan, 1753, 
in-4-°, avec des notes savantes; Hierony- 
m'anœ familiœ vetera monumenta, Plaisance, 
1754, in-4% (ju'il entreprit pour prouver, par 
des monuments antiques , l'antuiuité de 
l'ordre de Saint-Jérôme ; Thcologia hierony- 
miana. 

NliRVET (Michel), médecin, né à Evreux, 
mort en 1729, à 00 ans, exerça sa profession 
dans sa patrie avec distinction. L'étude des 
langues grecque et hébraïque i emplit les 
moments^ides que lui laissait le soin des 
malades. Elle lui facilita les moyens de tra- 
vailler avec succès a l'interprétation de l'E- 
critiîre sainte. Il a laissé un grand nombre 
de Notes, en manuscrit, sur les livres .'■acres. 
On a de lui piatre A'a:;)/«crtfio>?s sui autant de 
passages du Nouveau Testament , dans les 
Mémoires du P. Desmolets, tome III, partie 
r% page 162. 

NESMOND (Henri de), d'une famille illus- 
tre de l'Angoumois, se distingua de bonne 
heure par .'^on éloquence. Il fut élevé à l'évô- 
ché de Monlauban, ensuite à l'archevôche 
d'Albi, et enfin h celui de Toulouse. L'Aca 



55 



NES 



NES 



m 



demie française se l'associa en 1710. Louis 
XIV faisaiî' un cas particulier de ce prélat. 
Un jour qu'il liarauguait ce prince, la mé- 
Uioire lui manqua : « Je suis bien aise, lui 
« dit le roi av.'c bonté, que vous me don- 
« niez le temps de goûter les belles choses 
« que vous me dites. » 11 mourut en 1727. 
On a un recueil de ses Discours , Ser- 
mons, etc., imnrimés à Paris, 1734, in-12. 
Son style est simple, soutenu , énergique ; 
mais il manque souvent de chaleur. Ce pré- 
lat était neveu du vertueux François de Nes- 
MOND, évèque de Bayeux, dont la mémoire 
est en grande vénération dans ce diocèse par 
tous les bienfaits qu'il y a répandus, et qui 
mourut en 1715 , doyen des évoques de 
Franre. 

NESTORIUS, fameux hérésiarque du v' 
siècle, né à Germanicie dans la Syrie, eui- 
brassa la vie monastique près d'Antioche, 
et se consacra à la prédication. Celait le 
chemin des dignités, et il avait tous les ta- 
lents nécessa'res pour réussir. « Ses mœurs 
« graves, ou plutôt sombres et sauvages, dit 
,« labbé Bérault, ia simplicité atl'ectée et le 
« malpropreté de ses vêtements, son visage 
« pâle et décharné, une teinture superficielle 
« des arts et des sciences, une grande et 
« belle voix, qui prenait facilement le ton 
« de la componction et du pathétisme, une 
« éloquence éblouissante, moins occuj)ée 
•« de l'édification des âmes solidement chré- 
« tiennes, qu'avide des applaudi-sements 
« dun peuple volage et précipité, l'auier- 
« tume de son zèle et de ses déclamations 
« perpétuelles contre les hérétiques , son 
« respect entîn pour saint Chrysoslome ré- 
•<( pandirent les préventions les plus avanta- 
« geuses en sa faveur. » Il cachait sous ces 
dehors une pjrofonde hypocrisie , un orgueil 
insup orlable, un es|irit faux et entêté de 
ses propres idé^'S, qu'il piéîérait à la doc- 
trine des anciens Pères. Après la mort de 
Sinninius, en 4-28, Théodose le Jeune 1 éleva 
sur le Siège de Cop.stantinoi)le. Après avoir 
établi son créd.t par des édits rigoureux qu'il 
obtiutde l'empereur contre les ariens, il crut 
que le temps était venu de donner une nou- 
velle forme au christianisme. Un prêtre, 
nommé Anastase, prêcha par son ordre qu'on 
ne devait point appeler la sainte Vierge la 
mère de Dieu; et Nestorius monta bientôt en 
chaire pour soutenir cette doctrine. 11 fallait, 
selon lui, reconnaître en Jésus-Christ deux 
personnesaussi bien que deux natures, le dieu 
et l'homme ; et dire que le Verbe ne s'est point 
uni hypo-tatiquement à la nature humaine : 
d '^ façon qu'on ne d(!vait pas appci( r AJarie 
ineVe de Dieu, mais mère du Christ. Cette er- 
reur anéantissait le mystère de l'incarnation, 
tjui consiste dans l'union des deux natures 
divine et humaine, en la personne du Verbe ; 
(l'oij résulte un Homme-Dieu, appelé Jésus- 
CuRisT, dont les mérites intiijs ont ra- 
ciieté le genre humain. Comment après cela 
a-t-on pu prétendre qu'U ne s'agissait entre 
Nestorius et les catholiques que d'une affaire 
de mots, puisqu'il est évident qu'il s'agis- 
çait de la substance de la foi ? Voy. Euty- 



CHÈs , Arius. Les nouveautés de Nestorius 
excitèrent une indignation générale. Les 
prêtres attachés à ia saine doctrine, entre 
autres saint Procle et Kusèbe, depuis évêquo 
de Dorylée, réclamèrent en faveur de la loi 
antique. Le peuple se souleva ; on s'adressa 
à saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, ([ui, 
ayant lu les Homélies de Nestorius, trouva 
que cet hérésiarque était coupable de toutes 
les erreurs dont on l'accusait. Il lui écrivit 
pour tâcher de le ramènera la vériîé par les 
voies de la douceur; mais le patriarche de 
ConslanLinople, qui n'aimait pas à être con- 
tredit, fut |)iqué de cette lettre, et il y ré- 
pondit avec hauteur. Bientôt les deux pa- 
triarches infoimèient toute l'Eglise de leurs 
contestations. Acace de Bérée et Jean d'An- 
tioche approuvèrent la doctrine de saint 
Cyrille, et condamné eut celle de Nestorius; 
mais ils conseillèrent au premier d'user de 
quehjue ménagement, et de combattre l'er- 
reur parle zèle et la douceur réunis. ( Ctte 
affaire ayant été portée à Rome, le pa[)e Cé- 
lestin convoqua un concile en 430. Après un 
mûr examen, tous les Pèr'es s'écrièrent que 
JNfestoriiis était hérésiarque, et on prononça 
contre lui une sentence d'excommunicatirm 
et de déposition : on l'envo.a à saint Cyrille, 
en le chargeant de la faire exécuter, si, dans 
l'espace de* dix jours, à compter do celui de 
la sijjUilicalion, Nestorius ne létra: tait pu- 
bliquement ses erreurs. Le patriarche d'A- 
lexandrie, chargé oe dre-ser une if)rmule de 
rétractation avec une profession de foi, éloi- 
gnée de tou'e équivoque, assembla les évê- 
ques de sa dépendance, et ce fut au nom de 
ce concile d'Alexandrie que parui l'acte cé- 
lèbre qui est connu sous le t tre des douze 
anathèmes; cet acte renfermait douze propo- 
sitioirs, qui étaient les douze chefs tie l'hé- 
résie nestorienne. Le concile d'Alexan rie, 
pour ne laisser aucun faux-fuyant, voulait 
que Nestoinus les anathémùlisât chacune en 
particulier, s'il voulait être reconnu pour 
orthodoxe; il refusa d'obéir. Son oj)iniôtreté 
doinialieuà la convocation du 3'coircile géné- 
ral, dont l'ouverture se fit à Ephèse en 431. 
Saint Cyrille y présida au nom du pape Cé- 
lestin. Nestorius refusa d'y comparaître, 
quoiqu'il fut dans la ville. Sa doctrine y fut 
condamnée, et, après trois citations juridi- 

3ues, on firononça contre lui une sentence 
e déposition. Quelques jours après arriva 
à Ephèse Jean d'Antioche, avec 14 évoques 
d'Orient, et il prononça une sentence de dé- 
position contre sai, t Cyrille; mais il se ré 
tracta ensuite. Voy. Jean d'Antioche. On 
réclama des deux côtés la protection de l'em- 
pereur, qui donna ordre d'arrêter saint 
Cyrille [Voy. son article) et Nestorius. L'ar- 
rivée des évè>jues Arcade eL Projecte, et du 
prêtre Philippe, légats du [)ape saint Céles- 
tin, fit prendre aux alfaires un tour plus 
équitable. Ils désapprouvèrent tout ce qui 
avait été fait contre saint Cyrille, et confir- 
mèrent la condamnation de Nestorius. Théo- 
dose s'étant convaincu, dans une audience 
donnée à l'hérésiarque, que ce qu'il avaii 
pris pour du zèle et pour de la fermeté n'é- 



W NEU NEU 56 

liiit ({uo l'etTot d'une humeur violente et su- ' des Recueils de petits traités des savants de 

[)erl)e, passa de restime et de l'amitié au Hesse; les r<>s des professeurs en théologie 

niéfiris et à l'aversion. « Qu'on ne me parle de (iiessen. L'érudition qui régne dans ses 

« |)his de Nestorius, disait-il; c'est assez divers ouvrages lui a mérité un nom parmi 

« (ju'il ait fait voir une fois ce qu'il est. » les savants. 

Cet hérésiarque devint odieux à toute la NElIHRIDdE. Voy. Litle. 

cour; son nom seul excitait l'indignation NKUFVILLK (Uolam) de), né l'an 1530, 

des courtisans, et l'on traitait de séditieux abbé de Saint-Jac(|ucs de Montfort en 1551, 

i ceux qui osaient agir pour lui. Nestorius se évoque de Saint-Pol de Léon en 15G2, sous- 

retira dans le monastère où il avait été crivit en cette dernière qualité au concile 

élevé. Du fond de cette retraite, il excita des tenu à Angers en 158.3, et au serment pres- 

•: factions et des cabales. L'empereur, informé crit par l'édit de 1588 pour la pacification 
de ses intrigues, le relégua, l'an V32, dans la dos troubles. Il n'en poursuivit pas moins les 
ïhébaïde, oij il mourut dans l'opprobre et doctrines des réformés avec une activité 
dans la misère. Salin ne fut pas celle de l'hé- telle qu'à sa mort il n'en restait pas un 
résie. Elle passa de l'empire romain en dans son diocèse, bien qu'ils fussent nom- 
Perse où elle lit des progrès rapides; de là breux dans les autres parties de la province, 
elle se répandit aux extrémités de l'Asie, et- Neufville mourut à Rennes le 5 février 1613. 
elle y est encore aujourd'hui professée par On conserve parmi les manuscrits de la bi- 
les Chaldéens ou nestoriens de Syrie. Nés- bliothèque de Lyon un Missel ayant appar- 
torius avait composé des Sermons et d'autres tenu à ce prélat, et qui est intitulé : Missale 
ouvrages, dont il nous reste des fragments. Ecclesiœ galUcœ, grand in-fol. de 360 pages. 
{Voyez VHistoircdu nestorianisme par le je- En tète de ce précieux manuscrit on voit le 
suite Doucin, 1698, in-i"). prélat à genoux devant saint Paul Aurélien, 
NETÏER (Thomas), théologien de l'ordre fondateur de son église, et ses armes sont 
des Carmes, plus connu sous le nom de Tho- dans les vignettes de la miniature. 
mas Waldensis ou de Walden, village d'An- NEUMANN (Gaspard), théologien alle- 
gleterre dans la province d'Essex, où il prit mand, mourut en 1715, à Bresiaw, où il était 
naissance, fut employé par ses souverains né en 16+8. Il y était pasteur, et inspecteur 
dans plusieurs affaires importantes. Il parut des églises et des écoles. On a de lui : une 
avec éclatau concile de Pise, l'an li09, député grammaire hébraïque, sous le nom de Clavis 
])ar Henri V, roi d'Angleterre, à celui de domus Heber; De punctis Uebrœorum littera- 
Constance l'an 1415, où il terrassa les hus- riis ; De dispensationc circa legem naturœ ; 
sites et les wicléfites. il fut envoyé en qua- Epistola descienlia litterarum hieroglyphica- 
lité d'ambassadeur auprès de Wladislas, roi rum ; Biga difficullatum physico-sacrarum ; 
de Pologne; pendant cette ambassade, il Genesis lingnœ sanctœ. l\ y a des choses ha- 
convertit à la foi Yitoldus, duc de Lithuanie, sardées dans cet ouvrage. Neumann était un 
qui ne s'était distingué jusqu'alors que par homme d'une imagination vive, mais bizar- 
ses tyrannies; il étendit les mêmes soins re. H écrivait mieux en allemand qu'en latin, 
sur toute la nation et avec un égal succès. Il NEUMANN (Jean-Georges), ne en 1661, 
lit donnera ce duc le titre de roi par le pape fut professeur de poésie et de théologie, et 
et par Tempereur : il érigea dans ces provin- bibliothécaire de l'université de NN itten- 
ces plusieurs maisons de son ordre, jiour que berg, où il mourut en 1709. On a de lui des 
les religieux empêchassent par leurs ser- Dissertations sur des matières de contro- 
mons les progrès des bussites. Il vint en- verse et de théologie. Elles sont la plupart 
suite en France, oïl il recueillit les derniers prolixes, et ne peuvent intéresser que ceux 
soupirs de Henri V, son souverain, qui mou- de la communion de l'auteur, 
rut à Vincennes en 1422. Ce prince lui avait NEUMAYER (François), né à Munich en 
constamment témoigné beaucoup de con- 1697, entra chez les jésuites en 1712. Après 
fiance. Netter mourut le 3 novembre 1430, à avoir enseigné les belles-lettres et la théo- 
Rouen, après avoir été élevé aux premières logie, et travaillé avec de grands succès au 
charges de son ordre. On a de lui un traité salut des âmes, en dirigeant la congrégation 
intitulé : Doctrinale antiquilatum fidei Ec- latine de Notre-Dame à Municn, il devint 
clesiœcatholicœ, Venise, 1751, 3 vol. iu-fol. prédicateur de la cathédrale d'Augsbourg, 
Cette édition, qui est rare, est la plus esti- fonction dont il s'acquitta pendant dix ans, 
niée. Cet ouvrage lui mérita un bref parti- avec une réputation extraordinaire, s'atta- 
culier du pape Martin V; il y réfute avec chant surtout à réfuter les erreurs du temps 
beaucoup de force des hérésies de son siècle, et écrivant à la fois sur toutes sortes d'objets 
Il est auteur d'autres ouvrages pleins d'éru- qui intéressaient la religion, avec une force 
dition, que l'on conserve dans des bibliothè- et une éloquence de raison qui entraînait 
rpies d'Angleterre. Il y en a plusieurs dans même ses adversaires. Ses ouvrages, écrits 
la bibliothèque Bodiéienne. tantôt en allemand, tantôt en latin, ont été . 
NEUBAUER (Ernest -Frédéric), théolo- répandus dans toute l'Allemagne; les der- ^' 
den protestant, né à Magdebourg en 1705, niers l'ont été dans toute -l'Europe catholi- " 
fut professeur d'antiquités, de langues, puis que. On distingue parmi ceux-ci : Gratia 
'\(i théologie à Giessen, ah il mourut en vocalionis sacerdotis ; Thealrum asceticum ; 
1748. On a de lui des Dissertations acadé- Thentrum politicum; Correclio fraterna, 
oiifjues ; des Explications heureuses de di- Exterminium acediœ ; Retnedium melancho- 
«fcrs textes de l'Ecrituresainte; des Serions; liœ; Virtutes theologicœ. Le plus considéra- 



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Lie de ses ouvrages écrits en allemand est 
intitulé : Sermons de controverse, Svol.in-i"; 
ils sont d'une solidité qui les a mis à l'abri 
de toute attaque. Il mourut à Augsbourg le 
1" mai 1765, et eut pour successeur dans la 
chaire d'Augsbourg le P. Aloysius Merz. ■* 
NEUSER (Adam), théologien calviniste du 
xvr siècle, né dans la Souabe de parents lu- 
thériens, était pasteur de l'église de Saint- 
Pierre de Heidelberg dans le Palatinat, lors- 
que de concert avec Jean Sylvanus, pasteur 
de Ladenbourg, George Blandrata médecin 
du vaivode de Transylvanie, et quelques 
autres, il tenta d'introduire le socinianisrae 
dans ce pays. Ils voulurent s'assurer de la 
protection du sultan Sélim pour le cas où ils 
échoueraient; mais ils furent trahis par l'am- 
bassadeur du vaivode de Transylvanie, qu'ils 
avaient pris pour intermédiaire, et leurs let- 
tres furent remises à l'électeur Palatin, qui 
fit arrêter Sylvanus et Neuser. Le premier 
fut décapité en 1572. Neuser parvint à s'éva- 
der, et il se réfugia à Constantinople, où il 
prit le turban. 11 y mourut des suites de ses 
débauches, le 12 oct. 1576. La Biblioth. des 
anti-trinitaires, qui le nomme iVeusner, cite 
de lui : Scopus septimi capitis ad Romanos, 
Ingolstadt, 1583, in-8°. Sa Lettre à Selim se 
trouve dans le Recueil de Mieg : Monumenta 
pieiatis et litteraturœ, Francfort, 1702, in-4°, 
I" part., p. 318. 

NEUVILLE ( An NE- Joseph-Claude Frey 
de), jésuite, né* en 1693, h Coutances, d'une 
famille noble établie en Bretagu', lit reten- 
tir les chaires de la cour et de la capitale de 
sa voix éloquente, pendant plus de trente 
années : il commença seulement à prêcher 
en 1736. Après la destruction de sa société 
en France, il se retira à Saint-Germain-en- 
Laye, où il eut la permission de demeurer, 
quoiqu'il n'eût pas rempli la condition que 
le parlement de Paris exigeait des jésuites 
qui voulaient rester dans son ressort, c'est- 
à-dire l'abjuration de leur institut. La supé- 
riorité de ses talents, embellis par de gran- 
des vertus, lui avait mérité à la cour d'illus- 
tres protecteurs, qui obtinrent de Louis XV 
qu'il pût vivre tranquillement dans la soli- 
tude qu'il s'était choisie. Il est mort à Saint- 
Germain-en-Laye en 177^i., atterré du coup 
dont Clément XIV avait frappé la société l'an- 
née précédente. On jugera aisément de l'im- 
pression que cet événement fit sur lui, par 
la lettre qu'il écrivit à un de ses anciens 
confrères , en date du 3 septembre 1773 : 
« Permettez, disait-il, que sur cette tragique 
« révolution, qui fera l'étonnement de la 
« postérité, je vous parle en père et en ami. 
« Pas un mot, un air, un ton de plainte et 
« de murmure. Respect incapable de se dé- 
■ « meniir à l'égard du siège apostolique et du 
^ « pontife qui l'occupe ; soumission parfaite 
\ « aux volontés rigoureuses, mais toujours 
t « adorables de la Providence, et à l'autorité 
« qu'elle emploie à l'exécution de ses des- 
« seins, dont il ne nous convient point de 
« sonder les profondeurs. N'épanchons nos 
« regrets, nos gémissements, nos larmes, 
« que devant le Seigneur et dans son sanc- 



« tuaire ; que notre juste douleur ne s ex- 
« prime devant les hommes que par un 
« silence de paix, de modestie, d'obéissance; 
« n'oublions ni les instructions ni les exem- 
« pies de piété dont nous sommes redcva- 
« blés à la société; montrons par notre con- 
« duite qu'elle était digne d'une autre desti- 
« née ; que les discours et les procédés des 
« enfants fassent l'apologie de la mère : cotte 
« manière de la justifier sera la plus élo- 
« quonte, la plus persuasive; elle est la seule 
« convenable, la seule permise et légitime. 
« Nous avons désiré de'sèrvir la religion par 
« notre zèle et par nos talents ; tûclions de 
« la servir par notre chute môme et par nos 
« malheuis. Vous ne doutez point, mon cher 
« frère, de la situation pénible de mon esprit 
« et de mon cœur au spectacle de la dostruc- 
« tion humiliante de la société à laquelle je 
« dois tout, vertus, talents, réputation. Je 
« puis dire qu'à chaque instant je bois le 
« calice d'amertume et d'opprobre, que je 
« l'épuisé jusqu'à la lie.; mais en jetant un 
« coup d'œil sur Jésus-Christ crucifié, ose- 
« rait-on se plaindre? » Ses Sermons ont été 
publiés en 8 vol. in-12, Paris, 1776. On les 
distinguera de la foule des écrits do ce 
genre, par la beauté des plans, la vivacité 
des idées, la singulière abondance d'un style 
pittoresque et original, la chaleur du senti- 
ment. Dans Bourdaloue on -a admiré la force 
et la majesté de la rai-sdn; dans M;issillon, l'é- 
légance et le sentiment ; dans le P. Neu- 
ville, les richesses et les ornements de l'es- 
prit. Croirait-on qu'un habile et judicieux 
littérateur (l'abbé Trùblct) a cru pouvoir 
comparer cet orateur à Voltaire ? « J'aitrou- 
« vé, dit-il, des rapports entre M. Bossuet 
« et Corneille, j'en trouve aussi entre le P. 
« Neuville et Voltaire; et le premier me pa 
« rait, à plusieurs égards, dans l'éloquence, 
« ce que le second est dans la poésie. J'es- 
« père qu'on ne désapprouvera pas des com- 
« paraisons où j'ai considéré les talents en 
« eux-mêmes, et indépendamment de l'u- 
« sage qu'on en fait, usage d'autant plus blâ- 
« mable, lorsqu'il est mauvais, que les ta- 
« lents sont plus grands. » Sans prétendre 
justifier dans toute son étendue ce parallèle 
singulier, il nous semble que la différence 
même que M. Trublet met entre ces deux 
hommes est un trait de ressemblance de plus 
par l'égalité d'ardeur et de constance avec 
laquelle ils ont combattu, l'un pour, l'autre 
contre la religion de Jésus-Christ. Si l'achar- 
nement de Voltaire contre le christianisme 
lui a fait saisir toutes les occasions de le ca- 
lomnier et de le rendre odieux ; si à tout 
propos et môme contre tout propos il a 
donné l'essor à sa haine implacable contre 
tout ce qui tient à la sainteté et à la divinité 
de notre foi, le P. de Neuville, par un es- 
prit contradictoire à celui de ce philosophe, 
adirigé tous les ressorts de son esprit, loute 
l'impulsion de son éloquence vers la défense 
et l'honneur de la religion. Quel que fût le 
sujet de son discours, fût-ce la moralité la 
plus simple et la plus connue, fût-ce un pa- 
négyrique ou une oraison funèbre, son zèle 



hd 



NEU 



NEW 



61) 



y trouvait des digressions faciles et natu- 
relles sur rexcellenco, l'utilité et la vérité 
Un clirisliaiiisine ; Jamais il ii • [xi'd.iit do 
vue ce grand objet, jamais les couUmus no 
lui ont manqué |t(i"ir on tracer des taldoaux 
Ijrillanîset ma^niliquos.l'artout on voit dans 
la relijiion une terre l'erliie en fruits pié- 
cieux et salutaires : la vraie gloii'e, l'hon- 
neur, la décence, suivant rex|)ression du 
Sage, les charmes d'un amour tendre et per- 
raancnt, les douceurs de l'espérance la plus 
solixle et la plus sûre, sont le prix de l'alla- 
chemcnt qu'on lui voue. L'yo quasi vitis 
fructificavi saavilcitem odoris, et fores mci 
fructus honoris et hofieslatis. Ego mater piil- 
clirœ dilectionis et sanctœ spei (Eccli. xxiv). 
C'est sous ce point de vue que le P. de Neu- 
ville faisait envisager la doctrine de Tlilvan- 
gile, dont il relevait encore l'éclal i)ar un" 
contraste frappant avec les dogmes ab>urdes, 
avilissants et désolants de l'incrédulité : et 
cela toujours avec une force, une opulence 
d'idées et d'expressions qui enlevaient l'ad- 
miration et la conviction, et qui opéraient 
clans l'Jme des chrétiens éclairés et persua- 
dés le sentiment le plus doux. Si quel([ue- 
fois l'enthousiasme de son éloquence lui a 
fait négliger l'exactitude du langage et les 
lois sévères de l'élocution française ; si l'ar- 
deur de sa marche a paru déranger quelque- 
fois l'économie du discours et la régularité 
de la distribution, ce sont des défauts de 
grands maîtres, ([ue l'homme de goût préférera 
sans hésiter à la froide exactitude des génies 
subalternes. On a publié, en 1783, sa Morale 
du Nouveau Testament ou Réflexions chré- 
tiennes, etc., Paris, 3 vol. in-12 : ouvrage 
écrit avec autant de netteté que de solidité. 
■ — Quelque long que soit cet article, nous 
croyons devoir le terminer par la prédiction 
bien, précise de la révolution de France et 
de ses effets très -détaillés : elle ne peut 
que paraître inhniment remarquable. C'est 
dans le panégyrique de saint Augustin, qu'a- 
près avoir exposé avec autant de force que 
de vérité les erreurs de la prétendue philo- 
sophie, il Unit de la sorte : « O religion 
« sainte 1 ù trùne de nos rois 1 ô France ! ô 
« patrie! ô [mdeur! ô bienséance 1 Ne fût-ce 
« pas comme chi'étien, je gémirais comme 
« citoyen ; je no cesserais pas de pleurer les 
« outrages par los{juels on ose vous insul- 
« ter, et la triste destinée qu'on vous pré- 
« |jare. Qu'ils continuent de s'étendre, de 
« s'all'e. niir, ces alfreux systèmes; leur [)oi- 
« son dévorant ne tardera pas à consuujor les 
« principes, I appui, le soutien nécessaire et 
« eisentielde I i'^tat. Auiour du prince et de 
« la p.itrie, lien de famille et de société, dé- 
« sir de l'estime et de la réputation publi- 
« que, soldais intré. ides, magistrats désinté- 
« ressés, amis généreux, épouses tidèles, en- 
ce fanls respecluoux, riches bienfaisants, ne 
« les espère/ pouit d'un f)euple dont lo plai- 
« sir et 1 intérêt seront l'unique dieu, l'u- 
« nique loi, l'unique vertu, l'unique hon- 
« neur. Dès lors, dans le p-lus llorissant em- 
« pire, il faudra que tout croule, que tout 
« saifaisse, que tout s'anéantisse ; pour le 



« détruire, il ne sera pas besoin que Dieu 
« déploie sa foudre et son tonnerre : le ciel 
« poirra se reposer sur la terr(3 du soin do 
« le venger et de la punir. Entraîné par lo 
« vertige et le délire delà nation, l'Etat tom- 
« bera, se pré(; [lit.M'a dans un abîme d'anar- 
« chie, de cijid'usion, de sommeil, d'inac- 
« tion, de décadence et de dé[)érissement. » 

NEUVILLE (PiKiutE -Claude Fhey ui: ), 
frère aîné du précédent, également jésuile, 
né à Grandville, en 1G92 (à Vitié, suivant la 
Jiiof/raphie universelle de Michaud, (jui lui 
donne les pi-i'-noms de Pierre-Charles), deux 
fois provincial et deux fois supérieur de la 
maison professe de Paris; il mourut h Rennes 
en 1773. Il s'est aussi distingué dans la car- 
rière delà prédication. Ses 5c/-//?ons, au nom- 
bre de IG, ont été imi)rimés à Rouen , ea 
1778, 2 vol. in-12. Si l'on en excef)te quel- 
ques-uns, plus travaillés et mis au net par 
lui-môme, la plupart ne sont qu'une légère 
ébauclio, telle que la jetait à la hâte un es- 
prit facrle et constamment nourri par les rô- 
ilexions les plus solides sur la religion elles 
mœuis. 

NEUVILLE (Jean-Baptiste Po\cy de). 
Yoy. PoNCY. 

NEVERS (l'abbé Philippe-Julien Maza- 
kin-Mancini, duc de), chevalier des ordres 
du roi, était neveu du cardinal Mazarin. Il 
naquit en 1G41, à Rome, et reçut de la na- 
ture beaucoup de goût et de talent pour les 
belles-lettres. II mourut à Paris en 1707, 
après avoir publié plusieurs pièces de poésie 
d'un goût singulier, et qui ne manquent ni 
d'esprit ni d'imagination. On connaît ses vers 
contre Rancé, le réformateur de la Trappe, 
qui avait écrit contre l'archevêque Fénelon : 

Cet abbé qu'on croyait pétri de sainteté, etc. 

NEVEU (François-Xavier), dernier prince ■ 
évoque de B de, né le 2G février 17V9, à Ar- 
lesheim en Alsace, fut institué évèque do 
Bàle le 12 septembre 179i. Depuis la ré- 
forme de Luther, comme la ville de Baie 
avait adopté les doctrines de l'hérésiar- 
que, les évoques s'étaient fixés à Porren- 
truy. Ils avaient conservé au midi de l'Al- 
sace une petite principauté dont ils ont été 
dépouillés par la révolution française. En 
17*48, l'évoque de Bàlo se retira dans la par- 
tie de son diocèse située sur la rive droite 
du Rhin. Trois cents paroisses, qu'il possé- 
dait en Alsace, lui furent ôtées par le con- 
cordat de IhOl ; le siège épiscopal de Baie 
fut sup[)runé, et un autre fut institué à So- 
leure. Neveu mourut à Oll'enbou g, dans le 
grand duché de Bade, le 2'* août )828. Il 
avait légué au nouvel évôché, par son testa- 
ment, une somme de trente mille francs , 
son argenterie, son linge et sa chapelle. 

NEVVCO.dE (WiLLiAAi), archevêque an- 
glican d'Armagii en Irlande, né en 1729, 
mort le 11 janvier 1800, lit :ies études à l'u- 
niversité d'Oxford. Admis dans la maison 
du comte d'Héréford, lord lieutenant d'Ir- 
lande, en qu dite do cliaiielain, il fut promu, 
en 17GG, a Vévèché d.' Dromore, d'où il fut 
transféré successivement à Ossori, à Waler 



61 



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ford, ôrifin, en 1795, à l'archevêché ^d'Ar- 
magh. On a de ce prélat ériidit : une Har- 
monie des Evangiles, 1778. Il y fait grand 
usage de l'édition du Testament grec de 
Wejstein, et y soutient l'opinion commune 
qu'l, ,e minisière du Sauveur a duré au moins 
trois ans. Voyez Wetsteik (Jean-Jacques). 
En 1780, il traita ex professa ce point de cri- 
tique contre Priestley, qui, dans son Harmo- 
nie grecque, réduisait à un an le temps de 
la prédication de Jésus-Christ. Priestley ré- 
pondit. Il y eut des écrits de part et d'au- 
tre ; et, comme cela arrive presque toujours, 
aucun des contendants ne changea d'opinion. 
Observations sur la conduite de Notre -Sei- 
gneur, comme instituteur divin, et sur l'ex- 
cellence de son caractère moral, 1782, in-i" ; 
Essai sur une version perfectionnée, sur un 
arrangement métrique, et sur une explication 
des douze petits prophètes, 1785; Essai du 
même genre sur Ezéchiel, 1788; Examen des 
principales difficultés de Vhistoire de VEvan- 
gile, relativement à la résurrection, 1792 ; 
Examen historique des traductions de la Bi- 
ble en anglais, l'utilité de revoir ces traduc- 
tions, et les moijcns d'opérer cette révision , 
1792; Essai sur une revue des traductions an- 
glaises de l'Ecriture grecque, avec des notes. 
Quoique l'auteur eût fait imprimer l'ouvrage 
de son vivant, il ne le publia point, ei il ne 
parut qu'après sa mort, h' Essai sur une revue 
avait donné lieu à tant de critiques, excité 
tant de controverses, qu'il voulut s.ins doute 
s'épargner celles que lui attirerait l'ouvrage 
même. Il avait fait un pareil travail sur les 
Ecritures hébraïques. Il s'était, au reste, 
formé sur rinter[)rélation de l'Ecriture sainte 
un système qui laissait aux auteurs des ver- 
sions beaucoup de latitude. 11 ne croyait 
pas qu'on dût avoir égard aux opinions des 
ditlerentes communions, mais seulement au 
sens critique ; il fut combattu par Horsley. 

NEWTON (IsAAc), créateur de la philoso- 
phie naturelle, né le 25 décembre 16'42, la 
même année où mourut Galilée, à Wools- 
trop dans la province de Lincoln, apparte- 
nait à une famille noble : il s'adonna de 
bonne heure à la géométrie et aux mathé- 
matiques. Descaries et Keppler furent les 
auteurs où il en puisa la première connais- 
sance. Dès SI plus tendre enfance il s'ét;iit 
fait remarquer par son goût pour les inven- 
tions phy.siques et mécaniques. S'étant muni 
d'ustensiles d'une dimension proportionnée 
à sonûge, il fabriqua de petites machines de 
diverses espèces, et même des horloges qui 
marchaient par l'écoulement de l'eau, et un 
moulin à vent d'une invention toute nou- 
velle. Il apprit le dessin de lui-môme. On mon- 
tre encore aujour i'hui à Woolstrop un petit 
cadran solaire, qu'il construisit sur la mu- 
raille de la maison qu'il habitait. Les pre- 
miers ouvrages qu'il parcourut, dans sa pre- 
mière jeunesse, furent Euclide, la Logique 
de Saunderson et VOptique de Keppler. On 
racoiite qu'étudiant un jour, assis sous un 
pommier, une pomme tomba devant lui ; la 
chuie de ce fruit le porta à rétléchir sur la 
nature du pouvoir qui porte et précipite les 



corps vers le centre de la terre avec une force 
continuellement accélérée, ot il établit son sys- 
tème de l'attraction. Il crut qu'il fallait ban- 
nir de la physicjue les conjectures et les hy- 
pothèses, et soumettre cette science aux ex- 
périences et à la géométrie. Projet excellent, 
s'il avait pu l'exécuter sans mêler à sa théo- 
rie beaucoup de choses hypothétiques. Di- 
verses expériences de Keppler sur la pesan- 
teur, f)eut-être aussi l'idée de l'attraction gé- 
nérale, établie dans le Mundus Magnes du 
P. Kircher, fournirent au philosophe anglais 
des conjectures sur la force qui retient les 
planètes dans leurs orbites. Ce fut en 1G87 
qu'il publia ce qu'il pensait sur cet objet. 
Ses Principia mathematica philosophiœ na- 
turalis, traduits en français par madame du 
Chàtelet, ouvrage où la géométrie seit de 
base à la physique, parurent cette année en 
latin, in-4.% et ont été réimprimés en 1726. 
Il y avance cette assertion, qu'il n'y a peut- 
être pas un pouce de matière dans tout l'u- 
nivers. En même temps qu'il travaillait à ce 
livre, il en avait un autre entre les mains, 
son Optique, ou Traité de la lumière et des 
couleurs : celui-ci vit le jour pour la pre- 
mière fois en 170i ; il a été traduit en latin 
P'irClarke, Londres, 1719, in-4"; en français 
par Goste, Paris, 1722, in-4°, et par Marat 
d'odieuse mémoire, revu par N. Beauzée, 
Paris 1787, 2 vol. in-8°. Celte dernière tra- 
duch'on est peu fidèle; mais elle répare les 
défauts de l'original, où les pensées sont 
quelquefois rendues en termes obscurs, sou- 
vent noyées dans des périphrases, et ressas- 
sées par dévalues redites. Partant de la décou- 
verte du P. de Châles, et adoptant quelques 
idées du P. Grimaldi (1), Newton crut pouvoir 
faire connaître parfa tement la naiure de la lu- 
mière, en la décomposant, et en anatomisant 
ses rayons; plusieurs de ses expériences sont 
vraiment curieuses et dignes de l'atteution 
des physiciens. Sa théorie a paru à bien des 
personnes une espèce de démonstration ; 
mais dans ces dernières années elle a perdu 
beaucoup du crédit dont elle avait joui. On 
a vu Marat {Découvertes sur la lumière, etc., 
Paris, 1782 et 1788) réduire les sept couleurs 
primitives à trois, nier la différente réfran- 
gibilité des rayons, avancer que le noir n'est 
pas une simple privation de la lumière, etc ; 
Palmet {Théorie des couleurs et de la vision, 
traduite de l'anglais, Paris, 1777) assurer que 
chaque rayon est composé de trois autres, 
que la lumière ne comporte aucune couleur, 
etc.; le célèbre Euler {Lettres à une princesse 
d'Allemagne, Berne, 1775) faire consister les 
couleurs, comme les sons, dans des vibra- 
lions plus ou moins vives, plus ou moins 
multipliées, eîc. Cette diversité d'opirnons 
sur la nature de la lumière et des couleurs 

(1) Le P. de Ctiales, jésuite, est le premier qui a 
reconnu que la réfraclion de la lumière élait une 
condition essenlielle à la production des couleurs 
dans Tarc-en-ciel, dans les verres etc.; el Ion doit 
au jésuite Grimaldi la découverte de l'inllexion des 
rayons solaires dans le voisinage de certains corps, 
et de leur dilatation causée par le prisme. 



n'oiiipi^ho pas qiio Nowtnn n'ait rendu h 
]'oi)li(|iio (les sorvircs précieux. 11 n pcrfoc- 



(13 NEW NRW 64 

tidlcift. Tl avait un grand resport pour la Di- 
précicux. 11 a pcrfoc- vinité ; les seules causes finales lui paial'i- 
ti()uu(^ les t(^]o3Copes, et a inventé, si l'on saient un argument sullisant pour anéantir 
.s'en lient h l'opinion coinniuno, celui rpii j'jitliéisme. Il était loin de croire que son 
montre les objets par réilexion ; mais NoUet attraction et ses calculs j)ussent oxi)li(pier 
a(-!ribue l'invention de ce télescope à Jac- l'état du ciel sans recourir en dernier lieu 
qucs Grégory, dont VOptica promotn parut à la volonté direc-te et à l'action imnié- 
lorsque Newton avait à peine 20 ans. diate de Dieu. « Les dix f)lanètes principa- 
Peut-ôtre l'un ou l'autre, ou fous les deux, lement, dit-il, décrivent autour du soleil des 
Ofit-ils pris l'idée de ce téIesco|)e dans la Ca- cercles, dont il est le contre, et sur un jilan 
toptrique du P. do Châles, liv. m, prop. 5'i-, à pou près semblable. Tous ces mouvements 
où il paraît clairement énoncé. Quoi qu'il on réguliers ne viennent d'aucune cause méca- 
soit, il est certain que Nowlon profila beau- nique, puisque les comètes suivent un plan 
coup de VOpticn de Grégory, coumie il a tiré différent. Ce système magnidcpie du soleil , 
pour sa géométrie de grandes lumières de des planètes et des comètes n'a pu ôlre 
(îrégoiro de Sainl-Vinccmt. {Voy. ce nom.) . enfanté (pie par la volonté et le pouvoir 
Un des principaux litres de sa gloire élait d'une inlolligcnco toute - puissante, v J*liiL 
le Calcul différentiel.. Lo.Wnùlz lui en con- • nnt. princ. vinlh. , p. 482, Caud)ridge, 171.'}. 
testa la découverte ; le |)hilosoplio allemand II était en cela parfaitement d'accord avec 
fut condamné par les commissaires de la so- Leibnitz, (jui dit dans sa Théodicée, n° 345: 
ciété royale de Londres, qui jugèrent en fa- « Los physiciens ont beau oxpliijuer, et les 
veur do leur concitoyen. Vorj. Leifîmtz. En géomètres faire dos calculs, il faut reconnaî- 
1696, le roi Cnillaumc créa Newton garde trc quantité de choses qui no sont rien 
des monnaies. Le philosophe rendit des sor- moins qu'un résultat de physique ou de géo- 
vices importants dans celte charge h l'occa- métric. » Quoique Newton parut attaché à l'é- 
sion de la grande refonte qui so fit alors, glise anglicane, il avait embrassé la doctrine 
Trois ans après, il fut mgitro ue la monnaie, deSocin. On croit que l'habitude de calculer 
em[)Ioi d'un revenu Irès-considérable. On lui l'avait entraîné dans cetlB erreur plus que 
donna, en 1703, la place de président de la tout autre motif : trois qui n'en font qu'un 
société royale, qu'il conserva jusqu'à sa mort lui paraissait un argument arithmétique par- 
pendant 13 ans. La reine Anne le fit cliova- faitemont insoluble. Cependant, par une in- 
iier en 1705. Il fut plus connu que jamais à conséquence moins conciiiable avec la logi- 
Ja cour sous le roi Georges. La princesse que qu'avec l'algèbre, il était fermement 
de Galles, depuis re:ne d'Angloterro, disait persuadé de la révélation. Une prouve de 
souvent qu'f'//e se tenait heureuse de vivre de cette persuasion, c'est qu'il a commenté 
son temps. Dès que l'académie des sciences V Apocalypse. Il y trouve clairement que le 
de Paris put choisir des associés étrangers, pape est î'antochrist, et les autres chimères 
elle no manqua [)as d'orner sa liste du nom que les protestants y ont découvertes contre 
de Newton. Du moment qu'il fut employé à l'Eglise romaine. Apparemment il a voulu 
la monnaie, il no s'engagea plus dans au- par ses rêveries, dit un homme d'esfirit , 
cune entreprise considérable de raalliémati- consoler la race humaine de la supériorité 
ques , ni de physique. Il posséda, jusqu'à quil avait sur elle, ou prouver qu'il ne l'a- 
l'âge de 80 ans, une santé égale; alors il vait pas au point que l'on croyait. On a de 
commença d'être incommodé do la pierre, lui, outre ses Principes el son Optique : un 
et le mal devenu incurable l'enleva en 1727, Ahréyé de chronologie , tiaduit en français 
à 85 ans. Dès que la cour de Londres eut par Grauet, 1728, in-4°, où il y a des senli- 
appris sa mort, elle ordonna que son corps, ments et un système très-différent des au- 
après avoir été exposé sur un lit de parade, très chronologistes. Fréret attaqua ce sys- 
comme les personnes du plus haut rang, fiit tème. et Newton lui répondit avec vivacité, 
transporté dans l'abbaye de Westminster. Le en 1726, Le P. Souciet, jésuite, s'éleva aussi 
poêle du cercueil fut soutenu par le grand contre la Chronologie de Newton dans plu- 
chancelier et ])ar trois pairs d'Angleterre, sieurs Dissertations. On a ro|)roché en An- 
On lui éleva un tombeau magnifique, sur glelorre aux deux savants français de n'a- 
lequel est gravée une épilaphe dans le goût voir pas trop bien entendu la partie astrono- 
oriental, où l'on félicite le genre humain mique de ce système ; mais on convient au- 
d'ôtre frère utérin de ce grand calculateur : jourd hui que leurs critiques sont justes : 
Sii,i gnunlentur moriales l'enthousiasme national, (jui se communi- 
Talc ,aiUum.iuo oxiiiisse ^"f^' "i^:™« ^".'^ 5^!''*"^=' étrangers, ne permit 
Huniaiii goneris dccus. point alors d ap!)recicr les choses avec jus- 
tesse. Une Arithmétique universelle, en la- 
Newton no se maria point. Son caractère tin , Amsterdam , 1761, 2 vol. in-'i-", avec 
tranquille, simple, affable, no so démentit des Commentaires de Castillon ; Analysis 
point pendant le cours de sa longue carrière, per quantitatum séries, fluxiones et differen- 
La vanité le troublait quelquefois ; mais la tia's, 1716. in-i", traduite en français jiar 
réilexion lui faisait combattre cette enne- M. de Buffon, Paris, 17'i0, in-V°; plusieurs 
mie du repos, qu'il appelait avec raison une Lettres dans le Commercium epistoliciim. 
chose très-substantielle : Sero demum ani- Newton a certainement rendu de grands ser- 
madverti quod vanam (jloriolam captons, vices à la ph.siquo en l'unissant à la géo- 
perdidi quietem meam, rem prorsus substan- métrie ; mais il faut convenir qu'il a poussé 






NEW 



cette alliance si loin, qu'elle a paru dégéné- 
rer en abus, et que la science de la nature 
n'est presque devenue qu'une combinaison 
aride de mesures et de nombres. Dans cet 
état décharné et squeletteux, la physique n'a 
présenté à la jeunesse qu'un aspect rebu- 
tant. L'influence . d'une étude purement 
algébrique sur les belles- lettres n'a point 
été favorable h leur progrès; en réprimant 
l'essor de l'imagination , elle a diminué les 
ressources du génie; des efforts pénibles et 
calculés ont remplacé cet enthousiasme qui 
produit les beautés naturelles et touchantes. 
Quant au fond même des systèmes auxquels 
le philosophe anglais a fait servir une si 
profonde géométrie, il y a eu un temps où il 
n'était pas permis de les révoquer en doute. 
Les académies et les collèges en avaient fait 
une espèce de dogme, qu'on ne pouvait con- 
tredire sans note d'hérésie. Le temps a ap- 
porté quelque adoucissement à cette rigueur. 
En 1772, on vit paraître des Observations 
(réimprimées à Paris en 1778, et h Liège en 
1788), où l'on osait examiner les titres du 
règne exclusif qu'exerçait la nouvelle physi- 
que ; on y démontrait" que le faux pouvait 
être calculé comme le vrai ; et dès lors la 
grande base de l'édifice newtunien se trouva 
ébranlée. On réfléchit surtout sur l'inconsé- 
quence que présente la théorie de l'ellipse, 
suivant laquelle les planètes s'éloignent de 
rechef du soleil, au moment môme que l'at- 
traction les a réduites au point de devoir 
s'engloutir dans cet astre. Le chevalier de 
Fornin ( Eléments des forces centrales) a fait 
depuis sur cet article des observations vic- 
torieuses, auxquels l'académie des sciences 
n'a trouvé à 0[)poser rien de raisonnable, 
puisqu'elle a cru ne i)ouvoir y répondre que 
par voie d'autorité, par une espèce d'autos 
epha, ce grand argument des péripatéticiens, 
que le phdosophe anglais à eu pendant quel- 
que temps la gloire de voir ressusciter en sa 
faveur. Les disciples de Newton ont changé, 
modifié, expliqué ses systèmes de cent fa- 
çons diverses. Selon qu'ils ont cru apcrce- 
voir plus de faciliié à satisfaire aux difficul- 
tés, ils ont abandoiiné plusieurs de ses as- 
sertions, pour mieux défendre les autres; de 
manière que le maître aurait aujourd'hui 
bien de la peini.' à reconnaî;re son ouvrage. 
Cependant, .si nous en croyons un savant 
moderne, qiu a imag né lui-môme des sys- 
tèmes brilhuits et spécieux (le baron de Ma- 
rivetz), toutes ces précautions n'empêcheront 
pas que la liiéorie de l'attraction ne soit un 
jour et peut-être bientôt reléguée avec celle 
des antipérist.ises et aulres qualités occultes: 
toute l'autorité des savants qui la défendent 
encore, et qui s'efforcent de la maintenir 
dans la prérogative d'une vérité reconnue et 
démontrée, ne la sauvera pas du danger qui 
la menace. « Nous n'écrirons point ici, dit-il 
'< dans sa Lettre à M. Bailly, la liste très- 
« nombreuse de savants qui n'ont pas [)lié 
« le genou devant l'idole appelée attraction, 
« qui n'ont pas reposé leurs pensées sur ce 
« nuage léger. Les autorités doivent cédera 
« la raison. Cela est fâcheux, oeut-êlre. nour 



>EW 6Ô 

« ceux qui se soni emparés de l'autorité : 
« pour se consoler. Monsieur, qu'ils regar- 
« dent derrière eux-, qu'ils considèrent le 
« sort de leurs prédécesseurs; ils subissent 
« la loi générale et invariable. Dans l'empire 
« des sciences, le sceptre du despotisme, 
« toujours usurpé, a toujours passé de main 
« en main à titre également illégitime. Ce 
« sort est réservé aux ligues usurpatrices, 
« comme aux |)articuliers usurpateurs. C'est 
« sur des exemples si multipliés que s'éta- 
« blit l'espérance de ceux qui entrent dans 
« la carrière avec de nouvelles idées. Telle 
« est la source des consolations qui soutien- 
ce nent leur courage au milieu des contra- 
« riétés qui les attendent. L'empire des 
« idées dominantes dans un temps se dé- 
« truit, d'autres s'cm forment un nouveau, 
« péniblement, lentement à la vérité. L'opi- 
« nion reçue combat longtemps; mais on 
« voit ses efforts s'affaiblir progressivement : 
« on présage, on calcule l'époque de sa dé- 
« faite, on prévoit l'instant où sa puissance 
« s'évanouira. Sa chute, amenée par les dé- 
ce veropj)emenls successifs de l'intelligence 
« est souvent bien moins l'effet d'une impul- 
c( son puissante que celui d'une lente dé- 
<c gradation. \ défaut de la foudre du génie, 
ce qui pouvait la terrasser en un instant, la 
c( lime sourde des méditations, les sccous- 
(c ses réitérées que lui donnent des obser- 
cc valions suivies et multipliées, l'ébranlent: 
ce elle tombe enfin, sans que personne puisse 
ce s'honorer de sa chute. Alors ce vaste édi- 
ec fice couvre de ses débris le terrain qu'il 
ce avait comprimé. Ceux dont ce terrain de- 
ee vient le domaine sont occupés longtemps 
ce encore du soin d'enlever ces décombres, 
ce qui retardent la construction d'un nouvel 
ce édifice , tandis que d'autres architectes 
ce méditent déjà d'en établir un nouveau sur 
ce ses ruines. » 11 n'y a jwint d'édition réel- 
lement cHmplète des OEuvrcs de Newton, 
bien que Horsley ait prétendu en donner 
une en 5 vol. in-V°, Londres, 1779-85. Pour 
la rendre complète, il faudrait y joindre les 
kvolumc-s d'Opuscules, publiés par Caslillon, 
Berlin, 17'/'! , ainsi cjne les Lettres scientifi- 
ques de Newton, ra[)i'Ortées dans la Biogra- 
phia britannica et dans le Commercium epis- 
tolicum. On [îcut co: sulfer sur Newton l'ou- 
vrage fort rare, iniitulé : (Collection for tlie 
history of the toion and sokc (irantham , con- 
taining authentic mcmoirs of sir Jsaac Nctc- 
ton, noio first published froin the original 
Mss, in the possession of the earl of Ports- 
mouth, Londres, 1806. On a imprimé à 
Glascow, en 182-2, i vol. in-8° : Les princi- 
pes mathématiques de la philosophie naturelle 
de Newton, avec les commentaires des RR. 
PP. Leseur et François Jacquier, religieux 
minimes, professeurs de mathématiques. 

NEWTON (Thomas), évêque anglican, né 
l'an 170i,à Lichtfield, dans le comté de Staf- 
ford, fit ses premières études dans sa ville 
natale et à l'école de Westminster, puis alla 
à Cambridge au collège de la Trinité, où il 
fut reçu agrégé. 11 exerça le ministère dans 
diflC^rentes églises de Londres jusqu'en 174:5, 



b1 NIC NIC C8 

('•poqiie où il pnt le do :ré de docteur, et et de respect pour Jiidn.s ^lacliabée , il de- 

('''|)<)usa, (Ml 17V7, la (ille (lu docteur Tieheck- rnauda une entrevue, et fit une trêve avec 

Devenu chapelain du roi Georges IIenl75(), lui. Alcime , juif apostat, l'accusa fausso- 

il lut l)ic!itôt après pourvu li'une prélx'ule à ment auprès du roi de s'entendre avec Judas 

AVcstaiinster, <t de la sous-cliant('ri(^d'Voriv. Machâbée pour le trahir. Le roi, ajoutant 

Nommé, en 1701, à l'évèclié de Bristol, autpud foi à ce ra!)'iort, écrivit h Nicanor, qu'il Irou- 

il réunit, deux ans après, liMloyennè de Saint- vail fort mauvais qu'il eût fait une trêve 

Paul, il mourut à l'Age de 79 ans, dans sou avec Macliabée , et lui ordonna de le faire 

doyenné, le li février 178-2. On a de ce pré- nnMidre vif, et de l'envoyer pieds et mains 

iat : une édition du Paradis perdu, de Mil- liés à Anlioche. Nicanor fut surpris et afiligé 

ton, avec des notes variorum, dont quel- de cet ordre; mais il n'employa pas moins 

ques-unes sont de lui, 17V9; Diftst-rlalions l'arlilice et la peiiidie i)Our l'exéfuter. Proli- 

sur les prophéties, 2 vol. in-1-2. Il y rcnou- tant de la sécurité que la trêve ins irait au 

velle les diatribes de quelques j rotestants général des Juifs, il cheiclia l'occasion de se 

contre l'Eglise romaine; Mémoires éi-iis par saisir de lui. Mais celui-ci se défiant de ses 

lui-même; OEuvres mêlées. La i)rimatie d'ir- mauvais desseins, se retira avec quelques 

lande lui avait été olTerle , mais il la refusa, troupes , avec lesquelles il battit Nicanor, 

C'était up prélat exact et charitable, puant . qui l'avait poursuivi. Ce général , désespéré 

à sa théologie, elle n'est orthodoxe ni su:- de voir échapper sa proie, vint au temple, 

vaut la foi catholique, ni suivant la réfor- et, levant la niain ontreJe saint lieu, il jura 

ination. anglicane. Il comljat l'éternité des avec serment qu'il détruirait le temple jus- 

leines, et croit au rétablissement final de qu'aux fondements, et qu'il en élèverait un 

"harmonie et du bonheur général. Ses OEu- en l'honncui' de Bacchus, si on ne lui remet- 



l 



o^ 



vres complètes ont été im|irimées en trois tait Judas entre les mains. Ayant ensuite 

volumes avec sa Vie écrite par lui-même.— appris qu'il était sur les terres de Samarie, 

Newton (Uichard), ecclésiastique anglican, il résolut de l'atlaïuer avec toutes ses forces 

docteur de l'université d'Oxford, né vers le jour du saijbat. Il marcha comme à une 

1676, fut nommé, en 1752, chanoine de l'é- victoire assurée, au son des trompettes, 

glise de Christ et principal du collège de conte Judas, qui, ne mettant sa confiance 

Hertford, aiiquel il consacra tous ses soins qu'en Dieu, lui livra bâta. Ile, le défit, et lui 

et une i)art:e de ses revenus. H rao;irut le tua 35,000 hommes. Nicanor lui-même per- 

21 avril 1753, à Lavcndon-Crange dans le dit la vie dans cette bataille, et son corps 

comté de Buckingham. On a de lui un vo- ayant été reconnu, Judas lui fil couper la 

lume de Sermons, publié en 178'!-; La plura- tête et la main droite, qu'il fit [)orter à Jéru- 

lité des bénéfices illégitimes, Mk't, en anglais, salem. Lors ju'il y fut arrivé, il rassembla 

où il réfute un écrit de Henri Wharton pour dans le parvis du temple les prêtres el le 

la défense de la pluralité i\es bénéfices ; Les j)euple, et leur montra la tète de Nicanor, et 

caractères de Théophraste , tr.iduit en anglais cette main déiestable qu'il avait levée inso- 

avec des notes. Celte traduction fut im ri- lemmenl contre la maison de Dieu tout- 

mée peu de temps après la mort de Bichard puisSiUl. Puis, ayant fait couper en petits 

Newton : conformément à ses intentions , le morceaux la langue de cet impie, il la donna 

produit delà vente en fut alfecté aux travaux à manger aux oiseaux. Sa main fut atlachée 

du collège de Hertford. vis-à-vis le temple, el sa tête exposée aux 

NEYBAC, évêque de Tarbes. Voy. Nei- yeux de tout le monde, comme u.i signe vi- 

ixAC. sibledu secours de Dieu, l'an 162 avant Jésus- 

NICAÎSE (saint), en latin Nicasius, évoque Clirisl. ((Exemi)leterril)lede ladivioe justice, 

de Beims au v' siècle, maityrisé par les Van- « dit un historien, et d'autant plus [)ropre 

dales. — Il ne faut pas le confondre avec « à réprimer le sacrilège et le blasphème, 

sa. [Il Nicaise , martyr du Vexin , que l'on « que, répété dans tous les siècles et par 

compte pour le premier archevêque de « toutes sortes d'impies, il ne peut être le- 

Rouen, au milieu du m' siècle. « gardé que comme une de ces punitions 

NICANOR, général des arm 'es du roi de « rares qui frappent le crime dans des cir- 

Syrie, et grand ennetni des Juifs, vint d'à- « constances extraordinaires. » Voy. Spel- 

bord en Judée par ordre de Ly.sias, régent du man. 

royaume pendant l'abs'nced'Antiochus, pour NICANOR, natif de ('île de Chypre, fut un 

comb.ittre les Ji:ifs. Il invita, avant le com- des sept diacres choisis par les apôtres. On 

bat, les marchands ii venir acheter les escla- dit (|u'il prêcha dans son pays, et qu'il y lut 

ves qu'il allait faire; mais Judas Machahée martyrisé. 

l'ayant vaincu dans un premier combat, NICÉPHORE (saint) , martyr d'Antioche, 
quoiqu'il n'eût que 7000 hommes, Nicanor sous l'empereur Yalérien , vers l'an 260 , 
s'enfuit déguisé, et se retira à Babylone, fil était simple laïque. Une amitié aussi tendre 
rapport à Antiochus de sa défaite et" confessa que chrétienne Pavait lié avec le prêtre Sa- 
la puissance du Dieu que les Juifs adoraient, price. Ils eurent le malheur de se brouiller, 
A rimitati-)n de tous les dévastateurs sacri- et la persécution s'élant allumée dans le 
léges , qui adorent la main de Dieu au mo- temps de leur désunion, Saprice fut con- 
ïnent qu'elle les frappe» etne changent rien damné à avoir la têle tranchée. Son ennemi 
pour cela dans la disposition de leurs cœurs, (il tout ce qu'il put pour se réconcilier avec 
Nicaaor recommença la guerre, el fut encore lui; mais Sapriae ne voulut point lui par- 
défait. Ce fut alors que, plein d'admiràliou donner, et renonça à la religion chrétienne, 



é9 



NIC 



qui ordonne un pardon sincère do tontes les 
injures. Nicéi)hore, plus sensible à cette 
honteuse apostasie qu'au ressentiment de 
Saprice, déclara qu'il était chrétien, et qu'il 
ne sacrifierait jamais aux idoles. Condamné 
à avoir la tête tranchée à la place de Sai)rice, 
il reçut la couronne du martyre , dont son 
enm-mi irréconciliable s'était rendu indigne. 
NICÉPHORE (saint), patriarche de Cons- 
tantinople, naquit vers l'an 750, et succéda 
à Taraise en 80G. Il défendit avec zèle le 
culte des saintes Images, contre l'empereur 
Léon l'Arménien, qui l'exila en 815. 11 se 
retira dans le monastère de Saint-Théodore 
qu'il avait fondé, et d y mourut saintement, 
en 828, à 70 ans. On a de lui : Cfironologia 
tripartita, traduite en latin par Anastase le 
Bibliothécaire. C'est une chronologie depuis 
la création du monde jusqu'au temps où vi- 
vait le saint. On y a fait quelques additions 
dans les siècles postérieurs. Le P. Coar , 
dominicain, la publia à Paris, en 123G, en 
mettant à la suite des notes de Georges le 
Sjncelle. On la trouve dnns la Bibliothèque 
des Pères, et dans ] Ilistoire byzantine, Ve- 
nise, 1729; Historicum breviarium , publié 
par le P. Petau en 161G, in-8% et traduit 
par le président Cousin. Cet abrégé histori- 
que, écrit d'une manière trop sèche et trop 
succincte, mais exacte, s'étend depuis la mort 
de l'empereur Maurice jusqu'à Léon IV ; il 
a été réimprimé au Louvre, en 16i8, in-fol., 
et fait partie de la Byzantine ; la Stichome'- 
ïri'e, c'est-à-dire rénumération des livres sa- 
crés ; elle est ordinairement jointe à la Chro- , 
nologie. On ne peut contester cet ouvrage à 
Nicéphore. {Voy. dom Ceillier, tome XVîIÎ, 
page 475j. Les Antirrhétiques, ou écrits con- 
tre les iconoclastes, dont quelques-uns se 
trouvent dans la Bibliothèque des Pères. La 
présence réelle y est établie de la manière la 
plus claire et la plus précise. (Voy. Léon 
Allatius, De consens. Eccl. occid. et orient., 
liJ).iîi,c. 13, |). 1225.) Dix-sept canons, insé- 
rés dans la Collection des conciles, etc. Dom 
Anselme Banduri avait formé le projet de 
donner une édition de lous les ouviages de 
saint Nicéphore ; la moi 1 1 eu a empêché. Le 
Prospectus qu'il eu avait puldié en 1705, a 
été insé.é tout entier dans la Bibliuthèque 
grecque deFabricius, tome VI, page 6i0. Ces 
ouvrages sont des monuments de la saine 
criti({ue et de l'éiuhtiou de Nicé,4]oi-e, qui 
étaii aussi bien grand écrivain que judicieux. 
— I! ne faut |)as le confondre avec Nice- 
PuouE Callixte iJont nous avons une His- 
toire ecclésiastique , en grec qui va jus- 
. qu'en 610, Paris, 1630, 2 vol. in-fol. Celui-ci 
vivait au xiv" siècle. Il rapporte beaucoup 
de faits qui ressemblent extrêmement à des 
fables. 

NICÉPHORE CARTOPHILAX, c'est-à-dire 
(jfirde des archives, auteur grec, florissait au 
couimencement du ix^ siècle. Il nous reste 
de lui quelques ouvrages dans la Biblio- 
thèque des Pères, et dans le Recueil du droit 
grec-romain. 

NICÉPHORE BLEMMIDAS, savant abbé 
grec du Mont-Athos, refusa le patriarcat de 



NIC H 

Constantinople en 1255, et fut favorable aux 
Latine. On a de lui deux Traités de laproces- 
sion du Saint-Esprit, imprimés avec d'autres 
théologiens grecs, à Rome, en 1652 et 1659, 
2 vol. in-4". 

NICÉPHORE GRE(iORAS, bibliothécaire 
de l'église de Constantinople au xiv siècle , 
eut beaucoup de part aux affaires de son 
temps. On a de lui une Histoire des empe- 
reurs grecs, farcie d'inexactitudes et écrite 
d'un style barbare, de[)uis 120'* jusqu'en 
1359. La meilleure édition de cet ouvrage est 
celle du Louvre, en grec et en latin, 2 vol. 
in-fol 1702. 

NICÉRON (Jean-François), religieux mi- 
nime, né à Paris en 1613, et mort à Aix en 
16i6, à 33 ans, s'appliqua à l'optique et fut 
ami du célèbre Descartes. Ce jeune auteur 
donnait les plus grandes espérances , lors- 
qu'il fut moissonné à la fleur de son âge. Au 
milieu des occupations et des voyages qui 
devaient le distraire, il sut ménager les moin- 
dres moments pour les consacrer à l'étude. 
On a de lui : V Interprétation des chiffres, ou 
Règle pour bien entendre et expliquer solide- 
ment toutes sortes de chiffres simples, tirée 
de l'italien d'Antonio-Maria Cospi, lG41,in-8°; 
La Perspective curieuse, ou Magie artificielle 
des effets merveilleux de l'optique , avec la 
Catoptrique du P. Mersenne," Paris, 1652, 
in-fol. ; Thaxmiaturgus opticus, 16V6, in-fol. ; 
l'ouvrage précédent n'est qu'un essai, qui est 
beaucoiip dévolo,)pé dans c, lui-ci. 

NICÉRON (Jean-Pierre), parent du précé- 
dent, né à Paris en 1685. entra dans la con- 
grégation des clercs réguliers de Saint-Paul, 
connus sous le nom de Barnabites. Après 
avoir professé les humanités, la philosophie 
et la théologie dans son ordre, il se consa- 
cra à la chaire, à la direction et au cabinet. 
Les langues vivantes et les langues mortes 
lui divinrent familières. Il s'adonna suitout 
avec succès à la bibliographie et à l'histoire 
litiéraire. Il mourut à Pars le 7 juillet 1738, 
à 53 ans. Les gens de lettres le regrettèrent 
autant pour ses connaissances que pour sou 
caractère doux et obligearit. Ses ouvrages 
sont: Mémoires pour servir à lliistoire des 
hommes illustres dans la république des let- 
tres, avec un Catalogue raisonné de leurs ou- 
vrages, Paris, in-12. Le V volume de cette 
compilation parut en 1727 ; les autres ont 
été donnés successivement jusqu'au 39' qui 
parut en 1738; le W parut en 1739. On a 
donné depuis trois autres volumes, dans les- 
quels il y a plusieurs articles qui ne sont 
pas du P. Nicéron. Quoique son style 
soit négligé , et qu'il ne démôle i-as avec 
beaucoup de finesse les caractères de ses 
dilférents personnages, ses recherches sont 
en général utiles et souvent curieuses. L'au- 
teur ne promet dans son titre que les vies 
des Hommes illustres ; mais il y a fait entrer 
une foule d'auteurs, dont plusieurs ne sont 
que médiocres ou méjjiisabies. On lui repro- 
che d'avoir quelquefois critiqué outre me- 
sure des écrivains catholiques, d'avoir trop 
exalté quelques ennemis de l'Eglise roinaine,. 
comme on peut le voir entre autres à l'aiti- 



71 



NIC 



NIC 



73 



cle Jean Sleidan ; et d'avoir loue sans ré- 
serve (les écrivains ennemis de toute reli- 
gion, tels que Bayle, etc. On |)eut croire (jiie 
cela vient en i)artie de la docilité avec la- 
quelle il a copié les journalistes et hiblio- 
gra|)hes, sans connaître par liii-uH^nio les 
ouvrages et les aulcms dont il parlait. Son 
recueil forme kk vol., parce que le 10' a 
deux ))arties qui se relient séparément. Le 
(jrand Fébrifuge, où l'on fait voir que l'eau 
commune est le meilleur remède pour les fiè- 
vres, et vraisemblablement pour la peste ; tra- 
duit de l'anglais de Jean Hanckock, in -12. 
Ce livre eut beaucoup de cours. La meilleure 
édition est celle de Paris, 1730, sous le titre 
de Traite de l'eau commune, en 2 vol. in-12; 
la Conversion de l'Angleterre au christianis- 
me, comparée avec la prétendue réformai ion, 
traduit de l'anglais, in-8' ; Traduction des 
réponses de Woodward au docteur Caméra- 
riiis, sur la Géographie physique, ou His- 
toire naturelle de la terre, in-V ; Voyages de 
Jean Ovington, 1725. On trouve son Floge 
par l'abbé Goujet , dans le tome XI de 
ses Mémoires pour l'histoire des hommes 
illustres. 

NICET. Voy. Nicétius. 

MCÉT AS (saint), deCésarée, en Bithynie, 
soutîrit beaucoup sous l'empire de Léon 
l'Arménien, qui persécuta en lui ses vertus 
et son zèle pour la foi et pour le culte dc& 
saintes images. Il fut abbé des Acemètes, 
dans le monastère de Médicion sur le Mont- 
01ym[)e, du côté de la ville de Pruse en 
Bithynie, et mourut en 82i. — M. l'abbé 
Migne a recueilli ses OEuvres dans le même 
volume ([ui renferme celle de saint Pierre 
Cbrysologueet de saint Yalérien. Fo?/. Pierre 
Chr^'sologue. 

MCÉTAS SERRON, diacre de l'église oe 
Constantinople dans le xi' siècle, puis évo- 
que d'Héraclée, est connu par plusieurs ou- 
vrages. On lui attribue : une Chaîne des Pè- 
res grecs sur le livre de Job, Londres, 1637, 
in-fol., en grec et en latin ; une autre sur les 
Psouwfs ; une troisième sur le Cantique des 
cantiques ; des Commentaires sur une partie 
des OEuvres de saint Grégoire de Nazianze. Il 
rec;jeillit dans ces ditlereiites compilations 
les passages des plus savants écrivains de 
l'Eglise grecque. 

MCETAS ACOMINATCS ou CHOMATE , 
historien grec, ainsi surnommé parce qu'il 
était de Chone, ville de Phrygie, exerça des 
emplois considérables à la cour d'Andronic, 
d'Isaac l'Ange et de Mursuphle, empereurs 
de Constantmople. 11 servit dans la guerre 
contre les Latins et fut chargé de défendre 
Phili[)po|.olis ; mais il ne put opposer qu'une 
faible résistance à l'armée victorieuse de 
Frédéric Barberousse. A la prise de Constan- 
tinople par les Français, en 120i, il dut la 
vie à un marchand vénitien qui montait la 
garde h sa porte. Son palais fut incendié, et 
il n'eut que le temps d'emporter un sac de 
bardes et de fuir avec sa fennne, qui mourut 
en chemin. Il-se retira à Nicée, où il mourut 
vers 1206 après s'être marié, en secondes 
poces; à la fille d'un sénateur, qu'il avait eu 



1c bonheur ue soustraire à la brutalité des 
.soldats latins. On a de lui : une Histoire en 
21 livres, depuis 1118 jusqu'à 1205. C'est une 
continuation de celle de Zonare ; celle de 
Nicétas a été continuée par Acropolitw et Ni 
cépliore Grégoras. Cet oiivrage traduit on 
latin j)ar Jérôme Wolif, et en français parle 
président Cousin, est plus agréable dans ses 
copies que dans l'original. Le style de Nicétas 
est emphatique, obscur, embarrassé ; mais 
il y a assez d'exactitude dans les faits. On le 
trouve d.ms le corps de Vllistoire byzantine, 
publiée auLouv.re, où on l'imprima en 1657, 
in-fol. Trésor ou Traité de la foi orthodoxe, 
en 27 lives. Pierre More! a mis au jour les 
cin(| premiers, Paris, 1580. 

NICETIUS ( saint ), évoque de Trêves au 
vr siècle, s'acquit l'estime de Thierry, roi 
d'Austrasie, par sa piété et parja sainte li- 
berté avec laquelle il avait osé lui reprocher 
ses crimes. Il illustra son siège par la pra- 
tique des plus excellentes vertus, et surtout 
par un zèle vraiment pastoral, qu'il fil écla- 
ter dans plusieurs conciles tenus dans les 
Gaules pour le maintien de la discipline. La 
sévérité dont il usa envers Théodebert, suc- 
cesseur de Thierry, opéra la conversion de 
ce roi, qui s'était abandonné à tous les excès 
de débauche et de cruauté. Il ne fut pas si 
heureux à l'égard de Clotaire qui succéda à 
Théodebert, et qui enchérit encore sur ses 
excès. Nicétius fut envoyé en exil, dont il 
ne revint qu'après la mort de ce prince in- 
cestueux. Il gouverna l'église de Trêves 
jusqu'en 566. Saint Grégoire de Tours rap- 
porte plusieurs miracles que le saint évêque 
opéra pendant sa vie, et assure qu'il s'en 
opérait un grand nombre sur son tombeau, 
qu'on voit encore dans l'église de la célèbre 
abl)aye de Saint-Maximin, près de Trêves. 

NICHOLS (William), théologien anglais, 
né en 166i, àDonington, dans le comté de 
Buckingham, lit ses études à l'université 
d'Oxford. Agrégé ensuite au collège de Mer- 
ton, il y fut reçu docteur en 1695, et peu de 
temps après il obtint le rectorat de Selsey, 
dans le comté de Sussex. Il a publié divers 
ouvrages estimables , savoir : Entretiens 
avec un déiste, in-8°, en 5 parties, 1703. Ils 
eurent plusieurs éditions ; la 3" parut en 
1723, avec des augmentations, 2 vol. in-8° ; 
Defensio Ecclcsiœ anglicanœ, 1707, in-12. 
Il en parut une traduction en anglais. Com- 
mentaire sur le Book of common prayers 
(Livre des communes prières, ou Paroissien), 
in-8'' , réimprimé en 1705 ; Essai pratique 
sur le mépris du monde, 169i, in-8% réim- 
primé en 170i ; Traduction de l'Introduc- 
tion à la vie dévote de saint François de 
Sales, évêque et prince de Genève; Conso- 
lation pour les parents qui ont perdu leurs 
enfants, ilO\, in-8°; La religion du prince, 
où l'on démontre que les préceptes de l'Ecri- 
ture sont les meilleures maximes du gouver- 
nement, 170i, in-8"'; des Discours, des Ser- 
mons, des Ouvrages polémiques, ou destinés 
h l'instiuction de la jeunesse. Nichols mou- 
rut vers 1712. C'était un homme instruit M 
vertueux. 



75 



NIG 



NIC 



74 



NICKEL (GoswiNus), né à Juliers le 
l"mai 1582, entra chez les jésuites en 160V, 
enseigna la philosophie à Cologne, et, après 
avoir géré divers emplois, il fut élu général de 
son ordre en 1652. 11 fut en grande considéra- 
tion auprès du pape Alexandre VII, et eut 
la consolation de voir par les efforts de ce 
poDtife la société rentrer dans les Etats de 
la république de Venise, dont elle avait élé 
exilée sous le poniificat de Paul V. Il mou- 
rut après une longue maladie, le 31 juillet, 
jour <le s lint Ignace, 166i. 

NICODÈME, homme distingué parmi les 
Juifs par ses connaissances et sa dignité de 
sénateur, fut frappé de la doctrine et des 
miracles de Jésus-Christ. N'osant se déclarer 
publiquement, il alla le trouver de nuit, et 
lui dit : « Nous ne poîvons douter que vous 
« ne soyez 1' nvoyé de Dieu; car pe sonne 
« ne p« ut faire les prodiges que vous faites, 
« si Dieu n'est avec lui. » Jésus-Christ, 
voyant la sincérité de son cœur, l'instruisit 
par un discours sublime et touchant , où, 
pour a> éantir l'orgueil du monde dans l'es- 
prit du nouveau disciple, il lui parla de la 
ré.-;énération par le baptême, de la mort 
igi) jminieuse que devait subir le Fils de 
Dieu pour le saint des hommes, de l'aveu- 
glement et de l'obst nation des enfants du 
siècle. Dès lors N'codème s'at;acha à lui, et 
devint un de ses ()lus zélés discijile«!, mais 
en secFv't. Il se déclara ouvertement, lors- 
qu'il vint avec Jose[)h d'Arimathie i)Our 
rendre les diTuiers devoirs à J.-C. crucitié. 
Ils embaumèrent son corps et l'enterrèrent. 
L'Ecriture ne nous apprend plus rien de Ni- 
codème. La tradition ajoute qu'ayant reçu le 
bajotême avant ou après la passion de J.-C, 
il fut déposé de sa dignité de sénateur par 
les Juifs, excommunié et chassé de Jérusa- 
lem. Ils voulaient même, dit -on, le faire 
mourir ; mais en considération de Gama- 
jiel, son parent, ils se contentèrent de le 
charger de couj)s, et de piller son bien : 
alors il demeura jusqu'à sa mort chez Gama- 
liel , qui le fit eiiterrer auprès de saint 
Etienne. Leurs corps, au rapport de saint 
Augustin et de Photius, furent trouvés en 
415, avec celui de Gamaliel. 11 y a un Evan- 
gile soiis le nom de Nicodème, plein d'er- 
reurs et de faussetés, qui a été composé par 
les manichéens, Leipzig, 1516, in-i" ; il se 
trouve dans le Codex apocryphus Novi Tes- 
tamenti de J.-A. Fabricius, etc. 

NICOLAI (Philippe), luthérien emporté, 
né dans le landgraviat de Hes^e en 1556, 
mort en 1604, n'est connu que par deux sa- 
tires de la plus abjecte phitilude contre le 
pontife romain, intitulées, l'une. De daobus 
Anti-Christ is, Mahumete et pontifice romano, 
Marpurg , 1590 , in-8" ; l'autre , De Anti- 
Christo romano, perditionis filio, conflictus, 
Roslock, 1603, in-8°. L'exactitude avec la- 
quelle les amis de Thonnêteté pub ique ont 
supprimé ces deux libelles, les a rendus 
rares, Siirtout le premier. 
■ NICOLAI (Jean), dominicain, né à Mouza 
dans le diocèse de Verdun, en 1594, prit le 
bonnet de docteur de Sorbonne en 1632. 
DiCT. DE Biographie relig. III. 



Pendant vingt ans qu'il professa la théolo- 
gie à Paris, il se distingua également par 
ses lumières et par ses vertus. Il mourut en 
1673, à 79 ans , dans le couvent de Saint- 
Jacques, dont il avait été prieur. On a do 
lui : une excellente Edition de la Somme 
de saint Thomas, avec des notes, et de tous 
les ouvrages de ce saint docteur, Lyon, 1660 
et années suivantes, 19 vol. iu-fol. Il avait 
passé une partie de sa vie à concilier les 
principes de ce Père avec ceux des théolo- 
giens qui ne sont pas de son école. Cinq 
Dissertations pleines d'érudit on sur plu- 
sieurs points de la discipline ecclésiastique, 
in-12, contre Launoy, qui eut la brutalité 
de dire, en parlant de ce -savant et r<'spec- 
table adversaire, qu'il craignait moins sa 
plume que son canif: Fratris Nicolai scaipel- 
him longe magis quam caîumnm rcformido. 
Judicium seii censoriiiin suffrngium de pro- 
positione Antonii Arnaldi : Dcfuit gratia 
Petro, etc., in-4''. Le père Nicolai publia 
anssi cet écrit en français sous le titre d'/lfîs 
délibératif; il y donne les motifs do son suf- 
frage qu'il porta con're Arnauid en Sor- 
bonne, et il y combat la doctrine de Jansé- 
nius. Ludovici Justi XlJl triumplialia monu 
menia. C'est un poërae hitind^ Charles Bey,' , 
q;!e Nicolai traduisit en français. Cet ouvrage, 
semé d'emblèmes, de figures et de vers la- 
tins et français, valut à l'aut.ur une pension 
de 600 livres. Des Thèses sur la grâce; elles 
furent attaquées jiar Nicole, qui les oublia 
sous ce titre : Thèses molinisticœ J. Nicolai, 
thomisticis notis expunctœ. On sent bien 
que ces notes ne sont point trop ortîiodoxes, 
et que le système de Jansénius n'y est i)as 
étranger? C'est l'u.-age des écrivains do cette 
secte de traiter de molinistes ceux qui com- 
battent leurs erreurs. {Voy. Moî.rvA). -• On 
trouve ^ core Philippe et Michel Nicolai, 
professeur de tliéologie, dont on a (juelqaes 
ouvrages. Le premier mourut en 1608, le se- 
cond en 1656, à Tubingen. Item un Nicolai 
dont on a une mauvaise dissertation sur les 
Templiers. — La magistrature fi ançaise a eu 
plusieurs hommes illustres de ce nom. 

NICOLAI (Alphonse), célèbie jésuite ita- 
lien, naquit à Lucques le 31 décembre 1706; 
il entra dans la société à Rome, le 15 février 
1723, et s'y engagea par les quatre vœux, le 
15 août 1740. Il fu' chargé pendant plusie irs 
années d'interpréter 1 Ecriture sain e à Flo- 
rence, et montra tant d'érudition dans cet 
emploi, que l'em, ereur François l" lui con- 
fé a le titre honorable de son théologien. Il 
survécut à la suppression de son ordre. Ac- 
coutumé cl la retraite et à la vie claustrale, il 
entra dans celui de Citeaux, et y oininua 
ses doctes occu[)alions. Il mourut en 1784, 
dans un monastère de cet ordre. Agé de 78 
ans. On a de lui : Mcmorie istoriche di son 
Biagio, vescovo e martire, protcttore délia re~ 
publica di lîagusa, Rome, 1752, in-4"; Pane- 
giriche, Orazioni e Prose toscane, Rome, 
1753, in-4% et Venise, 1757. On y ti ouve l'é- 
loquence réunie à la ^iràcc et à l'éléganc-' du 
stvle. Dissertazioni e leziont di sacra Sent' 
tura. Ce sont les leçons qu'il donnait quand 



75 



me 



MC 



76 



il p'rofcssait rKcriture sainte. Kilos forment 
13 vol. in-V", Florence, depuis 1756 jusqu'en 
1765; et Venise, 1766-1783. Los livres saints 
que l'auteur y examine sont : la Genèse, 
lËxode, Daniel, Esthcr, Judith et Tobie. Kilos 
sont enrichies de notes puisées dans tous 
les genres d'érudition ancienne et moderne, 
sacrée ou {)rofane, et aucune occasion n'y 
est néjj,ligée de combattre l'irréligion et l'in- 
crédulité. Ragyionamenli sopra la religione, 
Gênes, 1769, 12 vol. in-8% et Venise, 1771, 
ouvrage qu'on peut regarder comme un ri- 
che magasin de preuves en faveur de la reli- 
gion, et duquel la plupart de ceux qui depuis 
ont fait son apologie ont tiré celles dont ils 
se sont Servis pour la défendre. Prose tos- 
cane, oratorie, scienti/iche, storiche, etc., Flo- 
rence, 1772, 3 vol. in-i", etc. On a aussi 
du père Nicolaï des Poésies latines, impri- 
mées avec celles du Père Carlo Roiti, jé- 
suite florentin, Pad^ue, 1756; quelques- 
unes dans les Arcadum carmina, pars altéra, 
Rome, 1767 ; d'autres enfin avec les Selecta 
PP. societatis Jesu carmina. Gènes, 174-7, 
Venise, 1751, Pavie, 1779. On trouve dans 
les Novelle letterarie di Firenze, année 1784., 
un Eloge de cet illustre religieux. — Il avait 
un fi ère aîné, Jean-Baptiste Nicoi.aï, aussi 
jésuite, homme versé dans les sciences ec- 
clésiastiques, il professa, pendant près de 
quarante ans, la théologie à Arezzo, et était 
examinateur du clergé pour le grand duc de 
Toscane. 

NICOLAI (Nicolas-Marie), auditeur géné- 
ral de la chambre apostolique, né à Rome le 
14 septembre 1756, entra dans la carrière de 
la jurispruiience, et fut un des emjiloyés de 
la rote. Pie VI le nomma Sdbbtitut de la 
chambre i)Our veiller aux intérêts du trésor 
dans les travaux des marais Pontins, et, en 
1806, il en fut nommé commissaire. Pendant 
l'occupation des Ktats pontilicaux par les 
Français, la Consulte extraordinaire établie 
par Napoléon lui offrit la sous-préfectur.j de 
Viterbe; mais il la refusa, et sa fi lélité fut 
récompensée par les différentes fonctions 
que Pie Vil, de retour à Rome, lui confia. Il 
fut noiruné j)ar Léon XII auditeur général, et 
chargé par ce pontife d'inspecter les travaux 
de l'Anio à Tivoli. Nicolaï mourut le HO jan- 
vier 1833. il aimait les lettres et était prési- 
dent de Tac idémie archéologique. On a de 
lui : des Améliorations du territoire Pontin, 
18D0, in-foL; de la Basilique de Saint-Paul, 
1815, iii-fol.; de la Basilique du Vatican et 
de ses privilèges, 1817, in-tol.; Eloge du car- 
dinal tante; Des lieux autrefois habités et au- 
jourd'hui déserts dans la Campagne de Rome : 
ce dernier ouvrage n'a pas été terminé. 

NICOLAS, prosélyte d'Antioche, qui de 
païen s'était fait juif, embrassa ensuite la 
religion chrétienne, et fut choisi pour être 
un des premiers sept diacres de l'église 
de Jérusalem. La mémoire de ce diacre est 
obscurcie par l'accusation intentée cotitre 
lui, d'être l'auteur de la secte desNicolaïtes, 
ou du moins d'y avoir donné occasion. 
Ceux qui le font coupable prétendent que 
Nicolas ayant été blâmé par les apôtres de 



ce qu'il avait repris sa femme, dont il s'était 
séparé pour garder la conlincnce, se fit 
des principes opposés à la vérité et à la 
pureté , et se livra aux derniers excès. 
D'autres soutiennent qu'il ne donna jamais 
dans ces abominations; mais quelques li- 
bertins, abusant de certaines exi)ressions 
équivoques échappées à Nicolas, avaient 
donné lieu à une hérésie qu'ils appelèrent 
de son nom pour l'accréditer. Ces sectaires 
avaient des sentiments extravagants sur la 
Divinité et sur la création; ils admettaient 
la counniinauté des femmes et pratiquaient 
toutes les impiétés du paganisme. Les pre- 
miers fidèles avaient une gran Je aversion 
pour celte secte, qu'ils savaient être particu- 
lièrement odieuse à Dieu. Odisti facta Nico- 
laitarum,quœ et ego odi. Apoc. II. 

NICOLAS ^saiut) , évoque de Myre en 
Lycie, était honoré par un culte public 
dès le vr siècle, chez les Grecs et chez les 
Latins; mais il n'y a rien de bien ceitain 
sur les circonstances de sa vie et de sa mort. 
On trouve une bonne Dissertation sur saint 
Nicolas dans les Mémoires de littérature et 
d'histoire du P. Desmolets , tom. I", p. 
106. 11 y est prouvé, contre Tillemont et 
Raillet, que le saint évèque de Myre vivait 
sous Constantin le Grand, et qu'il assista 
au premier concile général de Nicée. Fal- 
conius, archevêque de San-Severino, fît 
imprimer à Naples, en 1751, plusieurs actes 
de la vie de saint Nicolas de Myre, avec 
ceux de la vie de saint Nicolas de Pinare, et 
de ces deux saints il n'en fait qu'un. Puti- 
gnaiii, chanoine de Bari, l'a réfuté dans ses 
Vindiciœ sancti Nicolai, Naples, 1753. On 
trouve une réfutation encore plus solide 
dans Jos. Assemani, in Calendarium uni- 
vers., tom. V, p. 415, et tom. VI, p. 226 et 822. 

NICOLAS i'\ dit le Grand, était fils de 
Théodore et diacre de l'Kglise de Rome, sa 
patrie, il fut élu pape après Benoît Ili, le 24 
avril 858, et fut sacré le même jour dans 
l'église de Saint-Pierre , eu présence de 
l'empereur Louis II. 11 envoya des légats à 
Conslantino.jle en 860, pour examiner l'af- 
faire de saint Ignace, et frappa d'analhème, 
en 863, Photius, homme superbe ei violent, 
premier auteur du schisme déplorable (jui 
subsiste entre l'Eglise grecque et l'Kghse 
latine. Nicolas obligea Lothaire de quitter 
Valrade, sa concubine, et cassa les décrets 
des conciles de Metz et d'Aix-la-Chapelle , 
qui avaii'nt approuvé le divorce que ce 
prince avait fait avec Tietberge, sa femme. 
Les soins que se donna le pape pour la 
propagation de la foi [u-odui.>irent la conver- 
sion de Bogoris, roi des Bulgares. Ce [irince 
embrassa la religion chrélieuiie avec une 
partie de sa nation, en 865. Il envoya, l'année 
d'après, son fils à Rome, accompagné de 
plusieurs seigneurs, chargés de demander 
des évêques et des prêtres, et de consulter 
le pape sur plusieurs questions de religion. 
Nicolas fit une ample réponse à leur con- 
sultation, et leur accorda tout ce qu'ils de- 
mandaient. Il envoya en môme temps trois 
légats à Constantinople; mais ayant été 



ai 



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Aie 



Nl€ 



78 



arrêtés et maltraités sur les frontières de 
l'empire, ils furent obligés de revenir sur 
leurs pas. Photius assembla un concile dans 
lequel il prononça une sentence de déposi- 
tion contre Nicolas, et d'excommunication 
contre ceux qui communiqueraif^nt avec lui. 
Ce schismatique prétendait ridiculement que 
quand les empereurs avaient passé de Rome 
à Constantinople, la primant» de VEglise ro- 
maine et ses privilèges avaient passé aussi à 
l'Église de Constantinople. Le pape écrivit' 
aux évêques de France, assemblés à Troyes 
en 867, pour les informer de ces prétentions 
extravagantes, des calomnies que les (îrecs 
vomissaient contre l'Eglise de Rome, et des 
reproches injustes qu'ils lui faisaient. 
« Avant que, dit le pape, nous eussions 
« envoyé nos légats, ils nous comblaient de 
« louanges, et relevaient l'autorité du saint- 
« siège ; mais depuis que nous avons con- 
« damné leurs excès, ils ont parlé un lan- 
ce gage tout contraire, et nous ont chargé 
« d'injures; et n'ayant trouvé, grâce à Dieu, 
« rien de personnel à nous reprocher, ils 
« se sont avisés d'attaquer les traditions 
« de nos pères, que jamais leurs ancêties 
« n'ont osé reprendre. » Il mourut le 13 
novembre 867, regardé comme un des plus 
grands pontifes. Son zèle , sa fermeté, sa 
charité, lui ont mérité le nom de Grand. On 
a de lui 100 Lettres sur liirîérents points 
de morale et de discipline, qu'on a recueil- 
lies à Rome, 15i2, in-fol. 

NICOLAS II (GÉRARD de Bourgogne) était 
né dans cette province. Ses talents et ses 
vertus le tirent élever à l'éveché de Flo- 
rence, et ensuite au siège de Rome, où il 
fut placé en 1058, et couronné le 18 janvier 
1059. C'est le premier pape dont l'histoiie 
ait marqué le couronnement. Une faction 
lui opposa Jean, évoque de Velletri, connu 
sous le nom de Benoît X ; il le fit déjioser 
par les évêques de Tosc.me et de Lorabardie, 
assf^mblés à Sutri. Un second concile, con- 
voqué à Rome, régla qu'à la mort du pape 
les évêques cardinaux traiter;iient enseuible 
les premiers de l'élection, qu'ils y appelle- 
rafieut ensuite les clercs cardinaux, et enfin 
que le reste du clergé et du peuple y don- 
nerait son consentement. « On ciioisira, 
« ajoute le déciet, dans le sein de l'Église 
« même, s'il s'y trouve un sujet capable, 
« sinon , dans une autre , sauf l'honneur 
« dû à notre cher fils Henri, qui est main- 
« tenant roi, et qui sera, s'il plaitàDieu, 
« empereur comme nous lui avons déjà 
« accordé ; et on rendra le même hon- 
« neur à ses successeurs, à qui le saint- 
« siège aura personnellement accordé le 
« même droit. » Nicolas passa dans la Fouille 
à la prière des Normands, qui lui restituè- 
rent les domaines de l'Eglise romaine, dont 
ils s'étaient emparés. Le pape y fit un traité 
avec eux, après avoir levé l'anathème qu'ils 
avaient encouru. Richard, l'un de leurs chefs, 
fut confirmé dans la principauté de Capoue, 
qu'il avait conquise sur les Lombards. 
Robert Guiscard, autre chef de ces conqué- 
rants, fut confirmé dans le duché de la 



Fouille et delà Calabre, et dans ses prêt; n- 
tions sur la Sicile, qu'il enlevait aux Sarra- 
sins. Il promit au pape une redevance an- 
nuelle et se rendit son vassal: c'est l'origine 
du royaume de Naples, selon Fleury. Les 
Normands travaillèrent aussitôt à délivrer 
Rome des seigneurs qui la tyrannisaient 
depuis si longtemps, et à raser les forteresses 
qu'ils avaient aux environs. Nicolas mourut 
peu de temps a,jrès, en 1061, avec la répu- 
tation d'un assez bon politique. Il garia le 
siège de Florence pendant son pontificat. 
On a de lui neuf Lettres sur les affaires de 
France. 

NICOLAS III (Jean Gaétan), de l'illustre 
fcunille des Ursins, obtint la tiare en 1277, 
après Jean XXI. Il travailla avec zèle à la 
conversion des schisraatiques ot des païens. 
Il envoya des légats à Michel Paléotogue, 
em[)ereur d'Orient, et des missionnaires en 
Tartarie; mais ses soins produisirent [)eu de 
fruits. Il donna une bulle qui atribuait à 
l'Eglise romaine la propriété des choses dont 
les frères mineurs croyaient ue pouvoir 
avoir que l'usufruit. Voy. Occam. Ce pontife 
mourut à Surien, près de Viterbe, le 22 
août 1280, d'une attaque d'a[)oplexie. Il 
avait de grandes qualités, mais son trop fort 
attachement à ses parents, et les injustices 
qu'il commit pour les enrichir, ternirent 
l'éclat de ses vertus, il obligea Charles d'An- 
jou, roi de Sicile, à se démettre de ses 
charges de vicaire de l'empire et de gou- 
verneur de Rome. Il bâtit près de l'église 
de Saint-Pierre un palais magnifique, et 
l'orna d'un vaste jardin qu'il fit entourer de 
fortes murailles. Ce pontife aimait la vertu 
et les lettres, et les récompensait dans ceux 
qui les cultivaient. On lui attribue un traité 
De electione dignitatum. 

NICOLAS IV, pape, général des frères 
mineurs, sous le nom de frère Jérôme, né à 
Ascoli, dans la Marche d'Ancône, fut élevé 
sur le siège pontifical en 1288, après HOno- 
rius IV. Il renonça deux fois à son élection, 
et n'y consentit qu'avec beaucoup de peine. 
Le commencement de son pontificat fut 
marqué par une ambassade d'Argoun, kan 
des Tartr.res. Ce prince demandait le bap- 
tême, et promettait de faiie la conquête de 
Jérusalem pour les chrétiens ; mais ces pro- 
jets s'é.anouirent. La Palestine était alors 
en proie à la fureur des musulmans. Acre 
fut prise et pillée, les chrétiens de ïyr aban- 
donnèrent leur villo sans la défendre ; enfin 
les Latins perdirent tout ce qui leur restait 
dans ce pays. A ces nouvelles, Nicolas re- 
doubla ses efforts pour exciter le zèle des 
princes chrétiens. 11 donna des bulles {)nur 
une nouvelle croisade, il fit assembler des 
conciles ; mais sa mort, arrivée en 1292, 
après quatre ans de rè^ne, renuit tous ses 
soins inutiles. Ce pontife joignait à des in- 
tentions pures les talents nécessaires pour 
remplir sa place, il était hab le ph lusophe, 
bon théologien, et avait été employé par les 
papes ses prédécesseurs dans les affaires les 
plus importantes. 11 gouverna l'Eglise avec 
sagesse, apaisa les dissensions qui s'étaient 



79 



NIC 



NIC 



80 



l'ievées h Home el dans l'Etat ecclésiastique, 
mit la paix entre divers princi^s chrétiens, 
suilout entre les ri)is de Sicile el d'Ar-igon. 
Il crijjea, en 1289, runiversitédo Montpellier, 
et C(>nipo>-a plusieurs ouvrages : des Coin- 
mnitaires sur l'Ecriture; — sur le Maître des 
Sentences; plusieurs Huiles en t'dveur des 
franciscains ses coiifrèies. En 17G1, on a 
imprimé ù Pise : Vita Sicolaï Pajjœ IV, <tb 
ilieromjmo linheo cumposita, niiiir priDiuin 
ex manusrripto Vaticano édita, aduolado- 
nibim novisf/uc acvrssionibus illuatrata a P, 
Antonio Fclice Matthcjo, 1 \o\. iii-8". 

NICOLAS V (Thomas Parentlcei.li ou de 
Sarzane), cardinal évéque de Bologne, né 
dans un bourg près de Luni, fut élu pape 
malgré lui après Eugène IV, en lii7. Son 
premier soin, dès qu'il lut assis sur le trône 
pontdical, fut de travailler à la paix de lE- 
glise et de Tllalie : il y réussit heureuse- 
ment. Les Allemands le reconnurent, et 
renoncèrent à toute communication avec 
l'antipape Félix V. Voyez Amédée Vill. 
Charles \'Ill, roi de France, ap'U'Ouva au>si 
celte élection, et envoya rendre ouéissance 
au nouveau papi^ par une magni[i(iue am- 
bassade, que Mé/erai croit avoir donné lieu 
à la pompe et à la dé|)ense de ces grandes 
ambassides d'obédience, que les rois en- 
voieni h chaque mutation de pontife. L'anti- 
pape Félix se prêta à 1 1 paix, et fut traité 
généreusement par Nicolas, qui le nomma 
doyen di s cardinaux. Cette modéralion lui 
acquit l'amitié et l'estime des grands. Les 
princes d'Haie se reprochèrent d'être en 
guerre, tandis que Dieu donnait la paix à 
son Eglise, après un schisme aussi long que 
déplorable. L'année 1V50 fut célèbre par 
l'ouverture du jubilé. Celte solennité attira 
tant de mon ie à Home, que jdiisieurs per- 
sonnes furent éioulfées dans les églises et 
ailleurs. Jusqu'alors Nicolas avait gouverné 
avec beaucou[) de honneur; mais la conju- 
ration formée contre lui et contre les cardi- 
naux [lar un Etienne Porcario, et li prise de 
Constantinople par les Tuics en lVo3, em- 
poi";ODncrt'Ut sa félicité. Il avait exhorté pen- 
dant longtemps les princes et les [>euples à 
secourir les Grecs; mais son zèle ne pio- 
duisil aucun fruit. Les malheurs dos chré- 
tiens orientaux lui causèrent une tristesse 
si vive, qu'il en mourut en LVoj, après 
avoir tenu le saint-siége pendant huit ans. 
Les bell 'S-ietlres, ensevelies pendant plu- 
sieurs s.ècles Sous la bjrba;ie gothique, res- 
suscitèrent avec éclat. Nicolas les cu;tiva, et 
répandit ses bienfaits sui' ceux qui s'y con- 
sacrèrent. Sa bibliothèque fut enrichie des 
plus beaux manuscrits grecs et iatius, re- 
cueillis par son ordre dans lois les lieux 
du monde. Il lit traju re les ouvrag 'S grecs, 
et récompensa magnuiquement ceux à qui 
il coudait ces tradu. tio. s et la lecherche 
des livres. On [ir lend qu'il [)ro nil oOOi) .lu- 
cals h cflui qui lui ap.iorteraii i'Ev.ingde de 
saint Matthieu enhéoreu. Des ouvrages pu- 
blics élevés à Rome et ailleurs, des palais, 
des églises, des ponts, des fortilicalions, les 
Grecs réfugiés et les pauvres gentilshommes 



secourus avec libéralité, les fdles mariées 
honorablement, les bénélices cl charges 
conférés au seul mérile, tout dépose en fa- 
veur de l'inclination de ce f onlife pour le 
bien du peuple, jwur l'honneur des lettres 
el pour la gloire do la religion. Les hommes 
vertueux, qui voudront connaître [.lus parli- 
culièremenl Nicol.is V, doivent considter sa 
Vie pub'iée en ilk^, à Home, in-V", en latin, 
])ar l'abbé Georgi, chapelain de Benoit XIV. 
Cet ouvrage intéressant, composé sit les 
mommients les plus authentitiues, fait hon- 
neur au héros et au panég»ri>te. 
NICOLAS V, anlipa, e. Voy. Corbière. 
NICOLAS DE MÉrnovE, ainsi appelé parce 
qu'd était évè(|ue de ce le vi'le, qu il r gla 
selon les canons, et qu'il édifia par ses ver- 
tus, dans le xi' siècle. Il l'éclaiia auss par 
sa science. On trouve dans VAuctunnum de 
la Bibliotlièque des Pères un Traité de cet 
évoque sur la vérité du corps et du sang de 
Jésus-Christ en Ceucharistie ; el d ns Alla- 
tius, un Traité de la procession du Saint- 
Esprit. 

NICOLAS le Grammairien, patriarche de 
Cons'antinople en iOSi., s'employa fortement 
avec rem()ere.jr Alexis Comnène, pour uis- 
siper une secte, es|)èce de m.inichéens, qui 
s'était formée depuis plusieurs anué^ s. II 
mourut en 1111. On a de lui des Décrets 
et une Epîlre synodale dans les Basiliques 
de Fabroi. — Il faut le disiinguerdu patriar- 
che Nicolas, (pie Léon VI, empereur de 
Constantinople, fil déposer, parce qu'il avait 
excommunié ce prince qui convolait en 
quatrièmes noces. 

NICOLAS DE Clairvalx fut discij.le et 
secrétaire de saint Bernard. Il se retira en- 
suite dans le monastère de Montiéramey, 
oii il mourut vers 1180. On a de lui un vol. 
de Lettres qui sont uliles pour la connais- 
sance des affaires de son temps. On les 
trouve dans la Bibliothèque des Pères. 

NICOLAS DE ToLENTiN (saint), né à To- 
lenliii eu 1239, chanoine de celle vill»^, entra 
d ins l'ordre des Auguïtins, et s'acquit une 
grande réputation })ar ses austérités. Il mou- 
rut à Tidentin le 10 septembre 1^08, el iut 
inscrit dans le catalogue des saints, en liV6, 
par Eugène IV. 

NICOLAS DE PisE, connu sous le nom de 
Maître JSicolo delT Arca, architecte et sculp- 
teur, llorissait au milieu du xiir siècle. 
C est lui qui con^t'-uisil à Bologne l'église 
et le couvent des frères prèjheurs, a[»rès 
avoir fini un lombeau Je marbre pour ense- 
velir le corps de saint Dominique, institu- 
teur de cei ordre. Il fut aussi lort employé 
à Pise et dans plusieurs auties villes célè- 
bres d'Italie. 

NICOLAS DE Lyre, ainsi nommé du lieu 
de sa naissance, petite vdle de Normimdie 
au diocèse d'Evreux, était né juif, et avait 
commencé d'étudier sous les rabbins ; mais 
la grâce ayant touché .«-on cœur, il prit l'ha- 
bit des frères mineurs, l'an 1291. il vint à 
Paiis, où. il fut reçu docteur, et expliqua 
longtemps l'Ecriture sainte dans le grand 
couvent de son ordre. Ses talents lui conci- 



81 NIC NIC 82 

lièrent l'estime de la reine Jeanne, comtesse sur une mule. Son domestique était très- 
de Bourgogne, femme du roi Philippe V, peu nombreux. Sa courn'étail pas composée 
dit le Long. Celte princesse le nomma entre de flatteurs, mais de gens de lettres. Les 
les exécuieuis de son testament fait l'an princes et les i)ré!ats allaient au-devant de 
1325. Il mourut à Paris en 13i0, a;)rès avoir lui avec une foule de pou{)le, et Ciisa 
été provincial de sou ordre. On a de lui : n'en était que plus modeste. 1! refusa les 
des Postules ou peiils Commentaires sur- présents qui lui furent offiuts, et vou- 
toiile la Bible, 'pii ont été augmentés par lut que ceux de sa su le l'imitassent dans 
Paul de Burgos ; ils ont été au. refuis très- ce désintî'res-cment. L'Allemagne no l'ad- 
couSi.lt s et regardés comme un ouvrage mira pas moins lorsju'il y fut envoyé 
essentiel à l'interiirétaliun des livres sainis, de nouveau en quai. té de légat par les [)a- 
d'où e^ venu le proverbe : Si Lyra non ly- pes Callixlc 18 el Pie IL Ce dernier |)ontife fit 
rasset, Ecclesin Dei non saltnssei. L'éiition tout ce qu'il pul pour réconcilier Cusa avec 
la |)lus rare est de Rome, 1472, en 7 tomes l'archiduc Sigisoiond, qui s'étai' brouillé 
in-folio, et la meilleure d'Anvers, 1G34, 6 avec lui h l'occasion d'un monastère où le 
vol. in-folio. Ces commentaires sont r^>fon- cardinal avait voulu introduire la réforme 
dus dans la Biblia maxima, Paris, 1660, 19 en retournant h Rome vers Callixte IlL Si- 
vol, in-fol. Il y en a une traduction fran- gismond lit les plus belles promeses ; mais à 
çaise, Paris, 151 1 et 1512, 5 vol. in-fol. ; une peine le cardinal de Cusa eut-il remis le pied 
Dispute contre les Juifs, in-S"', un Traité con- dans son diocèse, qu'il fut enlevé et mis en 
tre un rabbin, qui se servait du Nouveau prison par ordre do l'archiduc. Dès ce mo- 
Teslament pour combattre la religion chré- ment on cessa l'office divin dans presciue lout 
tienne; et d'autres ouvrages d'érudition et son diocèse. Le pape excommunia Sigismond, 
de théologie. Cet auteur possédait très- et celui-ci relâcha enfin le cardinal .eCusa, 
bien la langue hébraïque. à des conditions injustes et très-dures. Ce 
. NICOLAS LYMERICK. Foye^ Eymerick. prélat, rendu à ses ouailles, mourut quelque 
NICOLAS DE Cusa, Cusanus, cardinal, né temps après à 'i'odi, en 145'i-, à cinquante- 
en 1401, à Cusa, village situé sur la Moselle, trois ans. Ses OEuvrcs furent im[)rimées à 
au diocèse de Trêves, état ti^s d'un pêcheur. Bâle, en 15G5, en 3 tomes in-fol. On trouve 
Le comte de Mandercheidt l'ayant pris à àd,ns]Q \" y o\. -. \q3. Traités théoloyiques awv 
son service des son enfance, lui trouva des les mystères; trois livres De la docte igno- 
dispositions, el l'envoya à Deventer pour le rance , où il tiîche de donner des idées de 
faire étudier. Nicolas de Cusa lit des pro- l'essence de Dieu, do la Trinité, des mvs- 
grès. 11 fréquenta les plus célèbres univor- tères de la religi n, tirées des |)rincipes"^de 
si es d'Allemagne et d'it.ilie, prit à Padoue métaphysiijue et de mathémaîiques; un écrit 
le bonnet de docteur en droit canon à l'âge touchant la filiation ch Dieu; ues Dialogues 
de 22 ans, et se rendit habile non-seulement sur la Genèse ei sur la Sagesse.... Le 2"' vol. 
dans les l;ing';es, niais aussi dans les scien- comprend : de savantes Exercitations; la 
ces. Il se passionna surtout pour la scolasli- Concordance catholique, en 3 livres ; VAlco- 
quc et pour la métaphysique ancienne, qui ran criblé, oiîVant S'.us un titre bizarre des 
domine un peu trop dcins ses ouvrages. Ce choses judicieuses; Roland en a fait une 
dé aul les rend obscurs et abstraits, quoi- critique leste et mal fondée [voyez son arti- 
qu'ils soient écrits d'aillé irs d'un style net clo); Conjectures sur les derniers temps, tra- 
ct facile, sans atfrclalion et sans vains orne- dUit en frança s, 1700, in-8". L'aut.-ur met la 
raents. il parait constant qu'il n'a fait pro- défaite do l'Antéchrist et la glorieuse n'sur- 
fession dans aucun ordre religieux, il devint rection de l'Eglise avant l'année 1734. Le ti- 
curô do Saint-Florentin à Goldetz, ])uis tre modeste d- Cory^er/urcs peut excuser sou 
archidiacre uo Liège. 11 assista, en cette erreur... Le 3° vol. renferme des ouvrages 
qualité, l'an 1431, au concde de Bâle, dont de mathématiques, de géométrie et (ïastrono' 
iJ fut un des plus grands défenseurs. Eu- wi/e. On sait que le cardinal de Cusa tacha de 
gène IV, instruit de son mérite, se l'attacha, ressusciter l'tiypolhèse du mouvt'ment de la 
et l'envoya en qualité de légat à Constanti- terie, oubliée depuis Pythagore ; mais ses 
nople, en Allemagne et en Franco. Après efforts euient peu de succès: Copernic et 
la mort de ce pape, Cusa se retira dans son Galilée furent plus heureux. C'était un hom- 
arch.diaconé de Liège. Nicolas V, zélé pro- me savant et pieux, possédé de cette avidité 
lecteur des gens de lettres, le lira de la re- do savoir qui lait tout embrasser ; mais il se 
traite pour l'honorer do la pourpre en 1448, laissait dominer par une imagination déré- 
et lui donna l'évôché do Brixen dans le Ty- glée. il fut singulier dans ses sentiments, sub- 
rul. Le nouveau cardinal assista à louver- lil jusfjuà se rendre inintt^lhgible, ennemi 
ture du jubilé en 1458, et fui envoyé légat du naturel el du sim[ile , amateur de l'ailé- 
o /ofere vers les princes d'Ademagne, pour gorie jiisqu'au plus ridicule excès. Sa Vie a 
les porter à faire la i)aix entre eux, et à été imprimée à Trêves en 1730, par le P. Gas- 
tourner leurs armes contre Mahouiet il, qui pardIlarlzhoim,jésuite: elle eslen latin, écrite 
menaçait la chrétienté. Il tîtpublier les indul- d'une manière jiidicieuse et intéressante, 
gences du jubilé, et se comporta dans sa NICOLAS de Munster , auteurd'une secte 
légation avec tant de prudence, de vertu et qui s'appelait Famille ou Maison d'Amour , 
de désintéressement, qu'il mérita l'estime se prétendit inspiré, et se donna ensuite 
et la vénération des peuples. Rien n'était pour un homme déifié. Il se vantail d'être 
plus simple que son équipage. Il était monté P'ws grand que Jésus-Christ, qui, disait-il, 



85 



NIC 



NIC 



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n'avait été qur son type ou son iviuge. Vers 
l'.in 1540, il t<lcha de pervertir Tnc^odoro 
A'olk.irs K^rnliecr I.eiirs iJis|iutos furent 
aussi rr(^(|U('ritos nu'imitiles; car, quand Ni- 
colas ne savait plus que répondre h TIk'o- 
doro, il avait recoure î\ l'Esprit , qui lui or- 
donnait ^ disail-il , de se taire. Ccl enllion- 
siaste ne laissa pas de se faire bien des dis- 
ciples, qui, comme lui, se croyaient des hom- 
mes déitîi's. Nirolas lit (pielques livres : teJs 
furent V Evangile du rot/aume; la Terre de 
paix, etc. La sechi de la Famille d'Amour 
re[)arut en Angleterre au commencemenl du 
XVII' siècle , en 1G0V. Elle firésenta au roi 
Jat ques I" une confession de foi , dans la- 
quelle elle déclare qu'elle est séparée des 
brownistes. Rien ne prouve mieux le prix 
inestimable do l'infaillible aul<rilé de l'E- 
glise catholique , que cette fourmilière de 
sectes nées les unes des autics, du moment 
qu'on eut contesté les droits de ce grand et 
antique tribunal. 

NICOLAS (le Père) , surnommé de Dijon, 
parce qu'il était né dans celle ville, fut pro- 
vincial des ca[)ucins de la [irovince de Lyon, 
et mourut à Ijon en 169i. Le P. Nicolas fut 
un des grands prédicateurs de son siècle. 
On a de lui un grand nombre >ie Sermons, 
sous divers titres ; ce sont : un Avent inti- 
tulé : Pharaon réprouvé, ou Y Avocat sur la 
providence de Dieu, sur la réprobation des 
pécheurs ,i6S^,\n-k''; Octave du saint-sacrement , 
1686, in-8"; Octave de l'ascension de Notre-Sei- 
gneur, 1687, in 8" ; Sur les Evangiles du ca- 
rême, 1688, 3 vol. in-8°; Sur les mystères de 
Notre-Seigneur, in-8''; Sur les mystères de la 
sainte Vierge, 1688, in-8"; Sermons prêches 
pendant Vavent, in-8°; Sermons pour les qua- 
rante heures, contre le mauvais usage du sa- 
crement de pénitence, 1681, in-8°; Panégyri- 
ques des saints, 3 vq^ in-fol. ; Sermons sur les 
évangiles de tous les dimanches de Vannée , 
16Di, 3 vol. in-8°; Sermons pour les vêtures 
et professions religieuses, 1695, in-8°; Octave 
des morts, 1696, in-S". Toutes ces éditions sont 
de L\ on. Les Sermons sur les évangiles du 
carême ont été traduits en italien, et impri- 
més à Venise, 1730, 2 vol. in-V°. — M. l'abbé 
Migne a [)ublié ses Sermons choisis , 18'i-5, 

I vol. in-i' , (lui comnrend les œuvres de 
plusieurs autres orateurs sacrés. Voy. la fin 
de l'article Mascaron. 

NICOLE (Claude), poëte français, conseil- 
ler du roi, et prési ent de l'élection de Char- 
tres, sa patrie, cultiva les muses jusqu'à sa 
moit, arrivée en 1686, à 75 ans. On a de lui 
un Recueil de vers, en 2 vol. in-12 , réim- 
primé à Paris on 1695. Le style en est faible 
et languissant. On y trouve des traductions 
et imiiali'ins de dillérents niorceau'x de Vir- 
gile, d'Horace, d'Ovide, de Juvénal, do Perse. 

II contient aussi des Poésies chrétiennes, des 
Paraphrases , des Psaumes , et la traduction 
du poëme latin de Santeuil, intitulé : Bibiio- 
theca Thuano Menarsianacarmen {voy. le Jour- 
nal des savants, de 1680, page268j. 

NICOLE Pierue), fameux janséniste, ne- 
veu du précédent, naquit à Chartres en 1625. 
Son père, sous les yeux duquel il avait fait 



ses liumanilés, l'envoya à Paris pour faire 
son cours de philosophie et de théologie. Ce 
fut pend.uit son cotrsfpi'il connut les ci-no- 
biles de Port-Royal. Ils Irouvèrrnt en lui ce 
((u'ils cherchaient avec tanl d'empressement: 
l'esprit et la dorililé. Nico'e donna une par- 
tii! de son temps h l'instruction de la jeu- 
nesse qu'on élevait dans cette solitude. Après 
ses trois années ordinaires de théologie , il 
se préparait h enirer en licence; mais ses 
sentiments n'étant pas ceux de la facult ■ de 
théologie de Paris, ni ifaucune université 
catholique, il se déiermina à se contenter 
du baccalauréat, qu'il reçut cti 16V9. Plus li- 
bre alors, ses engagements avec Port-Royal 
devinrent plus suivis et plus étroils; il fré- 
c(uenta cette maison , y fit même d'assez 
longs séjours, et tr.ivailla avec Arnauld à 
plusieurs écrits pour la défense de Juisénius 
et de sa doctrine. En 1664, il se rendit avec 
lui à CliAtillon , p.ès de Paris, et y employa 
son temps à écrire contre les calVinistes'^et 
les casuistes relAchés. Il sortit de temps en 
temps de cette retraite , pour aller tantôt <i 
Port-Royal, tantôt à Paris. Au commence- 
ment de 1676, sollicité d'entrer dans les or- 
dres sacrés, il consulta P.iviilon, évè jue d'A- 
leth : après un examen de trois semaines, la 
conclusion fut qu'il resterait sim[)le tonsuré. 
Une Lettre qu'il écrivit en 1677 , pour les 
évoques de Saint-Pons et d'Arras, au paie 
Innocent XI, attira sur lui un orage qui l'o- 
bligea de quitter la capitale. La mort de la 
duchesse de Longueville , la plus ardente 
protectrice du jansénisme , arrivée en 1679, 
et plus encore la crainte des suites que pou- 
vaient avoir ses démarches imprudentes et. 
factieuses, l'engagèrent à se retirer aux Pays- 
Bas. Il revint en France en 1683, et s'y tint 
caché pendant quelque temps. Il entra, à la 
fin de SCS jours , dans deux querelles célè- 
bres : celle des études monastiques et celle 
du quiétisme. Il défendit les sentiments de 
Mabillon dans la première, et ceux de Bos- 
suet dans la deuxième. Les deux dernières 
années de sa vie furent fort languissantes, 
et enfin il mourut en 1695, h 70 ans. On ra- 
conte de lui plusieurs anecdotes. Une de- 
moiselle était venue le consulter sur un cas 
de conscience. Au milieu de l'entretien ar- 
rive le P. Foucquet, de l'Oratoire, fils du 
fameux surintendant; Nicole, du plus loin 
qu'il l'aperçoit, s'écrie : Voici, mademoiselle, 
quelqu'un qui décidera la c/iose; et sur-le- 
champ il lui conte l'histoire de la demoiselle 
qui rougit boaucouf). On fit des reproches à 
Nicole de cette imprudence; il s'excusa sur 
ce que cet oratorien était son confesseur : 
Puisque, dit-il, je n'ai rien de caché pour ce 
Père, mademoiselle ne doit pas être réservée 
pour lui. Ce trait, bien a[)profondi, donne de 
cet écrivain célèbre une idée au moins sin- 
gulière. 11 fut logé très-longlemps au fnu- 
bourg Saint-Marcel. Quand on lui en deman- 
dait la raison. C'est, réj)ond.nt-il, ^we /es cn- 
nemisqui ravagent tout en Flandre, et mena- 
cent Paris, entreront par la porte Saint-Mar- 
tin avant que de venir chez inoi. « Lorsqu'il 
« marchait dans les rues, dit la comtesse de 



gS NIC i\IG 86 

«■ la Rivière, il avait toujours peur que quel- eus de schisme, et quelques ouvrages de con- 

« que débris de maison ue lui tombiit sur la troverse, tous infiniment estimables par la 

a tête. Quand il allait on voyage sur l'eau , profondeur et la solidité; les Lettres imagi- 

« il craignait toujours d'être noyé. » (i^eifres narres et visionnaires, 2 vol. iu-12 , 1667, 

de M. L. C. deja iî., Paris, 1776.) Un auteur contre Desmarets de Saint-Sorlin, qui avait 

judicieux a remarqué que cette terreur avait dit trop de mal des jansénistes pour ne pas 

beaucoup de rapport avec le fantôme qui s'attirer l'indignation de Nicole; un très- 

tioiibiait Pascal. On dirait que ces chefs du grand nombre d'ouvrages pour la défense de 

parti n'avaient pas l'àme bien rassurée et Jausénius et d'Arnauld ; plusieurs écrits con- 

bien calme à la vue des agitations qu'ils pré- tre la morale des casuistes rel;\ch''s; quel- 

par.iient à l'Eglise. Ctst Nicole qui est le ques-uns sur la grâce générale, recueillis en 

premier fondateur de ce dépôt si avantageux 4 vol. in-12, avec les écrits d'Arnauld , de 

aux affaires du. jansénisme, nommé commu- ,Quesnel et des autres théologiens qui ont 

nément la boiteà Perrelle, dont le produit an- cooibattu ce système. Il y en a une édition de 

nuel était, en 1780, de iO,000 livres, comme 1715, en 2 vol. in-12, avec une préf.ice de 

nous l'apprend le président Rolland, dans un Téditeur. On y voit que Nicole n'adopte pas 

Mémoire imprimé en 1781, mémoire où, en entièrement le système de Jansénius et 

se plaignant des i^rands legs faits p-îr son on- d'Arnauld, et qu'd s'en éloigne dans bien 

de à la m'^me tin, il ajoute , p. 39, ces pa- des points; nous avons observé ailleurs 

rôles remarquables : « J'avais beaucoup dé- qu'x\rnauld lui-même rejetait la doctrine 

« pensé avant la mort de M. de Fontferrières, fomlamentale de Jansénius {Voy. ce nom). Le 

« et l'afiaire seule des jésuites me coûtait , moyeu de concilier avec cela tout ce que ces 

« de mon argent, plus de 60,000 livres. Et en messieurs ont écrit , fait, souffert j)0ur cette 

« vérité, les travaux cjue j'ai faits, et sur- cause? Un choix d'£'/)/.f/rawmes latines, in- 

« tout relativement aux jésuites , qui n'au- titulé : Epigrammatum delectus, 1659, in-12; 

« raient pas été éteints si je n'avais consa- Traduction latine des Lettres provinciales , 

« cré à cette œuvre, mon temps, ma santé avec des notes pires que le texte, etc. Une 

« et mon argent, ne devaient pas m'atlirer délicatesse, qui n'était pas sans fondement, 

« une exhér.'dation de mon oncle. » Les nom- l'engagea à se cacher sous le nom de Wen- 

breux ouvrages sortis de la plume de Nicole drock. La première édition parut en 16.58; la 

.'^ont : Essais de morale, en 14 vol. in-12,, quatrième, qui est beaucoup plus ample, est 

Paris, 1704, [)armi lesquels on trouve 3 vol. de l'année 1665. Pascal (Fo?/. ce nom) revit cette 

de Lettres ; et en 25 vol. in-12, Paris, 17V1 et version. « Quant aux qualités littéraires, dit 

17i4. 11 règne d.ins cet ouvrage un ordre qui « l'abbé Bérault , c'est une des meilleures 

plaît et une solidité de réflexions qui con- « productions de Port-Royal , à l'exceptioa 

vainc ; mais l'aideur ne pnrle qu'à l'esprit : « néanmoins de quelques solécismes qui 

il est sec et froid. Son traité des moyens de « ont échappé , non pas en cette seule ren- 

conserver la paix dans la société mérite d'ê- « contre , à l'habileté de l'auteur. Quelle que 

tre distingué. « Mais cette paix, dit Voltaire, « soit d'ailleurs la beauté du style, elle ne 

« est peut-être aussi difficile à établir que « couvrit point le scandale que renfermaient 

« celle de l'abbé de Saint-Pierre. » Les Essais « les choses. » On peut consulter VUistoire 

de morale {première édition) renferment : les de la vie et des ouvrages de Nicole, 1733, in-12, 

dïiîéients Traités de morale, Q vol.; Réflexions par l'abbé Goujet; mais il faut se souvenir 

morales sur les Epîtres et Evangiles de l'an- que l'historien est souvent panégyriste , et 

née, en 5 vol. in-12. L'édition de 25 vol. com- que ses éloges sontl'etïet de l'enthousiasme 

prend en outre : Lnstructions théologiques sur que lui inspirait tout ce qui tenait au paiti. 

les sacrements, 2 vol. ; sur le Sgxibole, 2 vol. ; On a une autre Vie de Nicole, par Besoigne, 

sur le Pater, 1 vol. ; sur le Décalogu€,2 vul. ; dans ['Histoire de Port-Royal, tom. 1V% et 

Traité de la prière, '^ \o\.; Lettres diverses, par Saverien , dans le tom. I" des Vies des 

3 vol. ; Vie de Nicole, par Goujet, 1 vol. ; Es- philosophes modernes. 

prit de Nicole , par Cerveau, 1 vol.; en tout NICOLSON (Guillaume), né en 1655, fut 

25 vol. in-12 ou in-18. Les autres ouvrages fait archidiacre de Carlisle en 1682, évèque 

de Nicole sont : Traité de la foi humaine, de la même ville en 1714, puis de London- 

composé par Al nauld, 1664, ki-i", Lyon, 1693, déni en Irlande en 1718, enfin archevêque 

in-12, plein de vues vraies et solides; La de Cashel en février 1727, et mourut peu de 

Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique tou- jours après. On a de lui : Bibliothèque 

chant l'eucharistie, Paiis, 1670, 1672 et 1674, historique d'Angleterre, Londres, 1696-1699, 

3 vol. in-4°. Les tomes IV et V, publiés en 3 vol. in-8". Cet ouvrage contient un catalogue 

1711 et 1713, sont ue l'abbé Renaudot. Ar- des historiens d'Angleterre, tant imiirimés 

nauld y a eu part, ce que néanmoins quel- que manuscrits , avec des jugements et des 

ques auteurs lui contestent : ce qu'il y a de observations. Bibliothèque historique d'E~ 

sûr, c'est qu'il n'a pas fciit difficulté d'en re- cosse, Londres , 1702 , in-8'; Bibliothèque 

cevoir les compliments, Nicole lui-même /a'sfon'çue rf'ir/anrfp, 1724, in-8''. On a réuni 

ayant consenti que la gloire du chef départi, ces trois Bibliothèques en un vol. iu-fol., 

auquel ou voulait à tout prix attacher le nom Londres, 1736, in-fol.; et cette édition est ja 

de Grand, fût renforcée par cette attribution, meilleure. Des Sermons. Il a donné en outre 

Les Préjugés légitimes Q.oï\ire\es Qa\\w\sies,; une Dissertatio de jure feodali veterum 

IVailé de l'unité de l'Eglise, contre \e minis- Saxonum ; — Sur les médailles d'Ecosse; 

tre Jurieu; Les prétendus léformés couvain- Leges Marchiarum, etc 



a? 



NIE 



NIE 



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NICON (saint), moine du monastère appelé 
Pierre d'Or, h l'extrémité de rAnnéiiie, lut 
surnommé i\i sTâvotre , c'est-h-dire, Faites pé- 
fïitence , parce qu'il commeiujait oïdinairc- 
nient SCS sermons par ces paroles. Il travailla 
avec autant de zi^le que de fruit h la conver- 
sion des Arméniens et des(irecs (;Ui mon- 
traient du penchant pour le maliométisme. 
11 fut l'apôlre de Tde de Crète, où il prêcha 
pendant vingt ans, et de toute la Grèce. Il 
laissa un Traité sur la religion des Armé- 
niens, que Cotelier a donné en grec et en 
îatin, avec des notes d.nis les Monuments des 
Pères apostoliques. On conserV;it dans la 
bibliothèque du roi de France deux exem- 
])laires des Pandectes de choses saiyites , (]ui 
renferment plusieurs sermon'^ de saintNicon. 
Il mourut le 2G novembre 1)98, à Corinlhe. 

NICON, patriarche russe. Voy. Nikon. 

ÎSIDEU (Jean), dominicain qui assista au 
concile de BAle , et qui mourut vers Tan 
14V0, est connu par son Formicarium, où il 

Î' a beaucou[i de clioses touchant les sacri- 
éges. Nous avons aussi de lui : De reforma- 
tione religiosorum , Anvers, IGll , in-8"; 
Prœceptorium seu de deceinprœceptis tracta- 
tus, Cologne, 1^^72; édition très-recherchée , 
parre que c'est le plus ancien livre, avec 
date, qui ait des signatures. 

NIDHARD ou NITHAUD (Jean-Everaud), 
cardinal, né au cliâteau de Fa'kenstcin, en 
Autr.che, l'an î607, entra dans la société des 
jésuites en 1G31. Appelé h la cour de l'em- 
])t reur Ferdinand III , il fut confesseui' de 
i'archiduches'ïe Marie, qu'il suivit en Espa- 
gne , lorsqu elle é|)0usa Philippe IV. Ce 
monarque conçut tant d'amitié et d'estime 
lour lui, qu'il Voulut le faire décorer de la 
jourpre romaine. Après la mort de Philippe, 
a reine-môre lui donna la charge d'inquisi- 
teur général, et le mit à !a tête de son con- 
seiJ. Depuis le ministère du duc de Lerme , 
l'Espagne était tombée dans un 61^1 de fai- 
blesse dont elle ne j)ouvait se relever. 
Nidfiard trouva le trésor sans argent , les 
plrtces de la monarchie en ruine , les |)orts 
sans vaisseaux, les armées sans discipline et 
sans chef, mal conduites , et mancjua de 
génie ou de moyens pour remédier à tant de 
maux. Do \ Juan forma un parti contre lui, 
et, malgré la protection de la reine, il fallut 
que son confesseur cédât à l'orage; mais les 
affaires de l'Etat n'en devinrent pas meil- 
leures. Le ministre disgracié se relira à 
Rome , où il fut ambassadeur d'Espagne 
auprès du pape. Clément X l'élut au cardi- 
nalat en 1672, et lui donna l'archevêché 
d'Edesse. Le cardinal Nidhard mourut en 
1681, h l'âge de 7i ans. On a de lui quelques 
ouvrages sur la Conception immaculée de la 
sainte Vierge, Paris, 1677, 2 vol. in-12. On a 
imprimé à Cologne une Relation des différends 
arrivés en Espagne entre don Juan d'Autriche 
et le cardinal Nidhard, 1677, 2 vol. in-12. 

NIEMEYER (Auglste-Hermès), théologien 
et professeur, naquit à Halle le 1" septembre 
1751-, et parcourut avec la f)lus grande dis- 
tinction la carrière de l'enseignement. De- 
venu, en 118'*, professeur dans l'université de 



cette ville, il fut successivement nommé 
aux premiers emplois de tous les établisse- 
ments d'instruction publique et de bienfai- 
sance de Berlin et de Halle. Il a écrit un 
grand nombre d'ouvrages estimés sur la 
Théologie et sur Véducation ; Le Caractère de 
In Bible; Philotas, ou Moyens de consolation 
et d'instruction pour ceux qui souffrent ; 
Timothée , ouvrage destiné à exciter et à 
augmenter la dévotion des chrétiens; Théoloqie 
populaire et pratique; Lettres à ceux gui en- 
seignent la religion chrétienne; le Guide des 
instituteurs , Halle, 1802, in-8''; Aperçu sur 
le régime des écoles allemandes et sur leur his- 
toire dans le xviir siècle, Halle, 1802, in-8°; 
Principes fondamentaux de Véducation et de 
l'instruction à l'usage des parents, des insti- 
tuteurs et des maîtres d'école, 7" édit., Halle, 
1819, 3 vol. in-8"; Passages des classiques 
grecs et romains, relatifs à la théorie de l'édu- 
cation, Halle et Berlin, 1613, in-8°; De Isidori 
pelusiolœ vita, scriptis et doctrina, commen- 
tatio historico-theoloyica, H;dle, 1825, in-8°, 
où l'on trouve des notices précieuses que 
l'on chercherait vainement a Heurs. Sa der- 
nière production est la Relation de son voyage 
en France et en Angleterre , pays qu'il visita 
à l'époque de la restauration. En 1812, Nie- 
mejer avait été conduit en Fratice comme 
un ài'S otages de l'université dé Halle. Rendu 
à la liberté en Î8îi, il parcouru notre })n, s 
et (it uni; excursion en Angletene ;.vaiit de 
retourner d< ns sa |)atrie. Cet auteur donne 
dans son ouvrage d'intéressants détails sur 
les événements de l'éj oque, et ses observa- 
tions sur les hommes et sur les choses an- 
noncent un jugement droit et un esprit sain. 
Un an avant sa mort, l'université de Halle 
dont il était le chancelier, lui donna une fête 
pour célébrer le 50' anniversaire de son pro- 
fessorat, ou, comme on dit en A]lema,Ane, le 
jubilé du doctorat. Les détails de celte céré- 
monie se trouvent dans la Revue encyclopé- 
dique, t. XXXV, p. ki (année 1827, t. III). 
Niemeyer est mort à Halle, le 5 juillet 1828. 

NIÉREMBERG (Jean-Eusèbe de), jésuite, 
allemand d'orig ne, naqu-it à Madrid en 1590, 
et y mourut en 1658, à 68 ans. C'était un 
homme pénitent, ausière et très-laborieux. 
Il a beaucoup écrit, et la plupart de ses ou- 
vrages de piété, composés, soit en espagnol, 
soit en latin , ont été traduits en diverses 
langues et quelques-uns en français. Le 
Traité du Discernement du temps et de l'éter- 
nité, ou De la différence du temps et de l'éter- 
nité, n'a pas seulement été mis en français 
par le P. Brignon, il l'a été aussi en arabe 
par le P. Fromage, de la même société. 
Celui de ses ouvrages qui est le plus lecher- 
ché des curieux est sa Curiosa filosofm y 
tesoro de maravillas de la naturaleza, Madrid , 
164.3, in-V. On a encore de lui : Eloges des 
hommes illustres de sa société, en espagnol , 
Madrid, 16i3, 6 vol. in- fol.; Traité de l'ori- 
gine de l'Ecriture sainte, Lyon, 16'i.l, in-fol.; 
llistoria naturœ, Anvers, 1635, in-fol. 

NIEUWENTYT (Bernard), savant hollan- 
dais, né à Waslgraafdyk, en Nord-Hollande, 
l'an 165'i-, marqua, dès sa première jeunesse, 



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NIG 



NIL 



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de l'inclination pour les sciences; mais avec 
le désir de tout savoir, il eut la sagesse de 
se borner. Il s'attacha d'abord à l'art de rai- 
sonner jusie, et il pénétra ensuile dans ce 
que les mathématiques ont de plus profond. 
Il passa à la médecine et au droit , et ses 
progrès dans ces deux sciences ne furent pas 
moms rapides. Il devint, par son application 
continuelle, et en secondant l'étendue de son 
génie, bon philosophe, grand mathématicien, 
médecin célèbre, m 'gistrat habile et équitable. 
Plus attentif à cultiver les sciences, qu'avide 
des honneurs du gouvernement, il se contenta 
de les mériter. Il fut cependant conseiller et 
bourgmestre de la ville de Purmerende, où 
il demeurait, sans briguer des emplois qui 
l'auraient tiré de son cabinet. Ce savant 
mourut en 1718, à 64 ans. Ses principaux ou- 
vrages sont : un Traité en hollandais, tra- 
duit en français par Noguez , sous ce titre : 
L'existence de Dieu démontrée par les mer- 
veilles de la nature, Paris , 1*40, m-k\ Cet 
ouvrage, excellent en son genre , s'il était 
moins diffus, et si l'auteur ne se trompait 
quelquefois dans la détermination de quel- 
ques causes fmales particulières, est divisé 
en trois parties, dans lesquelles il traite de 
la structure du corps humain, des éléments, 
des astres et de leurs divers effets. C est une 
espèce de physique, dans laquelle ce sage 
écrivain tourne tout à la gloire de l'Etre 
suprême et de ses ouvrages. Il y réfuie en 
môme temps les vaines JifTicultés que des 
raisonneurs superficiels objectent contre 
que'ques articles de la foi chrétienne; en 
particulier contre la résurrection des morts. 
L'auteur du Génie du christianisme a donné, 
liv. V de la preûiière partie, un court extrait 
de cet ouvrage dont l'édition originale a 
pour titre : le Véritable usage de la contem- 
plation de Vunivers pour la conviction des 
athées et des incrédules, Amsterdam, 1715, 
1720, avec 23 planches, in-4°; une Réfutation 
de Spinosa, in-4°, en hollandais; Anabjsis 
infinitorum, Amsterdam, lG9o, in-V"; Consi- 
derationes secundœ circa calculi différent ialis 
principia, Amsterdam, 169G, in-4°. 

NIGRONI (Jules), jésuite, né l'an 1553, à 
Gênes, professa la rhétorique, la philosophie 
et la théologie, fut successivement préf t des 
études au collège de Milan, recteur des col- 
lèges de Vérone, de Crémone et de Gênes, 
supérieur des maisons professes de Gênes et 
de Milan , et mourut le 17 janvier 1625, dans 
cette dernière ville. On a du P. Nigroni : deux 
Discours en l'honneur du B. Charles, cardinal 
de Borromée , prononcés , l'un à Milan, le 3 
nov. 1602; l'antre à Gênes devant le sénat; Sur 
{amanièredebiengouverner VEtat, Milan,1GiO, 
in-i°, en Italien, ainsi que les deux Discours; 
OrationesXXV, Milan, 1 608, in-4°, et Mayence, 
1610, in-8°; Regulœ communes Societatis Jesu, 
commentariis asceticis illustratœ, Mi]àn, 1613 
et 1616; Cologne, 1617, in-4°; Dissert. sub~ 
cesiva de Caliga veterum, Dillingen, 1621, 
in-8°; Disscrtatio moralis de librorum ama- 
toriorum lectionejunioribus maxime vitanda, 
Mdan, 1622; Cologne, 1630, in-12; Tracta- 
tus ascetici (au nombre de 17), Cologne, 1624, 



in-4''; Historica dissert, de S. Ignatio, Socie- 
tatis Jesu fundatore, et B. Cajetano Thiœneo, 
instifutore ordinis clericorum regularium , 
ouvrage posthume, Cologne, 1630, in-4°. Le 
P. Nigroni avait encore composé un ouvrage, 
De mendicitate domorum profcssarum Societa- 
tis Jesu. qui est resté manuscrit. 

NIHUSIUS ou NIHUS (Barthold), né l'an 
1584, à Wolpe, dans les Etats df Brunswiciî, 
d'une famille luthérienne, embrassa à Colo- 
gne la religion catîiolique vers l'an 1622. 
Après avoir eu pour premier emploi la di- 
rection du collège des prosélytes, il devint 
abbé d'ilfeld en 1629 , puis sutt'ragant de 
l'archevêque de Mayence, sous le titre d'é- 
vèque de Myre. Il mourut àErfurt, le 10 
mars 16o7. On a de lui : Annotationcs de 
communione orientalium siib specie unica , 
in-4°, Cologne, 1648; Tractatus chorogra- 
phicus de nonnullis Asire provinciis ad Ti- 
grim, Euphratem, etc., 1658, in-8"; et d'autres 
ouvrages de littérature, de théologie, de 
controverse et d'histoire. 

NIKON, né en 1613, d'une famdle obscure, 
dans le gouvernement de Nowogorod en 
Russie, embrassa l'état monastique, devint 
successivement archimandrite, métropolitain 
de Nowogorod, et enfin patriarclie de Russie 
en 1652. Le czar Alexiowitz lui dorma toute sa 
confiance. Il introdiiisit dans l'Eglise russe 
le chant à l'exemple de S'Eghse grecque, et 
assembla une espèce de concile [)Our la res- 
titution du toxte sacré. Il avait remarqué , 
dans les exemplaires dont on se servait, 
beaucoup de passages altérés, peu conformes 
à la version (les Septante. On rassembla les 
anciennes versions slaves, dont quelques- 
unes avaient au moins cinq siècles d'anti- 
quité. Les moines du Mont-Athos et les 
Grecs de l'Orient fournirent beaucoup de 
copies des livres saints. Il y fut prononcé 
que l'ancienne version slavonne était fidèle, 
et qu'il ne s'y était glissé des fautes que par 
la multiplication des copies. On en fit une 
nouvelle édition à Moscou, que Nikon signa. 
Ces changements causèrent une division 
dans cette Eglise. Ceux qui étaient att ichés 
aux anciens usages furent appelés Raskolniki. 
Ce schisme n'est pas encore fini. La faveur 
dont jouissait Nikon auprès du prince fut 
suivie d'une disgrâce qui lui donna le loisir 
de rassembler ditférentes Chroniques, do les 
confronter, de les corriger l'une par l'autre, 
et peut-être de les altéicr. lien composa 
une Histoire qui conduit jusqu'au règne du 
czar Alexiowitz, Pétersbourg, 1767, 2 vol. 
in-4°. Nikon s'était démis de la dignité patriar- 
cale en 1658 pour se consacrer à la retraite 
et à la pénitence. Cette démission n'empêcha 
pas ses ennemis de le déposer, en 1666, dans 
un concile, et de le faire enfermer. L'empe- 
reur Fœdor lui rendit la liberté; mais il n'en 
jouit pas longtemps, étant mort en 1681. 

NIL (saint), Nilus, disciple de sanit Jean 
Chrysostome, avait une grande réputation 
de piété dès le commencement du v siècle. 
On dit qu'il était de Constaiilino;)le et de 
la première noblesse. Il épousa une femme 
digne de lui et en eut deux enfants. L'em- 



91 



NIL 



NIZ 



92 



pereur Arcadius l'éleva h la dignité do préfet 
ou gouverneur de Constantinople; mais les 
vices qui légnaient à la cour de ce prince, 
ayant alarmé la délicatesse de conscirncede 
Nil , le déterminèrent à s(; retirer dans le 
désert de Sinaï avec son lils Théodnle. Sa 
femme conscnlit h sa retraite, et se retira' 
elle-même avec sa ûlle dans un monastère 
de lillcs en Egvpto. Saint Nil vécut long- 
temps avec des moines d'une sainteté exem- 
plaire. Ils demeuraient dans des cavernes 
ou dans des cellules (|u'ils bAlissaieiit eux- 
mOmes, éloignées les unes des autres. La 
plupart ne ma)igeaient. point de pain , mais 
seulement des fruits sauvages et des herbes 
crues; quelques-uns ncî mangeaient qu'une 
fois la semaine. Ils avaient un i)rétre, et 
s'assemblaient le dimanche dans l'église 
pour recevoir la communion, et s'entretenir 
des vérités saintes de la religion. Des Sar- 
rasins attaquèrent les solitaires de Sinaï , en 
tuèrent plusieurs, en eimnenèrent d'autres 
captifs, et donnèrent à quelques-ims de ceux 
qui étaient les plus âgés, la liberté de se re- 
tirer. Saint Nil fut de ces derniers ; mais son 
fils Théodule fui emmené captif. On l'exposa 
en vente, et i)ersonne n'eu vo\dant donner 
ce que les Sarrasins en demandaient , ces 
barbares voulaient le mettre à mort. A force 
de larmes, il obtint qu'on l'achetât. Il fut 
revendu à l'évêque d'Eleuse , qui , ayant 
reconnu son mérite, l'éleva n la cléricature. 
SaintNilallachercherce cher lils chezl'évôque 
d'Eleuse, qui n'usa de son autorité de maître 
que par l'espèce de violence qu'il lit au père 
et au lils de leur imposer les mains pour 
l'ordre sacré de la prêtrise. L'histoire ne 
nous apprend plus rien de saint Nil ; mais 
il y a apparence qu'il écrivait encore vers 
l'an 'i-oO, temps auquel on placo ordinaire- 
ment 5a mort. Parmi ses ouvrages on estime 
principalement ses Epîtres, le Traité de la 
vie monastique et le livre de la prière. Dans 
sa lettre Gl' du 4' livre, il veut qu'on ne 
représente que la croix dans le sanctuaire , 
et il exhorte à placer autour des églises des 
peintures des histoires de l'Ancien et du 
Nouveau Testament. Les iconoclastes falsi- 
fièrent ce f)assage. Joseph-Marie Suarez, qui 
se démit de l'évêché de Vaison pour aller 
demeurer à Rome, y donna une édition des 
OEuvres de saint Nil, en 1673, à l'exception 
de ses Lettres. Le P. Pierre Poussines , 
jésuite, publia 335 Lettres de ce saint, Paris, 
1657, in-4-°. Léon Allatius en fit imprimer un 
nombre plus considérable à Rome, 1668, 
in-fol. grec-latin. On trouve les OEuvres 
complètes de saint Nil dans la Bibl. max. 
Patrum. 

NIL, archevêque de Thessalonique dans le 
S.IV' siècle , écrivit contre la primauté du 
pape. Barlaam, ajirès avoir écrit en faveur 
du siège de Rome, adopta l'erreur de Nil, et 
la soutuit dans un Traité semblable pour le 
fond à celui de ce schismati([ue, faute qu'il 
corrigea dans la suite. Voy. Baula\m. Ces 
deux Traités ont été réunis par Saumaise en 
un vol. in-4.°, imprimé chez Elzévir, en 16V5.' 
Ce commentateur y a ajouté des notes et 



quelques atitres Traités. En 1608, il en avait 
donné une édition in-8% moins ample que 
celle que nous venons de citer. 

NIL, surnommé Doxopatrios , archiman- 
drite (c'est-à-diie abbé d'un monastère grec), 
com[)osa [)ar ordre de Roger, roi de Sicile, à 
la lin du xi' siècle, un Traité des cinq pa- 
triarcats de Rome, d'Antioche, d'Alexan- 
drie, de Jérusalem et de Constantinople. 
Etienne Le Moine en a donné une édition en 
grec et en latin, Leyde, 1685, m-h". 

NIVELLE ((jarp.ikl-Nicoi.as), prêtre prieur 
commanlalaire de Saint-Géréon, dif)cèse de 
Nantes, né à Paris, mort le 7 janvier 17(51, 
Agé de 74 ans. Il s'était retiré au sémina're 
de Saint-Magloire, d'où il fut obligé de sortir 
en 17-23. Son opposition à la bulle Uniqenitus 
le lit renfermer quatre mnis h la Bastille, 
en 1730. II. a publié : les lielatinns de ce qui 
s'est passé dans ta faculté de théologie de Paris, 
au sujet de la constitution Unigenitus, 7 vol. 
in-12; Le Cfi delà foi, 3 vol. in-12, 1719; 
la Constitution Unigen.tus déférée à VEqlise 
universelle, ou Recueil général des actes d'ap- 
pel, 1757, 4 vol. in-fol. L'histoire romaine 
est moins volumineuse que celte compila- 
tion, fruit de l'esprit de parti, auquel l'auteur 
eut l'imprudence de sacrifier son repos et ses 
talents. 

NiZA (Marco de), franciscain et voyageur 
espagnol, né en 1497, se rendit au Mexique 
et fut chargé par le vice-roi don Antoine de 
Mendoza, d'aller reconnaître le pays au noi-d 
de ce royaume. Le père Niza partit, le 7 mars 
1539, de Culiacan, accompagné d'un autre 
religieux, d'un nègro et de que'ques Indiens 
auxcjuels on avaitdonnéla liberté, afin qu'ils 
lui servissent de guides. Il visita diverses 
peuplades qui le reçurent fort bien, et tra- 
versa un désert de près de quarante lieues 
d'ét ndue, au bout duquel, suivant le récit 
du même père Niza, il découvrit la ville de 
Cibola ou Cibora, capitale d'une province du 
même nom, qui contenait sept grandes villes 
fort peuplées et très-riches. Informé de l'a- 
version que les habitants de Cibola avaient 
pour les Espagnols, le père Niza, après une 
course de ti'ois mois, revint sur ses pas, s'ar- 
rêta à Compostelle, d'oii il envoya au vice- 
roi le récit de son voyage. Ce récit, où il 
peignait la beaulé du f>àys au nord du golfe 
de Californie, la population immense, les ri- 
chesses (le la ville de Cibola, et la civilisation 
de ses habitants, excitèrent dans Contez et 
Mendoza le dessein d'aller conqnérii' ce pays. 
Mendoza envoya Yasqnez de Cornado pour 
le reconnaître : quand il revint, il en raconta 
les mêmes merveilles que le père Niza, et 
peu de temps après les Espagnols s'en em- 
parèrent. La Relation du voyage du premier 
se trouve dansl'ouvrage de Ramusio, tom.IIL 
Sans doute dans les récits il y a un peu d'exa- 
gération ; mais il n'en est pas moins vrai que 
la province et la ville de Cibola, ainsi que 
l'immense ville de Quivira, se trouvent dans 
les livres de géographie moderne et dans 
plusieurs cartes du xvi° siècle, par 37 degrés 
de latitude. On conjecture que les ruines (ies 
Casas Grandas (Grandes Maisons), que l'on q 



m 



NOA 



NOA 



f»l 



découvertes sur les bords du Jila, provien- 
nent df l'ancienne Cibola. On a reconnu que 
la civilisation des It)diens qui habitent la 
contrée que ce fleuve arrose est plus avancée 
que celle des peuplades qui sont plus au sud. 
C'est la patrie des {)!emiers Mexicains, comme 
l'indiquent les monuments Aztèques. Leur 
population a.yant augmenté, ils s^'étendirent 
progressivement dans les parties connues 
sous le nom de vieux et no-'veau Mexique. 
Ces pays ont déclaré (en 1825) leur indépen- 
dance, ainsi que les autres colonies améri- 
caines, après ôtre restés près de trois siècles 
sous la domination espagnole. 

INOAILLES (Louis -Antoine dk), cardinal, 
frère du duc Anne-Jules de Noailles, qui fut 
fait maréchal de France au mois de mars 
J()93, naquit en 165L II fut élevé dans la 
3iété et dans les lettres. Après avoir fait sa 
icence en Sorbonne avec distinction, il prit 
e bonnet de docteuren 16T6. Le roi le nomma 
à l'évêché de Cahors en 1679 II fut transféré 
à ChAlons-'ur-Marne l'année d'après, et l'ar- 
chevêché de Paris étant venu à vaquer en 
1695, Louis XÏV jeta les yeux sur lui pour 
remplir ce siège important. Noailles parut 
hésiter à l'accepter ; mais quelque temps 
ap'ès, non content d'acquiescer à sa nomina- 
tion, il demanda et obtint encore son frère 
pour successeur dans le siège de Ch;Uo!!s. 
L'archevêque de Paris tlt des règlements pour 
le gouvernement de son diocèse et pour la 
réforme de son clergé ; mais il ne ménagea 
pas assez les jésuites, il ne voulut pas être 
leur valet, suivant ses expressions ; et ceux- 
ci crurent, de leur côté, avoir sujet de se 
plaimire du prélat. Noailles avait donné, en 
1685, n'étant encore qu'évèque de ChAlons, 
une approbation authentique aux Réflexions 
morales du père Quesnei, ou plutôt il en avait 
continué l'aiiprobation ; car son jjrédéces- 
seur, Félix Vialart, l'avait accnrdi'e pour son 
diocèse. Devenu archevêque de Paris, il con- 
daQina,en 1696,1e livre de l'abbé deBarcos, 
intitulé : Exposition de la foi catholique tou- 
chant la grâce. On vit paraître à coite occa- 
sion le fameux Problème ecclésiastique, attri- 
bué au père Doucin, mais que le père Ger- 
beron croit avec plus de vraisemblance être 
d'un écrivain du parti de Jansénius, dom 
Thierri de Viaixnes, janséniste des plus ou- 
trés, dit d'Aguesseau. On examinait dans ce 
Problème : « Auquel fallait -il croire , ou à 
h M. de Noailles , archevêque de Paris, con- 
« damnant l'Exposition de la foi, ou à M. de 
« Noailles, évêque de Châlons, approuvant 
« les Réflexions morales ? » II est aisé de con- 
cevoir que l'archevêque en fut irrité; et 
comme il ne doutait pas que ce ne fût l'ou- 
vrage d'un jésuite, il en fut animé contre ces 
religieux. Dans l'assemblée de 1700, à la- 
quelle il présida, il fit condamner 127 pr ipo- 
sitions tirées de différents casuistes, parmi 
lesquels plusieurs étaient jésuites, mais ([ui 
n'avaient fait que suivre et répéter de pi is 
anciens. Voy Moya. La même année il fut 
nommé canhnal.On pioposi, en 1701, un 
problème théologique, qu'on appela le Cas 
de conscience par excellence. « Pouvait-on 



« donner les sacrements à un homme qui 
« aurait signé le Formulaire, en croyant dans 
« le fond de son cœur que le pape et même 
« l'Eglise peuvent se tromper sur les faits?» 
Quarante docteurs signèrent qu'on pouvait 
donner l'absolution à cet homme. Le cardi- 
nal de Noailles ordonna qu'on crût le droit 
d'une foi divine, et le fait d'une foi humaine. 
Les autres évoques exigèrent la foi divine 
pour le fait, disant que ce fait étant le sens 
d'un livre, il était nécessaire que l'Eglise pût 
en juger avec certitude ; que les faits doctri- 
naux ne peuvent cesser d'être du ressort de 
la foi, sans que le dogme en lui-même y soit 
également soustrait. Clément XI crut termi- 
ner la querelle en donnant, en 1705, la Bulle 
Vineam Domini, par laquelle il ordonna de 
cr ire le fait, sans expliquer si c'était d'une 
foi divine ou d'une foi humaine. L'assemblée 
du clergé de la même année reçut cette bulle, 
mais avec la clause que les évêques Vaccep^ 
taient par voie de jugement. Cette clause, 
suggérée par le cardinal de Noailles, indis- 
posa Clément XI contre lui. Cependant le 
cardinal voulut faire signer la bulle aux re- 
ligieuses de Port-Royal-des-Champs. Elles 
signèrent, mais en ajoutant que « c'était sans 
« déroger à ce qui s'était fait à leur égard à 
« la paix de Clément IX. » Cette déclaration 
fut mal interprétée. Le roi demanda une bulle 
au p;ipe pour la suppression de ce monas- 
tère, et, en 1709, il fut démoli de fond en com- 
ble. Le cardinal de Noailles, qui avait dit plu- 
sieurs fois que Port-Royal était le séjour de 
l'innocence, se prêta à sa destruction, parce 
qu'il crut voir ensuite que c'était celui de 
l'opiniâtreté. L'année d'auparavant (1708), 
Clément XI avait porté un décret contre les 
Reftexiofis morales ; mais le parlement de Pa- 
ris y ayant trouvé des nullités, il ne fut point 
reçu en France. Les foudres lancées contre 
Quesnei ne produisirent leur effet qu'en 
171.3 , année dans laquelle la constitution 
Unigenitus vit le jour. Le cardinal de Noailles 
révoqua, le 28 septembre 1713, l'approbation 
qu'il avait donnée, étant évêque de Châlons, 
au livre d;' Qiiesnel. Une nombreuse assem- 
blée d'évêques fut convoquée à Paris; tous 
acceptèrent la bulle, les uns purement et sim- 
plement; les autres moyennant quelques ex- 
plications; excepté sept qui ne voulurent ni 
de la bulle ni des commentaires. Le (i.iidinal 
de Noailles se mit à la tête de ces derniers, 
et défendit par un mandement du 25 février de 
recevoir la constitution Unigenitus. LouisXÏV , 
irrité, lui défendit de {)araître à la cour, et 
renvoya les évêques ses adhérents dans leurs 
diocèses, La bulle fut enre:<istrée par la Sor- 
bonne et par le ])arlemcnt. Mais après la 
mort do Louis XIV, en 1715, tout changea de 
face. Le duc d'Orléans, régent du royaume, 
mil le cardinal de Noailles à la tête du con- 
seil de conscience. Ce prélat étant bien ac- 
cueilli à la cour du régent, les évêques op- 
posés à la l)ulle a|)|)elèrent et réappelèrent .^ 
un futur concile, dût-il ne se tenir jamais, 
Noailles appela aussi, en 1717, par un acto 
public, qui fut supprimé par arrêt du parle- 
ment, le 1" décembre de la même année, 



95 >0A 

L'archevêque renouvela son appel en 1718, 
et, le l'i janvier 1719, il donna une Instruclion 
pastorale qui fut condanini'C à Rome, le 3 
aoill 1719, [)ar un décret du !iape. Le régent, 
coiifou'lanl l'erreur et la vérité, ordoinia le 
silence aux deux partis. Cette loi du s lence, 
toujours recommandée et toujours violée, ne 
lit qu'encoura.'Aerles opposants. L'expérience 
de tous 'es siècles appiend «pie c'est toi'jours 
•à rond)re du silence que les sectaires se for- 
tifient: bien résolus de ne pas le garder, ils 
envisagent comme un triomphe l'ordre qui 
; l'impose à leurs advei'saires ; et c'en est 
' véritahlememrnt nn pour l'erreur, que de voir 
la v('iii6 ca[>live. Cepemlant le momei.t du 
Seigneur arriva pour lecarflinal. Il reconnut 
tout à coup, comme il s'en expliqua haute- 
ment, qu'on l'avait engagé dans un parti de 
factieux. Les remords (|u"il éprouvait depuis 
longtemps, joints à | lès do 80 ans d';1ge qui 
le njenagaient d'une mort prochaine, le dé- 
terminèrent à écriie au pape Benoît XIII, en 
termes trop édifiants, pour qu'on les tiouve 
déjilacés, quel que soit l'endroit où on les 
l'apporte. Après avoir dit que son graisd âge 
ne lui permettait guère de coni; ter sur une 
vie plus longue, et qwe les approches de l'é- 
ternité demandaient de lui q.i'il sa rendît en- 
fin aux désirs du chef de l'Eglise : « Dans 
« cette vue, poursuivait-il, je vous atteste en 
« présence de Jésus- Christ que je me sou- 
te mets sincèrement à la bulle Unigcnitiis, 
« que je condamne le livre des Réflexions 
« morales, et les 101 propositions (jui en ont 
« été extraites, de la même manière qu'elles 
« sonlcondamnéespar la constitution; et. que 
« je révoque mon Instruction pastorale, s,\qc 
« tout ce qui apa.u sous mon nom contre 
« cette bulle. Je promets à Votre Sainteté, 
« conlinue-t-il, de publier au plus tôt un 
« Mandement pour la faire observer dans 
« mon diocèse. Je dois encore lui avouer 
« que depuis que, par la grâce du Seigneur, 
« j'ai pris cette résolution, je me sens infini- 
« ment soulagé; que les jours sont devenus 
« plus sereins pour moi; que mon âme jouit 
« d'une paix et d'une tranquillité que je ne 
« goûtais i)lus depuis longtemi s. » Toutes 
ces promes>es furent ponctuellement rem- 
plies. Le cardinal-.irchevôque se[)rôtaà tout; 
il rétracta son appel, et son mandement de 
rétractation fut affiché le 11 octobre 1728. Il 
mourut en 17.9, à 78 ans. Ses charités étaient 
immenses; ses meubles vendus et toutcsles 
autres dépenses payées, il ne laissa pas plus 
de 500 livres. 11 aimait le bieu et le f lisait. 
Doux, agréable dans la société, brillant même 
dans la conversation, sensible à l'amitié, plein 
de candeur et de franchis», il attachait le 
cœur et l'esprit. S'il se laissa quelquefois 
prévenir, c'est qu'il jugeait des autres par 
l'élivalion de son àme, et cette âme était in- 
capable de tromper. Ses adve.saires crurent 
voir en lui un mélange de grandeur et de 
faiblesse, de courage et d'irrésolution. Plein 
de bonne foi, il so.t Miait des gens qu'on ac- 
cusait d'en manquer. Il favorisait b-sjansé- 
nistt'S sans l'être lui-mème. Quoiqu'il luttât 
contre le pape et contre tous les évèques du 



KOB 



96 



monde catholique, à quelques appelants près, 
on était parvenu h lui persuader qu'il n'avait 
pour adversaires qu(> les jésuites; ce qui pa- 
raîtrait incroyable, si on ne voyait cette sin- 
gulière persuasion consignée d;insses propres 
leltr' s et celles de ses correspondants, c II 
« n'y a contre vous qu'un soupçon « ( lui écri- 
vait M"" de Mainlenon, en répondant à une 
de SOS lettre.*;, « est-il possible de l'effacer? 
« Tout ce (pi'on dit contre vous se réduit à 
« la protection secrète que vous accordez au 
« parti janséniste. Personne ne vous accuse 
«de l'être; voudriez vous |ilus longtemps 
« être le chef et le ma:t. i- d'un corps dont 
« vous rou-;irio/, d'être membre? J;miais les 
« jésuites n'ont été p!us faibles qu'ils Je sont. 
« Je vois la force ipie vous auriez si ce ni âge 
« de jansénisme pouvait se dissip'T. On est 
« averli quevois ave. descommerres directs 
« et indiierls à Rome, a ec (Jesgens qui ont 
« été les plus ach' rués pour Jansénius, et 
« contre le roi. Croyez, monsei.^ne.ir, que 
« tout lui revient, et qu'il n'a aucun tort de 
« vous soupçonner. Ce n'est point sur les 
« discours de votre père de la Chai e, etc. » 
— Gas(on-Jean-Bapt ste-Louis de Noai:.les, 
son f.ère, qui lui succéda dans l'évêcht' de 
Chàlons, a témoigné la même opp(>s,tion à 
la bulle Unigcnitus, ei na ,])0:ni imité son 
frère dans sa réunion avec le co ps des pas- 
teurs. Il mourut en 1720, <i 52 ans. 

NORILIBI S (Robert Nohili ou de), mis- 
sionnaire jésuite, né à AJontcpuhiani en 
Toscine, en septembre 1577, fil ses études 
à Naples et h Rome, et fut envoya par ses 
supérieurs dans les missions des Indes orien- 
tales. Arrivé dans le royaume de Maduré, 
qui est dans la presqu'île en deçà du dange, 
il se fut bientôt rendu familières les trois 
princi|)ales langues du pays, qui sont le ta^ 
moul, le badaga et le malabare. Il sass.i- 
jellit aux usages souvent si étranges et si 
pénibles des bi'ahmanes. se conforma scru- 
jiuleusement aux coutunies du pays, adopta 
leur genre austère de vie, après en avoir 
obtenu la permission de s s supérieurs, et 
eut la satisfaction de gagner à la foi chré- 
tienne un cert.iin nombre de brahmanes. La 
conduite du P. de Nobilibus fut cei.endant 
dénoncée à Rome, et le cardinal de Bellar- 
min , qui était son oncle, lui écrivit pour 
l'engager à ne pas persévérer dans des pra- 
tiques qui semblaient le rapi^rocher des ido- 
lâtres. Le missionnaire lui représenta que 
l'archevêque d'Aiigamala ou Crangar.or, et 
les inquisiteurs de Goa lui avaient donné 
1( ur approbation. L'affaire fut soumise au 
jugement du pape : Grégoire XV née ara par 
un bref spécial qu'il était licite aux brah- 
manes devenus chrétiens de continuer à 
tracer sur leur front ou sur d'autres parties 
de h'ur corps des lignes de couleur, à porter 
en bandoulière de l'épaule gauche à la 
hanche droite un cordon de fil qui est leur 
signe disiinctif, et h se conformer également 
il des usages qui, se rapportant à la vie ci- 
vile, sont exempts de toute superstition. 
De graves infirmités, suite de ses longs tra- 
vaux, lui rendant la retraite nécessaire, le P. 



97 NOB 

de Nobilibus se retira d'abord au collège de 
Djafnapatnam, ville située à l'extrémité sen- 
teiitrionale de l'île de Ceylan, puis dans celui 
de Meliapour, ville de la côte de Co/omaii- 
del. Pendant ses cinq dernières années il 
s'occupa d'écrire divers ouvrages, soit en 
tamoul, so!t en d'autres langues, et il mourut 
le 16 janvier 1656. On peut voir une appré- 
ciation de son zèle et de ses travaux dans le 
tom. X, p. 72, des Lettres édifiantes, édit. de 
1781. Les ouvrages qu'il a composés, sont : 
Catechismus ad Gentilium conversionrm in 
partes V divisus ; Srientia anima', liber in 
quo, prœter catholicœ fidei veritates ad ani- 
mam pertinentes , omnes Orientis errores , 
circa fatum et transmirjrationem animarum 
confutantur ; Apolonia contra probra quœ ad- 
versus legem Bel au ethnicis ohjiciuntur, ubi 
eadem objecta in eorum sectas apte retorqucn- 
iur ; Liber de signis verœ legis utilissimus ; 
Lucerna spiritualis ; Dialogus de vita œterna ; 
Dialogus de fide pro inslituendis pueris ; Com- 
pendium catechismi ; Dialogus in quo trans- 
migratio animarum impugnatur ; Varia opus- 
cuta in unum volumen redacta; Regulœ pcr- 
fectionis; Conciones variœ ; Vita B V. Mariœ 
versu tamulico, quœ in omnibus lacis, et ab 
omni liominum génère cantari solet, pro con- 
solatione animarum suarum. Le P. de No- 
bilibus passe aussi pour être l'auteur de 
YEzourvédam. Voy. à ce sujet les Asiatic 
Researches, tom. xiv, édition de Calcutta. 

NOBLE (Eusta';he Le), b.uon de Saint- 
Georges et dri Tenelière, né à Troyes en 
16i3, d'une famille distinguée, s'éleva par 
son t'Spril à la cha ge d« procureur général 
du parlement de Met/. Il jouissait d'une ré- 
pulati n brillante et d'une fortune avanta- 
geuse, qu'il dissipa en peu ue temps, 1 rs- 
qu'il fut accusé d'avoir fait à son profit de 
faux actes. 11 fut rais en prison au CliAtelet, 
et coiidainné à faire amende honorable et à 
un bannissement de muf ans. Le Noide ap- 
pela de cette sentence, qui n'était que trop 
juste, et il fut transféré à la Conciergerie. 
Gabrielle Perreau, connue sous le nom de 
la Belle Epicière, était alors en cette prison, 
où son mari l'avait fait mettre pour son in- 
comluile. Le Noble la connut, l'aima et se 
chargea d'être son avocat. Après bien des 
aventuf es peu honorabl s à l'un et à l'autre, 
Le Noble fut banni de reclief pour neuf ans; 
mais quelque temps après il obtint la per- 
miss on de revenir en France, à condition 
de ne point exercer de charge de judicature ; 
pendant ce temps il avait vécu avec la Per- 
reau. Les malheurs de Le Noble ne l'avaient 
point corrigé. Dans ses dernières années, il 
vécut des secours de M. d'Aigenson, depuis 
garde-des-sceaux, qui lui envoyait un louis 
chaque semaine. Il fut déréglé et dissipateur 
toute s;\ vie, qu'il termina dans la misèie 
en 1711, à 68 ans. Il fallut que la chaiité de 
la paroisse Saint-Sév« rin fit enterrer cet 
homme, qui avait fait gagner plus de cent 
mille écus à ses imprimeurs. On a de lui un 
grand nombre d'ouvrages, recueillis en 19 
vol. in-12, par Brunet, imprimeur de Paris. 
Feller les divise en trois classes , les ou- 



NOD 



98 



vrages sérieux, — romanesques, — poéti- 
ques. Nous citerons seulement : Disserta- 
tions chronologiques de Vannée de la nais- 
sance de Jésus-Christ, Paris, 1693, in-12; 
le Bouclier de la France, ou les Sentiments de 
Gerson et des canonistes touchant les diffé- 
rends des papes et des rois de France; cet 
ouvrage a aussi paru sous 1^ titre de VEsprit 
de Gerson. Tous c^s boucliers, si mu tii)liés 
depuis, ne sont que des épouvantails d'en- 
fants; comme si l'Egl se n'avait pas plus souf- 
fert et n'avait pas plus à cra ndre des entre- 
prises de la puissance séculière qsie celle-ci 
de la part de l'Eglise. Si quelques pontifes 
ont commis quelques fautes en étendant leur 
pouvoir au delà de ses bornes, on s'en est 
venue sans modération, et pour maintenir 
quelque prérogative de l'autorité civile, on 
s'est efforcé de renverser tout l'éditice de la 
puissance spirituelle. i( Dès que Borne, dit le 
« comte d'Albon, a voulu exiger au delà de 
« qu'on lui devait, on lui a refusé même ce 
« qui lui était dû; quand elle a donné dans 
« les abus, on l'a menacée de la priver de 
« l'usage du pouvoir; quand à l'autorité elle 
« a joint les p; élentions, on lui a fait craindre 
« de violentes injustices. Le sacerdoce n'a 
« jamais lu té contre l'empire, que l'empire 
« n'ait em[)l<)yé toutes ses forces p.^ur fouler 
« le sacerdoce; et au premier mouvement 
« que les pontifes ont semblé faire pour 
« porter la main au sceptre des Césars, les 
« Césars se sont efforcés pour s'élever jus- 
« qu'au trône des poaiifes. » Voy. Senken- 
BERG. Une traduction des Psaumes, en prose 
et en vers, avec des réflexions et le texte 
latin à côté, ce Mui forme un vol. in-8" à trois 
colonnes; un Poème sur la destruction du 
temple de Charenton ; — sur la destruction de 
l'hérésie, distribué en quatre livres. Ses ou- 
vrages historiques , ses romains, ses traduc- 
tions en vers de Perse et d'Horace, ses comé- 
dies et ses œuvres poétiques sont peu estimés. 

NOBI.ETZ (Michel). Voy. Le.nobietz. 

NOCETI (Charles), jésuite, né vers 1695, 
à Pontremoli dcuis le Génois, enseigiui la 
théologie au collège Romain, fut donné pour 
coadjuteur au P. ïurano , pénitencier de 
Saint-Pieire, et fut un des examinateurs d 'S 
évèqu'es. Il m urut à Rome en 1759. On a de 
lui : Veritas vindicata, en 2 vol. C'est une 
critique de la Theologia christiana du P. 
Concma, qui fit beaucoup de bruit : il y 
venge avec force ses confrères, attaqués par 
le dominicain, qui parait avoir excédé en 
critique et en censure {)ar un zèle quelque- 
fois plus vif que réfléchi. Nocéti était bon 
poëte, comme on le voit par ses Eglogues et 
par les Poèmes sur VArc-en-ciel et VAurore 
boréale. C'est dans ses poésies que le célèbre 
Boscowich trouva l'exhortation dont il fut 
frappé, et à laquelle il fut si docile. On trouve 
des poésies latines et italiennes de Noceti 
dans le Recueil des Arcades. 

NODIER (Charles), écrivain pQlygraphe, 
membre de l'académie française, né a Be- 
sançon le 29 avrd 1783, mort à Paris le 27 
janvier 18i4, étant, bibhothécaire de l'Arse- 
nal, s'exerça dans beaucoup de genres. Ses 



&9 



NOE 



NOE 



100 



jirincipaux titres littéraires paraissent être 
dans ses rotrifins, contes et nouvelles, tels 
que Trilhy, Sinarra, Thérèse Aubert, Jean 
Sbogar, la Fée aux Miettes, Séraphine, etc., 
productions dont on vante le style, mais qui 
sont loin d'ôlre toujours irréprochables au 
point de vue de la morale. Le Dernier cha- 
pitre de mon roman, livre cyni(|ue, mérite 
surtout une condamnation sévère. Dans ses 
écrits d'histoii-e contemjooraine, Souvenirs de 
jeunesse. Portraits, etc., Nodier a plus con- 
sulté son imagination (|ue la vérité. 11 a lait 
aussi un volume de Poésies, Paris, Delangle, 
1827 et 1829, in-lO. M. A. Barginet, de Gre- 
noble, a recueilli ses Mélanges de littérature 
et de critique, Paris, 1820, 2 vol. in-8". Nodier 
composa de plus des Notices pour une foule 
de publications diverses, et des articles pour 
ditrérentes revues ou feuilles périodiques. 
Ceux qu'il fournit au Bibliophile ont été 
réunis sous ce titre : Notices bibliographi- 
ques, philologiques et littéraires, Paris, Teche- 
ner, 183i, 1 vol. in-8°. Nous avons cru de- 
voir mentionner cet écrivain dans ce Dic- 
tionnaire, à cause d'une publication intitu- 
lée : Bibliothèque sacrée, grecque - latine , 
comprenant le tableau chronologique, biogra- 
phique et bibliographique des auteurs inspirés 
et des auteurs ecclésiastiques , depuis Moïse 
jusquà saint Thomas d'Aquin, Paris, Tlioi- 
nier-Desplaces, 1826, in-8", ouvrage rédigé 
d'après Mauro Boni et Gamba. L'académie 
de Besançon, après avoir mis au concours 
l'éloge de Charles Nodier, voulut bien cou- 
ronner, en 184-6, l'essai qui lui fut envoyé 
par lauteur de cet article, et qui a été im- 
primé en tête de son volume intitulé : Les 
Noviciats littéraires, suivis de Lettres sur la 
littérature contemporaine) Paris, 18'i-7, in-8\ 
— Nous avons dû, pour être exact, blâmer 
les écarts du romancier el du couleur; nous 
nous empressons d'ajouter que Nodier pro- 
fessa toujours le plus grand respict pour les 
croyances catholiques,[et qu'il remplit, dans 
ses dernières heures, d une mainère tout à. 
fait exem[)laire, ses devoirs de religion. 

NOÉ (liepos, consolation), fils de Lamech, 
né 1 an 2i'78 avant J.-C, fut juste, et trouva 
gjràce devant le Seigneur qui, voyant la ma- 
lice des hommes et la dépravation générale 
des mœurs qui couvrait d'abomuiations toute 
la terre, résolut d'abolir les criminels pai- un 
déluge général. Il ordonna à Noé de bâtir 
une arche pour se sauver du déluge, lui et 
toute sa famille, avec des bétes et des oi- 
seaux de toute espèce, môles et femelles. Il 
marqua lui-môme la forme, les mesures et 
les proportions de ce grand vaisseau; il de- 
vait être de la figure d'un coffre, long de 
300 coudi'-es, large de 50, et haut de 30; en- 
duit de bituuie, et distribué en trois étages, 
d'ont chacun devait avoir plusieurs loges. 
Noé crut à la paiole d;j Dieu, et exécuta ce 
qu'il avait couimandé. Après qu'il eut fait 
porter dans l'arche toutes les choses néces- 
saires pour la vie des hommes et des ani- 
maux, se|)t jours avant le déluge, Dieu lui 
ordonna d'y entrer avec sa femme, ses trois 
lils, leurs femmes et des animaux de toute 



espèce. Ce grand vaisseau les contint sans 
peine , et se trouva parfaitement propor- 
tionné au grand nombre die créatures qu'il 
devait renfermer. Voy. Borrel, Pelletier. 
Noé était alors Agé de 600 ans. Le jour de la 
vengeance étant venu, la mer se déborda do 
tous côtés, et il tomba une pluie horrible 
pendant kO jours et 40 nuits. La terre fut 
inondée, et tout périt, excepté ce qui était 
dans l'arche. — De mauvais physiciens ont 
[irétendu qu'il n'y avait pas assez d'eau dans 
la nature pour former une telle inondation; 
mais le contraire a été plus d'une fois dé- 
montré. On sait que Bufïbn, sans recourir à 
aucun agent surnaturel, a ci"u en trouver 
assez poui couvrir durant des siècles la sur- 
face du globe; si son hypothèse n'a pas été 
accueillie des savants, ce n'a pas été à.raison 
du défaut d'eau. On peut voir tout ce qui 
regarde le déluge , ses effets , ses monu- 
ments, etc., dans le Catéch. philos., n° 271; 
dans V Examen impartial des Epoques de la 
nature, n° i8; dans le Journ. hist. et litt., 
1780, 1" mars et suiv. — Après que les 
eaux eurent couvert la face de la terre pen- 
dant 150 jours, Dieu fit soufiler un grand 
vent, qui commença à faire diminuer les 
eaux. Sept mois après le commencement du 
déluge, l'arche se reposa sur le mont Ara- 
ralh, près de la ville d'Erivan. Le dixième 
jour du dixième mois, les sommets des mon- 
tagnes se découvrirent, et 40 jours s'étant 
passés depuis que l'on eut commencé à les 
apercevoir, Noé ouvrit la fenêtre de l'arche, 
el lâcha un corbeau qui ne rentra plus. 11 
envoya la colombe qui, n'.iyant pu trouver 
oii asseoir son pied, revint dans l'arche. Sept 
jours après, il la renvoya de nouveau, et elle 
revint portant dans son bec un rameau d'o- 
livier qui, dans ce chaos général, avait con- 
servé la verdure de ses feuilles. Noé, déter- 
miné à quitter l'arche, en sortit un an après 
qu'il y fut entré. On conçoit sans peine quel 
fut son étonnement ijuand il vit la suifacê 
de cette nouvelle terre ravagée et dégradée 
d'une manière ([\x\ la rendait méconnaissable, 
et qui vérifiait [)ar son aspect l'oracle du 
Seigneur, qui avait annoncé qu'elle serait 
détruite avec les hommes : Dispergam eos 
cum terra. Gen. viii. Le choc de tant de mers 
qui allaient et venaient, suivant l'expression 
de rtîcrilure, avec Une impétuosité et une 
violence inconcevables, et cela l'espace d'une 
année entière , a dû détruire et produire 
des choses sans fin et sans nombre. Voyons 
seulement l'effet d'une grande marée , de 
celle, par exemple, qui, en 800, trans- 
porta le Rhin dans le lit de la Meuse , et 
réforma toute la surface de la Hollande; 
l'eflet d'un simple tourbillon ou courant 
d'air « qui, au rapport de Buffon, creu- 
« sa une fosse énorme, dt couvrit tout un 
« village de la terre emportée de cette fosse ; 
« en sorte que l'endroit dont la terre avafit 
« été enlevée, paraissait un trou épouvanta- 
« ble, et que le village fui entièrement en- 
« terré par cette terre transportée. » Eh ! 
qu'est-ce qu'une marée, qu'est-ce qu'un cou- 
rant dair contre toute la masse de l'Océ'ur, 



ïiii. 



m NOE NOE 102 

poussé tout à coup hors de l'abîme qui lui faire du raisin en exprimant .sa liqueur, 
servait de lil, grossi de tout ce qu'il y a d'eau Ayant donc fait du vin, il en but: et comme 
dans l'air et dans la terre, et répanclu sur le il n'en avait point encore éprouvé là force, il 
globe entier avec toute la violence que la s'enivra et s'endormit dans sa tente. Gham, 
main de Dieu peut imprimer au plus fou- son fds, l'ayant trouvé découvert d'une ma- 
gueux élément? — Le premier soin de Noé nière indécente, s'en moqua, et en donna 
fut de dresser un autel au Seigneur, et de avis à ses frères, qui, marchant en arrière, 
lui offrir en holocauste un de tous les ani- couvrirent d'un manteau la nudité de leur 
maux purs qui étaient dans l'arche. Dieu fît père. Noé, à son réveil, api)renant ce qui s'é- 
une alliance éternelle avec lui, et voulut que tait passé, maudit Chanaan , fils de Cham 
l'arc-en-ciel en fût comme le signe : soit que {voyez ces noms), dont les destendants furent 
ce météore n'existât point avant le déluge, dans la suite exterminés par les Israélites, 
comme quelques auteurs le prétendent, soit et bénit Sem et Japhet. Ce saint homme vé- 
que ne paraissant que dans les temfis plu- eut encore 350 ans depuis le déluge, et mou- 
vieux, il fût plus propre que tout autre signe rut l'an 2029 avant J.-C, à l'âge de 950 ans. 
à raf)peler ]§ promesse faite à Noé, et à le La vie de ses descendants est restée beau- 
rassurer contre une nouvelle inondation. cOup au-dessous de son terme, tant par une 
Cette grand* catastrophe du globf^, décrite suite naturelle des altérations que la terre 
dans les saintes lettres avec tous les carac- avait essuyées dans toutes ses productions, 
tères de la vérité, empreinte |)Our ainsi dire que p;ir une volonté directe du Seigneur, 
de tous les traits qui f rment le tableau de qui resserra les bornes d'une vie dont l'hom- 
la nature actuelle, s'est conservée dans le me avait si étrangement abusé. (Entre autres 
souvenir de touîes les nations. « Point de nombreux ouvrag<'S écrits sur ce sujet, voj/e^ 
« vérité historique, dit un critique moderne, les Réponses critiques de Ballet, où sont rap- 
« mieux prouvée que celle du déluge. Bérose i)ortées et combattues la plupart des difficul- 
« le Chaldéen nous parle de l'arche qui s'ar- tés présentées par les incrédules, et le Dict. 
« rôta vers la fin du déluge sur une monta- de la Bible de Calmet, édité par M. Migne.) 
« gne d'Arménie. Nicolas de Damas, dans le NOE (Marc-Aîntoiine de), évoque de Les- 
« 96' livre de ses Histoires, dit qu'au tem[)S car, était issu d'une ancienne famille de Gas- 
« du déluge il y eut un homme qui, arrivant cogne, et naquit en 1724, au château de la 
« avec une arche on un vaisseau sur une Grimaudière, près de La Rochelle, il fit ses 
« hante montagne d'Arménie, échappa à ce études à Paris où il eut pour maître le célè- 
« fléau universel, et que les restes de cette bre Le Beau, puis sa théologie en Sorbonne. 
«arche se sont longtemps conservés sur Au sortir de sa licence, il devint grand vi- 
« cette montagne. Ahydène, auteur d'une caire de Rouen, et fut élu député à l'assem- 
« Histoire des Ghaldéens et des Assyriens, blée du clergé en 1762. Peu de temps après 
« donne de ce déluge quantité de détails (^n 1763), le roile nomma a l'évèché de Les- 
« semblables à ceux qu'en donne Moïse, cir ; il était à ce titre président des Etats du 
« Qu'on lise le traité de Lucien sur la déesse Béarn. Il se distingua par ses vertus comuje 
« syri une, on y trouvera toutes les circon- par ses talents, et fit preuve de zèle et de 
« stances de ce terrible événement aussi clai- charité pendant une effiayante épizootie qui 
« ment et aussi énergiquemeut ex[)Osées que vint désoler son diocèse. A l'époque de la 
« dans le livre de la Genèse ; ce qui ne peut révolution, il fut nommé député aux Etats- 
« être que l'effet de la tradition générale éta- généraux par les états particuliers du Béarn : 
« blie alors chez les Orientaux. On verra les il s'y rendit. Bientôt il s'apergul de l'esprit 
« mêmes choses d-ins le premier livre des qui allait y régner. Il protesta contre la réu- 
« Métamorphoses d'Ovide. Varron parle du mon des trois ordres; et, fidèle à son man- 
« temps qui s'écoula depuis Adam jusqu'au dat, il se retira dans son diocèse, dès qu'il 
« déluge, ab hominum principio ad cataclys- crut que les instructio ;s qu'il avait reçues de 
« micm. Les Chinois disent qu'un certain ses commettants étaient compromises. Bien- 
« Puen-Cuus échajipa seul avec sa famille du tôt son siège fut supprimé. Un bénédictin, 
« déluge universel. Jean de Laot et Lescar- nommé Sanadon, professeur de rhétorique à 
« bot rapportent la tradition constante du Pau, fut nouimé évoque du département des 
«déluge parmi les Indiens de l'Amérique. Basses-P v rénées , dans bqirel est enclavé 
« Boulanger convient que la plupart des usa- Lescar, et le siège fut transporté à Oléron. 
« g-^s de l'antiquité sont autant de monu- M. de Noé alla d'abord en Espagne. La guerre 
« ments de la révolution arrivée sur notice l'ayant foicé d'en sortir, il se retira en An- 
« globe par le déluge. Les divers déluges, gleterre. En 1801, il donna sa démission de 
« dont les historiens et les mythologistes son siège pour faciliter l'exécution du con- 
« ont fait mention, no sont dans le fait que cordât. Il revint en France, et fut nommé, en 
« celui de Noé, défiguré par des traits qui avril 1802, évèque de Troyes. A peine eut-il 
« n empêchent pas qu'on ne le reconnaisse letemps de prendre possession de cet évéché, 
« tres-distinctement, comme on peut voir la mort l'ayant enlevé le 22 septembre de la 
« dans la savante dissertation que M. Walsch même année, au moment où le gouverne- 
« a publiée sur ce sujet. » Après le déluge, ment français venait de le présenter pour 
Noé se mit à cultiver la terre et il iplanta la un chapeau de cardural. Quoiqu'il n'ait fait 
vigne. Elle était connue avant ce temps-là, que paraître dans le diocèse de Troyes, il y 
mais il tut le premier qui la planta avec or- fut vivement regretté. Il était d'un caractère 
are, et qui découvrit l'usage qu'on pouvait aimable, et joignait à de grande's vertus, à. 



103 



NOE 



NOE 



10* 



des talents rares, une modestie encore plus 
g-raiide et plus rare. Il aiiihiil les lettres, et 
les avait cultivées avec fruil.Il savait TIk^- 
brou et le grec, avait 'tudié h fond lés grands 
modcMes de l'antiiiuité; il leur devait celle 
élégance de style, celle j)ureté qui fait le 
cîiarme du peu d'ouvrages qu'il a laissés. On 
a de lui -.Discours sur le Jubilé de i775. Il est 
sagement écrit. On ignore s'il a été prononct', 
ou seuI(Mncrit dislrihué coumic une inslruc- 
tion pasloiale. Discours prononcé à Aucli, 
pour la distribution des guidons du régiment 
du roi, 1781. C'est le chef-d'œuvre de l'au- 
teur. Les pensées en sont nobles et justes, 
le style grave et élégan', le fond éminem- 
ment religieux. Le patriotisme y rospire ; 
mais c'est celui qui est fondé sur l'amour de 
l'ordre et sur la soumission aux lois. Discours 
sur l'état futur de l'Eglise. Il avait été com- 
posé pour être prononcé devant l'assemblée 
du clergé en 1785. On sut qu'il contenait des 
idées singulières, qu'il y était question iXun 
renouvellement de la défection delà gentilité, 
d'un îiouveau règne de Jésus-Christ. Celte 
doctrine, revêtue d'ai leurs de couleurs sé- 
duisantes, présentée sous l'appât d une at- 
trayante éloquence, se rapprochât ttO[) du 
miîlénarisme pour pouvoir être soutl'erte. On 
invita M. de Noé à ne point prononcer son 
discours. De[)uis, il fut imprimé, suivi dun 
Recueil de passages sur l'avènement inter- 
médiaire de J.-C, avec des Remarques. Le 
P. Lambe t, défenseur ardent du môme 
système, avait fourni les passades et les re- 
ma:ques au chevalier de Noé, Irère de lé- 
vêque de Lescar, éditeur du discours. Voy. 
Dictionnaire des anonymes, n" 9ii6, cfL^M- 
BEuT. Lettre pastorale sur Vépizootie, etc. 
Il l'écrivit au sujet de ce iléau, duquel il a 
été |)arlé ci-dessus. Elle est pleme d'onction; 
c'est le cœur, et un cœur plein du feu de la 
charité, qui y parle. On a vu l'heureux résul- 
tat qu'elle obtint. Discours pour la confirma- 
tion, prononcé à Londres en 1779. li lit un 
grand elîet, et a le même génie de mérite 
que les précédents. Traduction d'un dis- 
cours de Périclès, conservé par Thucydide, 
inséré dnis la traduction d'isocrate de l'ab- 
bé Auger; des Mandements, paimi lesquels il 
faut distinguer celui du 10 mai 1791, au su- 
jet de l'élection de l'évèque constiluiionnel 
qui lui succéd dt. Il y prémunit son troupeau 
contre les dangers de l'intrusion et des inno- 
vations ; il y expli([ue 1 s régies de l'Eglise. 
Tout cela est accompagné des exhortations 
les plus tendres Ci le.s [)lus paternelles. 11 y 
prédit pour ainsi dire les maux dont la reli- 
gion depuis ce temps a été aiiligée. Les sou- 
venirs que M. de Noé avait la sscs à Tioyes 
engagèrent l'académie du département de 
r-Aube à faire de son éloge le sujet d'un de 
ses concours. Le prix fut remporté par Luce 
de Lancival, qui lui avait été attaché, et son 
discours est imprimé. On a réuni les OEu- 
vres d>; ce prélat dans une édition donnée h 
Londres, 1801, iii-12. li en a été fait une 
nouvelle à "Paris, avec ce titre : OEuvres de 
Noé, ancien évéque de Lescar, mort évéque de 
Troyes, contenant ses discours, mandements 



et traductions, précédées d'une notice sur la 
vie et les écrits de ccprélat, avec un fac-similé 
de son écriture, 1818,1 vol.in-8". M. de Noé, 
tandis qu'il éiaitsurle siège de Lescar. avait 
été un des quatre évoques qui n'a Ihérèrent 
pjint aux actes du clergé de 1765, concer- 
nant la bulle Unigenilus ; nviis on ne voit 
pas (ju'il ait d'ailieurs rien fait en faveur du 
parti qui refisa de la reconiaitre. 

NOËL (François), s ivant. jésuite allemand, 
missionnaire à la Chine, né vers 16'i-0, ensei- 
gna quelque temj)s les bel es-lettres d.ins sa 
pairie, et s'embarqua à Lisbonne, en 1067, 
pour l'empire de la Chine, que ses travaux 
ont contiib.ié à faire connaître. On ignore 
l'époque de sa mort. On a de lui : des Observa- 
tions astronomiques faites à la Chine, insérées 
par le P. Gouye dans le recueil qui contient 
celles du P. Kichaud et de (j.ielq'ies autres 
nns>ionnaires ; Observationes mathematicœ et 
phgsicœ in Indiael China factœ ab anno 16S4 
iisque ad annum 1708, Prague, 1710, in-'i-'. 
Cet important recueil renferme une foule de 
documents intére>sants. Le catalogue des 
noms chinois, des étoiles et constellations, 
donné pac Deguignes fils, en 1781, dans le 
tome X des Mémoires des savants étrangers, 
n'est qu'une copie faite sur l'ouvrage du 
p. Noël ; Sinensis imperii libri classici sex, 
Prague, 1711, in-i", ou six Livres classiques 
des Chinois, pris parmi ceux d. second Oi de, 
et ((ue doivent apprendre par cœur tous ceux 
qui courent la carrière des lettres et ce le de 
l'administration; Philosophia sinica, Prague, 
1711, m-k": c'est un recueil d'extraits des 
plus célèbres philosophes de la Chine sur la 
connaissance du vrai Dieu, sur l'esprit et le 
sens des cérémonies par les quelles ils hono- 
rent les morts, sur la moale et les devoirs 
de l'homme ; Opuscula poetica, F/ancfort, 
1717, in-12 ; Theologiœ Sunima seu Compen- 
dium, Genève, 1732, 2 vol. in-folio. C'est un 
abrégé des traités 'du P. Suarez, dont le 
recueil, difficile à réunir, formait 23 vol. 
in-fol.o. 

NOËL (Alexandre). Voy. Alexandre. 
NOEMA, liile de Lamech et de Sella, sa 
deuxième femme, [)asse pour avoir inventé la 
manière de filer la laine et de faire la toile. 
Quelques-uns ont cru qu'elle avait épousé 
iNoé, et d'autres, cju'elle était la même ([ue 
la iMinerve des Grecs, nommée aussi Nema- 
noun. 

NOÉMI, femme d'Elimélech, de la tribu 
de Benjamin, ayant été obligée de suivre 
son mari dans le pays des Moaoites, l'y per- 
dit, et maria ses deux hlsChélion et Alaha- 
lon à Orpha et à Ruth, tilles moabites. Ces 
deux jeunes époux étant morts sans la.sser 
d'enfants, Noémi résolut de retourner dans 
la Judée. Ruth ue voulut point la quiitr, et 
elles arrivèrent ensemble à Rethléem, dans 
le temps qu'on commençait à couper les 
orges. Ruth alla glaner dans le champ de 
Booz, homme fort riche, et le proche parent 
d'Elimélech, qui linvita à suivre ses mois- 
sonneurs et à manger avec ses gens. Ruth, 
de retour à la maison, ayant appris à Noémi 
ce qui s'était passé, celle-ci l'avertit que 



105 



NOG 



NOG 



106 



Booz était son proche parent, et elle lui don- 
na un expédient pour le déterminer à l'é- 
pouser. Rulh suivit le conseil de sa b?lle- 
mère, et vint à bout de se marier avec Booz, 
dont elle eut un fils nommé Obed, qui fut un 
des ancêlres de Jésus-Christ. Voy. Ruth. 

NOESSELT ( Jean-Auglste) , doyen de 
l'université de Halle, oij il était né l'an 1734, 
mort le 11 mars 1807, professa longtemps 
avec distinction la philosophie et la tliéolo- 
gie, et fut nommé conseiller privé du roi de 
Prusse en 180G. On a de lui : Défense de la 
vérité et de la divinité de la religion chrétienne, 
5* édition, Augsbourg, 1784, in-8"; sur le mé- 
rite de la morale, Halle, 1777 et 1783, in-S" ; 
Instruction pour la connaissance des meilleurs 
livres de théologie, Leipzig, k' édition, 1800, 
in-S" : cet ouvrage a été continué par Si- 
mon ; Instruction pour les élèves en théologie. 
Halle, 1783-89, 1791, 3 vol. in-8", et plusieurs 
autres traités de morale et de religion. Le 
chancelier Niemeyer lui a consacré une No- 
tice, Halle, 1809, in-8°. 

NOET, Noetus, hérésiarque du m-^ siècle, 
fut maître de Sabellius. 11 enseigna que 
Jésus-Christ n'était pas différent du Père ; 
qu'il n'y avait qu'une seule personne en Dieu, 
qui prenait tantôt le nom de Père, tantôt ce- 
lui de Fils; qui s'était incarnée, qui était née 
de la Vierge, et avait soutfert sur la croix. 
Ayant été cité devant les prêtres, il désavoua 
d'abord ses erreurs. Il ne changea cepen- 
dant pas d'avis, et ayant trouvé le moyen de 
faire adopter ses rêveries par une douzaine 
de personnes, il les professa hautement et 
se tit chef de secte ; il prit le nom de Moyse, 
et donna le nom d'Aaron à son confrère. Ses 
sectateurs s'appelèrent Noétiens. Leurs er- 
reurs étaient les mômes que celles de Pra- 
xéas et de Sabellius. 

NOGARËÏ (Guillaume de), né au xiii' siè- 
cle à Saint-Félix de Caraman,dans le Laura- 
gais, d'une famille qui a été la tige des ducs 
d'Epernon, fut chancelier de Philippe le Bel, 
qui le chargea d'aller signifier au pape Boni- 
face VllI l'appel au futur concile des bulles 
dont le roi se plaignait. II s'acquitta de sa 
commission avec beaucoup de hauteur, de 
dureté {Voy. Boniface VllI), et d'une ma- 
nièie très-propre à faire oublier les torts du 
pape, quoique, par une injustice devenue 
générale, on s'obstine à déclamer contre les 
fautes des pontifes, et qu'on affecte de taire 
celles des rois. Les i)rétentions exorbitan- 
tes des uns sont-elles donc plus criminelles 
que les violences des autres? {Voy. Gé- 
LASE II, Le Noble.) Nogaret, accompagné 
de Sciarra-Colonne ennemi personnel du 
pape, et de trois cents chevaux, s'était rendu 
a Anagni, où Boniface s'était réfugié, afin 
de l'enlever et de le conduire au concile de 
Lyon, pour y être jugé : c'était la veille même 
du jour où le pape devait publier une bulle 
qui déliait les sujets de Philippe du serment 
de fidélité. Les habitants d'Anagni défen- 
dirent le pontife et repoussèrent la troupe 
de Nogaret. Celui-ci revint en France, où il 
eut les sceaux en 1307, ella place de chan- 
celier l'année suivante. Il sollicita l'absolu- 

DlCTIOiNN. DE BlOGUAPHIE UELIG. ill. 



tion pour les violences qu'il avait commises 
contre le pape : et il ne l'obtint qu'à condi- 
tion de passer en Terre-Sainte, et de n'en 
pas revenir ; mais il mourut avant que de 
partir. « S'étant trouvé, comme par hasard, 
« dit un historien estimé, à la rencontre de 
« quelques chevaliers que l'on conduisait à 
« la mort, un de ceux-ci, qui passait les au- 
« très de la tête, l'aperçut et lui cria de tou- 
te tes ses forces : Consid're, indigne ministre, 
« Veffet de tes calomnies et de tes injustices 
« criantes; nous ne pouvons en appeler à ton 
« maitre, puisqu'il est devenu, avec le pape, 
« notre j)lus redoutable ennemi ; mais nous en 
« appelons au Juge des vivants et des morts, 
« plus équitable que ceux qui abusent de son 
« autorité ; c'est à son tribunal que nous te 
« citons aujotird''hui, pour y comparaître 
« dans la huitaine. Effet sui prenant dti la 
« vengeance divine ! Nogaret mourut subite- 
« ment le huitième jour, sans avoir été atta- 
« que ni frappé de personne. » L'historien 
dont nous rapportons ici les paroles ajoute ; 
« Ce n'est ni d'a[)rès le seul Meïer, ni d'après 
« aucun écrivain ennemi de la France, que 
« nous rappelons la fin tragique de Nogaret : 
« d'autres en ont parlé. Belle-Forest dit que, 
« s'il fut absous parle paj^e, il n'échappa pas 
« à la colère de Dieu, et qu'il périt miséra- 
« blement. L'auteur de la Chronique d'Asti, 
« loué pour sa candeur et sa sincérité par 
« Muratori, et qui était contemporain, rap- 
« porte cette mort ainsi que nous l'avons 
« racontée. Meïer se trompe en la plaçant à 
« Tannée 1307; car il est plus que prouvé 
« que Nogaret vivait encore en 1312. » Voy. 

MOLAY. 

NOGAROLA ( Isotta), fille savante de Vé- 
rone, qui vivait dans le xv' siècle, possédait 
les langues, la philosophie, la théologie et 
même les Pères de l'Eglise. Le cardinal Bes- 
sarion fit exprès le voyage de Vérone pour 
s'entretenir avec elle. Isotta était en relation 
avec la plupart des savants de son temjjs. 
Ses lettres les charmaient par la profondeur 
du savoir, par les grâces du style. Elle mourut 
en 1468, à 38 ans, d'autres disent en 1466, 
et quelques-uns en 1446. Elle laissa en latin 
un Dialogue sur la question : Qui d'Adam ou 
d'Eve avait péché le plus grièvemorit en man- 
geant du fruit défondu? Venise, Aide, 1563, 
in-4°. Elle prit le parti de la première femme, 
contre Louis Foscara, qui défendit vivement 
le premier homme, et qui aurait pu mieux 
epiployer son temps. La bibliothèque royale 
de Paris possède un Recueil de lettres de cette 
femme distinguée. Elle ne voulut jamais se 
marier. Paul Matfei, son directeur, lui dédia 
un Traité de la virginité. Scipion Maffei, de 
la même famille que le précédent, et auteur 
de la Mérope, a recueilli dans le tome II de sa 
Verona illustrata, une foule de témoignages 
honorables à Isotta. 

NOGAROLA (Louis), Véronais d'une fa- 
mille illustre, se rendit très-habile dans la 
langue grecque, et s'acquit beaucoup de répu- 
tation par ses Traductions de plusieurs livres 
grecs en latin. Il parut avec éclat au concile 
de Trente, eut des emplois honorables dans 

k 



107 



NOl 



NOL 



108 



sa patrio, ot mourut h AYronn en 1550, ti^6 
d'environ 50 ans. Scipion Malloi place sa 
mort on 155'i'. Onado lui divers nuvraj^es, 
entre autres : De Nili ivcrnvrntn dialngtis; De 
viris illustribns , génère italis, qui grœrc 
f!cripscrunt ; Disputatio sujirr rcginœ liri- 
tannorum divortio : une (rnduction vn latin 
du livre de rUnivers , d'Ocellus Lucanus ; 
Aposlolicœ inslitulioncK, etc. 

NOGHEUA !Jean-Baptistf.), savant jésuite, 
né le 9 mai 1719 à Berbeno dans la Valie- 
line, mort dans sa patrie au mois de nov. 
178i, professa la rh(''toriquc à Milan, et l'élo- 
quence sacrée à Vienne. Après la suppres- 
sion de son ordre, il consacra ses loisirs h la 
composition de divers ouvrages, les uns 
littéraires , les autres dirigés contre les 
mœurs de son temps. Le P. Nogliera est cité 
avec éloge par Tiraboschi, dans Vllist. littér. 
d'It(die , et i)ar le comte Giovio, dans les 
Jfommes illustres du diocèse de Côme. On a 
de lui : Riflcssioni sulla filosofta del bello 
spirito, Bassano, 1778 ; Sulla natura umana e 
sulla religione naturale, Bassano, 1780, 2 vol. 
in-8" ; Sulla religione rivclata, e particolnr- 
mcnto sut cristianesimo,\h., 1773; Su i carat- 
teri divini dcl crisdanrsimo e del suo autore, 
Bassano, 1779 ; Riflessioni per disccrnerc la 
vera Chiesa cristiana, fra tutte le sette che ne 
portano il nome, Bassano, 1782 ; 5»?/a m- 
fallihilita dclla vera Chiesa cristiana, n^l suo 
magistero, Bassano, 1775 ; Sulla infallibilita 
del papa, nel s^io magislero dogmadco, il)., 
1776 ; Sulla podesta delta rrra Chiesa cris- 
tiana, ib., 1778; Sugli spiriti di novita e 
d'antichila, ib., 1779; Sui consiglievangelici, 
e su i lor professori, ib., 1780 ; Praliche délia 
vera Chiesa crisliana, ib., 1783, 3 vol. in-12; 
Riposta alla proposta : Cosa e il papa? ccn 
altra appendice al soggctto relativa, ib., 1783; 
Riposta alla proposta ; Cosa e un vescovo ? 
ib., 178V; Osservazioni sull'Analisi del libro 
inlitotato le Prescrizioni di Tertulliano, ib., 
1783 : critique sage et raisonnée de Tanibu- 
rini, professeur de Pavie, et auteur de l'Ana- 
lyse : Riflessioni sulla divizionc e su i di- 
voti, œuvre posthume, ib., 1786; La mo- 
derna eloquenza sucra italiana. Milan, 1752 ; 
Venise, avec des augm., 1753; Bassano, 
1790 ; De causis eloquentiœ, Bassano, 1786 ; 
Raggionamenti su i nuovi sistemi e metodo 
d'insegnare e d^imparare le belle lettere, ii)id., 
1787. Ces dilférentes OKuvres, imprimées à 
part, ont été réunies en 17 vol. in-8", Bassano, 
1790. On cite encore: Orazioni di Demos- 
thene, volgarizzate e con annostazioni illus- 
trale, Milan, 1753 : cette traduction passe 
pour ôtre élégante et fidèle ; des Mélanges, et 
des Poésies, italiennes et latines. 

NOIR (Jean Le), fameux chanoine et théo- 
logal de Séez, était fils dun conseiller au 
présidial d'Alençon. Il prêcha à Paris et en 
province avec réputation. Il eût pu continuer 
d'employer ulileuje.t ses talents, si une op- 
po-it on, tout à fait déraisonnable, aux déci- 
sions de lEghsc, ne l'eûl brouillé avec son 
évoque, qui avait,donné un mandement pour 
la publication du Formulaire. 11 eut l'audace 
de l'accuser de plusieurs erreurs dans des 



écrits publics. Ses excès indignèrent les gens 
de bien. On nomma des commissaires pour 
le juger; et sur la représentation de ses 
libelles, il fut condamné, le 2'»- avril 168Y, à 
faire amende honorable devant l'église mé- 
tropolitaine de Paris, et aux galères à perpé- 
tuité. Quelques jours a|)rès ce jugement, les 
jansénistes, qui l'avaient égaré h ce point, 
firent courir une complainle latine, dans 
laquell'" on disait : «qu'il était /io('/- de nom, 
« mais blanc par ses vertus et son caractère.» 
Cependant la |)einc des galères ayant é!é com- 
muée, il fut conduit à Saint-Malo, puis dans 
les prisons de Brest, et enfin dans celles de 
Nantes, où il mourut le 22 avril 1602, Agé 
de 70 ans. On a de lui plusieurs ouvrages 
rem|)lis d'injures et d'emportements. 

NOIROT (Jfan-Bai'tiste-Xavieb) , reli- 
gieux dominicain, né eu 1756 en Fi'anche- 
Comté , d'une famille honorable, mort le 
7 déc. 1829, fit ses premières études dans sa 
province, et son noviciat h Paris. Il étudia 
ensuite la philosophie et la théologie au cou- 
vent de Nantes, enseigna lui-môme ces deux 
sciences dans dillerents établissements de 
son ordre, et fut nommé en 1787 procureur 
de la maison de Morlaix ; il se livra en 
môme temps à la prédicaiion, et il s'acquit 
par son éloquence et ses vertus une grande 
influence dans le pays, qu'il ne qiitla point 
pendant la révolution. Exposé à de nom- 
breux dangers pendant la terreur, il parvint 
à se soustraire aux poursuites de ses ennemis, 
et réunit même autour de lui un grand nom- 
bre de prêtres. Lorsque les autels eurent été 
relevés, Noirots'^ rendit utile par des stations 
d'Avent et de Carême, remplies dans plu- 
sieurs villes, h Quimper, Brest, Vannes, 
Saint-Brieuc, Saint-Malo, surtout h Morlaix. 
C'est principalement à lui que les ursulines 
et les cnrmélites doivent leur rétablissement 
dans celte dernière ville : il dirigea ces deux 
communautés renaissantes, qu'il laissa nom- 
breuses et florissantes; il fut aussi le direc- 
teur des filles de Saint-Vincent de Paul. 

NOLDIUS (Chrétien) , né à Hoybia en 
Scanie, l'an 1626, fut nommé en 1650 recteur 
du collège de Landscroon, charge qu'il rem- 
plit pendant quatre ans. Il voyagea ensuite 
en Allemagne, en Hollande, en Angleterre 
et en France, et retourna dans sa patrie en 
1657. Trois ans af)rès il obtint la [)lace de 
gouverneur des enfants du seigneur tie Ger- 
slorlT, grand-maître de la cour de Danemark. 
Noldius devint en 1661 ministre et profes- 
seur de théologie à Copenhague, où il mou- 
rut en 1683. On a de lui plusieurs ouvrages. 
Les principaux sont : Concordanliœ parti- 
cularumhebrœo-chaldaicarum, ouvrage estimé 
dont la meilleure édition est celle d'Iéna, en 
i't3'^, in-4°; Historia Jdumeœ, seu De rita et 
gentis Herodum diatribe ; Sacrarum historia- 
rwn et antiquitatum synopsis; Logica ; une 
nouvelle Edition de l'historien Josèphe, etc. 
Noldius était en commercedc littérature avec 
le célèbre Dorschœus, et avec un grand 
nombre d'autres savants. C'est l'un des pre- 
miers qui ont soutenu « que les diables ne 
«peuvent faire aucun prodige, pour intro- 



109 NON NON HO 

« duire ou autoriser le vice ; » ce qui est caractère naturellement irascible, et l'abbé 
vrai dans le cas seulement qu'il n'y aurait Nonnotte fat un de ceux qui eurent l'hon- 
pas de moyen de dissiper l'illusion, et de neur d'exciter le plus sa- bile. Voltaire lui 
recomiaîlre dans ses opérations le pèr:^ du répondit par une Idfre facétieuse, et ensuite 
mensonge, puisque l'E 'riture nous apprend par des Eclaircissements historiques à l'oc- 
que les magiii<Mis de Pharaon tirent des mer- casion d'un libelle calomnieux contre l'Essai 
veilles surQcilurelles , pour contrediie les sur les mœurs et T esprit des nations, T[)ar Dà- 
ordros que Moïse portait à Piiaraon de la milaville. Ces Eclaircissements furent insé- 
part de Dieu. Voij. le Catéchisme philoso- rés d'ahovd dans V Essai de l'histoire générale, 
phique, p. 357, n" 312. au tome VIII de l'édition de 1761-1763; puis 
NOLIN (Denys), avocat au parlement de dans la Suite d'un Chrétien contre six Juifs. 
Paris, quitta le barreau pour s'appliquer à Dans sa réponse il n'épargna pas, selon sa 
létude de l'Ecriture sainte. On a de lui : coutume, les épithètes les plus grossières et 
Lettres de N. Indes, théologiendeSalamanque, les sarcasmes les plus injurieux. On raconte 
où l'on propose la manière de corriger la un fait assez singulier, qui précéda la publi- 
version grecque des Septante, avec des éclair- cation de l'ouvrage de l abbé Nonnotte, qui 
eissements sur quelques difficultés, Paris, fut imprimé à Avignon, chez Fez. Ce li- 
1708, in-12; deux Dissertations, l'une sur braire avant de le nK^ttre en vente, écrivit 
les bibles françaises jusqu'à l'an 15il; et dit-on, à Volfaire, le 30 avril, pour lui oflFiir 
l'autre sui- l'Eclaircissement et phénomène de supprimer l'édition moyennantune somme 
littéraire et lettre critique de la Dissertation de mdle écus. Voltaire, qui trouva danscette 
anonyme et des lettres de Bichard Simo7i, circonstance une occasion de plaisanter sur 
touchant les antiquités des Chaldéens et des le livre et sur l'auteur, n'accepta pas cette 
Egyptiens, in-t^. Nolin mourut en 1710, otfre :. il aima mieux employer le tiel de sa 
après avoir mené une vie occupée et édi- plume, et le distilla à longs tlots. Malgré ses 
fiante. Sa bibliothèque, choisie avec soin, fut diatribes , l'ouvrage de l'abbé Nonnotte eut 
api es sa mort le partage des pauvres de sa plusieurs éditions, et fut trad. en allemand 
paroisse, dont il avait été le consolateur et et en italien. L'auteur repli [ua à sou tour 
le père. par" une Lettre d'un ami à un ami, sur les 
NONNOTTE (Claude-Fkançois) , jésuite, honnêtetés littéraires, et par nue Réponse aux 
connu par ses démêlés avec Voltaire, naquit Eclaircissements historiques, qui mirent en- 
k Besançon, en 1711. Il entra de bonne heure core en mouvement la bile du philosophe de 
dans la société de Jésus, et prêcha avec suc- Ferney, et augmentèrent sa haine contre le 
ces dans plusieurs villes de France, surtout christianisme et surtout contre les jésuit;'S. 
à Amiens, à Paris et à Versailles. Appelé à L'ouvrage de Nonnolte est resté au nombre 
Turin par le roi de Sardaigne, il fit entendre des bons livres ; il a été réimprimé en 1820, 
la parole sainte devant celte cour, et reçut avec un troi4ème volume, intitulé ; De l'es- 
de Charl s-Emmanuel ill les témoignages les prit de Voltaire dans ses écrits. Après la sup- 
plus flatteurs. C'est en 1762 que commença jtiession de l'ordre des jésuites, l'abbé Non- 
la lutte entre le philosophe de Ferney et le notte se retira à Besançon. 11 fut admis dans 
modeste jésuite, par la publication de l'on- l'académie de cette ville, où, tout en s'occu- 
vrage qui a pour titre : Erreurs de M. de pant de l'histoire de sa province, il continua 
Voltaire, Avignon, 2 vol. in-12. C'est un à travailler à la défense de la religion avec 
examen exact" de VEssai sur l'esprit et les un zèle et un talent qui lui méritèrent un 
mœurs des nations, publié par le premier, bref de Clément XllI, du 7 avril 1768. Dans 
L'abbé Nonnotte y relève non-seulement les ce bref, la pontife en lui donnant des éloges 
principes irréligieux, mais les fausses cita- pour ses louables etibrts, l'exhortait à conti- 
tions et les faits apocryphes. Les Erreurs nuer la réfutation du Dictionnaire philoso- 
sont divisées en deux parties, les erreurs phique de Voltaire; ce que l'abbé Nonnotte 
historiques el]es erreurs dogmatiques. Onwoii tit avec un redoublement d'ardeur. Il était 
dans la première avec quelle attention sou- profondément versé dans l'histoire sacrée et 
tenue Voltaire s'est appliqué, dans son JE'ssa^■ profane, parlait avec facilité l'italien, avait 
d'histoire, à avilir le clergé, à ilétrir la con- une conversation aimable et spirituelle, et 
duite des pa()es, à justiher les ennemis de plaisait autant par la variété de ses connais- 
TEglise; combien ses jugements sur nos rois sances que par l'enjouement de son esprit, 
sont marqués au coin de la malignité, comme II est mort le 3 septembre 1793, âgé de 
ij affecte de rabaisser les Français et de les quatre vingt-deux ans. Il a laissé : Les er- 
mettre au-dessous des étrangers ; enfin avec reurs de M. de Voltaire, Avignon, 1762, 2 
quelle légèreté il substitue ses idées aux faits vol. in-12; Lettre d'un ami à un, ami sur les 
de l'histoire. Dans la seconde, l'abbé Non- honnêtetés littéraires; Réponse aux Ecluircis- 
notte ne s'est pas attaché à signaler toutes sements historiques et aux Additions de Vol- 
les attaques directes ou indirectes de l'en- taire, imprimées séparément, 1766 et 1767 ; 
nemi du christianisme ; son travail eut été Dictionnaire anti-philosophique, pour servir 
trop volumineux : il s'est borné à repousser de commentaire et de correctif au Dictionnaire 
les assertions les plus malignes et les prin- philosophique et autres livres qui ont paru denos 
cipes les i)lus dangereux. On pouvait ju;:;er jours coitire le christianisme, n'6S,in-S''. Cet 
du degré d'importance que le philosophe ouvrage a eu plusieurs éditions. On en ci te une 
attachait aux critiques de ses adversaires en XTêO, qm âpouvliice :L' Anti-Dictionnaire 
par le plus ou moins d'emportemeot de son philosophique. Dictioiinai-rephiiosopliiquede la 



ÏM NOR 

relifjioti, où ion établit touslcs pointsdc ladoc- 
trive attaques par les incrtklules, et où l'on ré- 
pond à toutes leurs objrctions, illk^k vol. in- 
12. Quel (juc soit le uiérilc! do cet ouvragf, il 
suhil des critiques, notamment de la part 
d'un prêtre appelant, «on-François Rivière, 
connu sous le nom d'ablx'îPel vert, qui publia, 
en 1776, dos Lettres d'un théologien à M***, 
où Von examine la doctrine de quelques écri- 
vains modernes contre les incrédules. (Ces 
écrivains ('«taient quatre anciens jésuites, de 
La Mare, Huris, Paulian et Nonnotte.) 11 leur 
reproche des erreurs sur le péché originel, 
sur les œuvres et le salut des infidèles, sur la 
liberté et la grâce, sur la morale, etc., etc., 
c'est-à-dire sur les points où ses opinions, 
comme appelant, ditleraiont des leurs. Les 
philosophes des trois premiers siècles de VE- 
glise, ou Portrait historique des philosophes 
païens qui, ayant embrassé le christianisme, 
en sont devenus les défenseurs par leurs écrits, 
Paris, 1780, in-12. Cet ouvrage peut servir 
de tableau comparatif entre les philosophes 
anciens et les philosophes modernes. On lui 
attribue aussi : Principes de critique sur 
l'époque de rétablissement de la religion chré- 
tienne dans les Gaules, Avignon, 1789, in-12. 
Tous ces ouvrages réunis ont été publiés 
sous le titre (V Ouvrages de V abbé Nonnolte, 
Besançon, 1818, 7 vol. in-8", et in-12, avec 
le portrait de l'auteur, qui avait été gravé 
par son frère Donat Nonnotte (mort en 1785j, 
doyen de l'académie de peinture. C'est 
d'après l'inscription placée au bas de ce por- 
trait (jue l'on a relevé l'erreur où sont tombés 
les rédacteu, s de la France Littéraire, ainsi 
que Chaudon et Delandine, dans leur Diction- 
naire historique {!' édit.), lesquels appellent 
l'abbé Nonnotte Claude-Adrien, et non 
Claude-François , qui étaient ses véritables 
noms. 

NORBERT (saint), né l'an 1082, à Santon, 
ville du duché de Clèves, d'une des plus il- 
lustres familles d'Allemagne, passa à la cour 
de l'empereur Henri V, son parent. 11 y 
brilla par les agréments de son esprit et de 
sa Ogure, et y plut par l'enjouement et la 
douceur de son caractère. La cour produisit 
sur ses mœurs l'ellet qu'elle devait produire : 
elle les adoucit et les corrompit. Norbert, 
touché par la grAce, se retira du sein de la 
corruption, s.- démit do ses Ijénétices, vendit 
son patrimoine et en donna le prix aux pau- 
vres. Dégagé de tous les liens qui le rete- 
naient dans le mon le, il s'en alla de ville en 
ville prêcher le royaume de Dieu. Barthé- 
lemi, évêquc de Laon, lui a.^ant donné un 
vallon solitaire nommé Prémontré, il s'y 
retira en 1120, et y fonda l'ordre des cha- 
noines réguliers qiii porte le nom de ce 
désert. Ses sermons, appuyés par ses exem- 
ples, lui attirèrent une foule de disciples ; 
il leur donna la règle de saint Augustin, et 
Ihabit blanc, qui «'tait celui des clercs , 
mais tout de laine et sans linge. Celtenouvelle 
milice ecclésiastique gardait un silence perpé- 
tuel, jeûnait en tout temps, et ne faisait qu'un 
repas itar jour et très-frugal. Cet ordre fut 
confirmé six ans après, en 1126, par Hono- 



NOR 



H2 



rius H. Il y avait alors huit abbayes fondées, 
outre Prémoi.tié. Le saint instituteur fut 
appelé dans le niôuie temps à Anvers pour 
combattre l'héiétique Tanchelin. Larchevô- 
ché de Magdebourg ayant vaqué, le clergé et 
le peuple le choisirent pour le remplir. H, 
appela ses chanoines dans cette ville, et leur 
vie austère édilia les habitants de Magde- 
bourg. Le dessein de réforme que ce saint 
archevêque méditait inspira à quelques-uns 
une haine si violente, qu'ils attentèrent plu- 
sieurs fois à sa vie. L'occasion du concile 
de Reims, en 1131, le rappela en France pour 
quelque temps; et après avoir eu la conso- 
lation de voir sa maison de Prémontré peu- 
plée de 500 religieux, il alla mourir dans sa 
ville é[>iscopale, en 113i. Grégoire XIII le 
plaça dans le catalogue des saints en 1582. 
Sa Vie a été écrite avec beaucoup de fidélité 
par Hugues, son premier disciple. Charles- 
Louis Hugo, abbé d'Estival, en a donné une 
édition enrichie de notes savantes, Luxem- 
bourg, 170^ (Voy. HuGoJ. On en a une autre 
de Jean-Chrysostôme van der Sterre, abbé de 
Saint-Michel à Anvers, 1656, in-i°. Quoique 
cet ordre ait apporté divers adoucissements 
à la première rigueur de son institution, 
c'est un de ceux qui honoraient le plus et 
servaient le plus utilement l'Eglise catholi- 
que. Si on excepte quelques maisons où l'es- 
prit du siècle s'était introduit dans les der- 
nières années, la régularité, rap|)lication à 
l'étude, des mœurs pures, un zèle actif et 
éclairé distinguaient encore les enfants de 
saint Norbert. Ils avaient dans plusieurs pays 
un grand nombre de cures à administrer, et 
ils s'acquittaient de cet emploi important 
avec beaucoup de fruit et d'édification. Il 
est naturel que des hommes qui ont pris 
dans le sein de la vie religieuse des grands 
principes de charité, de zèle, de désintéres- 
sement, qui sont à l'abri de toute appréhen- 
sion pour l'avenir, et ne songent point à 
laisser d'héritage à leurs parents , soient 
excellemment propres aux fonctions pasto- 
rales. C'est sans doute cette considération 
qui, durant plusieurs siècles, a fait choisir 
les évoques dans les monastères. En vain 
dit-on que c'étaient des siècles d'ignorance, 
où parmi le clergé séculier on ne trouvait 
point de sujets capables ou dignes de l'épis- 
copat. Cela prouve au moins que la science 
et la vertu se conservent plus aisément et 
se nourrissent mieux dans la retraite et le 
silence des monastères, puisfju'elles y ont 
persévéré, tandis que l'ignorance et le vice 
couvraient la face de la terre. Du reste, ce 
n'est point dans les siècles d'ignorance que 
l'usage d'employer les religieux au service 
des églises a été établi. On lit, dans laF?e de 
saint Eusèbe de Verceil, qu'il introduisit en 
Occident celte coutume, que l'Orient avait 
depuis longtemps adoptée : Primus in Occi- 
dentis partibus in eadem Ecclesia eosdem mo- 
nachos instituit esse quos et clericos, ut esset 
in ipsis viris et contemptus rerum et accura- 
tio Levitarum. (Voy. Jonadab.) Du reste, 
quelque utile que soit cet ordre respectable, 
surtout dans ces temps de subversion et 



il5 



NOR 



3N0R 



114 



d'incrédulité, on ne doit pas croire qu'il ait 
échappé aux déclamations de la philosophie : 
tout au contraire, c'est par là même qu'il les 
a méritées ; et de quelque manière que se 
conduisent les hommes dévoués à la religion, 
le monde saura toujours les conlrùier à sa 
mode. « Lorsque les moines, dit un critique 
« très-judicieux, sont demeurés dans la so- 
« litude , on leur a reproché de mener la 
« vie des ours; lorsque des révolutions fâ- 
« cheuses les ont forcés de se rapprocher 
« des villes, on a imaginé que c'était par 
« ambition; tandis qu'ils se sont bornés au 
« travail des mains et à la prière, on a in- 
« sisté sur leur ignorance; dès qu'ils se sont 
« livrés à l'élude, on les a blûmés d'avoir 
« renoncé à leur première profession, et 
« l'on a prétendu qu'ils avaient retardé le 
« progrès des sciences. Nos profonds rais'on- 
« neurs ne pardonnent pas plus la vie aus- 
« tère et mortifiée, dans laquelle les moines 
« orientaux persévèrent depuis sei/e siè- 
« clés, que le relâchement qui s'est introduit 
« peu h peu dans les ordres religieux de 
« l'Occident. S'ils sont pauvres, ils sont à 
« charge au peuple; s'ils sont riches, on 
« opine à les dépouiller; s'ils sont pieux et 
« retirés, c'est superstition, c'est fanatisme ; 
« s'ils paraissent dans le monde, on dit que 
«( c'est pour se dissiper. Comment conteii- 
« ter des esprits bizarres qui ne peuvent 
«( souffrir dans les moines ni le repos ni le 
« travail, ni la solitude ni l'esprit de société, 
« ni les richesses ni la pauvreté? » Voy. 
saint Fkançois, Burnet, Evrard. 

NORBERT (le Père), capucin dont le vrai 
nom était Pierre Parisot, naquit à Bar-le- 
Duc, l'an 1697, d'un tisserand, à ce que dit 
Chevrier. 11 fit sa profession chez les capu- 
cins de Saint-Michel, en 171G. Le provincial 
allant à Rome, pour assister à l'élection d'un 
général en 173i, emmena avec lui le père 
Norbert en qualité de secrétaire. Le capucin 
lorrain, avec l'air lourd, avait l'esprit intri- 
gant. Les cardinaux, dont il se procura la 
bienveillance, lui firent avoir la place de 
procureur-général des missions étrangères. 
En 1736, il était à Pondichéri, bien accueilli 
par le gouverneur Dupleix, qui l'en nomma 
curé. Fort de cette protection, il essaya de 
satisfaire sa haine contre les jésuites, en les 
faisant exclure de tous les établissements 
français. Son caractère inquiet et tracassier 
le fit bientôt destituer de son emploi, sur les 
représentations de M. l'évêque de Saint- 
Thomé, et du père Thomas de Poitiers, su- 
périeur-général des capucins de Madras et 
de Pondichéri, qui le qualifie de brouillon, 
de mauvais génie, d'orgueilleux, etc. Il en 
était venu jusqu'à fabriquer une approbation 
épiscopale pour un -de ses libelles et à la si- 
gner du nom de l'évêque. De là il passa 
dans les îles de l'Amérique, d'où, après un 
séjour de deux ou trois ans, il revint à Rome 
en 1744; mais il n'y séjourna pas longtemps, 
et fut obligé de se retirer à Lucques, où il 
fit paraître son ouvrage au sujet des rites 
malabares, en 2 vol. in-k", sous le titre de 
Mémoires historiques sur les missions (les In- 



des, que Benoît \IV condamna par un décret 
du 1" avril 1745, et dont M. de Beizunce, 
évêque de Marseille, dévoila en partie les 
impostures dans deux Instructions pasto- 
rales, l'une du 22, l'autre du 29 janvier 1745. 
L'abbé des Fontaines, surpris de cette levée 
de bouclier de la part d'un capucin, dont 
l'ordre passait pour attaché aux jésuites, lui 
appliqua ces mots connus : Et tu quoque. 
Brute, qu'il traduisit malignement ainsi : Et 
toi aussi, Brute. Les confrères du père Nor- 
bert désapprouvèrent sa conduite et ses 
écrits. La crainte d'être exposé à des péni- 
tences claustrales, peut-être encore l'incons- 
tance ou quelque chose de plus, lui firent 
déserter son ordre. 11 se retira chez les pro- 
testants, et demeura quelque temps en Hol- 
lande et en Angleterre, où sous le nom da 
Peters Parisot, il établit une fabrique d© 
chandelles, puis une manufacture de tapisse- 
ries que la rareté des bons ouvriers et le 
prix excessif de la main-d'œuvre empêchè- 
rent de prospérer, malgré la protection que 
lui avait accordée le duc de Cumberland. 
Muni de lettres de recommandation de sort 
protecteur , il passa en Prusse, où il prit lo 
nom de Curel, et puis dans le duché d© 
Brunswick. Clément XIII, espérant le rame- 
ner de ses égarements, lui accorda, en 1759, 
la permission de porter l'habit de prêtre sé- 
culier : il prit alors le nom de Platel, revint 
en France, passa derechef en Angleterre, et 
de là en Portugal , où ses écrits contre les 
jésuites lui obtinrent une pension du mar- 
qiiis de Pombal. (Voy. Malagrida.) Enfin il 
revint en France faire réimprimer ses ou- 
vrages en 6 vol. in-4°, 1768. 11 mourut près 
de Commerci le 7 juillet 1769. Les person- 
nes qui l'ont connu dans les dernières an- 
nées de sa vie assurent que sa bile s'échauf- 
fait lorsqu'on parlait des jésuites, et qu'il ne 
pouvait entendre prononcer leur nom ave& 
tranquillité : c'était une espèce de maladie 
qui, à quelques égards, semblait tenir à l'é- 
nerguménisme. Ceux qui désirent de voir 
des détails curieux sur la vie de ce religieux 
errant, peuvent consulter le mandement de 
l'évêque de Sisteron, du 24 avril 1745, et la 
lettre de Benoît XIV à l'archevêque de Ce- 
sarée, nonce à Bruxelles, le 11 novembre 
1747, où ce pape fait un déiail frappant et 
curieux de toutes les fourberies et méchan- 
cetés de ce mauvais cénobite. Elle se trouve 
en entier dans le Journ. hist. et litt., V^ 
juillet 1787, p. 540. On connaît cette épi- 
gramme faite par un homme qui apparem- 
ment n'était pas de ses amis : 

Enfant de Tordre scraphique, 

Le destin me lit anglican, 
Pour la seconde fois je deviens catholique. 
Encore une disgrâce et je prends le turban. 

Chevrier a donné sa Vie en 1762, in-12. 

NORDIN (Charles-Gustave), évoque et 
antiquaire suédois, né l'an 1749 à Stockholm, 
lit SOS études à l'université d'Upsal, et y 
soutint en 1771 une thèse De usujuris natu- 
ralis in vita civili, afin d'obtenir le titre de 
raagister. Nordin en soutint, deux ans après, 



115 



NOR 



NOR 



116 



une autre sous ce titre : Monumenta sueco-f/d- 
thica vetustioris œvi falso meritoque suspecta, 
où il examine la prétendue <-uillienlicité du 
manuscrit runi(jne S(u/n de Hialmar et Ra- 
mer. Dans cette dissert ilion, il pronu-tliit 
d'examiner pareillement h; bref du pa|)0 
Grégoire IV, au sujet de l'institution eaiio- 
nique d'AnS(;haire en qualité d'arcliev(^que, 
le ()riviI6ge de i'eniMei'eur Louis le Débon- 
naire accordé h saint Anschaire, la bulle du 
pa;'e Agapd II et celle deSilve^tre II, conte- 
nant la défense de faire iisa^^e des runes et 
dautres actes suspects concernant le nord ; 
raais cette suite n'a [)0înt paru. L'étude qu'il 
fit des auteurs latins, à l'occasion de ses 
recherclies sur le Nord, Tameua h penser, 
comme le P. Hardouin, que les grands écri- 
vains de la latinité avaient été interpolés, 
falsiliés, fabriqués même dans les cloîtres 
du moyen Age, opinion étrange qui contraste 
avec sa réputation de sagacité, et qu'il ne 
communiqua qu'à ses am's et à ses confrè- 
res. Nommé lecteur au gymnase d'Herno- 
sand en 1775, il se prépara aux fonctions 
ecclésiastiques et publia une dissertation : 
Lineamenta doctrinœ de illuminatione homi- 
nis irreijenili, 1781, qui lui valut la place de 
lecteur en théologie. A celte époque, le mi- 
nistère voulut le charger de composer un 
Corpus diplomaticum de la Suède, d'après le 
plan tracé parNordin lui-môme, et il fut ap- 
pelé à Stockholm pour y rassembler les maté- 
riaux de ce grand ouvrage dans les biblio- 
thèques et les archives. En 178G , il fut 
nommé membre de l'académie suédoise et 
de l'académie des belles-lettres, et il pro- 
nonça comme académicien un discours con- 
tenant des remarques sur les variations du 
langage suédois depuis les temps les plus 
anciens jusqu'au roi Charles XI. Il composa 
aussi un mémoire contenant des recherches 
sur l'histoire du nord, d'après Tacite, Adam 
de Brème, Rimbert et Saxo, qui n'a point 
vu le jour. Nommé d'abord pasteur à Sl^el- 
ïeftea, dans le diocèse d'Hernosand, Nordin 
fut ensuite appelé à la prévôté de cet évô- 
ché, et envoyé par le diocèse à la diète de 
Stockholm, en qualité de représentant du 
clergé. Il soutint les pro.)Ositions ecclésias- 
tiques faites par le gouvernement, et reçut 
pfeu après le b.evet d'historiographe de l'or- 
dre du Séraphin. Le roi Gustave, dont il 
possédait toute la confiance, ayant été as- 
sassiné en 1792, Nordin se retira dans sa 
prévôté et reprit ses fonctions de lecteur, il 
obtint successivement la cure de Nora dans 
l'Angermanie, l'honneur de siéger à la diète 
de Norkœping en 1800, et le titre de docteur 
^n théologie. C'est en 1805 que Nordin fut 
xiommé évèque d'Hernosand. Déjà il avait 
travaillé à la propagation de l'Evangile parmi 
les Lapons; il contribua à l'érection de plu- 
sieurs chapelles dans les paroisses éloi- 
gnées, et fit achever la traductirin laponne 
de la Bible, dont une partie, contenant le 
Nouveau Testament, avait paru en 1755. En 
1809, la révolution qui renversa le fils de 
Gustave III l'appela de nouveau à l'as- 
semblée des représentants du royaume, où 



il coopéra au projet de la nouvelle constitu- 
tion. Nordin mourut à Ilernosand le ik mars 
1812. Ce prélat avait réuni une; imincnse 
collection do matériaux pour l'histoire de 
Suède : ce sont des chroniques et annales 
imprimées ou maniiscriles des chai tes, des 
généalogies, des nécrologies, des actes pu- 
blics de tout genre, etc. Cette collection qui 
formi environ 2400 volumes, et dont le 
l)rofesseur Faut a dressé le catalogue, a été 
achetée par le prince Beruadotte, depuis roi 
de Suède, et donnée par lui à l'académie 
d'Upsal. 

NOKIS (le cardinal Henri), né à "Vérone 
en 1631, d'une famille originaire d'Irlande, 
montra dès son enfance beaucoup d'esprit 
et d'application à l'étude. Son goût pour les 
ouvrages de saint Augustin l'engagea à pren- 
dre l'habit des ermites qui potleiit le nora 
de ce Père de l'Eglise. Le général, instruit 
de son mérite, l'appela à Rome. Ses talents 
le firent choisir pour professer dans di de- 
rentes maisons de son ordre. Il s'en acquitta 
avec tant de succès, que le grand -duc de 
Toscane le prit pour son théologien et lui 
confia la chaire d'histoire ecclési istique dans 
l'université de Pise. Le premier ouvia^^e 
qui! donna au public fut son flistoire péla- 
7«>nne, imprimée à Florence en 1G73, in-fol. 
Elle fit beaucoup de bruit. On lança une 
foule d'écrits contre lui ; il répondit. La 
querelle s'échaufla, et fut portée au tribunal 
de l'inquisition. Son ouvrage y fut mis au 
creuset, et en sortit alors sans flétrissure. 
Mais, longtemps ai)rès, le grand inquisiteur 
d'Es;iagne le plaça, en 1747, dans l'index des 
livres proscrits. Benoît XIV s'en |)laignil en 
17V8, dans une lettre à cet inquisiteur, qui 
n'y eut aucun égard; mais son successeur 
annula le décret en 1750. Clément XIII 
nomma Noris qualificateur du saint Office. 
Innocent Xlî le nomma bibliothécaire du 
Vatican, le fit consulteur d(î l'inquisition, et 
bientôt après cardinal en 1G95.I1 fut nommé 
deux ans après pour travailler à la réforme 
du calendrier; mais il ne put pas s'occuper 
longtemps de ce grand ouvrage, qui n'était 
pas d'ailleurs dans son genre, et pour lequel 
il n'avait pas de talent b.en prononcé. 11 
commençait à sentir les atteintes d'une hy- 
dropisie incurable. La mort l'enleva à la ré- 
publique des lettres en 1704, à 73 ans. Sun 
esprit était plein de vivacité, et sa mémoire 
heureuse. Ses ouvrages ont été recueillis de 
1729 à J732, à Vérone, en 5 vol. in-fol. Les 
principaux sont : Historiœ pelagianœ librill; 
Disse.rtatio historica de synodo quinta œcu- 
mcnica; Vindiciœ auyustinianœ ; Dissertât io 
de uno ex Trinitale in carne passo ; Apolo- 
gia rnonachorum Scythiœ, ab Anonymi scru- 
pulis vindicata; Anonymi scruputi circa ve^- 
teres semipelagianorum sectatores , cvulsi ac 
eradicati; responsio ad Appendicem auctoris 
scrupulorum ; Responsiones III ad anony- 
mum qui Norisio jansenismum imputarat ; 
Soinniu Francisci Macedo de annis Augusti- 
ni, etc. ; Epochœ Syro-Macedonum, imprimé 
séparément, in-fol. et in-4". C'est avec le se- 
cours des médailles que l'auteur éciaircit les 



117 



NOT 



NO 13 



11$ 



différentes époques des Syro-Macédoniens. 
De diiobus nummis Diocletiani et Licinii dis- 
sertatio duplex, production digne de la pré- 
cédente; Parœnesis ad Patrem Harduinum. 
Le cardinal Noris avait relevé les extrava- 
gances de ce jésuite dans plusieurs de ses 
écrits ; il le fait dans celui-ci d'une manière 
particulière. Ce n'est pas le seul homme 
contre lequel il ait écrit. Il aimait les guer- 
res de plume : sensible à la critique et aux 
éloges, il se perraelt ut contre ses adversai- 
res, môme les plus dignes d'estime, des rail- 
leries et des injures qui n'honoraient i)as 
son savoir. 11 appelle l'illustrePetau un criard 
( clamantem ) , le savant Sirmond un bon 
vieillard ( honum senem ). L'on ne peut dis- 
convenir qu'il n'eût du ponc^'ant pour les 
opinions extrêmes , et que la VL-hémence 
avec laquelle il h-s défendait ne lui ait fait 
dire bien des choses qui ne lui seraient point 
échappées dans des moments plus calmes. 
Les réponses à ses critiques sont aussi fai- 
bles par les raisons, qu'elles sont dures , 
âpres et malhonnêtes par la manière. On 
s'aperçoit sans peine que l'éducation lui a 
manqué, et qu(î dans le cloître on a négligé 
de réparer ce défaut. Cenotaphia pisana Caii 
et Lucii Cœsarum, in-fol. 11 y a une édition 
de ÏHistoire pélagienne do Louvain, 1702, à 
laquelle on joignit cinq dissertations histo- 
riques, avec les écrits dont nous avons parlé 
aux n"^ 2 et 3. On a sa Vie, par les Ballerini, 
frères. Il y a une autre Vie, par Bianchini, 
dans les Vite degli Arcadi : Nicéron en a 
donné une analyse dans le tom. III de ses 
Mémoires. 

NOTCIER, issu d'une illustre famille de 
Souabe, embrassa la vie monastique à Saint- 
Gall, et s'y distingua tellement par son éru- 
dition, qu'il fut appelé dans le célèbre mo- 
nastère de Stavelo, pour y enseigner les 
hautes sciences. Il fut ensuite élevé sur le 
siège épiscopal de Liège l'an 971. Il s'y dis- 
tingua par toutes les vertus qui font lorne- 
ment de l'épiscopat. Ce qu'il eut le plus à 
cœur, ce fut l'éducation de la jeunesse ; il 
ne crut point s'abaisser en consacrant ses 
moments de loisir à enseigner les jeunes 
gens dans lesquels il trouvait des disposi- 
tions pour les lettres. On peut le regarder 
comme le second fondateur de la ville de 
Liège. Il la lit ceindre de murailles, et l'orna 
de beaux bâtiments. Les collégiales de Saint- 
Jean évangéhste, de Sainte-Croix, de Saint- 
Deiiys à Liège ; l'église de Malines , celle 
d'Ais-la-Chapelle, etc., le comptent au nom- 
bre de leurs fondateurs. Il mourut l'an 1007. 
Aubert Le Mire croit qu'il a composé, avec 
Hérigère, abbé de Lobbes, mort l'an 1007, 
V Histoire des évêques de Liège; mais il est 
plus que vraisemblable que Hérigère la com- 
posa seul, à la solhciiation de Notger. Elle 
est insérée dans les Gesta pontificuïn leodien- 
siuin de Chapeauville. 

NOTKER (saintj, surnommé Balbulus ou 
le Bègue, moine deSaint-Gall, né à Hedigau 
près de cette abbaye, mort le 6 avril 912, est 
auteur dun Martyrologe publié dans Ics.ln- 
tiquœ lectiones de Henri Canisius, mais pas 



en entier. On conserve quelques manuscrits 
de saint Notker dans la bibliothèque de 
Saint-Gall : les Vies des saints Gall et Frido- 
lin, abbés; Paraphrase, en langue teuto- 
nique, des Psaumes. Lambecius, pour en 
donner une idée, a inséré la paraphrase du 
premier psaume dans son Commentaire de la 
Bibliothèque de Vienne, liv. ii, chap. 5. On 
trouve plusieurs ouvrages de ce saint d.Tiis 
le Novus Thésaurus monumentorum de dom 
Pez, Augsbourg, 1721 à 1729, 5 vol. in-fol. 
Sigebert et Honorât confondent Notker avec 
Notger, évêque de Liège. 

NOUEÏ (Jacques), jésuite, né l'an 1605 au 
Mans, fut d'abord professeur d'humanités, et 
se consacra ensuite à la prédication. Selon 
ce que rapporte Dupin, autour de V Histoire 
ecclésiastique du s.\iV siècle, le Père Nouet 
attaqua dans ses sermons le livre de la Fré- 
quente communion du fameux Arnauld; mais 
comme ce livre avait été approuvé par des 
évêques, ceux-ci, conjointement avec d'au- 
tres prélats, firent comparaître le Père Nouet 
dans une assemblée qu'ils tinrent à Paris, et 
où ii fut contraint de désavouer ce qu'il avait 
avancé contre l'ouvrage d'Arnauld. Après 
cette disgrâce, il devint recteur des collèges 
d'xilençon et d'Arras, place qu'il exerça pe:i- 
dant 2a années. D'après DUpin, déjà cité, et 
d'où nous tirons ces faits, le Père Nouet fut 
un des plus ardents adversaires de Lenoir, 
contre lequel il publia cet ouvrage : Remcr- 
ciments du consistoire de N. aux théologiens 
d'Alençon, disciples de saint Augustin, il di- 
rigea aussi contre Pascal cet écrit : Réponse 
aux Provinciales. On a encore do lui plu- 
sieurs livres ascétiques , ({ui parurent en 
lG7i à 1678, et qu'on lit encore avec fruit , 
savoir: Méditations sur la vie cachée, souf- 
frante et glorieuse de Jésus-Christ, 7 vol. 
in-12 ; la Vie de Jésus-Christ dans les saints, 
2 vol. ; Y Homme d'oraison, 5 vol. réimpri- 
més en 1707 ; La dévotion à Jésus-Christ , 
1663, 3 vol. in-i°; Réponse mt ministre Claude 
sur la présence réelle, 1668; Méditations et 
entretiens pour tous les jours de l'année, sur 
la vie, la doctrine et la personne sacrée de 
Notre-Seigneur, Paris, 1675, 6 tom. en 8 vol. 
in-12. On y trouve la Vie de Jésus-Christ dans 
les saints, qui forme 2 vol. ; L'Homme d'orai- 
son, sa conduite dans les voies du salut, Pa- 
ris, 1695, 5 vol. in-12. C'est le |)lus estimé 
de ses ouvrages : il a été réimprimé en 
1767. On a fait entrer , dans un ouvrage 
intitulé Bibliothèque des familles chrétiennes, 
24 vol. in-18, un choix des méditations du 
Père Nouet, sous le titre de Méditations pour 
tous les dimanches de l'année, Paris, 1828, 2 
vol. On a annoncé à Lyon une nouvelle édi- 
tion des principaux écrits de ce jésuite, sous 
le titre d'OJEuvres spirituelles de R. P. Jac- 

?ues Nouet, de la compagnie de Jésus, ou 
Homme d'oraison, 15 vol. in-12, compre- 
nant : les Méditations, 8 vol. in-12, des Re- 
traites annuelles, en h vol. , et pour se pré- 
parer à la mort, 1 vol. ; Conduite dans les 
voies de Dieu, 2 vol. Comme le style du Père 
Nouet n'a que très-peu d'expressions suran- 
nées, l'éliteur annonçait qu'il conservera-t 



119 



NOV 



le texte de ce pioux et savant religieux dans 
toute son intc'j^rité. Ses ouvrages ('taiont de- 
venus si rares, qu';\ peine on en trouvait des 
exeinjilaircs coin|)lets.Le F*^ro Nouel mourut 
à Paris en 16S(), A^Y" de 75 ans. 

N0ULL1L\U (Jk^x-IJaptisti:), né h Sainl- 
Brieuc en IGOV, de parents distingués dans 
la magistrature, entra dans la congrégation 
de l'Oratoire, et devint archidiacre de Saint- 
Brieuc en 1089, puis tiiéologal en lOVO. 11 
prôcfia avec ap|)l,ui(lissenient h Saint-VIalo, à 
Paris et dans plusieurs autres villes. Son 
zèle pour le jiarti jansénien l'ayant engagé 
dans de fausses démarches. La JJarde , son 
évéque, l'interdit de toutes fonctions ecclé- 
siastiques dans son diocèse. NouUcau com- 
])Osa plusieurs écrits (?l factums pour sa dé- 
fense ; mais,ne i^ouvant réussir à faire lever 
son interdit , il fit jiendant trois ans sept 
lieues par jour, [)0ur se rendre à Saint-Guel, 
dans le diocèse de Dol,a(in d'y dire la messe 
en déf)it de son évè(iue.Il mourut vcrslG72. 
On a de lui : Politique chrétienne et ecclésias- 
tique, pour chacun de tous messieurs de ras- 
semblée générale du clergé, en 1065 et 16G6, 
in-12, livre oublié; V Esprit du christianisme 
dans le saint sacrifice de la messe, in-12; 
Traité de Vextinction des procès, in-12 ; De 
l'usage canonique de l'Eglise, in-12, etc. 

NÔURRY (doni Nicolas Le), né K Dieppe 
en lGi7, bénédictin de la congrégation de 
Saint-Maur en 1665, s'appliqua avec succès 
à l'étude de l'antiquité ecclésiastique. Ce sa- 
vant religieux, également estimable par ses 
mœurs et par ses connaissances, mourut à 
Paris en 172V, à 77 ans. A la piété tendre 
qui l'animait il joignait un caractère bon et 
officieux. L'édition des OEuvres de Cassio- 
dore est le fruit de son travail et celui de 
(lom Garet, son confrère, il travailla avec 
dom Jean Duchesnc et dom Julien Pellaise, 
à l'édition des OEuvres de saint Ambroise, 
i|u'il continua avec dom Jacques Frische. On 
a de lui 2 vol. , sous le tilre de Apparatus 
ad Bihliothecam Patrum, Paris, in-fol., 1703 
et 1715. Le premier volume est rare, et le 
second plus commun. On les joint à la Bi- 
bliothèque des Pères de Philippe Despont, 
Lyon, 1777, 2 vol, in-fol., et avec VindexdQ 
Siméon de Sainte-Croix, Gènes, 1707, in- 
fol. Le tout forme trente volumes, il y en a 
qui y joignent Bibliotheca Patrum primi- 
tivœ Ecclesiœ, Lyon, 1680, in-fol. La collec- 
tion de dom Le Nourry renferme des disser- 
tations remplies de recherches curieuses et 
savantes sur la vie, les écrits et les senti- 
ments des Pères, dont il éclaircit un grand 
nombre de passages difficiles. On a encore 
de lui une dissertation sur le traité De mor- 
tibus persecutorum, Paris, 1710, in-8°. Il pré- 
tend mal à proj)Os que ce traité n'est point 
de Lactance. Voy. Lactance. 

NOVARIN ou NOVARIM (Louis), reli- 
gieux théatin de Vérone, mort dans sa pairie 
le l'i- janvier 1650, à 56 ans, exerça les pre- 
miers emplois de son ordre, il él'ait habile 
dans l'hébreu et dans les autres langues 
orientales, et se fit aimer des princes et des 
savants de son temps. Il a compilé un grand 



NOV 120 

nombre d'ouvrages ; mais il n'y a mis ni 
choix ni discernement. Les principaux sont : 
des Commentaires sur les quatre Evangiles et 
sur les Actes des apôtres, 4- vol. in-fol. ; Elecla 
sacra, 6 vol. in-fol. ; Adagia sanctorwn Pa- 
trum., etc., 2 vol. in-fol. ; Calamita de cuori, 
Vérone, 16V7, in-16. C'est sous ce titre sin- 
gulier qu'il a écrit la Yie de Jésus-Christ dans 
le sein de la sainte Vierge. Paradiso liet- 
leemme, Vérone, 16V6, in-16. C'est la vie de 
Jésus-Chiist dans la crèche. Ces deux der- 
niers sont recliercliés pour leur singularité. 

NOVAT, Novatus , prêtre de l'Eglise de 
Carthage au m' siècle, était un homme per- 
fide, arrogant, dévoré d'une extrêuje avarice, 
et qui pillait etVrontément les biens de l'E- 
glise, des |)upilles et des |)auvies. 11 crut évi- 
ter la punition de ses crimes en se sé()arant 
de son évoque. 11 s'arrogea le droit d'ordon- 
ner diacre Félicissime, honmie qui lui res- 
semblait , s'unit avec lui contre saintCynrien, 
et prétendit qu'on devait recevoir les laps à 
la communion, sans aucune pénitence. No- 
vat , étant allé à Rome, en 251, s'unit avec 
Novatien, et embrassa l'erreur de ceiUi-ci , 
diamétralement opposée à celle qu'il avait 
soutenue en Afrique ; cette union causa non- 
seulement le premier schisme, mais lit en- 
core une hérésie. Voy. l'article suivant. 

NOVATIEN, antipape en 251. H était d'a- 
bord philosoj)he païen. Se trouvant dange- 
reusement malade, il demanda le baptême, 
et on le lui conféra dans son lit. Etant relevé 
de sa maladie, il fut quelque temps après or- 
donné prêtre, contre les règles canoniques 
et contre l'avis de son évêque. Son éloquence 
lui acquit une grande réputation. Cet ambi- 
tieux portait ses vues sur le siège de Rome, 
et fut si outré de se voir préférer Corneille, 
après la mort du pape Fabien, qu'il publia 
contre le nouvel élu des calomnies atroces. 
S'étant uni avec Noval, ils firent venir trois 
évoques simples et ignorants , et les ayant 
fait boire, ils les obligèrent d'ordonner No- 
vatien évêque de Rome. Cette ordination ir- 
régulière produisit un schisme funeste , (jui 
dégénéra en hérésie ; car Novatien soutint 
que l'Eglise n'avait pas le {wavoir de rece- 
voir à la communion ceux qui étaient tom- 
bés dans l'idolâtrie, et se sépara de Corneille. 
Ses premiers disciples n'étendirent pas plus 
loin la sévérité de leur discipline. Dans la 
suite, les novatiens exclurent pour toujours 
ceux qui avaient commis des péchés pour 
lesquels on était mis en pénitence : tels 
étaient l'adultère, la fornication ; ils condam- 
nèrent ensuite les secondes noces. H y avait 
encore des novatiens en Afrique du temps 
de saint Léon, et en Occident jusqu'au viu" 
siècle. Les novatiens prirent le nom de ca- 
thares, c'est-à-dire purs ; ils avaient un grand 
mépris pour les catholiques, et lorsque quel- 
qu'un d'eux embrassait leur sentiment, iis le 
rebaptisaient. Novatien ne faisait que renou- 
veler l'ejreur des montanistes.( Fo//. MONTAN.) 
A beaucoup d'orgueil il joignait un caractère 
dur et austère. On lui attiibue le Traité de 
la Trinité , ](i Livre des viandes juives , qui 
sont parmi les OEuvres de Tertullim, et un© 



4âi 



OAT 



OAT 



m 



Lettre qu'on itrouve parmi celles de saint 
Cyprien. C'est lui, et non pas Novat, qui a 
donné son nom aux hérétiques appelés No- 
vntiens. Jackson a publié à Londres, en 1728, 
in -4°, une édition de tous les ouvrages 
de Novatien. Relativement à l'édition de ses 
écrits donnée par M. Migne , voy. Lucien, et 
Tertullien. 

NOYERS (Hugues de) , évêque d'Auxerre 
en 1183, fut informé de quelques désordres 
de Pierre de Courtenai, comte d'Auxerre, qui 
le forcèrent à l'excommunier. Le comte, 
pour s'en venger, chassa tous les ecclésias- 
tiques de l'église cathédrale. L'excommuni- 
cation, qui dura assez longtemps , fut enfin 
levée, à condition que le comte déterrerait 
un enfant qu'il avait enterré dans une salle 
de l'évêché, et qu'il l'apporterait pieds nus 
et en chemise dans le cimetière, ce qui fut 
exécuté à la vue de tout le peuple. Ces usa- 
ges, sacrés dans des temps que nous nom- 
mons barbares, et qui aujourd'hui paraîtraient 
bien ridicules , avaient le précieux effet de 
punir et de contenir la violence des hommes 
scélérats et puissants. Hugues mourut en 
1206. 

NUMÉNIUS, philosophe grec du ii' sièole, 
natif d'Apamée, ville de Syrie, suivait les 
opinions-de Pythagore et de Platon, qu'il tâ- 
chait de concilier ensemble. Il prétendait que 
Platon avait tiré de Moïse ce qu'il dit de 
Dieu et de la création du monde. Qu est-ce 
que Platon ? disait-il , sinon Moyse parlant 
athénien ? Numénius pouvait dire vrai, et l'on 
ne peut guère douter en lisant quelques pas- 
sages de Platon, qu'il n'ait eu connaissance 
des Livres saints ; mais rien n'empêche de 
croire que la tradition primitive, encore sub- 
sistante dans quelques-unes de ses parties, 
a pu instruire les philosophes de la création 
et du Dieu créateur, supposé que la raison, 
abandonnée à elle-même , ne puisse attein- 
dre è celte connaissance. Voy. Ophionée , 
Lavaur, etc. 11 ne nous reste de Numénius 



que des fragments qui se trouvent dans Ori- 
gène, Eusèbe, etc. Ce philosophe était un 
modèle de sagesse. 

NYEL (le Père), missionnaire français, et 
jésuite, né en Alsace, fut désigné par ses su- 
périeurs pour aller rejoindre ses confrères 
dans les missions de la Chine. Comme la 
guerre de la Succession empêchait alors de 
s'y rendre par la voie ordinaire, les Anglais 
et les Néerlandais formant aux navires fran- 
çais le passage des détroits de la Sonde et de 
Malacca, on jugea plus prudent de suivre la 
voie de l'ouest, en franchissant le détroit de 
Magellan, et de là en parcourant dans toute 
soft étendue le grand Océan. Mais des obsta- 
cles imprévus contrarièrent l'exécution de 
ce projet, et Nyel avec ses compagnons fut 
obligé de s'arrêter quatre mois à Lima. Les 
missionnaires prirent alors la résolution d'al- 
ler au Mexique, et de passer de là aux Phi- 
lippines, d'où il leur serait facile de se ren- 
dre à la Chine. On ignore si ce dessein put 
s'accomplir jusqu'au bout. On a de Nyel une 
Lettre du 20 mars 1705, datée de Lima , et 
adressée au P. de La Chaise, confesseur du 
roi, dans laquelle se trouvent les détails re- 
latifs à son voyage. Une autre Lettre, du 
môme mois, écrite au Père recteur du collège 
de Strasbourg, offie la Relation de deux nou- 
velles missions établies depuis quelques an- 
nées dans l'Amérique méridionale. Le P. Nyel 
lui mande en môme temps qu'il envoie au 
P. Le Gobien l'histoire de la vie et de la mort 
du P. Cyprien Baraze, l'un des premiers fon- 
dateurs de cette mission, et qui reçut la cou- 
ronne du martyre deux ans et demi aupara- 
vant, après avoir travaillé à la conversion 
des Moxos pendant plus de 27 ans. Cette no- 
tice est extraite d'une relation espagnole im- 
primée à Lima par ordre de l'évêque de la 
Paz. On trouve ces trois morceaux intéres- 
sants dans le tome IX des Lettres édifiantes, 
édition de 1781. Les Lettres du P. Nyel se 
retrouvent aussi dans le tome III des Voya- 
ges de Coréal. 



o 



OATES (Titus), Anglais, né vers 1619, fils 
d'un tisserand, eut successivement deux es- 
pèces d'office ou de cure, dont il fut dé- 
pouillé pour crime de faux témoignage. Il 
s'enfuit d'Angleterre, et, feignant dêtre ca- 
tholique, il fut reçu au séminaire anglais à 
Valladolid ; mais il ne tarda pas d'en être 
chassé. 11 eut le même sort au séminaire de 
Saint-Omer, où il fut pendant huit mois. De 
retour en Angleterre , il forma avec deux 
scélérats, nommés Tong et Digbey, un projet 
exécrable. Il accusa juridiquement, en 1678, 
les catholiques anglais d'avoir conspiré con- 
tre la vie du roi Charles II et des protestants 
anglais, de ooncort avec le pape, les jésuites, 
les Fiançais et les Espagnols , pour établir 
par cet horrible attentat la seule religion ca- 
tholique en Angleterre. Malgré l'absurdité 
de l'accusation, les preuves démonstratives 



de l'imposture, les variations des témoins, 
milord Stafford, d'autres personnes de mé- 
rite et quelques jésuites furent mis à mort, 
comme convaincus de crime de haute trahi- 
son, et l'on donna une pension au scélérat 
Oatès. Jugement qui nous apprend ce qu'il 
faut penser de plusieurs autres rendus dans 
le même pays, poui des sujets et des procé- 
dures toutes semblables. Sous le règne do 
Jacques II, la mémoire des suppliciés fut ré- 
habilitée, et Oatès condamné comme parjiu-e 
à une prison perpétuelle, à être fustigé par 
la main du bourreau quatre fois l'année, et 
mis ces jours-là au pilori. Ce châtiment fut 
exécuté jusqu'en 1689, que le prince d'O- 
r.mge, s'étant emparé de la couronne d'An- 
gleterre, le fit sortir de prison et lui rendit sa 
pension. Ce mallieureux mourut à Londres 
le 23 juillet 1705. Les écrits qu'on lui a at- 



123 



OBE 



OBI 



lU 



Iribués sont de Tong et de Digboy, ses com- 
plices; car il était absolument incapnhle de 
rien composer. Ce fut à l'occasion de celle 
lionihh^ cl lidicule accusation, ([tin le mi- 
nistre Jurieu publia son livre de h\ Politique 
du clcn/é, auquel Arnauld rt^-pondit |.ar l'.l- 
polofjie des catholiques. Ily juslilie les callio- 
lifjues, et en particulier l'archevôque do 
Paris, le père de la Chaise et les autres jé- 
suites. Cette Apoloqir élait d'aulant moins 
.suspecte, qu'elle tendait h laver ceux qu'Ar- 
nauld regardait comme ses plus grands en- 
nemis. 

OBKD, fils de Booz et de Ruth, père d'I- 
saïe et aïeul de David, naquit vers l'an 1275 
avant J.-C. * 

OBEDEDOM , Hébreu distingué par ses 
vertus, de la tribu de Lévi, ycrs l'an lO'io 
avant l'ère eliréticnne. Ce fut dans sa mai- 
son que David lit déposer l'arche d'alliance, 
lorsqu'il la faisait trans[)orter à Jérusalem. 
David, fappé et é,)ouvanté de la punition 
dO/a, et ne croyant pas digne de la recevoir 
auprès de lui, la lit porter chez Obededom, 
où elle no r.sta que tiois mois; mais David 
se rassura, ranima sa confiance dans le Sei- 
gneur, et s'apercevanl que la famille d'Obe- 
dedom était comblée de bénédictions, il fit 
transférer ce sacré dépôt à Jérusalem. Obe- 
dedom est appelé géthéen dans l'Ecriture, 
non qu'il fût de Geth,qui était une ville des 
Philistins, mais parce qu'il y avait demeuré 
avec David. 

OiHiNHEIM (Christophe), thé .logion cal- 
viniste du XVI' siècle, né à OEtlingen dans 
la Haute-13avièrp, et, selon d'autres, enSoua- 
b e , est auteur des trois ouvrages suivants: 
Exposition des passar/es du Nouveau-Testu- 
ment qui semblent se contredire; Explication 
des Actes des apôtres; Exemples des vertus et 
des vices. 

OBEUHAUSER (dom Bexoit), bénédictin 
allemand, né à Weissenkirchen en Au- 
triche, le 25 janvier 1719, fit ses études à 
Saltzbourg et à Vienne, et embrassa la règle 
de Saint-Benoit on 1749, à 1 édjbaye de Lam- 
bacli. Bon théologien, savant canoniste, il 
professa d'abord la philosophia à Saltzbourg,- 
et ensuite le droit à Curk et à Fulde. De 
nouvelles opinions commençaient alors à 
prévaloir dans les écoles d'Allemagne : Hon- 
theim y avait |)réludé dans son Febronius ; 
elles se répandirent dans les domaini'S de la 
maison d'Autriche. L'empereur Joscfth II les 
favorisait, et des évèqucs comi)laisants se 
prêtaient à ses vues. Oberliauser les avait 
adoptées. Il relevait les piérogatives et l'au- 
torité des princes temporels, au préjudice 
des droits et de l'autorité de l'Eglise , et il 
enseignait cette doctrine dans ses leçons, 
l'établissait dans ses ouvrages, et la" fai- 
sait soutenir dans des thèses publiques. 
Quelques-ims do ces écrits parvenus à Rome 
y furent mis à Vindex. Clément XIII , infor- 
mé de ces innovations, adressa au prince- 
évèciue de Fulle un bref par lequel il Jui 
enjoignait de destituor Oberliauser de sa 
chaire. Ce prélat invita le professeur à quit- 
ter Fulde; Oberhauser obéit, et se retira à 



Lambach dans sa maison de profession. De 
Ih, il écrivit contre le |)ère Peck , bénédictin 
(In monastère de Sihwarzak en Franconie, 
qui lui avait succédé dans la chaire de Fulde, 
et qui y enseignait une doctrine opposée à 
la sienne. Le f)rinco-évoque de Saltzbourg, 
(jui partageait les opinions d'Oborhauser, le 
nomma son conseiller. Il mourut le 2 avril 
1780. Ou a de lui : Prœlectiones calholicœ in 
très priores libros Drcretalium, Anvers (Lau- 
terbachj, 1702, 3 vol. in-4°. il y attaque l'iu- 
fail.ibilité d.i |>ape, sa supériorité sur les 
conciles, ses prétentions sur le temporel des 
j)rinces, etc. Apolor/iu historico-crilica divi- 
siirum potfslatuui in lerjibus matrimoniali- 
bus impedimenlorum dirimentium, Francfort- 
sur-le-.Mein , 1771, in^8", réimprimée à 
Vienne dans la Collection canonique d'Eybel. 
Manuale selectoruni concilioruni et canonum, 
1770, 1 vol. in-i"; Spécimen cultioris juris- 
prudentiœ canonicœ , in 8°, Lei|)zig, 1777. 
Cet ouvrage fut attaqué par le père Siimidt, 
jésuite d'Hoidelberg, et par le père Hoch- 
sladt, capucin de Mayence. Le père Ober- 
liauser leur répomiit |)ar un opuscule inti- 
tulé : Payillœ volantes de causa decisu , 1782. 
Un Abréifé de Van Espen, Saltzbourg, 1785, 
5 vol. in-8" ; De diqnitale utriusque clcri. 
Saltzbourg, in-8\ Il n'en parut que la pre- 
mière partie ; la deuxième était prête à im- 
])riiner lorsque l'auteur mourut. Un Abrégé 
de Thomassin, etc. Il y enseigne que les 
princes seuls ont d'eiix-raômes le droit d'im- 
poser des empêchements dirimants au ma- 
riage, et que, si l'Eglise en impose, c'est par 
leur concession. Ses écrits sont savants; 
ma s il dispute avec aigreur et dureté. 

OBERHAUSEB (dom Bernard), bénédictin, 
né dans les états du princc-évôque de Saltz- 
bourg, avat fait profession dans l'abbaye 
d'Kstal en Bavière. Il ensoigna la philo-o- 
I>hie à Saltzbourg et Fiisingue. L'abbaye 
d'Estal étant devenue vacante, il en fut élu 
abbé. On a de lui un cours de philosofihie 
sous ce titre : Biennium philosophiœ thomis- 
ticœ , 1725, k vol. in-8'. 11 en ])arut un sup- 
plément, 1729, in-4-°. 

OBICINI (Thomas), missionnaire du Le- 
vant , né à Non près de Novare , d'où il prit 
le nom de Thomas à Novaria, mort vers 1636, 
entra dans l'ordre des Frères mineurs, et fut 
destiné aux missions du Levant. Il devint 
commissaire apostolique, et gardien du cou- 
vent de son ordre à Jériisalem. Pendant son 
séjour dans l'Orient, il sut allier avec les 
fonctions de son ministère l'étude de la lan- 
gue et de la littérature arabes, et celle du 
syriaque et du cophte. A son retour à Rome, 
on le chargea d'enseigner ces mêmes lan- 
gues dans le couvent de son ordre, situé att 
sommet de l'ancien Janicule, et qui existe 
encore sous le iiom de San-Pietro in Mon- 
torio. Tout en remplissant ces fonctions, 
Obicini mit la dernière main h son édition 
de la grammaire arabe intitulée Djaroumiay 
qu'il fit su \re d'une traduction latine et d'un 
commentaire, qui a été cité avec éloge par 
Silvosîre de Sacy dans sa grammaire arabe. 
iïlle fut imprimée à Rome, à l'impiimerie de 



fô5 ocq 

la Propagande , sous ce titre : Grammattca 
arabica agrumia appellata, cum versionc la~ 
tina ac dilucida expositione, Rome, 1631, 
iij-8\ 

O'BIERNE (T.-L.), prélat anglican, né dans 
le comté de Longford en 1748 , déserta de 
bonne heure les croyanc: s catholiques, dans 
lesquelles il avait été élevé, pour entrer 
dans l'Eglise d'Angleterre. Plus tard on lo vit 
revêtu de la dignité d'évôque anglican dans 
le raêmediocèso, oii son frère exerçait les 
fonctions de prêtre catholique avec zèle et 
dévouement. O Bierne devint premier aumô- 
nier du comte Fitz- William, puis il fut pro- 
mu à l'évêché d'Ossory, qu'il échangea pour 
celui de Méath, après In mort du docteur 
Maxwell. Il mourut en 1822, laissant quel- 
ques ouvrages : Le Crucifiement, poëme , 
1776, in-i"; Uliiipostexir grnéreux , comédie, 
1780, iri-8"; Précis historique de la derrière 
session du Parlement (anonyme), in-8°, publié 
vers 1781; Considérations sur les principes 
de la discipline navale et sur les cours martia- 
les , 1781 , in-8°; Sermons sur des sujets im- 
portants, mandements , etc., 1813, in-S". 

OBITECZKI (Jeaîn), jésuite, né à Podiebrad 
en Bohême, l'an 1618, mort à Giczin en 
1679, s'est distingué par son zèle et sfs con- 
naissances. 11 a laissé un ouvrage intitulé : 
Annusdominicœ passionis, Prague, 1670, 1 vol. 
in-12; réimprimé, ibid., 16T4. 

OBREGON (BER!N\RDi>r) , instituteur des 
Frères infirmiers minimes , qui ont soin des 
malades dans les hôpitaux en Espagne, na- 
quit à Las-Huelgas, près de Burgns, en 1540, 
d'une famille ancienne. Bernardin vécut 
d'abord dans la dissipation qu'entraîne le 
parti des armes, qu'il avait embrassé; mais 
un exemple de vertu dans un homme de la 
lie du peuple , qui le remercia d'un souftlet, 
toucha son cœur en 15G8. Il renonça au 
monde et forma sa congrégation, qu'il in- 
struisit autant par son exemple que par ses 
discours. Ce saint homme mourut dans son 
hôpital général de Madrid, le 6 août 1599. 
Le peuple appela Obregons les religieux éta- 
blis par cet homme vertueux. 

O'BRYEN (Thadée), Irlandais et prêtre ca- 
tholique, naquit au comté de Cork, et vint 
en Franco après la capitulation de Limme- 
rick, pour y achever ses études. Lorsqu'elles" 
furent finies, il prit les ordres, et devint su- 
périeur du collège des Irlandais à Toulouse. 
De retour dans sa patrie, il y fut pourvu de 
la cure de Castlelyons. C'était un ecclésias- 
tique zélé et vertueux. On a de lui une 
bonne Réfutation d'un ouvrage de Davis , 
docteur protestant, contre le cathoMrisme , 
1716. Il reprit le même suj't en 1720. Il a 
aussi écrit sur le jubilé de 1725. Il mourut 
en 1747. 

OCCAM, OCCHAM ou OCKHAM (Guil- 
laume), théologien scolastique, de l'ordre 
des cordeliers, naquit vers la tin du xiii« siè- 
cle au village d'Occam, dans le comté de 
Surrey en Angleterre, et fut disciple de Scot; 
mais il s'éleva dans la suiie contre les opi- 
nions de son maîire, et devint chef des no- 
minaux. On appelait ainsi ceux qui cupli- 



occ 



136 



quaient principalement les choses par la 
propriété des termes, et soutenaient que les 
mots et non les choses étaient l'objet de la 
dialectique. Il s'ac(|uit une si grande réputa- 
tion, qu'on le surnomma le Docteur invinci- 
ble, il imagina de nouvelles subtilités pour 
mettre aux prises de nouveaux champions 
de l'école, et fut un des plus ardents défen- 
seurs de l'universel a parte rei. Il faut con- 
venir cependant que ces subtilités ont pu 
contribuer à perfectionner la logique, à don- 
ner de la netteté et de la précision aux idées. 
{Voij. DuNS.) Ce qu'il y a de certain, c'est 
qu'on a eu tort de ridiculiser ces anciennes 
(iisputes, vu que nos plus illustres savants 
s'occupent de spéculations du même genre, 
et qui n'ont pas un but du'ect plus réel. « Il 
« s'est élevé, dit un auteur moderne, parmi 
« les newtoniens une question fameuse; sa- 
« voir si la force centrifuge est la même que 
« la centripète et la tnngeniiale a parte rei , 
« et seulement distinguée per conceptum 
« prœcisivum , ou si elh^ est réellement dif- 
« férente des deux autres. Par les différents 
« jiersonnages qu'on a fait faire à ces deux 
« foiC'S, on a rendu cette question comme 
« inévitable, et l'on a vu en quelque sorte 
« reproduire la question arabique : Utrum 
« relatro sit forma modalis, realiter, moda- 
rt liter distinrta a fundamcnto, termina et ra- 
« tione fundandi. Le jésuite Bcjscowich est 
« pour l'identité a parte rei, leur accordant 
« tout au plus une petite distinction si<6 con- 
« ceptu. Les newtoniens du génie de Scot 
« défendent la distinction pure et simple a 
« parte rei. (Voy. la Phi/sica generalis de 
« Léopold Èivald , Gratz , année 176? , 
« pag. 82.) » Mais si Occam n'est {)as répré- 
hensible pour s'être occv,-pé de ces querelles 
d'école, il l'est très-fort pour avoir oublié 
l'esprit de son état jusqu'à prendre avec une 
espèce de fureur le parti de Louis de Bavière 
contre le pape. Il écrivit en lanaticrue pour 
ee prince et son antijiape Pierre de Coibario, 
contre Jean XXIi, qui l'excommunia. Oc- 
cam avait l'impudence de dire à Louis de 
Bavière : «f Seigneur, prêtez-moi votre épée 
« pour me détendre, et ma plume sera tou- 
« jours prête à vous soutenir. » Il aurait été 
beau en effet qu'il y eût une bataille pour 
faire adopter les idées des nominaux. Occam 
fut accusé d'avoir enseigné avec Césène,que 
Jésus-Christ ni ses apùtres n'avaient rien 
possédé, ni en commun , ni en particulier : 
assertion évidemment fausse; car, quoiqu'ils 
ne fussent pas riches, et qu'ils possédassent 
très-peu de chose, le peu q^u'ils avaient leur 
appartenait. De là vint la fameuse question 
qu'on api>ela le Pain des Cordeliers. Il s'agis- 
sait de savoir si le domaine des choses qui 
se consumaient par l'usage, comme le pain 
et le vin , leur appartenait , ou s'ils n'en 
avaient que le simple usage sans domaine, 
leur règle ne leur permettant pas d'avoir 
^rien en propre. Nicolas III avait arrêté qu'ils 
'n'auraient que l'usufruit des biens qui leur 
seraient donnés, et que la pro[)riété serait a 
l'Eglise romaine. Jean XXIi révoqua la bulle 
de Nicolas III, dont quelques-uns abusaient 



427 



OCC 



OCC 



128 



pour •prétendre (jue les apôtres n'avaient 
rien possédi^ on pi-opre, et il si'^vit contre les 
rj^fraetaiies avec plus de rigueur (jue la chose 
ne semlilait l'exiger. Occani mourut à Mu- 
nich le 7 avril 13V7, ahsous , à ce (pie l'on 
croit, des censures ecclésiastiques. Il laissa 
des Cowrnrntnircs sur le Maître des senten- 
ces , un Traité du aacremevt de Vaulcl , et 
d'autres ouvrages, Paris, 1^76, 2 vol. in-fol., 
qui prouvent un esprit subtil, mais bizarre. 
OC.HIN (Hkknauoin), moine ambitieux et 
apostat, appelé en latin Ochinus, et en ita- 
lien Occhini (on rapi)ello quelquefois Okin, 
l)our conserver la prononciation de l'italien 
et du latin), né h Sienne en H87, entra jeune 
cliez les religieux de l'observance de Saint- 
Franoois; mais il les quitta bientôt, et s'ap- 
pliiju'a à l'étude de la médecine. Touché, au 
moins en apparence, d'un nouveau désir de 
faire pénitence, il rentra dans l'ordre qu'il 
avait abandonné, et s'y distingua par son 
zèle, sa piélé et ses talents. La réforme des 
capucins venait d'Ctlre approuvée {Voy. Bas- 
cHi) ; il l'embrassa en 1534^, contribua beau- 
coup au progrès de cet ordre naissant, et en 
fut général. Sa vie paraissait régulière et sa 
conduite éditiante. Ses austérités, son habit 
grossier, sa longue barbe, qui descendait 
jusqu'au-dessous de sa poitrine, son visage 
pAle et décharné, une certaine apparence 
d'infirmité et de faiblesse affectée avec beau- 
coup d'art, et l'idée que tout le monde avait 
de sa sainteté, le faisaient regarder comme 
un homme merveilleux. Ce n'était pas s-eule- 
menl le peuple qui en portait ce jugement; 
les plus grands seigneurs et les princes sou- 
verains le révéraient comme un saint. Lors- 
qu'il venait dans leurs palus, ils allaient au 
devant de lui, et lui rendaient de grands 
honneurs, qu'ils accompagnaient de marques 
distinguées d'affection et de confiance. Cet 
hy|)Ocrite avait recours à toutes sortes d'ar- 
tifices pour confirmer l'opinion si avanta- 
geuse que l'on avait conçue de lui. Il allait 
toujours à })ied dans ses voyages, et lorsque 
les princes le forçaient de loger chez eux, la 
magnificence des "palais, le luxe des habits et 
toute la pompe du siècle semblaient ne lui 
rien faire jjcrdre de son amour pour la pau- 
vreté et la mortification. On ne parlait que de 
sa vertu dans toute l'Italie, et cette réputa- 
tion facilitait le progrès du nouvel ordre. Il 
était savant, quoiqu'il ne sût pas beaucoup 
de latin ; et quand il parlait sa langue natu- 
rel 'e, il s'énonçait avec tant de grâce et de 
facilité, que ses discours ravissaient ses au- 
diteurs. Lorsqu'il devait prêcher en quelque 
endroit, le peuple s'y assemblait en foule : 
les villes entières venaient pour l'entendre. 
On fut très-surpris quand on vit tout d'un 
coup cet homme si renommé quitter le gé- 
néralat des capucins, embrasser Thérésie de 
Luther, et aller à Genève épouser une fille de 
Lucques, qu'il avait séduite en passant par 
cette ville. L'orgueil le précipita dans cet 
abime. Il ne put résister au dépit de n'avoir 
point obtenu un chapeau de cardinal qui 
avait toujours été l'objet de son ambition ; 
il devint apostat et ennemi forcené du chris- 



tianisme. Il assista à la fameuse conférence 
des déistes ou athées, à Vicence, en 15\6, où 
l'on convint des moyens de détruire la reli- 
gion de Jésus-Christ, en formant une société 
(jui, par des succès progressifs, amena à la 
fin du xvnr siècle une ajjostasie presque gé- 
nérale. ( Votj. les ouvrages intitulés : Le 
Voile levé, la Conjuration contre l'Eglise ca- 
tholique, et le Journ. hist. et litlér., 1" juin 
1792, [lage 171.) Lorsque la république de 
Venise, informée de cette conjuration, fit 
saisir Jules Trévisan et François de Rugo, 
qui furent étouffés, Ochin se sauva avec les 
autres. La société, ainsi disj)ersée, n'en de- 
vint que plus dangereuse, et c'est celle qu'on 
connaît aujourd'hui sous le nom (Yllluminés, 
comme le prouve l'auteur des ouvrages que 
nous venons de citer [Voy Maier Michel). 
Ochin fut un de ceux qui se signalèrent le 
plus dans l'exécution du projet arrêté. 11 
versa des flots de bile sur tous ceux qui l'at- 
taquèrent, comme on peut en juger par un 
écrit de Catarin contre lui, et par la réponse. 
Voici le titre de l'un et de l'autre : Rimedio 
alla pestilente dotlrina di Jiern. Ochino, da 
Ambr. Catarino, Rome, i^kk,\n-S\.. Riposta 
d'Ochino aile heslemmie d'Ambr. Catarino , 
154.6, in-8°. Ce séducteur passa ensuite en 
Angleterre, où il inspira aux jeunes gens du 
goût pour les nouvelles erreurs, et du mé- 
j)ris pour les plus anciennes pratiques de 
l'Eglise. La religion catholique étant rentrée 
dans ce royaume avec la reine Maiie, il fut 
obligé de se retirer à Strasbourg, et de là, en 
1555, ii Zurich, où il fut ministre de l'Eglise 
italienne. Ses Dialogues en faveur de la po- 
lygamie lui firent perdre sa place. Après 
avoir erré de pays en pays, il se retira en 
Pologne, d'où il fut chassé en 1564. Il cher- 
cha un asile à Slaucow dans la Moravie, et 
il n'y trouva que la misère et l'opprobre. Il y 
mourut la môme année, de la peste, à 77 ans, 
également haï des protestants et des catho- 
liques. Un an avant sa mort, il avait publié 
trente Dialogues, traduits en latin par Cas- 
talion, Bâle, 1563, 2 vol. in-8°, dans les- 
quels il parle fortement en faveur de la pojy- 
gamie. Une telle opinion, soutenue par un 
vieillard plus que septuagénaire, est assez 
singulière. On a de lui un grand nombre 
d'ouvrages, dont il n'est pas fort nécessaire 
de donner le catalogue. Les principaux sont: 
des Sermons italiens, en 5 vol. in-S", HAle, 
1562, très- rares et chers; des Commentaires 
sur les Epîtres de saint Paul ; Dialogo del pur- 
gatorio, 1556, in-8". Il est traduit en fran- 
çais et en latin ; mais l'édition italienne est 
plus recherchée. Disputa intorno alla prc- 
senza del corpo di G. C. nel sacramento délia 
cena. Baie, J561, 111-8"; le même en latin, 
avec un Traité du libre arbitre, in-8° ; Sin~ 
cerœ et verœ doctrinœ de cœna Domini defen- 
sio, Zurich, 1556, in-8° ; Il Catcchismo, 1561, 
in-S" ; Liber adversus papam, 15V9, in-4" ; 
d'autres Satires sanglantes contre la cour de 
Rome et contre les uogmes catholiques. Tous 
les ouvrages de cet apostat sont peu com- 
muns. On peut en voir une liste plus détail- 
lée dans \e Dictionnaire typographique. 



129 



OCH 



O'CO 



130 



OCHOSIAS, fils et successeur d'Achab, roi 
d'Israël, fut aussi impie que son père. Il com- ' 
mença à régner l'an 898 avant J.-C. La 
deuxième année de son règne, il tomba d'une 
fenêtre et se froissa tout le corps. 11 envoya 
consulter Béelzébuth, divinité des habitants 
d'Accaron, pour savoir s'il relèverait de 
cette maladie. Elie vint au devant de ses 
gens par ordre du Seigneur, et les chargea de^ 
dire à leur maître, que, puisqu'il avait mieux 
aimé consulter le dieu d'Accaron que celui 
d'Israël, il ne relèverait point de son lit, mais 
qu'il mourrait très-certainement. Les gens 
d'Ochosias retournèrent sur leurs pas, et di- 
rent à ce prince ce qui leur était arrivé. Le 
roi, reconnaissant que c'était Elie qui leur 
avait parlé, envoya un capitaine avec cin- 
quante hommes pour l'arrêter. Cet officier, 
impie comme son maître, ayant parlé au pro- 
phète d'un ton menaçant et dérisoire , le 
saint homme, embrasé d'un zèle ardent pour 
l'honneur de Dieu, insulté en sa personne, 
lui demanda qu'il tirât une vengeance écla- 
tante de l'insolence de ses ennemis, et il fut 
exaucé sur-le-champ. Un feu lancé du ciel 
consuoia l'officier avec sa troupe. La même 
chose arriva à un second, que le malheur du 
premier n'avait pas rendu plus sage. Le troi- 
sième qui fut envoyé se jeta à genoux devant 
Elie, le priant de lui conserver la vie. L'ange 
du Seigneur dit au prophète qu'il pouvait 
aller avec ce capitaine sans rien craindre. Il 
vint trouver Ochosias, auquel il annonça sa 
mort prochaine en punition de son impiété. 
11 mourut l'an 896 avant J.-C. Joram, son 
frère, lui succéda. 

OCHOSIAS, roi de Juda, dernier fils de 
Joram et d'Athalie, était âgé de vingt-deux 
ans lorsqu'il commença à régner. Il marcha 
dans les voies de la maison d'Achab, dont il 
descendait par sa mère, fille de ce roi impie. 
Il alla à Ilamoth de Galaad avec Joram, roi 
d'Israël, pour combattre Hazael, roi de Syrie; 
et Joram, ayant été blessé dans le combat, re- 
tourna à Jezrael pour se faire traiter de ses 
blessures. Ochosias se détacha de l'armée 
pour aller lui rendre visite. Mais Jéhu, gé- 
néral des troupes de Joram, s'étant soulevé 
contre son maître, courut, pour le surpren- 
dre, à Jezrael, sans lui donner le temps de se 
reconnaître. Joram- et Ochosias, qui igno- 
raient son dessein, allèrent au devant de lui ; 
le premier ayant été tué d'un coup do flèche, 
Ochosias prit la fuite. Jéhu le fit poursuivre, 
et ses gens l'atteignirent à la montée de Ga- 
ner, près de Jebblaan, et le blessèrent mor- 
tellement. Il eut encore assez de force pour 
aller à AJageddo, où ayant été trouvé, il fut 
aaiené à Jéhu, qui le fit mourir l'an 884 
avaut J.-C. 

GCKLEY (Simon), ecclésiastique et orien- 
taliste anglais, né à Exeter en 1678, vicaire 
de Swavesey dans le comté de Cambridge, et 
en 1711 professeur de langue arabe à Cam- 
bridge, a pubhé en 1706 : Introductio ad lin- 
guas orientales. lia donné aussi une Histoire 
des Sarrasins, avec un Précis sur les Arabes, 
sur Mahomet et sa secte, 1718, en anglais, 
traduite par Jault en français, 1748, 2 vol. 



in-12; Description de la Barbarie, Londres, 
1713, in-S", en anglais ; des Notes sur plu- 
sieurs auteurs et quelques versions. Ses ta- 
lents ne l'empêchèrent pas de devenir pau- 
vre, et d'être confiné pour dettes dans une 
prison, où vraisemblablement il mourut vers 
Jan 1720. On cite encore d'Ockley une His- 
'foire de Vétat présent des Juifs dispersés sur 
le globe, traduite de l'italien de Modena , 
rabbin vénitien. 

O'CONNELL (Daniel) , surnommé V Agita- 
teur de l'Irlande , naquit le 6 août 1775 à 
Carhen, près du village de Cahirciveen, dans le 
comté de Kerry. Il était le fils aîné de Morgan 
O'Connell, d'une très-ancienne famille du 
comté de Cork, qui faisait remonter son ori- 
gine à Conaire II, roi d'Irlande au commen- 
cement du m" siècle Dans la suite Daniel 
O'Connell rappelait avec complaisance que 
l'année de sa naissance était celle où les co- 
lonies américaines avaient, pour la première 
fois, revendiqué leur indépendance : c'était 
comme un pronostic de sa mission politique. 
Son oncle Maurice, propriétaire de Darry- 
nane, adopta Daniel et son frère, et se char- 
gea en grande partie du soin de leur édu- 
cation. Lorsque le jeune O'Connell eut at- 
teint l'âge de treize ans, il fut envoyé à l'é- 
cole du révérend M, Harrington, la première 
qui eût été tenue par un prêtre catholique 
depuis l'établissement deslois pénales contre 
l'immixiion du clergé catholique dans l'en- 
seignement. Au bout d'une année Daniel et 
son frère, qui s'appelait aussi Maurice, se 
rendirent à Louvain, puis à Saint-Omer, et 
enfin à Douai, et partout les succès de Da- 
niel furent des plus brillants. Le docteur 
Stapylton, président du collège de Saint- 
Omer, écrivait à son sujet au propriétaire de 
Darrynane , qu'il ne se serait jamais plus 
fortement trompé , si l'aîné de ses neveux 
n'était destiné à jouer un rôle remarquable 
dans la société. C'est le jour même de l'exé- 
cution du roi Louis XV'I que les deux frères 
quittèrent Douai pour retourner en Angle- 
terre. Daniel emportait un profond sentiment 
de tristesse et de mépris contre la révolu- 
tion française, dont il disait plus tard qu'elle 
avait presque fait de lui un tory. Le gouver- 
nement anglais, que les embarras causés par 
la révolte de ses colonies américaines 
avaient porté à alléger quelque peu le joug 
qui pesait sur la malheureuse Irlande afin 
de se ménager son appui, fit tomber en 
1793 les barrières qui fermaient aux jeunes 
gens de ce pays la carrière du barreau. Ce 
fut celle que choisit Daniel O'Connell , et, 
en i794, il entra à Lincoln's-Iun comme étu- 
diant en d(oit. Secondé par une vive intelli- 
gence, il y prit avec éclat tous ses grades, et 
lursqu'en 1798 il commença à exercer sa 
profession d'avocat à Dublin, il n'y avait 
pas, assure-t-or?, d'homme plus versé que 
lui dans la connaissance des lois. A cette 
époque éclata la révolte des Irlandais-Unis, 
qui attendaient le secours d'une armée fran- 
cise : O'Connell, qui prévoyait les suites 
désastreuses de cette rébellion, s'enrôla dans 
le corps des yeomanry, sorte de garde ur- 



131 



oco 



bainr" instittiéc pour prHov mnin forto au 
goiivcriKMiieiit. Son premier essai oratoire;*' 
l'ut un (liscoiirs co ilr(> luniou : c'élail un 
aoio hardi chez un jotnio lioiruiio de 25 ans. 
La toireur r/'i^uail alors eu. Ir'land(; ; li'S pro- 
tcslanls lucuuos qui laissaient ('"clalor des 
seniiiuents n.tionauv et qui osaioïil récla- 
Uier ave:; les calholifiueîs la lihortf'' de cons- 
eieueo étaient mis au l)aii d'une intol«'rance 
sanguinaire. Des troupes anglaises couvraient 
toute rirlan-le, et l'on disait au peuple (piM 
n'avait pas le droit de s'assomhlei-. Mais 
O'C'innell ne se la'ssa pas intimider : le 13 
janvier 1800, il pr. iionea son premier dis- 
coius |)oliti(iue dans une réunion des ca- 
Iho i(pies de Duldin, tenue h Uoyal-Ex:- 
cliangc-Hall pour pétitionner contre l'union. 
L(; mectini fut dissous et dispersé parle fé- 
roce nuijor Sirr, l'un des agents les plus re- 
doutés de la domination l)i-itanni([u>';. « De- 
puis ce jour, (lit un hio;^raplie, l'activité 
d'O't'onncll pourralfranchiss nient de sa pa- 
trie ne s'est pas ralentie un seul instant. 
Son discours du 13 janvier 1800 laissait voir 
la route dans laepielle il allait inviter ses 
compatriotes à le suivre. L(S scènes de (ié- 
sordro et de sang qui venaient de désoler 
sa patrie fortilièrent chez lui la conviction 
que rirlam.'e devait renoncer à lutter contre 
l'Angleterre les armes à la main. 11 fallait se 
créer des ressources nouvelles, se rendre 
inattaquable en se plaraut sur le terrain de 
la légalité, et profiter des avantages de cette 
posit on, pour inquiéter, harceler, fatiguer 
l'Angleterre, en la ft)rçant d'avoir sans cesse 
les yeux sur l'Irlande, en ne lui accordant 
aucune trêve, aucune diversion, afin d'arra- 
cher à la crainte et à la lassitude ce qu'on ne 
saurait lui prendre par la force. Armé du 
(iroit de ))élition et d'association , O'Connell 
a tenu kl ans l'Irlande debout, toujours agi- 
tée, toujours menaçante, allant juscju'à la 
dernière limite du droit, mais ne la franchis- 
sant jamais. O'Coiuiell, qui avait commencé 
)ar être l'avocat des catlioliques, devint ce- 
ui de sa [)atrie. 11 s'identifia avec le peuple, 
;ui pai'la son langage, réveilla ses douleurs 
en lui rapjjelani b's persécutions de ses 
pères, fit naître en lui le sentiment de ses 
droits, alluma dans son cœur l'amour de la 
liberté, se l'attacha par des liens si forts et 
si durables que la inort seule les a brisés. » 
En 180^^ les catholiques irlandais déployaient 
déjà une activité qui faisait ombrage au gou- 
vernement. Ils avaient organisé une com- 
mission centrale qui s'appelait calholic hoard; 
il fallut bientôt la dissoudre devant une pro- 
clamation du vice-roi : O'Connell la recons- 
titua aussitôt sous le nom de comité catho- 
liqie. Loisqu'après la mort de Pitt, en 1806, 
les wighs arrivèrent au pouvoir, les catholi- 
ques conçurent cpielques espérances, qui ne 
tardèrent pas à s'évanouir. Deux nouvelles 
pétitions rédigées (ii 1808 et en 1' 10 par 
O'Coiuiell furent, encore reiioussées |)ar le 
Parlement. La municipalité de Dublin prit 
alors l'initiative d'uue démonstration impo- 
sauteen faveur du rappel de lunion, ptO'Coîi- 
nell prononça dans ce meeting, en présence 



O'CO 132 

des catholiques et des protestants vraiment 
libéraux nu de sns plus magniliques (lisc(/urs. 
Cette même ai, née 1810, les évècjues catlio- 
li(|ues publièrent des résoli,tioi.s dans le 
but de calmer certaines incjuiétules publi- 
ques et de dissi.er cert dues rumeurs. On 
disait qu'ils avaient ac(|uiescé aux dés>rs de 
l'Angleterre sur la question du veto que le 
gouvernement désirait d'avoir sur la nomi- 
nation des évêques, et (pi'ils avaient acc-fité 
des traitements pr s sur le budget de l'Etat. 
Un démonli formel rassura la population ir- 
landaise. Les j)oursuites que le parquet de 
Dublin dirigea en 1811 contre |)lusieurs ca- 
tholi(|ues énu nents et contre la [ircsse, fu- 
rent l'occasion de nouveaux triom[)hes pour 
le grand avocat, qui défendait à la fois de son 
élo(pience et de son génie le i\v< it d'asso- 
ciation, le droit de pétition et la liberié delà 
presse. Ces succès mômes ranimaient les 
catholiques, que la ténacité du gouvernement 
et de ses magistrats aurait pu décourager à 
la lin dans leurs luttes laborieuses, et d'an- 
née en année l'accroissement de leur pré- 
pondérance devenait plus sensible. Le gou- 
vernement se montrait plus disposé à faire 
d'importantes concessions ; mais il ne les 
accordait qu'au prix de certaines réserves 
que les catholiques ne pouvaient admettre, 
et O'Connell ava;t prorais qu'il ne se repose- 
rait qu'après qu'il aurait obtenu la révoca- 
tion de l'Union et un parlement national à 
Dublin. Il a tenu sa parole. Cependant en 
1814 quelques rares évèques avaient cru 
pouvoir souscrire au veto ; et les journaux 
})ublièrent même un document signé par 
Mgr Quarantotti, vice-préfet de Rome , an- 
nonçant que les prélats chargés du gouver- 
nement de l'Eglise durant la captivité du 
pape y avaient aussi consenti, en approu- 
vant le bill d'émancipation tel que le propo- 
sait le gouvernement anglais. L'Irlande tout 
entière en ressentit une affliction (pii ne 
cessa que lorsque Pie VIF, rendu à la liberté, 
eut désavoué le vice-préfet et destitué le si- 
gnataire et les complices de cet acte. Con- 
traint, par suite des rigoureuses mesures du 
gouvernement anglais, à dissoudre le co- 
mité catholique , O'Connell organisa aussi^ 
tôt avec une activité et une fermeté indomp- 
tables Vassociation catholique, laquelle tint 
son premier meeting en 1815. Cette même 
année la vie de O'Connell fut marquée par 
un malheur qu'il ne cessa jamais depuis de 
déplorer amèrement : un membre de la cor- 
poration municipale de Dublin, M. d'Es- 
terre, qui avait la réputation de se servir du 
pistolet avec assez d'adresse pour moucher 
une chandelle à quinze pas, fut chargé par 
ses collègues de la municipalité d'engager 
une affaire avec le grand agitateur. Quel- 
ques expressions d'un discours prononcé par 
ce dernier fournirent un prétexte à une pro- 
vocation. Les deux adversaires placés en pré- 
sence tirèrent en même temps , et ce fut, 
ni.'.lgré son adresse, M. d'Esterre, qui tomba 
blessé niorlellement. Il exj)ira au bout de 
ffiffl.'iues jours. Qi>elques mois après , 
O'Conueil i'ut sur le point d'avoir un second 



135 



O'CO 



O'CO 



iZi 



engagement avec Robert Peel; le duel devait 
avoir" lieu sur le coutniont, el Robert Peel 
s'était déjà rendu à Ostenùe. O'Counell allait 
le rejoindre, lors((u'il fui arrêté dans son 
hôtel à Londres. 11 dut payer, avec ses cau- 
tions, cinquante mille francs. Lorsque les 
deux rivaux se revirent à Dublin , la que- 
relle fut un moment sur le point de recom- 
mencer : la police exigea do nouvelles ga- 
ranties de paix, et le magistrat alfirma à 
O'Connell que le gouvernement était résolu, 
dans le cas d'une rencontre f.itale, à pour- 
suivre et à faire exécuter celui des adver- 
saires, quel qu'il fût, qui serait ftivorisé par 
le sort. L'agitateur a souvent déclaré dans la 
suite qu'il acceptait avec tierté, comme une 
expiation de la mort de d'Esterre, les insul- 
tes dos personnes avec qui il refusait de se 
battre, et il a su démontrer ainsi que chez 
Kii l'abnégation chrétienne balançait la fou- 
gue du légiste et du tribun populaire. En 
1817, O'Connell concourut au irojet d'établir 
à Dublin une société des Amis de la réforme 
parlementaire. Ce projet, qui ne se réalisa 
point, eut néanmonis un résultat, celui de 
réunir les eiîbi'ts des prutcstanls et des ca- 
tholiques. Georges IV» au moment de son 
avènement au trùno, ayant voulu visiter l'Ir- 
lande, O'Connell , Ironipé comme tant d'au- 
tres sur les intentions libéi-aLs de l'ex-ré- 
gent, se joignit à la foule des Irlandais no- 
tables qui tirent au raonariiue un accueil 
empressé, et il lui offiit, accompagné d'une 
députation de catho!i![ues, une cour, urne de 
laurier qui fut accueillie gracieusement. Le 
l)rincê prodigua les ])romesses , qu'il parut 
ensuite avoir comi)létement oubhées. En 
1823, O'Connell fonda la vaste association 
cathohque , dont celle de 1815 n'était, en 
quelque sorte, qu'un essai. Ses membres se 
divisaient en deux classes : les uns devaient 
payer 25 francs par an, les autres 1 fr. 20 c. 
de souscription. C'est cette association qui 
par ses gigantesques etl'orts et sa vaste ni- 
tluence devait décider quelques années plus 
tard le gouvernement t\ relever enhn les ca- 
tholiques de la proscription légale qui pe- 
sait s^ur eux. Le peuple, accoutumé jusqu'a- 
l'Ors à ne rencontrer au-dessus de lui (juc 
l'injustice et la tyrannie, vit avec bonheur 
cette association protectrice et bientaisanle 
s'interposer entre lui et le gouvernement. 
Voici dans quels termes un auteur s'exprime 
à ce sujet : « L'association gouverne en réa- 
lité l'Irlande. Ses chefs sont les représen- 
tants du pays; ses ordres sont des lois que 
chacun regarde comme obligUoires. Le co- 
mité central accueille toutes les plaintes, 
prend ses informations et poursuit les abus. 
L'association perçoit un impôt, toujours ac- 
quitté parce qu'il' est librement consenti. Si 
des élections se préparent, elle s'occupe de la 
révision des listes électorales , fait les frais 
d'insciiption des électeurs catlioliques et 
poursuit impitoyablement la radiation des 
or.ui.ristes qui y sont indûment portés. Elle 
recommande les candidats qui ont des tiîrcs 
à la conlianco publique, et encourage les 
électeurs à remplir leurs devoirs. Une loi est- 



çlle présentée aux chambres, elle assemble 
son parlement. Le projet est examiné, discuté, 
approuvé ou concJamné p/ir l'association. 
Dans ce dernier cas, une adresse au [)eup'e 
en signale les dangers, et l'invite à envoyer 
immédiatement des pétitions i)our demander 
son rejet. \]i\ pauvre fermier est-il jeté en 
prison parce qu'il n'a pu acqiiitter la dime, 
l'association paye sa dette et lui rend la li- 
berté. Un électeur consciencieux est-il chassé 
de sa ferme pour avoir voté contre le désir 
de son landlord, l'association le loue de son 
courage, le prend sous sa f)rotection, lui ac- 
corde un secours, lui procure une fenve, eî 
voue au mépris public le propriétaire op- 
presseur. L'association catholique formait 
un gouverni'ment au-dessus (hi gouverne- 
ment, car elle contrôlait les actes du pou- 
vo r en môme temps qu'elle dirigeait le peu- 
ple. — Cette autorité d'un nouveau genre ne 
travaillait pas seulement;! l'éducation politi- 
que de l'Irlande ; elle faisait prendre au peu- 
ple des habitudes réguli'ères et sociales; elle 
lui enseignait ses devoirs en l'instruisant de 
ses droits. Elle fondait des écoles , d(;s éta- 
blissements de bienfiisance; elle recomman- 
dait la tempérance. Quand, la veille d'une 
élection, elle défendait au peuple de s'eni- 
vi'or, il n'était pas bu une seule goutte de 
wiskoy. L'autorité de l'association était telle, 
qu'un paysan, dans une élection à Waler- 
ford, se plaignait de toute la force de ses 
poumons d'avoir été battu. Et pourquoi ria- 
vcz-vous pas rendu les coups? lui dit-on. Je 
croyais que l'association l'avait défendu. Fut- 
il jamais un gouvernement qui ait exercé 
une pareille puissance? Or cette autoiité, 
qui se substituait au pouvoir légal , s'était 
constituée, non dans l'ombre, mais au grand 
jour de la place publique. Ses résolutions, 
ses actes, les paroles de ses membres étaient 
livrés à la publicité. Elle avait remplacé le 
meeting nocturne par le meeting en plein 
soleil. Telle fut rassociation qui gouvernait 
l'Irlande et qui était elle-même gouvernée 
par O'Connell , association qui portait le 
nom de catholique, bien qu'elle fût ouverte à 
tous les prolestants amis sincères de la li- 
berté de conscience. » A la lin de l'année 
1824, O'Conned fut traduit devant le jury de 
Dublin j)ouc cciuse de sédition, mais il fut 
déchargé de l'accusation, et la défaite du 
gouvernement agrandit encore son ascen- 
dant. Enfm en 1^28 le comté de Clare élut 
O'Connell pour son représentant au parle- 
ment : l'agit iteur se présenta pour siéger à 
la Chambre des communes, mais il i efusa de 
prêter le serment par lequel il lui fallait dé- 
clarer que le sacntice de la messe et l'invo- 
cation de la bienheureuse Vierge Marie et 
des autres saints étaient des actes d'idolA- 
trie. Comme il l'evait prévu, il ne fut pas 
admis. Mais l'impulsion était donnée, l'agi- 
tation était devenuo si inenaçintedans toute 
l'Irlande, que, pour éviter une guerre civile, 
le cabinet présenta au commencemen' de la 
session suivante le bill (l'émancii)atloii. 
O'Connell, réélu , put entin siéger sans prê- 
ter un serment blasphématoire. Le 12 fé- 



!35 



O'CO 



O'CO 



156 



vrier1831,0'ConneII, Steel et R.irrctt furent 
poursuivis devant les tribunaux pour avoir 
tenu des meetings publics contrairement à 
une proclamation ollicielle du lord lieute- 
nant; mais le temps lixé pour la durée de la 
loi qui servait de base à ces poursuites ayant 
expiré dans les délais du procès, l'agitateur 
et SCS amis ne purent être condamnés. A la 
mort de Georges IV, il lit partie du nouveau 
parlement comme re[>résenlant du comté de 
Waterford; en 1831, il lut nommé par le 
comté de Kerry, puis il représenta la ville 
de Dublin depuis 1832 jusqu'en 1836. Sa 
réélection par les électeurs de cette ville 
ayant été annulée, il reçut du bourg de 
Kilkenny un nouveau mandat de représen- 
tant; mais il fut élu à Dublin en 1837, En- 
fin, aux élections de 18il, il reçut son man- 
dat de la ville de Cork, et il l'a conservé jus- 
qu'à la lin de sa vie. Peu d'incidents ont 
marqué sa vie parlementaire ; le plus remar- 
quable a été sa motion présentée au parle- 
ment le 22 avril 183i pour solliciter le rappel 
de l'union. Le discours qu'il prononça à 
cette occasion ne dura pas moins de six 
heures. Après un débat qui se prolongea 
pendant cinq séances, la motion fut repous- 
sée par 523 voix contre 38. Un seul membre 
anglais avait voté pour. Les 30 à 4-0 irlandais 
qui votaient constamment avec lagitateur, 
et qu'on surnommait ta queue d'O^Cotinell, 
exercèrent une certaine intluence lors(jue 
les forces des partis se balancèrent à la 
Chambre des communes. Les amis d'O'Con- 
nell soutinrent au ministère lord Melbourne 
et les A\ighs de 1835 à 1841, et il en résulta 
pour O'Connell une certaine autorité sur le 
gouvernement de l'Irlande. Aussi le cabinet 
montrait-il des dispositions plus conciliantes, 
lorsque Robert Peel parvint au pouvoir. L'a- 
gitation irlandaise avait récommencé sur une 
plus vaste échelle , et O'Connell, réorgani- 
sant l'association sous le nom de société na- 
tionale, apparut plus menaçant que jamais 
aux regards de l'Angleterre. 11 était un jour 
en Irlande haranguant les meetings , et le 
lendemain à la Chambre des communes, 
luttant corps à corps avec lord Stanley, son 
antagoniste personnel, qui venait de jeter à 
l'Irlande une violente provocation en présen- 
tant un bill sur l'enregistrement des élec- 
teurs irlandais, bill dont le but était, disait 
O'Connell, de livrer l'Irlande, pieds et poings 
liés, à la fureuc des tories (1840). La vic- 
toire resta à O'Connell, et lord Stanley, qu'il 
surnommait le Scorpion, dut retirer son pro- 
jet, après en avoir, pendant plus de la moi- 
tié de la session, occupé la Chambre. L'an- 
née 1843 vit se produire les meetings mons- 
tres de Tara , de Curragh , de Kildare, de 
Mullaghmast. Le peuple irlandais marchait 
comme un seul homme, avec une précision, 
une discipline dont on ne l'aurait pas cru 
capable , et le nouveau roi de la verte Erin 
annonçait à l'Europe qu'il était à la tète de 
500,000 sujets loyaux, mais prêts à mourir 
pour la cause du rap()el. Le gouvernement, 
s'inquiétaiit d'un mouvement aussi formida- 
ble, défendit le grand meeting de Clontarl 



qui devait se tenir le 8 octobre 1843, et, le 
14 du môme mois, O'Connell fut mis en ac- 
cusation. Il fut condamné à un an de prison 
et à deux mille livres d'amende ; mais trois 
mois plus tard la cour des lords cassa cet 
arrêt. — Le 1" novembre 1841, l'Irlande était 
entrée en jouissance du bill qui réformait 
ses corporations municipales, et O'Connell 
fut nommé lord-maire. Ce fut , dit l'auteur 
déjà cité, un grand jour pour l'Irlande que 
le jour oii le champion des droits populaires 
put revêtir l'écarlate et l'hermine, insignes 
de l'autorité qui lui était confiée par les deux 
cent mille citoyens de Dublin. Il y avait plus 
de deux siècles qu'aucune ville n'avait eu 
un catholi((ue à la tête de son administra- 
tion. Les dernières années de l'agitateur fu- 
rent troublées par d'amers chagrins. La di- 
sette de 1844 plongea le peuple irlandais 
dans une extrême détresse. D'une autre 
part, au moment où la bonne harmonie de- 
venait plus nécessaire que jamais pour at- 
teindre le but de tant de fatigues, de tra- 
vaux, de luttes de toute espèce, il eut la dou- 
leur de voir la division allaiblir la vigueur 
de ce |>arli national d'Irlande dont la force 
et l'ascendant étaient presque exclusivement 
son œuvre. Le ])arti de la Jeune-Irlande eut 
l'ingratitude et commit la faute de se séparer 
de lui, et de se donner d'auties chefs, parmi 
lesquels il faut distinguer Smith O'Brien, que 
lui-même avait désigné pour être son liéri- 
tier présomptif. Il se préparait à remédier 
au mal que causaient ces luttes intestines, 
qui de tout temps ont facilité les victoires de 
l'Angleterre, lorsqu'il sentit pour la première 
fois ses forces défaillir. Les années s'étaient 
accumulées sur sa tête , et les maladies ve- 
naient à la suite. Les médecins durent lui 
interdire toute occupation sérieuse, et il en- 
treprit un pèlerinage à Rome. Après avoir 
traversé la France et Paris, il était arrivé par 
Marseille à Gênes , et c'est dans cette ville 
que l'illustre agitateur succomba le 15 mai 
1847, <1gé de 72 ans, après avoir reçu tous 
les secours de la religion. Il avait légué son 
cœur à Rome , et son corps fut rapporté en 
Irlande. O'Connell avait épousé, à l'âge de 28 
ans, une cousine, iille du docteur O'Connell 
de Tralee. Le mariage s'était fait secrète- 
ment, parce que sa famille lui proposait de 
brillants partis. Il a laissé quatre lils, Mor- 
gan, Maurice, John et Daniel ; les trois der- 
niers font partie du Parlement britannique. 
John, qui l'accompagnait dans son voyage, se 
rendit à Rome, où il reçut de Pie IX l'accueil 
distingué que ce grancî pontife réservait au 
père. — Le P. Ventura; à Rome, et le P. La- 
cordaire, à Paris, prononcèrent son Eloge 
funèbre. On a une Biographie de Daniel 
O'Connell , par Jules Gondon, Paris, 1847, 
gr. in-18 de 131 pages. — Nous avons pensé 
qu'on nous excuserait d'avoir donné un cer- 
tain développement à la notice de cet homme 
illustre, parce que sa vie est l'époque d'une 
phase nouvelle dans l'histoire religieuse de 
l'Angleterre et de rirlai;de; que les circons- 
tances dans lesquelles il se trouva ouvrirent 
à ses pas une voie exceptionnelle, et qu'il 



13? 



ODE 



ODO 



458 



fut, pour ainsi dire, le créateur du parti ca- 
tholique qui, plaçant les int fêts religieux 
au-dessus de tous les autres intérêts, a [xmr 
principe de ne s'enrôler sous auc ne ban- 
nière [)olit!quG absolue. On sait que M. le 
comte de Montalein-beit est en France l'un 
des principaux chefs de ce parti. 

OCTAVIEN, anti-papo, de la famille des 
comtes de Frascati, se fit élire, en 1159, par 
deux cardinaux, après la mort d'Adrien IV, 
et prit le nom de Victor IV. 11 fut soutenu 
par l'empereur Fré(iéric I". Il convoqua un 
concile en 1160, à Pavie, où Alexandre 111 
fut déposé. Ce pape, contraint de fuir en 
France, laissa le trône poniifical à l'usurpa- 
teur, qui mourut h Lucques en 1164-, égale- 
ment hdï et méprisé. 

ODDl (JiCQUES degli), cardinal, d'une no- 
ble f.imille de PérO'ise, naquit dans cette 
ville vers 1690, et occtipa divers emplois 
importants, on il fit preuve de capacité et 
d'hab leté dans le maniement des atfaiie>. 
En 174.5, à son retour de Poi tugal, où il avait 
été envoyé en qualité de nonce près de celte 
cour, il fut élevé p;ir Benoît XIV à la dignité 
de cardinal. Il fui ensuite légal à Ravenne où 
il fil beaucoup do b.on, protégea les letlces 
et se concilia l'estiuie génénde par sa vertu, 
sa libéralité et l'esprit de just ce qu il po. tait 
dans l'administration. Nommé évêque de Vi- 
terbe, il se montra dans ce nouveau poste 
pasteur aussi zélé que savant, aida les pau- 
vres, maintint la discpli e parmi son clergé, 
et n'omit rien de ce qui pouvait contribuer à 
l'édification et h l'avanlege de son troupeau. 
Ce pieux et estimab.e préiat mourut à Viterbe 
en 1770, âgé de 80 ans, et regretté de tous 
ceux qui lavaient connu. Il a laissî les ou- 
vrages suivants : Constitutiones editœ in diœ- 
cesana sijnodo habita in cathedraii ecclesia 
Sancti Laurentii Viterbiensis nnno 1662, Vi- 
terbe, 1763, in-V° ; Viterbiensis synodi vindi- 
catio, ibid., 176i, in-i". 

ODDl (Nicolas deglij, cardinal et neveu du 
précédent, homme d'un mériie distingué, 
de beaucoup de sag sse et ue prudence, ( t 
d'un talent rare , fut envoyé à la d èle de 
Francfort après la mort de l'empereur Fran- 
çois 1", et s'y comporta de manière à obtenir 
et à mériter les plus grands éloges. Il mourut 
en 1767, à Arezzo, au collège des jésuites, 
dans un temps et h un âge où il pouvait 
rendre encore les plus grands services à l'E- 
glise, qui fondait sur luiuejusLes espérances. 
ODED, prophète qui, s'éiant trouvé à Sama- 
rie dans le lempsque Phacée, roi d'Israël, re- 
venait dans cette ville avec 200,000 prison- 
niers que les Israélites avaient fai s dans le 
royaume cie Jud'^, alla au-devant des victo- 
rieux, leur reprocha leur inhumanité et leur 
fureur contre leurs frères que Di u avait li- 
vrés entre leurs mains. Les soldats se laissè- 
rent tOLictier par les [)aroles du prophète. La 
compass.on et le désintéressement pr.rent 
tout à coupdan- leur cœur la place de 1.1 ciuauié 
€t de lavar ce; ils rend rent la liberté aux 
capt Is, etaban„onnèi-eii. le riche b.tin qu'ils 
avauMii fa.t [JJ Parai. xx.viiij. 

ODESPLNG DE LA MEfeCHlNIÈRE (Louis), 
DicTios.N. DE Biographie kelig. III. 



prêtre de Chinon en Touraine, où il était né 
l'an 1597, devint chanoine de la cathédrale 
de K' nnes, et fut pendant 15 ans ofiicial mé- 
tropolitain de Bretagn . 11 fat employé par le 
clergé de France, et en recueillit les Mé- 
moires, dont il donna 2 volumes in-folio en 
1646; mais d'autres collections plus amftles 
et mieux faites ont éclipsé la sienne. Il fit 
paraître aussi la même année une collection 
des Conciles de France, te us de|mis celui 
de Trente, in-folio, qui sert de suite à ceux 
du P. Sirmond, 3 vol. in-folio, et auxquels 
on joint les Suppléments de Lalande, 1666, 
in-'olio. On ignore l'époque de sa mort. 

ODILON (saint), cinquième abbé de Clu- 
ny, fils we Béraud surnommé le Grand, sei- 
gneur de Mercœur, naquit en Auvergne l'an 
962. Dès son enfance il fit des progrès dans 
les le très et dans la vertu. Le désir de me- 
ner une vie plus parfaite lui inspira la réso- 
lution de se retirer à Cluny. Saint Mayeul 
jeta les \eux sur lui pour lui succéder: 
Odilon fut le seul qui désapprouva ce choix. 
La réi)utation que lui firent ses vertus vint 
jusqu'à l'empereur saint Henri, qui le pria 
de l'accompagner dans le voyage qu'il lit à 
Rome pour s'y faire couronner, et jouit plu- 
sieurs fois di puis de ses pieux entreliens. 
Son humilité était si grande, qu'il refusa 
l'archevêché de Lyon et le pallium dont 
Jean XIX voulut l'honorer. Ce saint abbé 
mourut à Souvigni en 1049, à 87 ans, après 
avoir répandu son ordre en Italie, en Es- 
pagne et en Angleterre. Son caractère do- 
minant éiail une bonté extrême, qui le fit 
api eler le Débonnaire. Son nom est immor- 
tel dans l'Eglise, par l'institution de la Com- 
mémoration générale des trépassés. Celle pra- 
tique passa des monastères de Cluny dans 
d'autres églises, et fut enfin adoptée par 
l'Eglise universelle. On raconte diversement 
la révélation qu'on dit y avoir donné lieu. 
Dans le doute, il est plus prudent d'attribuer 
cette institution à la piéié de l'illustie abbé 
de Cluny qu'à des visions incertaines. On a 
de lui, dans le recueil intitulé Bibliotheca 
Cluniacensis, 1614, in-fol., la Vie de saint 
Mayeul ; ceWa de sainte Adélaïde, impéra- 
trice; des Sermons qui marquent une grande 
connaissance de l'Ecriture sainle; (jes Let- 
tres; des Poésies. On trouve encore quelques 
Lettres de lui dans le Spicilége de doui d'A- 
chery. Autant copieux écrivain fut soigneux 
de cultiver lui-même les bonnes études, 
autant le fut-il de les favoriser et d'exciter 
les talents dans son ordre. Pierre Damien a 
écrit sa Vie. — U ne taut pas le confondre 
avec Odilon, moine de Saint -Médar.i de 
Soissons, dont on a un Traité sur les trans- 
lations des reliques des saints, dans Ic^s Acta 
benedictinorum de Mjlonbil. Celui-ci vivait à 
peu près dans le même temps que epremier. 

ODOlANT-DESNOS (Pierre Joseph), mé- 
decin, né le 21 novembre 1722, à Alençon, 
où il mourut le 11 août 1801, était un com- 
])iiateur plus recommandai^tle pour son éru- 
dition que pour le ment' du sl.le. Le plus 
important de ses ouvrages esi intitulé : Mé- 
moirts historiques sur la ville d'Alençon et 



iZ9 



ŒCO 



(«■eu 



MO 



sur ses s^'ù/ncurs, Aleiiçon, 1787,2 vol. in-8", 
avpc fi^;iirt"S- Nous eitoroiis ciicore sa Dissn'- 
tdtion fur Srrlon, évêque de Scez, et lidoul, 
mort anheréqnr de Cantorb(fru, Koiiie (Alcii- 
roii), 1785, iii-8». 

ODON (saint), ik'^ en 879, lut chanoino do 
Paint-Martin d;' Tours, sa jiatiie, en 8!)!); 
luoinoà Baume cmi rranclie-Coiité en 90i), et 
i-econd ahbc de Cluny en i)j;7. Sa sainteté 
et ses iu.uières fé|.andircnt beaucoup iréc at 
sur cet ordre. Le saint abbé était l'arbitre 
des princes sécul ors et des piiurcs de l'E- 
glise. Son zèle [)oar la disripliue inonasiitpie 
le tit appeler d uis les monastères d'Aurillac 
en Auver,:^ne, de Saijat en Périgord, de Tid- 
les en Limousin, de Siint-Pierre le Vif à 
Sens, di' Saint-Julien a Tours, et dans plu- 
sieurs autres qu'd soumit h inio exacte ré- 
forme. Appel/- ensuite en llalif^ il y donna 
le spectacle de ses vertus, et y foruia plu- 
sieurs communautés nombieuses. Ca saint 
aobé mourut en 9't2, auprès du tombeau do 
saint Ma. tin. On a de lui: un Abrégé des 
Morales de saint Grégoire sur Job; des 
Hymnes en l'honneur de saint Martin ; trois 
livres du Sacerdoce; la Vie de saint Gérard, 
comte d'AurilKnc; divers Sermons, etc. La 
BibUothcgne de Cluny, collection publiée i)ar 
dom Marrièr, 161'+," Paiis, in-fol., renferme 
les diti'éi-ents ouvrages de saint Odon. On 
trouve dans le même lecueil la Vie du [)ieux 
abbé, écrite par uu de ses disciples appelé 
Jean . 

ODON (s'iint), né en Angleterre de par nts 
idolâtres, danois d'origine, montra dès l'en- 
fance du penchant jiour le chrisliansme; 
ce qui lui occasionna dijs persécu'.ions de la 
ptrt de ceux dont il avait reçu le jour. Le 
duc Athelm , un des principaux sei^noirs 
d'Angleterre , soulagea ses soullVaiices 
par toutes sortes de b'enfaits. 11 fat bap- 
tisé , /eçut ensuite les ordres sacrés, et 
jouit de fa conliance de plusieurs rois. 11 fut 
placé sur le siège épiscopal de Wilton, et 
ensuite sur celui de Canlorbéry en 9'i-!2, après 
avoir reçu l'hab.t de Tordre de Saint-Benoit; 
car c'étai: 1 usage de ne mettre à la tète de 
ce grand diocè-<e que des hommes qui avaient 
])rofessé la vie monastique. Voy. saint Nou- 
liKiiT. Il n'avait consenti qu'avec répu- 
gnance à sa première i)romolion, et il s'op- 
posa longtemps à la seconde. Il mourut le 4 
juillet 961. On a de lui des Constitutions 
ecclésiastiques dans la collection des conciles. 
Il est regardé comme un des principaux au- 
teurs des li).s punliécs par Edmond et Ed- 
gard, rois d'Angleterre. 

ODON ou ODARD, évoque de Cambrai, 
né à Orléans, mourut en 1113. On a de lui 
une Explication du canon de la messe, Paris, 
16'«0, in-'+°, et d'autres traités, imprimés uans 
la Bibliothèque (Il'S Pèr> s. Sa vie fut rem])lie 
par ie travail et i)ar les bonnes œuvres. 

ŒCOLA.dPADE ,.]ka\), naquit au village 
de Weinsbe/g, d.nl^ la Eranconie, en l'i-bi. 
Son nom véritable était Hausschein, qui veut 
aire en a'I mand lumicre domestigue : il Je 
changea, Si.ivant la eout me des savants de 
ce temps, pour celui aOEcolampadc qui 



a la môme significalion en grec. Il apprit 
assez bien le grec et l'hébreu, et acquit di- 
verses connaissances. L'amour de la retraite 
et de l'étude l'engagea à sel'aiie religieux de 
Sainte-Brigiile dans le monastère de Saint- 
Laurent, i)rès d'Augsbourg; mais il ne per- 
sévéra pas longtemps dans sa voirai ion. Il 
([uitta son cloitre et se retira à BAle. La prô- 
ti-ndue réforme commençait à éclater ; OHco- 
lamj)ad'f en adopta les i r!nci[)es, et préféra 
le sentiment de Zuingle à celui de Lutfier 
sur l'e (chu'islie. 11 fut fait ministre à Bàle, 
et pub'ia un Tiaité intitulé : De ^exposition 
naturelle de ces paroles du Seigneur, CECI 
EST MON COUPS, c'est-à-dire, selon lui, lo 
signe, la figure, le type, le symbole. Les lutlié- 
riens lui répondirei:t par ,un livre intitulé : 
Syngramma , c'est-à-dire Ecrit commun^ 
composé, à ce qu'on croit, par Bjentiu.s. 
OKcolampade en publia un second intitulé : 
Anti-Syngramma, (\\n f,it suivi dii divers 
tiaités contre \q libre arbitre, Yinvocation des 
saints, etc. A l'fxemple de Luther, OEco- 
lampade se maria, qnoiq le prêtre, à une 
jeune lille d-mt la beauté l'avait touché. 'Voici 
comment Erasme le raille sur ce mariage : 
« OEcoIampade fdit-il) vient d'épouser une 
« assez belle fille; apparemment que c'^st 
« a nsi qu'il veut mortilier sa chair. On a 
« beau (lire que le luthéranisme est une chose 
« lragi([ue, j)our moi je suis per uadé que 
« rienn'est plus comique; carie dénouement 
« de la pièce e>t toujours quehiue mariage, 
.( et tout tiiiit en se mariant, comme dans 
« les comédies.» Eiasme avait beaucoup aimé 
OEcoIampade avant (ju'il eût emi)ras3é la 
réioini''. Il se plaii,nit que, di![)uis que cet 
ami était entré dans un ])arti, et qu'il eut 
quitté avec l'Eglise sa tendre dévotion pour 
embraser l'aigre et sèche réforme, il ne le 
reconnaissait plus; et qu'au lieu de la can- 
deur dont il faisait profession tant qu'il agis- 
sait par lui-même, il ne trouvait plus en lui 
que dissimulation et artilice. OEcoIampade 
eut beaucoup de part à la ruine de la vraie 
religion dans [ilusieurs cantons de la Suisse. 
Il mourut à B l.; en 1531. On lit entre au- 
tres choses sur son épitaphcdans l'ancienne 
catliédrale : Auctor cvangclicœ doclrinœ in 
hac urbe primus, et templi hujus verus epis- 
copus. Expressions bien dignes de l'orgueil- 
leux réformateur, njais bien au-dessous de 
la simplicité évangéliquc. Le mot auctor, du 
reste, exprimait admirablement la nouveauté 
de sa doctrine. On a de lui des Commentaires 
sur plusieurs livres de la Bible, in-fol., et 
d'aulrts ouvrages, fiuits du fanatisme de 
secte. Sa Vie, écrite eu latin par ^^'olfgang 
Ca,.iton, se trouve dans les Vicœvircrum eru~ 
diiorum de Fichard, et dans VAthenœ liauricœ. 
Elle a été aussi [lubliée en français, Lyon, 
1562, in-12, et en allemand par Hess, Zu, ic.h, 
1793, iu-8". Ses Lettres ont été publiées par 
Ch. Buttinghausen,1777,in-8°,avec(iesnott s. 
OiiCU.MENlL'S, auteur grec du x' siècle, 
selon la plus commune opinion. On a de lui 
des Commentaires sur les Actes d' s apôtres, 
les Epitres ne saint Paul, sui' l'Epitre de 
saint Jacques, etc., et d'autres ouvrages, 



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iTcueillis avec ceux d'Arétas, par Frédéric 
.More), Paris 1-31, en 2 vol. in-foi., grec- 
lafin. il ne fait presque qu'ab. rger saint Ciiry- 
sostome, et il le ;ai! avec assez peu de choix. 

OED>IANN (Samuel), théologien et natu- 
rdiste suédois, né à Wexioe en 1759, (il ses 
études de p'iiloso'hie et de théologie a i"u- 
niversité d'Upsal, et il y joignit la botanique 
et la zoologie, sci: nées «luxquell s il sap- 
pliqua sous la direction de Lninée. Après 
avoir été, pendant seize années, maiire d'é- 
cole dans un village, il fit nommé, en 1790, 
professeur de théologie à Upsal, puis pasteur 
de Vieil-Upsal. Sa mauvaise santé le rete- 
nait presque continuellement dans son lit, et 
sa ciiambre à coucher était le rendez-vous 
d'un grand nombre de savants compatriotes 
et étrangers. Oi^dmann mourut le 2 octobre 
1829, lais antun assez grand nombre d'ouvra- 
ges écrits en suédois. Nous citerons : Diction- 
naire géographique ()Our le Nouveau Testa- 
ment; Essai sur r Apocalypse, Indant éprou- 
ver que les prophéties qui y sont contenues ne 
se rapportent qu'à la destruct on de Jérusa- 
lem par li'S Romains; des t'Jssais sur les 
écrits du Nouveau Testament ; une traduc- 
tion de J'Evangile do saint .Vlatthicu, qu'il 
publia seul en 1814, parce qu'il ne put s'en- 
tendre avec Us autres membres de la com- 
mission cliargée de ce travail. 

OELHAF (Nicolas-Jérôme), théologien de 
Nuremberg, né l'an 1637, étudia dans plu- 
sieurs universités d'Allemagn ', et dans 
celles de Strasbourg et d'Utrecht. Il devint, 
dans sa 38° année, pasteur à Lautfen, où il 
mourut en 1675. Il a écrit sur le droit nor- 
turel et sur la prédestination. Il a fait aussi 
une Réfutation du Traité de Vétat des âmes 
après la mort, etc. Ses ouvrages sont restés 
dans son pays. 

OENOMAUS, I hilosophe et auteur grec du 
ir sièile. Piqué d'avoir été tromité plusieurs 
fois p ;r l'oracle de De plies, il Ut un Recueil 
des mensonges de cet oracle fameux. Eusébe 
nous a conservé, dans sa Préparation évan- 
gélique, une partie considérable de ce Traité, 
oii Ion voit que si le démon s'est mêlé de 
rendre des oracles comme l'on ne peut guère 
en douter {voïj. Baltus), il n'a pu donner à 
ses conjectures et à sa divination la clarté, 
la précision et surtout la certitude qui 
distinguent /es oracles prophét.ques. 

OG était roi de Basan, c'est-à-iJire de cette 
partie de la Terre-Promise qui é ait au del:i 
du Jourdain, entre ce lleuve et les monta- 
gnes de Galaal. Les Israélites voulant entrer 
dans la Terre-Promise, Og, pour s'y op;io:>er, 
vint au-devant d'eux avec tous ses sujets 
jusqu'à Edraï. Moïse le vainquit et le tua, 
passa au (il de l'épée tous ses enfants et 
tout son peuple, sans qu'il en re^.U nn 
seul, conformément aux ordres de Dieu, qui 
voul iit déUmre ces nations abominables, 
dont les crimes justifie. it la pu:iition, même 
selon les lumières naturelles. Voij. Joslé. 
Les Israélites se mirent en possession de 
son pays, ruinèrent soixante villes, et en 
extermiiièren; tous les hantants. Og était 
seul resté de la race de Raphaiin. On peut 



juger de la tail'e de ce géant par la gran- 
deur de son lit, qu'on a conservé lorigtcmps 
dans la ville de Uabbath, capitale des Am- 
raoïiites. Il était de 9 counées de long et de 
4 de large, c'est-à-dire de 15 pieds k pouces 
de long sur 5 pieds iO j^ouces de large. Mais 
comme ce roi géant éiait sans doute couché à 
son aise, et ([ue les anciens guerriers aimaient 
à exagérer leur grandeur par celle de leurs 
lits (voy. Quinte-C rce, livre ix, chap. 3j, 
on peut croire qu'Og n'était pas ji'us grand 
que Goliath qui avait environ 9 [»ieds. 

OGER le Danois, appelé aussi Otger et Aut- 
caire, rendit de grands services à Charlema- 
giie, et fut aussi aimé qu'estimé [)ar ce 
prince et par sa cour. Le ciel lui ayant ou- 
vert les yeux sur les prestiges du monde, 
il se ht religieux dans l'abbaye de Saint-Fa- 
ron de Meau?^, où il attira un de ses amis, 
nommé Benoit. Ils moururent tous deux au 
IX' siècle, avec de grands sentiments do 
piété. 

OGIER (François) , frère du poète Charles, 
embrassa l'état ecclésiastique, et suivit le 
comte d'Avaux, lorsqu'il alla signer la paix 
de Munster en i6i8. L'abbé Ogier s'était si- 
gnalé dans une querelle de Balzac avec le 
P. Goulu, où il [)rit le parti du (ireinier, 
puis se brouilla avec son protégé. Dégoûté 
de la di puto, il s'occ ])a à prêcher; mais il 
n'y eut que les succès que donne la vogue 
d'un moment. Cet écr.vain mourut à Paris 
en 1670. On a do lui : Jugement et censure 
de la doctrine curieuse de François Garasscy 
jésuite, 1623, in-8°; Actions publiques, en 2 
vol. in-4-° : ce sont de mauvais sermons 
applaudis dans h' temps; des Poésies répan- 
dues dans ditl'érents ri'cueiis. 

OG 1ER (J osepu-M arie) , | )r;' tre d u diocèse de 
Vienne, né à Crémieu, mort en février 1821, 
dans sa71'année,a|)rès une vie toute consa- 
crée aux fonctions du ministè; e. On lui doit : 
Moyens de perfection pour une vierge chré- 
tienne, 3" édit. augmentée de plusieurs cha- 
[iitros, de l'ofilce ue la pénitence, de?, vê- 
pres et compiles, L on, 1820; Moyens de sa- 
lut pour les chrétiens de tous les sexes, de tous 
les états et de tous tes âges, etc., Lyon, lSî7,. 
iii-12. C'est une trad -ction libre du Snpien- 
tia christiana d'Arvisenet. La 2' édition a 
pour titr • Sagesse chrétienne, etc. Traité du 
style épistolaire pour tous les différents gen- 
res de lettres, Lyon, 18.8, in-18; Bréviaire 
du pénitent, Lyon, 1819, in-ld; Préparations 
et actions de grâces à Cusage des personnes 
pieuses qui font leurs délices de la fréquente 
communion, Paris, 1820, in-18, extrait du 
Sapienlia christiana. Ce recueil renferme 
une préparation pour les trois jours qui pré- 
cè lent la communion, et ensuite huit pré- 
parations et actions de grâces dilïérenîes 
entre lesque les les fidèles pourront choisir, 
ou dont ils pourront se servir successive- 
ment. Conférences et discours sur divers 
points de morale, à l'usage de MM. les ecclé- 
siastique.",, Lyon, i821, 2 vol. in-12. Ce li- 
v.e, écrit d'une n.anière simple, est très- 
utile aux Quèles qui ne ; auvent assister aux 
i'.istiuclions de leurs pasteurs. On y trouva 



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OLA 



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dix conf6rcnres qui trailent «les dis[)Ositions 
woiir les s.HTcMncnIs cl les divers poiiiU de 
1110 ;\Ii', et six discours en fo; iu(; d"e\auien 
suc la eoiifossion, les conuuaudcuieuls de 
Dieu et de TKt'Iise el les péchés capilauv ; 
des instructioiis pour la prcuiiôre couunu- 
iiioii des eniauis; d'S discours pour le re- 
nouvelleuKMil des vieux d;i baptême, etc. 

OGILBI (Jf.vn), issu d'une laïuille noble 
d'Ecosse, entra chez les jésuites en lo:)7, 
âgé de 17 ans. 11 se distingua dans sa patrie 
par s >n zèle pour la religion de ses pè.es, 
et fut mis à mort à (llascow, en 1615, pour 
l'avoir défendue cmlre le schisme et l'héré- 
sie. L;'S reprises q l'il lit à ses juges sont 
pleines de cette force et de cette dignité 
chrétienne (jui distingua les premiers mar- 
tyrs. Le Pèr.' Malhiis Tanner, dans sa So- 
cictas Jesu usque ad sanguinctn militans, ra- 
conte le > circonstance , de la mort de cet! ;0'ii me 

vraiment ano^tolique, d une manière pleine 
d'élégan- e,d"intrrôt et d'énergie. On peulcon- 
snlt( r aussi lirlntio incarceratioms et inar- 
tyrii Jnannis OijUbci, à Douai et ensuite à 
Ingostadl, 1010, in-10. 

UKSkl (Stanislas), Onchovms, gentil- 
homme polonais, né dans le diocèse de Pro- 
mis a\v, étuiliaà Wiltenbcrg, sous Luther et 
sous Mélanchthan, puis à Venise sous Jean- 
BaMlist ■ Egnace. De retour en sa patrie, il 
entra dans le clergé et devint chanoine de 
Prémislaw. Son éloqui^nce le lit surnommer 
le Déinostlièues polonais. Mais son attache- 
ment aux erreurs de Luther causa de grands 
maux au clergé. 11 fut excomm.mié par son 
évê ue, et n'.n devint que plus lurieux. 
Enfin il rentra dans l'EgUse catholique au 
synode tenu à Varsovie en 1591, et lil im- 
primer sa Profession de foi. Depuis ce lemjis- 
là, il s éleva avec zèle contre les protes- 
tants, et publia un grand nombre de livres 
de controverse. On a imprimé ses Opuscules 
en 15G3, in-8^ On lui doit aussi les Annales 
du règne de Sigismond-Auyuste, in-12, en 
latin, et Institutio principis. Son vrai nom 
était Orzécowsky: mais on sait que dans la 
langue polonaise, et en général dans l'escla- 
vonne, mère de tant d'autres, plusieurs let- 
tres semblent disparaître dans la prononcia- 
tion, quoique les indigènes prétendent les 
faire sentir._ 

OLAVIDE (Patjl-Antgine-Joseph), littéra- 
teur el homme d'Etat, connu aussi sous le 
nom de Comte de Pilos, né à Lima dans le 
Pé.ou, vers 1725, vint dans sa jeunesse en 
Espagne, et perfectionna ses études à Alcala 
de H^narez et à .dadrid. 11 suivit en qualité 
de secrétaire de l'ga.ion le cointd d'Aranda 
dans son ambassade en France, et, à son re- 
tour en Esfiagne, fut nommé coralo par 
Charles IU, el intendant de SéviUe. On 
compterait peu o'hommes qui eussent été 
aussi féconds en i)ro.,els qn'Olav.dé. 11 avait 
soii^é, en 17T8. à réformer la déclamation 
Ihé.ftràle en Esi)agne, et à établir des rè Je- 
menis pour les auteurs et les comédiens. 
11 avait cnuimencé lui-m.hne cette réforme ; 
mais, ira.antpas reçu d encouia^ement, il 
abandoniùi te dessein, li en présenta uu au- 



tre qui fut adopté, celui de défricher la Sier- 
ra-Moréna, montagne aride, aux confins de 
la Castille, de l'Estramadure et de l'Anda- 
lousie, laquelle avait près de trente lieues 
d'étendue sur cinq îi six de la ge. Olavidé y 
appe a des colons de toutes les nations, et 
surtout des Français et des Allemands. Les 
rochers qui en défendaient l'approche, les 
ma ais (jiii encombraient les vallons, dispa- 
rurent par les soins actifs de l'intendant. Des 
roules, des hôtelleries, des hameaux, des 
manufactures, des villes môme, s'élevèrent 
dans un pays oii naguère tout était inculte 
et presque inhabitable. Le pays commençait 
à prospérer, et les provinces voisines se res- 
sentaient dé à de ces bi nfai;s, lors lue des 
inalvi'illants et des envieux alarmèrent le 
roi sur les énormes déj)enses (pi'entraînait 
cet établissement, sans faire remarquer 1 u- 
tilité qui en était le résultat. Ne pouvant em- 
pêcher les progrès de l'établissement, ces 
intrigants cherchèrent à rané.mtir, en per- 
dant son fondateur : ce qui ne leur fut pas 
ditlicile. Olavidé, qui ne r. spectait point as- 
sez les idées et les coutumes religieuses, 
donna lieu par sa conduite à des dénoncia- 
tions. L'inquisition présenta ses plaintes, et 
Olavidé fut arrêté et enf rmé dans les pri- 
sons (ie ce trinunal. Il fut condamné à vivre 
exilé, à vingt lieues de la cour et de toutes 
les grandes villes, après avoir passé d'abord 
huit ans dans un couvent i)Our y faire pé- 
nitence. On |,rononcaen outre son exclusion 
perpétuelle de tout emploi ; on lui enjoignit 
de ne jamais aller qu'à pied et de ne se vêtir 
que des habits les plus humbles. Sa capti- 
vité ne dura que trois ans : le souvenir de 
ses services fut assez puissant pour lui faci- 
liter les moyens de s'y soustraire. 11 se re- 
tira à Venise, oii il composa son ouvrage de 
VEvamjelio en triunfo, etc., Triomphe de VE- 
vangile, ou Mémoires d un philosophe con- 
verti. En moins de deux ans ce livre eut 
huit éditions, fut traduit en italien, et en 
français par Buynand--ies-Echelles, Lyon, 
18'u5> vol. in-b"; nouv. édition un peu dé- 
gagée des longueurs de l'original, Lyon, 
1821, 3 vol. in-8°. Crt ouvrage, écrit avec 
force, est plein de sentiments chrétiens et 
renferme de grandes beautés. Cependant il 
a le grand défaut qu'on pourrait reprocher à 
d'autres ouvrages célèbres sur des matières 
religieuses, qui ont paru de nos jours : le 
coloris en est très-varié, les images irap- 
pantes, les pensées sublimes; mais to..t cela 
est présenté d.ms un style poétique, et sou- 
vent même de roman. Des sujets aussi sé- 
rieux ne devraient être écrits qu'avec cette 
nob e simplicité, celte éloquence qui naît du 
su et même, et non de la trop brillan!-e ima- 
S nation de l'auteur. Ce qui éblouit ne to^i- 
che pas, et au mUieu d'une multi'uJe de ta- 
bleaux dilférenls, des lr..i)es et des figures, 
ou trouve rarement la morale qui persua ^e 
et la vé.itaole onction. Quoi qu il en -oit, e 
Triomphe de l Evangile obtim à Olavide la 
permission de retourner en Esiiagne. 1 y 
vécui oublié dans une i>etite ville tle 1 An- 
dalousie ; sa conduite devint exem^jlaire, ei 



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OLD 



OLE 



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il mourut en 1803, Age de 78 ans. Il avait 
adressé au roi Charles III et à son succes- 
seur plusieurs Mémoires pour que son éta- 
blissement de la Sierra-Moréna ne fût pas 
entièrement oublié. Ces monarques ont eu 
en partie égard à sa demande. 

OLBERT'ou ALBERT, né à Lerne près de 
Thuin, dans le pays de Liège, vers la (in 
du X' siècle, e nbrassa la vie mona-tique à 
Lobbes, fjt envoyé dans le monastère de 
Saint-Germain-des-Prés à Paris , de là à 
Troyes, et entin à Chartres, où il se perfec- 
tionna d ms les sciences divines sous Ful- 
bert, évoque de cette ville. Olberl fut fait 
abbé de Gemnlo :rs, puis appeié ])Our être 
le premier abbé du monastère de Saint-Jac- 
ques que l'on venait d'ériger à Liéje. où il 
mourut Fan 10i8. On a de lui : un Rrcneil 
de canons, qu'il fit avec B irchard, évoque de 
Worms ; Vie de saint Ve'ron, pidiH 'e i)ar 
Georges Galopin. Il est encore auleur de 
plusieurs ouvrages qui n'ont pas été publiés. 

OLDECORN (Edouard), plus connu en An- 
gleterre sous le nom de Hall, né en 1561, dans 
la province d'Vork, tit ses études à Reims et à 
Riira^soù il reçut Torde (iela prêtrise. Admis 
dans la compagnie de Jésus, et envo é comme 
missioimaire en Angleterre en 1588, il en rem- 
plit les fonctions avec beaucoup de zèle et 
de succès pendant lix-sept ans, dans la pro- 
vince de Worcester. La conjuration des 
poudres donna occasion de l'arrêter. On 
l'appliqua cini] fois à la question; maison 
ne put apprendre, ni par so i .aveu, ni par 
aucun autre témo gnage suffisant, r[u'il eut 
eu connaissance de la conjuration. Il pro- 
testa toujours qu'd n'avait pas connu ce 
complot avant qu'il fût pub ic, qu'il n'av.iit 
jamais approuvé ni pris la défense des cou- 
pables ; mais cela ne l'empêcha pas d'être 
condamné au supplice des traîtres à Wor- 
cester, le 7 avril 1606. Il eut la consolation 
de réconcilier à l'Eglise un des criminels qui 
subit la mort av.c lui, et qui mourut dans 
de grands sentiments de foi et de pénitence. 
Un nommé Littleton demanda publique- 
ment pa don à Dieu et au P. Oldecurn de 
l'avoir injustement accusé de la conjuration. 
Nous avons pris ces détails dans les Mé- 
moires de M. Challoner, vicaire apostolique à 
Londres, imprimés en 1741. 

OLDENDORP (Chrétien-George-André), 
missionnaire morave , né l'an 1721, au vil- 
lage de Grossen-Lalfert dans l'évêché d'Hil- 
desheim, se rendit dans les îles danoises des 
Ant.lles, pour visiter les missions dont la 
communauté des Frères Moraves lavait char- 
gé d'écrire l'histoire. Après son retour à Ma- 
nenborn, il fut nommé prédicatiMu- de la 
communauté d.; ce lieu, et, en 178'i-, il fut ap- 
pelé à Ebersdorf, où il mourut le 9 mars 
1787. On a de lui, en allemand, outre quel- 
ques opuscules en prose et en veis, et (ies 
criutiques à l'usage des Frères Moiaves, une 
Histoire de la mission des Frères évangéliqaes 
dans les îles Caraïbes de Saint-Thomas, Sainte- 
Croix et Saint-Jean.Bavhy, 1777, 2 in-8°,fig. 

OLDOINI (AiGUSTiN). Voy. Yittorelf.i. 

OLEARIUS (GoDEFRoi), docteur en théo- 



logie et surintendant de Hall, mort en 1687, 
à 81 ans, est auteur d'un Corps de théologie 
à l'usage des lulhéiiens. — Jean Oléarius, 
son fils, professeur de rhétorique, puis de 
théologie à Leip ig, fut l'un des premiers 
auteurs des journaux de cette ville, sous 
le titre d'Acta eraditarum. Il était né à Hall 
en Saxe, en 1639, et il mourut à Leipzig en 
1713, à 7i ans, après avoir exercé les em- 
plois les plus iistin^ui'S de l'universit '. On a 
d(^ lui : une Introduction à la théologie; une 
Théologie positive, polémique, exégélique et 
morale, etc., etc.; tousouvngs infectés des 
nouvelles erreurs. — Go lefroi Oléarius, (ils 
de Jean, naquit à Leipzig en 1672, fut pro- 
fesseur en langue grecque et latine à Leip- 
zig, puis en théologie, obtint un canonicat, 
eut la direction des é'udiants, et la charge 
d'assesseur dans le cons stoire électoral et 
ducal. Il mourut de pht lisie en 1715, âgé de 
43 ans. On a de lui : Dissrrtalio de adora- 
tione Patris per Jesum Christum, in-4", 1709. 
Il > réfute une des pr.nci[)ales erreurs des 
sociniens, qui re 'usaient à Jésus-Christ le 
titre et les fonctions de médiateur entre 
Dieu et les hommes ; une bonne éditioîi de 
Philostrate, en grei; et en latin, i -folio, 
Leipzig, 1709; la traduction latine de l'His- 
toire de la philosophie de Thomas Stanley, 
Lei|)zig, 1721, in-4°; Histoire romaine et 
d'Allemagne, Leipzig, 169i), in-8° : ce n'est 
qu'un abrégé. 

O'LEARY (Arthur), capucin irlandais, né 
en 1729, à Cork, fit s s études au collège de 
Saint-Malo en Bretag le, embrassa l'ordre de 
Saint-François, et, a irès avoir pris les or- 
dres, il entVa en qualité d'aumônier dans un 
régiment irlandds au s rvice de France. 
S'étant dégoûté de celte place, il retourna en 
Irlande, et ouvrit à Cork sa patrie une ch 'pelle 
catholique qu'il desservait. Lorsque le parle- 
ment irlandais adoucit les lois pénales con- 
tre les catholiques, il pu-blia un écrit inti- 
tulé : La Loyauté prouvée et le serment dé- 
fendu. L'etfet de cet écrit fut de rassurer les 
consciences des personnes qui hési aient sur 
le serment qu'il fallait prêter, et de les dé- 
terminer à le faire. Il tnt la même conduite 
pendant la guerre d'Amérique, L-rsque les 
flo tes françaises men.iç.nent l'Irlande. Il 
rappela alo.s, dans une adresse à ses compa- 
triotes catholiques, qu'ils étaient sujets du 
roi d'Angleterre, et c[ue rien ne les dispen- 
sait de demeurer fidèles au gouvernement. 
Il en fit autant en 1784, lors des troubles et 
des pillages qui eurent lieu dans le comté de 
Cork. On sut gré au P. Oléary de cette 
manière d'agir, qui lui attira l'estime des 
gens honnêtes. Il vint se fixer à Londres, où 
il érigea (dans Sutton-street, Soho-square), 
une chapelle catholique dédiée à saint Pa- 
trice. Il y prononça VOraison funèbre de 
Pie VI, le 16 novembre 1799, Liquelle fut tra- 
duis eenfrancais par l'abbé Quéquet, Londres, 
1805, in-8^il mourut à Londres le 8 janvier 
1802. On a de lui : Défense de la divinité 
de Jésus-Christ et de l'immortalité de Vâme , 
Cork, 1776, eu réponse à un ouvrage d'un 
médecin écossais , intitulé • Pensées sur la 



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nature et la religion, où toute espèce de re- 
lij^ioti ('lait cilla(jUL'e ; Défense de sa conduite 
(d'O'léary) et de ses écrits, conU'6 Woodwaid, 
evOquo anglican de Cloyiie, i'Hû; Rmiar- 
ques sur la Défense dis associations protes- 
tantes de Wesley; Défense de sa conduite dans 
l'insurrection de Munster en 1787 ; Exainen 
de la controverse entre le docteur CurroU et 
MM. Wharton et llawkins; uuEssay ou Tolc- 
ration, etc. ; dt'S Sermons et des Mélançjcs. 
On trouve sur cet eccl-siastique des détails 
intéressants tlrns Sfni Eloç/e fum'hre prononcé 
dans la cliapelle de Solio-sipiare, par M Mor- 
gan d'Arcy, piôlre attaché à celle chapelle. Ce 
discour'-s a été imprimée Londies,18l)2, in-8". 

OLEASTEK ou OLEASTKO (Jérômk), ha- 
bile dominicain j)orlugais, naiit'du bour.^de 
Azambuja, qui signitie olivier, assista au 
concile de Trente, en qualité de théologien 
de Jean 111, roi de Portugal. Il refusa à son 
retour un évèché,fut inquisiteur de la foi, et 
exerça les principales charges de son ordre 
dans sa province. On a de lui des Commen- 
taires sur le Pentateuque. La home édition 
de ce savant ouv,age, imprimé à Lisbonne , 
loo6-l558, 5 parties en un vol. in-fol., est 
recherchée. 11 est rare d'en retrouver tou- 
tes les parties exactement rassemblées , vu 
qu'elles parurent en diflérentes années. On 
a encce dOléaster des Commentaires sur 
Isaïe, Paris, VJli, in-fol. Le latin, le grec et 
l'hébreu étaient aussi familiers à 01- as er 
que sa fu'opre langue. 11 raouiut en 15G3, en 
odeur de sainteté. 

OLESNIKI (Sbignée), l'un des plus grands 
hommes que la Polo^^ne ait prodeits, né en 
1389 d'une noble et anciei ne famille, fut se- 
crétaire du rai Ladislas Jagellon. Ce fut en 
cette qualité qu'd suivit ce m naïque dans 
ses expéditions militaires. Il fut assez heu- 
reux pour lui sauver la vie en renversant 
d'un Iroiiçon de lance un cavalier qui venait 
droit à ce prince. 11 < rnbrassa ensuite l'état 
ecclésiastique, et obtint lévôché de Cracovie 
et le chapeau de cardinal. Ladislas remi)loya 
dans les ambassades et dans les alfaires les 
plus importantes. Ce prince lui laissa en 
mourant, pour mar([ui' de sa l)ienveilLinee, 
l'anneau qu il avait reçu autrefois delà reine 
Hedwige, sa première femme, comme le gage 
le ['lus cher et le plus pi'écieux de son ami- 
tié. Olesiiiki témoigna sa reconnaissance en 
faisant élire à Posnanie, en 1434-, le jeune 
Ladislas, son fils aîné, qui fut depuis roi de 
Hongrie, et qui périt malheuieuseuient à la 
bataille de Varna en 14-44. Le cardinal-évô- 
que de Cracovie fit ensuite élire Casimir, 
frère du jeune Ladislas, et rompit l'élection 
011 quelques Polonais avaient élu Boleslas, 
duc de :>Ioscovie. Cet illustre [irélat finit 
tranquillement ses jours à Sandomir, le 1" 
avril 1455, à G6 ans. Une régularité exern- 
pla re, et une fermeté inflexible, qui n'avait 
en vue que les intérêts et la gloire de la re- 
ligion, du roi et de sa patrie, formaient son 
caractère, il laissa tous ses biens aux pau- 
vres, dont il a\ait été le père pendant toute 
;5a vie. 

OLIER (Jean-Jacques), fondateur et pre- 



mier supérieur de la commvmauté des prê- 
tres et du sémin;ure de Saint-Sul|)ice h I*aris, 
était second fils de Jacques Olier, maître des 
requêtes. 11 ncupiit dans celte ville en lOOS. 
Après avo'r fat ses études en Sorb^nne, il fit 
un vovage hNotrc-Damede Lorette. De retour 
à Paris, il se lia très-étroitement ave(; \\\\- 
cent d(i Paul, instituteur des La/aristes. Son 
union avec ce saint lui inspira l'idée défaire 
des missions en Auvergne, où était siluée son 
abba. e de Pébrac. Son , èle y produisit beaur 
coup de fru ts. Quehjue teiiqis aiTrès, le carT 
dinal de Iliclielieu lui od'r t l'évôché de ChA- 
lons-sur-Marne, qu'il refusa. Il projetait de 
fonder un se ninaire pour disposer aux fonc- 
tions sacerdotales les jeunes gens qui em- 
brassaient l'éat ecclésiasti(|ue, lorscju'on lui 
pro[)Osn la cure de Saint-Sulpice. Après s'ê- 
tre démis de son abbaye, il accepta cette 
cure comme un moyen propre à exécuter ses 
desseins, et en prit possession en 1042. La 
paroisse de Sain:-Sul[)ice servait alors de re- 
traite à tous ceux qui vivaient dans le dé- 
sordre. Do concert avec les ecclésiastiques 
qu'il avait amenés avec lui de Vaugir<!rd, où 
ils avaient vécu quelque temps en commu- 
nau'é, il travailla à la réforme des mœurs 
avec autant de succès que de zèle. Sa pa- 
roisse devint la plus ré:-,ulière de Paris. On 
sait combien les duels étaient a!ors fréquents : 
il vint l\ bout d'en arrêter la fureur. 11 en- 
gagea plusieurs .seigneurs h faire publiqiie- 
mei.t dans son église, un jour de Pentecôte, 
une protestation qu'ils signèrent, de ne don- 
ner ni acceiitei' aucun cartel; ce qu'ils exé- 
cutèrent très-fidèlement. Cet exemple fut suivi 
de plusieurs autres seigneurs avant même 
que l'autorité du roi eût arrêté le cours de 
ce désordie. Au milieu de tant de travaux il 
n'abnndonna pas le projet de fonder un sé- 
minaire. Comme le nombre des prêtres d») 
sa communauté s'ét.ut tiès-nmlti|'lié, il crut 
trouver une occasion favorabie, et commença 
à les partager. 11 en destina une partie à la 
direction du séminaire, pour la fondation 
duquel il obtint des lettres patentes en 1645. 
L'autre par;ie continua, à l'aider dans les 
fonctions du saint ministère. Quoique par- 
tagés pour deux ol)jets ditt'érents, ces ecclé- 
siastiques n'ont jamais formé qu'un même 
coips. Ce qu'il y a de reraar(juable dans cette 
œuvre, c'est que, depuis son établissement, 
on n a jamais manqué de sujets, malgré le 
grand nombre qu'en exige l'étendue de la 
paroisse, le séminaiie de Paris et ceux de la 
province, et quoiqu'ils n'y soient attirés par 
aucun intérêt, ni retenus par aucun engage- 
ment. En 1646, il fil commencer les cons- 
tructions de l'église de Saint-Sulpice ; mais le 
vaisseau de cette église n'étant pas assez 
grand pour le nombre des paroissiens, il fit, 
de concert avec son successeur , jeter de 
nouveaux fondements en 1655, pour l'église 
que l'on voit aujourd'hui. Ce pieux fonda- 
teur s'étant démis de sa cure en 1652, se re- 
tira dans son séminaire, et travailla à faire 
de semblables établissements dans quelques 
diocèses, et à planter la foi à Monl-Réaj en 
Amérique , par les missionnaires qu'il y 



149 



OLI 



OLl 



150 



envoya. Après s'être signalé par ces différents 
établissements, il mourut saintement en iGo7, 
à 49 ans. Olier était un liommo d'imo chonté 
ardenteetd'une piété tendre. Il jouissait d une 
grande réputation de science et de vertu. Bos- 
sue! l'appelle virum prastantissimum ac sanc- 
titatis odorcs florentem. On a de lui quelques 
ouvrages de spiritualité , entre autres des 
Lettres, publiéesà Paris, 16~/i-,in-l2, remplies 
d'onction, mais dans les(|uelles on désirerait 
quelquefois une dévotion moins minutieuse 
et plus éclairée. Un Traité des saints ordres, 
1676 et 1817; un Catéchisme chrétien pour 
II! vie intérieure ; nne Journée chrétienne, etc. 
Le P. Giry a donné un court abrégé de sa 
Vie en un petit vol. in-12, d'après oes mé- 
moires que lui avait communiqui-s Leschas- 
sier, un des successeurs d'Olier, dans la place 
de supérieur du séminaire. Une autre Vie de 
M. Oliec, a été pub iée à Versailles , en 1813, 
in-S"; elle est de M.Nagot, de Saint-Sulpice, 
à quelques changements près dont on est re- 
devable à l'illustre auteur de la F/eueBossuet. 

OLI\'A (Alexandre), général de l'ordre 
de Saint-Augustin, et célèbre cardinal, né à 
Sassoferrato,de parents paii\r(;s, prêcha avec 
réputation dans les premières villes d'Italie. 
Son savoir, sa vertu, et surtout nne modes- 
tie extrême au milieu des applaudissem>'nts, 
lui méritèrent l'amitié et l'estime de Pie II, 
qui l'honora de la pourpre, et le nomma à 
l'archevêciié de Camerino. Ce pontife l'em- 
ploya dans plusieurs né.^ociatiuns impor- 
tantes, et il eut autant à se louer de sa dex- 
térité que de sa prudence. Ce vertueux car- 
dinal mourut à Tivoli en 1463, à 55 ans. On 
a de lui : De Christi ortu sermones centuni ; 
De cœna cuni apostolis facta ; De peccato in 
Spiritum sanctum. Ces ouvrages sont des 
monuments de son érudition et de sa piélé. 
Son cnractère était fort doux, et il y avait 
autant d'agrément à vivre avec lui que de 
plaisir à le lire. 

OLIVA (le P. Fernand Perez), savant 
littérateur espagnol, naquit à Cor.ioue m 
1497, embrassa l'état religieux, fut attaché 
aux papes Léon X et Adrien VI, devint rec- 
teur de l'université de Snlamanque, et jiu s 
préc;-pteur de Piiilippe II. Il se distingua par 
ses connaissances dans les langues ancien- 
nes, traduisit plusieurs tragV'dies du grec, 
parmi lesquelles on cite La Vengeance d"A- 
gamemnon , et Hécube affligée ; on les 
trouve dans le Parnasse espagnol. Il a aussi 
composé deux Tragédies, des premières qui 
aient paru en Espagne ; et trois autres ou- 
vrages en forme de dialogues, savoir, sur la 
dignité de l'homme, sur remploi des richesses, 
ei sur la chasteté. Il est mort en 1533, âgé 
de 36 ans Ambroise Morales, son neveu, a 
donné en 1588, le recueil des OEuvres du 
P. Oliva, Cordoue, in-4°. Parmi les pièces 
renfermées dans ce volume on distingue le 
Dialogue sur la dign té de l'homme, le plus 
remarquable des écrits d'Oliva. C'est le pre- 
mier modèle que la littérature espagnole ait 
offert d'une discussion nette ei franche, dans 
iUn langage correct, noble et élégant. 

OLIVA (Jean-Paul), jésuite, né à Gènes 



en 1600, d'une famille illustre, qui a donné 
deux doges à cette république, prêcha avec 
bcaucou.i de succès et d'éclat dans les prin- 
cij)ales villes d'Italie, et devant les papes 
Innocent X, Alexandre VII, Clément IX et 
CK'menl X. li fut élu général de son ordre 
en 1634, et mourut à Rome en 1681, à 81 
ans. On a de lui : un recueil de Lettres, esti- 
mées ; des Sermons, qui sont un monument 
de son éloquence ; des Commentaires sur 
plusieurs livres de l'Ecriture. Son Commen- 
taire sur le se[)lième chapitre du premier li- 
vre d'Es iras montre jusqu'oii on doit porter 
le respect et la soumission envers ceux que 
Dieu nous a ;onné;. pour maîtres, quels qu'ils 
puissent être. 

OLIVA (Jean), né en 1689, à Rovigo dans 
les Etats de V'enise, embrassa l'état ecclésias- 
tique, et fut élevé au sacerdoce en 1711. Son 
goût et son talent décidés pour la littérature 
le firent nommer à la place de professeur 
d'humanités à Azolo, qu'il occupa pendant 
huit ans. Il alla à Rome en 1715, oii il fut 
bien accueilli par Clément XI. Après la 
mort de ce pape, il eut la place de secrétaire 
du conclave, place qui lui procura la con- 
naissance du cardinal de Rohan, qui se l'at- 
tacha, l'emmena à Paris et le lit son biblio- 
thécaire en 1722. Le cardinal n'eut qu'à se 
louer de ce c .oix. Sa b;bliolhè(jue devint le 
centre de l'érudition et l'asile des savants 
étrangers. Trente-six années de rechercljes 
continuelles enric'irent prodigieusement le 
dépôt coniié à l'infatigable abbé Oliva. Il le 
cotisei'va jusqu'à sa mort arrivée à i^ai is le 
19 mars 1757. On doit à !^a p'uiue laborieuse 
et savante : i.n Discours latin qu'il |)iorjonça 
dans le collège d'Azoio, sur la nécessité de 
joindre rétudr des médailles anciennes à l'his- 
toire des faits ; une Dissertation sur la Usa- 
nière dont les études s'iulr* dinsirent chez 
les Romains, et sur les eau -es qui tirent dé- 
choir les lettres parmi eux ; une antre Dis- 
sertation sur un monument de la décse 
Isis. Ces trois ouvrages ont été publiés à Pa- 
ris, in-8", 1758, chez Marin, sous le titre 
à'OEuvres diverses de Vabbé Oliva ; une Edi- 
tion d'un manuscrit de Silvestris sur un an- 
cien manuserit de C/istor et PoUux, avec la 
vie de l'auteur, in-8' ; de plusieurs k-ttres du 
Pogge, qui n'avaient point encore paru ; un 
Catalogue m.inuscrit de la bibliothèque du 
cardinal de Rohan, en 25 vol. in-fol. ; Tra- 
duction, en latin, du Traité du choix et de la 
méthode d-es études, de l'abbé Fleury. 

OLIVA UIUS. Voy. Olivier. 

OLIVE (Pieure-Jean), cordelier de Sori- 
gnan dan-< le diocèse de Béziers, était un 
partisan zélé de la [jauvreté et de la dés^p- 
propriation des biens. Les religieux de son 
ordre, ennemis du joug qu'il voulait leur 
imposer, cherchèrent des erreurs dans son 
Traité de la pauvreté et dans son Commen- 
taire sur l'Apocalypse. Ils cruren! en avoir 
trouvé plusieurs, qui furent c nsurées sur 
leur dénonciation. Olive expliqua sa doc- 
trine dans le chapitre général tenu à Paris, 
en 1292, et ses accusateurs furent confondus. 



151 



OU 



Il mourut à Narbonne Tan 1297, eu odeur de 
sainteté. 

OLIVEÏAN (PiERRE-RoHEuT ) , parent du 
fam(!ux Calvin, né à Nojon, lit imprimer, en 
1535, in-fol., à NeufcliAtel oii il avait ôté 
obligé de se retirer après sa première pré li- 
cation, une Tniflml ion ïinmixise de la Biljlc, 
la première qui ait été faite sur l'Iiébreu et 
sur le grec. Mais en cela il y a deux erreurs : 
1" Cette ti aduction française n'est pas la pre- 
mière, Lefebvre d'E-^taples ayant (léjh entre- 
pris ce travail ; 2" bien qu'Ôlivetan se soit 
vanté d'avoir traduit sur les textes origi- 
naux, il n'a fait que retoucher la version de 
Lefebvre d'Estaples. Du reste cette traduc- 
tion est écrite d'un style dur et barbare, et 
n'est pas fidèle. Le caractère de l'impression 
est gothique, et l.i diction ne l'est |)as moins. 
Sa rareté est son seul mérite. Bèze, pour 
expliquer la rapidité du travail d'Olivetan , 
prétendait que Calvin l'avait aidé dans ceitc 
traduction. Olivetan survécut peu à sa pu- 
blication, et mourut à Ferrare en 1538. Quel- 
que? fanatiques de son parti publièrent qu'il 
fut empoisonné à Rome ; mais c'est un conte 
qui n'a aucun fondement. On réimpr ma la 
Bible d'Olivetan à Genève, lo'tO, in-4°, re- 
vue par Jean Calvin et N. Malingre. Cette 
édition est encore plus rare (]ue la prem ère. 
On l'appelle la Bible de t'Epe'e, parce que 
c'était 1 enseigne de l'irnî^rimeur. 

OLIVIER (Jean), oncle de François Oli- 
vier , qui fut chancelier de France sous 
François I", en 15'4-5, fut évêque d'Angers 
en 1532. De sim[)le religieux étant devenu 
grand aumùnier au monastère de Saint- 
Denys, et ensuite abbé de Saint-Crépin et de 
SaiiiVSlédard de Soissons, il permuta cette 
dernière abbaye [)our l'évèché d'Angers, où 
il partagea son temps entre les fonctions i as- 
toiales et les lettres. On a de lui un poème 
^atin, intitulé : Jani Olivarii Pandora, Paiis, 
15V2, in-12 ; et Reims, 1G18, in-8°, traduit en 
français i)ar Gabriel Michel de Tours, in-12. 
Ce prélat gouverna son diocèse avec autant 
de zèle que de lumière, et fit le bien sans 
faste et sans ostentation. Il mourut le 12 
avril en lo'+O. Il ne faut pas le confondre 
avec un autre Jean Olivier, ou Olivarius, 
de Gand, professeur d'éloquence et de lan- 
gue grecque à Douai, mort à Cambrai vers 
l'an 162V, qui nous a laissé plusieurs Poèmes 
estimés, et une bonne Edition de saint Pros- 
per, enrichie de variantes, plus ample et 
plus correcte que celles qui avaient paru jus- 
qu'alors. Douai , 1577, et réimprimée plu- 
sieuis fois depuis. 

OLIVIER (Séraphin) , cardinal, natif de 
Lyon, étudia à Bologne en droit civil et ca- 
non. Etant allé à Rome, il y fut connu | ar 
Pie IV, devint auditeur de rote, et exerça cet 
emploi pendant iO ans. Grégoire XIII et 
Sixte V l'employèrent en diverses nonciatures. 
Clément VIII lui donna, en 1604-, le chapeau 
de cardinal , à la recommandation du roi 
Henri IV. Il fut évêque de Rennes, après la 
mort du cardinal d'Ossat. On a de lui : Deci- 
siones rotœ romance, en 2 vol. in-fol., Rome, 
1614 ; et Francfort, avec des additions et des 



OLS 15Î 

notes , 1615. Olivier mourut en 1009, âgé de 
71 ans. 

OLIVIERI (AiGtsTiN), évêque d'Artusa 
dans le royaume de Naples, né à Gènes en 
1758 , mort à Na[)les le 10 juin 1834, fut 
reçu à 18 ans dans la congrégation des Frè- 
res de Marie , et devint ensuite instituleur 
du prince liéritier du roi Ferdinand I", qui 
fut (le|)uis François I", ain^i que des autres 
princes de la môme famille. Au milieu des 
honneurs qui vinrent le trouver, Olivier! 
n'oublia jamais sa cellule de religieux, et il 
institua en mourant le couvent de Sainte- 
Marie in Portico, f)Our son héritier univer- 
sel. On a de lui : La filosofia morale, Naples, 
in-8% ouvrage estimé. 

OLLIÈRKS { François -DiEiDONNÉ- Ma- 
rie d'), jésuite, missionnaire en Chine, né à 
Longuyou dans le duché de Bar fmaintenant 
déparlement de la Moselle), le 30 novembre 
1722, professa d'abord les humai ités dans 
plusieurs collèges de son ordre. En HS'^, il 
p;utit [;our le Chine avec le P. Cibot, de Li- 
miiges. On trouve ilans le recueil des Lettres 
e'di fiantes la relation intéressante que le 
P. d'Ollières a donnée de son voyage, dans 
une lettre qu'il écrivit h son frère, curé de 
Lexy [irèsde 1 ongwy (tom. XIV de l'édition 
de Lyon, 1819, pag. 545-563). On y trouve 
également (tom. XIII, pag. 306-311) une lel- 
treduP.d'OUièies.datée de Pékin le 8 octobre 
176.^oi!i il rend compted sdilFii ullés qu'il eut 
à surmonter jiour ap[)rendre à pailer la lan- 
gi:e ch noise et se faire entendre desc' téchu- 
mènesqiii se montraient disposés à embras- 
ser la leligion cat'nolique. 11 apprit aussi la 
langue lartare, consacrant ses nuits à cette 
élude pénible. Malgré la défense que l'empe- 
reur avait faite aux missionnaires de s'éloi- 
gner de Pékin, le P. d'Oilièi es, n'écoutant 
que son zèle, f isail, non sans danger, des 
excursions de 40 à 50 lieues, pour entrete- 
nir les bonnes dispositions des nouveaux 
convertis qu'il appeiail ses chers néophytes. 
Frappé d a, 0[)lexie, il succomba à celte suite 
de ses fatigu s le 24 décembre 1780. De [)lus 
amples détails ont été donnés sur ses tra- 
vaux apostoliques par M. Bourgeois, mis- 
sionnaire à Pékin, dans une Lettre qui se lit 
au tome XIV des Lettres édifiantes de l'édi- 
tion de Lyon. Le P. d'Ollières avait com- 
posé un Catéchisme chinois, que M. l'abbé 
Bourgeois fit imprimer à plus de 50,000 
exemplaires. 

OLSHAUSEN (Herman), théologien pro- 
testant, né le 29 août 1796 à Oldesloe, fit son 
cours de théologie à l'université de Kiel, 
puis à celle de Berlin, oiî il remporta le 
prix proposé pour célébrer le .300' anniver- 
saire de la réformation. En 1821, il obtint 
une chaire à Kœnigsberg, et, en 18.34, il fut 
appelé en qualité de professeur de théolo- 
gie à Erlangen, oii il est mort le 4 septembre 
1839. Les titres de ses ouvrages, qu'il com- 
posa en latin ou en allemand, sont : Hislo- 
riœ ecclesiasticœ veteris monumenta prœcipua, 
Berlin, 1820, 2 vol.; La véracité des quatre 
Evangiles canoniques, Kœnigsberg, 1823; 
Un mot sur le sens profond de VEcriturCy 



155 



ONA 



OiNl 



154 



Kœnigsberg, 182i ; Le Christ seul mnilre, 
Kœnigsberg, 182i) ; Preuve de l'infaillibilité 
et de la véracité de toutes les écritures du 
Nouveau Testament, Hambourg, 1832; Com- 
mentaire hil)li(/ue sur toutes les écritures du 
Nouveau Testament, 2" édition, Kœnigsberg, 
1833, 2 vol.; 3'^ édition, Kœnigsberg, 1837, 
3 vol.; Opuscula theolo</ica ad crisin et in- 
terpretationem Novi Testamenti pertinentia, 
Berlin, 1833; Que peut-on attendre des ri- 
gueurs militaires employées envers les vieux 
luthériens dans la Silésie? Leipzig, 1835; 
Apnstolica evanqclii Mattivvi origo défendit ur, 
E langen, 1835, 2 vol.; Réponse aux écrits 
de Scheibel, Kellner et Welirhan, concernant 
mon ouvrage sur les événements religieux de 
la Silésie, Leipzig, 1836; Traduction alle- 
mande des Epîtres de saint Paul aux Romains, 
Leipzig, 1836. 

OLYMPIODOllE, moine grec, qui, scion 
la plus commune opinion, florissait vers l'an 
990. On a de lui un Commentaire sur l'Ecclé- 
siaste publié en grec et en latin par le 
P. Fronton du Duc, dans l'adiiition à la Bi- 
bliothèque' desPères,162i. Ce Commentaire est 
court, mais savant et bien écrit. On attribue 
mal à propos àl auteur une Chaîne de com- 
mentaires sur Job; elle est deNicétas Serron. 
Plusieurs croient qu'Olympiodore était dia- 
cre de l'église d'Alexandrie ou de Constan- 
tinople, et qu'il est auteur des Commen- 
taires sur le livre des Météores d'Arisloîe, 
1551, in-fol., et sur les livres Gorgias, Alci- 
biade et Phœdon de Platon , et d'une Vie de 
ce philosophe, où il y a bien des choses qui 
ne se trou ent que dans Diogène Laérce. Jac- 
ques Windet a traduit ce' te Vie en latin et 
1 a enrichie de savantes nf)tes. — Il ne faut 
pas le f'onfundre avec Olympiodore de Thè- 
bes, en Igypt \ païen, qui a écrit une His- 
toire depuis i07 jusqu'en 425, dédiée à Théo- 
dose le Jeune, dont parle Photius dans sa 
Bibliothèque. 

OMHELLL Voy. Belli. 

OMEIS (Magnus-Dainiel), né à Nuremberg, 
en l(ii6, obtint par son savoir la pUne de 
professeur d'éloquence, de morale et de poé- 
sie à Altorf, (m il mourut en 1708. On a de 
]ui : Elhica pythagorica; Elhica platonica, 
cui accessit Spéculum virtiitum quotidie con- 
sulendum ; Theatrum virtutum et vitiorum ab 
Aristotele omissorum ; Juvenci Historia evan- 
gelica cum notis. 

OMER ( saint ), Audomarus , né vers la 
fin du VI' siècle dans le val de Goldenthal, 
près de Constance, sur le haut Rhin , d'une 
lamille noble et riche, se retira dans sa jeu- 
nesse au monastère de Luxeuil, et fut élu 
évêque de Térouanne à la demande du roi Da- 
gobert, en 636. Il travailla avec zèle à faire 
fleurir la religion dans son diocèse, et bâtit 
le monastère de Sithiu, auquel saint Berlin, 
qui en fut le second abbé, adonné son nom. 
Sa mort fut sainte comme sa vie ; elle aniva ^ 
le 9 septembre 670, daie sur laquelle néan- 
moins on n'est {)as d'accord. 

ONAN, fils de Juda et petit-fils de Jacob'. 
Juda ayant donné Thamar pour femme à 
Her son fils aîné, celui-ci mourut sans avoir 



d'enfants ; alors Juda fit épouser Thamar à 
Onan, son second fils, afin qu'il fit revivre 
le nom de son frère. Mais Onan empêcha 
par une action détestable (pie Thamar ne de- 
vînt mè. e , et le Seigneur le frap{)a de 
mort. 

ONÉSIME, phrygien, esclave de Philémon, 
ami de saint Paul, fit un vol considérable h 
son maître, et, s'étant sauvé, rencontra saint 
Paul à Rome. L'Apôtre le convertit et lui 
donna une lettre pour Philémon. Rien do 
plus toucfiant et de mieux dit que cette let- 
tre, qui est placée dans le canon des livres 
saints ; Erasme la regardait comme un chef- 
d'œuvre dans le genre épistolaire. Philémon, 
ravi de voir son esclave chrétien, le combla 
de biens en le mettant en liberté, et le ren- 
voya auprès de saint Paul à Rome, auquel 
il fut très-attaché. L'Apôtre le fit encore por- 
teur avec saint Tychi.que de la lettre qu'il 
écrivit aux Colossiens, où il l'appelle son 
tiès-cher et fidèle frère {cum Onesimo cha- 
rissimo et ftdeli fratre) : il rem[)Ioya dans le 
ministère de l'Evangile et l'ordonna, au rap- 
port de saint Jérôme {Kp. 62, c. 2), évoque 
de Bérée en Macédoine, où il couronna sa 
vie par le martyre. — Il paraît qu'il ne faut 
pas le confondre avec saint Oinésime, troi- 
sième évôciue d'Ephèse, dont on trouve l'é- 
loge dans la lettre que saint Ignace écrivit 
aux Ephésiens. Cependant, en supposant 
qu'Onesime ait survécu 40 ans à saint Paul, 
rien n'empêche, quant à la chronologie, d'a- 
dopter ce sentiment, qui est celui de Baro- 
nius et d'autres savants. 11 est vrai que hs 
Grecs placent son martyre sous Domitien, 
l'an 95 ; mais rien ne paraît constater suffi- 
samment l'exactitude de ci tte date. 

ONESIPHORE, disci[)le de saint Paul, souf- 
frit le martyre avec saint Porphyre, et fut 
traîné à la (|ueue d'un cheval. C'est au moins 
ce que nous a|)preiaient les hagiographes 
grecs d'après d'anciennes traditions. Il est 
plus certain qu'il fut cher à saint Paul , et 
qu'il lui rendit de grands services, ainsi que 
toute sa famille, comme on le voit dans sa 
2' Epitre à Timothée : Det misericordiam 
Dominus Onesiphori domui qui me refrigera- 
vit, et catenam meam non erubuit ; sed cum 
Romam venisset, sollicite me quœsivit et in- 
venit. 

ONIAS I", successeur de Jeddoa , ou 
Joaddus, obtint le souverain pontificat l'an 
324 avant J.-C. Pendant son gouverne- 
ment, Ptolémée, surnommé Soter, fils de 
Lagus, prit Jérusalem par- trahison un jour 
de sabbat que les Juifs l'avaient reçu dans 
la ville comme ami. Il mourut l'an 300. 

ONIAS II, granl prêtre l'an 242 av. J.-C, 
était un honune de peu d'esprit et d'une 
avarice sordide. Il refusa de payer le tribut 
de 20 talenls d'argent, que ses prédécesseurs 
avaient toujours payés au roi d'Egypte, 
comme un hommage qu'ils faisaient a cette 
couronne. Ptolémée Evergète, qui régnait 
alors, envoya à Jérusa cm un de ses courti- 
sans, pour demander les arrérages qui mon- 
taient fort haut : menaçant cetie ville, en cas 
de refus, d'abandonner la Judée à ses sul- 



155 



OM 



OON 



18G 



dats, et (l'y envoyer d'autres h<il)itanls à la 
placi'dcs Juifs. Ces menaces mirent lalarinii 
dans Ji'-rusaleni. Onias fut le seul q li ne s'en 
cHraya point ; et les Juifs ailnion! <'î()ronver l.s 
derniers nialii(uns, si Joseph, ni'Vcu du 
grand priMre, n'tiùt détourné l'orage par sa 
jiiutience. Il se lit députer à laonurd'Iv-Ç'-rtfo, 
et sut si bien gagnei' res|)rit du roi el dii la 
reine, qu'il se tit donner la ferme des tributs 
du roi dans les j)rovinfes de Célésyrie et de 
Palestine. Cet empl-ii le mil en état d'ac- 
quilter les son^nes dues par son oncle, et 
fut le salut de sa nation. Onias eut pour 
successeur S .mon il, s-in (ils. 

ONIAS III, lils de Simon et netit-fils d'O- 
niasll, fut établi dmsla grande sacrilicature 
après la mort de sou père, veis Tan 200 
avant J.-C. C'était un liomrae juste, d(»nt on 
voit le plus bel doge dans le livre de VEcclé- 
siasti(/ue, chap. 50. Sa piét ■ et sa fermeté 
faisaient observer les lois de Dieu dans Jé- 
rusalem , et ins|)iraient aux lois mômes et 
aux princes idolâtres un grand respect pour 
le temple du Seigneur. C'est sous lui qu'ar- 
riva l'histoire d'HélioiIo.e. Un juif nommé 
Simon, outr'é de ]a i ésistance qu'Onias aiipot- 
tait à ses injustes entreprises, lit dire à Sé- 
loiicus, roi de Syrie , (ju'il y avait dans les 
trésors dutempledessomincsiumienses, qu'il 
pouvait facdem.'nt faire passer dans le sien. 
Le roi, sur cet avis, envo-.ah Jérusalem Hé- 
liodore. (Kof/. ce nom.) Le periid ' Simon, 
toujours plus animé contre Onias, ne ces- 
sait de le faire passer pour l'auscur de tous 
les troubles qu'il excitait lui-mê.u.'. Onias, 
craignant les suites de ces accusations, se 
détermina à aller à Antioche pour se jusii- 
fi^r auj)rès du roi Séleucus; ce prince mou- 
rut sur ces entrefaites. Antiochus Lpipha- 
nes, son frère, lui ayant succéJé , Jason , 
frère d'Onias, qui désirait avec ar eur d'ê- 
tre élevé à la souveraine sacrilicature, l'a- 
cheta du roi à f)rix d'argent, et en dépouilla 
son fi'ère , qui se relira (ians l'asilo uu bois 
de Daphné. Ce saint homme n'y fut pas en 
sûreté; car Méiiélaiis , qui avait usurpé sur 
Jason la souveraine sa rilicature, et pillé les 
vases d'or du temple , fatigué des leproches 
que lui en faisait Onias, le tit a-sassiiur par 
An ironie, gouverneur du pays. Ce lueuitre 
révolta toi.t le monde. Le roi lui-même, 
sensible à la mort d'un si grand homme, ne 
put retenir ses larmes, et la vengea sur l'au- 
teur, qu'il fit tuer au même lieu où il avait 
commis celte impiété , l'an 166 avant J.-C. 
Onias laissa un his qui , > se voyant exclu 
de la dignité de son père par l'ambition de 
J.ison et de Ménélaus , ses oncles , et par 
1 injustice des rois de Syrie, se réfugia cm 
Egypte auprès du roi Ptolémée Philométor. 
Ce prince lui accorda la permission de faire 
bâtir un temple au vrai Dieu dans la préfec- 
ture d'Héliopuiis. Il appela ce temple Onion, 
et le construisit sur le modèle de celui de 
Jérusalem, il y établit des prèires et des lé- 
viles, qui faisaient le môme service et prali- 
quaient les mêmes cérémonies que dans le 
vrai temple. Le roi assigna de grandes terres 
et de forts revenus pour l'entretien des prê- 



tres et pour les besoins du temple. Après la 
ruine de Jérusalem , Ves|)asien, craignant 
(pie les Juifs ne se retii-assent on Lgyple, et 
ni' continuassent <i faire les exercices de leur 
religion dans le temple d'Héliopolis , le fit 
dépouiller de fous ses ornements, et en lit 
fermer les |)orles. 

ONIAS, Juif d'une vertu éminente, obtint 
de Dieu vers l'an 70 avant J. -C, jiar ses 
prières , la fin d'une cruel'e famine qui af- 
fligeait ses coiupatrioles , mais il n'obligea 
que des in-'rats. Voyant la guerre allumée 
pour le ponlilicat entre Hyrcau et Aiislobule, 
il se relira dans une caverne pour ne point 
p endre part à ces liorreirs, l'un et l'autre 
parti éiant composés de Juifs. Il fut cepen- 
danl accusé d'èlre de celui d'ilyrcan. Comme 
on voulut le forcer à maudire Aristobule et 
lessacriiicaleurs'altachés au temple, le saint 
homme lii cette prière : « Grand Dieu, puis- 
« que ce iX-ci sont vos peuples, et ceux-là 
«vos sacrificateurs, je vous c.injure de 
« n'exaucer ni les uns ni les autres I » Le 
peuple furieux l'accabla aussitôt de pierres ; 
et ce ciime fut puni peu après pir le môme 
ih'um dont Dieu, à sa c -ns dération, les avait 
délivrés. (Flave Josèphe, Uisioircdcs Juifs, 
liv. XIV, chap. 3.) 

ONî\ELOS, surnommé le Prosélijte,î&me{ix 
rabbin du i" siècle , est auteur ue la pre- 
mière Paraphrase chaldaique sur le Penta- 
tciique , ([u'il inlilula Targum. On lil dans le 
Talmud, qu'il fit les funérailles de Gamdiel, 
maître de saint Paul, et que, pour les rendre 
plus masuiiiques , il y brûla des meubles 
pour la valeur de plus de 20,000 livres : c'é- 
la.t la coutume des Hébreux de brûler le lit 
et les autres meubles des ro s après leur 
mo;t. On observait la même céréijionie aux 
funérail es des présidents de la synag g e , 
tel qu'était Gamaliel. La [dus ancienne édi- 
t ou du Tarfjum que l'on connaisse est celle 
de Bologne, 14-82. On le trouve dans toutes 
les Pohjfjlottes. 

OONSLLL (Guillaume van;, religieux do- 
minicain, lié l'an 1571, à Anvers, lil ses pre- 
mières études dans sa patrie, et alla faire ses 
cours de philosophie el de théologie en Es- 
pagne , où il fit i)rofession le 11) mars 1593. 
De retour dans sa patrie, il pril les grades 
de licencié et (je docteur; il gouverna suc- 
cessivement les couvents de Gaud el de Bru- 
ges, se di>lingua comme prédicateur, et mou- 
rut subitement le 3 septembre 1630. On a de 
lui : Consolatorium aniinœ mi{/ranlis , sive 
brevis ne succincta meihodus visilandi ac con- 
solandi cci^rofosr etc., Gand, 1617 ,1 vol.in-16; 
Enchiridion concionalorum ex Roseto aurco 
fr. Silrestri Pricriulis , ord. prœdicalor., An- 
vers, 1619, in-8°. Yoij. Mozzolino ; Sijntaxis 
instruclissima ad expeditam divini verbi 
traclationem, etc., Anvers, 1622, in-12 , plu- 
sieurs fois rc^iujprimé ; Of/icina sacra biblica 
locupletissima, in duas partes divisa , qua- 
rumquœlibet quatuor alphabeta complectitur. 
Douai, 1624, in-8°; Victoria ac triumphus 
sponsœ Christi apostolicœ, catholica ac roma- 
nœ ecclesiœ; Ucmcasus ac ruina calvanisticœ, 
cvangdicœ, hereticœque synagogœ, en flamand, 



i57 



OPH 



OPP 



f58 



Gand, 1625, in-8°; Libelîus preciim ex inti- 
mis ad Deum solilof/uiis sacrœ scripturœ , en 
flamand, Gtind, 1625, in-8"; Hieroglyphica 
sacra, etc., Anvers, 1627, in-12: Tuba Dei , 
etc., Gand, 1629, in-S"; Concionum moralium 
brève ac sitccinctum compendium, Douai, 1630, 
in-S" ; Sermoncs de tcmpore et sanctis, restés 
manuscrits, etc. 

OPHIONJÈE, Ophioneus, chef des démons 
qui se révoltèrent contre Jupiter, au rapport 
de Phérécide , Scyrien (de Scyros). C'est un 
des endroits qui marquent que les anciens 
païens ont eu quelques connaissances obscu- 
res de l'Ecriture sainte. Homère, en décrivant 
dans son Iliade le châtiment d'Âlé, que Ju- 
piter chassa du ciel, rop.ésente quelque chose 
de semblable à la chute de Luci'er, que Dieu 
préci^pita dans les enfers. Pla'oii avait appris 
des Égyptiens, que Jupiter avait chassé du 
ciel l.'S démons impurs, et que ces démons 
tâchaient d'attirer les hommes dans l'abîme 
où ils étaient. Il faut porter le môme juge- 
ment de Phérécide , lorsqu'il dit qu'0[)hio- 
née conduisait une troupe de démons qui 
s'étriient soulevés contre Jupiter; pai' où il 
fait connaître qu'il avait appris quelquo chose 
do la révolte de Lucifer, désigné jiar le nom 
d'Ophionée, qui signifie Serpentin; carie 
Démon, comme nous l'appi'end la Genèse, a 
premièrement paru sous la figure d'un ser- 
IDcnt, soii qu'il en ait pris l'apparence corpo- 
relle, soit qu'il n'ait employé que l'organe du 
reptile de ce nom , comme la suite du récit 
nous le fait croire. «Peut-on s'étonner, dit 
«un critique, du pouvoir que le Démon a 
« eu sur l'organe de ce reptile , vu ce que 
« nous pouvons nous-mêmes , avec un peu 
« de temps et de patience, sur différents oi- 
« seaux. » Raï\ legh, dans son Histoire du 
monde, observe que « les auteurs profanes 
« nous offrent même une tradition, quoique 
« défigurée, de la chute des anges rebelles 
« dans la f.ible des Titans, qui, ayant entre- 
« pris d'escalader le ciel pour détrôner Ju- 
%t piler, et régner à sa p'ace, furent précipités 
« dans les enfers , où ils sont tourmentés 
« par un feu qui w s'éteint jamais. » Voy. 
AsiMODÉE. 11 est d'ailleurs certain que le pa- 
ganisme a bâti plusieurs de ses fables sur le 
récit des auteurs sacrés , et il y a plusieurs 
ra|)|)orts si manifestes qu'il n'est pas possi- 
ble de les méconnaître. L'auteur du premier 
livre des Macliabées dit expressément que 
les nations ont jjiis les traits de leurs idoles 
dans les Livres saints : Ex quibus scrutaban- 
tur gentes similitudinem simulacrorum suo- 
rum. Tertullien et presque tous les Pères , 
M. Huet et un grand nombre de savants, ont 
montré dans le plus ample détail la vérité de 
cette assertion. M. Bergior, dans l'Encyclo- 
pédie méthodique, article Auteurs profanes , 
paraît pencher vers l'opinion contraire , par 
des raisons bien peu dignes de son érudition 
et de sa logique. Voy. Figino, Lavaur, Nu- 

ME.MUS. 

OPHNI et PHINÉES, enfants du grand prê- 
tre Héli, furent aussi impies et aussi mé- 
chants que leur père était sage et vertueux, 
ils faisaient violence aux femmes ef aux filles 



qui venaient au temple, s'appropriaient les 
offrandes, et exigeaient des contributions pour 
rendre la justice ou plutôt l'injustice. L'Ecri- 
ture les appelle Fils de5e7m/. Mais Dieu arrêta 
et vengea tous ces crimes par les armes des Plii- 
listins dans la sanglante bataille d'Aphec, où 
Ophni et Phinées, quoiqu'ils eussent apporté 
l'arche, espérant par sa présence assurer la 
victoire aux Juifs, furent tués en combattant 
pour la défense de l'arche môme, laquelle 
tomba au pouvoir de leurs ennemis. 

OPITIUS ou OPITZ (Henri), théologien lu- 
thérien, né à Altembourg en Misnie , l'an 
16i2, fit professeur de langues orientales et 
de théologie à Kiel, où il mourut en 1712. 
On a de lui un grand nombre d'ouvrages sur 
les antiquités hébraïques. 11 ternit sa ré|)u- 
tation en voulanL établir le rapport de la 
langue grecque avec les langues orientales, 
selon la métiiode que Wasmulh avait suivie 
pour montrer la liaison que tous les dialectes 
de rOr:ent ont entre eux. Cette envie bi- 
zarre d'assu ieltir la langue grecque aux mêmes 
règles (]ue l'hi'hreu l'engagea à donner quel- 
ques livres ridicule^. On ne recherche de lui 
que sa Bi'jliahebraica, Kie], 1719, in-i°, 2 vol. 

OP.»iÉER (Pierre), né à Amsteniam en 
1523, se distingua par son érudition et par 
son zèl ' pour la défense de la reli:iion ca- 
tholique. On a de lui, en latin : un Traité de 
Voffice de la messe ; Vllistoire des martyrs de 
Gorcicm et de Hollande, Leyde, 2 vol. in-8°; 
traduits ensemb e en flamand, 1708. C'est 
l'histoire des catholiques lus plus zélés, dont 
les Hollan'lais ont versé le sang; ane Chro- 
nique depuis le commencement du monde, jus- 
qu'en 1569, avec des suppléments par Lau- 
rent Bsyerlinck jusqu'en i6îl, Anvers, 1611, 
2 vol. in-foii<) avec ligures. Cei ouvrage est un 
des meilleurs qi'un ait en ce genre ; le style 
en est net et fort intelligible. Opméer a le 
plus souvent puisé dans les sources; tous 
ses ouvrages sont écrits en latin. Cet écrivain 
mourut à Deift en 1595, âgé de 69 ans. 

OPPÈDE (Jean .Meynieu , baron d'), pre- 
mier présids«nt au pailemeut d'Aix, où il na- 
quit en li95, est célèbre dan^ l'histoire par 
son zèle véhément contre les sectaires. Le 
parlement de Provence ordonna en 15iO, par 
tin arrêt solennel que toutes les maisons de 
Mérindol, occupées par les hérétiques nom- 
més vaudois, seraient démolies, ainsi que les 
châteaux et les forts qui 1 ur appartenaient. 
Dix-neuf dos principauxhabitants dece bourg 
furent condamnés à périr {)ar le feu. Les Vau- 
dois, eifrayés , députèrent vers le cardinal 
Sadolet, évoque de Carpentras, prélat aussi 
savant que vertueux, qui les reçut avec bonté, 
et intercéda pour eux. François I", touché 
parleurs r^présenlvitions, leur pardonna, à 
condition qu'ils abjureraient leurs erreurs ; 
mais ils n'en voulurent rien faire. Encouragés 
au contiaire pnr la surséance de l'arrêt, ils 
couraient le pays en armes , profanant les 
églises , brûlant les images , détruisant les 
autels. D'Oppède en donna avis à la cour, et 
assura que ces rebelles, assemblés au nom- 
bre de seize mille, avaient dessein de sur- 
prendre Marseille ; en conséquence, 11 priait 



1.^9 



OPS 



OPT 



160 



iHi'en porniît l'exécution do l'arrlM. Lo roi na 
bal iiira |>as, donna des Iroupcsau pi-rsidciit, 
et ItuV ordonna de lui obéir en tout. I)'0[)- 
jiède, le baion cle la (larde , et l'avocat tj;é- 
iH'rai ("luérin fondirent ,>ur ('abrières et Mé- 
rindol, tuèrent tont ce qn'ils rencontrèrent , 
et brûlèrent , conforinénient à l'arrêt rendu 
])ar le parlement , tout ce (pii servait d^- re- 
traite à ces sectaires ; le peu qui s'en èc'iappa 
se sauva en Piémont. I.e roi, par des lettre-- 
patentis d i mois d'août io'vo, approuva tout 
ce qui s'était fait ; mais <.n prétend qne ce 
prime se ro, entil depuis de sa facilité, et 
qu'il ordonna en mourant à son lils de rap- 
peler l'alfaire à un sérieux examen. Il est 
certain qu'en 1551 le roi Henri II coiumit le 
parlement de Paiis pour en juger. Jamais 
cause ne fut plus solennellement plaidée ; 
elle tint cinquante audiences consécutives. 
Le président d'Oppède parla avec tant de 
force , au'il fut renvoyé absous. 11 toucha 
surtout oeaucoup par son plaidoyer , qui 
commençait i)ar ces mots: Judica me. Deus , 
et discerne causam meam dégante non sancta. 
Il tAcha de prouver qu'il n'avait fait qu'exé- 
cuter les ordres de François 1" contre les 
seutaifi^s, et que le roi av lit ordonné qu'en 
cas qu'ils refusassent d'abjurer l'hérésie, on 
If s exterminât, comme Dieu avait ordonné 
à Saùl d'exterminer les Amalécites ; il s'é- 
tendit sur les maux que l'hérésie cause à 
l'Eiat, en môme temps qu'elle détruit la re- 
ligion, et peignit par des couleurs vives et 
fortes celle des vaudois, une des plus odieu- 
ses qui aient paru dans le monde. C'était un 
homuie de |»robité et d'une intégrité incor- 
ru; tibles ; it exerça >a charge avec beaucoup 
d'honneur jus(ju'à sa mort arrivée en 1558. 
Les écrivams protestants, et après eux le 
pr'sident de Thouet Dupleix, disent que la 
justice divine le punit de sa cruauté en le 
faisafit mourir dans des douleurs horribles. 
Maimbouig (Jit « que la vraie cause di' ses 
« douleurs fut la trahison d'un opérateur 
« piotestant, qui le sonda avec une sonde 
« empoisonnée pour venger sa secte. » On a 
de lui une Jrnrf«c//on française des s\x Triom- 
phes de Pétrar([ue, 1538, i'n-8% rare. 

OPPORTUNE (s dnte;, abbesse de Mon- 
treuil dans le diocèse de Séez, et sœur de 
Godegrand, évêque de ce siège. Elle mourut 
le 22 avril 770, après avoir passé sa vie dans 
les exercices de la pénitence, et fut enterrée 
près de son frère. Sa Vie, écrite par Adelme, 
se trouve dans les Âcta sanct., avril, tome 
m. Nicolas Gosset en a donné une autre en 
français, 1G55. 

OPSTRAET (Jean), né à Beringhcn dans 
le pays de Liège, en 1651, prof ssa d'abord 
la théologie dans le collège d'Adrien VI, à 
Louvain, ensuite au séminaire de Mal. nés. 
Hiirabert de Précipiano, archevêque de cette 
ville, instruit de son allachemeul à Jansénius 
et à Quesnel, le renvoya, enlGOO, comme un 
homme dangereux. De retour à Louvain, il 
entra dans les querelles excitées par les 
nouvelles erreurs, et fut banni par lettre de 
cachet, en 170i, de tous les Etats de Phi- 
lippe V. Revenu à Louvain deux ans après, 



lorsque cette ville passa sous la domination 
de l'empereur, il fut fait [irincipal du collège 
du Faucon. 11 mourut dans cet em[)loi en 
1720 , après avoir reçu b s sacrements 
moyennant une déclaration de soumission 
h l'Eglise ; cependant plusieurs collèges et 
corps de l'université refusèrent d'as>ist(T à 
son enterrement. Ce savant avait de l'esprit, 
de la lecture et écrivait assez bien en latin, 
lorsqu'il le voulait, même en vers, comme 
on le voit dans quelques satires contre les 
jésuites; mais souvent il s'acconnnodait 
exprès au style plus précis et moins pur des 
scolastitiues. Ses luin.ères l'avaient rendu 
l'oracle des jansénistes de Hollande. On a de 
lui un grand nombre d'ouvrages eu latin et 
<;n irançais, reclicrchés avec avidité par les 
partisans de Quesnel. Les piincipaux sont : 
Thèses theologicœ, 1706, où l'on trouve des 
sarcasmes dignes de Luther ; Dissertation 
théologique sur la manière d'administrer le 
sacrement de pénitence, contre Sleyaert , 
in-12; La vraie doctrine touchant le baptême 
laborieux, 3 vol. in-12, contre le même; 
Instructions théologiques pour les jeunes 
théologiens ; Le Bon Pasteur, où l'on traite 
des devoirs des pasteurs. Ce livre a été tra- 
duit en français par Hermant, curé de Maltot, 
près de Caen, en 2 vol. in-12. En 1764, 
l'évoque de Passau en fit faire une édition 
pour son clergé, mais avec des changements, 
corrections l't additions; cette édition fut 
réimprimée à Bamberg, Wurtzbourg et Vi- 
cence. Le théologien chrétien, mis en français 
par Saint-André de Bcauchêne et im[)rimé 
à Paris, enn23, sous ce titre : Le Directeur 
d'un jeune théologien, in-12; Instructions 
théologiques sur les actions humaines (De Ac- 
tibus numanis), en 3 vol. in-12; Théologie 
dogmatique, morale, pratique et scolastique, 
en 3 vol. in-12; Jro('fe des lieux théologi- 
ques, en 3 vol. in-12 : c'est un des plus 
estimés ; Dissertation théologique sur la 
conversion du pécheur. Ce livre a été traduit 
en français, mais avec beaucouj) de liberté, 
par l'abbé de Natte, et imprimé plusieurs 
fois sous ce titre : Idée de la conversion du 
pécheur. La dernière édition française est de 
1732, en 2 vol. in-12, avec un Traité de la 
Confiance chrétienne, plus propre à ruiner 
cette vertu qu'à l'établir. 

OPTAT (saint), Optatus, évêque de Milève, 
ville de Numidie en Afrique, sous l'empire 
de Valentinien et de Valens, a un nom cé- 
lèbre dans l'J'lglise, quoiqu'il n'y soit guère 
connu que par ses ouvrages. Il mourut vers 
38V. Saint Augustin, saint Jérôme, saint 
Fulgei ce, le citent avec éloge. « Optât, dit le 
« premier, pourrait être une preuve de la vé- 
« rite de l'Eglise catholique si elle s'aj)puyait 
« sur la vertu de ses ministres.» Nous n avons 
d'Optat que se(jt Livres du schisme des do- 
natisles, contre un ouvrage de Parménien, 
évê(]ue donatiste de Carthage. L'ouvrage de 
saint Optât est une marque de son éruuiiion 
et de la netteté de son esprit. Son style est 
noble, véhément et serré. La meilleure édi- 
tion de ce livre était celle du docteur du Pin, 
Paris, 1700. in-fol.; Anvers. 1702. L'éditeur 



4Gi 



OÏtD 



ORE 



162 



l'a enrichie de courtes notes au bas des pa- 
ges, avec un recueil des actes des conciles, 
des lettres des évoques, des éditsdes empe- 
reurs et des actes des martyis, qui ont rap- 
port à l'his oiie des donatistes, disposés par 
ordre chronologique jusqu'au temps de Gré- 
goire le Grand. On trouve'à la tête uue pré- 
face savante et bien écrite, sur la vie, les 
œuvres et les différentes éditions d'Optat. 
Avant celle de du Pin, on estimait rédition 
qu'en avait donnée Gabriel Aubcspine, avec 
des notes, Paris, 1631, et celles de Le Prieur, 
1679. — M. Migne a donné les écrits d'Op- 
tat, dans son ''ours complet de Pairologie, 
sous ce titre : OEuvres très-complètes de saint 
Zenon, d'après l'édiiion des frères Ballerini : 
OEuvres également très-complètes de saint 
Optât, évêque de Milet , reproduites d'après 
l'édition d'EUies du Pin, renfermant les com- 
mentaires de de l'Aubespine, de Casaubon, 
de Barthe, enrichies de notes et de variantes, 
suivies de l'histoire des Donatistes et des 
monuments historiqu'^s qui y ont rapport; 
formant ensemble 1 vol. in-i°. 

OPTA TIEN (Publiiis Porphyrius Optatin- 
nus), poëie latin qui llorissait au commence- 
ment du iv' siècle, adressa à Constantin plu- 
sieurs poëmes qui ne nous sont point par- 
venus. Mais nous avons la lettre que Cons- 
tantin lui écrivit pour l'en remercier, et où 
il l'appelle cfiarissimiis frater.Vcvs l'an 325, 
Oj.tatien fut exilé pour un molif qui n'était 
point fondé. Cette injustice aurait été répa- 
rée, s'il est vrai qu'il soit le même qui fut 
désigné préfei de Rome, en 329 et eu 333. 
On a de lui un Panégyrique de Constantin, 
imprimé dans les Pocmata Vetera de Pitliou, 
Paris , 1590. A la suite du Panégyiique 
viennent des poëmos dont les vers son dis- 
posés de manière à former diverses ligures, 
telles qu' un autel, un orgue hydraulique, 
une syrinx, etc. — M. Migne a (tublié les 
OEuvres d'Optatien avec celles de Juvencus 
et de plusieurs autres poètes chrétiens. Yoy. 
Juvencus. 

ORANTES (François), cordelier espagnol, 
rnort en 158i, assista en qualité de théolo- 
gien au concile de Trente, où il prononça un 
savant discours en 1562. 11 fut ensuite con- 
fesseur de don Juan d'Autriche, puis évêque 
d'Oviédo en 1581. On a de lui, en latin, un 
Livre contre les Institutions de Calvin, etc. 

ORBELLIS (Nicolas de), cordelier, natif 
d'Angers, mort en 15i5, laissa un Abrégé de 
théologie selon la doctrine de Scot, in-8". 

ORDERIC ouORDRIG ou OLDERIC (Vital), 
originaire d'Orléans , né en Angleterre en 
1075, fut amené, à l'âge de dix ans, en Nor- 
mande, et élevé à l'abbaye d'Ouche ( Saint- 
Evroult), après que son père, qui élait prêtre et 
veuf, eut einbras>é retalmonastique.il en prit 
lui-même l'habit à 11 ans, et quoiqu'il eût 
reçu le sous-diaconat à l'âge de 16 ans, il ne 
ft élevé au sacerdoce que dans sa 33' année. 
Il passa toute sa v e dans l'état de simple re- 
ligieux, n'étant occupé que de ses de\oirset 
de l'élude. 11 mou: ut après 1U3. Nous lui 
de OiiS une Histoire ecclésiastique, en 13 li- 
vre^, que Duchesne a lait imprimer dans les 



Historiœ Normannorum scriptores , Paris , 
1619, in-fol. Cet ouvrage contient , parmi 
quelques fibles adoptées dans le siècle d'Or- 
deric, beaucoup de faits très-intéressants ' 
qu'on ne trouverait pas ailleurs, tant par 
rapi ort à la Normandie et à l'Angleterre, 
que par rapport à la France. Il a été traduit 
pour la première fois en français par Du- 
bois, Paris, 1827, k vol. in-8°. 

OREGIUS ou OREGIO (Augustin), le car- 
dinal ), philosophe et théologien, ne h Saii.te- 
Sophie, bourg de Toscane, en 1577, de i)a- 
rents pauvres, alla à Rome pour y faire ses 
études. On le plaça dans une petite pension 
bourgeoise, où il éprouva lejs mêmes solli- 
citations que le patriarche Joseph, et ne fut 
pas moins fidèle à son devoir. 11 fuit de la 
maison de son hôtesse, et eut le courag" de 
passer une nuit d'hiver dans la rue, sans 
habits. Le cardinal Bellarmin, instruit de sa 
vertu, le lit élever dans un collège de pen- 
sionnaires de la premièi e qualité, à Rome. 
Orégius fut chargé par le cardinal Barberin 
d'examiner quel était le sentiment d'Aiis- 
tote sur l'immortalité de l'âme ; et c'est pour 
ce sujet qu'il publia, en 1631, son livre in- 
titulé : Aristotelis vera de rationalis animœ im- 
mortalitate sententia, in-4°, où il tâche de 
prouver que ce jih loso[)he a cru cette vérité 
si importante, appuyée sur les plus grandes 
raisons, comme sur les motifs les plus con- 
sol.uits. Il faut convenir cependant que la 
flottante métaphysique de ce philosophe 
grec ne nous a rien laissé de bien lumineux 
sur ce sujet, ni môme rien qui puisse bien 
constater son [iropre sentiment. Le cardinal 
Barberin étant devenu pape sous le nom 
d'Urbain Y 111, honora Orégius de la pourpre 
en 163V, et lui donna l'archevêché de Béné- 
vent, où il mourut en 1635, à 58 ans. On a 
de sa plume les traités De Deo, De Trinitate, 
De Incarnatione, De Angclis, De opère sex 
dieruni , et d'autres ouvrages, iniprimés à 
Rome en 1637 et en 16i2, in-fol. , par les 
soins de Nicolas Orégius, son neveu. Le car- 
dinal Bellarmin l'appelait son théologien, et 
le pape Urbain VIIl le nommait son docteur. 

ORESME (Nicolas), évêque de Lisieux, un 
des premiers écrivains du xiv' siècle, naquit 
à Caen. 11 devint docteur de Sorbonne , et 
grand maître du collège de Navarre depuis 
l'an 1356 jusqu'à l'an 1361, doyen de l'église 
de Rouen, trésorier de la chap( lie du roi, fut 
précepteur de Cifarles V, qui lui donna, en 
1377, l'évêché de Lisieux. On l'avait député 
à Avignon, en 1363, vers le pape Urbain V, à 
qui il persuada de ne pas retournera Rome. 
Oresme mourut à Lisieux en 1382. Ses ou- 
vrages les plus connus sont,: un Discours 
contre les déiéglements de la cour de Rome, 
qu'il prononça en présence d'Uibain V, en 
1363. Francowitz a eu soin d'en augmen- 
ter son Catalogue des témoins de la vérité: 
ço!leclion infâme de tout ce qu'il a pu trouver 
d'injurieux conire le sant-siége; un beau 
traité De communicationc idionnttum; un 
Discours conlr le ciiangL-ment de la inun- 
nce, dans la B-bliothèque ues Pères; un 
traité De Anttchnsto, imprimé dans le^tom. 



1(1?» 



ORI 



OUI 



m 



W df* 1' 4)»/'^'*^*""" rollcrtio du P. ^Ia^t^no : 
il si plein (!*' rélloxioiis ju(|icii'us;'s; sa //"«- 
dnction française do la Morale et do la Poli- 
* liqiie d'Arislotcv (juil oiitrcpril, niii'^i ([uo la 
sui vaille, par or.lro de Cliarles \ ; celle lu 
traité de Pétrar .'UO, des Rnnrdes de l'une et 
de Vautre fortnue. Oo le fait auleni' duiH^ 
version de la Bible, (\\v\ d'autres atlrihuent 
avec plus de vraiseudjlanee à (Jiuyarl des 
Moulins. 

OKFANEL (Hvacintiik), dominicain espa- 
gnol, né cl Aalence en 1578, lut hi-Alé vif 
dans sa niissio i du Japon, on 1022. 11 e-^l 
auteur d'une Uistoiv'. de la ])>•(! lication de 
l'Iùnnqih au Japon, depuis l(i02 jusqu'en 
1621, Sla irid. IG33, in-i°. 

OKICHOVIUS ou OKECHOTIUS (Stanis- 
las). Voy. Okski. 

OHIENTirS, écrivain ccelésia<;lique, que 
l'on confond souve t avec un évècpie d'Kl- 
vire en r.S|)ag(ie, vivait dans le v siècle. Il 
était évéque d'Auch et mourut vers lan 
450. Il cultiva la mor.de et la poésie. Dans 
la Bibliothèfiuc des Pères, ot dans le Trésor 
du P. Martène, on trouve de lui dos Aver- 
tissements aux fidèles {Commonitorium), on 
vers, dont la poésie faible e^t relevée par 
l'exce lence des préceptes (ju'il y donne. — 
Pour la punlication de ses OEuvres par M. 
Tabbé Migne, roij. Paulin de Noie. 

OIlKiÈNK, docteur de l'Uglisc, naquit à 
Alexandrie l'an 185 de Jésus-Cbrist. et fut 
surnommé Adamantius, à cause de sou assi- 
duité infatigable au travail. Son père, 
I.éonido, l'éleva avec soin dans la religi )n 
chrétienne et dans les sciences, ( t lui apprit 
de bonne heure l'Ecriture S'iinte. Ori.j,ène 
donna des preuves de la grandeur do son 
génie dès sa plus tendre jeunesse. Clénient 
Alexandrin fut son maître. Son père ayant 
été dénoncé comme chri'iien et détenu dans 
les prisons, il Texhorla à souÛVir le martyre 
})lutôt que de renoncer au christianisme. A 
18 ans, il se trouva chargé du soin d'ins- 
truire les fidèles à Alexandrie. Les hommes 
et les femmes accour.oent en foule à son 
école. La c.domnie jKiuvait laltaquer : il 
crut lui feimcr la bouche en se faisant eu- 
nuque, simaginant être autorisé à cette bar- 
barie par un passage de i'Iivangile pris selon 
la lettre, qui tue, comme s'exprime saint 
Paul, au lieu de le saisir selon l'esprit, qui 
vivifie. Après la inoit de Septime-Sévère, 
un des plus ardents per^6cuteuls du chi-is- 
tianisme, arrivée en 211, Origène alla à 
Kome, et s"y lit d^s .-.dmiraleurs otdes amis. 
Do retour à Alexandrie, il y reprit ses leçons, 
à la prière de Démétrius, ([ui en était évo- 
que. Une sédition (jui arriva dans celle ville 
le lit retirer en secret dans la Palestine. 
Cette retraite lexposa au ressentiment do 
son évôquo. Les jirélats de la province l'en- 
gagèrent, à fore- d'instances, u'expliquer en 
l'Uiilic les divines Ecritures. Démétrius 
trouva si mauvais que ccite fonction impor- 
tante eût élé coniivo à un li.imme cpji n'élail 
pas prêtre, qu'il ne put s"cm|iècheru' n éciire 
aux évè(| les de Palestii.e, comme d'une 
pouveauté inouïe. Alexandre, «'vè'jiie de 



Jérusalem, et Tliéocti>tc de Césarée, jui^ti- 
lièfenl hautement leur conduite, ils alléguè- 
renl que c'était une coul.ime ai;cienne et 
g('né;ale, de voir des év6(pies se servir in- 
(liiréremmenl de ceux qui av lient du talent 
et de la piété, et que c'était une espèce 
d'injustice de former la bouche «i des gens 
à qui Dieu avail accordé le don de la parole. 
Di'iiiélriis, insen.^'ible .^i leurs laisons, rap- 
pela Origène, qui continua d'étonner les 
lidèles par ses lumières, | ar ses veitus, par 
ses ve'Hes, ses jeûnes et son zèle. L'Achaïe 
se trouvant allïigéo do diverses hérésies, il 
y fut appelé pou de temps ajirès, et i'y ren- 
dit avec des lollros de recommandiîlion dû 
son évéque. En passant à Césrée de Pales- 
tine, il fui ordonné prèiro par Tliéoclisle, 
évéque de celle ville, avec Tapprobalion de 
saint Alexandre di; Jérusalem ot de plu- 
sieurs autres prélats de la province. Celle 
ordination occasionna de grands lroub.es. 
Démétrius déposa OiipCne dans deux coii- 
ciles, et l'excommunia. Il alléguait : 1° qu'O- 
rigène s'était f<iit eunuque ; 2° qu'il avait 
été ordonné sans le consentement de son 
])ropre évèque ; 3" qu'il avait enseigné plu- 
sieurs erreurs, entre autres choses que le 
démon serait enlin sauvé et délivré des 
peines de l'enfer, etc. Origène se plaignit à 
ses amis des accusations qu^on lormait con- 
tre lui, désavoua les erreurs qu'on lui im- 
putait, et se retira, en 231, à Césarée en Pa- 
lestine. Thé'octi^to l'y reçut comme son maî- 
tre, et lui confia le soin d'interpréter les 
Ecritures. Démétrius étant mort on 231, 
Oiigène jouit du repos. Grégoire Thauma- 
turge et Atliénodore son frère se rendirent 
auprès de lui, et en apprirent les sciences 
humaines et les vérités sacrées. Une san- 
glante persécution s'étant allumée sous 
Maximin contre les chrétiens, et particuliè- 
rement contre les prélats et les docteurs de 
l'Eglise, Origène demeura caché pendant 
deux ans. La paix fut rendue à l'Eglise par 
Gordien, l'an 237 ; Origène en profita ])Our 
faire un voyage en Grèce. 11 demeura quel- 
que temps à Atliènes, et après être retourné 
à Césarée, il alla en Arabie à la prière des 
évoques de cette province. Leur motif était 
de retirer d{i l'erreur l'évèque de Bostre, 
nommé BérijUe, qui niait ipœ « Jésus- 
« Chiist eût eu aucune existence avant l'in- 
« carnation, voulant qu'il n'eût commencé 
« à être Dieu qu'en naissant de la Vierge. » 
Origène parla si éloquemmenl à Bérylle, 
qu'il rétracta son erreur et remerria de()uis 



Z 



ngene. Les évéques d'Arabie l'ajJpeJèrent 
à un concile qu'ils tenaient contre certains 
hérétiques qui a>suraient que « la mort 
« é ait comuiune au corps et à l'ùme. » Ori- 
gène y asbista, et t.aila la quesiion avec 
tant de force, qu'il ramena au chemin de la 
vérité ceux qui s'en étaient écartés. Cette 
déférence des évoques pour Origène, sur 
un point qu'on croit être la priiici, aie de 
ses erreurs, semble l'en justifier p einement. 
Dèce ayant sue» éd *, l'an •!'*'■), à l'empereur 
Philii'po, alluma une uouvLlie pe s. cution. 
Origène fui mis en piison. On le chargea 



165 



ORl 



ORI 



i66 



de chaînes ; on lui mit au cou un carcan de 
fer et des entraves aux iiieds : on lui fit 
souffrir plusieurs autres tourments, et on 
le menaça souvent du feu; mais on ne le 
fît pas mourir, dans l'espérance d'en abattre 
plusieurs par sa chute, et à la tin il fut 
élargi. Il mourut à T.)r, peu detem|)s ai)rès, 
l'an :25^ dans sa 69° année. Peu d'auteurs 
ont autant travaillé que lui; peu d'Iiomines 
ont été autant aduiir.s et aussi universelle- 
ment estimés qu'il le fut penlant longtemps. 
Personne n'a été plus vivem nt attaqué et 
poursuivi avec plus do. chaleur qu'il l'a été 
pendant sa vie et après sa mort. On ne s'est 
pas contenté d'attaquer sa doctrine, on a 
atta |ué sa conduiti'. On a prétendu q:;e, 
pour sortir de sa prison, il lit sembla t d'of- 
fiirde l'encens à l'idole Sérapis à Alexan- 
drie ; mais on peut croire que c'est une im- 
posture forgée par ses ennemis, et rappor- 
tée trop légèrement par saint Ejjipliane. Ses 
ouvrages sont : une Exhortation au mar- 
tyre, qu'il com[)Osa pour animer ceux qui 
étaient dans les fers avec lui ; des Commen- 
taires sur l'Kcriture sainte. Il est {)eut-ôtre 
le premier qui l'ait expliquée tout entière. 
Il semt)le cependant (|u'on |)eut douter si 
l'Exposition sur VEpUre aux Romains est de 
lui, puisqu'elle parait être u'un auteur latin, 
comme on voit dans ce passage : « Scicn- 
« dum primo est, ubi nos HAistiMis, omnibus 
« qui sunt inter vos iv gk.eco, habetur 
« omni qui est inter vos. » Lrs ex[)li(ations 
étaient ue trois sortes : des Notes abrégées 
sur les endroits dilliciles, des Commentaires 
étendus oii il donnait l'essor à son génie, 
et des Homélies au })euple, où il se l)Oinait 
aux explicaiions morales, pour s'accouimo- 
der à la portée de ses auditeurs. Il nous 
reste une grande partie des Commentares 
d'Origène ; mais la plupart ne sont que des 
traductions fort libres. L'on y voit partout 
un grand fonds de doctrine "et de piété. Il 
travaida à une édition de l'Ecriture à six 
colonnes. Il l'intitula Hexaptes. La première 
contenait le texte hébreu en lotires liébraï- 
q ;es ; la deuxième, le môuie texte en lettres 
grecques, en faveur de ceux qui enten- 
daient l'hébreu sans le savoir lire ; la troi- 
sième renfermait la version AWquHa ; la 
quatrième colonne, celle de Sijmmaque ; la 
cinquième, celle des Septante, et la sixième, 
celle de Tliéodotion. Il regardait la version 
des Septante comme la plus aulhentiqae, et 
celle sur laquelle les autres devaient être 
corrigées. Les Octaplcs contenaient de plus 
deux versions grecques qui avaient été 
trouvées depuis peu, sans qu'on en connût 
les auteurs. Origène travailla à rendre 1 édi- 
tion des Septante suffisante pour ceux qui 
n'étaient pouit en état de se procurer l'édi- 
tion à. plusieurs colonnes. On avait recueilli 
de lui plus de mille Sermons, dont il nous 
reste une grande partie. Ce sont des dis- 
cours familiers qu'il prononçait sur-le- 
champ, et des notaires écrivaient penddnt 
qu'il parlait, par l'art des notes, qui s est 
perdu. Il avait ordinairement sept secrétai- 
res, uniquement occupés à écrire ce qu'il 



dictait. Son livre des Principes. Il l'intitula 
ainsi, parce qu'il prétendait y établir des 
principes auxi|uels il faut s'en tenir sur les 
matières de la religion, et qui doivent ser- 
vir d'introduction à la théologie. Nous ne 
l'avons (|ue de la ver-ion de Kutin, qui dé- 
clare lui-même y avoir ajouté ce qu'il lui 
a plu, et en avoir ôté tout ce qui lui parais- 
sait contraire à la doctrine de l'Eglise, prin- 
ci[)alement touchant la Trinité. On ne 
laisse pas d'y trouver encore dos principes 
pcinicieux. On croit y découvrir un sys- 
tème tout fondé sur la philosophie de Pla- 
ton, et dont le principe fondamental est, 
que toutes les peines sont médicinales. On l'a 
accusé d'avoir fait 'Dieu matériel, mais il 
réfute si bien cette erreur, qu'il est raison- 
nable de donner un sens orthodoxe h quel- 
ques expressions peu exactes. Il dit que 
« Dieu n'est ni un corps, ni dans un corps, 
« qu'il esi une substance simple, intelli- 
« gente, exempte de toute composition ; 
« (jui, sous qu> Ique ra})poit qu'on l'envi- 
« sage, n'est qu'une âme et la source de 
« toutes les intelligences. Si Dieu, dit-il, 
« était un corps, comme tout corps est com- 
« posé de ma ière, il fuidrait ainsi dire que 
v( Dieu est mat^'riel ; e* la madèie étant es- 
« sentiedeinent corruptible, il faudrait en- 
« core dire que Dieu est corruptible. » Le 
Traité contre Celse. Cet ennemi de la reli- 
gion chrétienne avait publié contre elle son 
Discours de vérité, cpii était rempli d'inju- 
res et de calomnies. Origène n'a fait paraî- 
tre dans aucun de ses écrits autant de 
science chrétienne et profane que dans 
celui-ci, ni employé tant de preuves fortes 
et soliJes. On le regarde comme l'apologie 
du christianisme la [)lus achevée et la mieux 
écrite que nous ayons dans l'antiquité. Le 
style en est beau, vif et pressant ; les rai- 
sonnements, bien suivis et convaincants ; 
et s'il y répète plusieurs fois les mêmes 
choses, c'est cjue les objections de Celse l'y 
obligeaient, et qu'il n'en voulait laisser au- 
cune sans les avoir entièrement détruites. 
Il e-l rem irquable que ces objections sont 
presque toutes les mêmes que les prétendus 
j)hilosophes du xv!!!'' siècle ont ressassées : 
l)auvres copistes f|ui n'ont pas même le fu- 
neste mérite d'imaginer des erreurs et des 
blasphèmes, et qui, se parant de cette triste 
gloire, sont obligés de recourir à des sophis- 
tes oubliés depuis dix siècles. A peine Ori- 
gène était-il mort, que les disputes sur son 
orthodoxie paiurenl se f»rtilier. Dans le iv' 
siècle, le^ ariens se servirent de son auto- 
rité pour prouver leurs erreurs. Saint Atha- 
nase, saint Basile et Crégoire de Nazianze 
le défendirent, comme ayant parlé d'une 
manière orthodoxe sur la divinité du Fils. 
S.iint Hilaire, Tite de Bostres, Didyme, 
saint Ambroise, Eusèbe de Verceil cl saint 
Grégoire de Nysse ont cité ses ouvrages 
avec élo^e ; mais Théodore de Mopsueste, 
Apollinaire et Césaire ne lui ont pas été 
favorables ; et saint Basile dit expressément 
{de Spiritusancto, chap.'-20) « qu'il n'a pas 
« pensé sainement sur la divinité du Saint - 



107 



OKI 



ÔRL 



168 



« Esprit. « Il fut rondainné dins le cinquiè- 
nio coricilo géii(''ral. Le p.ipo \iï4ile le con- 
damna (le nouveau. Saint l<;|)ipliano, Anas- 
taso le Sinaïte, saini Jean Clitiiacpie, Léonce 
de Hyzaiice. Sopln-onius, palriarclie de Jéru- 
salem, Antipaler, (''vO(pn; de; Hoslres, sY'le- 
vùrent avec vigueur contre sa doctrine ; le 
pape Pelage II dit (pie N'S li(''r(''.siar(pies n'ont 
rien cnsrignc' de plus pernicieux (pi'Ori- 
gùne. On trouve dans les actes du sixième 
concil(> un édit de Constantin Pogonat, et 
une lettre du pape Léon II, où il est compté 
avec Didyme et Kvagrius parmi les théoma- 
qucs, ou ennemis de Dieu. Le pape saint 
Martin 1" le frappa d'anatlième dans le pre- 
mier concile de Lalran, en Gi9. Saint Au- 
gustin, saint Jean de Damas et saint Jérôme 
ont écrit contre les origénistes. Dans le 
môme siècle où s'éleva la dispute sur l'or- 
tliodoxie d'Origènn, Jean de Jérusalem et 
Ruiin firent son a ologie, et saint Jean-Cliry- 
sostome se joignit à eux. Saint Pam|)!)ile 
prit aussi sa défense, Théolime de Tomi re- 
fusa de le condannier, et Didyme tâciiade 
donner un sens calholicpie à ses passages 
sur la Trinité; d'autres, en condamnant les 
erreurs contenues dans ses livres, prétendi- 
rent fpi'elles avaient été ajoutées par les 
hérétiques. Théophile d'Alexandrie accusa 
les moines de Nitrie d'origénisme, et les 
condamna dans un concile d'Alexandrie, 
Son jugement fut approuvé [«ar le pape 
Anastase. Dans le iV siècle, l'empereur Jus- 
tinien se déclara ennemi de sa mémoire, 
écrivit une lettre à Mennas contre sa doc- 
trine, donna un édit contre lui l'an 6V0, le 
fit condamnei' dans un concile tenu la même 
année à Constantinople, dout les Actes ont 
été recueillis avec ceux du cin(iuic'me con- 
cile général. On peut consulter sur ce suji't : 
la Vie de Terlullien et d^Orvjène, par le sieur 
de la Mothe (c'est-h-dire par Th(»mas, sieur 
du Fosséj, imprimée à Paris en 1675 ; les 
Mémoires pour servir à VHistoire eccle'sias- 
tique, de Tillemont, tome 111, où il justifie 
autant qu'il peut Origène : il dit qu'il n'a 
jamais été obstiné dans ses sentiments, nie 
qu'il ait offert de l'encens aux idoles, rejette 
la narration de saint E[)iphane, de même 
que Baronius ; mais le P. Pagi, Petau et 
Huet ont pensé bien différemment. Un 
théologien ascétique a cru « que la science 
« et les vertus précoces d'Origène, trop ad- 
« mirées et trop exaltées, la démarche in- 
« considérée de son père, qui allait baiser 
« avec res[)ect la poitrine de son enfant, le 
« bruit que ses actions et que ses livres fi- 
« rent dans le monde, la considération (^ue 
« lui témoignèrent les évô(jues, etc., lui 
« avaient entlé l'esprit et préfiaré une chute 
« contre laquelle il n'y a que l'humilité et 
« la crainte du Seigneur qui puissent pré- 
« munir les hommes illustres par les dons 
« de la nature ei de la grâce. » Du Pin, 
dans sa Biblioth'que des auteurs ecclésiasti- 
ques ; CaWWev, Histoire des auteurs sacrés 
et ecclésiastiques, tomes 11 et 111, article Pam- 
phile; Do icin. jésuite, Ilstotrc de l'origé- 
ii:sme; VOriyencs defcnsus du P. Ha-lOiX; 



les Origeniana de l'illustre Huet, qui a pu- 
blié ce qui resli- des commentaires d'Ori- 
gène sur le Nouveau Testament, en utec et 
en latin, 2 vol. in-fol., avec la Vie d'Origène, 
et des notes estimées. Dom de Monlfamon 
a donné les Hexaples en 1713, en deux vol. 
in-fol. On a actuellement une édition com- 
plète des Olùivres d'Origène, en k vol. in- 
fol. Celte édition a été commencée par le 
P. Charles de La Rue, bénédictin, mort 
en 1739, et continuée par dom Charles- 
Vincent de La Ku ', son neveu, qui a donné 
le quatrième et dernier voluiue à Paris, en 
1*759, avec des notes sur |ilu>ieurs endroits 
des Origeniana de Huet. On trouve aus^i les 
OEuvres d'Origène dans la Bibliothèque des 
saints Pères, publi(''e à Paris, 182G-1827. 

ORIGÈNE, dl Vlmpur, était Egyptien. Il 
ense gna, vers l'an 290, que 'e mariage était 
de Ci nv eut ion du (/mon; qu'il élail permis 
de suivre tout ce que la passion pouvait sug- 
gérer de plus infilme, alin que Ion ( mi)(>cliàt 
la génération par tel le voie qui' l'on pourrait in- 
venter, même |)ar les plus exécrablesmoyens. 
L'Impur eut des sectateurs qui furent rejetés 
avec horreur par loute^ les églises. Ls se 
per|)éluèrent C(.'pendant jusqu'au y siècle. 

ORIGNY (Jean D'j, jésuite, né à Reims, 
vivait sur la fin du xvn' siècle et au com- 
mencement du XVIII'. 11 s'appliqua tour à 
tour à l'enseignement et à la direction des 
âmes, et composa plusieurs ouvrages, entre 
autres : Vie du P. Canisius, Paris, 1707, 
in-12 de i38 pages; ;raduite en latin par 
P. Python , Munich , 1710 , in-8"; Vie du P. 
Ant. Possevin, ih'id., 1712, in-12, curieuse et 
recherchée; Vie de saint Rémi, Châlons (Pa- 
ris), 1714, in-12; Vie du P. Edmond Au- 
ger, confesseur et prédicateur du roi Henri jI], 
Lyon, 171(), in-J2; Hislo'ire de l'institution 
de la congrégation de Notre-Dame, Nancv, 
1719, in-12. 

ORIOL (Pierre), en latin Aureolus, natif 
de Verberie-sur-Oise en Picardie , chanoine 
régulier du "Val-des-Ecoliers à Royallieu, 
dans la forêt de Cuyse, à trois lieues de Cora- 
piègne, prieur de son ordre à Troyes, en- 
seigna la théologie à Paris avec tant de ré- 
putation qu'il fut surnommé le Docteur élo- 
quent. On a de lui des Commentaires fort 
subtils sur le Maître des sentences, Rome, 
1595 et 1605, 2 vol. in-fol., et un abrégé de 
la Bible, intitulé Breviarium Bibliorum, Pa- 
ris, 1508 et 1685, in-8°. Oriol fut archevêque 
d'Aix en 1321 ; il vivait encore en 1345. 

ORLANDINI (Nicolas), jésuite, né à Flo- 
rence en 1554, fut recte.r du collège de 
Noie, et mourut à Rome le 27 mai 1606. Il a 
composé en latin VHistoire de la compagnie 
de Jésus, imprimée à Cologne en 1615, et à 
Rome en 1620, en 2 vol. in-fol. Poui- com- 
pléter cet ouvrage, il faut y joindre les quatre 
volumes du P. Sacchini, le volume du P. 
Jouvenci, 1710, in-fol., et le vo ume du P. 
Cordara, 1750, in-fol. Le latin dOrlandini 
est pur et très-élégmt, sou sly e noiubieuî 
et richfs ple^n de di,.,n té et d'une cauence 
agréable. Comme l'auteur, "tomme tie pio- 
bité et d'un esprit juste, n'a travaillé que 



i89 



ORL 



ÔRL 



110 



sur des mémoires fournis par des gens ins- 
truits, et ordinairement par des témoins ocu- 
laires, sa narration ne doit pas être suspecte. 
ORLÉANS DE La MOTTE (Louis-François- 
Gabriel d'), l'un des plus vertueux évêques 
du xviii' siècle, naquit à Carpentras, l'an 
1683, d'une famille noble. Successivement 
chanoine-théologal de l'église de cette ville, 
grand vicaire d'Arles , administrateur du 
diocèse de Senez , il fut nommé l'an 1733 
évoque d'Amiens. Il ne dut cette dignité 
qu'à ses qualités personnelles; jamais, en 
effet, il n'avait approché de la cour, .et la ca- 
pitale (chose peut-être unique dans ce siècle) 
ne l'avait pas vu une seule fois. Ses vertus 
se manifestèrent avec un nouvel éclat après 
sa promotion. La principale fut son humilité. 
« Les hommes (disait-il) nous louent pour 
« la moitié de notre devoir que nous faisons, 
« et nous devons trembler pour l'autre moi- 
« tié que nous ne faisons pas. » Vivant sans 
faste et comme un simple prêtre, à peine 
avait-il les meubles nécessaires pour ses be- 
soins. Il n'était que dépositaire de ses reve- 
nus, dont les pauvres étaient les usufruitiers, 
pour la plus grande partie. Dans les saisons 
les plus rudes, il rejetait tout adoucissemerit. 
« L'aspérité des saisons (selon lui) est une 
« espèce de pénitence publique que Dieu 
« impose aux hommes; il n'y a qu'une dis- 
« position antichrélienne qui peut seule 
« chercher à en éviter les rigueurs. » Ses 
visites pa^tof-ales dans les campagnes étaient 
pour lui une mission continuelle. li prenait 
plaisir à s'entretenir avec le peuple labo- 
rieux, qui, selon un auteur moderne , expie 
les crimes des grands. Dans le temps des 
affaires des jésuites, il se distingua beaucoup 
en faveur de ces religieux. Ce digne évêque, 
accablé sous le poids des années et des in- 
firmités, mourut à l'âge de 91 ans, le 10 juil- 
let 1774. Comme un nouveau François de 
Sales, il alliait à l'aménité du caractère la 
vivacité de l'esprit le plus aimable : bienfai- 
sant, charitable comme lui, le plaisir de sou- 
lager les malheureux était un besoin pour 
son cœur : comme lui enfin, homme sans 
préjugés, prélat sans ambition, M. d'Orléans 
de La Motte fut tout à la fois le modèle des 
pasteurs, l'exemple de son clergé, l'apùire 
de son diocèse, et les délices des gens de 
bien. La graviié pastorale et l'austérité chré- 
tienne n'avaient point étouffé en lui la plai- 
santerie honnête, et môme piquante , que 
l'occasion faisait briller pour un moment, 
comme une lueur rapide, sur sa bouche in- 
génue. Entre autres saillies vives qu'on lui 
attribue , nous rapporterons celles-ci. Des 
personnes accoutumées à venir chez lui, 
avaient pris l'habitude de se tourner le der- 
rière vers la cheminée, après avoir relevé les 
basijues de leurs habits, pour se chauffer 
plus à leur aise. Cette habitude, si fort adop- 
tée par nos petits-maîtres, parut indécente 
au prélat. « Je savais bien (leur dit-il avec 
« son air enjouéj que les Pica ds avaient la 
« tête chaude, mais je ne savais pas qu'ils 
« eussent le derrière froid. » — Le cardin.l 
de Fleury, auquel M. de La Molto faisait une 

DiCT. DE BlOGRAPUIE RELIG. III. 



visite en passant par Versailles, lui deman- 
dait s'il venait de bien loin : « Sajs faire 
« beaucoup de chemin (répondit-il), ^'ai vu 
« en deux jours les deux bouts du monde, 
« la Trap|)e et la cour. » Gresset lui ayant 
demandé à quelle cause il fallait attribuer 
l'esprit irréligieux des écrivains du siècle : 
C'est le cœur, dit-il, qui leur fait mal à la tête. 

— Il demandait un jour à un prédicateur 
s'il faisait ses sermons. Celui-ci parut surpris 
et en .quelque sorte offensé de ce que le 
prélat semblait le soupçonner de prêcher /es 
sermons d'autrui. « Je'vois bien, mon cher 
« abbé (lui dit alors M. de La Motte) , que 
« vous ne comprenez pas ma pensée : je vous 
« demande si vous faites ce que vous dites? 
« Voilà ce que j'appelle fciire ses sermons. » 

— Le saint évoque, dans sa vieillesse, avait 
la tête fort chauve. Un jour qu'il dînait chez 
un maréchal de France, ce seigneur, en le 
plaisdntant sur le ton de l'amitié, lui conseil- 
lait do prendre perruque. « Je voudrais au- 
« paravant (répondit M. de La Motte) savoir 
« ce qu'en pense madame la maréchale. » 
La dame répondit que la plus brillante per 
ruque, à son avis, lui irait bien moins que 
son peu de cheveux « S'il s'agissait de quel- 
« ques dispositions militaires (reprit alors le 
« prélat), je ne voudrais prendre conseil que 
« de M. le maréchal; mais, en fait de toi- 
« lette, on conviendra que je puis m'en tenir 
« à l'avis des dames. » Une dame lui expo- 
sait ses inquiétu les occasionnées par les 
diverses décisions des casuistes qu'elle avait 
consultés sur l'usage du rouge. « Je vous 
« entends, m.adame, lui répondit le saint 
« évêque. Les uns vous l'interdisent absolu- 
« ment, et ils vous paraissent bien sévères, 
«je le crois; les autres vous le î)ermettent 
« sans difficulté, et vous les trouvez bien 
«relâchés, cela est juste : pour moi, qui 
« aime qu'en toute chose on garde un juste 
« milieu, je vous permets d'en mettre d'un 
« côté. )^ Ses Lettres spirituelles ont été im- 
primées à Paris, 1777, en 1 vol. in-12. Elles 
renferment le double avantage de l'instruc- 
tion et de l'agrément. Tout y respire la 
candeur, la droiture, le désir du bien, 
et surtout de cette noble simplicité qui ca- 
ractérisait cet illustre évêque. Ceux qui 
souhaitent de voir plus de détails sur la vie 
de ce respectable prélat, doivent lire l'Eloge 
qu'en a fait Louis-Charles de Machault, son 
successeur dans l'évêché d'Amiens, Mons, 
1774, in-i", ainsi que les Mémoires pour ser- 
vir à sa Vie, Paris, 1785, 2 vol. in-12; et sa 
Vie par l'abbé Proyart, Paris, 1788, 1 vol . in-12. 

ORLEANS (Louis, duc d'), premier prince 
du sang, fils du régent , né à Versailles le 
k août 1703, mort le k février 1752, eut une 
jeunesse assez dissipée : mais après la mort 
de son père et celle de sa femme, il quitta 
le monde pour se consacrer à l'étude de la 
religion et des sciences. Les œuvres de cha- 
rité remplirent to.is ses instants, ce qui fit 
dire à la reine que « c'éta t un bienheureux 
<( qui laisserait après lui beaucoup de mal- 
« heur.HiK.» On a de lui plusieurs ouvrages en 
manuscrit. La Traduction littérale des Psau, 

6 



471 



ORO 



ORT 



172 



mes, faitn sur lliél)r"u, avec uno Paraphrase 
et (les Notes , e^l l'un di'S plus compU-ls. 

0IU.1'':aNS JuPùio i>'). Voif. Doiu.É\Ns. 

ORORiO (IsAAC deCvstuoj, fameux juif 
esi)aguol, néau coniiueiicodUMit du xvirsir- 
c'c, lui élevé dans la rcli^:j,i()u jn laïiiuo p.u- 
son père el par sa lurie, (j;iui<iu'ils lissent 
|)rofession exliTieure de la religion callioli- 
(jue. 1! étudi.i la pliilos^phie scolaslique, et 
y lit de si gnn;is pio.^rès, (pi'il fut lait l.'c- 
teur en inallKMuaticjues dans luniveisilé do 
Salanianuue. Oiohio s'appliqua à la niédn- 
ciue, et 1 ex rçaavec succès ; mais ayant été 
accusé de judaïsme, il fut njis dins les pri- 
so-.s diil'inquisilionjuùil resta pendant trois 
ans sans rien av.^uer. Sa liberté lui ayant 
été rendue, il passa en l'iance, et deaKîura 
quel((ue teinjis à Toulous', exerç.uit la mé- 
decine et prof ssanl ex érii-ureiUL-nt la roli- 
gion caiholiqiie. Orobio, las de porter le 
jnasijiie, se retira h Amsit'rda;n, (|uilla le 
no'u de don Rallhasar, (ju'il avait i.ortt'î jus- 
qii'alois, prit celui d Isa ic, reçut la cirr<jn- 
cision, et mourut en 1087, dans l'iniitlérence 
de toutes les relij^ioiis. Les trois petits écrits 
qu'il composa en latin, à Toccasioii de la fa- 
meuse confér nce qail eut avec Philippe de 
Luuborch S'jr la ndigion chrétienne , sont 
imprimés (ians l'ouvra ^jje de ce dern er, inti- 
tulé : Deverilate nligioiiis chrislianœ amira 
collatio cum erudito Judœo , (ioiida, 1(>87, 
in-V'; Rûle, i7'i-0, in-8". Voy. Limhohch. On a 
d'Orobio : Certamen pliilosophicuin adversus 
Spinosa)7i, Amsterdam, 1G8I, lt)8-'i-, 1703 et 
1730, in-i2; Preveiicioncs divinas contra (a 
vana idoliitria de las gfft»f es (contre le sys- 
tème de S;)ino-a), et d'auîres ouvrages mss. 

OROSK (Pauli, histo'ion, prêtre de Tar- 
rayone, en Catalogne, fut envoyé [lar deux 
évèques espagnols, l'an ili, veis saint Au- 
giistni. Il demeura un a.i avec i e saint doc- 
teur, et fit auprès de lui de grands progrès 
dans la science des Ecritures. Il alla de sa 
part, en Mb, à Jérusalem, pour consulter 
Jérôme sur l'origine de l'àine. A son retouf, 
il composa, par le conseil de l'ilustrcévéïiue 
d'ilippone, son Histoire en se[)t livres [llis- 
toriarum adversus paganos iibri Vil), depuis 
le commencement du monde jusqu'à l'an 
316 de Jésus-Christ. Le style en e^t clair et 
coulant. 11 s'y applique surtout à {)rouver 
contre les païens, que les malheurs ([ui af- 
fligeaient le monde ne venaient point de ce 
que l'on méprisait les anciennes supersti- 
tions de l'idoiàtiie. L'a teur n'est pas en 
garde contre bs fables et lesb.uits poi)u- 
laires. La première édition est de l'i-71 , 
Augshourg, in-fol.Les raeillemes sont celles 
de 1015, iu-i2, Ma^ence, par le P. André 
Schott, avec les n des de Laurent Lautius et 
de François Fabricius, nioit en lo73, rec- 
teur de Duiscldorf, et dont un a des Editions 
et des Notes ou Commentaires de divers .-lu- 
teurs lat ns; do 1738, [)ui)liée à Leyde j)ar Ha- 
vercamp, et de 1707, iii-4.'.L'insloiie d'Oro-e 
a été traduite dans presque toutes les I uigu.'s 
de rLuro[)e.On a en fiançais une version pu- 
bliée à Paris en 1+Dl, m-fol. , et attribuée à 
Claude deSeis:>el. On a encore de Paul Orose : 



une Apoiogic du libre arbitre contre Pelage ; 
uni! Lettre à saint Augustin sur li'S c»rreurs 
des priscillianistes et des origénisl is. — 
M. M igné a publié It3s OEurrcs très complètes 
de Dexter et d'Orose, chronologues espa- 
g' ois, reprodiiilcs d'après les éd lions do 
Rivarius et d'H.ivercamp, revues et corrigées 
d après les plus anciens manuscrits; enri- 
c.'iics des notes et de^ commentaires de di- 
vers auti'urs, de fac-similé de m,!.iadl 'S an- 
ciennes, suivies des opuscules de Leporins, 
et (le divers écrivains cuntemporalns de saint 
Au-;usliii, 18V0, 1 vol. in-i". 

OKSl ( Josi:i»u-Al(;i stin), cardinal, né à 
Florence le 9 mai 1092, jirit l'habit de Saint- 
Donnniiiue, et proiila des leçons et des 
exemples des hommes pieux et savants (jue 
J'en.ermait cet ordre. Après avoir piofessé la 
théologie et rom])!! l'emploi de maître du 
sacré palais, il fut liMUoré de la pourjiie 
romaine par Clément XIII, en 1759. S. .n élé- 
vation ne changea rien au caractère de son 
Aine >im, le et modeste, ni à celui de S'in 
esprit unique. nent occuiié de l'étude, et de 
so.i zèle poui- la gloiic de l'Eglise. Il est 
piint:ipaie;nent co nu par un;; Histoire ec- 
clésiastique, en 20 vol. in-i" et :n-8', un peu 
prolixe, mais très-bien écri.e.'en ilalien. Le 
!20' volume de ce savant ouvrage a été puhlié 
en 1701, année de la mort ne cet illustre 
ca"din.i!. il confient la (in du vi' siècle, de- 
puis l'an 587 jusqu'à l'an 600. On voit quelle 
aurait été F. tendue de ce bvre, si l'auteur- 
l'avait po issé jusqu'à son temps. Celte his- 
toire a été coniinuée par le P. Pihli pe-Ango 
Recchelti, du même ordre. Le tome XXI de 
cette continuation a paru à Rome en 1779, 
in-i% et renferme l'iiistoiro de lEglisr^ jus- 
qu'à l'an 1179, On a encore de lui : Infalli- 
bilitas romani pontificis, 17il, 3 vol. in-'+°. 
11 a donné, en outre, [ilusieurs Dissertations 
savantes sur des matières de religion et de 
controverse. 

ORTiZ (Alphonse), chanoine, né à To- 
lèie , au milieu du xv' siècle, mort vers 
1530, s'ajipliqua à l'étude des matières ec- 
clésiast c[ucs. Sa science et son mérite lui 
procurèrent un caiionicat dans la m.Hropole 
dosa patrie. Le ca, (lin d Ximénès l'honora 
de sa co.diance, et le charg.'a de rédig(;r 
l'Office mozarabe : Ortiz s'en acquitta avec 
intelligence. Le rit roaiain avait été d'abord 
introduit en Espagne; les Goths substituè- 
rent à la liturgie de Rome celle qu'Ulphilas 
avait compo-é.î d'après les litu:g:os orien- 
tales. Saint Léandre en Ut uni; nouvelle d'a- 
près ces deux [> einières et d'après celle des 
Gaulois ; ele fut perfectionnée jiar saint 
Isidore, sonfi'è.e. L'Espagne ayant ensuite 
passé sous la domin.tion des S.riasiiis ou 
Ar.djes, on donna le nom de Mozarabique à 
cette liturgie : elle lit place a celle di; Rome 
dais le xr et L; xiir siècle. Le cardinal Xi- 
ménès voulant perpétuer la mémoiiO de ce 
rit [larticulier, qui était j)re5que tombé dans 
l'oubli, el qui, comme toutes les anciennes 
litu gies, est une preuve sans réplique de 
la croyance et d/s usages de ces siècles re- 
culés, Ut imprimer à Tolède, en 1500, le 



^'75 OSE 

Missrl mozarabe, et en 1502 ]e Bréviaire • ce 
sont deux petits volumes in-foL , très-rares 
Ortie en dirigea JVdition, et orna chacun de 
ces ouvrages d une préface aussi savante «me 
curieuse. 11 faut y joindra, pour Ja parfaUe 
connaissance de cet olîice : Vllisto^re durit 
mozarabe en espa,^n..l, sous le litre : Brève 

rZTlVirZ'"''- '''r ^^'^("'' O'^^'^' mozarabe, 
loledc, mï, m-'r, de 23 feuillets.il es 

extrêmement rare ; Joannis Pinii litarqia 
mozarabica \\on^e, 17iG, 2 vol. in-fol. Le 
n^of r;^''^t',?^^ écossais, en avait donné 

^n n,.i X /^/-^'t'O. parent et contemporain 
du précédent chanoine de Tolède comme 
m né au village de Villa Kobledo, s'est 
rendu célèbre par un ouvrage très-curieux 
et peu commun, dont voici le titre : Dcscrintio 

un né MnP '"""y^.^'"' ^^^'^e description 
un détail niieressant de tout ce qui concerne 
a magnihcence, les orncmeuts,Vs r tes e' 
les usag.s de celle église fameuse. L'om-a 'o 
est cuiieux, suri..ut dans la pailic où 1 lu 

'SZr:^^[^^}' f^'l'^'^ ^l^^-^^^^^^- 
mi^msMWAn- lou auprès, et dans [«(.uelle 
1 fonda des chanoines et des clercs poiï cé- 
lébrer journellement lodice mozarabe On a 
eiicorede ui : liincrarium AdrM^^'2 

î^euT'^^T'l^'':^^-'' '>^'"*- Ponlilicalas 
eieuiHs, lolôirc, I5iG, iii-8', et dans les A//\ 

OKION (JoHJ, théologien ang.'a s, non- 
çon ounise, ua,,uit a SfuSwsbury en 1717 
llem.iassa d abord lélat ecclésiastiqu,', Ji 

ques années, dans deux congrégations- il 
renonça ensuite au ministère, "il est Tuteur 
f,^„^?7«7P,^0"vrages, dont les principaux 

us tieiuards, in-r2; Discours sur les devoirs 
du chrétien, iu-I2; Discours ..« «Sm' 

Ion' mout't^riTS.'''^'"'^^'^'^ ^^*'/"'^^^-- ^- 
célèbre monastère <!e lo dre .le Cilenu! , ' 

ville c'uoal. ° '''"' ''"'""^" (^Iwpoau- 

ffients aux dix iriKs rn^^f'' '^N"^'«- 
.e.nme une P.«..Uur"c-^r„.l",«:;!r,i,ïï^; 



OSl 



174 



i'infidèle maison d'Israël, aui aviit m,;f»<i i 
vrai Dieu pour se prostiCr cTl ;"'d ^ 
ioles. Le langage typique était al rs ph 
l'sage chez les Juifs et d'autres na ioi s e^ 
faisait une tout aulre i.r.pression mp'd. 
sim les paroles. Voy. Ezéch.el. Osé^énnu 
sa donc Gomer, fille de Debelaira' do ni 
eut trois enfants , auxquels il donna 1 
noms qui signifiaient ce qui ..'eva.t Srrive 
au rcj^anme d'Israël. Le' commandem^n 
Idit à Osée a paru si extraordinaire à nlu 
sieurs interprètes, qu'ils ont cru que ce n'é- 
t.-.it qu'une parabole, et que cet oîure s'é"ait 
^assé en vision. Cependant saint Au|ust1n 
/explique comme un mariage réel avec une 
emme qui avait d'abord vécu dans fe dés- 
ordre, mais qui < epuis s'.'tait r^tiréede toui 
mauvais commerce. La Prophétie d'Osée es 
divisée en qua!o.ze chapitres. Il y r r,?é 
sen e la synagogue répudiée, prédit ia ruine 

co. r iï ^' 'i tT^'''''''y " P«''« f'^'-temint 
rn In ^^'s^'drcs qui régnaient alors 
<ans le royaume des dix tiibCs. W s'élève 
aussi coi.tre les dér/^glements de Juda eî 
annonce la venue de S^nuaci.érib et la cao 
.vue du peuple. 11 finit par tracer admi?a 
élément les caractères .le la fausse eejâ 
von abe conversion. Le style de ce nror hè « 
est pathétique et plein de scnter'ce cou fes 
vives, tres-éloquent en plusieurs endroits 

o 1 ïes de r hf?'-' ^^'^1 ^''■S'^«'-«"<^e où nous' 
sommes de 1 histoire de son temps Osé» 
n.ouru à l'^ge de plus de 80 ans, vers Tan 
née 784 avant Jésus-Christ. ' ^°' 

OhEL, fils d'Ela, ayant conspiré contre 
Piiacee, loi d'Israël, le tua et s'emnaia d! 
son royaume; niais il n'en jouit pidnement 
^m ne.f ans après l'as^ass;nat de ce prmce 
Sahnanasar, roi d'Assyne, dont Osée était 
^;bu aire, ayant apprit qu'il pensaïttse ré- 
volter, et que i.our s aflVanchir de ce tribut 
Il av it fait alliance avec Sua, roi d'Egypte* 
V iit fondrcsurlsrael.il ravagea tout le nav^' 

Jarmc^s''* '^ ^^'^"^f > ^^ ^*^«olaUon eïïe 
m 1 f ?ff '' /?/"^^'''">a clans Samarie ; 
mais 11 y lut Dientot assiégé par le monar 
que as.ynen, qui, après Iro'is anii'uns égè 
on la famine et ia mentalité se firent cS 

et e ÛJnî 1 '^"' ''"'' ^'^^'-^ ^« ^''anies, 
Cl envoie en prison. Les Israélites furen 
l.ansf.res en Assyrie, à IJala et à HaLoî 
v.lles du pays des Mèdes, près la rivière de 

ois barbares et idol très, sans espérance 
de euinon. C'est ainsi qu. finit le riyaume 
amès s,' 1'" ^^ •''";' Jésus-Christ, 250 ans 

0.3lANDLil (AMMVi. , né en Bavière ou en 

uZloT>.'ïi^^'^'«f^''"^'^^ lances et la 
t colonie à Witienberg et à Nuremberg, et 
lui un des preimeis disciples ue Luther. Il 
neviut ensuite proioo,seur et ministre de lu- 
nivor-ite de Ka'iiigsberg. Il se signala parmi 
es iiiiiierens [lar une o])in on nouvelle sur 
la jusli/ication. Il ne voula.t pas, commo les 
autres protestants, qu'elle se fit par l'impula- 
Uonde lajustice de Jésus-Christ, mais par 



17;i ^^^ 

rintime uinon de la justice s;ibsta"liollo de 
De avec nos âmes. Il se fondait sur es 
pàmlos. souvent rép.'tées datvs Isa.o et dans 

toile est la suite naturelle des evi)li alion. 
arlldraires de IT.crUure sainte et de e^^^^^^^^ 
nrivé qui les dicte, (ju on y voi ton ce que 
Fon imagine. Selon Osi.nder, de munie que 
nous V vous par la vie substanlu.'lle de 
Diè e que nous aimons par l'amour cs- 
sen el qu-il a pour lui-môme, nous sommes 
lustès.mr la justice essentielle qm nous est 
SmLnquéi, et par la substance du Verbe 
inc irnr ciui est en nous par la loi, par la 
p"'-)l" et a^ 1:'S sacrements. Dès e temps 
Su' dressa la confession a'Augsbourg, il 
avait fait les derniers elforts pour taire em- 
brasser cette doctrine par tout le par i, et il 
b Toulint à la face de Luther, dans 1 assem- 
blée de Smalkalde. On fut étormé de sa har- 
Siesse (comme si un seciaire n avait pas 
tout le droit d-opposcr ses opinions à celles 
(l'un autre sectaire); mais coujme onc ua- 
enait de f dre éclater de nouvelles divisions 
Sans le parti, où il tenait j^'^ .^^S/î,''^'^^:- 
rable par son savoir, on c toléra. 1 ava 
un talent particulier iiour diverlirLutlicr. Il 
toi le pUsant h table, K y disait des bons 
niots souvent très-indécents et même .m:.ies 
Calvin dit que, toutes les fois qu'i trouvait 
le vin b^m, U en faisait l'éloge en lui appli- 
quant cette parole que Dieu disait de lui- 
Sue : Je s!ùs celui qui sais, Ego s.m QU 
suM ou ces autres mots : \ oici le Fils du 
Dkù vivant, il ne fut pas plutôt en Prusse, 
qu'il mit en feu l'université de Kicnig^l erg, 
San sa nouvelle doctrine sur la just.dcatioii. 
tet homme turbulent, que ^f Iviu represen e 
comu.e un athée, mourut le 1^ octobre 15o2 
à 5i ans. Son caractère emporté ressemblait 
à celui de Luiher, auquel il plaisait beau- 
coup. Il traitait d'ânes tous les théologiens 
qiu n'étaient pas de son avis, et il disait or- 
gueilleusement qu^ihn'ctmcntpascUgnes ce 
lorter ses souliers. Voilh les fondateurs du 
nouvel Evangile. Ses principaux ouvrages 
sont • Harmonia cvancielica, in-lol.; Lpistola 
ad Zwimjlium de Eucliaristia; nisserUUiones 
ducp, dcLegc et Evancjelio el JusUficatione: 
Liber de inmjine Dei, cjuid sit. 11 est mutile 
de donner une idée de ces ouvrages, après 
avoir donné celle de lauteur. ^,, , , 
OSIANDER (Ll'c), lils du précédent, né 
en 152i, fut comme lui ministre lutliénen, 
■ el hérita de son savoir et de son orgueil. Ses 
principauxtuvra^es sont : ^es ^.'"'"""'"'«/f]^ 
sur la Bible, eu latin; <i s Institutions delà 
religion chrétienne; un ^^récje ^xiUi\niï^^ 
Cerilu. a'eurs de .Mag lebourg, lo92 et lb02, 
in-V'. {Vo}i. JcDKX..) Enchiridia controyersia- 
rum relig'ionis cum ponlificiis ccUviniams et 
anabaptistis,ix'ïuW\>'ëiin, 101)5, iii-8°. Il mou- 
rut en 100'». — Il faut le distinguer de Luc 
OsuNDiKR, c'iancelier de l'uuiveisité de 
Tu!)ingen, mort en 10.38, à OH ans. 11 est au- 
teur d'un grand nombre d'ouvrages, entre 
aunes : Justa defcnsio de quatuor quceslioni- 
bus quoad oniniprœscntinm lommrœ Lhiusti 
naturœ C'est une défense de 1 ubiquismc, 



OSl 



176 



une dos plus extravagantes erreurs des 
lulhériens; Disputatio ^^^ «"'»'/J^'"f^f " ,1^ 
Cniusri hominis, ouvrage qui a le même but, 
des Oraisons funèbres en latin; ^^^>V>^';; '«;. 
De rrqiminc ecclesiastico ; De viribus liberi 

"'"osÏaNDER (Anork), petit-f.ls du disciple 
,1e Luther, fut ministre et professeur de 
thé. Ir" e î Wittenberg. On a de lui : une 
^d;i;-<;f de la mble avec des observations 
oui se ressentent de 1 esprit de sa secte . 
Assertiones de conciliis ; Disputât, in M. 
Concordiœ; Papa non papa, ^^^^P^Pf^^P^P'- 
colarum lutherana confessio, 1 ubingen, 15JJ, 
in-8": liesponsn ad Analysin Gregorti de Va- 
lentia de Ecclesia, etc. Tristes fruits du fa- 
natisme qui troublait alo.;s les tètes en Alle- 
magne. 11 mourut en 1017, à 5» ans. 

OSIANDER ( .Tk.n-Adam ) , Jliéologien de 
Tubin-en oiî il était né le 3 décembre 1022, 
mo 1^^^^^^ octobre 1097, tint la plume d'une 
ma n infatigable. On a de lui : des Obserm- 
Tionl latinc^s sur le livre de Grotius, De jure 
belli etpacis;Commentaria in Pentateuchum, 
Josue, Judiccs, Ruth, et duos libros Samue- 
//s 3 vol in-M.; De jubilœo Jlebrœorum, gen- 
til ium et christianorum, âaxis le tome yi du 
Trésor de Gronovius; Spécimen Jansemsmi: 
Thcologia casualis, de maj/îo, lubingen, lo»/, 

"^'osiAs'ouOziAS, est le môme que Aza- 
rias, roi de Juda. Voy. Azahias. 

OSIUS, évoque de Cordoue en 29d, était nô 
en Espagne, l'an 250. Il eut la glùre de con- 
fesser J.^sus-Christ pendant la persécution de 
l'empereur Maximien-Hercule, qui le trouva 
inébranlable. La pureté de ses nKCurs et de 
sa foi lui concilia l'estime et la confiance du 
grand Constantin, qui le consulta dans lou- 
lesl'saifaires ecclésiasliques. Osius profita 
de son crédit auprès de ce iirince pour 1 en- 
gager à convoquer (l'an 325) le concile de 
Nicée, auquel il présida, et dont il dressa le 
Si/mbole. L'empereur Constance ne respec a 
pas moins que son pè. e cet i ustre confes- 
Kur : ce fut à sa prière qu'il convoqua le 
concile deSardique, en 3V7. Mais ce prince, 
s'étant laissé prévenir parles ariens et es 
donatist(>s, devint l'ennemi d^cl^ré de celu 
dont il avait été jusqu'alors 1 admirateur. H 
le venir à Milan, où il résidait, pour l en- 
^^.g r ri-àvoriser l'arianisme. Osms reprocha 
avec force à l'empereur son penchant pour 
cette secte, et obtint la permission de re-- 
îourner dans son église. Les ariens en firent 
des plainles' h Constance, qui écrivit a ce 
respectable prélat des lettres menaçan es, 
pour le i^orter à ondamner saint Athanase. 
Osius lui répondit par une lettre qui est un 
clèr-d'œuvri de laraag.ianimité épiscopale : 
« i ai cinf ssé, d.t-il,. Jésus-Christ .lans la per- 
« séculion que Maxim.en,vorea.eul, excita 
« contre rEgl.se;si v.ms voule. a renouve 
« 1er vous me tiouverez prêt a tout soui 
Yrli plutôt que de trahir la vérité, et de 
consentir à la condamnation '1 un inno- 
: ent. Je ne suis ébranlé m par vos lettres 
« ni par vos menaces.... Ne vous mêlez pas, 
« ajouta-t-U, des allaires ecclésiastiques, ne 



I 



177 



OSx\I 



« commandez point sur ces matières; m-ais 
« apprenez plutôt de nous co que vous de- 
« vez savoir. Dieu vous a confié l'empire et 
« à nous ce qui regarde FEglise. (^oiimie ce- 
« lui qui entreprend sur votre gouvernement 
« viole la loi divine, craignez aussi, à votre 
« tour, qu'en vous arrogeant la connais- 
« sance des alfaires de l'Eglise, vous no vous 
« rendiez coupable d'un grand crime. Il est 
« écrit, Rendez à César ce qui est à César, et 
« à Dieu ce qui est à Dieu. Il ne nous est pas 
« permis d'usurper l'empire de la terre, ni à 
« vous, seigneur, de vous attribuer aucun 
:< pouvoirsurleschosessaintes.wLempercur 
nullement touché de ce langage, le fil encore 
venir à Sirmich, où il le tint un an comme 
en exil, sans respect pour son âge, (jui était 
de 100 ans. Les prières ne produisant rien 
sur lui, on eut recours aux menaces, et des 
menaces on en vint aux coups. Cet ijluslre 
vieillard, accablé sous le poids des tour- 
ments et de l'Age, signa la confession de foi 
arienne, dressée par Potamius , Ursace et 
KTlens, au second concile de Sirmich, l'an 
^57. Exemple encore moins étonnant qu'ef- 
frayant de la fragilité humaine, contre la- 
quelle les plus longs triomphes ne doivent 
jamais nous rassurer. Dès qu'il eut ac- 
quiesce à ce qu'on prétendait, il obtint la 
liberté de retouner en Espagne, où il mou- 
rut bientôt après, mais en pénitent, et dans 
la communion do l'Eglise, comme saint 
Athanase et samt Augustin nous l'appren- 
nent. A 1 articl' de la mort, il prolesta d'une 
manière authentique et par f )rme de lesia- 
meni, contre la violence qui l'avait abattu, 
anathématioa 1 arianisme avec le plus grand 
éclat, et exhorta tout le monde à en conce- 
voir la môme horreur. On a dit de lui et 
jusqu au moment de sa chute rien n'a été 
plus vrai : 



OSM 



178 



Relligionis Atlas, vox et manus altéra Pauli. 

Le P. Michel Macédo, jésuite, a taché de 

ustiher Osms et de prouver la fausseté de 

ia laiblesse qu on lui attribue, dans une dis- 

L».'/1°"r'V^'^"^'^'^ • ^*"'^ '-'"'' i'^^'ocens et 
Zn^!; .I^ologne, 1790, in-4-. Cette dissorla- 
t.on est bien écrite et pleine de recherches ; 
ma s J on comprend qu'il est difficile de com- 
„!'<f^"'?.f^^^ ^\^^Y'^^Gmps avoué et reconnu, 
sans qa il reste des doutes dans l'esprit dos 

Osin?'.'^'^'^' les plus dociles. On accuse 
S A.r^'" '*'"''"^ ^^ condamnation de 
saint Aihariase, mais ce dernier le justifie 
sur ce lait, quoique saint Hilaire soit d'un 
avis opposé; cependant l'éloignemcnt où se 
mouvait saint Hilaire nous porterait à ado > 

làli S;"'";/'^''''"/ Athanase, témoin oci- 
étnu u !f *^fesst" dans ce même fait. Telle 
sin. ^f„!',^P^^,^}tion de vertu et do savoir d'O- 
nZ: ï°'\l/'PPelait Osius le père des évé- 
f iJl président des conciles. ~ M. Migne 

S onfo..^''"'''*^^,^'^^^'^^ J« CorS! 
la fin TvfrW '°'''?''' ^^ Patrologie. Voy. 
'^ /i" Je l'^rt. Jules (saint). "^ 

P.W)^/ ' "/!' .''■'"olenips sous le nom de 
Père Ottoman, était fils aîné d'Ibrahim, em- 



pereur aes Turcs, et de Zafira, l'une ces fem- 
m-s de son serad. Son père s'étant attVé par 
son mauvais gouvernement la haine ûe Rio- 
sem, sa nriôre, et du mufti, ils conspirèrent 
contre lui, et saisirent le prétexte du vœu 
qu \\ avait fait do consacrer à Mahomet le 
premier enfant qui naîtrait, et do l'envover 
circoncire à la Mecque, pour soustraire Os- 
man à sa cruauté. Ayant roussi à faire équi- 
per a cet eirel la grande Sultane, montée de 
120 canons, et escortée par neuf vaisseaux 
de guorre, Osman et Zafira s'embarquèrent 
et a riveront heureusement à Rhodes vers la 
mi-sepiembre IGiV. Mais, ayant lemis en 
mer, ils rencontreront sept vaisseaux de 
Malte, commandés par le chevalier du B(ds- 
«oudran, qui, ap^-ès un combat de cinq hoii- 
res, se rendit maître de la 11 tte turque et 
de tout 1 équipage. Le respect que les Turcs 
portaiont a Zafira et à Osman, les richesses 
qu Ils avaient avec eux, et le grand nombre 
d esclaves qui les accompagnaient ne laissè- 
rent point de doute sur l'ominonte qualité de 
leurs pnsonniors, et bienlôt l'aveu de quel- 
ques officiers indiscrets acheva de prouver 
a vraie condition d'Osman et de sa mère, 
i^olle-ci étant morte le 6 janvier 1646, Ibra- 
him devint furieux, et déclara la guerre aux 
Maltais ; la Canéo fut prise sur les Vénitiens, 
sous prétexte qu'on y avait donné retraite 
aux Maltais , après la prise d'Osman ; mais 
bientôt après, Ibrahim fut saisi et mis à mort 
par les conjurés. Osman, élevé dans les prin- 
cipes du chr siian sme par les pères domi- 
nicains, futbai)tisé le 23 octobre 1656, reçut 
en 1658 le sacrement de confirmation , em- 
brassa la môme année l'institut de ces reli- 
gieux, et firit le nom de Dominique de Saint- 
I no mas. Apres plusieurs voyages en France 
et en Italie, où il fut reçu avec lous les hon- 
neurs dus au fils d'un empereur turc, et après 
avoir médité contre les infidèles, en faveur 
des princes clirétiens, dô grands projets qui 
n eurent point de suites, il mourut à Malte 
le 2o octobre 1675, dans l'emploi de vicaire 
général de tous les couvents do son ordre 
qui sont dans cette île. Le Père Octavien 

/ /^«'^'l 'V^'^"'^''^^ ^^e s'^'Js 'e titre de Vita 
ael F. M. T. Domenico di S. Thomaso. Quel- 
ques auteurs révO(|uent en doute certains dé- 
tails de sa vie ; mais nous ne croyons pas 
qu on puisse contester ce que nous venons 
d en dire. 

OSMOND (saint), né en Normandie, d'une 
lamille noble, joignit à une grande connais- 
sance des lettres beaucoup cie prudence et 
lies qualités guerrières. Après la moi t de son 
pore, qui était comte de Séez , il distribua 
aux églises et aux pauvres la plus grande 
partie de ses revenus, et suivit , l'an 1066 , 
Guillaume le Conquérant en Angleterre Ce 
prince récompensa Osmond en le faisant 
comte de Durset, puis son chancelier, et en- 
suite évoque de Salisbury. Osmond eut la 
laiblesso d'entrer dans le parti de ceux qui, 
par complaisance pour le roi , s'étaient dé- 
clarés contre saint Anselme; mais bientôt 
a rès il ouvrit les yeux, et, pénétré d'un 
sincère repentir, il voulut recevoir l'absolu- 



i"9 OSS OST 180 

tioii do saint Anselme lui-môme. II corrigea les renvoya en Gascogne. Il acheva do s'ins- 

la liturgie de son diocôsc, la purgea de plu- truire dans les belles-ieltres , apprit 'es ma- 

sieurs termes barbares et grossiers, fixa les thématique*, et fit à Bourges un co irs de 

rites qui étaient incertains, suppléa h ce qui di'oit sous Cujas. De retour à Paris, il suivit 

manquait, et mit tout dans un ordre coin- le barreau, et s'y fit admirer par une élo- 

mode. Cette liturgie, ainsi corrigée, devint quence p'eine de force. Ses talents lui firent 

dans la suite celle de presque tout le royaume des protecteurs, entre autres Paul de Foix, 

d'Angleterre. Ce prélat, é-alement recom- pourlorsconseillerauparlempntdeParis.il 

mandable par ses connaissances et par son obtint, parleur crédit, une charge de con- 

zèle, mourut en décembre 1099, et fut cano- seiller au présidial de Melun. Ce fut alors 

Dise 350 ans après par le pape Calixte III. qu'il commença à jeter les fondements de sa 

OSOKIO Jérôme) , savant portugais , na- fortune. Paul de Foix, devenu archevêque de 

quit à Lisbonne en 1506. Il apprit les lan- Toulouse , et nommé amliassad^'ur h Ufime 

gués et les sciences à Paris, h Salaraanque et par Henri III, emmena avec lui dOssat en 

à Bologne, et devint archidiacre d'Evora , qualité de secrétaire d'ambassade. Après la 

puis évè({ue de Silves et des Algarves. l/in- mort de ce prélat, arrivée en 158V, Viller' i, 

lant don Louis, qui lui avait confié l'éduca- secrétaire d'état, instruit de 5on uiérite et de 

lion de son fils, le récompensa de ses soins son intégrité, le chargea des alfaires de la 

en lui procurant ces dignités. Ce savant s'ex- cour de France. Le cardinal d'Est, protecteur 

primait avec tant de facilité et délocpunce, de la n;ition française, 1 ■ fut aussi de d'Ossat. 

au'on le surnomma le Cicéron du Poriur/al. Le roi lui lit olfrir laie charge de secrétaire 

Il mourut à Tavira, dans son diocèse, le 20 d Etat, qu"il refusa avec autant de mo lesiie 

août 15i)0, à 74 ans, en allant apaiser une que de sinch-ité. Henri IV dut à ses soins sa 

séJition qui s'y était élevée. Ses mœurs et réconciliation avec le saint-siége, et son ab- 

son érudition justifièrent l'esiime dont les solution qu'il obtint du |)ape Clément VI I, 

rois de Portugal Thonorèrent. Il nourrissait S s ser-vices furent récompensés par l'évôché 

dins son palais plusieurs hommes savants et de Rennes, par le chapeau de cardinal en 

vertueux. 11 se faisait toujours lire h tahlo, 1598, enîin par l'évêché de Bayeux en 1' OJ. 

et après les repas il recueillait les sentiments Après avoir servi sa patrie en sujet zélé et 

do ses convives sur ce qu'on .■ vaii lu. On a en citoyen magn.inime, il mourut à Rome en 

do lui : des Paraphrases et des Commentaires ISOV, à (;8 ans. Le cardinal d'Ossat était un 

sur plusieurs livres de l'Ecriture sninte; De homme d'une pénétration prodigieuse. Il sut 

nob'Ulate civili ; De nobilitnte christiana; De allier, dans un degré éminent, la politique 

gloria lihri V. D'Alemhort a [)réten(lu que avec la probité, les grands emplois avec la 

c'ét it un larcin f it à Cicéron, et que le traité modestie, les dignités avec le d'sinléresse- 

De Gloria de cet ordeur, que nous n'avons ment. Nous avons de lui un grand nombre 

plus, é ait celui ({u'Osorioa publié ; il ajoute de Lettres, q\i passent avec raison pour un 

que plusieurs morceaux de ce traité pa- chef-d'œuvre de politique. On y vo t un 

raissent être au-drssus du style ordinaire homme sage, profond, mesuré, décidé dans 

de cet évêque : mais cela prouve précisé- ses principes et dans son langage. La meil- 

mentcoud)ien peu d'Alembert se connaissait leure édition est celle d'Amelot de la Hous- 

en style, et avec quelle l 'gèreté il calomniait saye, à Paris, en 109S, in-i% 2 vol., et in-12, 

les horïimes célèbres, infiniment éloignés des 5 vol. Le cardinal d'Os-at, disciple de Ramus, 

petits moyens qui formaient la politique de composa dans sa jeunesse, pour la défense 

cet académicien. De reqis instilutione ; de de son maître, un ouvrage sous ce titre : J^a;- 

rebus Emmanuelis, Lusitaniœ régis, vir- posilio Arnaldi Ossati in disputationem Ja- 

tnte et auspicio gestis , libri XII, 1571, in- cobi Carpentarii de ynethodo,\oWv, m-^)". Lors 

fol., Lisbonne, ti^aduit en français par Si- de cette composition, d'Ossat ne connaissait 

mon Goulard, sous le titre d*///s<o<re (fp Por- pas encore toute la méchanceté de Ramus, 

tugai, 1581-1.587, in-fol. et in-8° ; De justitia qui ne prit les armes de la révolte que trois 

cœlesti ; De sapientia, clc. Tous cosouvm'^es ans après rimpr-es>ion de cette pièce. Elle 

qu'on peut lire avec fruit ont été recueillis ne regardait d'ailleurs que des disput s gram- 

etimprii7iés à Rome en 1592, en k tomes in- maticnles. Madame d'Arcanville a publié une 

fol. : cette édition est fort rare. Jérôra -Osorio, Vie du cardinal d'Ossat. Paris, 1771, -J. vol. 

son neveu et chanoine d'Evora, a écrit sa Vie. in-8°. Elle y a inséré la traduction d'un Mé- 

OSSAT (Arnaud d"), cardinal , né en 15'>6 moire remarquable sur les effets de la ligue, 

à Laroq_s>-en-.Magnoac , |)etit vi.lage près écrit par ce ca dinal, en italien. 

d'Auch, de f)arents pauvres, se trouva sans OSTERVALD (.Iean-Frédéric), né en 1663 

père, sans mère, et ^ans bien à l'âge de 9 ans. à NeufchAtel, d'une famille ancienne, fut fait 

Il ne dut son élévation qu'à lui-môme, pasteur dans sa patrie en 1699. Il fornia une 

Placé au service d':n jeune seigneur do son étroite amitié avec J an-Alphonso ïurretin 

pays, appelé Casie/nou de Mo^noac, de la mai- de Genève, et deux ans après avec Samuel 

son de Marca, qui était aussi orphelin, il fit Werenfeis de Bâle ; et l'union de ces trois 

ses études avec lui; mais il h? surpassa bien- théologiens, qi'on appela le triumvirat des 

tôt et devint son précej)teur. On les envoya théologiens de la Suisse, a duré jusqu'à la 

à Paris en 1559, et on y joignit deux autres mort. Ostervald n'était pas celui des trois qui 

enfants, cousins germains de ce jeune sei- valait le moins. Ses talents, ses vertus et son 

gneur. D'Ossat les éleva avec soin jusqu'au zèle à former des disciples, et à rétablir la 

mois de mai 1562, et, leur éducation finie, il discipline ecclésiastique autant qu'elle pou- 



f ! 



OTH 



OTH 



im 



vait s'assortir à la secte de Calvin, le rendi- 
rent le modèle des pasteurs calvinistes. Il 
mourut en lTi7, et sa mort inspira des re- 
grets è tous les bons citoyens. On a de lui 
un grand nombre d'ouvr;iges. Les princi- 
paux sont : Traité des sources de la corrup- 
tion, in-lî2 : c'est un bon traité de uutrale ; 
Catéchisme, ou Instruction dans la religion 
chrétienne, in-8°. Ce catéc! isme, très-bien 
fait dans son genre, si on excepte les matiè- 
res rdatives aux erreurs de l'auteur, a été 
traduit en al emand, en Itollandais et en an- 
glais. On l'a souvent atti ibué à Turrelin , et 
cité sous son nom. Il [lar.dt eiïec ivem^nt 
qu il y a eu part. L'Abrégé de i Histoire sainte, 
qui est à la tête, fut tiad i'.t et inipiinu^ en 
arabe. Traité de rimparcté, in-12, écrit avec 
beaucoup de sa^^esse, et dans lequel il n'ap- 
prend pas le vice en voulant le corrij^^er, 
commefi)nt.souvenldesmoralistcsindiscrets; 
une Edition de la bible fiancaise do Genève, 
avec <ies Argaments et des Uéjh'xions, in-ibl. ; 
un Uecueil de Sermons , in-8". — Jean-Uo- 
dolpbe OsTEswALD, >'on tils auié, rasteurde 
l'Eglist^ Irai ç ise h Bile, a donné au pui)lic 
un traité intitulé Les Jkvoirs des commu- 
niants, in-12, estimé des proies t;)nts. 
OSTIi NSIS. F07 Henri de Suze. 
OSWALD (saiiit), roi de Northumber- 
land en Angleterre," fut obligé, après la mort 
d'Elhelfiid, son père, de se réfiigier chez les 
Pietés, et de là eis IrLuKJe, parce qu'Ewwin, 
son oncle, s'était emparé (Je son royaume, il 
se fil ciirélien durant sa retraite, revint en- 
suite dans son j'ays, délit dans une grande 
bataille C :d i-Wello, roi des ancif ns bretons, 
qui y perdit la vie. Avant la balaife Oswald 
avait fait faire une grande croix de bois c'u'd 
planta de ses [)ropres m<iins ; p.uis il cria à 
ses soldats de se | rosterner devant celle 
croix, et de pr:er le Deu des aimées pour 
obtenir la victoire. Le lieu où l'on av;.il élevé 
cette croix fut apj.elé IJevenfelth, ou Champ 
du ciel, et ce fut le ])remi('r trophée érigé eu 
riionneur de la foi chrétienne clans ces con- 
trées. Celte croix devint très-célèbie dans la 
suite, au rapport de Bède et d'Alcuin. Du- 
rant plusieurs siècles, le sceau de l'abbaye 
de Durliam représentait cette croix d'un côté, 
et avait |)Our revers la tète de saint Oswald. 
Le saii.t roi, vainqueur de ses ennemis, ren- 
dit grâces à Dieu, s'ap, liquaà rétablir le bon 
ordre, à faire lleurir la i-cligion de Jésus- 
Christ dans ses états, et donna l'exemple de 
toutes les vertus d'un prince chrétien. Penda, 
roi de M-rcie , lui ayant déclaré la guerre, 
Oswald arma pour lé repousser; mais il fui) 
tué dans la baiaille de Marsefellh, en 642. 

OS ^-'v ALD (Euasme), professeur d'iiébreu et 
de mathématiques à Tubingen et à Friboun^, 
mort en 1579, à 68 ans, publia une Tradàc- 
tton du Nouveau Testament en hébreu, et 
d autres ouvrages. 

OTHELIO (Marc-Antoine), Othelius, dalif 
d Udiue, enseigna avec succès le droit il Pa- 
douejisqu'a là^e de 8i) ans. Ses écoliers lui 
donnaiejt ordmairement le nom dePèrci qu'il 
rnéritait par son extrême douceur. Il mourut 
en 1628. On a de lui : Consilia ; De iuH do- 



tium; De pactis ; des Commentaires sur le 
droit citnl et canonique. 

OTIION l'-'ouOTiON, empereur d'Allema- 
gne, dit le Grand, fils aîné de Heiui l'Oise- 
leur, naquit en 912, et fut cour nné à Aix- 
la-Chapelle en 93G. I .e nouvel empereur ne 
fut tranquille sur le trône qu'ajirès avoir 
essuyé des coniradictions de la part de sa 
mère Malhilde. ('ette [.i-incesse s'etfor^fiit d'y 
placer son lils cadet Henri, sous pr<=-'exte 
qu'au tenifw de la nais-ance d'OLrvn, oenri 
l'Oiseleur n'était eneore que duc :lo Saxe; 
au lieu que le jeune ILuiri était fils de Henri 
l'Oiseleur, roi d'Allemagne. Othon étant 
mont ' sur le trône l'obligea de se retirer en 
We^tphalie ; il la lit revenir dans la suite h. la 
cour, l'honora comme sa mère, et se servit 
iililement de ses conseils. La couronne deve- 
nue jioiir' aiti>i dire héré'dtaii'C a 'X dues des 
Saxons, rendit ce peuple extrêmement fier. 
Eherhard, duc de Franconie, entreprit de les 
h'.unilier |)ar la force des armes; mais Othon 
l'humilia lui-même. Il fut condamné à une 
amendé < e cent talents, et ses associés n la 
])eine ^uharnescar. Ceux de la ' a:'to noblesse 
q.i'on condc.miiaii à ceite peine, étaient obli- 
gés décharger un <:bieîi sur leurs épaules, et 
de le ) ortor'sou eut iusqu"^ une disîance dfi 
deux lie, :cs. La [élit- nobijsso ]ioriait une 
sellé, 'es ecclés astiqu s un grand missel, et 
les bourgeois une clianue. Gliion sut non- 
seulement se faiie resp eter au dehoi's, lUdis 
il rélab.t au dedans une partie de l'empire 
de Ch.irleniagne ; il étendit, cmme lui, la 
religion cluétienne en Geini.uue par des 
victoires. Les Barbares, une fois soumis, 
étaient insiruits d.ns la foi, recevaient avec 
re( oniiaissaiice une religion qui fusait leur 
bonheur. Les Danois , peuple indomptable, 
qui avaient jT.vagé la France et l'Allemagne, 
reçurent ses lois. Il soumit laBohèuie en 950, 
a[>!ès une guerre 0|)iniàtre, ei c'est depuis 
qi;e ce royaume fut r. pu é province de l'F.m- 
})ire. Oihon, •s'étant ainsi rendu le monarque 
le i)lus j)uissant de TOccid^nt, fet 1 arbitre 
des {)rinces. Louis d'Oulre-Mer, roi de Fian- 
ce, nnplora son >-e ;o rs contre quelques sei- 
gn urs français qui s'érigeaient en souverains 
et eu petits tyrans. L'Italie, vexée par Béren- 
ger II, usuri)atour du titre d'empereur, ap- 
pelle Othon contre ce lyran. Othon paraît, et 
Bérenger jsren i la fuile; mais l'emoeieur pro- 
fite de cette occasion pour établir son aulo- 
rité en Italie. Il marche vers Kome ; ou lui 
ouvre les portes, et .lean XII le couronne 
empereur en 962. Olhon prit les noms de 
César el d'Auguste,, et cbligea le pape à lui 
faire le serment de fidélité. Olhon confiima 
en même temps les donations de Pejdn, de 
Charlemagne et de Louis le Débonnaire, ce 
qui était un peu contradictoire, puisque ces 
donations rendaient le pape s mv rain tem- 
porel et indépendant : mais cela peut s'en- 
tendre d'une fidélité d'alliance et d'attache- 
ment. Jean XII était dans le cas de faire 
prendre cette précaution. Il se ligua contre 
l'empereur avec Béreuger môme, réfugié 
chez des Mahométans qui venaient de se can- 
tonner sur les côtes de Provence: Il fit venir 



183 



OTIl 



OTH 



184 



Adalbert, fils de ce Bérenger, h Rome, tandis 
qu'Ollinn était à Pavi(\ Tout cela rendit 
Jean XII extrùraement odieux. Othon ftassa 
h Rome, (it déposer le pontife et élire Léon 
VIII à sa place en 963. Il esl à croire, vu la 
i-eligion et la piété sincère d'Oihon, qu'il 
crut cette déposition |)ermisc et valide à rai- 
son des vices de Jean et des vertus de Léon. 
{Voyez ces deux articles.) Le^ nouveau pape, 
Je sénat, les principaux du peuple, le clergé 
de Rome, solennellement assemblés dans 
Saint-Jean-de-Latran, furent contraints d'ac- 
corder à Othon et h tous ses successeurs 
le droit de nommer au saint-siége, ainsi qu'à 
tous les archevôchés et évêchés de ses 
royaumes. On fit en môme temps un Décret, 
portant que « les empereurs auraient le droit 
« de se nommer tels successeurs qu'ils juge- 
« raient à propos. » Ce qui semble prouver 
que dans ce cun^lit de [)rétentions, les empe- 
reurs se regardaient comme dépendants de 
Rome, tandis ([u'ils voulaient en ôtre les 
maîtres. A peine Othon était retourné en 
Allemagne, que les Romains emprisonnèrent 
Léon, et prirent les armes contre l'empereur. 
Le préfet de Rome, les tribuns, le sénat, 
voulurent faire revivre les anciennes lois ; 
mais ce qui dans un temps est une matière 
de gloire, devient dans d'autres une source 
de malheurs. Othon revole en Italie, prend 
Rome en 964, fait pendre une partie du sé- 
nat ; le préfet de Rome est fouetté dans les 
carrefours, promené nu sur un âne, et jeté 
dans un cachot où il mourut de faim, ot Be- 
noit V, successeur de Jean XII, envoyé pri- 
sonnier en Allemagne. Les dernières années 
d'Olhon furent occupées par une guerre 
contre les empereurs d'Orient. 41 avait en- 
voyé des ambassadeurs pour amener en 
Allemagne la fille de l'empereur grec, fiancée 
à son fils Othon II; mais le traître IN'icéphore 
II fit assassiner les ambassadeurs, et s'em- 
para des présents dont ils étaient chargés. 
Othon, à la tôte d'une armée, se jeta sur la 
Touille et la Calabre, qui appartenaient en- 
core aux (irecs. L'armée de Nicéphore fut 
défaite, et les prisonniers renvoyés à Cons- 
tantinople avec le nez coupé. Jean Ziraiscès, 
successeur de Nicéphore, fit la paix avec 
Othon, et maria sa nièce Théophanie avec 
le jeune Othon II. L'empereur d'Allemagne 
mo; rut peu de temps après, en 973, avec la 
gloire d'avoir rétabli l'empire de Charlema- 
gne en Italie; mais Charles fut le vengeur 
de Rome, au lieu qu'Othon en fut le vain- 
queur et l'oppresseur, et son empire n'eut 
pas (ies fondements aussifermes que.celuide 
Charlemagne. Othon avait d'ailleurs de gran- 
des qualités, beaucoup de courage, une 
piété fervente, une extrême droiture, et un 
flmour ardent pour la justice : sa colère et 
son ambition dérogeaient quelquefois à ces 
qualités; mais il y revenait dès que son âme 
reprenait sa situation naturelle. C'est h lui 
principalement que le clergé d'Allemagne 
est redevable de ses richesses et de sa 
puissance. Il lui conféra des duchés et des 
comtés entiers, avec la même autorité que 
ies princes séculiers y exerçaient. L'abbé 



Schmidt, dans une Histoire des AU^mands^ 
ouvrage plein d'inexactitudes, de préjugés, 
de prédilections et de haines, a pris h t;^che 
d'exalter ce prince; dans ce qu'il a fait de 
mal, et de lui faire presque un crime de ce 
(pi'il a fait de bien, de contourner ses 
actions et ses intentions, et de changer lidée 
que nous en ont donnée les écriv.-iins du 
temps, en |)articulier Wiltikind, moine de 
Corbie en Saxe, autour équitable , impartial, 
parfaitement instruit des faits qu'il rapporte, 
contemporain et compatriote d'Othon. A qui 
croire? A dfs écrivains du xvni' siècle, qui 
raisonnent l'/iistoire pour la faire servir à 
leurs vues, ou aux hommes sans prétention, 
(|ui ont écrit tout sim[)lement les faits dont 
ils ont été témoins, ou qu'ils rapportent 
d'après la connaissance publique, générale, 
non contPStée, qu'on en avait de leur temf)S? 
Voyez rilistoire des Allemands sous Othon 
le Grand, par T. G. Voigtrl, Halle, 1802, 
in-S" (en allemand); et V Histoire des répu- 
bliques italiennes, par Sismondi, tome I*^'. 

OTHON (saint ), évoque de Bamberg et 
apôtre de la Poméranie, naquit en Soualje 
vers 1069, devint chapelain et chancelier de 
l'empereur Henri IV, [)uis évoque de Bam- 
berg en 1102. Il convertit Uralislas, duc de 
Poméranie, avec une grande partie de ses su- 
jets, et mourut à Bamberg, le 30 juin 1139. 
Ses vertus, son zèle, ses lumières, furent 
l'admiration de l'Allemagne. On a de lui une 
Lettre à Pascal II. Voy. ^a Vie écrite par D. 
Anselme Meiller, abbé d'Ensdotf dans le haut 
Palatinat, sous ce titre : Mundi lïiiraculuniy 
S. Otfio, etc., Amberg, 1739, in k". On célè- 
bre sa fête le 2 juillet. 

OTHON DE FRIESINGEN, ainsi nommé 
parce qu'il était évoque de cette ville au 
xir siècle, était fils de saint Léopold, 
marquis d'Autriche, et d'Agnès, fille de l'em- 
pereur Henri VI. 11 fut d'abord prévôt de 
Neubourg, en Autriche; il alla ensuite en 
France faire ses études dans l'université de 
Paris, et s'y distingua. L'amour de la soli- 
tude le fit entrer dans le monastère de Mo- 
rimond, dont il devint abbé. Nommé évêque 
de Friesingen en 1138, il accompagna l'em- 
pereur Conrad dans la terre sainte, sans 
quitter l'habit de religieux. Peu après son 
retour, il abdiqua l'épiscopat en 1156, et 
retourna h son ancienne solitude à Morimond 
en Bourgogne, ou il mourut le 21 septembre 
1158. On a de lui une Chronique en sept 
livres, depuis le commencement du monde 
jusqu'en U'*6. Cet ouvrage, peut-être de 
quelaue utilité malgré les fables dont il est 
rempli, a été continué jusqu'en 1210, par 
Othon de Saint-Biaise. On le trouve dans les 
Recueils de Pistorius et de Muratori, ainsi 
que deux autres productions du prélat 
allemand : la première est un Traité de 
la fin du monde et de l'Antéchrist, et la 
deuxième une Vie de Vempercur Frédéric 
Barberousse, en 2 livres. Ces ouvrages d'O- 
thon ont été publiés à Francfort par les soins 
de Christian Ursitius, 1585, in-fol. 

OTHONIEL, filsde Cenez, et pavent de 
Caleb, ayant pris Dabir, autrement Cariath- 



185 



OTT 



OUD 



i86 



Sepher, épousa Axa, fille de Caleb, que 
celui-ci avait promise en mariage à quicon- 
que prendrait cette ville des Chananéens. 
Les Israéliti^s ayant été assujettis peuflant 
huit anspar Chusam Rasathaïm, roi de Méso- 
potamie, Ot'ioniel, suscité de Dieu, vainquit 
ce prince, et après avoir délivré de servitude 
les Israélites, il en fut le juge, et les gou- 
verna en paix l'espace de quarante ans. Sa 
moi t, arrivée l'an 1344 avant J.-C, fit cou- 
ler les larmes des Israélites. 

OTROKTSIFORIS (Fra>'çois), Hongrois, 
fit SCS études à Utrecht, et fut ministre dans 
sa patrie. A[)rès bien des disgrAces occasion- 
nées par son attachement à l'erreur, il em- 
brassa la religion catholique, enseigna le 
droit à Tjrnau, mit en ordre le« archives 
de l'église de Strigonie, et mourut à Tyr- 
nau Fan 1718. On a de lui : plusieurs 
ouvrages polémiques imprimés en Hol- 
lande, dont il rougit ensuite , et qu'il réfuta 
lui-même; Origines hungaricœ, Frô-neker, 
1693, 2 vol. in-8% ouvrage plein de recher- 
ches. Il y faut joindre Antiqua reliqio Hun- 
garoriim, vere christiana et catholica, Tyr- 
nau, 170G, in-8°, que le même auteur fit 
lorsqu'il fut revenu de ses préjugés. Exa- 
men reformutionis Lutheri, 1696; Borna civi- 
tas Dei sancta ; Theologia prophetica, seu 
Clavis prophetinrum, Tyrnau, 1705, in-i". 

OTT ( Jean-Henri ), Ottius, né à Zurich 
en 1617, d'une famille distinguée, fut profes- 
seur en éloquence, en hébreu et en histoire 
ecclésiastique à Zurich, où il mourut en 
1682. On d de lui plusieurs ouvrages de 
théologie et de littérature. — Son fils, Jean- 
Baptiste Ott, né en 1661, se rendit habile 
dans les langues orientales et les antiquités, 
et professa l'hébreu à Zurich. On a aussi de 
lui divers ouvrages peu connus. 

OTÏFRIDE ou OTFRID, Otfridus, moine 
allemand vers le milieu du ix*^ siècle, passa 
la plus grande partie de sa vie au monastère 
de Weissembourg en basse Alsace, et fit de 
grands progrès dans la littérature sacrée et 
profane. Il épura la langue allemande, qu'on 
appelait alors théodisque ou tudesqiie. Il fit 
dans cette vue une grammaire, ou plutôt il 
perfectionna celle que Charlemagne avait 
commencée. Pour faire tomber les chansons 
Iirofanes, il mit en vers tudesques rimes les 
plus beaux endroits de l'Evangile. Comme 
ces vers pouvaient se chanter, ils se répan- 
dirent beaucoup, et produisirent l'efTet qu'il 
en attendait. Ils ont été publiés en 1571, 
in-8% à B;11e, par Francowitz. On conserve 
dans la bibliothèque impériale, à Vienne, 
plusieurs ouvrages en allemand d'Ottfride, 
manuscrits; une Paraphrase en prose dos 
Psaumes; les Cantiques de l'office divin, et 
quelques Homélies sur les Evangiles. Il était 
disciple de Raban-Maur. You. les Antiquités 
teutoniques deJ. Schiller. 

OTTOMAN (le Père). Votj. Osman. 
OITONI (dom Lucien degli], bénéûictin 
de la congrégation du Mont-Cassin, né à 
Goito, près Mantoue,fit profession, en 1507, 
dans l'abbaye de Saint-Benoît à Padolirone, 
où il mourut en 1528. Dom Otloni fut élu abbé 



de Pompose, et député par les supérieurs 
de la congrégation au concile de Tiente. Il 
traduisit du grec en latin le Commenture de 
saint Jean Chrysostome sur VEpître aux Ro- 
mains, et y joignit une Apologie de ce saint 
docteur, que quelques-uns accusaient d'a- 
voir relevé la force du libre arbitre aux dé- 
pens de celle de la grâce divine. Celte Apo- 
logie fut mise à l'index; toutefois c'était un 
religieux d'un grand mérite et de beaucoup 
de savoir. 

OUDEAU (Joseph) , prédicateur du x\iv 
siècle, est un des premiers orateurs chré- 
tiens qui se sont efforcés de délivrer la 
chaire de la contagion du mauvais goût qui 
paiaissait en avoir pris possession avec les 
Maillard, les Menot, etc. Né à Gray en 1607, 
il professa pendant sept ans, chez les jé- 
suites, les humanités et la rhétorique, puis 
il se livra tout entier à la prédication. Il 
parut avec beaucoup d'éclat dans les princi- 
pales chaires de Paris et de Lyon, et moia-ut 
à Besançon le 25 octobre 1668. On a de lui : 
Ips Panégyriques des fondateurs des ordres 
religieux , avec une préface où il est traité 
de l'artifice du panégyrique, Paris, 1664, 
in-8''; U Illustre criminel, ou les Inventions 
merveilleuses de la colère de Dieu dans la pu- 
nition d'un pécheur , représenté par le roi 
Balthazar, Lyon, 1665, in-8° : c'est un re- 
cueil de sermons pour l'avent; Panégyriques 
pour toutes les fêtes de la sainte Vierge, ibid., 
1665, in-S"; le Prédicateur évangélique ou 
Discours pour tous les jours du carême, il)id., 
1667, in-8°; Le Banquet d'Elie, ou les Mer- 
veilles de la table de Jésus, ibid., 1668, in-8°. 
OUDET (dom Jean), bénédictin de la con- 
grégation de Saint-Vannes, né à Yvoi-Cari- 
gnan, ancien duché de Luxembourg, fil pro- 
fession à l'abbaye de Saint-Vannes de Ver- 
dun. Il enseigna longtemps la théologie, et 
il passait pour un des plus habilles profes- 
seurs de la congrégation. Oudet excellait 
surtout dans la métaphysique. Lorsque le 
P. Malebranche eut fait paraître son sys- 
tème, dom Oudet, après l'avoir lu, partit 
pour Paris afin de voir ce savant oratorien, 
et de discuter avec lui sur divers points de 
son ouvrage. On argumenta vigoureusement, 
et on se sépara dans des sentiments d'estime 
et de bienveillance réciproque, après avoir 
épuisé la discussion, sans que de part et 
d'autre on eût changé de sentiment. Oudet 
composa divers ouvrages, mais dont il pa- 
raît qu'aucun n'a été publié. On dictait dans 
les cours de théologie de la congrégation 
un Traité, qu'il avait composé, de Jure et 
Justitia, qu'on assure être excellent; et l'au- 
teur de la Bibliothèque générale des anciens 
écrivains de l'ordre de Saint-Benoît parle 
d'un Traité de la Grâce, par dom Oudet, 
« où, dit-il, sans donn'er dans aucun écueil, 
« il ne laisse rien à désirer. » Il mourut à 
Novi-les-Moines, maison de la congrégation, 
près Rethel-Mazarin , le 18 décembre 1736. 
OUDIN (Casimir) , né à Mézières sur la 
Meuse en 1638, entra chez les prémonlrés 
en 1656, et s'appliqua principalement à l'é- 
tude de l'histoire ecclésiastique. Louis XIV 



187 



OLD 



OLE 



188 



passant par l'abba}© de Bucilli on Champa- 
gne, Oiulin, cliar^'é de le complimenter, |ilut 
A ce prince, mais n'ayant p.is sonfeiiii, dans 
la suite do la conversalion, l'idée (pie son 
compliment avait donnée de lui, cet liou'eux 
début n'(Hit point de suite. Son géii Tal le 
chargea ensuite dovisilei' toutes les abliayes 
de son ordre, pour tirer des archives ce (jui 
pourrait servir <^ son liistoiie. Jl s'en acrpiilla 
avec suicès, et vint à Paris en lOS-J, où il se 
lia avec [)lusieurs savants. Oudin ayant, par 
sa van té et sa dissipation, perdu resi»rit de 
son état, et m ino de sa religion, se relira à 
Leyde en 1(590, emi)rassa la prétendue ré- 
forme, et y fut sous-bibli .thécair' do l'uni- 
versité. Ses principaux ouvrages sont : Com- 
mcntariiis de sci iptoribus Ecclesiœ ontiquis 
Ulonimqne scriptis, etc., Lei izi:^, 17:^2, 3 
vol. in-fol. : compilalion ploine de fautes et 
d'iJiexactitudes, qui viennent en partie de ce 
qu'il ne savait j as asse.: de j;rec et <ir. latin, 
lùi boii apo.-tat, il n"a {«as o;.blié d'y cntas-er 
des injures contre l'E lise et contre l'ordre 
religieux qu'il avait abandonné Vctrrwn uli- 
quot Galliœ et Belgii scriptoruin opiiscula 
sacra nunquam édita, 1(;92, m-S"; un Supplé- 
ment des auteurs ecclésiastiques omis par 
Jîcllarmin, in-8", 1G88, en latin; Le prémontré 
défroqué, etc. Il finit sa curièr' h Leyde en 
1717, à 79 ans. Il avait de la chaleur dans 
l'espiit, de l'inquiétude et de la rnéchancelé 
dans le caractère. 

OUDIN (Fraxçois), né l'an 1G73 h Vignnry 
en Champagne, lit ses études à Langrcs, et 
entra chez les jés.uites en 1691. Après avoir 
professé les human tés et la théologie avec 
un succès distingué, il se fixa à Dij -n et y 
passa le reste de ses jours, partagé enire 
l'étude et le commerce di>s gens de lettres. 
C'e<t dans cette ville qu'il mourut le -28 avril 
1752, ;igé de 79 ans. Le P. Oudin avait fait 
une étude |)rofonde d • l'Ecriture sainte, des 
conciles et des Pères, surtout de saint Chry- 
sostome, de saint Augustin et de saint Tho- 
mas, pour lesquels il avait un attrait parti- 
culier. Les vertus du religieux i;e le cé- 
daient point en lui aux connaissances du 
savant. Il était si zélé pour l'éducation de 
ses écoliers, qu'il consacrait souvent une 
partie de sa pension pour le soulagement de 
ceux qui étaient dans la misère. Il Oiiiployait 
le reste à acheter des livres en tout genre de 
littérature. Le latin, le grec, l'espagnol, le 
portugais, ]'it;dien et l'anglais lui étaient fi- 
miliers. il était profondément versé dans la 
connaissance des antiquités profan s et sa- 
crées, et des médailh s. Il joignait à une éru- 
dition éten ,ue les grâces de la bell- littéra- 
ture, beaucoiq) de justesse dans l'esprit, une 
ardeur inféiiigable "pour le travail, et une fa- 
cilité merveilleuse à faire des vers latins. Ses 
principaux ouvrages en ce genre sont : une 
pièce intitulée Somnia, inqjrimée in-S" et 
in-12, pleine d'élégance et de bonne poésie, 
qu'il composa à 22 ans ; une autre sur le feu, 
des Odes, des Mimes, des Elégies, dont la plu- 
part sont imprimées dans le recueil intitulé 
Poem,ata didascalica, en 3 vol. in-12, et les 
autres sont dignes de l'être. Ses ouvrages en 



prose sont plus considéraldes. Les plus con- 
nus sont : liihliotheca svriptorum societalis 
Jrsu. Il en avait achevé les qu/itr-e pre.nières 
leltr.'S quanil il est morl ; il a lais>^é plus de 
70!) articles pour le reste de l'ouvr-age. 
(-0 livre, bien exécuté, est désiré pai* tous 
les amateurs «!e l'histoire littéraire. La Hi- 
hliotftrque des écrivains jésuites avait été com- 
mencée par le P. Ililiadeti'ira, et [)Oussée 
ju-cpi'cn 1018. Elle fut conl nuée par le P. 
IMiilippe Alegambe jusqu'en 16'i3, et par 
Soiwcl jusq l'en 107.1. Les PI*. Hmanni, de 
Touf neniiu" et Kervillars, furent ensuite suc- 
cessivement chargés d'en composer la suite; 
niais n'a ..■nt rien donné au public, et ayant 
s 'ulement recueilli quelques Mémoires in- 
formes, on Ciut que le P. Oudin s'en acquit- 
terait mieux, et on ne se trompia point. Après 
la mort du P. Oudii, le P. Jean-Louis Cour- 
tois, natif de Charleville, eut ordi e de re- 
voir et d'achever l'ouvrage de son c n'ière; 
mais la destruction de la so iété a arrêté 
l'exécuiion de cette entreprise confirmée à 
Rome pa ■ le pape. Un Commentaire latin sur 
lEpitrc de saint Paul aux Uomaiiis, iu-12, 
où il a principalement suivi les exp icalions 
de saint Chrysostome; dos Eti/moloqies cel- 
tiques: un bon Eloge du président Boxdiier, 
en latin; ûas. Commentaires sur les Psaumes, 
sur saint Malt ieu et sur toutes les Epiires de 
saint Paul, qui sont restés manuscriis; His- 
toria dogmatica conciliorwn, in-12; les vies 
ù' Antoine Vieyra, de Melchior Inchfer, de 
Denys Petau, de Fronton du Duc, de Jules 
Clément Scotti, de Jacques Billy et < e Jean 
Garnier. Ces sept vies sont imprimées dans 
1; s Mémoires du P. Nicéron. Un Petit Of- 
fice de saint François-Xavier, très-bien com- 
posé, dont les hymnes sont dans le grand 
genre lyrique, |)ï;'ines d'idé'es vastes et su- 
blimes, énoncées avec toute la nobicss • et 
l'énergie de l'ode. La conversation de l'au- 
teur de tant de savants ouvrages ne p mvait 
être qu'instructive et variée. Sa mémoire lui 
rap,nelait une inlini é de faits, son es trit lui 
fournissait d 'S pensées fines et ingénieuses. 
Il pailait volontiers des savants et d s ou- 
vrages; il citait surtout avec une justesse 
admirable les [)lus beaux endroits des an- 
ciens poètes qu'il avait remarqués. Il disait 
quelquefois , que « dans sa jeun^^sse les 
« belles-lettres avaient eu pour lui des chir- 
a mes inexprimables, et que dans sa vieil- 
« lesse elles adoucissaient encore les infir- 
« mités et les chagrins attachés à cet Age. » 
Cicéron avait dit : Studia adolescentiam alunt, 
senectutem oblectant. .M. Michault. célèbre 
littérateur de Dijon, ami du P. Oudin, a 
consacré à la mémoire de ce savant jésuite 
une partie du ^' vuhnne de ses Mélanges his- 
toriques et philosophiques, imprimés à Paris 
en IToi, en 2 vol. in-12. Le P. Oudin écrivit 
pour l'amusement de ses élèves plusievn-s 
Tragédies tirées de sujets sacrés, et une co- 
médie. Le Joueur, qui mériterait l'attention. 
OUEN (saint), Audoenus, évOque de Rouen, 
connu aussi sous le nom de Dodon, était né 
vers 609 à Sanci près de Soissons, d'une fa- 
mille illustre. Il parut avec distinction dans 



189 



ous 



OVE 



m 



Sa jeunesse à la cour de Clotaire II et à celle 
de Dagobert, qui lui confia la garde de son 
sceau. Elu évoque de Houen en 039, la môme 
^nnée où saint Eioi, son ami et sou guide 
dans la vie suintuellis fut élevé sur le siège 
de Noyon, il alla s'enfermer dans un monas- 
tère à Mâcon , aiin de se disposer ,)ar la 
prière et par le j une, à recevoir les ordres 
sacrés. L'année suivante il prit possession 
de son diocèse, où il s'acquit une grande 
considération par son savoii- et par ses ver- 
tus. Il employa l'autorité que lui donnaient 
son caractère et ses lumières, [)oui' établir 
la paix entre les princes français. Ce fut au 
retour d'une de (;es négociations qu'il mourut 
àClicliy, près de Paris, le l'i- août G;'3, Agé 
de 74- ans. Il s'était trouvé, en QVt, au con- 
cile de Châlons, dont il souscrivit les actes 
le troisième. Ce s^rélat est auteur de la Vie 
de saint Eloi, publiée p?ir Surius {Vita- s^^nct., 

1 dec), mais sans la Préiace, qui se trouve 
dans le tom. 11 de la Bil/Uolh. mnnuscript., 
du P. Labbe. Ci'tte Vie a été traduite en 
français par Louis de Montigny, archidiacre 
de Noyon, Paris, 1G26, et par un anonyme 
(Lcvcsqiie, piètre de la chapelle des Ôrf- 
vres), il)id., li;93, in-8°. 

OULTREMAN (Henri d') , seinieur de 
liombiso, né à Val 'uciennes en 15i6, s'ap- 
])1 qiia avec beaucoup de succès aux Ix^'lles- 
leftres, au droit et à l'histoire de sa |)alrie, 
fut chef de la magistrature <i Valenciennrs, 
et mourut en IOOj. On a de lui : des Poésies 
sacrées en latin et quel jues-unes en français; 
Histoire de la ville et comté de Valcnciennes, 
publiée par son fds Pierre d'Oultreinaii, qui la 
corrigea et raui,menla. Douai, 1639, in-iblio. 
— Philippe d'OuLTUEMAx, fils de Henri, se lit 
jésuite en 1007, prêcha avec beaucoup de 
succès pendant 26 ans, et mourut le 16 mai 
1G52. On a de lui : le Vrai chrétien catholi- 
çîtf, Saint-Omer, 1622, traduit en anglais, 
1623; Pédagogue chrétien, Mous, 1645-1650, 

2 vol. in-4.°. C'est un corps complet de la 
morale chrétienrie, tiré de l'Ecriture sainte 
et des saints Pères. Jacques I{ro(juart, jé- 
suite, le publia en latin à Luxembourg, et le 
P. Brignon le donna h Rouen en français 
plus moderne, l'an 1704, in-4". On en a donné 
un abrégé. — Pierre d'Oti-TRE-^iAN, jésuite, 
frère du précédent, mort à Valenciennes, sa 
patrie, le 23 avril 1656, à 65 ans, a donné 
plusieurs ouvrages au public, entre autres : 
Vie de Pierre VErmite et de plusieurs croisés, 
Valenciennes, 1032, in-8°; La Constant inople 
Belgique, Tournai, 1()43, in-4°. C'est l'histoire 
de Baudouin et d'Henri, empereurs de Cons- 
tantinople. Vamour incréé répandu sur les 

^ créatures, Lille, 1052, in-fol. 

OUSEL, OISEL ou LOISEL (Philippe), né 
à Dantzick en 1671, d'une famille originaire 
de France, devint ministre de l'église alle- 
mande de Leyde, puis professeur en théo- 
logie à Franctort-sur-rOder, en 1717. Il rem- 
plit celte chaire avec distinction jusqu'à sa 
mort arrivée en 1724. Son collègue lui rap- 
pelant pendant sa dernière maladie des pas- 
sages de l'Ecritiu'e sainte en latin ou en alle- 
mand pour sa consolation, il corrigeait la 



version sur l'hébreu ou sur le grec, avec au- 
tant de soin que si son lit eût été une chaire 
de t'iéologie : occupation qui, dans cette cir- 
constance, parait aussi superflue que dépla- 
cée. Ses princi|)aux ouvrages sont : Intro- 
ductio in acrentuationem Ilebrœorum metri- 
corn, in-4°. Il soutient dans la préface de cet 
ouvrage que les points et les accents hé- 
breux sont aussi anciens que les livres de 
rEcriture sainte. Cette singularité l'engagea 
dans quelques disputes littéi'aires, où d neut 
point l'avantage. Voy. Capi'el (Louis). De ac- 
centaaCione Hebrœorum prosnita, in-B°; De 
lepra, in-4", 1709. — Un autre Ousel (Jac- 
q'ies), parent du précédo/it, a laissé ues notes 
esMmécs sur ïOctavitis de Minutius Félix, 
insérées en entier avec celles de Mfursius, 
dans l'édition Vnriornm d.) 1G72, in-8°. 

OUSTiiILLE (saint). Voy. Austuegesile. 

OUTRA.M (CiuiLLAu:\iE), Ihéologieu anglais 
du xvir siècle do.it nous avons un T:aité 
estimé sous ce litre : De sacrifuiis Jadœorum 
lihri duo, Londres, 1877, iii-4". L'auteur y 
disserte sur l's sacrifices de la loi ancienne 
et sur ceux des gentils, et finit |)ar celui de 
la croix. Les préjugés de sa s. 'de l'ont en- 
gagé à rejeter celui de la messe. 

0UTR1<;IN (Jean d'), ministre protestant, 
né h Middelbourg en 16-32, fut prof"Sseur en 
philosojiliie et en ant quités sacrées, dans 
Villastre école di; D'U-dr^cht, et mourut mi- 
nistre ti Amsterdam le 24 février 1722. On a 
de ce ministre un très-irani nombre d'ou- 
vrag 'S ascétiques et philologiques, la plu- 
part en flamand. Courte esquisse des vérités 
divines, Amsterdam, 1736, in-12, que les 
protestants ont trailuite en différentes lan- 
gues; Essai d'emblèmes sacrés, 1709, 2 vol. 
in-4''; Plusieurs Dissertations sur différents 
passages de l'Ecriture sainte. 

OUVRARD (René), chanoine de Tours, ha- 
bile dans les belle -.-lettres, la philosophie, 
les malhématiq les, la tliéolog e et dans la 
musique, naquit vers 1620 à Chinon , et 
mourut l'an 1694, aimé pour son caractère et 
respecté pour sa conduite. Ses ouvrages sont : 
Défense de ^ancienne tradition des églises de 
France, sur la mission des premiers prédica- 
teurs évangéliques dans les Gaules, etc., Paris, 
1678, in-8" : L'auteur y suit le senlimeut de 
Marca touchant sainl i)cn\s; Secret pour com- 
poser en musique, par un art nouveau ; Biblia 
sacra, 529 carminibus ninemonicis comprehen- 
sa; le même ouvrage en français; Motifs de 
réunionàr Eglise catholique , eic.;Calendarium 
novumperpetuwn et ('rreyoca^tVe. Vu la marche 
du ciel astronomique, il est douteux qu'il 
puisse exister un calendrier de cette nature. 
On voit aujOUid'hui sur la tombe d'Ouvrard 
les deux vers suivants, de sa composition : 

Dmn v'ixl, d'mna mihi linis unira cura : 
Post obilum sil laus divina milii unica merces. 

Mon soin fut ici-bas de louer le Seigneur : 
Que ce soin, dans le ciel, fasse loutnion bonheur. 

OVÉRALL (Jean), d'abord professeur de 
théologie à Cambridge, puis doyen de Saint- 
Paul à Londres, devint en 1614 évèque de 
Coventry et de Lichttield, et quatre ans après 



191 



OWE 



OW'E 



192 



(^vc^^iio (le Norwirh. Il tAoha de concilier, 
dans une torres[)ondaiice do lelttos, les con- 
troverses de Hollande sur la |)r(^<li'stination 
et sur le libre arbitre. On trouve (|uel(iues- 
unes de ces letli-es dans le recueil intitulé: 
J'pistolœ pra'stantinin virornm , Amsterdam , 
ITO'i-. in-fol. Il mourut en 1619. 

OVKRKKHG (Hkunaud). Voy. Owerbehg' 
OyERKAMPF (CiEouai:s-(iuiLLALMic), né en 
Wcstphalie vers le milieu du xvir siècle, 
est auteur do divers ouvra^^os, où il y a plus 
d'érudition (lue de jugement, et plus de pas- 
sion que de saine critique. S.'s œuvres fu- 
rent imprimées îi Uiutoln en 1703. On y re- 
marque une dissertation singulière sous ce 
titre : Coinmentutio lliPolo(/icn de rationc sta- 
tus curiœ romnnœ circa usum latinœ linguœ, 
sacroquc (lominationis arcano. 11 prétend que 
la cour de Home n"em[)Ioio li langue latine 
que pour étendre sa domination. Sans parler 
de l'extravagance d'une pareille assertion, 
on ])eut juger du goiU d'un homme qui ne 
trouve dans la langue de Vii gile et de Cicéron 
d'autre raison de prédilection, qu une am- 
bition imaginaire. La vérité est que la mère 
de toutes les Eglises, la Jérusalem chré- 
tienne, réunissant dans son sein toutes les 
nations de la terre, doit avoir un langage 
uniforme et générd , connu de tous. Déjà, 
avant la naissance du christianisme, la lan- 
gue latine , selon la remarque de Pline , 
jouissait de cet avantage. Quœ sparsa con- 
grcgaret imperia, ritusquc moUiret, et tôt 
populorum discordes ferasque linguas sermo- 
nis commercio contrahcret. Sur quoi Incho- 
fer, dans sa savante his'oire de sacra latini- 
tate, remarque que Rome chrétienne ne 
pouvait, sans une faute impardonnable, né- 
gliger une langue qui, sous Rome païonuf', 
fut celle de l'univers. Nrc decct qcntili adliuc 
Roma domito orbi latinitatem fuisse impera- 
tam; eadem vero christiana necjliqcre ejus 
linguœ culturam, quce in unum reliqionis 
regnum distractos ubique populos congrega- 
vit. Un protestant, tout autrement judicieux. 
qu'Overkampf , gémit sur la chute de la lan- 
gue latine, et la regarde comme très-préju- 
diciable à la théologie et à la conservation 
de la foi orthodoxe; c'est Jean-Adam Flessa, 
dans sa Dissertatio de cadente latinitate or- 
thodoxiœ noxia, Rintein, 1727. Ce traité est 
très-bien écrit. L'auteur démontre que la 
pureté de la foi se conserve bien plus aisé- 
ment dans une langue njorte, et par là im- 
muable , dans une langue universelle , et 
surtout dans la langue qui a si-rvi à instruire 
des vérités chrétiennes presque toutes les 
nations du monde. Voy. Desuillons. 

OWEN (Jean), élevé à Oxford, prit les or- 
dres selon le rite anglican ; mais dans le 
temps de la puissance du parlement, il prê- 
cha avec la fureur d'un enthousiaste contre 
les évoques, les cérémonies, etc. Il fut mi- 
nistre dans le parti des non-conf irmistes. 
Owen, sur la lin de IGVJ, (il lapnlogie des 
meurtriers du roi Charles I", prêcha contre 
Charles II et contre tous les royalistes. Il de- 
vint ensuite doyen de l'église de Christ à 
Oxford, et vice-chancelier de cette ville. On 



le dépouilla de ces deux places quelques an- 
nées après. Il mourut en 108.'}, à OT ans, h 
Eling, près d'Acton. On a de lui un très- 
grand nombre d'ouvrages de coiitroversq^ 
remplis d'emportements, et indignes d'être 
lus par les gens raisonnables. 

OWEN (Hemu), théologien anglican, né 
vers 1719, dans le comté de Merioncth, y 
commença ses études et alla les achever à 
Oxford, dans le collège de Jésus, où il prit 
ses degrés dans la faculté de médecine. Peu 
après, il embrassa l'état ecclésiasiique, et fut 
nommé à la cure d'Eldmonton, dans le comté 
de Middlesex, et ensuite à celle de Saint- 
Olavis, Harl-Stroet, à Londres. Il avait joint 
à l'étude do la théologie colle des mathéma- 
tiques, pour Ic'^quolles il avait un goût natu- 
rel. Il était érudit et bon crit (}ue. On a de 
lui: un Traité de Trigonométrie ; des Obser- 
vations sur les miracles de l'Ecriture ; des 
Remarques sur les quatre Evangiles; Recher- 
ches sur Vétat actuel de la version des Sep- 
tante; Les Modes de citation des évnngélistcs 
expliqués et justifiés; Avis aux étudiants en 
théologie ; une Introduction à la critique sa- 
crée ; des Sermons, prêches pour la fondation 
de Boyle, sous le titre de But et avantages 
des miracles de V Ecriture, 177V; d'autres Ser- 
mons, irnprimés a[)rès sa mort. \\ fut, en 
1778, l'éditeur du Manuscrit Cotonien de la 
Genèse, avec la copie du Kaijcaw. collation faite 
par Jean-Ernest Grabe, la(juelie était restée 
inédi'e. Owon mourut lo l-V octobre 1795. 
OWEN (John), secrétaire de la société bi- 
blique britainique et étrangère, né à Lon- 
dres en 17G5, fut d'ab ird placé au collège de 
Sain'-Paul de Londres, d'où il pas a à l'uni- 
versité de Cambridge, pour f.iire ses cours 
de tliéologie, et fut nonmié membre du col- 
lège de Corpus-Christi de cette université. Il 
])arcourut ensuite, avec un jeune homme con- 
fié à SCS soins, plusieurs parties de l'Europe, 
notaiument la France, la Suisse et l'Italie. De 
retour en Angleterre, en 1793, il entra dans 
les ordres sacrés de l'église anglicane, et s'a- 
donna avec succès à la prédication. Le doc- 
teur Portons, alors évêijue do Londres, lui 
confia l'administration de la cure de Fulham, 
peu éloignée delà métropole, qu'il desservit 
pondant (juinze ans, jusqu'à la mort de son 
vénérable patron, arrivée en 1808. Depuis, 
Owen a rempli les fonctions de son minis- 
tère dans la chapelle du parc do Chelsea, 
tant que l'état de sa santé lui a permis de 
s'en acquitter. Il est mort à Ramsgate, où il 
était venu passer quohfue temp>, afin de 
prendre l'air de la mer, le 26 septembre 
1822, dans la 57' année de son Age. On a pu- 
blié : Memoirs of the lifc of J. Owen, by 
W. Onne, London, Hamilton, 1820, in-S". 
Owen a laissé : Rétrospective reflections,ii\.c. 
(Réflexions sur l'état de la religion et des af- 
faires politiques en France et dans ia Grande- 
Bretagne), 1794-, in-8"; Travels into différent 
parts of Europe (Voyage on différentes par- 
ties de l'Europe, dans les années 1791 et 1792, 
avec des remarques sur les hommes et les 
mœurs), 179'j, 2 vol. in-8°; The Christian rao- 
nitor, etc. (le Moniteur chrétien, pour les 



193 



PAC 



PAC 



iU 



derniers jours), 1799, in-S"; The fashionable 
worïd displayed, etc. (le Monde élégant dé- 
voilé), 180i, in-12 ; An address to thc chair- 
man of the eart India cnmpani, etc. (Adresse 
au président de la compagnie des Indes orien- 
tales, à l'occasion de la lettre de M. Tivining, 
sur le danger d'intervenir dans les opinions 
religieuses des naturels de l'Inde), 18u7, 
in-8" ; Vindication of the Bible society (Jus- 
tification de la société de la Bible, en réponse 
à un ecclésiastique de la campagne: lettre 
adressée à lord Teignraouth), 1809, in-8" ; 
History of the British and foreign Biljle So- 
ciety (Histoire de l'origine et des dix pre- 
mières années de la société Biblique britan- 
nique et étrangère), 1816-1820, 3 vol. m-k\ 
On a encore de lui de nombreux sermons. 

OWERBERG (Bernaud), piètre catholique, 
né le 1" mai 1754- à Hoeckel, hameau de la 
})aroisse de Voltlage au pays d'Osnabruck, 
fut un des hommes qui contribuèrent le plus 
à ])ropager en Allemagne, dans ces derniers 
temps, l'instruction populaire. 11 se destina 
de bonne heure à l'état ecclésiastique, à l'oc- 
casion des regrets qu'il entendit exprimer à 
ses parents sur la mort du curé de leur vil- 
lage, et cette résolution lui lit surmonter 
avec courage les obstacles que sa pauvreté 
opposait à ses éludes. Ordonné prêtre en 
1780, après avoir été chargé quelque temps 
d'i.ne éducation particulière, il fut placé en 
qualité de vicaire à Kverswinkel. Dès lors il 
porta sa principale attention sur l'instruc- 
tion de la jeunesse, et dans le court espace 
de trois ans, il devint un catéchiste si ac- 
compli, que sa répuiation le lit appeler à 
Munster pour y être professeur à l'école nor- 
male, il s'établit, le 1" mars 1783, au sémi- 
naire épiscopal, dont, en 1809, il devint su- 
périeur, et il y mourut le 9 novembre 182G. 
Le roi de Prusse lui avait conféré, en 1808, 
l'ordre de l'Aigle-Rouge de troisième classe. 
En 1822, on lui olfrit la deuxième prébende 
du chapitre de Munsier, qui venait d'être 
réorganisé, et dont le traitement était de 
1200 thalers ; il refusa pour cause d'incapaci- 
té, et ne voulut [)oint accepter une dispense; 
il accepta seulement le titre de chanoine 
honoraire. Georges Cuvier , conseiller de 
l'université im[)é.iale, s'exprima plus d'une 
fo:s sur lui en termes honorables, notamment 
dans son Rapport sur l'insti-uclion publique 
dans les nouveaux départements de la basse 
Allemagne et de la Hollande, en 1811. Ower- 
biTg cherchait avant tout à éveiller et à for- 
mer l'intelligence dans les jeunes enfants; il 
croyait qu'il valait mieux exercer le juge- 
ment que surcharger la mémoire de paroles 
souvent mal comprises. Il rendit les plus 
grands services à l'enseignement religieux, 
et il fut dans son pays le fondateur et le sou- 
tien d'une précieuse pépinière d'instituteurs. 



Il forma également des maîtresses d'école 
chargées de répandre l'instruction parmi les 
jeunes tilles du peuple. Ses fonctions de su- 
périeur du séminaire de Munster lui donnè- 
rent lieu d'exercer aussi la plus heureuse in- 
fluence sur l'éducation ecclésiastique. On a 
de lui un grand nombre d'excellents ouvra- 
ges sur l'éducation, parmi lesquels no is ci- 
terons son Manuel de religion, sa Méthode 
d'enseignement, Sun Catéchisme, son Histoire 
de r Ancien et du Nouveau Testament. Ce der- 
nier ouvrage, traduit de l'allemand par l'abbé 
Didon, supérieur du petit séminaire de Saint- 
Nicolas à Paris, forme 1 vol. in-l2 de plus de 
600 pages. On a publié : Vie de Bernard 
Owerberg, professeur à Vécolc normale et su- 
périeur du séminaire de Munster, par G.-H. 
Schubert, professeur de sciences naturelles à 
Vuniversité de Munich; trad. de l'allemand 
par Léon Bore, professeur d'histoire au col- 
lège d'Angers, Paris, 1843, 2' édition, 1 vol. 
in-18 de 216 pages. 

OXENSTIEKN (N. comte d'), petit neveu 
d'Axel Oxenstiern, mourut fort âgé en 1707, 
dans son gouvernement du duché de Deux- 
Ponts. Il se lit coiJiiaître par ses voyages 
dans presque tous les pays de 1 Europe. Il 
embrass-; la religion catholique en Italie. Son 
esprit était natui'ellement ttès-enjoué; mais 
un mariage malheureux, les douleurs de la 
goutte, la perte de ses biens, qu'il avait con- 
sumés dans le iuxe des cours, remplirent sa 
vieillesse d'amertume. Il trouva de la conso- 
lation dans une philoso[)hie que la religion 
avait consolidée ; les événements de sa vio 
devinrent pour lui des matières de réOexion 
et d'utiles leçons. C'est uloi's qu'il écrivit ses 
Pensées sur divers sujets, avec des Béflexions 
morales, inifirimées à La Haye, chez Van Du- 
ren, en 1754, 2 vol. in-12. Bruzen delaMar- 
tinière, qui dirigea cette édition, en retou- 
cha le style, qui était celui d'un étranger; il 
y laissa quelques trivialités, dont le lecteur 
est déioinmagé pdr des pensées solides et 
des traits agréables. « On est charmé, dit 
« l'éditeur, de voir un galant homme, qui avait 
« fait une figure brillante, et qui avait goûté 
« tout ce que les jouissances du monde peu- 
« vent avoir de séduisant, se faire une sé- 
« rieuse occupation de détromper ceux qui 
« y cherchent un bonheur qu'elles ne don- 
'<■ nent réellement pas. On est surtout édifié 
« du grand respect qu'il témoigne pour la 
« religion. On découvre un philosophe qui 
« cherche dans l'esprit Immain toutes les 
« ressources dont il est capable, mais qui, 
« sentant l'insuflîsance de ces moyens pour 
« être solidement vertueux, n'hésite pas de 
« recourir aux secours surnaturels, et ne 
« rougit pas de parler de Dieu , du para- 
« dis, de l'enfer, comme ferait un mission- 
« naire. » 



P 



PAC DE BELLEGARDE (Gabriel du). Voy. PACARAU (Pierre), évêque constitution- 
Pellegahdk. nel de la Guonde, né lan 1/16 à Bordeaux, 



m 



PAC 



t>AC 



m 



fit (lo Irc^'S-honncs études et apprit promptc- 
iiioiit riiébroii, In syriaq-e, le groc, le l.ilin, 
l;m-;I;iis, l'c^pni^nol , rilalien. Aj)r("'s (|iril 
eut l'crii les ordi'es sacrés, il s'juhuuia à la 
prédication , et ses succès lui valui-ent un 
canonic.it dans la catiiédr.ile de Sainl-André 
5 Bordeaux Cliaipu année il coMi|)osail un 
nocl que l'on chantait dans cette église h la 
messe de minuit. Ses connaissances e i droit 
canonii|ue lui tirent coniii-r deux ibis, par 
les chanoines ses confrères, l'administration 
intérimaire du diocèse, d'abord en 17GÎ)a|)rès 
la mort de Mgr de Lussan, puis en 1781, 
lorsque son successeur, Ferdinand deUohan, 
fut transféré sur le siège de Cambrai. Lors 
de la révolution, Pacarau prêta serment et 
fut nommé évoque con.>-tilulionnel de Bor- 
deaux le i\ ma- s 1701 , en remplacement de 
Cham[)ion de Cicé. 11 mourut à lioideaux, le 
5 septembre 1707, Agé de 81 ans, laissant 
outre des Manlemeids : Nouvelles considé- 
rations sur rusure cl le prêt à intérêt , 
Bordeaux, 17S'i-, in-8", sans nom d'autour; 
Mémoire expositif, on Idée succincte des droits 
et de 1(1 juridiction du chapitre de S unt-André 
de Bordeaux sur les cures de sa dépendance, 
et en particulier de son droit foncier et exclusif 
des fonts baptismaux, contre les prétentions 
de MM. les curés de cette ville, 1787, in-8"; 
Analyse d'une requête on plainte au sujet du 
mémoire pi-écéd'Ut , 1.87, in-8"; llé/lexions 
sur le serment cxiijé du clerejé. HorJî'aux , 
1701, in-8", sruis nom d'au eur; Ordo divini 
officii recilandi ad usum diœccsis, 1702. 

PACAUD (PiiiîuiEJ, [)rèire de l'Oiatoiîe, 
né en Bretagne, moitié 3 mai 17G0, s'acquit 
de la réputation en prêchant. On a de lui des 
Discours de piété , on Sermons sur les plus 
importants objets de la religion, Paris, 17'j3, 
3 vol. in-12. Cet ouvrage parut avec une 
ai);;robation du docteur ïamponnet ; mais 
ensuite on crut y voir des propositioi.s 
jansénistes, et le gouvcineraent n'en permit 
le débit qu'après \ avoir fait mettre trente- 
cin(| carions. Cette atfaire est détaillée dans 
les Nouvelles ecclésiastiques du 2G juin ilk'ô. 

PACCA (Barthélémy), cardinal , évêque 
d'Ostic et de Vellétri, doyen du sacré collège, 
né à Bénévent le 25 d 'cembre 1750, fut d'a- 
bord destiné au barreau; mais a[)rès avoir 
fait d'excellentes études, il s'appliqua h celle 
de la théologie et eidra dans la carrière de 
l'Eglise. Décoré de la pourpre romaine i)ar 
le pape Pie VU en 1801, il fut nommé pou 
de temps après [)rosecrétai! e d'état. Dans les 
démêlés du saint-siège avec Na[)oléon , il 
donna au souverain pontife des preuves d'un 
flévoueinent sans réserve. 11 eut avec le 
général Aliolus [)lusieurs discussions sérieu- 
ses , où il soutint avec autant de modération 
que de dignité les droits du chef de l'Eglise. 
Cette courageuse cond lile iriila le gouver- 
nement frangais , et ie 6 septembre 1808 il 
fut arrêté comme i)révenu d'excitation à la 
révolte. Au mouient où il allait être conduit 
à Bénévent, Pie VII inîercéda en sa favc'ur 
auprès des autorités franga.ses, et obtint de 
le garder chez lui connue |)risonnier. Le 
çaidiiialPacca suivit le saint-jière en France, 



au mois de .juillet 1809. A peine arrivé à 
Grenoble, il fut ar, été de nouveau et jonduit 
dans la forteresse de Fenestielle en Pii mont, 
où il fut traité avec la plus grande rigueur. 
On espérait (jue les mauvais traitements 
l'amèneiaient à user de son inlPunice sur 
l'espiit du saint-père dans un sens favorable 
aux vues de l'emperenr. On peut lire dans 
ses Mémoires les épreuves (pi'il ent h subir. 
Ce ne ftit qu'au mois de janvier 1813 que le 
cardinal recouvra la liberté : à cette époque 
un acconunodement avait eu lieu entre l'em- 
p; reur et le |)a|)e; mais le plaisir de sortir 
de prison a|)rès cette longue et pénible cap- 
tiviié fut troublé, dit-il Ini-mème, j)ar les 
iiKjuiétudes que lui inspirait la nouvelle de 
ce concordat, qu'un ministre de Napoléen, 
connu par son aversion pour lo saint-siége, 
avait qualifié de gra: d el heureux événe- 
meiit.Le caidinal se dirigea sur Fontainebleau 
où S!' trouvait le pape : il ])assa par Paris où 
l'empereur lui fit un accueil bienveillant. 
'( J'allai aux Tuileries, dit-il dans ses Mé- 
« mnires, fi riieure qui m'avait été indiquée, 
« el^je fis conduit dans une grande chambre, 
« où je trouvai des ministres de l'empereur, 
« desmiiilairesdehautiangel l'achevèquede 
« Tours. Ils étaient tous venus pour assister 
« à ce tpi'on appelait le lever de l'empereur. 
« Peu après mou arrivée, landis qu'avec un 
« batîement de cœur je tenais les yeux fixés 
« sur la porte de l'apiiartement de Napoléon, 
« j'enlenJisai noncer Ta: rivéederein|)ereur, 
« et je le vis venir; il était vêtu très-sim- 
« plemeiit. Il s'avança au milieu de la salle, 
« et après avoir jeté les yeux sur tous les 
:( assistanis d'un air un peu hautain, il s'ap- 
« procha de la place où j'étai j, et s'arrêta à 
« la dislance de cinq ou six pas. Alors le 
« ministre des cultes, qui était à côté de moi, 
« lui dit (jue j'étais le cardinal Pacca. — Le 
« ca dinal Pacca! répéta l'empereur d'un air 
« sérieux; puis s'avançant d'un [)as et pre- 
« nant un ton agréable : Parca , me dit-il , 
« ôtes-vous resté longtemps dans le fort? — 
« Trois ans et demi, sire, lui répondis-je. 
« L'empereur inclinant la tête , et faisant 
« avec la main droite le mouvement qu'on 
« fait pour écrire : — C'est v^us, me dit-i! , 
« qiiiavez écrit la bulle d'ocommuiiication? 
« 11 voulait [)ar là justifier aux yeux du pu- 
« blic l'ordre qu'il avait don* ^ de m*'' faire en- 
« fermer. Je me tus, ne pensant pas qu'il fiit 
« à propos de rien répondre pour me discul- 
« per. iMais maintenant, ajoula-t-il, tout le 
« passé doit être oublié. J'aliribue ce bon 
« accueil à l'opinion où était l'empereur que 
« je pouvais beaucou[) sur res|)rit du pa|)e , 
« dont il voulait alors obt^'iur l'exécution du 
« concordat. » Le ca.dinal se rendit ensuite 
auprès du souverain pontife à Fontainebleau, 
où il demeura jusqu'en 1814. Après l'abdi- 
cation de Napoléon, il fut rétabli dans ses 
dignités, et re ourna à Komc; mais en 1815, 
à l'approche de l'armée de Mural, il se vit 
encore obligé de quitter cette capitale. Avant 
de s'éloigner de Boiue, il créa une junte 
d'Etat ciiargée des ali'aires du gouvernement 
pendant l'absence du souverain pontife. Le 



197 



PAC 



PAC 



198 



c;ndin.il S'ajourna quelques mois à Gênes, 
d'où il revint ^ Home, <t continua d'admi- 
nistrer les Etats du })ape. lin 1816, il fut 
nommé membro de la congrégation instituée 
pour onli-etv'iiir des relations avec la Chine, 
et au mois de mars de la môme année , le 
pape l'envoya à Vienne avec une mission 
di[)lomaliqu'e. Pacca prit une part active aux 
travaux de la congrégation chargée de pré- 
senter un nouvodu plan d'élu ies pour les 
univer ités, et de désigner les villes où se- 
raient établies les maisons d'éducation. En 
1817, il devint gouverneur de Rome, et en 
18-19, président de la commission cii;irgée de 
faire des recherches siu' la situation iinan- 
cière des Etats de l'Eglise. Plus tard, Pacca 
fut nommé succe.-sive.uent prolecteur ùe 
l'académie arch 'ologi jue de Rome , évèq .e 
de Vell.'iri, préleldes cLides, doyen du sacré 
collège. Son dévouement pour le saint-i)èie, 
la noble constance qo'il montia dans ses 
adversités, son abnégaliou toute chrélieniie, 
l'o t |!lacé au premier laug des coofesseurs 
de la foi dans notre siècl •. Un an avant sa 
mort h' prélat |)ro;iOuça -.evant l'A. ailéiuie de 
la Religion caliiliiueu ealîojutio dev nue 
célèbre, et qui a été puîiliée sous ce liu-e : 
Nclla solennc apcrtara dclVanno XLllI dclV- 
acadcinia di rdigione cattatica, diacorso dd 
cardinale Bartoloinco Pacca, decano del sacro 
collcfjio, vescovo e lefjato di Vclidri, proda- 
tario, etc. Pacca présente dans ce discours 
la situation de la re igion catholique d ms les 
divers pays de 1 Eu Oj-e, il moulrt; les dan- 
gers qui la menaceni, indique les remèucs 
à ap, orter au mal, et conslate les heureux 
symptômes d'un retour prochain des peuples 
v rs la foi, notaunnent en France. Le ordi- 
nal Pa.;ca est mort à Roïiie le 19 avril ISi'r, 
dans sa 88' année. Ses Mémoires ont paru en 
divers lieux, noiamment à Lyon et à Paris. 
On les retroive dans la publication suivante : 
OEavres complètes du cardinal Pacca, conle- 
naiit deux [parties entièrement inédites ajou- 
tées aux prt'Uiiers Mémoires sur le poiUilii at 
de Pie VA, les Aiémoires sur les nonciatures, 
l'Appendice sur les nonces, le Raj)port sur 
l'introduction du protestantisme dans les 
provinces rhénanes, quelques Disserlations 
Itiéolog ques , une Notice sur Mgr Pacca, 
arc'ievèqje de Bénévent, des Considér-ations 
hislori(iues , le Discours piouoricé devant 
l'Académie de la Religion catholique de 
Roiire; traduites et mises en ordre par M. 
Queyras, auteur de la traduction des pre- 
miei's Mémoires imprimés à Lyon, avec des 
portraits du pape P^e Vli et du cardinal Pac- 
ca , Paris, 18'i5, 2 vol. in-8\ 

PACCA (François), archevêque de Béné- 
vent, mort err la3i , était oncle du cardinal 
qui a fait son éloge dans un opuscule inti- 
tulé : Notizie storiche intorno alla vita cd 
a(jli scritli di monsignor Franccsco Pacca, 
arcivescovo di Bencve'nto, piibblicate dal car- 
dinale n. Pacca, .Modene, 18.j8, in-8°. On a 
de lui ({uehjues ouvrages. — Tibère Pacca , 
était neveu du cardinal, rpii parle de lui dans 
ses Mémoires, à l'occasion des scèn> s de 
l'enlèvement ue Pie VU. Arrêté avec son 



oncle , il put rendre quelques services à 
celui-ci pendant sa capt.viié dans la forte- 
resse de Feoestrelle. Il reniplit les for 3tions 
de gouverneur de Givita-Vecchia aorès le 
retour de Pie VII, et pms tard il devint gou- 
verneur de Rome. Son administration ayant 
été l'objet de plaintes assez vives et, dit-on, 
fut exagérées, il se vit retirer ce po.Nt ', et 
il se rendit en France où il sunsistait des 
secours c^ue le caruinal lui envoyait. H est 
mort dans le Piémont. On a remaiqué qu'il 
avait une grande ressemblance de traits et 
de physionomie avec Napoléon. On lui con- 
seilla t de tirer parli, dans l'état de gène où 
il se trouvait , de la connaissanc? parlaite 
qu'il avait des actes les plus secrets du gou- 
vernement ponlihcal; mais il sut donner 
toiijours l'exemple de la discrétion la plus 
iiiviolab'e. 

.PAuCANARI (Nicolas), né d'une famille 
honnête, mais peu aisée, uuVal Suzannadans 
les environs du Trente, suivit d'abord la car- 
rièr'e du commerce à Ven se, puis la carrière 
mililau'c à Uome, et fut sergent dans la gar- 
nison du château Saint- A. g^s plus tard il fut 
ré luit a aller muntiei- quelques cunositésde 
ville en ville, il parait qu'il conserva ses 
h.)l) tudes religieuses dans ces divers genres 
d ! vie. Revvim à Rome, il se lit confrère de 
l'oratoire (assticiation pi» usej du P. Cara- 
vita, ancien jésuit:;. Le bixt de la nouvelle 
société éiait de catéchiser et d"inslruire les 
gens de la campagne. Paccanari conçut l'idée 
ue faire revivre l'ancieniie comp..gnie de 
Jésus sous le nom de société de la F'oi. 11 
s'adjoignit quelques prêtres qui corrsentirent 
à le reconnaître ()Our leur chef, quorque 
P.iccanari ne lût encore que siiiqile laïque. 
Après une retraite d'un mois qu'il voulut 
faire à Loi'elte , il s'rnslalla , en 1/98 , avec 
ses associés, au nombre de douze, dans une 
maison de caoïpayne située près de Spolelte 
et qui appartenait a un gentilhomme ue cette 
ville, ils adoptèrent la lègle du noviciat des 
jésuites , et se lièrent [)ar les trois vœux 
simples de la coin[agiiie de Jésus, auxquels 
ils ajoutèrent plus tard celui d'une entière 
soumission au jugement du pape. Paccanari 
et [)lusieui's de ses compagnons se crurent, 
dans ces commencemenls, favorisés de ré- 
vélations, qui n'a. aient peut-être d'autre 
cause que leur imagination exallée. Le pape 
Pie VI, à qui ils furent recommandés par 
quelques anciens jésuites de ré[)utation, les 
encouragea et leur donna le nom de Compa- 
gnie de la foi de Jésus. Cela se passait à la 
Chartreuse, [rrès de Floreirce, que le pape 
halntait alo: s. Paccanari s'étant rendu à Ro- 
me pour recueillir les élèves de la Propa- 
gande que le nouveau gouvernement venait 
d'expulser de leur collège, fut arrêté comme 
suspect et enfermé au château Saint-Ange. 
Ses compagnons de Spolelte fur-ent aussi ar- 
rêtés et amenés dans la même prison. La 
linert'' leur ayant été rendue parce qu'oQ 
reconnut quils ne s'étaient nullement occu- 
pés de politique, ils se réfugièrent dans le 
duché de Parme, où les attendait ia protec- 
tion du duc Ferdinand. Cependant une so- 



499 



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ciét(^, qui avait h peu pr^s le môme but que 
celle (le Paccanari, s'était formée en Belgi(iue 
sous le nom de société du Sacré-Cœur ; sur 
l'iiivitation du souverain ))onfifo les deux 
sociétés se réunirent dans la chapelle d'IIa- 
genbrunn le 18 avril 1799, pour n'en plus 
faire qu'une seule, dont Paccanari restait le 
chef. D'Ha^eidjrunn , Paccanari se rendit à 
Prague, où rarchiducli(>sse Marie-Anne, sœur 
de l'empereur d'Autriche, et les demoiselles 
Léopoldine et Louise Naudet, ses demoisel- 
les d'honneur, s'unirent par des vœux et se 
mirent sous l'obéissance du général de la 
compagnie de la Foi. Plusieurs anciens jé- 
suites virent dans cette démarche une in- 
novation dangereuse. Après son retour à 
Vienne, il reçut des mains du nonce le sous- 
diaconat et le diaconat. Cherchant à éloigner 
de son institut les manières monacales, il y 
introduisit un ton de dissipation et des ré- 
créations peu compatibles avec le recueille- 
ment et la piété. La société des Pères de la 
Foi se propagea, l'an 1800, en France et en 
Angleterre, et Amiens vit se former un pen- 
sionnat dirigé par eux. Mais eu 180i et en 
1807 le gouvernement français leur ordonna 
de se séparer, et en Allemagne ils furent 
aussi obligés de se disfierscr. Paccanari avait 
déj.-i per.Ai do son crédit, et le nonce du i)ape 
à Vienne refusa de lui conférer la prêtrise, 
à cause du mécontentement que lui don- 
naient quelques démarches irréguliôres. 11 
vint à Padoue sur la fin de l'année 1791), et 
ce fut dans cette ville qu'il fut ordonné prèlre, 
au commencement de 1800, par i'évèque de 
Crémone, en vertu des pouvoirs accordés par 
Pie VI à la société de la Foi. Pie VII, qui fut 
élu, comme on sait, à Venise, le li mars 
1800, ne leur montra pas la même bienveil- 
lance que son prédécesseur, et d'un autre 
coté les anciens jésuites s'éloignaient de plus 
en plus de Paccanari, qui reçut du pape l'or- 
dre de quitter l'habit de leur institut. Ses 
propres associés d'Angleterre, de France et 
des autres pavs se séparèrent aussi succes- 
sivement de ïui, ce qui semblerait témoi- 
gner que les défiances qui se formaient à 
son égard n'étaient pas sans fondement. Lors- 
qu'on 180i. j)arut le bref qui rétablissait les 
jésuites dans le royaume de Naples, un grand 
nombre de paccanari stes de ce pays aban- 
donna la société de la Foi pour se joindre à 
eux. Do nouvelles plaintes, dont quelques- 
unes étaient graves, s'étant élevées contre 
Paccanari, on lui intenta un procès à la suite 
duquel il fut jugé coupable d'immoralité et 
d'escroquerie, et condamné à la prison. Ce 
procès était do juridiction civile : on fit une 
nouvelle information , et une 'commission 
composée des cardinaux Consalvi, Pacca , 
Morozzo, etc., le jugea atteint de démence; 
en conséquence on le mit dans une prison 
de fous. L'invasion des Français lui rendit 
la liberté , mais ses prêtres,* qui se firent 
plus tard admettre tous dans les maisons 
des jésuites, ne voulurent avoir aucune re- 
lation avec lui. Des bruits contradictoires 
ont couru sur la fin de Paccanari : suivant 
quelques-uns, il aurait été poignardé par un 



domestique et jeté dans le Tibre ; selon d'au- 
tres, il aurait passé en Suisse, où il aurait 
terminé sa carrière si agitée par une mort 
édifiante dont on n'indique pas l'époque. 
Quant à la princesse Marie- Anne, après avoir 
en vain tenté de soutenir à grands frais l;i 
société de femmes qui avait été cré''e h 
Rome, elle retourna à Vienne en 1809, et 
mourut saintement à Neudorf en Hongrie, 
au mois d'octobre de la môme année. 

PACCORI (Amuroise), né de parents obs- 
curs, à exaucé, dans le bas Maine, devint 
principal du collège de cette ville. Son ca- 
ractère dur et sévère lui causa des désag é- 
ments qui l'obligèrent de se retirer en An- 
jou. Peu do temps ai^rès, le cardinal de 
Coislin, évôfjuc d'Orléans, le chargea de son 
petit séminaire de Meung. Après la mort du 
prélat, il fut obligfi de sortir du diocèse à 
raison de son oiiposilion aux décrets de l'E- 
glise, opposition qui donna quelque soupçon 
sur l'orthodoxie du prélat qui l'avait em- 
ployé; mais on prélendquc Paccori avait su 
lui cacher ses sentimenis. II vint alors à Pa- 
ris, où il mourut en 1730, à l'âge d'environ 
81 ans. Selon un usage assez commun parmi 
les disciples do l'évoque d'Ypres, il ne vou- 
lut pas recevoir le sacerdoce, quoiqu'il eût 
été élevé au diaconat. On a do lui un grand 
nombre de livres de piété. Les principaux 
sont : Avis solutaires aux pères et aux mères 
pour bien élever leurs enfants ; Entreliens sur 
la sanctification des dimanches et des fêtes; 
Règles chrétiennes pour faire saintement toutes 
ses actions; Journée chrétienne, qu'il ne faut 
pas confondre avec la Journée du chrétien, 
excellent livre de prières; les Regrets de l'abus 
du Pater: Pensées chrétiennes ; une édition 
augmentée des Histoires choisies, et une 
nouvelle édition dos Epitres el Evangiles en 
k vol., etc. Ces ouvrages eurent beaucoup 
de cours parmi les gens du [)arti, quoique 
écrits d'un stvle pesant et prolixe. 

PACHYMÈRE (Georges), historien dis- 
tingué et un des premiers qui se soient oc- 
cupés de Vhistoire byzantine, naquit à Nicée 
en 12i.2, et se distingua de bonne heure par 
ses talents. Michel Paléologue l'emmena 
avec lui à Constantinople, lors(|u'il reprit 
cette ville sur les Français. Il parvint aux 
premières dignités de l'Eglise et de l'Etat, et 
mourut vers 1310. Nous avons de lui une 
Histoire d'Orient, qui commence à l'an 1258 
et finit à l'an 1308. Cet ouvrage est estima- 
ble. L'historien a été non-seulement témoin 
des aifaires dont il parle, mais il y a eu très- 
grande part. Son style est à la vérité obscur, 
pesant et chargé de digressions; mais il est 
plus sincère que les autres historiens grecs. 
Son ouvrage est une suite de l'Histoire d'O- 
rient par Acropolite. Le père Poussines, jé- 
suite, le donna au public en 1666 et 1669, à 
Rome, 2 vol. in-fol., avec une traduction la- 
tine et de savantes notes. Le président Cou- 
sin l'a aussi traduit en français. Quelques- 
uns le font auteur d'une Paraphrase des ou- 
vrages faussement attribués à saint Denys l'A- 
réo,)agite. Le P. Cordier l'a insérée avec 
les Scolies de saint Maxime, dans l'édition 



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202 



qu'il a donnée de saint Denys. On trouve 
dans le recueil d'All<i;ius, Rome, 1651 et 
1659, 1 vol. in-i", un Traité sur la procession 
du Saint-Esprit, de Pachymère, qui, quoi- 
que sel ismatique, dit que le Saint-Esprit 
procède du Père et du Fils. Pachymère 
forma plusieurs élèves, parmi lesquels on 
cite Manuel Philé. 

PACIAUDI (Paul-Marie), laborieux anti- 
quaire, membre de la plupart des sociétés 
lillérai; es d'Italie, de France et d'Allemagne, 
et associé étranger de l'académie des inscrip- 
tions, naquit à Turin en 1710. Il embra.'^sa 
la vie rdi.^ieuse, et entra, vers 1730, chez 
les théatins. Devenu professeur de philoso- 
phie à Gènes, il expliqua l'un des premiers 
en II. lie le système de Newton. Appelé à 
d'autres fonctions, il renifilit avec éclat pen- 
dant dix ans, dans les Etats Vénitiens et on 
Lombardie, la carrière de la prédication, 
passa par les premières dignités de son or- 
dre, et fut enlin nommé, en 1761, biblotiié- 
caire de don Philippe, duc de Parme. Plu- 
sieurs sociétés sava. tes l'admirent dans 
leur sein, et il fut correspondant de celles 
des inscriptions et be!les-letlres de Paris. 
Le P. Paciaudi, dont la santé était affai- 
blie par ses longs t avaux, mourut d'une at- 
taque d'apoplexie le 2 février 1785. M. Da- 
cier, secrétaire perpétuel de l'académie des 
inscriptions et belles-lettres, prononça son 
Eloyc dans la séance uu 25 avril 1785. Ses 
principaux ouvrages sont : De sacris chri- 
sti(tnorumbalneis,l\ome, 2''édit., 1758, in-V; 
De athletarum cubistesi in palœstra Grœco- 
rum commentarius, Rome, 1756; Monumenta 
pcloponesiaca, ibid., 1701, 2 vol. m-k°, lig.; 
Mcmorie de gran maèstri deir ordineGeroso- 
limitano, Parme, 1780, 3 vol. in-i% fig. Ces 
trois volumes contiennent les vies des fon- 
dateurs et des dix premiers grands maîtres 
do l'ortire de Malte, dont le P. Paciaudi 
était historiographe. De libris croticis anti- 
quorum. Cette savante dissertation, insérée 
d'abord dans l'édition de Longus de Bodoni, 
a paru à Lei[)/ig en 1803, in-8% hg. Lettres 
au comte de Cuijlus, Paris, 1802, iu-8" avec 
une notice sur le P. Paciaudi par Serieys. 
Elles contiennent des anecdotes littéraires, 
des détails sur différents monuments d'anti- 
quité, et quelques épigrammes contre les 
jésuites, que le théatin n'aimait pas. On a 
encore d'autres éorits du P. Paciaudi, dont 
on trouve la liste dans VHistoire littéraire 
des théaiins par le P. Vezzosi. 

PACiEN (saint), évoque de Barcelone, flo- 
rissait sous le règne de Vrdens. Il mourut, 
vers l'an 390, sous celui de Thtodose, après 
avoir gouverné saintement son troupeau, et 
s'être distingué par ses vertus, son savoir et 
son éloquence. 11 nous reste de lui : trois 
Lettres au donatisle Sympronien, dans la 
première desquelles on trouve ces paroles 
si connues : Chrétien est mon nom, et Ca- 
tholique mon surnom ; une Exhortation à 
lu pénitence; un Discours sur le baptê.ne. 
Son latin est pur et élégant, ses raisonne- 
ments justes, ses pensées nobles. L'auteur 
sait à la fois inspirer la vertu et détourner 

DiCTION.V. DE BlOGRAl'UIE RELIG. 111. 



du vice. Ses ouvrages ont été mis au jour 
par Jean du Tillet, à Paris, en 1538, in-4°. 
On les trouve aussi dans la Bibliothèque des 
Pères et dans le second tome des Conciles 
d'E>pagne par le cardinal d'Aguirre, Rome, 
169!*. Saint Paoien, avant de s'attacher au 
service de l'Eglise, avait été marié et avait 
eu un fils nommé Dexter. {Voyez ce nom.) 
— M. Migne a donné dans son Cours com- 
plet de Patr nlogie les OEurres très-complètes 
de saint Damase, de saint Pacien et de Luci- 
fer de Cagliari, revues et corrigées d'ajirès 
les Bibliothèques de Galland et des frères 
Colets, suivies ('e ce que l'antiquité nous a 
conservé des OEuvres du pape Félix II, de 
Faustin, de Marcellin, de Théodose le 
Grand, de Pacatus, des ]\'onuments 'listoriT 
ques qui ont ra[)port k l'arianisme, par di- 
vers auteurs; des calendiiers de Filocalus 
et de Sylvius, des OÏMivres do saint Vigile 
de Trente, de Jules Hilarien et de saint Si- 
rice, 1 vol. m-k". 

PACIFICO, religieux franciscain de No- 
vare, qui vivait au xv" siècle, est auteur 
d'une Somme des cas de conscience, inli- 
tulée : Summa Pacifica. Cet ouvrage que 
François Tarvisini, religieux de l'ordre dos 
Carmes traduisit en italien , parut chez 
Jean Sommasque, à Venise, en 1574- et en 
1580. 

PACIFIQUE DE PROVINS (le Père), mis- 
sionnaire capucin, né sans doute dans la 
ville dont il portait le nom, fut envoyé, en 
1622, dans le Levant. Il passa par Constanti- 
nople, visita l'Egypfe et la terre sainte, 
examinant sur sa route les lieux où. l'on 
pourrait plus utilement établir des couvents 
de son ordre. Il en informa le pape à son re- 
tour, et la congrégation de la Propagande 
ayant approuvé ses projets nomma deux 
commissaires pour travailler avec lui à fon- 
der cette mission. En 1627, i'I se renriit à 
Alep, où la protection du g- and visii- Calii 
pacha lui facilita les moyens de créer un 
couvent. En 1628, il partit pour la Perse avec 
deux religieux de son ordre. Chah Abbas 
reçut les missionnaires avec honneur, et lui 
permit de fonder un couvent à Ispahan et 
un auire à Bagdad. A son retour, le P. Paci- 
fique fut chargé par Chah Abbas d'une lettre 
pour Louis XIII, en réponse à cell ^ qu'il 
avait apportée de la part du roi de France, 
et il la remit au monarque au camp d'Alais. 
H fut ensuite envoyé dans les Antilles fran- 
çaises comme suj)érieur- préfet des missions 
de son ordre en Amérique, puis revint à Pa- 
ris, où il mourut en 1653. On a du P. Paci- 
fique : Lettre sur l'étrange mort du grand 
turc, empereur de Conslantinople , Paris, 
1622, in-12 : l'auteur y raconte la déposi- 
tion et l'assassinat d'Osman II ; Voyage de 
Perse, contenant les remarques particulières 
de la terre sainte et le testament de Mahomet, 
Paris, 1631, in-i% et Hik-2, in-12 : la des- 
cription des lieux saints occupe la plus 
glande partie du livre. Relation ou Descrip- 
tion des îles Saint-Christophe et de la Gua- 
deloupe, en Amérique, ibid., 16/i-8, in-12; la 
Biblioth. des Capucins lui attribue une Apo- 



203 



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PAG 



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logie de Raimond Lutle, Paris, 16i5, in-12. 

PACIFIQUE (le Père). Voij. Deam. 

PACOMls (saint), né dans la haute Th6- 
baïde, vers l'an 292, de parents idoUUres, 
porta les armes dès l'âge de 20 ans. Les ver- 
tus dos chrétiens le louchèrent, et dès que 
la guerre fui Unie, il ret;ut le baptême. Il y 
avait alors dans la Thébaïde un saint soli- 
taire nommé Palémnn; il se mit sous sa 
discipline. Le disciple til des progrès si ra- 
pides dans la vertu sous cet excellent maî- 
tre, qu'il devint lui-môme chef du monas- 
tère de Tabenne s.ur le bord du Nil. Ses 
austérités et ses lumière-^ se répandirent au 
loin; les solit ire^ accoururent en giand 
nombre. La haute Thébaidu fut bientôt \)en- 

Elée de monastères (]u\ recunnurenl ce saint 
omme pour leur fondateur. S s disciples 
étaient dispersés dans diU'érentes maisons 
composées de 30 à 40 moines. 11 fallait au- 
tant de maisons pour former un moiuistère, 
de façon que chaque monastère comprenait 
depuis 12 ju>qu'à IGOO cénobites. Us s'as- 
semblaient tous les dimanches dans l'ora- 
toire conmiun di' lo s les nionaslèies. Cha- 
que monastère avait un abb;', chaque mai- 
sim un su|)érieur, et chaque dizaine de moi- 
nes un doyen. Tous ces dillé^enls membres 
reconnaissaient i;n même chef, et s'assem- 
blaient avec lui pour célébrer la f te de Pâ- 
ques, quelquefo s jusqu'au nombre de 5000. 
La sœur de saint Pacùme, touchée des exem- 
ples de son frère , fonda elle-même un mo- 
nastère de filles, de 1 autre côté du Nil, gou- 
verné par la règle que son frère avait donnée 
à ses moines. Le saint solitaire, • filigé d'un 
mal contagieux qui av.iit dé.>olé son mo- 
nastère, mourut en 348. Nous avons de lui : 
une Règle, dont saint Jt'rôme a donné une 
traduction latine que nous avons encore; 
onze Lettres, imprimées dans le recpeil de 
Benoit d'Aniane. Un ancien auteur grec a 
écrit la Vie de cet illustre patriarche : De- 
nys le Petit l'a traduite en latin, et Arnauld 
d'Andilly l'a mise en français. On la tiouve 
parmi celles des Pères du désert. 

PACS ou PAS (Ricuabd), Pocœus, doyen 
de Saint-Paul de Londres, fut employé par 
Henri VIU dans plusieurs négociations im- 
portantes. Volsey, jaloux ae son crédit, le 
lui til perdre par de faux ra|)ports, et Pacs 
eut la faiblesse d'en mourir de chagrin en 
1532. Il élciil lié avec trasme et avec d'au- 
tres sav aits de S(ju sièc le. On a de lui : des 
Lettres; De fructascientiaram,i'6\l, in-i°; un 
traité De lupsii hebraicorum interpretum, et 
d'autres o.iv rages. 

PAEZ (François-Alvare), Alvarus Pela- 
gius, théologien porlug.iis, se fit cordelier 
en 130-I-, et devint pénitencier du pape 
Jean XXII. Ce pontife lui donna l'évèché 
de Coron, puis celui de Sylves, et la quali é 
de nonce en Portugal. On a de lui : urje 
Somme de théologie; \' Apologie de Jean XXII, 
Ulm, 147+; Lyon, 1517; Venise, 1500, iii- 
lolio; un traité De Planctu Ecclesiœ liUri duo, 
Ulm, 1474, in-folio, première édition rare 
et très-recherchée. Ce savant évêque mou- 
rut à Séville eu 1352. Il joignait à beaucoup 



d'érudition un esprit doux et insinuant. 

PAEZ (Balthasvr), docteur en tiiéoiogie 
de l'or lie de la Trinité, natif de Lisbonne, 
mon dans sa patrie en 1()38, éla i pieux et 
savanl. On a de lui des Sermons et des Com- 
mrntaires sur l'Epître de saint Jacques, sur 
les deux Cantiques de Moïse, etc., Paris, 
1031, 2 vol. in-folio. 

PAEZ (Fka>çois , missionnaire jésuite, 
né il Olmedo en Esj)agne. l'an 15G4, partit 
en 1588 pour Goa. Eu 158!), il se tendit à 
Ormus a!in <le s'embarquer pour l'Abyssi- 
nie, et il n'en trouva l'occasion qu'au bout 
d'une année. Ayant été [jris dans la traver- 
sée par un navire arabe , il fut < n( haine 
s r lis bancs d'un autre navire, oij il subit 
sept années de la plus dure captivité. Ka- 
ch té en 1596, il reunt à G(.a, d'où son /èle 
infal'gable le ramena biei tùl dans les mis- 
sions de l'Ethiopie. La profonde connais- 
sance qu'il eut bienlùt ac(|uise de !a langue 
du pa\s et ses succès dans l'éducation ues 
jeunes gens lui assurèrent bientôt un ;.:rand 
crédit, et \\ convertit le roi du pays, qui se 
nomuiait Za-Denghel.II convertit égal, ment 
Al.lec-Segîied ou Socinios, successeur do 
Za-Denghel, ai:. si que le frère du roi, le 
premier ministre et tous les noblrs de la 
cour. Le P. P.iez mourut h- 20 mai 1622, et 
sa mort fut dans ces co;. liées une p rie ir- 
réparable ])Our le calh dicisine. 11 avait com- 
posé en amliarique un Traité des mœurs des 
Abyssins, et tiaduit d.ns celte langue i n 
Traité de la Doctrine chrétienne. Les Litterœ 
annuœ renferment en outre plusieurs Let- 
tres de lui. Il avait parlé d'une manière dé- 
taillée des atfaires d'Abyssinie dans un ou- 
vrage inédit, qui se compose de 2 gr s vol. 
in-8% et qui va de 1555 à 1622. Rucher en 
avait extrait une relation de la découverte 
des sources du Nil, en lalin : elle a été tiad. 
en français, et iuiprîmée à la suite de la 
version d'un opuscule de Vossius, sous ce 
titre : Dissertation louchant l'origine du Nil, 
etc., Paris, Billaine, 1G67, in-4° ue 92 pages. 

PAEZ (Ciaspar), mi'-si(junaire et jésuite, 
né l'an 1582, à Co\ilham, dans !>> diocèe 
d'Ecija en Andalous e, fut envoyé en Abys- 
sinie, quand Melec-SCohed, a[)rès sa conver- 
sion [voyez l'article précédent], eut demandé 
de no iveaux mi. siorjuaires. AJallieureuse- 
ment le zèle d(; ceux-ci, peu secondé par la 
conduite du patriarche Mendez, ne put ré- 
sister aux attaques des prêtres abyssins. 
Apres la mort de i\lelec-Seg.,e 1, arrivée eu 
1632, son hls Facilidas enjoignit aux j)rêtres 
catholiques de s'éloigner. (j<is,.ar Pae/ se 
cacha; mais il fut découve, t et mis ànK)it le 
25 avril 1635. Les Litterœ annuœ de 1624 à 
1626 renferment des lett es de lui. 

PAGl (AMoi.\Ej,co;delier, naquit ii Rognes 
en Piovence, l'an 1624. Aj)rès avoir aci.evé 
son cours de philosophie et de théologie, il 
prêcha quelque temps avec succès. Ses talents 
lui méiilèrent les premiers emplois de son 
ordre. Il fut qualie fois piovincial, et les oc- 
cupations de sa place ne l'empèclièrent pas 
de s'appliquer avec ardeur à l'étude de la 
chronologie et de l'histoire ecclésiastique. 11 



208 



PÀt 



PAI 



206 



entreprit l'examen des Annales de Baronius. 
Le livre de cet illustr;' cardinal, quoique le 
plus étendu ç^u'on eût alors sur cette matière, 
oll'rait une infniité de méprises, et il était 
dillîcile de les éviter dans un temps où la 
sairie critique était encore au berceau. Le 
Père Pasi les apergut, et entreprit de les ré- 
former année par année. Il lit paraître le 
1" tome de sa Critica liistorico-chronologica 
in Annales ecclesiasticas carcl. Baronit, h Pa- 
ris, en 16S9, in-fol. Lesirois autres volum<^s 
n'ont vu le jour qu'après sa mort, à Genève, 
en 1705. par les soins de son neveu Fran- 
çois Paj!,i. Cet ouvrage important a été réim- 
primé dans la même ville en 1727. On) voit 
un savant profond, un critique sage, un écri- 
vain d'un esprit net et solide, un homme 
doux et modéré. Cette critique est d'une uti- 
lité infinie; elle va jusqu'à l'an 1198, où finit 
Baronius. L'abbé de Longuerue avait beau- 
coup aidé faute. .r de ce grand ouvrage, « qui, 
« dit un bibliographe moderne, a été regardé 
« comme un accompagnement si nécessaire 
« pour les Annales de Baronius, que les Ua- 
« liens ont donné une édition de C('S Annales 
« où sont fondues les observations de son 
« critique; ce qui n'ôte rien au mér tcdece 
« savant caidinal, dans l'entreprise immense 
« duquel il nest pas étonnant qu'il se soit 
« glis>é bien des inexactitudes. » Le Père 
Pagi finit S(^s jours à Nice, en 1099. Ses mœurs 
douces le faisaient autant aimer que son sa- 
voir profond le faisait estimer. 

PAGI (FuANçois), neveu du précédent, et 
cordelier comme lui, naquit à Lambesc en 
IGoi. 11 hérita du goût de son oucle pour 
l'histoire, ( l le soidagea dans la critique des 
Annales de Baronius. Il mourut en 1721, à 67 
ans, apr-èsavo r été élevé aix charges de son 
ordre. On a de lui Breviarium historico- 
chronologico-criticam,'illustrium pont i fie um 
romanorum gesta , conciliornm generalium 
acta, etc., complectens, en 4 vol. in-4°, dont 
le jiremier parut en 1717, et le dernier a élé 
publié en 17i7, par le P. Antoine Pagi, son 
neveu, qui a continué cet ouvrage et donné 
le cinquièiue tom • en 17i8, et le sixième en 
1753. L'auteur est exact dans ses recherches 
et assez net dans son style. On attribue eii- 
core au Père Fr-ançois Pagi : Continuatio 
historiœ chronologicœ ab Alexandro XII usque 
ad Jnnocentium XII, Lyon, lG9r, in-12. C'est 
la suite de VHistuire chronologique des papes, 
par le Père F. Carrière, cordelier de la ville 
d'Apt en Provence. 

PAtiLIA. Voij. Paléarius, 

PAGiNlN. Voy. Sanctès-Pagnin. 

PAlGK (Jean Le) , procureur général des 
Prémontr s, [luis curé de Nantouillet, mort 
vers 1050, est auteur de Bihliotfieca prœmon- 
stratensis ordinis, Pairis, 1033, in-folio. Cet 
ouvr.ige, dédié .iu cardinal de B;clielieu, et 
dans lequel on trouve une notice historique 
sur; tous les abbés de Pi-émontr-é, est le fruit 
e^timal)le de b aucoup de recherches, bien 
qu'il s'y soit glissé quelques inexaclitu ies. 

PAluE (Thomas Le), religieux dominicain, 
né le 25 novembre 1597, en Lo.raine, se lit 
entendre avec beaucoup de succès dans les 



chaires des églises les p.us fréquentées de 
Paris, et dans les v lies éjiiscopales où les 
évoques s'empressaient de l'appeler. I mou- 
rut le H mars 1058, à Ch-Heau-Villain, pen- 
dant qu'il allait à Langres pour y piècher le 
carême. Le cardinal de Richelieu, qui avait 
plusieurs fois assisté à ses sermons, avait 
})romis, dit-on, de l'élever à l'épiscopat. On 
a de lui divers ouvrages qui ne répondent 
pas tout h fait h la grande ré[)ut:Uion qu'il 
sétait acquise: Manuel des confrères du suint 
Rosaire, l^imcy, 1625, in-12; L'homme con- 
tent, œuvre pleine de graves sentences, d'heu- 
reuses réparties et de bonnes pensées, Paris, 
1029, l-'-- vol. in-8% et 16:J3 le second. Dès 
1G3V, le premier volume avait eu déjà cinq 
éditions; Oraison fum'-bre de Nicolas de Ver- 
dun, premier présiaent du parlement de Paris, 
Paris, 1627, in-12; — du maréchal de Vitri, 
Paris, 10V9, in-4"; Harangue funèbre du duc 
de Chaulnes, Paris, 1051, in 4°. 

PAINE (TuoMAS), l'un des philoso;ihes les 
plus hardis de ces derniers temps, fils d'un 
qualcer, na ,uit à Thetior^d dans le comt? an- 
glais de Norfolk en Amérique, le 19 janvier 
1737. Il fut d'ai)0.d, comme son |)èr ■, fabri- 
cant de corsets, parcourut ensuiie les mers 
sur un corsaire, -s'ennaya des voyages, et re- 
prit son état. Jl l'abandonna de nouveau, fui 
employé dans l'accise, qu'il quitta pour entier 
en (|ualitéde sous-maître dans les écoles des 
fauboui'gs de Londres. Après èti e ensuite ren- 
tré momentanément dans l'accise, il partit 
pour l'Amérique, et se tit d'abord connaître 
par quelques articles do journaux. Ce fut 
pour la défense de la cause de l'indépen- 
dance des colonies qu'il publia, en 1776, son 
pamphlet du Sens commun, traduit en ir.in- 
çais par La Baume, 1793, in-8°. Il fut récom- 
pensé de son zèle par des faveurs, obtint une 
place de secrétaire, en 1779, au c tmilé des 
affaires étrangères, et fut envoyé en France, 
en 1781, avec le colonel Lawrence, ] o'ur y 
négocier un emfirunt. Paine retourna peu 
après en Amérique, et reçut du congrès pour 
récompense un don de ti'ois mille dollars et 
les biens coniisqués sur un ro^taliste, consis- 
tant en une maison et tr )is cents ares de terres 
cultivées; l'état de Pensylvanie lui fit aussi 
présent de ôinq cents livrées sterling. En 1787, 
Paine reparut en Europe, où bientôt, suivant 
ses principes, il se mit en opposition avec 
les gouvernements établis, et fivorisa par 
ses libelles les révolutions dont ils étaient 
meiiacés. 11 publia à Londres, en 1791, ses 
î^mQ\x\ Droits de lliomme, piovuoalion san- 
glante contre tout oïdi e et toute société. En- 
hardi j.ar le succès, il en publia [»eu après 
une secon le [)artie encore plus outrée, con- 
tenant la théorie et la praliijue : if put voir 
la fermentation que ses principes cau-aient 
parmi le peuple. Aussi, le gouvernement 
effr-ayé poursuivit l'auteur et le t aJuisit de- 
vant la cour du banc du roi. Paine, défendu 
pa.' le célèbieErsAine, fut co.idamné, et il se 
trouva dans l'alternitive de subir la peine 
des séditieux ou de se bannir à jamais de 
J'Augletene. Il ne balança pas, et bientôt k 
France lui ouvrit son sein. Là l'etfervesconce 

THE INSTfTUTE OF I^ED'AFVAL mOH 
'0 ELMSLEy PLACE 



207 



PAI 



PAI 



Î08 



des esprits, de jour en jour plus exaltée, 

E réparait un triomphe à l'auteur exilé des 
droits (le Vhomme. Un peuple égaré le f«Ma 
avec enthousiasme. Thomas Paine esfx'rail 
jouer un grand rôle; cependant il n*<»sa pas 
se déclarer ouvertement, et, sous le nom d'A- 
chille du CliAtelet, il publia d'abord une 
afjkhe (jui contenait diverses o|)inions rela- 
tives au départ du roi, et lentlait à jx-rsuader 
3u'il fallait abolir une monarchie qui lotnbaii 
ans ravilinsement. Il l'ut naturalisé citoyen 
^français par un décret tlu 2G août 1792, et 
j quelques jours après nommé député par le 
département du Pas-de-Calais à la Conven- 
1 tion national'\ll y parut, et quoiqu'il enteii- 
I dît à peine la langue française, quoiqu'il 
n'eût jamais vécu sous Louis XVI, il ne re- 
fusa i)as u'étre son juge : il vota [lour le han- 
iiisscmenl et la détention jusqu'à la jiaix, et 
motiva ensuite son opinion en faveur du sur- 
sis. Ce. te es])èce de m.)dération irrita Robes- 
pierre, qui le lit exclu:e de la Couvent on 
comme étranger, et l'envoya, en 1794, comme 
suspect, grossir le nombre des détenus du 
Luxembourg. Co fut dans ce lieu d'horreur, 
au milieu de tant d'innocentes victimes, qu'il 
avait contiibué par ses doctrines h précipiter 
dans cet abîme, qu'il mit la dernière main 
à son trop fameux libelle, l'Age de la Raison: 
pam[)hlet dégoûtant d'impiété, où, dans un 
langage gross er, l'auteur rep;oduitles objec- 
tions des déistes, attaque l'Ecriture sainte 
avec toute la violence d'un cœur corrompu 
et nie toute révélation, hors celle qui se lit 
dans le livre de la nature. La première par- 
tie de cet écrit, traduite en français, avait 
paru en 1793; la seconde fut publiée en 1795, 
peu de temps après qu'il eut été mis en li- 
berté, sur la réclamation du ministre améri- 
cani à Paris. En sortant des prisons du Luxem- 
bourg, Paine reprit sa place à la Convention, 
le 8 décembre 179V; mais il ne s'y fit i)lus 
remarquer. Une vie crapuleuse et des sys- 
tèmes bizarres lui firent perdre le peu de 
crédit dont il jouissait encore ; et blessé dans 
la partie la plus sensible de son être, dans 
son orgueil, n'ayant plus à recueillir que le 
mépris, il se détermina à passer de nouveau 
en Amérique, où il avait été rai)pelé par le 
président Jellerson. Relire dans sa maison de 
camoagne de New-Rochelic (état de New- 
York), il y^ ( st mort le 8 juin 1809. Sa fin a 
été racontée de différentes manières. Suivant 
les uns, son irréligion se serait un peu dé- 
' menfie uaus ses derniers moments. Les au- 
tres au contraire prétendent que deux ecclé- 
siastiques s'étant présentés chez lui dans sa 
dernière maladie, il Is renvoya et refusa 
lèifT ministère. Quoi qu'il en soit de ces deux 
assertions que nous ne |)réteiidons pas éclair- 
cir, nous cuer.ins en fiveur de la preuiière 
un témoignage qui n'est pas dénué d'auto- 
rité. Son inédecm, le docteur Manley, assure 
que dans sa dernière maladie Painé s'écriait, 
au milieu de ses douleurs : Mon Dieu, secou- 
rez-moi; Seigneur, assistez-moi ; Jésus-Christ, 
secourez-moi; et qu'il aimait à entendre la 
lecture d'un livre de piété. J'en conclus, dit 
le médecin, qu'il avait renoncé à ses an- 



ciennes opinions : je le pressai donc un jour 
de s'expliquer sur ce point, et je lui dis: 
Croyez-vous, ou désirez-vous croire nue Jésus- 
Christ est Fils de Dieu? Après (juebpies mi- 
nutes de pause il répondit : « Je n'ai point 
« Qc désir de croire sur ce sujet;» et depuis, 
ayant encore vécu deux jours, j'ignore, ajoute* 
l-il, s'il s'expliqua sur cette matière. On sait 
qu'après sa mort les quakers refusèren' do 
recevoir son corps, qui fit, conformément 
au désir du défunt, enseveli dans sa ferme 
deN 'W-Rochelle. La Vie de Paine a été écrite 
par le libraire Cailile, qui n'a donné qu'un 
l)anégyrique. Celle que Clieetham a pubbée 
aux Etats-Unis, 1818, in-8", et qui a été réim- 
primée à L(mdies, est plus exacte. Carlile 
a publié les OEuvrcs de Paine. Une traduc- 
tion allemande dt-s [irinc paux écrits de Paine, 
attribuée à C.-F..Cr'amcr, a été publiée à Co- 
penhague, 1793-179'i., 6 vol. in-8". « Paine 
« était connu, dit madame lloland, | ar d 'S 
« écrits qui avaient été utiles à la hberté 
« américaine, e- qui auraient pu conc lU ir à 
« faire aussi une révolution en Angleterre, 
« si la hardiesse de ses opinions et l'au^iace 
« avec laquelle il les pi-oclamait n'avaient 
« effarouché les esprits et etfi'ayé le gouver- 
« nement. Cependant, ajoule-t-elle , je le 
« crois plus pio[)ie à semer des étincelles 
« u'embrasemenl qu'à discuter les bases ou 
« à préparer lafjrmatio.i d'un gouvernement. 
« 11 saisit, à la véiité, et établit môme ses 
« principes d'une manière qui frappe les 
« yeux, ravit un club, entliousiasme une ta- 
« verne; mais pour la discussion ou le tra- 
ce vail du législateur, il est à peu près nul 
(f et sans talent. » Nous citerons encor(; ce 
que l'auteur des Mémoires pour servir à l'hi- 
stoire ecclésiastique pendant le xviir siècle, 
dit do Paine et de ses ouvrages: «Hume 
« et Gibbon avaient perverti l'histoire, c'est- 
« à-dire le genre d'ouvrages qui est à la 
« portée du plus grand nombre deiecteurs...; 
« le docteur Toulmin avait prêché l'a- 
« théisme avec toute sa grossièreté dans 
« le livre de V Antiquité du monde, ouvrage 
« plein d'arrog ince et digne de mépris. Hol- 
« lis avait essayé de oonner quelque couleur 
« favorable au scepticisme... : les Lettres du 
« comte de Chesterlield, publiées, en 1794, 
« contre l'intention de l'auteur, avaient fait 
« une impression fâcheuse en apj)renant à 
« substituer- les gnices aux vertus, les con- 
« ven;inces à la uior.de, la politesse à l'ami- 
« tié, une bienveillance de parade à la vraie 
'( religion... Il ne restait plus qu'à faire par- 
« venu- l'irréligon jusque dans les dernières 
« classes; et c'e-t de cette tache que se char- 
« gea Thomas Paine, républicain, ou jilutôt 
« démagogue ard -nt, qui mérita de siéger 
« dai.s ia Conven ion nationale de France, 
« et (jui n'avait pas en religion des idées 
« plus saines qu'en politique. H s'étiit fait 
« connaître d'abord par ses Droits de l'homme, 
« qui semblaient une provoc-ation contre 
« toutes les sociétés, et qui avaient en etlet 
« excité en Angleterre, parmi le peuple, une 
(( dangereuse lerraentation que le gouverne- 
« ment prit soin de comprimer. Ce ne l'ut 



209 PAJ PAL Slfl 

« point assez pour lui d'être l'apôtre de l'in- d'infaillibilité que celles de l'Eglise catlio-- 
« surrection, il voulut l'être do l'impiété; et, que. Cette condamnation n'empêcha pas son 
« en 1793, il publia en France, oii il étaitalors, système de prendre faveur, et ses disciples, 
« la première partie de VAge de raison, pam- qui étaient en grand nombre, furent nom- 
« phjet qui retraçait dans un langage gros- mes pajonites. Il mourut .^ Carré, près d'Or- 
a sier les objections si souvent rebattues lé^.ns, en 1685, inmiédiaiemfmt avant la ré- 
« des anciens déistes anglais. L'objet de ce vocation de l'édit (W Nantes. Ses ouvrages 
« livre était la propagation du déisme, et le sont : Examen des Préjugés légitimes contre 
« principe fomlamenlal de l'auteur était que les calvinistes, 2 vol. in-12; Remarques sur 
« le livre visible de la nature est la seule ré- V Avertissement pastoral, etc. C^s deux ou- 
« vélalion. il lit paraître, en 1795, la deuxiè- vrages passent chez les calvinistes pour des 
« me partie de son Age de raison, où il atta- chefs-d'œuvre, et chez les autres pour des 
« qua l'Ecriture sainte avec un redoub'ement fruiîs de l'esprit de parti. 
« de violence, quoique ses armes fussent de PA LA FOX (Jean de), évêque esnagnol, lils 
« la trempe la plus faible. Cependant comme naturel d'un Espagnol noble, naquit en 1600, 
« le ton de Técrivaiii était proj)re à faire il- dans lo royaume d'Aragon. Après avoir éiu- 
« lusion à des hommes simples, plusieurs dié avec succès dans l'université de Sala- 
«( anglicans se mirent en devoir de chAtier manque, il fut choisi par Phili[)pc IV pour 
« cet ignorant et absurde ennemi du chris- être du conseil de guerre, puis de celui des 
« tianisine. Waston, évêque de Landalf, se Indes; mais il ne far la pas à se dégoûter du 
« signala par une apologie de la Bible, dans monde et embrassa l'état ecclésiastique. Le 
« une série de lettres adressées à Thomas monarque espagnol, auquel son mérite était 
« Paine; ouvrage, dit un critique, oij brillent connu, le nomma, l'an 1639, à l'évêché de 
« le talent, les connaissances, l'exactitude et Puobla de los Angelos ou d'Angélopolis en 
« l'impartialité. L'évêque ne crut môme pas Améi-ique, avec le titre de juge de raJminis- 
« avoir assez fait par là. Pensant que l'inté- tration des trois vice-rois des Indes. Il eut 
« rêt de la société demandait qu'on répri- nn démêlé fort vif avec les jésuites de son 
« m'tdes libelles contraires au bon ordre, diocèse, prétendant que sa juridiction était 
« il dénonça les deux parties deVAge de rai- lésée par l'usage que les missionnaires fai- 
« son devant le ministère public. L'auteur salent de certains privilèges. Cette contesta- 
« abseiit ne put êtiC mis en cause. L'impri- lion fut portée au pape Innocent X, qui la 
« meur Williams fut traduit devant la cour termina par un bref du ik mais 16i8. Le 
« du banc du roi. Le c'hbre Erskine pro- prélat avait écrit une hittre au paiie le 25 
« nonça dans cette affaire un discours qui mai 16i7, où il détaillait ses plaintes. On 
«fait encore plus d'honneur à ses senti- dit qu'il en écrivit une seconde le 8 janvier 
« ments qu'à Sun éloquence. Il rendit un 16'i-9, dans la uelle il n'y a point d'horreurs 
« éclatant hommage au christiarnsme ; il que l'auteur ne dise contre les jésuites du 
« montra la ti'udancr» pernicieuse des prin- Mexique. Plusieurs critiques croient que 
« cipes soutenus par Paine. Sur son discours cette lettre a été fabriquée par d'autres 
« et celui de lord Kenyon, président de la mains, [)arce qu'elle contient des faussetés 
« cour, qui |)arla dans le môme sens, le jury évidentes, des calomnies atroces et ridicu- 
« déclara Williams coupable. On crut d'au- les, les contradic;ions les plus palpables, et 
« tant [)lus nécessaire d'imprimer une flétris- que ce langage ne peut être celui d'un per- 
te sure pubhque à VAge de raison, que cet sonnage tel qu'on nous repréente Palafox. 
<i ouvrage, quelque misérable qu'il fût, se Les jésuites du Mexique présentèrent un 
« rattacliait à un plan formé pour la subver- Mémorial à Philippe IV, pour se plaindre 
« siun du gMuvernement comme [lour cel;e des calomnies de cette lettre, qui circulait 
« de la religion. » partout sous le nom de l'évêque d'Angélo- 

PAIS, jésuite et missionnaire en Ethiopie, polis; maii ce prélit, dans sa Défense cano- 

à qui Feller donne le prénom de Pierre, sans nique, qu'il présenta au même monarque en 

jiroduiie d'ailleurs sur lui aucun reiisei- 1652, la désavoua. « Quand est-ce, dit-il, 

gnemeiit biographique, nous paraît être le «que j'ai parlé sur ce ton? Où est cette 

même que le P.François Paez. Voy. ce « prélendiie lettre qu'ils client? Le souverain 

nom et Lobo (Jérôme.) « pontife la leur a-t il communiquée ? qu'ils 

PAJON (Claude), célèbre ministre de la re- « produisent ma signature. » [Votj. le Bul- 

ligion prétendue réformée, et l'une des laire, lom. IV, édition de Lyon de 1655.) Ces 

meilleures [dûmes que les protestants aient critiques ajoutent qu'il n'est nullement vrai- 

CLies, naquit à Komorantin en 1626. Il se semblable que Palafox ait dit tant d'horreurs 

distingua tellenien' par son esprit et ses ta- contre ces Pères en 16i9, et fait un si bel 

lents, qu'd devint ministre à 2'+ ans, et éloge de ces mêmes religieux en 1652, dans 

quelques année? a, )rès |)rofesseur de théolo- sa Défense canonique. Voici comme il s'y 

gie à Saumur.A peine avait-il couiiiiencé ses exprime : « La compagnie du saint nom de 

leçons, que les caWinisles d'Orléans le choi- «Jésus est un institut admirable, savent, 

sirent pour leur ministre. Il eut de grands « utile, saint, digne de toute la protection, 

démêlés avec Jurieu, sur l'eliicacité de la « non-seulement de Votre Majesté, mais des 

grâce, et sur la manière dont s'opère la con- « prélats de l'Eglise. Il y a plus de cent ans 

version du pécheur. Jurieu fit condamner « que les jésuites sont les coopérateurs utiles 

ses opinions dans quelques synodes, comme « des évoques et du clergé; ils ont rendu les 

si les assemblées calviniennes uvaient plus « services les plus signalés, etc. « Eniin ce 



2!1 



PAL 



PAL 



21i 



qui achève de persuauer que celte lettre est 
supposf^e, ce sont les élo;j;es les plus llit- 
teiirs que ce pr(^lat, transfrré sur le si(''ge 
d'Osma en 1G53, (il de ces religieux dans dos 
Noies sur les Lettres de sainte Tlirièsc. Il 
les adressa en manuscrit au P. F,a-Dii^go, 
de !a Préseulation i^énocald des cainies d '- 
chaux. Sa lellri^ c^t dalredu lof.'vrier lO.iG. 
On le voit dans l'édition de Venise, 1G90, 
in-i°. L'on do'i convonir néanmoins, puis- 
quM e ' c(jnvii'nl lui-Luùiue, qu'il a ujis quel- 
quefois trop de chaleur ot de vc'hémtnce 
dans ses dém.irc!.es. « Sou • ont » fdit-il dans 
S;'S Observations sur la soixanie-ciuinziènic 
lettre de sa nie Thf'rèse) « nous trouvons 
« mille raisoi s qui oi't une apjtarence de 
« piél'' ()0ur jusliiior notre conduite, ei les- 
« cpje'les dans le fond nous viennent de 
« rorg'ieil ; et c'est ce qui m"est arrivé dans 
« un(^ occasion.» Devenu évèque d'Osma, il 
fit éilater sa charité (-t son /èle sur ce nou- 
veau siège. Ses onailles furent sa famille, et 
il fut pour elles le père le plus tendre et le 
plus coinratissant. Il mourut le 30 s(;ptem- 
Die 1G59, à 59 ans, ai)rès s'ôtre dressé lui- 
mèrac cotte épitaphe, mon'imcnt de son hu- 
milité : Ilic jacet pnlvis et cinis, Joannes 
Oxoniensis. On a de ce prélat, outre les ou- 
vrages dont nous avons fait mention : Le 
Pasteur de la nuit de iVoé/, Léon, 1G60, en 
espagnol; et Paris. 167... en français; plu- 
sieurs Traités mystiqu'S, dont quelipies- 
uns ont été traduits en français par l'abhé 
Le Roy; des Homélies sur la [)assion de No- 
tre-Seigne If Jésus-Christ, traduites par 
Araelot de la Houssaye, in-l6; V Histoire de 
la conquête de la Chive par les Tartares, pu- 
bliée en fiançùs à Paris en 1G70, in-8°, par 
Collé; Y Histoire du siéqe de Fontftrabie, en 
1638, imprimée à Madrid l'année d'aprçs, 
in-'t". Ses OEuvres ont été réunies et pu- 
bliées à Madrid, 1762, 13 vol. in-fol., (jui se 
relient en 15. Le roi d'Kspagne, Charles IIÏ, 
deman la à Clément XIII la caiionisalion de 
Pa al'ox; celte demande lut [)lus vive eiKO;e 
sous Clément XIV, et on peut dire que tous 
les moyens humains firent épuisés ])our en 
assurer le succès. Cependant lalfa re, de 
nouveau examinée sous Pie V}, est tombée 
dans ro'bli, quoique la cour d'Espagne ait 
encore recommencé de nouvelles démarches. 
Il peut se fane que la nouvelle Histoire de 
ce prélat, publ'ée en 17i)7 \ ar l'abbé Di- 
nouart, ail fait tort à sa mémoire; cet abbé 
persistant à lui attribuer la lettre absurde 
dont nous avons parlé, et d'autres démar- 
ches peu assorties h l'idée d'un saint ; ce qui 
a fait din; à un habile critique q-ii n'a jamais 
été jésuite : Nihil ad cononisationem confert 
mendux hujus cpiscopi vita, nuper in jesuita- 
runiodiuin ab Josepho Dinouart, nomen suum 
réticente, (jatlice vaUjata. Voy. le Noti^temp. 
de Daiiès, continu ■ par M. Paquot, Louvain, 
1773, page 525, Déjà, avant c elle éi)0 jue, 
les jansénistes l'avaient réc'araé comme un 
de le;,rs partisans, ( l l'ont fait depuis d'une 
manière plus vive. L'auteur de la Gazette de 
Florence, une des trom;)e!tes du puli, n° 1, 
1789, le nomme réconciliateur de la pieuse 



Eijlise hollandaise, indignement traitée par 
celle de Home. On prétend ([u'effectivement 
on a trouvé entre ses papiers de.s preuves 
incontestables de son attachement à cette 
secte funeste, qui ébran'a l'Eglise jusfjue 
dans ses fondements, et que c'est depuis 
cette découverte (pie Home ne veut [)lus en- 
tendre p.u'Ier de sa canonisation. Il y a |)lu- 
sieurs Vies de ce prélat en' espagnol, en ita- 
lien et en français, par un jésuite, qu'on dit 
être le P. Cbam ion, Paris, 1688. C'est 
celle dont nous avons j)arlé plus haut, et 
dont l'abbé Dinouart a doiuié une édition. 
Ou"l(ju<'S-ui!S des oiviages de Palafox ont 
été traduits en français. 

PALAZZOou PAÎ-ACIO (Paul de), théolo- 
gien, né à Gienadc, fut [)rofesseur lies sain- 
tes ; étires à Coimbre, et mourut en 1582. 
On a de lui un Commentaire sur Y Ecclésias- 
tique et des Enarrations sur saint Maltliieu, 
en 2 vol. in-fnl. 

PALÉARiUS ou délia PAGLIA (Aomcs), 
né au xvr siècle, à Véroli, dans la campagne 
de Rome, changea son prénom d'Antonius en 
celui d'Aonius, |)ar gotit puur l'antiquité ; il 
se laissa de bonne heure séduir^^ par les 
errt^urs de Luther. Après avoir passé plu- 
sieurs années à Rome, d'oij il s'enfuit après 
le sac de Cftle ville par les Espagnols, il se 
fixa à Sienne, et y professa le grec ( t le la- 
tin avec réputation; mais n'avant pas assez 
caché son apostas.e, il fut obligé de fuir, et 
se retira à Lucqu; s, où les magistrats lui ac- 
cordèrent une chaire. De Lucqu.s il passa à 
Mikiu, où il fut arrêté par ordre du pape 
Pic V, et conduit h Rome. Convaincu d'avoir 
dogmatisé contre la religion de ses ]-ères. de 
ré; andie l'erreur et le trouble partout où il 
enseign.nl, il fut condamné à mort, et subit 
ce! arrêt li'3judlel L'STO. On a de Pal arius : 
Epistolarum libri IV; Orationes; Actio in 
pontifices romanos et eorum'asseclas ; ouvrage 
f.uialique qu'il airessa à l'empereur, aux 
princes de l'Europe, à Luther et à Calvin, 
lorsqu'il s'agit do convoquer le concile do 
Trente ; Poème sur l'immortalité de Yâme, et 
divers ouvages en vers e" en prose, la [plu- 
part bien écrits en latin. On en a réi^ni quel- 
quîS-uns à Amsterdam, en 1G99, in-8°, et à 
léna, eu 1728, iu-8". 

PALÉOLOGUE (Jacques), hérésiarque, 
issu des Paléologues qui ont régné à Cons- 
tanlinople, naquit dans l'de de S(;io vers 
1520, et fui envoyé en Italie pour y faire ses 
études. Sédut par les nouvelles opinions 
qui circulaient alors, il se réfugia en Alle- 
m.'.gne, puis il se fixa dans la 'J ians\lv,inie, 
et, en 1569, il obtint la place de recteur du 
gymnase de Clausenbourg. Comme il s'clfor- 
çait d(^ propager les principi'S dos Budnistes, 
dont les conséquences étaient si danger u- 
ses pour la tranquillité publique que F< liste 
S cin lui-môme crut devoir les réfuter, Pa- 
léologue fut livré à Tinquisiiion et condamné 
au supfiXce du feu. La sentence fui exécutée 
le 22 mars 1585. On ne connaît de lui que 
quehpies opuscules dont le plus important 
est intitulé : De magistralu politico, impri- 
mé par les soins de Simon Budnée, à Losc 



213 



PAL 



PAL 



âU 



en Lithuanie, 1573, in-8", qui fut suivi d'une 
Defensio verœ sententiœ de Magistratu poli- 
tico, Losc, 1580, in-8°. L';iuteur y soutient, 
contre l'opinion des unitaires, qupt Jésus- 
Christ n'a point abrogé la naagistrature civile, 
et que les ionctions i)Libliques ne sont point 
interdites aux chrétiens. On trouve la liste 
de 5es aulres écrits dans la Biblioth. anli- 
trinitario7-um, de Sandius, pages 58-59. 

PALÊMON. Voy. Pacome. 

PALÉOTTI((iabriel), cardinal, nél'anl522 
à Bologne, fut lié d'un > étroite amitié avec 
saintCharlesBorromee.il [)arutavec avantage 
au concile de Trente, reçut le chapeau de 
cardinal de Pie IV, et mourut à Rome en 
1597, à 75 ans. On a de lui divers ouvrages 
qui font honneur h son savoir. Les plus con- 
nus sont : De bono seriectutis , Anvers, 1598, 
in-8°, |)lein d'excellentes réflexions morales 
et chrétiennes ; Archiépiscopale bononiense, 
Rome, 159i, in-folio; De nofhis, spurlisque 
fUih, in-S".; De consistorinlibus consultatio- 
nibus, (Sliraé; Acta concilii tridcntini: c'est 
une relation exacte de tout ce qui s'e^t passé 
durant Is sessions auxquelles il assista. Ses 
hériiiers la pr>'S(mtèrerjt à Urbain VIIL Elle 
n'a pas encore été publiée en entier; mais 
Pallavicin, dans son Histoire du concile de 
Trente, et Odéicus Rainaldus, dans ses 
Annales ecclésiastiques, en ont f;iit un bon 
usage. La vie de ce pieux et savant cardi- 
nal, écrite par Augustin Bruno, se trouve au 
tome Vide ÏAmpllssima collcctio, col. 13S)Y, 
n° 10. On a aussi : De vita et rébus gestis 
Gab. Paleotti, par Alexis Ledesma, clerc ré- 
gulier de saint Paiil, Bologne, 16^i-7, m-k°. 

PALEY (Guillaume). <'é èbre théologien 
anglais, né l'an 1743, à Petcrborougii, dans 
Je comté de Norlhampton, était lils d'un 
maître d'école. 11 fit ses études au col.ége de 
Cbribt à Cambridge, et, après avoir pris les 
ordres sa rés, obtint une chaire d'Ecriture 
sainte. Il devint ensuite archidiacre de Car- 
lisle, et mourut <^ Sunderlandle 25 mai 1805, 
âgé de 62 ans. Il avait publié pour la d'éfense 
d I chri^tianisme des ouvrages qui se font 
remarquer par une grande Vigueur de dialec- 
tique et l'écUit du st., le. On cite de Guill. 
Paley : Eléments of moral and polit ical philo- 
sophy, Londres, 1785, 1 vol. in-'i-" : trad. en 
français, par J. L. S. Vincent, 1817, 2 vol. 
iii-8". Le manuscrit de cet ouvrage fut payé 
deux diille livres sterling à l'auteur par un 
libraire de L'indres ; Horœ paulinœ ; or, the 
trutilof thc scripture history ofS. Paul evin- 
ced, by a comparaison of the epistles wich bear 
his name with the acts of the apostles, and 
with oneanothcr, Londres, 1787, in-8" ; trad. 
en français par M. Levadiî, pasteur, Nîmes, 
1809 ; The yo tng Christian instructed in rea- 
ding, and the principlcs of religion, 17S8, 
utile surtout pour prémunir la jeunesse con- 
tre les sophisme-i de lincrédulité ; Reasons 
for content ment, addrcssed ta the labour ing 
Classes, 1792: Paley composa celte espèce 
d'adicsse pendant les orages de la révolu- 
tion frinçaise qui menaçaient tous les Etats 
de l'Europe, afin do cahuer rcîtfervescence 
des laboureurs anglais ; A ]lew ofthe éviden- 



ces of christianity, etc., Londres, 3 vol. in- 
12, puis in-S" ; trad. en français par M-. Le- 
vade, sous le titre de Tableau des preuves 
évidentes du christianisme, en trois parties: 
partie I" , De l'évidence historique et di- 
recte du christianisme , distinguée de celle 
qu'on allègue en faveur d'autres miracles. Par- 
tie II', Des preuves auxiliaires en faveur du 
christianisme. Partie III'; Examen abrégé de 
quelques objections rebattues, Paris, 1800, 2 
vol. in-8°. M. Migne a fait entrer cet ouvrage 
dans sa grande collection en 18 vol. m-k° des 
Démonstrations évangéliques, où il fait partie 
du tome XIV ; Théologie naturelle, ou Preu- 
ves de l'existence et des attributs de la Divi- 
nité, tirées des apparences de la nature, Lon- 
dres (en anglais), 1802, in-8° : traduit libre- 
ment par Charles Pictet, Genève, 1815 et 
1818, in-8°. Tous ces ouvrages ont été diver* 
ses fois réimprimés; ses Sermons, publiés 
par sa veuve, n'ont pas obtetni moins de 
succès en Angleterre. On a des Mémoires de 
Paley, publiés par George Wilson Meadley, 
et sa Vie a p'^ru dans les vol. 57, 58, 62, 75 
et 76 du Gentleman's Magazine. 

PALINGÈNE ou PALINGENIO (Marcel), 
Palengenius, poêle du x.vi^ siècle, dont le 
vrai nom était Pierre-Ange Manzoli, né à 
Stellada dans le Ferrarais, est connu par son 
poëme en J2 livres, intitulé Zodiacus vitoBy 
Roter Jam, 1722, in-8". Il le dédia à Hercu- 
le II d'Est, duc de Ferrare, dont, selon quel- 
ques-uns, il était métlecin ; mais d'autres 
disent qu'il était un de ces luthériens que la 
duchesse de Ferrare reçut à sa cour, et aux- 
quels elle lioima sa protection. Ce poëme, 
do t le fond des clioses ne se rapporte pas 
toujours au titre, renferme quelques maxi- 
mes judicieuses, mais bien plus de vains 
arguments contre la religion. Ce défaut, joint 
aux traits satiriques qu'il lance contie le 
clergé, l'Eglise catholique, le pape et h^s car- 
dinaux, ind.gna les gens de bien. Son cada- 
vre fut exhumé et brûlé. La congrégation 
de l'indcix mit son ouvrage au nombre des li- 
vres hérétiques delà première classe. Comme 
les philosophes français, observe Feller, ne 
manquent jamais d'accueillir les impiétés 
étr.ui-,ères pour renforcer les leurs, nous en 
avons une traiuct on en prose publiée en 
1731 par La Monnerie. 

PALLADE, Palladius, né l'an 338, en Gala- 
tie, se fit solitaire de Ni trie en 388, et devint, 
en 401, évêque dHéiénopolis en Bithynie, 
puis d'Aspone. Il était lié d'une étroite ami- 
tié avec saint Jean Chryso'^tome, pour lequel 
il essuya de cr .elles persécutions. Chassé 
de son église; il parcourut les différentes 
provinces, recueillant avec soin les aciions 
édifiâmes qu'il voyait. C'est d'après ces mé- 
moires qu'il forma son Histoire des solitai- 
res, ap()elé.î Histoire Lausiaque, parce qu'il 
la composa à la prière de Lausus, gouver- 
neur de Ca:)padoce, auquel il la dédia en 'i20. 
Hervet l'a fait imprimer en latin, P> ris, 1555, 
in-4°. On lui attribue encore un Dialogue 
contenant ki vie de srnt Jenn Chrysoslorae 
grec et latin, dans la Bibliothèque des Pères, 
Paris, 1G80, in-4°. Mais ce dernier ouvrage 



VIS 



PAL 



PAL 



9A'S 



est vraiscinblal)Iomont d'un autre Palladk, 
qui était aussi ami de saint Jean Chrysos- 
tômc, ot (évoque en Orient au coraniènce- 
lucnt du V siècle. 

PALLADINO (Jacques), auteur ecclésias- 
tique du xiv' siècle, coniui sous le nom de 
J(tcf/ues de Trrmno ou de Giacomo cVAncara- 
no, naquit dans cette ville en 13V9, et devint 
successivement cvèque de Monopnli, de Ta- 
rente, de Florence, de Si^olette, légat en Polo- 
gne. On a de lui, entre autres ouvrages, un 
roman de piété, plusieurs lois imprimé et tra- 
duit dans pre-quc t> iules Icslangucs. Il est in- 
titulé : Jacobidr-Tcramocompendiuin pcrbreve, 
îlunsolalio pccca'orum nnncupdtum, et npud 
noniiullos Belial vocitatiim, id est, Processus 
Luc ifirt contra Jps»m, Augsbourg, li72, in- 
iblio, et plusieurs autres fois dans le xv' et le 
XVI' siècle. On le trouve aus'si dans un recued 
intitulé : Processas juris jocoso-serius, Hanau, 
liHl, in-8", qui contient encore le Procès de 
Sdtan contre la Vierge, par Barthole, et les 
Arrêts d\unour. Pierre Farget, Augustin, a 
traduit en français le Procès de Béiial, Lyon, 
l'i-8'i., in-V", et plusieurs autres fois du même 
format. Il a été aussi im;)rimé sous le nom 
de Jacques d'Ancarano. L'auteur mourut en 
Pologne en ikil. 

PALLAVICINI (Antoine), cardinal, évo- 
que de Vinlimille et de Parapelune, i aquit à 
Gènes l'an IVVl, d'une maison noble et an- 
cienne en Italie, et dont les diverses bran- 
ches établies à Rome, à Gènes et en Lombar- 
die, ont été fécondes en grands lioinnies. Ce 
car linal eui la con ;an' e des papes Inno- 
cent VlIJ, Alexandre VI et Jules II. Il ren- 
dit de gr.uids servi; es au saint-siége dans 
les négociations dont il fut chargé, et mou- 
rut à Rome en 1507, à Gtians. 

PALLAViClNO Nicolas-Marie), jésuite 
génois du xvir siè'le, lut le théologien et 
le pan ''gyriste do la reine Chiistine de S ède, 
et (it paraître, à Kome, une Défense de l'Eglise 
catholique ou du saint pontificat, 1G86, 3 vol. 
in-folio, pleine de force et d' audition. 

PALLAVICINO(Ferrante), chanoine régu- 
lier de Saint-Augustin, de la congrégation 
de Latran, né vers 1618, à Plaisance, reçut 
de la nature beaucouj) d'espi'it et d'imagina- 
tion. Ce présent lui fut très-funeste ; il com- 
posa des satires ï^anglantes con ire le pape 
Uibain VIII, de la maison des Barberins, 
pendant la guerre de ce pontife contre 
Odoard Farnèse, duc de Parme et de Plai- 
sance. Pallavicino s'attira l'indignation de la 
cour de Kome et fut obligé de sa retirer à 
Venise. Il y vivait tranquillement lorsqu'un 
émissaire de Barberins, ayant gagné sa con- 
fiance, lui persuada de passer en France oCi 
il lui promettait la protection du cardinal de 
Richelieu I! fut arrêté sur le pont de Sorgues, 
dans ecomtat \'enaissin, par des gens apos- 
tés pour le saisir h son passage. Il eut la 
tête tranchée à Avignon, le 5 mars idkk, à 
l'Age de 26 ans. L'auteur de ce guet-apens 
fut tué peu de temps après, dans Paris, par 
un Italien à qui Mazarin lit accorder sa grâce. 
On trouve un abrégé de la Vie de Feiranto 
i>allavicino à la tétô de la traduction 6n Di- 



vorce céleste, satire contre les abus de la cour 
de Rome, Amsterdam, 1696,. in-12. Cette 
traduction est de Brodeau d'Oiseville, et la 
Vie çst un abré:;é de celle (jue Brusoni avait 
publiée en ilalien. LaMf)nnoye soutient que 
celte satiie n'est pas de Pallavicino, bien 
que Prosper Marchand et la plu[)art des au- 
tres bibliographes Il lui attribuent. Onaim- 
j)riméses Opère sceltc,\;\]e ranche ((lenève), 
1060, 2 parties in-12. Ses OEuvres permises 
(Opère permesse) ont été publiées à V^enise, 
1655, 4 vol. in-12, avec sa "N'ie, par Brusoni. 
PALLAVICINO (le cnrdinal Sforza), cé- 
lèbre historien du conc'le de Trente, naquit 
h Rome en 1607. Il était l'ainéde si maison; 
son goût pour la piété le lit renoncer aux 
espérances du siècle pour embrasser l'état 
ecclésiastique. Il devint, par son mérite, l'un 
des membres des' congrégations romaines, 
jmis de l'académie des Vmoristi , et ensuite 
gouverneur de Jesi, d'Orvietto et de Came- 
rino. Pallavacino, peu sensible à tous ces 
avantages, se fit jésuite en 1637. Après son 
noviciat, il enseigna la philosophie et la 
théologie dans la Société. Le pape Innocent X 
le chargea de diverses affaires importantes; 
et Alexandre VII, son ancien ami, qui lui 
devait en partie sa fortune, l'honora de la 
pourpre en 1657. Pallavicino fut en grand 
crédit auprès df^ ce pape, et mourut le 5juin 
1667. Son principal ouvrage est VHistoire 
du concile de Trente, en italien, qu'il opposa 
à celle de F^ra-Paolo. Les faits sont à peu 
près les mèm-^s; mais les circonstances et les 
conséquences que le- deux historiens veulent 
en tirer sont ditlérentes, et elles devaient 
l'être : l'un avait, comme l'on sait, les vues 
d'un sectaire caché sous le froc d'un moine 
a()ostat, occupé à introduire le calvinisme à 
Denise {'coy. Sarpi) ; l'autre, constamment 
attaché à la foi catholique , n'a eu aucun in- 
térêt à diri ;er les faits vers quelque but par- 
ticulier. Par lii il est [iropre à mettre le 
lecteur impartial en état d'apprécier les di- 
vers ouvrages qui ont paru sur ce saint con- 
cile, entre autres celui d'un écrivain flamand, 
nommé Le Plat, qui a donné Monumentorum 
ad Historiam concilii tridentini potissimum 
illustrandam amplissima collectio : pauvre 
rapsodie, fruit de recherches inutiles , diri- 
gées par un choix qui fait entrevoir tantôt 
une dis; osition d'esprit peu catholique, tan- 
tôt le dessein mal déguisé d'allaiblir par de 
mesquins détails le respect dû à cette grande 
assemblée. Le style de Pallavicmo est nob e et 
soutenu. L'auteur avait puisé ses matériaux 
dans les archives du château Saint-Ange, 
où sont toutes les négociât ons du concile. 
L'édition la plus reciierchée de cet ouvrage 
intéressant est celle de Rome, 1656 et 1657, 
en 2 vol. in-fol. , qui est la première. Il fut 
réimprimé dans la môme ville, l{)6'i., 3 vol. 
m-h°, et traduit en latin, 1670, 3 vol. in-V. 
Vorj. GiATTiNi. Le P. Puccinclli en a donné 
un assez bon abrégé, dépouillé de toutes les 
discussions théulogiques. M. Migne a publié 
dans ces derniers temps : Histoire du con- 
cile de Trente , par le cardinal Pallavicini, 
(tnnott'e et traduite, en françniê nur la derniêrn 



r. 



217 



PAL 



PAL 



218 



édition italienne que vient de faire la Propa- 
gande, et précédée ou suivie du Catéchisme et 
du texte du même concile, ainsi que de diver- 
ses dissertations sur son autorité dans le 
monde catholique, sur sa réception en France, 
et sur toutes les objections protestantes, jan- 
sénistes , parlementaires et philosophiques, 
auxquelles il a été en hutte, Montrouge, 18ii- 
i5, 3 vol. in-^i.°. On a encore du cardinal 
Pallavicino un Traité du style et du dialogue, 
aussi en italien, Rome, 1662, in-16, ouvrage 
estimé; et des Lettres, 1669, in-12, aussi en 
italien; un Cours entier de Théologie, un 
Commentaire sur la Somme du saint Thomas ; 
Vart de la perfection chrétienne; Gli fasti 
sacri, poëme en octaves; Ermeneqilde , tra- 
gédie , Rome , 16U , in-8°; 2' édition, 1655, 
in-8'; rejirésentée par les élèves du collège 
romain, dont il était alors préfet, 

PALLU (Martin), né en 1661, entra dans 
la compagnie de Jésus, et exerça le ministère 
de la chaire avec beaucoup de succès. Il prê- 
cha l'Avent en 1706 devant Louis XIV, et 
ce prince le nomma pour lui carême; mais 
ses infirmités l'obligèrent de renoncer à la 
chaire. Il s'attacha dans la suite à composer 
plusieurs ouvrages de piété, qui eurent du 
succès. Nous avons de lui : un Traité du 
saint et fréquent usage des sacrements de pé- 
nitence et d'eucharistie, Paris, 1739, vol. in-12; 
des Sermons publiés en 6 vol. in-12, par le 
P. Ségaud, en 1744. Us sont remplis d'onc- 
tion et enrichis de l'app'icationSe l'Ecriture 
et des pensées des Pères. Le style est d'une 
simplicité noble. Le P. Pallu mourut à Paris 
en 1742. 

PALMIERl (Matthieu), parut avec éclat 
au c mcile de Florence sa patrie, et mourut 
en 1475, à 70 ans. On a de lui une continua- 
tion de la Chronique de Prospcr, jusqu'en 
1449. — Mathias Palmîeui de Pise, qui vi- 
vait à peu près dans le môme temps, poussa 
cet ouvrage jusqu'en 1481 , in-4% 1483. On 
le trouve dans la Collection de VHistoire des 
écrivains d'Italie ; un traité Délia vita ci- 
vile, Flor.'nce, 1529, in-H"; un poëm.3 inti- 
tulé : Citla divina, en 3 livres, qui n'a poitit 
été imprimé. Cet ouvrage lui atti a des désa- 
gréments. 11 y enseignait que nos âmes sont 
les anges qui, dans la révolte de Lucifer, 
ne voulurent s'attacher ni à Dieu ni à ce 
rebelle; et qu.î Dieu, pour les punir, les 
relégua dans des corps, atin qu'ils pussent 
être sauvés ou condamnés, suivant la con- 
duite bonne ou mauvaise qu'ils mèneraient 
dans ce monde. Ce poëme fut condamné au 
fcu; mais il n'est pas vrai que l'auieur ait 
essuyé le même sort. Mathias Palmieri, dont 
nous avons pailé dans cet article, mourut le 
19 septembre 1483, âgé de 60 ans, après avoir 
traJuit Qn latin VHistoire fabuleuse des 
soixante-dix interprètes, qui porte le nom 
d'Aristée. [Voyez ce nom.) Cette version parut 
pour la -première fois à la tète de \a Bible, 
qu'il lit imprimei' à Rome en 1471, 2 vol. in- 
fol. C'est la |;remière publiée dans cette ville. 

PALMIEIU (Vincent), théologien, né à Gê- 
ues en 17.53, entra dans la congrégation des 
oraloriens de Saint-Philippe de Néri , où il 



puisa les principes professés par l'école des 
thomistes, touchant les points les plus im- 
portants de la discipline ecclésiastique. En 
1786, il fut un des théologiens du svnode de 
Pistoie, od il contribua au triomphe de ces 
principes. Il sort.t bientôt après de TOra- 
toire, et devint successivement [jrofesseur de 
théologie à Pise et àPavie. Dans l'université 
de Pavie il se trouva réuni avec Tamburini, 
Zola et autres professeurs choisis par Jo- 
seph II, pour opérer dans l'enseiu^nement do 
la disci()line ecclésiastique des réformes qui 
paraissaient désirables. Les événements po- 
litiques déterminèrent Palmieri, en 1797, à 
quitter la carrière de l'enseignement ])Our 
retourner dans sa patrie. Plusieurs ecclésias- 
tiques génois, amis des principes polit'ques 
de 11 révolution française et des principes 
religieux de l'école de Port-Royal, avaient 
formé à Gênes une espèce d'académie ecclé- 
siastique. Palmieri se joignit h eux. et signa 
un lettre de communion, écrite le -23 octobre 
1798, au nom de plusieurs membres du cler- 
gé d'Italie, au clergé constitutionnel de 
France, et qui fut lue au concile national de 
1801. Palmieri mourut le 13 mars 1820, âgé 
de 67 ans. Le bruit s'étant répandu qu'avant 
do mourir il avait rétracté ce qu'il avait dit 
dans plusieurs de ses publications contre les 
droits du saint-siége , ses amis assurèrent 
qu'il avsit persévéré dans les mômes senti- 
ments. On a de lui : un Traité historique, 
critique et dogmatique des indulgences, 1788, 
2 vol. in-8° : cet ouvrage a été réfuté par 
le P. Anfossi, dominicain, maître du sacré 
palais il Rome; La liberté et la loi considérées 
dans la liberté des opinions et la tolérance des 
cultes; cette production, qui a été aussi cri- 
tiquée , était une suite du plan formé par 
l'académie dont on a parlé ; une Défense de 
ce môme ouvrage en 3 petits volumes; une 
Défense du dogme de la confessioro- auriculaire y 
contre Ranza; la Perpétuité de la foi de VE~ 
glise catholique concernant les dogmes des 
indulgences. Gènes, 1817, in-12, en réponse 
au P. Anfossi ; une Analyse raisonnée des 
systèmes des incrédules, 7 vol. Tous ces ou- 



vrages sont en italien 



PALOTTA (ViNCENzo), ecclésiastique ita- 
lien, mort au commencement de 1850, fut un 
de ces hommes de sainteté éminenteque Dieu 
montre de temps en temps à la terre pour 
l'instruire, pour la purifiir, pour la consoler. 
Vincenzo avait consacré son existence en 
tière à la pratique des œuvres de charité les 
l)lus sublimes, et tel était l'ascendant qu'il 
avait acquis j)ar sa vertu, que son aspect et 
le son de sa voix arrachaient des larmes au 
plus endurci. La fertilité des ressources que 
son zèle savait trouver et faire naître 
pour venir au secours des malheureux est 
inc oyable. L'esprit de mortification était 
poussé chez lui jusqu'à un degré héroïque. 
Depuis bien des années quelques racines, 
quelques herbes potage, es sullisaient à sa 
nour.ilure de chaque jour, et, hors les cas 
de maladie, il ne se couciiait jamais. Il pas- 
sait habituellement les nuits dans quelque 
église, agenouillé sur la pierre, en adoration 



219 



PAM 



PAM 



Î20 



(levant le très-saint sacrement, et presque 
toujours le soleil levjint le retrouvait dans 
1 11 uil)!e posture (]u"il avaM prise en coin- 
nifnçant son oraison noctinne. L'opinion 
])nl)lique a attribut'' à sin intercession une 
l'uuie de gucrisons n anl)reu<e-. et de r<ils 
réputés surnaturel, ('ouinie le P. Birn.irdo 
Clyusi, il avait annoncé que de grands mal- 
heurs alla eut ioiuire sur rE,:^liso ei sur la 
ville de Unnie; mais il consol.iit ceux que 
ces tii>ts pri'diclions alUigeaient en le r 
parlant du triomphe liual de la mystiq le 
épouse de Jésus-Christ, grAce à la loulc- 
puissante médiation de Marie, pour laquelle 
ces dv'ux saints personnages professaient la 
pins vive d votion. 

PALU (PiEHUE DE La), Paludanus, d'une 
maison iliustrcné dans la Bre.-se, vers 1280, 
prit l'habit de Saint-Dominique, professa la 
théologie à Paris avec succès , et s déclara 
l'un des prem ers contre l'opinion do 
J an XXII sur la vision béatitique; ce qui 
n'empêcha pas ce pape de 1;^ f.iire patr. arche 
do Jérisalem en 1329. La Palu paitit pour la 
Palestine, y fit queitpjes fruits et revint en 
Europe avec une forte euvie de faire entre- 
prendre une nouvelle croisade. Son zèle lit de 
valus elïortspour animer les prince.-.. Il mou- 
rut à Paris en 1342, après a\oir publie des 
Commentâmes sur le Maître des sentences, 
in-fol.; des Sermons, 't un Traité de la puis- 
sance ccclésiast ique,qii\ sont vestésmainuscnts. 

PALU. Yo)/. Pallu. 

PALUDANLS ou VAN DEN BUOEC (Jean), 
de Mali es, professeur en théologie et d'écri- 
ture dans l'université de Louvain , chanoine 
curé de Saint-Picire, et ai chi])rèlre du dis- 
trict de la même vi'l «, niourul en 163'), dans 
la 60" année lie son âge. On a de lui plusieurs 
ouvrages pimr lesquels I • punlic montra de 
l'i-mpressement. Les princi aux. sont : Yin- 
diciœ theolqgic'V, adversns verbi Dei corrup- 
telas, Anvers, 2 vol. in-8", 1G20. C"est une 
exp ication de i resque tous les endroits de 
l'Ecritur ■ sur lescpjels on dispute ei;tro les 
cail'oliques el les hérétiques. Apoloqeticus 
marianus. Il traite des louanges et des pré- 
rogatives de 11 sainte Vierge, dans ce livre 
pu.jhé in-V, Louvain, 1G23. De sancto Ignn- 
tio concio sacra, in-8", ibid., même année; 
Officina spiriluulis sacris concionibus adap- 
t(ila,\\\-\\ Louvain, lG2'i.. 

PAME LE (Jacques de), Pamelias, né à 
Bruges en 1536, d'un conseiller d'Etat de 
1 empereur Cliarl s-Quint, se lit un nom par 
de bons ouvrages. Après avoir acquis beau- 
coup d conna.ssances à Louvain et h Paris, 
il revint dans sa patrie où il fut fait cha- 
no ne. Son premier soin fut de dresser une 
b-lle bibliothèque, de conf onter les écrits 
des saints Pères avec d'anciens manuscrits, 
et de s'appliquer à la critique sacrée. On lui 
donna ensuite uncanonicatde Sainte-Gudule 
à Biuxelles, et de Saint-Jean à Bois-le-Duc. 
Les guerres civiles qui atlhgèreut sa patrie 
robligèrenl de .-e r. tirer h Saint Orner, où 
l'éyêqiK; lui donna l'archidiacoué de sa ca- 
thédrale. Philippe II le nomma d.ms la suite 
à cet évèclié et à la prévôté de l'église de 



Saint-Siuveurà Utrecht. Ses ouvrages sont : 
Liturgica Latinonim, Cologne, 1571, in-l"; 
1576,2 vol. in-'i.°, ouvrage curieux et peu com- 
mun , qui renferme le rite du saint sacrifice 
de la me-se observé par les af)'Hres el les 
saints Pères ; Microlngas de ecclesiasticis ob- 
scrvationibus; (Mtitlogus commentariorum ve- 
terum srlrctnrum in unirersnni Bibliam, .An- 
vers, 1566, in-S"; Relatio ad Belgii ordines de 
non admiltendis unn in republica diver'sarum 
religionwn c.r^rc/f/('s, Anvers,15S9, in-8'*, ou- 
vrage plein d'une l)onue tliéo ogie et d'une 
bonne politique; une Edition de sainl Cy- 
prien, Anvers, 1568; Paris, 1616, iu-folio. 
C(;lte édition, faite sur divers manuscrits, 
est accompagnée de notes estimées qui ont 
passé dans les éditions que R gault et Pear- 
son ont données do ce saint Père; une Edi- 
tion de Tertul ion avec des annotations es- 
timées, la Vie de ce Père, ses erreur.s et la 
réfutation, Anvers, 1579; Paris, 1635, in-fo- 
lio. Jean-Louis de Lacer la et Rigault ont 
profité du travail de Pamélius pour doinier 
les éditions de Tertullien, Il publia le traité 
de Cassiodore, De divinis nominibus. On a 
encore de lui une nouvelle Edition de Ra- 
biin-Maur, qui parut à Cologne, après sa 
mort en 16i7, par les soi'is d'Antoine de 
Hennin, évoque d'Ypros, 6 tomes en 3 vo- 
lumes. On trouve dans cette éditmn les Com- 
mentaires de Pamélius su ■ Judith et sur l'E- 
pitre de saint Pau' à Philémon. Ce savant 
mourut à Mons en Hainaut, en 1587, à 52 
ans, en allant prend e possession de l'évèché 
de Saint-Omor. Il se fil aula t estimer [)ar 
les dons d ! l'.'me que par ceux de l'espr.t. 

PAMMAQUE (saint) , sénateur de Kome, 
eélcbie |)ar sa vertu et sa science, était d'une 
famille illustre. 11 fuldécoré de la dignité pro- 
consulaire, et épousa Piuline, la seconde des 
filles de sainte Paule. Il découvrit le premier 
les err urs de Jovinien el les d(''noMça au 
pape Sirice, qui les condamna en 3.50. Saint 
Jérôme tira de grandes 1 mières de Pamma- 
que pour la com )Osition de ses ouvrages 
contre Jovinicn. Pammaque, ayant perJu sa 
femme, fit olfrir le saint sacrifice pour elle, 
et do.uia, selon ce qui se prat:quail alors, 
un festin à tous les pauvres de Rome. On lit 
dans saint Jérôme que Pammaque oignait 
les ce.idres de son épouse du baume de l'au- 
mône et de la miséiicorde. Jl fit b tir un 
hôpital à Porto , et y servit les pauvres de 
ses propres mains. Son zèhî pour la foi lui 
mérita une letire de félicitaiion et dcncou- 
ragement de la part de saint Augustin. Le 
sentiment de quelques auteurs mo iernes 
qui i)rétendei!t q l'il reçut les ordres sacrés 
n'est fondé sur aucune f)reuve solide. 11 était 
ami de saint Jérôme et de saint Paulin, et 
mourut en ilO, honoré des regrets de ces 
deux grands hommes. — Pour l'édition des 
03uvres de Pammaque, par M. Migne, voy. 
Phébaue. 

PÂ'iPHILE (saint) , prêtre et martyr de 
Césarée en Palestine , né vers le milieu du 
m" siècle, forma une très-beile b bliolhèque, 
dont il fit présent à l'église de cette ville. 
Cette bibliothèque, au rapport de saint Isi" 



221 



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dore de Séville, était composée de 30,000 vo- 
lumes, et contenait presque tous les ouvra- 
ges des anciens. )1 transcrivit de sa main la 
Bible avec le plus giand soin et la plus 
grande exactitude, et travailla presque toute 
sa vie sur ce dépôt des oracles divins. Mont- 
faucon a publié dffns Bibl. Cosliniana, une 
courte explication des Actes des apôtres, 
faUe par sa'nt Pamphile. Il copia aussi plu- 
sieurs ouvMges' d'Origène, et composa l'A- 
p logie (ie ce Père, lorsqu'il était en prison 
avec Husèbe de Césarée. Saint Jérôme attri- 
bue celte Apologie à Eusèbo; mais Socrate, 
Pholius, etc., la donnent à saint Pamiihile; 
et si Eusèhe y travailla, il n'y eut qu'une 
fjiihle part. fFoyez ce point bien discuté dans 
l'édition d'Origène, tom. IV, part, ii, |)ag. 13, 
par D. Charles de La Rue.) Cette A|)ologie 
était divisée en cinq livres; il ne nous en 
reste que le premit^r de la traduction latine 
de Rutin, parmi les OEiivresde saint Jérôme. 
Saint Pamphile reçut la couronne du martre 
sous .Maximin, vers 308. Eusèbe de Césarée 
a < crit sa Vie en trois livres; saint Jérôme en 
faisait b'^aucoup de cas : elle n'est pas par- 
venue jus(|u'à nous. ^ 

PAMPHILI. Voy. Innocent X. 

PANAJOTI (Panagiotes-Nicisils , connu 
sous le nom de), premier interprète du gr.iud 
seigneur, né dans l'île de Chio, mort en 
1673, eut beaucoup de crédit à la Porte, et 
il en profila pour rendre des services impor- 
tants à sa nation. Il avait accompagné le 
grand-v'sir Achmet K:u;^erli au siège de 
Candie (16G7j, dont la p; ise fut due en partie à 
son adresse. Ce qui le mit en granie faveur 
auprès de son patron, et lui v/ilut le [)Oste do 
premier droguian de la sublime Porte, place 
impoilanie, que depuis Panagioti les Grecs 
ont occupée, et qu'avant lui on donnait à 
des renégats. 11 se mêlait d'à; trologie judi- 
ciaire el passait pour prophète parmi les 
Turcs, grâce à quelques conjectures heu- 
reuses, il défendit avec zè'e la foi de l'Eglise 
grecqur- contre le patriarche Cyrille Lucar, 
écrivit en grec vulgaire, et fit imprimer en 
Hollande un ouvrage sous le titre de Confes- 
sion orlhodoxede C Eglise catholique et aposto- 
liqae crOrient : ouvrage pérera[)loire contre 
les calvinistes, qui avaient cherché chez les 
Grecs quelque conformité d'cjpinions avec 
leurs erreurs. Panagioti était un homme 
très-estimable. Les Grecs ont un proveibe 
qui dit, '( qu'il esl aussi diiïicil ' de trouver 
« un cheval vert qu'un homme sage de l'île 
« de Chio. » Panagioti était de cette île; et 
comme il avait beaucoup de |irudence et de 
génie, on le nommaitle cheval vert. Ses obsè- 
ques furent faites avec la plus grande pompe. 
Le patriarche et un grand nombre de Grecs 
accompagnèrent son corps jusqu'à l'ile de la 
Propontide , oii est situé le monastère dp la 
Sainle-Trinité, dont Panagioti avait été le 
bienfaileui- el qui fut le lieu de sa sépulture. 
Depuis ce favori, les Grecs parvinrent à ob- 
tenir l'importante et lucrative place de pre- 
mier drogruan de la Porle-Otiomaie, et par 
suite montèrent sur les trônes de la Moldavie 
çt de la Valachie. 



PANCEMONT (Antoine - Xavier May- 
NAUD de), évoque de Vannes, né h Digoing- 
sur-Loire, le 6 août 1756, fit ses études avec 
le plus grand succès, et, après sa licence, fut 
nommé grand vicaire de M. Marbeuf, évoque 
d'Aulun. En 1788, il devint curé de Saint- 
Sidpice, et il déploya la charité la plus ac- 
tive à l'égard des pauvres qui souffraient le 
plus du rigoureux hiver de 1788 à 1789. A 
l'époque de la révolution, le curé de Saint- 
Sulpice eut quelques démêlés avec la section, 
à cause des cérémonies pul)liques. Il refusa 
la bénédiction nui)tialeà Camille Desmoulins, 
connu par ses discours impies; mais, celui-ci 
ayant jiromis de les rétracter dans un des 
numéros de son journal, il le maria sans 
autre observation : Robespierre, Pétion et 
le général Mo tesquiou étaient présents à 
ce mariage. Plus tard, ayant refusé de marier 
l'acleur Talina, il fut dénoncé à l'assemblée 
nationale, et, sans l'intervention de quel- 
ques amis, cetle affaire eût eu peut-èt.e des 
suites fâcheuses pour lui. En 1791, il refusa 
de prêter le serment civique, et lé^ factieux 
résolurent de le persécuter. Le dimanche, 
3 janvier, tandis qu'il prêchait, i)lusieur» 
d'entre eux s'étant introdu ts dans l'église, 
se mirent à crier : Le serment!.... A la lan- 
terne!.... Le curé descend de la chaire; mais 
on le force d'y remonter, et l'on exige qu'il 
prononce la formule du serm. nt. Il s'y re- 
fuse, et ne paraît |)as indmidé des menaces 
qu'on lui adresse. Cependant les factieux 
allaient se jeter sur lui et l'imnio'er à leur 
rage, lorsque heureusement plusieurs de 
ses amis el de ses paroissiens lui firent un 
rempait de leurs corps, ot parvinr-ent à le 
sauver. L'abbé de Paucemont était aussi es- 
timé à la ville qu'à la cour, et !e jour même 
de cet événement, la famille royale envoya 
savoir de ses nouvelles. Le maire de Paris 
lui môme, le fameux Bailly, vint en per>onne 
lui exprimer ses regrets sur la scène scan- 
diileuse qui venait d'avoir lieu. Il paraît 
néanmoins qu'il se vit contraiiit de quitter 
sa cure; car, quelques jours a|)rès, il fut 
remplacé [)ar le P. Poiré, de l'Oratoire, qu'on 
installa le février, mais qu'un giand nom- 
bre de paroissiens ne vouluienl pas r con- 
naître. L'assemblée nationale avait rendu un 
décret qui assurait la liberté des cuUes; 
l'abbé de Pancemont, espérant qu'en vertu 
de ce décret on lui laisserait exerce.' Iran- 
q illement son minislère, et désirant en ou- 
tre rester au milieu de ses anciens parois- 
siens, loua l'église des Théatins pour y faire 
j'ollice, paya le bail, et reçut les clefs de lé- 
ghse. Mais le dimanche "il avril, lorsqu'on 
allait l'ouvrir, il se forma un attioupement 
qui bnria le ])assage aux fidèles. L';.ulorité 
parut voufijir dissiper cet allroupement et 
protéger la liberté des culîes; mais les fidèles 
turent obligés '.e se retirrr, l'église ne fut 
point ouverte, et les factieux accablèrent 
d'injures et de menaces le respectable curé. 
Il se réfugia à Biuxelles, d'où il adressa à 
ses paroissiens une lettre datée du 10 mai 
1791, et qui fut inij)riniée à Paris. Sx mois 
après, il revint dans la capitale, el continua, 



223 



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on sorrot, .os fondions de «on niinistèro. Il 
réunissait les fidèles de Saint-Sulpic ' dans 
les églises des religieuses du Siint-Sacro- 
nient et du Calvaire, et ce fut à Inur inten- 
tion qu'il fit imprimer huit Exhortations 
})Our les dimanches du carôme et pour ceux 
de la quinzaine; elles se trouvent jointes à 
l Histoire des événements arrivés dans la pa- 
roisse Sciint-Sulpiee pendant (a révolution, 
1792, % pages in-8". Pendant les funestes 
journées des 1" 2, 3, k, 5 et septembre, 
dans lesquelles tant de pi'ètres innocents fu- 
rent massacrés, l'abbé de Pancemont dut 
son salut à l'adresse et au dévouement d'une 
pauvre femme qui le fit ])asser pour son 
mari. En 1797, et !ors de la conspiration de 
Brottier, Lavilleheurnois, etc., le Directoire 
le (it cherclier d'après des notes à son sujet, 
que l'on avait trouvées parmi les paniers de 
Brottier. L'abbé de Pancemont se réfugia à 
cette époque en Allemagne ( t ne revint en 
France qu'à la fin de l'année 1800, au moment 
où l'on négociait poui' le concordat. 11 se lia 
d'une amjtié intime avec l'abbé Bernier, et 
le seconda dans ses négociations. On lui 
confia des missions importantes. Entraîné 
par un zèle obligeant , il sollicita le légat 
d accorder des bulles aux évoques constitu- 
tionnels, qu'il assurait être revenus h l'unité 
catholique. On a rendu publique la déclara- 
tion (|u'il donna sur ce fait, de concert avec 
l'abbé Bernier. L'abbé de Pancemont ne s'a- 
percevait pas qu'il devenait l'instrument 
d'une politique ambitieuse et perfide. Le 11 
avril, MM. Cambacércs, Bernier et de Pan- 
cemont, nommés, le premier à l'archevêché 
de Rouen, le second à l'évêché d'Orléans, 
et le troisième à l'évèclié de Vannes, furent 
sacrés par le cardinal-légat. Avant de f)artir 
pour son diocèse, l'abbé de Pancemont reçut 
du gouver.iement l'ordre de s'arrêter à Ren- 
nes, dont Je nouvel évèque était in({uiété par 
le parti constitutionnel. Après avoir calmé 
les esprits les plus remuants, l'abbé de Pan- 
cemont se ren lit à Vaimes, où une double 
opposition l'attendait de la paît de d -ux au- 
tres évL'ques. M. Amelot, retiré en Angle- 
terre, n'avait pas donné la démis-non du 
siège de Vannes, qu'il occupait avant la ré- 
volution. Il paraissait, il est vrai, vouloir 
éviter tout ce qui pouvait amener un schis- 
me; mais plusieurs prêtres dfî son diocèse 
persistaient h soutenir sa juridiction conti-e 
les décisions du cmcordat. D'un autre côté, 
Charles Lemasie, évèque constitutionnel de 
Vannes, avait pour lui un fort parti dans 
quehjues villes, et le préfet le soutenait. Les 
choses étaient arrivées à un tel point, qu'à 
Lorient on lut au prône des brochures en fa- 
veur des constitutionnels et contre les rétrac- 
tations. De Pancemont fit tous ses efforts 
pour se rendie agréable à ce |)arti; il reçut 
Lemasie avec une grande indulgence, "ne 
paJa point de rétractation, visita son dio- 
cèse, à l'occasion du jubilé, rétablit en ISOi 
son séminaire ; enfin, il fit tout ce qui dé- 
pendait de lui pour réparer le mal produit 
par les persécutions révolutionnaires et les 
divisions. Cependant, il parut parfois en- 



trer dans les vues du gouvernemeni, connue 
il le fit en écrivant une Lettre circulaire à 
ses curés (le 20 octobre 1805), concernant la 
conscription. Elle fut insér;''e dans le Moni- 
teur. Cette lettre, et la nominaiion de l'abbé 
de Pancemont à la place d'aumônier de M"" 
Baciocchi, princcss(! dePipmbino et sœur de 
Bonaparte, indisposèrent contre lui plusieurs 
de ses d océsains. Sur ces entrefaites, il lui 
arriva un triste événement (pii paraît avoir 
liAté sa fin. Un jour, le 28 août 180G, c^mme 
il revenait à Vannes avec son secrétaire, 
cinq hommes armés l'arrêté, ent à une lieue 
de la ville, le d.''|)Ouillèrenl et ne le laissèrent 
aller qu'après qu'il leur eut piomis de leur 
envoyer 2'i.,000 fr. en or; les brigands ne re- 
lâchèrent son secrétaire qu ils avaient gardé 
comme otage, que lorsqu'on leur ont fait 
parvenir cette somme. Le prélat parut Irès- 
affe té de cette aventure; le 5 m.irs 1807, il 
fut fiar>])é d'une attaque d'apo )lexie, dont il 
mourut le 13, à 51 ans. Na[)oléoii, dans une 
lettre datée du camp de Finkenstein le. 5 mai 
suivant, et publiée dans les journaux, fit l'é- 
loge de ce prélat, et ordonna que sa statue 
en marbre serait placée dans la cathédrale de 
Vannes. 

PANEL (Alexandre-Xavier), savant nu- 
mismate, né à Nozeroi, en Franche-Comté, 
en 1699, mort à Madrid en 1777, entra chez 
les jésuites. Le roi d'Esiiagne, Philippe V, le 
nomma précepteur d'es infants, et lui confia 
en même temps la direction de son cabinet 
des médailles. Panel devint ensuite profes- 
seur de rhétorique au collège royal de Ma- 
drid. Outre plusieurs ouvrages de numisma- 
tique, il a laissé : la Sabiduria, ou la science 
et la sottise dans la chaire des moines, en es- 
pagnol, ibid., 1758. C'est une critique contre 
les mauvais prédicateurs qui existaient alors 
en Espagne, et que le P. Isla a si gaiement 
censurés dans son Frère Gerundio. On a fait 
l'analyse de cet ouvrage dans le Journal en- 
cyclopédique, année 1759. La Serna Santan- 
der avait en son pouvoir trois manuscrits du 
P. Panel, intitulés: l'un, Dissertation sur Té- 
loquence de la chaire; l'autre. Dialogues des 
morts, concernant l'histoire d Espagne; le 
troisième. Mémoire sur Vhistoire d Espagne 
et d'Afrique. Parmi ses ouvrages imprimés 
nous devons citer encore : Remarques sur les 
premiers versets du premier livre des Macha- 
bées, ou Dissertation sur une médaille d'A- 
lexandre le Grand, Lyon, 1739, in-4° ; trad. 
en espagnol p.ir Manuel (lomez y Marco, Va- 
lence, 1753, \u-k\ Le P. l'anel se proposait 
de donner une Histoire des Machabées, prou- 
vée par les médailles ; mais il ne put réaliser 
ce projet. 

PANIÉRI (Ferdinand), théologien italien, 
né à Pistoie, en Toscane, le 2'* novembre 
1759, fut nommé, aussitôt après son ordina- 
tion, professeur de dogme dans le séminaire 
de Pisioie. L'évêque Ricci, ayant réuni un 
synode en 1786, et ayant cherché à répandre 
dans son diocèse les innovations dangereu- 
ses du jansénisme, Panié-ri le seconda de tous 
ses efforts et appuya la publication des livres 
pernicieux que ce prélat faisait répandre « 



I 



225 



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cet effet. Lorsque Ricci fut forcé de quitter 
son siège, l'abbé de Valloinbrosa, ami de Pa- 
niéri, lui donna des conseils salutaires, et il 
examina avec plus de soin les matières con- 
testées. Après cet examen, il se hasarda 
d'envoyer à Rome un Mémoire, on il expo- 
sait ses difficultés. La rép.)nse paternelle (]ue 
lui lit Pie \\, rédigée par le savant cardinal 
Gerdil, le toucha vivement, et pendant une 
maladie qu'il eut, il fit vœu de se rétracter. 
Fidèle à sa promesse, aussilot qu'il fut guéri, 
il fit sa rétractation entre les mains de 
M. Falchi, successeur de Ricci, et, non con- 
tent de ceîte démarche, il adressa au saint- 
sié^e l'aveu de ses torts, accompaij;né de plu- 
sieurs Dissertations qui réfutaient les o,!!- 
nions par lui autrefois énoncées. Sa con- 
science n'étant pas encore tranquille, il pria 
qu'on lui envoyât de Rome une formule de 
soumission.il l'obtint, la souscrivit; et pour 
donner |)lus d'authenticité à son repentir, il 
lit une déclaration publique dans les confé- 
rences ecclés, astiques du clergé de Pistoie, 
dont il était devenu directeur. Plus tard, à 
l'occasion d'une leçon de morale qu'il donna 
en 1817, concernant le mariage, il signala et 
réfuta les erreurs enseignées autrefois dans 
le diocèse sur le pouvoir de l'Eglise relalive- 
ment aux empêchements dirimants. Il ht, en 
outre, sa profession de foi sur la bulle Auc- 
torein fidei de Pie VI, s'estiujaiit heureux 
d'avoir trouvé une occasion de manifester 
son attachement au sainl-siége et son éloi- 
gnement pour toute innovation. Cette partie 
de sa leçon, on la trouve insérée dans le 
journal Arcadio, de Rome, et signée par Pa- 
niéri, sous la date du 17 mars 18-20. Elle a 
été aussi imprimée à part, avec deux extraits 
de lettres de Paniéri,dans lesquelles il rend 
compte de sa conâuiti; passée. Sa seconde 
lettre, datée de Pis oie, le 11 juin 1820, est 
une profession de foi sur l'autorité du saint- 
siége et sur ditfére.ites questions relatives à 
la suprématie des pontif s. La conduite de 
Paniéri lui gagna la bienveillance de son 
nouvel évoque, qui le nomma professeur de 
morale dans son séminaire et chanoine de 
sa cathédrale. Cet ecclésiastique est mort le 
27 janvier 1822, âgé de 63 ans. On a de lui : 
Examen pratique et instructif sur les péchés 
gui se commettent dans les fêtes et les plaisirs 
du siècle, Pistoie, 1808-^813, k vol. ; Exposi- 
tion des lois de Dieu et de l'Eglise sur l'usure, 
1813, 1 vol.; Catalogue des Suints de Pistoie, 
1818, 2 vol., et plusieurs Manuscrits sur des 
matiériîs ecclésiastiques. 
- PANIGAROlA (François), évoque d'Asti, 
en Piémont, né à Mdan en 15i8, e. tra jeune 
dans l'ordre des Frères Alineurs-Observan- 
tins, où d se rendit très-savant dans la phi- 
losophie et la théologie, et se distingua sur- 
tout par ses talents |)()Ui' la prédication. Son 
mériie lui valut l'évèi hé dA-ti, qui lui fut 
donné par Sixte V en 1387, et qui le ht choi- 
sir, avec le jésuite Rellarmin, pour accom- 
pagner en France le cardinal Cajetan, envoyé 
eu 1589. Panigarola mourut à Asti en 1504. 
Ses Sermons furent imprimés à 
lo'JG, in-V". On a de lui plusieurs 



Rome en 
autres ou- 



vrages, la plupart de piété et de controverse, 
tant en latin qu'en italien. Le plus connu est 
un traité de l'éloquence de la chaire en ita- 
lien, intitulé il Predicatore, Venise, Guindi, 
1609, in-4". 

PANIZZONI (le P. Louis), jésuite, né à Vi- 
cence en 1729, entra de bonne heure dans la 
société de Jé-sus, et s'y distingua par son ta- 
lent et sa piété. Après la suppression de son 
ordre il se retira en Ru.^sie, et il publia k 
Polocz un Cours latin de méditation et d'ins- 
tructions pour servir aux exercices spirituels 
de saint Ignace; puis il revint en Italie sur la 
demande de Ferdinand, duc de Parme. Ce fut 
lui qui reçut des mains du souverain pon- 
tife la bulle de rétablissement de la société, 
et qui rouvrit les premiers établissements à 
Rome et en Itf'lie. Le P.Paniz/oni mourut le 
11 août 1820, âgé de 91 ans, à Rome, dai.s la 
maison du noviciat. 

PANNONIUS (Janls), ou Jean le Hon- 
Guois, évoque de la ville de Ciiiq-Egli>^es, 
mort en 1490, et selon quelques-uns en 1472, 
à 37 ans, cultiva les belles-lettres avec suc- 
cès en Italie, et travailla ensuite à les faire 
fleurir en Hongrie. On a de lui des Elégies 
et des Epigrammes, Venise, 1553, in-8°, et 
dans les beliciœ poetarum hungarb^'um, in-16, 
Fiancfurt , 1619, parmi lesquelles on en 
trouve quelques-unes d'heureuses. Rien 
n'est plus [ilaisant que l'erreur des encyclo- 
péiiistes touchant J.nius Pannonius, qu'ils 
ont regardé dans la première édition de leur 
compilation, comme possédant cinq églises 
ou évêchés. A l'article Evêché, a})iès avoir 
disserté sur la pluralité des bénéhces, et dit 
que le cardinal Mazarin, évoque de Metz, 
possédait en mémo temps treize abbayes, ils 
ajoutent : « Et quant à la pluralité des évè- 
« chés, Janus Pannonius était, à son décès, 
« évèque de cinq villes. » 

PANOKME ou Panormita. Voy. Tudeschi. 

PANTALÉON (saint), célèbre martyr de 
Niconi'die, que l'on croit avoir soudert la 
mort vers 303, sous l'empire de Galère. 

PANTALÉON, diacre a'e l'église de Cons- 
tantinople, dans le xin° siècle, est auteur 
d'un Traité contre les erreurs des Grecs, 
qui se trouve dans la Bibliothèque des Pères. 

PANTALÉON (Jacques). Fo//. Urbain IV. 

PANTÉNUS ou Pantène (saint), philoso- 
phe cnrélien, né en Sicile, florissait sous 
l'empereur Commode. Il enseigna dans la 
célèbre école d'Alexandrie, où, ciepiiis saint 
Marc, fondateur de cette Eglise, il y avait 
toujours eu quek[ues théologiens qui ex; !i- 
quai.nt l'Ecritm-e sainte. Les Indiesis ayant 
demandé qu Iqu'un caj)able de les instruire 
dans la religion chrétienne et île combattre 
la doctrine des brahmanes, on leur envoya 
Panlénus. Eusèbe rapporte qu'il trouva chez 
ces peuples un Evangile de saint Alaithieu, 
écrit en hébreu, que saint Barthélémy leur 
avait laissé. Panténus, de retour à Alexan- 
drie, continua d'y expliquer l'Ecriture sai. te 
en particuher, l'école de cette vilie étant 
alors gouvernée par saint Clément d'Alexan- 
drie, son disciple, il avait composé des Com- 
mentaires sur la Bible, qui ne sont pas venu» 



«2t 



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jusqu'h nous. On i)eut juger de la niaiiiôiL' 
dont il expliquait le texte sacré par celle 
qu'ont suivie Clément d'Alexandrie, Origène 
et les tMèves de celte école. Leurs coiunieu- 
taircs s<Mit pleins dallégories; ils s'éloignent 
souvent delà letlri', et trouvent presque par- 
tout de« mystères dont l'explication est uuMée 
de beauc'îjp d'érudition. (Voy. saint tiHÉ- 
GoiuE LE (Irand.) Saiut Panténus vivait en- 
core en 2I<). 

PANTIN (Pierre), de Tielt en Flandre, se 
rendit habile dans les langues, et les ensei- 
gna h Tolède et ■< Snragosse; il devint ensuite 
chapelain de Philippe II, chanoine d'Ypres, 
doyen de Saine-Gudule à Bruxelles, prévôt 
de Condé, et uiouiut à Bruxelles en IGtl, à 
56 ans. On a de lui : îles Traductions de plu- 
sieurs auteurs et saints Pères grecs; un traité 
de Dignitatihux et ofjiciis regni ac domas re- 
giœ Gothorunx, da.is les Conciles de Loays;i, 
et dans VHispania illustrata, k vol. in-fol.; 
petit traité savant et utile. 

P.ANVINIO (O.NLPHREJ, religieux augustin, 
célèbre historien et anti(|uaire, né en 1529, à 
Vérone, mourut à Palei-me en lotiS, à 39 ans, 
après avoir rempli divers emplois dans son 
ordre et avoir été biblinthécaire du Vatican; 
il avait eu cette place de Marcel III, qu'il 
avait connu lorsque ce |iape était cardinal. 
On dit qu'étant attaché au cardinal Alexan- 
dre 1-arnese (Marcel ill étant mort), et allant 
avec lui en Sicile, il en reçut, on ne sut à 
quel e o^cas'on, quel(|ue répiiniande, et qu'il 
en conçut tant de chagrin qu'il en mourut. 
S, s manières afifables, polies it prévenantes, 
le tirent aimer de ses confrères, autant que 
son érudition profonde 1'^ lit estimer des sa- 
vants. Paul M uuice l'appelle Hciluonem anti- 
quarum historiarum. 11 a^ ail pris pour devise : 
Jn utrumque pnratus, avec un bœuf [)lacé 
entre une charrue et un autel. 11 voulait dire 
qu'il' était également prôi à supporter les fa- 
tigues du service divin et celles des sciences 
humaines. Nous avons de lui: nn Abre'ge' des 
vies des papes, en 1567, in-i°. L'auteur dédia 
son ouvrage à Pie V, qui honorait alors le 
siège rouiaui par son zèle et ses vertus ; De 
antiquis liomanorum noriiinibus, in-folio ; De 
rita sepcliendi mortuos apiid vcteres christia- 
nos, et de cœnxeteriis eorumdem, in-S"; Irad. 
en fiançais, iii-8"; De principibus romanis, 
in-folio ; De antiquo rita baptizandi catecliu- 
menos, in-i" et in-8", s ivaul ; De republica 
roinuna, in-8°, Paris, 1588, j)rofoiid et ins- 
tr iCiif ; Festorum libri V, in-fol., >'enise, 
1557, livre peu comm n et ut. le pour lan- 
cienue histoire et Cilledu moyen à^e;De 
primatu Pétri ; Topogruphia Roinœ, t rauc- 
f/it, 3 vol. in-folio; De triumpho et ludis cir- 
censibus, Padoue, 1081, in-fdio; Chronicon 
ecclesiasliciim a C. JlXlii Cœsaris teinpore us- 
que ad Maximiliaaum II, in-foLo; ouviage 
pie n de rediercLies et bien propre à éclair- 
cir Ihistùii e tant ecclésiastique que profane ; 
De episcopatibus, titulis et diaconis cardina- 
liain; Annotutiones et sapplcinenta ad Plati- 
nam de vitis sanctis Po7itilicum ; De septem 
prœcipuis urbis Romœ basilicis. 

PAOLI ^D. SÉBASTIEN^ littérateur et anti- 



quaire, né dans le territoire de Luc lues en 
1681, se fit religieux dans la congrégation des 
clercs réguliers de la Môro de Dieu, si', dis- 
tingua par sa science, s'acquit l'estime des 
savants, surtout du maniuis d'Orsi, de l'abbé 
Salvini et de Laz^arini ; fut membre de plu- 
sieurs acailémies, et mourut d'îiydropisie on 
1751.11a enrichi b-s journaux d'Italie (J'un 
grand nombre de <iisserlations pleines d'éru- 
dition, sur les antiquités, l'histoiie, la cri- 
tique sacrée, la |>hysique, et''., entre autres 
sur le titre de Divin donné aux anciens em- 
pereurs, sur un médaille d'or de l'empereur 
Valens, sur VIJistoire de Naples de Pierre 
Giannone, etc. Plusieurs d(! ses Dissertations 
ont été imprimées à Luc jues et à Ven se en 
17V8 et 1/58. On a au>>i de lui des Vies de 
])]usieurs hoiniiies illustres, entre autres 
û'Ambroise ia/t'io^évèque de Nardo; de Phi- 
lippe Macchiarelli , relig eux camaldule. A 
ces(tuvrages 1 fiut ajouter: De la poésie des 
Pères grecs et latins dans les premiers siècles 
de Vlujlise, Na[)les, 171/i., in-S°; un;î Lettre 
sur trois manuscrits grecs ; Code diplomati- 
que de Vordre de Saint-Jean ou de Malte, 
1738, 2 vol. in-fol. Tous ces ouvrages sont 
en italien. 

PAPAI-PARIZ 1 François), né à Déez en 
Transylvanie eu 16'i-9, d'un mini.-tre |)rotes- 
tant, étudia en méiiecine à Francfort et à 
JNIarbourg, et fut fait docteur à Bàle. De re- 
tou.- dans sa patrie, il enseigna cette science 
pendant iO ans, et mourut en 1716. On a de 
lui : une Traduction en lalin de la Paix de 
/'dme de Pierre du Moulin; un Abrégé de 
VHistoire ecclésiastique de Hongrie et de 
Transylvanie, Zurich, 1723, in-8". On ne doit 
s'attendre à rien de tidèle sur cette nwlière 
de la part d'un prolestant, surtout à l'égaid 
d'une province que ceux de la secte ont à 
diiféreiites reprises bouleversée de fond en 
comble. Paix du corps, livre de raédecne, 
en hongiois. Dictionarium latino-hungari- 
cum, Leutschau, 1708, ouvrage d.' 15 ans de 
travail ; Dictionarium liungarico-latinum ; il 
n'est que l'éditeur lie cet ou\rage, qu'il a 
augmenté et corrigé ; Ars heraldica, 16J6, 
in-12; des Poésies, etc. 

PAPEBiiOCK, et plus exactement PAPE- 
BHOECK (Daniel), né à Anvers en 1628, se 
lit jésuite en 16'i-6, pr>)fessa les belles-lettres 
et la philosophie avec beaucoup de surcès. 
Les PP. Bollandus et H nscliedus, c Lec- 
teurs des Actes des Saints, l'assoc èr^nt à 
leur immense travidl. Il alla à Home av.c 
Henschenius en 16'o0, et y ama-sa une am- 
jjle co.leciion de matériaux. De retour à An- 
vers sur la fin de lGo2, il se livia sa;. s ré- 
serve au trava.l auqu^ 1 Oii l'avait destiné. 
11 était éga emeni propre à rétablir l'histoire 
dans les faits authentiques, et | ar sa sagi- 
cité et [) r ses r. -cherches, il épura la légende 
des faussetés dont elle fourmilla t. Le sa- 
vant jesuil.', ayant à fixer iorigim^ des car- 
mes, ne donna dans aucune chimère. 11 la 
marqu i au xir siècle; il assigna, d'après 
Bdi'oiiius tt Bellarmiii, le bienheuieuv Ber- 
thold pour le premier général de l'ordre. 
Quelques carmes, qui faisaient remonter leur 



229 PAP PâP 25Ô 

origine jusqu'à Elie, entreront en fureur. Ils en 1686, d'une famille noble et illustre, sm-- 
iniinuèieiit les Pays-Bas di; libi-U^'S épouvan- tout par son atiachcment inviolaiije à la re- 
tables conte Papcbrock, et le traitèrent avec li^ion de ses pères. Il s'engagea dans l'état 
ce ton de liauteur qu'un noble allemand ecclésiastique, exerça le saint ministère à 
prend à l'égard d'un gentilhomme de deux la Haye, et devint secret lire du cardinal 
jours. Le nouvel hmaèï, le Jésuite réduit en dAlsac»', archevêque de .Malines. Il exerça 
poudre, le Jésuite Papebrock historien con- Cet emploi avec zèle pendant vingt-qualre 
jcctural et bombardant, Orent beaucoup rire ans, et fut nommé vicaire général de ce dio- 
le publ.c. Les descendants d'Elie ne s'en erse pen iant le voyage que le cardinal lit à 
tinrent pas à des brochures. Us dénoncé- Rome. En 1717, il fut fOurvu dun caiionicat 
rent, en 1690, le P. Pa.jebrock au pape In- de la métropole de Maliiies, admis a ■ nom- 
nocent X et à l'inq .isilion de Madrid, comme bre des gradués en 1731, et fait archiprctre 
auteur des erreurs grossières qui remplis- de c tte église en 17.32. Son attention fut tou- 
saient bs li vo uini's des Actes des Saints jours tournée veis les devoirs de ses char- 
ge mars, avril et mai, à la tète desqueis on ges; cependant il sut trouver des moments 
voyait son nom. Quelles étaient ces éJTeurs ? de loisir qu'il consacra à l'étude, siirtout 
Celles-ci. 11 n'est |.as certain que la face de de l'histoire ecclésiastique, et à dévoiler 
Jésus-ChriSt nitété imprimée sur le mouchoir toutes les menées d'un certain pani. Epuisé 
de sainte Véroni(jue, ni même qu'il y ait de travaux et accablé de vieille-se, il mou- 
jamais eu une sainte de ce nom. Le Mont- rut à Malines le 13 décembre 1753, rej,retté 
Carmel nélait pas anciennem nt un lieu de de tous les bons catholiques. On a de lui : 
dévotion, et les carm s n'ont point eu le pro- Uistoria Ecclesiœ ultrajectinœ a tempore tnn- 
pliète Elie poar leur fon iateur, etc. Un P. tatœ religionis in fœderato BeUjio, Malines, 
Sébastien de Saint-Paul, carme, avait déjà 17:25, in -fol. C'est une hi>toiie de la 
dévoilé une partie de ces erreurs dans un petite Eglise, traduite ensuite en flamand 
gros volume imprimé à Cologne en 1693. et imprimée en cette langue en H(dlan- 
{Voy. son article.) Toiite rhuroj)e savante de, l'an 1728, in-fol.; Sex epistolœ de hœ- 
attendait avec iujpatience le jugement de rcsi et schismate aliquot presbyteroriim ul- 
Rome et de Mad id. L'inquisition d'Espa^jUe trajectensium, Malines, 1729, in-i"; Spe- 
prononra entin, en 16i)5, son anathèuie con- cimen eruditionis broedersianœ , Malines, 
tre les quatorze volumes d.s .Icfes de*- 5a/«^s. 1730, in-i". C'est l'examen ou la critiijue 
Le trioujphe des c rmes était comp.el ; mais d'un ouvrage que îNicolas'Broedersen, prêtre 
un incident vmt aiïaiblir leur glorc. Un le- schismatique d'Utreciit, avait publié sous 
ïi^ieux de la congngation de Saint-.lea!i de ce titre : Tractatus historiens primus de ca- 
Dieu dis|)uta d'ancici neté avec eux. 11 pré- pitulo cathedrali ecclesiœ metropolitanœ ul- 
tetidit que l'ordre des frères do la charité trctjectinœ ; Analecta belgica, La Haye, 1743, 
avait 900 ans de |)rimauté sur celui des car- <' vol. in-i°. On y trouve la Vie du prési- 
mes. Son rai.vonnement était tout simple. dentViglius, écrite par lu'-mème, et d'au- 
Abraham a été le premier général de^ frères tr.s pièces relatives à l'histoire des Pays-Bas, 
de la charité : ce grand patriarche fonda l'or- avec des notes judicieuses et intéressantes 
dre dans la vallée de Mambré, faisant de sa tle l'éd teur. Il y a toute ap[)arence que Pa- 
maJson un hôpital. Cependant les jésuites pendieciit eut beaucoup de pari à un res- 
furenl admis à se justiUer au tribunal de crit du cardinal d'Alsace contre Van-Der- 
l'inquisition. Le P. Papebrock d 'fendit, ar- Croon, firchevèque d'Utrecht, et auquel Var- 
ticle par artcle, les propositions dénoncées let, évèque de Babylone, répondit en com- 
au saiiit-ofnce. Ce tribunal, fatigué de cette posant sa 2° Apologie. 
atl'aire, défendit seulement les écrits faits PAPHNUCE (samtj, disci|ile de saint An- 
pour et contre ; le pape confirma ce sage dé- toine, puis évèque dans la Haule-Thébaïde, 
cret par un bref qui faisait défe se de t ai- confessa Jésus-Chri&t durant la persécution 
ter de l'insiitulion priuiiuve et ne la suce s- de Galère et de Maximin. Il eut le jarret 
siun de 1 ordre des cames par b'S ftroplieles gauche coupé, rœ;l droit arraché, et fut con- 
Elie et Elisée. Vog. saint Albert. Le P. Pa- damné aux mines. Ce généreux confesseur 
pebiock continua a travailler à son ouvrage, assista, dit-on, au concile dn\ ]Ni( ée en 325, 
et à bii^n mériter de la république des let- et y legut de grands honneurs. L'empê- 
tres jusqu à sa mort arrivée en 17ii, à 86 reur Constantin le faisait venir [tresque tous 
ans. Ce savant laborieux a eu grande part les jours dans son palais, et lui baisait la 
aux Acta Sanctorum des mois de mars, u'a- place de l'œil qu'il avait perdu pour la foi. 
vril, de mai et d;-juin ; et les volu, nés qui Socrate et Sozomène, pour l'ordinaire son 
contiennent CCS mois passent pour les plus copiste, rappor.ent que (juel^u s évoques 
exacts et les plus judicieux de et e vaste ayant pro. lusé uans ce C!)ncile u"obli-,er ceux 
compilation. 11 est auteur du Propglœum ad qui étaient dans les ordres sacrés à ne 1 on.t 
Acta Sanctorum Maii, in-fol. C'est un catalo- vivre avec les femmes qu'ils avaient éjiou- 
gue chrou que -historique dos souverains sées avant leur oïdinatio.,, Paphiiuce s'y op- 
ponlifes. Les exemplaires qui contiennent pusa, en disant q .'il fa lait s'en tenir à lan- 
l'Histoire des conclaves ont été défendus à cienne tra iiion de l'Eglise, qui défv'n>.ait 
Rome. Ses Réponses aux carmes sont en 4 seulement aux cicrcs de se marier api es leur 
volumes iii4°. ordination. Mais Baronius et dauties sa- 
PAPENDRECHT (CoR.\EiLLE-PàUL Hoynck. vants ont contesté avec raison ce trait d'his- 
van), théologien allemand, né à Dordrecht toire, et s'appuient sur le silence des autres 



S51 



PAP 



écrivains, ainsi qao sur l'aulorité de saint 
ïé onu. el .1.' s.m,t Kpiphanc Le premier .js- 
miro ii<lv. yiqilantium](iyiii les E^lis •.•> d O- 
riei.t d'Eg>pie et de Rome, n'adinellaient au 
nombre ties clercs que ceux (pu ^.udaient 
la coulineiu-,e, ou qui, ('"tant maries, piomel- 
taienl de regarder leurs IVmmes comme leurs 
sœurs. Saint Epii.l.ane s'exprime pres.pie 
dans les mêmes Icrmes De manier.' que 
pour tenir ce discours, Paphnuce eût .m 
Lorer la discipline de l'Eglise d Orjenl et 
d°Occiderit,cequi n'a aucune vraiseinmauce 
et (liii eût paru iorl étrange aux ères du 
concile. 11 parait même douieux si Papl.nuce 
a? sa h ce concile ; car son nom ne s.| 
tn.uve dans aucune des diverses listes qui 
nous donnent le nom et la signature des 
Pères de Nicée. L'abbé B irruel a donné sui 
ce '^uiet une savante et ample disserlaliou, 
qu'il conclut de la sorte : « ^o^rale a contre 
« lui le silence de 120 ans, sur un fai qu u e 
«foule d historiens, d. saints Pères et e 
« conciles auraient eu cent fois occas on de 

«raconter avant Y'^^V''^' ^u''' rLZ Id 
« dû raconter, s'il é ait vrai, i a Çont e lui 
«tous les saints Pères, tous les hislouons 
ni regardent le célibat des prêtres comme 
rescrit par les l-i. de l'Eglise longtciups 
;;rarSe^oneiledeN.cée..llacotrelu^ 

« les actes de ce concile, qui ne font pas a 
« moindre mention de ce lait et toutes le. 
«Hstesdes Pères présents ^ ce cm cile 
« dans lesquelles on ne trouve pa^ même e 
nom de cet évèque ; et surtout le canon ce 
« ce concile, qui ne m.t pas môme 1 éi)ouse 
: au l'o nbrè des femmes qui PC'iV.nt viv. e 
« sous le môme toit que le prêtre. 1 a con- 
« ire ui tous les conciles .lui, peu de temp 
« après celui de î^i.ée, ont renouvelé poai 
lis prêtres la loi du célibat, sans le mo n- 
« dre' égard pour le prétendu ff^t ;Jc ^^1 ^- 
«nuce.ll a contre lui. toute la ciôdu ii t 
« tout le défaut de connaissances lusiouiucs, 
«critiques, Ihéologiques , canoniques, que 
« ses -îdhércnt, mêmes lui reproche ni. Il a 
« conlre lui toutes les im|)osi,ures de son 
« vn.iUard h'rétique,Novat.en, s.;ul temo m 
« qu'il produise, el toute 1 absurdité du lait 
« L raisonnements qu'il F^te a Paplmuce 
« Si ce n'est pas là une démon.traton en 
« fait de craique, nous prions nos lec lems 
« de nousd.re quelle serad ne 1 absurdité, en 
« fait d'histoire, dont la lausselé soit demui- 
« née. )> Paph >uce sout.nt avec zèle , au 
concile.eTvr, la causo de saint Athanase, 
son ami, et engagea Maxim.', eveque de Je- 
rusilem, à prend. e sa deleuse. 

PAPLVS, évêqued'llié.aple, ville de Phry- 
rrie, fui disciple de saint Jean 1 Evangéhsle, 
avec saint Polycarpe. 11 composa un ouvrage 
en c.nq livres quil inlilula : Explication des 
discours du Seigneur. 11 ne nous re.^le de cet 
ouvrage que des fragments qui, au juge- 
ment u'Eusèbe, donnent un.ynaavaise idée 
de sa critique et de son goût, il fut auteu. 
de l'erreur des millénaires qui prétendaient 
que Jé.us-Christ viendrait régner sur la terre 
Re manière corporelle, mi le ans av;ait 
le jusemenl, pour assembler les élus, cpres 



PAP 232 

la résurrection, dans 1a ville de Jérusalem. 

Cette oDinion était fondée sur le chapitre 

j„ 1» 4 ^..r..,K,..cû n^i d pst (lit une les mar- 



XX de l'Apocalypse, où il est dit que les inar- 
rvrs régneront avec Jésus-Christ pendant 
mille ans; mais il est aisé de voir que celte 
espèce de prophétie, qui est tres-obscure 
en elle-même, ne doit pas être prise a la 
lettre 11 est essentiel de rema quer qu il 
va eu des millénaires de deux espèces. Les 
uns comme Cérinthe et ses disciples, < nsn- 
g aien" que, so :s le règnede J^^sus-Chris sur 
Il terre les iustes jouiraient d ui-e fel c '.é 
cm I.rel.e^Vui consistait dans les plaisirs 
des sens. Les autres croyaient que, so 'S le 
règne de mille ans les saints jouinacnt 
d'une félicité plutût si'intuel.e que corpo- 
relle et en excluaient les voluptés des sens. 
Quelques Pères ont embrassé cette opinion ; 
Lis^l est faux qu'ils l'aie.it jaiivas reg - 
dée comme un dogme de foi. ^''7^"^,^:^ '''; 
qui la suivait, dit formellement qu il Y. 
avait plusieurs ch éliens pieux, et d une foi 
imre, qui étaient du sentiment contraire, fc. 
Es' la suite du dialogue il ajou e que ous 
les chrétiens qui pensent juste sont de 
môme avis, il parle de la résurrection future 
e non du 'règne de mille ans, comme on 
très-bi.n remarqué les ^^^ll^^;f^ ^f,, '/J J 
Justin Barbeyrac et ceux quil cile onl donc 
bien toil de Le que les Pères sou enaien 
le rè-no ue rail e ans, comme une ^eIllC 
apôsto ique. 11 s'en faut de beaucoup que ec 
sentiment ait été ^nmi.me parm es Pe es. 
Origène, Denys cl'Al-xandr.e, son uscq..^ 
r-nus urètre de Rome, saint Jéiôrae, ei 
S' u^'es ont écrit contre ce prétenuu règne 
et l'ont rejeté comme ut;e fable. H " ff 
donc pas vrai que cette opimon ai été é a- 
blie sur la tradition la plus ^cspec b_c 'es 
Pères ne font point tradition, Imsqu ils dis 
pulent sur une question quelcoiKiue_« Les 
i prolestants, dit un théof .gien, ont mal 
« choisi cet exe mple pour déprime auto 
c< nié des Pères et de la tradition ; et es in 
« crédules qui ont copie les prO' Plants ont 
« montré bien peu 'le/.^^scernement Mos 
« heiui a fait voir qu'il y. avait «î^ \\ ^^^ 
« Pères au moins quatre opimons d t Uientcs 
« sur ce prébndu règne de ""^ c 'ins. '. 

PAPILLON (Philikubt), naqui à J> on le 
1- mai lGo6,'de Philipi>e Papillon, avoc 
iuf in-n/. Vorès avoir fait avec succès ses 

vint à Paris, et fut reçu docteur de bobon.ie 
er m'u De retour dans sa patrie, 1 > ut 
pô.rvu d'un canoniçal de la ^ '^Pel le-^aux- 
Riches, bénétice d'un revenu médioc'e 
maissuilisanl pourun hommequi n ava td au 
Ire ambi.iou que cePe de cultiver ^^^^^ 
et (lui d'ailleurs jouissait d un \^alni omt 
considérable. Une grande (uhiculte a se 
iZccr qu'il ne put jamais vaincre, Imbt 
u tter' la chaire et les fondions de confes- 
seur L'istoire littéraire de sa provinc. fut 

gue des auteurs de Bourgogne, en l^'^- ei 



233 



PAP 



1745, en 2 vol. in fol., par les soins de Pa- 
pillon de Flavignerot, son frère, maître en 
la chambre des comptes de Dijon. Cet ou- 
vrage a coûté beaucoup de recherches, mais 
il est écrit d'un style faible et lâche. Il y a 
quelques discussions qui pourraient paraî- 
tre minutieuses à un philosophe, mais qui 
sont nécessaires dans ces sortes de livres. La 
république des lettres est redevable à l'abbé 
Papillon , savant communicatif, d'un grand 
nombre de Mémoires intéressants, que le 
P. Le Long a insérés dans sa Bibliothèque des 
historiens de France, imprimée en 1719. Il 
fournit au même auteur beaucoup d'obser- 
vations, dont il a fait usage dans sa Biblio- 
thèque sacrée, composée en latin et impri- 
mée en 1723. Le P. Desmolets de l'Oratoire, 
successeur du P. Le Long, enrichit ses Mé- 
moires d'histoire et de littérature de divers 
morceaux précieux que lui avait communi- 
qués l'abbé Papillon. Ce dernier est encore 
auteur de la Vie de Pierre Abailard, et de 
celle de Jacques Amyot , évêque d'Auxerre, 
toutes deux imprimées en 1702. Il dirigea, 
par ses recherches et ses lumières, l'ouvrage 
de M. Garreau qui a pour titre, Description 
du gouvernement de Bourgogne, imprimée à 
Dijon en 1717, et réimprimée en 1734. L'àb- 
bé Papillon fut intimement lié avec le prési- 
dent Bouhier, le savant P. Oudin et le cé- 
lèbre La Monnoye, et a aidé de ses lumières 
beaucoup d'autres savants. La mort l'em- 
pêcha de mettre en ordre les matériaux 
qu'il avait recueillis avec soin pour l'histoire 
de sa province. L'abbé Papillon fut l'éditeur 
de VHistoire de la conquête de la Franche- 
Comté, composée par Pélisson. 

PAPILLON DU RIVET (Nicolas-Gabriel), 
jésuite, né à Paris le 19 janvier 1717, mort 
à Tournai en 1782, a traduit plusieurs Dis- 
cours latins du P. La Santé , et a fait quel- 
ques poèmes latins, entre autres : Templum 
assentationis , et Mundus physicus , effigies 
mundi moralis, oii il prétend trouver en mo- 
rale l'image des tourbillons physiques de Des- 
cartes. Parmi ses poésies françaises on dis- 
tingue VEpitaphe de Voltaire, et VEpitre au 
comte de Falckenslein; il y a des détails in- 
téressants, d'utiles leçons, et quelques louan- 
ges précoces. Ses Sermons, imprimés à Tour- 
nai, 1770, 4 vol. in-12 , ont eu du succès, 
feon éloquence est féconde, douce, coulante; 
son style châtié et correct ; mais il ne s'a- 
nime et ne s'échauffe pas assez : c'est un 
fleuve qui coule toujours d'une manière uni- 
lorme , sans agiter ses eaux. Son tempéra- 
ment était si délicat, que pendant trente ans 
11 n a vécu que d'un peu de lait et de pain 
nianc. 11 avait confié au P. Véron des ma- 
nuscrits pouvant former 2 vol. in-S" : c'é- 
taient des pièces fugitives , deux ou trois 
pièces dramatiques qu'il avait composées du- 
rant sa régence. Le P. Véron périt dans les 
massacres du 2 septembre 1792. 

PAPIN (IsAAc), né à Blois en 1657, étudia 
la philosophie et la théologie à Genève. Il 
apprit le grec et l'hébreu à Orléans, sous le 
mmistre Pajon , son oncle maternel , connu 
par ses opinions signalées sous le nom de pa- 

PlGT. DE BlOGRAPHlK BEUG, HI. 



PAP 



234 



jomsme. Ce ministre admettait le dogme de la 
grâce efficace ; mais il ne l'expliquait pas d'une 
manière aussi dure que les prétendus réfor- 
més en général, et Jurieu en particulier. Pa- 
)in embrassa le sentiment de son oncle et 
e défendit avec chaleur contre Jurieu; ce- 
ui-ci sonna le tocsin contre Papin , qui se 
vit contraint de passer en Angleterre et de 
là en Allemagne. l\ prêcha avec succès à 
Hambourg et à Dantzick. Dès que son ad- 
versaire le sut en Allemagne , il écrivit par- 
tout qu'on ne devait point lui donner de 
chaire. C'était, selon lui, un ministre indul- 
gent et faible, qui soutenait que, les catholi- 
ques se faisant gloire de suivre l'Ecriture , 
les protestants les plus zélés devaient les to- 
lérer. Papin, maltraité par ceux de sa secte, 
revint en France abjurer le calvinisme en- 
tre les mains du grand Bossuet, en 1690. Le 
fougueux Jurieu écrivit à ce sujet une lettre 
pastorale , bien digne de lui. Il y prétendait 
que le nouveau converti avait toujours re- 
gardé toutes les religions comme indiffé- 
rentes , et que c'était dans cet esprit qu'il 
était rentré dans l'Eglise catholique. Mais sa 
conversion fut si sincère que Papin, étant 
allé passer quelque temps chez sa tante, 
veuve de Pajon , contribua beaucoup à for- 
tifier dans la foi trois jeunes fds de cette 
dame, ses cousins germains. Il mourut à 
Pans, en 1709. Le P. Pajon, de l'Oratoire, 
son cousin, publia en 1723, en 3 vol. in-12, 
le recueil des Ouvrages composés par feu 
M. Papin en faveur de la religion. Cette col- 
lection offre plusieurs traités : La Foi réduite 
à ses justes bornes; de la tolérance des protes- 
tants , et de V autorité de V Eglise, on il réfute 
la prétendue lettre pastorale de Jurieu. On 
changea quelque temps après le titre de cet 
ouvrage , en l'intitulant : Les deux chemins 
opposés en matière dcreligion : V examen par- 
ticulier et le poids de Vautorité, Liège, 1713, 
in-12. C'est là qu'il faut apprendre à penser 
et à parler comme il convient sur la tolé- 
rance. Un auteur qui en avait eu besoin au- 
trefois est plus croyable que personne sur 
es sentiments que la religion, l'humanité et 
la politique prescrivent à l'égard des disciples 
de 1 erreur. La cause des hérétiques instruite 
et jugée par la méthode du droit, etc. Tous 
ces traités sont solidement écrits. 

PAPIRE-MASSON (Jean), né à Saint-Ger- 
main-Laval en Forez, en 1544, prit l'haf)it de 
Jésuite, et le quitta après avoir enseigné avec 
réputation en Italie et en France. Il se con- 
sacra à l'étude du droit à Angers , et se fit 
recevoir avocat au parlement de Paris. Ses 
connaissances et son intégrité lui méritèrent 
la charge de substitut du procureur géné- 
ral. Il l'exerça avec honneur, et mourut à 
Pans en 1611 , à 67 ans , vivement regretté 
des gens de lettres , dont la plupart étaient 
ses amis. Ses ouvrages sont : Annalium li- 
bri IV, Paris, 1598, in-4° , où l'on trouve des 
choses curieuses sur l'histoire de France ; No- 
titia cpiscopatuum Galliœ, ibid., 1606, in-8°. Il 
y a des recherches et des inexactitudes; Vita 
Joannis Calvini, in-4°. Cette histoire, qui est 
assez bien écrite, appartient, sUiVant quelque* 

6 



23.") 



PAP 



PAR 



uns, à Jar^Hos Gillol; dos r.lofjea lalins dos 
Jioiiiiues illi.'slros, recueillis ])ar Jialesdens, 
do racail('mic IVaiJçaisc, 105(), iii-8' : ils sont 
plus 0!ii|)liali(jucs qu'inslnicliis; une Ilisluiro 
des |). |)CS sous co t Iro : De episcopis nrOis, 
î5S(i, in-V; une Description de lu France par 
/r.-; rivières. L'ai)ljé Baudiand en a donne une 
('dilion avec dos noUis, 1085, in-8', on latin. 
De 'lliou a écrit sa Vie; elle se trouve à la 
le te des FAoqes. 

PAPPI': i)i: rilftVEUN (Jean-François-Ma- 
niE Lit), évèquo do Strasbourg, né le :>2 oc- 
tobre 175's-, à Morlaix, d'une famille liono- 
rai)le de la Basse-Iirelaj^ne, lit ses études au 
collège deOuimiicr , i)uis au collège du Ples- 
si-r: à Paris. Vax 1775 il entra aus>'niinaire de 
Snint-.Magloire où , a|)rès avoir fait quatre 
années de théologie, il présida pendant trois 
iuis aux exercices théologiques des sémina- 
ristes en qualité de maître tles conférences. 
11 suivit ensuite le cours de la Sorhonne , et 
fut fait docteur en théologie on 178'*. Ayant 
reçu la même année la prêtrise, il fut nommé 



236 



rossourcos qui on assurassent l'avenir. Mon- 
seigneur Le Pappe de Trévern , toujours vi- 
gilant pour la défense des saines doctrines, 
fut un des premiers h condjattre le système 
de Lamennais, et plus tard il signala et con- 
dainna des erreurs funestes que des hommes, 
animés d"ailleuis dos meilleures intentions, 
avaient ])r()duiles dans sou diocèse. Son 
grand âge ne lui permettant plus d'adminis- 
trer par lui-mènu^ un coadjuteur lui fut 
donné. Le Pappe de Trévern mourut le 27 
août 18V2, Agé de 88 ans, à Marlenheim, où 
il avait (ixé sa révidence. 

PAPPUS (Jii.vx), théologien protestant, né 
à Lindau en I5'i.9, devint, dès lYige de 21 ans, 
ministre et professeur h Strasbourg, et mou- 
rut en IGIO. On a de lui en latin un Abréqé 
de Vhistoirc ecclésiastique , 1584. , in-8" ; "et 
([uelques livres de controverse, \xi-h\ qui eu- 
rent de la vogue- dans le temps, mais dans 
son parti seulement. 
PAQUOT (Ji:AN-NoKL),né l'an 1722, à Flo- 
, . rennes, petite ville de la principauté de Liège, 

vicaire général de l'évèque de Langres, La étudia chez les jésuites de Liège, et devint 



Luzerne 



ment à la constitution civile du cierge 
passa en Angleterre 



Il ne voulut })oint prêter le sei 

', et 

Après avoir refusé 
i'hospitaiilé généreuse que lui offrait lord 
Cariislc, parce que beaucoup de sosconh'ères, 
disait-il , en avaient plus besoin que lui, il 
se décida enfin à l'accepter , cl eut occasion 
de voir dans celle maison toute la haute so- 
ciété de Londres. C'est. alors que pour dissi- 
per les préjugés que ces hauts personna-^es 
nourrissaient contre la religion catholique , 
il entreprit un ouvrage qu'il publia plus tard 
sous le titre de Discussion amicale. Il en ava't 
amassé presque tous les matériaux lorsqu'il 
quitta Londres, pour aller se charger de 
l'éducation du prince Paul Esterhazy, en Au- 
triche. Il y termina l'ouvrage dont nous ve- 
nons de parler , et le lil paraître à Londres. 
Le succès en fui grand ; aussi les membres 
de l'Eglise anglicane s'en émurent, et Staidey 
Faner, recteur de Long-New ton-Durham , 
essaya d'y réponilre da:is un écrit inlitulé: 
Difficultés du romayiisme. Mais au lieu de dis- 
cuter iVanchomcnl les questions traitées dans 
la Discussion amicale, le ministie anglican 
s'cllbrçait de les tourner . Monseigneur Le 
Pappe "de Trévern lui Ut une réphque con- 
cise et j.éremptoire socs le titre de Défense 
de la Discussion amicale. En ISIV , le prélat 
rentra en France ; il s'en éloigna de nou- 
veau dans les cenl-jours , et n'y retourna 
(pi'en 1818. Il vint à Strasbourg en 1822, et 
y donna des conférences qiu furent ensu te 
'pui)liées sous le tiuo de Discours sur l'in- 
crcdulilé cl sur la certitude de la révélation 
chrétienne. Nommé évoque d'Aix en 1823 , il 
fut transféré, en 1827, sur le siège de Stras- 
bourg, et l'année suivante il reçut le titre 
de conseiller d'Et;il. Le prélat porta principa- 
lemen!- son atlentiun sur Tinstruction du 
clergé; il (il un a[)pel a la générosité de ses 
dio.'ésains, et s'imposa à lui-même de grands 
sacriiices pour donner au grand et au j)elit 
séminaires de Strasbourg les b;\timonts qui 
leur manquaient, et pour leur fouinir des 



l)rofesseur de langue hébraïriue dans i uin- 
vorsité do Louvain. L'impératrice Marie- 
Thérèse lui conféra Je titre de conseiller 
historiographe. Il occupa ensuite la ^chaire 
d'Ecriture sainte au séminaire de Liège , où 
il connut l'abbé de Feller, qu'il aida dans la 
coniiiosilion de son Diction; aire historique. 
Sur la lin de ses .jouis il fut disgracié , et 
perdit ses emplois, parce que, en sa qualité 
d'historiographe, il avait refusé de seconder 
queiques prétentions injustes de la maison 
d'Auiriche. Il trouva un refuge dans la mai- 
son d'un ami géiièreux de Liège, et c"est là 
qu'il mourut en 1803, âgé de 81 ans. En 1812, 
un journal de Liège donna sur Piiquot une 
notice dans laquelle on loue son attache- 
ment au siège de Rome et au souverain pon- 
tife, et le zè'e avec lequel il combattait les 
erreurs philosophiques de son temps. Il a 
donné un assez grand nombre d'ouvrages 
comme éditeur, et il a traité avec un soin 
j)aiti<:ulior ceux qui ont rapport à l'histoire. 
Paquot est auteur de Mémoires pour servir à 
l'histoire littéraire des dix-sept provinces des 
Pays-Bas, de laprincipaute de Liège, et de quel- 
ques contrées voisines, Louvain, 17G5-1770, 
3 vol. in-folio , ou 18 vol. in-12, ouvrage ]»eu 
agréable à lire, mais utile, et qui fait regretter 
que l'auteir ne l'ait pas continué. 

PARA DU PHANJAS (l'abbé François), 
une des intelligences les plus remarquables 
du x.vin' siècle, a été cependant oublié dans 
la plupart des Dictionnaires. M. Ma'lrollelui 
a enfin censacré, dans le Su[)plément à la 
B.ographie universelle de Miehaud, un re- 
marquable article dont nous proiilerons pour 
composer cette notice. Para du Phanjas na- 
quit le 15janvier 172'*, au château du Phan- 
jas, petit hameau du village doChabottes en 
Champsaur, et fut placé de bonne heure au 
collège des jésuites à Embrun. Il fut adiais 
dans leur société avant même d'avoir fini ses 
éludes, et il se distingua coiMme professeur 
(ians les élaùlisscments de Marseille , de 
Gicnoble, de Bi?sançou. 11 fonda dans cette 



257 



PAR 



PAR 



258 



dernière ville im cours de philosophie d'où 
sortirent des sujets éminents , tels que d'O- 
live t, Bijllet, leJP. Elisée, Nonotte, Le Fran- 
çois, .loly, Viguier, etc. Le premier écrit de 
Para fut publié en 1767, chez Daclin, impri- 
meur du roi, sous le litre iï Eléments de meV 
taphijsique sacrée et profane^ ou Théorie des 
Etres insensibles, variante que l'auteur devait 
préférer un jour pour la nouvelle édition de 
sa Philosopliie , et qu'il devait étendre à la 
Physique, sous la formule de Théorie des 
Etres sensibles. L'auteur expose ainsi son 
but dans une Introduction : « La philosophie 
« a pour objnt et les êtres sensibles i\n\ af- 
« fectent nos sens, et les êtres insensibles 
« qui ne donnent prise qu'à notre esprit. 
« Les êtres sensibles sont l'obj t de la phy- 
« sîque ; les êtres insensibles sont l'objet de 
« la métaphysique. La métaphysique ainsi 
« conçue est évidemment la [tlus intéres- 
« saute de toutes les sciences , puisqu'elle 
« embrasse, comme on le verra en détail 
« dans les traités suivants , toutes les con- 
« naissances qui doivent le plus intéresser 
« Ihomme. Ne serait-il pas évi-iemment et 
« plus important et plus satisfaisant pour 
« moi de bien connaître mon ;hne , qui fait 
« la principale partie de moi-môme ; di; bien 
« connaître mes sensations et mes idées, par 
« lesquelles je vis et avec moi et avec mes 
« semblables ; de bien connaître l'Auteur de 
« mon existence, avec quije dois avoi r des lap- 
« ports si intimes et si essentiels; de bien con- 
te naître ma tinou ma destination, mes devoirs 
« ou mes obligations qui doivent régler ma 
« conduite et mes mœurs , d'où dépend 
« sans doute mon bonheur ou mon malheur , 
« que de connaître les courbes célestes, la 
« marche des astres, les lois du mouvement, 
« toute la théorie de la nature visible ; cho- 
« ses qui, m'étant plus étrangères, doivent 
« conséquemment m'être plus indifférentes ? 
« Une théorie complète de métaphysique, où 
« toutes les parties de cette science seraient 
« clairement et solidement enchaînées à un 
« petit nombre de principes bien établis 
« et faciles à saisir, où l'on ne trouverait ni 
« la" triste sécheresse, qui énei ve et étoutfe 
« le génie, en voulant l'instruire et le for- 
«mer; ni la pédantesque subtilité q'ii le 
« rrtpetisse et l'abâtardit, ni l'ennuyeuse 
« ()rolixité qui le rebute, l'emb. ouille et 
« ra;)pauvrit, en paraissant l'étendre et l'en- 
« richii' ; où de l'ensemble de toutes les 
« connaissances métaphysiques se formerait 
« un tout organisé et sohde, un système 
« généial de lumière, également intéressant 
« et sensible, une telle tliéo' ie serait évi- 
«demment un ouvrage inliniuient utile à 
« l'esprit humain, dont il réglerait la marche 
« dans la recherche de la vérité, qu'il déli- 
« vrerait du ténébreux chaos où le plongent 
« de nos jours. les sciences destinées ii l'éclai- 
«rer. Telle est l'idée que nous nous sommes 
«formée d'un utile cours de métaphysique ; 
a telle est l'idée que nous avons tâché de 
v< rendre et de remplir dans l'ouvrage que 
« nous donnons au public ; ouvrage dont 
^l'utilité regarde également, et cette nom- 



« breuse partie de la jeunesse nationale qui 
« s'occupe utilement des études philosophi- 
« ques, elle commun des chrétiens qui aime 
«à s'instruire des grands objets de sa iCii- 
« gion , et un petit nombre di* femmes du 
* monde qui, nées avec un esprit capabiede 
«connaissances systématiquement liées et 
« ai'profondies , se {daignent quelquefois 
((qu'une langue morte leur ferme la carrière 
((philosophique, et les éloigne u'une science 
« qui occuperait plus utilement leur loisir 
(( que la science des romans langoureux ou 
« de la petite gazette médisante. » Les Elé~ 
ments de métaphysique firent à leur auteur 
une grande réputation, il se rendit à Paris, 
où M. de Beaumont, archevêque, et la jirin- 
cesse Adélaïde, tante de Louis XVI, lui ti- 
rent une pension sutTisante pour qu'il put se 
livrer à ses travaux en toute liberté. En 1774, 
parurent Les principes de la saine philosophie 
conciliés avec ceux de la religion, ou La phi- 
losophie de la religion, 2 vol. in-12, dont il 
parut une nouvelle édition en 1792. Sa Tiiéa- 
fie des Etres insensibles, développée et per- 
fectionnée, fut réimprimée en 1779, en 3 
vol. in-8% et une autre édition en fut donnée 
plus titrd à Lyon. En 1782, il fit [laraître, en 
Jatin, ses Institutiones philosophicœ, h 1 usage 
des s'minaires. Para du Phanjas voulut faire 
.pour les sciences dites exactes ce qu il avait 
îait pour les autres , un ensemble , une 
Somme, et il publia, en 178G d'abord, puis en 
1788, cinq vol. in-8% qui forment, avec les 
Principes du calcul [V édit., 1773, 2' édit. 
augm., 1783), un ouvrage sans exemple et 
fondamental. En 1780 et 1788, il publia de 
nouveaux £'/e«îertfs de sa Métaphysique, et, en 
1787 et 1788, des Eléments de Physique, 
puis il donna une Théorie des nouvelles dé 
couvertes, relative à la chimie. Après avoii 
iGOinmuncé i)ar la religion, dit M. Ma- 
drolle. Para du Phanjas voulut finir par elle 
et pour elle. Il avait, dans les Etres insensi- 
bles et la Philosophie de la Religion, plutôt 
établi la théorie du chrisiianisme; il voulut 
y ajouter l'Histoire de la Religion, ou i lutôl 
la vraie fthilosoph e de son histoire, que 
Bossuet, ainsi qu'il l'a oue lui-même, eut à 
peine le lem{)s n'essayer dais son Discours. 
L'abbé Para publia, en HS'i-, le premier vo- 
lume de son nouvel et dernier ouvrage, sous 
le titre de Tableau historique et philosophique 
de la Religion, depuis l'origine des temps et des 
choses, 1 vol. in-8% orné de cartes a^trono- 
m.ques, géografihiques et géologiques. Il a 
jour oljjet la religion primiàve du genre 
lumain. C'est un morceau sans égal dans la 
ittératue chrétienne, et qui fera toujours 
regretter la perte probible du second : la 
Religion de Moïse et la Religion primitive ; 
et du troisième : la Religion évangéiique. Il 
parait que, sous la révolution, Para crut pou 
voir prêter le serment de soumission de- 
mamlé au clergé ; mais il s'em[)ressa de se 
rétracter dès qu'il connut les intentions du 
souverain pontife, à qui il écrivit une lon- 
gue lettre à ce sujet. Sa mon, arrivée au 
mois de mai 1797, à Paris, fut édifiante. Sa 
. Philosophie de la religion fait partie du 



239 



PAR 



PAR 



240 



tome X de la grande collection dos Dé- 
monstrations évangéliques , publiées par 
M. Migne, 18V3-18V9, en 18 vol. in-i». 

PAKADES ou PARADISO. Voy. Cluse. 
'•' PARADIN (Guillaume) , laborieux écri- 
vain, né vers 1510 à Cuiscaux dans la Bresse 
chAlonaise, est auteur d'un grand nombre 
d'ouvrages. Les principaux sont : l'Histoire 
d'Aristée, touchant la version du Pentateu- 
quo , in-4° (Voy. Aristée et Palmieri) ; 
l Histoire de notre temps, faite en latin par 
Guillaume Paradin, et par lui mise en fran- 
çais, Lyon, lo5-2, in-16. C'est la traduction de 
VHistoria Galliœ, dont nous parlons plus 
bas. Elle est assez estimée, mais il est diffi- 
cile d'écrire l'histoire du temps sans flatter 
plus ou moins ; Annales Burgundiœ, in-4° ; 
De 7noribus Galliœ historia, in-i" ; Mémoires 
de l'histoire de Lyon, 1625, in-folio ; De ré- 
bus in Belgio anno 15i3 gestis, 15i3, in-i" ; 
La chronique de Savoie, 1602, in-folio ; His- 
toria Galliœ a Francisci I coronatione ad 
onnwm 1550 ; Historia Ecclesiœ gallicanœ ; 
Memorialia insignium Franciœ familiarum... 
Paradin était doyen de Beaujeu ; il mourut 
en 1590 d uis un âge très-avancé. 

PARADIS DE RAYMONDIS (Jean-Zacha- 
hie), homme de lettres, naquit à Bourg en 
Bresse, le 6 janvier 17i6. Son père exerçait 
dans cette ville la charge de lieutenant géné- 
ral du bailliage, dans laquelle Jcan-Zacharie 
lui succé la fort jeune. Cependant il se vit 
contraint de s'en démettre à cause de la fai- 
blesse de sa santé ; et, d'après l'avis des 
médecins, il passait tous les hivers à Nice. 
11 y connut Thomas, avec lequel il se lia 
d'une amitié sincèn', et dont u déplora la 
mort arrivée en 1785. Paradis se trouvait à 
Nice, en septembre 1792, lorsque le général 
français Anscline, ayant passé le Var, vint 
attaquer les Piémontais , et s'empara du 
comté de Nice. Opposé aux maximes révolu- 
tionnaires. Paradis se retira à Udine, dans 
le Frioul. Quand il eut apprisque Louis XVI 
allait être mis en jugement, il sollicita l'hon- 
neur de le défendre ; la Convention n'eut 
aucun égard à sa demande. En 1797, ilrevint 
en France, resta quelque temps à Paris, 0{i 
il publia son ouvrage des Prêtres et des Cultes, 
et bientôt après il retourna dans son pays, 
où il se livra à l'étude de l'agriculture. Il fît 
un voyage à Lyon, et y mourut le 15 décem- 
bre 1800, à l'âge de cinquante-quatre ans. 
On a de lui : des Opuscules sur î améliora- 
tion des terres, sur la culture des pommes de 
terre, etc.; un Traité élémentaire de la morale 
et du bonheur (sans nom d'auteur), 2* édition 
1795 ; Des prêtres et des Cultes, Paris, 1797 : 
ouvrage très-estimé. Un journaliste qui en 
rendit compte, dit : « Personne n'a vanté ce 
« livre ; mais son mérite a percé , comme 
« l'odeur de la violette s'élève du sein de 
«l'herbe.Larenomméeatteindral'auteuidans 
« son obscurité et sa retraite, oii il mérite de 
« trouver le bonheur dont il a si bien en- 
«seigné \i recherche. » Paradis de Raymon- 
<lis était doux, bienfaisant et modeste. 

PARADIS (LÉONARD , curé de Notre-Dame 
de Boûn^Nouvelle^, né à Moulins d'une fg- 



' mille honnête et nombreuse, fit ses études 
avec succès aux Robertins à Paris , et fut 
vicaire dans lo diocèse d'Autun dont Moulins 
dépendait alors. Il revint ensuite h Paris et 
fit partie du clergé de Saint-Roch pendant 
quarante ans, à l'exception des six années 
qu'il passa dans l'exil sous la révolution. 
Depuis longtemps il était vicaire de cette 
paroisse , lorsqu'on 1830 il fut appelé à la 
paroisse de Bonne-Nouvelle, dont la cure 
était vacante par la mort de son frère. L'abbé 
Paradis est mort le 18 mars 1831, après avoir 
publié depuis la restauration plusieurs écrits : 
De l'obéissance due au. pape, ou Réfutation de 
l'adresse aux deux chambres de Vahbé Vinson, 
1815, in-8° : l'abbé Vinson était un prêtre 
anti-concordataire : son adversaire lui prouva 
de la manière la plus évidente par l'Ecriture, 
la tradition et le témoignage d'un grand 
nombre d'évêques français, que le na{)e 
n'avait fait qu'user de son droit en signant 
le concordat de 1801. Tradition deVÈglise 
sur l'infaillibilité du pape, 1820, in-8". Si 
l'on peut dire que l'abbé Paradis était un 
ultramontain, il faut avouer qu'il professait 
un ultramontanisme bien modéré. — Paradis 
(Jean-Baptiste), frère du précédent, curé .de 
Bonne-Nouvelle pendant les quatre dernières 
années de sa vie, est mort le 5 mars 1830. 
Né près de Moulins, il avait été curé de 
Dorne dans le diocèse de Nevers, puis vi- 
caire à Notre-Dame et successivement curé 
de Sainte-Valère et de Bonne-Nouvelle. 
C'était un ecclésiastique très-distingué. 

PARAMO (Louis de) inquisiteur espagnol, 
publia à Madrid, en 1597, in-fol., l'ouvrage le 
plus rare et le plus curieux que nous avons 
sur le tribunal appelé le Saint-Office. Ceïivre 
est intitulé : De origine et progressu officit 
sanctœ inquisitionis ejusque utilitate et digni- 
tatc, libri IJI. Il a été traduit en français par 
Morellet sous le titre de Manuel des inquisi- 
teurs. L'auteur était parfaitement instruit de 
la matière qu'il traitait ; il est exact dans 
les faits et les dates. Quant au tribunal dont il . 
fait iTiistoire, voy. Isabelle de Castille, Lim- 
BORCU, Nicolas ëymerick, Torquemada, etc. 

PARCTELAINE. Voy. Quatresoux. 

PARENNIN. Voy. Parrenin. 
5 PARES ou PÉRÈS (Jacques), théologien 
espagnol, connu sous le nom de Jacques de 
Valence, sa patrie, se fît religieux parmi les 
ermites de saint Augustin, et devint évêque 
de Christopole. Son zèle et sa charité le ren- 
dirent l'objet de l'amour et du respect de ses 
ouailles, qui le perdirent en 14.91. On a de 
lui des Commentaires sur les Psaumes, sur le 
Cantique des cantiques , etc. ; un livre contre 
les juifs, De Christo reparatore generis hu- 
mani, Paris, 1518, in-fol. 

PAREUS ( Dav» W^ngler , plus connu 
sous le nom de), né à Franckeinstein dans la 
Silésie, en 15i8, fut mis d'abord en appren- 
tissage chez un cordonnier ; mais son maître 
le tira de cet état pour le faire étudier. Son 
professeur, de luthérien le rendit calviniste, 
et lui procura ane place dans l'académie d'Hei- 
deiberg. Pareus y obtint ensuite une chaire 
de théologie , et mourut en 1^2, à 7i am. 



^1 



PAR 



Sa vie ne fut guère tranquille : sans cesse 
occupé de disputes contre les catholiques, il 
ne sut m faire des heureux, ni l'être lui- 
même. Oh a de lui différents traités contre 
Bellarmm , et d'autres ouvrages de contro- 
verse, qui se trouvent dans le Recueil de ses 
Œuvres, publiées par son fils à Francfort, 
en 1647, en 4 vol. in-fol. Ce recueil renferme 
aussi des Commentaires sur VAncien et le 
Nouveau Testament. Son Commentaire sur rE- 
pître de saint Paul aux Romains fut brûlé en 
Angleterre par la main du bourreau, comme 
contenant des maximes contraires aux droits 
des souverains. 

^PAREUS (Jean-Philippe), fils du précédent, 
né à Hemsbach, près de Worms, en 1576, a 
été un des plus laborieux grammairiens de 
1 Allemagne. 11 fut recteur de divers collèges, 
et en dernier lieu de celui de Hanau , où il 
mourut vers 16V8. Nous avons de lui : Lexi- 
concriticon, Nuremberg : ce n'est qu'un gros 
in-8% mais qui lui coûta des recherches ; Lexi- 
con plauttnum, 1614, in-S» ; c'est un vocabu- 
laire des comédies de Plaute ; Electa plautina, 
1617, in-8°. Il s'était élevé entre Pareus et 
Gruter une querelle furieuse à l'occasion de 
Plaute. On en voit des traces dans ce livre, 
assaisonné de toutes les élégantes saillies des 
crocheteurs. Une nouvelle Edition de Plaute 
en 1619, avec de savantes remarques ; Electa 
êymmachiana, in-S* ; Calligraphia Romana , 
in-8°; des Commentaires sur l'Ecriture sainte, 
et d'autres ouvrages. 

PAREUS (Daniel), fils du précédent, mar- 
cha sur les traces de son père. Il fut tué par 
^es voleurs de grand chemin vers l'an 1645. 
Vossius en faisait beaucoup de cas. On a de 
lui un grand in-4% intitulé : Mellificium at- 
^a"^ il ^'^^' "" recueil de lieux communs 
tirés des auteurs grecs; Historia palatina, 
Francfort, 1717, in-4° : c'est un assez bon 
?*^7|e; iWerfu//a historiée ecclesiasticœ , 1633, 
in-12; Medulla historiée universalis, in-12; un 
^e^icon avec des notes sur Lucrèce , in-8». 
PARHAMMER (François) , jésuite de la 
province d Autriche, se consacra à l'instruc- 
iion des paysans, et parcourut un grand nom- 
bre de provinces avec des travaux et des suc- 
cès extraordinaires. L'empereur François I" 
1 ot)ligea d abandonner une carrière q'ui lui 
était SI chère, et d'être son confesseur. Il 
s occupa en même temps à former des éta- 
blissements utiles de plus d'un genre. La 
forme qu il donna à la maison des orphe- 
lins et pauvres enfants de soldats, l'exercice 
militaire qu il y introduisit , l'ordre exact et 
sévère qui y régnait, en avaient fait un objet 
de curiosité pour les étrangers. Après l'ex- 
tinction de la société, il continua d'avoir la 
direction de cette maison. L'empereur Jo- 
sepn II respectait ses vertus et son zèle. Peu 

&r/' *''*"* '* T^^ ' '^ ^"i avait otfert un 
évêché ; sur un refus du modeste ex-reli- 
f^^à ^ "^•^n^'^que lui donna deux mois pour 
délibérer. La Providence décida la cfiose 
f«m ^^"^^''^P^s prompte. Avant que ce 

r^^l^îPJ/^'''*'"' '^ °"°"''ut à Vienne le 1'- 
mars I7oo. 

PARIS (Matthieu), bénédictin anglais, au 



PAR 



UA 



\ , 



monastère de Saint-Alban, mort en 1259, pos- 
sédait à la fois l'art de la poésie, celui de l'é- 
oquence, la peinture, l'architecture, les ma^ 
thématiques , l'histoire et la théologie II fit 
paraître tant de régularité, qu'on le chargea 
de réformer les monastères. Il s'en acquitta 
avec zèle et avec succès. Son principal ou- 
vrage est : Historia major, sive rerum angli. 
carum historia a Guilldmi conquœstoris ad~ 
ventu (1066) ad annum 43 Henrici IH (1259) 
édita studio Matthœi Parkeri, Londres, 1571 
in-fol.; avec des additions par Guillaume Wats* 
Londres, 1640,2vol. in-fol.Ilyauneappendice 
gui commence en 1260, et finit en 1273. Il est 
de Guillaume de Rishanger, moine de Saint- 
Alban, et historiographe du roi Edouard. 
Guillaume Cave assure que Matthieu Pa- 
ns a copié de la Chronique de Roger de Ven- 
dover, ce qu'il rapporte jusqu'à l'année 1235. 
Le style en est pesant et lourd ; l'auteur écrit 
avec beaucoup de sincérité le bien et le mal, 
a moins qu'il ne prenne parti dans une af- 
faire 'C'est alors, dit un critique, le moins 
croyable de tous les historiens. Matthieu avait 
lait un abrégé de cet ouvrage, qu'il intitula 
Historia minor, par opposition à sa grande 
Histoire, qu'il appelait Historia major. 
• ^^^^^ (François), né à Châtillon, près Pa- 
r^i'u^H?^ famille pauvre, fut domestique de 
1 abbé Varet, grand vicaire de Sens, qui le fit 
élever au sacerdoce. Il desservit la cure de 
Samt-Lambert, travailla ensuite dans une 
autre, et vint se fixera Paris, où il mou- 
rut fort âgé en 1718, sous-vicaire de Saint- 
Ltienne-du-Mont. On a d^ lui divers ouvra- 
ges de piété ; les principaux sont : les Psau- 
mes en forme de prières, in-12; Prières tirées 
de l Ecriture sainte, paraphrasées, in-12; un 
Martyrologe, ou Idée de la vie des Saint 5,11^-8" ; 
Traité deVusage des sacrements de pénitence 
et d eucharistie, imprimé en 1673, par ordre 
de Gondrin, archevêque de Sens ; revu et cor- 
rigé par MM. Arnauld et Nicole ; Règles chré- 
tiennes pour la conduite de la vie, etc. , in-12 • 
quelques écrits pour prouver, contre Boc- 
quiilot, « que les auteurs peuvent légitime- 
« ment retirer quelque profit honnête des 
« ouvrages qu'ils font imprimer sur la théo- 
« logie et la morale. » L'abbé Bocquillot sou- 
tenait le contraire, et agissait d'après ce» 
principes : il faut convenir que s'ils sont sé- 
vères en ce point, ils sont plus nobles et plus 
généreux que ceux de son adversaire. 

PARIS (François be), fameux diacre, était 
tus aîné d un conseiller au parlement de Pa- 
ns, où il naquit le 30 juin 1690. Il devait 
naturellement succéder à sa charge, mais il 
aima mieux embrasser l'état ecclésiastique. 
Après la mort de son père, il abandonna ses 
biens à son frère. 11 fit pendant quelque 
temps des catéchismes à la paroisse de Saint- 
Corne, se chargea de la conduite des clercs, 
et leur fit des conférences. Le cardinal de 
Noailles, à la cause duquel il était attaché, 
voulut le faire nommer curé de cette pa- 
roisse ; mais un obstacle imprévu rompit 
ses mesures. L'abbé Paris, après avoir es- 
sayé de diverses solitudes , se confina dans 
une maison du fauJ:)ourg Saint-Marcel. 11 s'y 



3i5 



PAR 



PAR 



^44 



livra au travail des mains, et faisait des bas 
au métier pour les panvri'S. Il mourul dans 
cet asile en 172T,à37 ans. L'a hbn Paris avait 
adhéré à ra|)p(!l de la bu'.lc ljiii<jcnilus , in- 
terjeté par les (jiiatre cvcmiucs; il avait re- 
nouvelé son ap|)e] en 1720. Avant de faire 
des bas, il avait enfanté i\^s livres assez mé-, 
diocres. Quel(|ues-uns disent qu'on les lui a 
supposés poui' lui fiire un nom. Ce sont des- 
Explications sur \'Iipître de saint Paul aux 
Romains, sur celle aux Gatate-f, et une Anor- 
lyse de VEpitrcaux Hébreux, exi)lications que 
peu de p' rsonnes lisent. Sou frère 1 li ayant 
fait ériger un tombeau dans le petit cime- 
tière (le Saint-Médard , tous b'S dévots du 
parti allèrent y faire leurs prières. Il y eut 
di's guérisons qu'on disait merveilleuses, il 
y eut des convulsions qu'on trouva dange- 
reuses et ridicules. La cour fut entin obligée 
de faire cesser ce spectacle, en ordonnant la 
clôture du cimetière, le 27 janvier 1732. Com- 
ment, après un tel éclat, les jansénistes ont- 
ils prétendu passer pour un fantôme , pour 
une secte qui n'existait que dans l'imagina- 
tion des jésuites? Leur sé[)aratiou n'est-elle 
d'ailleurs pas manifeste dans la prétendue 
église d'Utrecht, méconnue de tous les ca- 
tholiques de l'univers? Ce tombeau du dia- 
cre PAris fut le tombeau du jansénisme dans 
l'esprit de bien des gens. Le célèbre Duguet, 
quoique d'ailleurs très-attaché au parti, re- 
gardait ces farces avec indignation et avec 
mépris. Petit-Pied en fit voir la sottise dans 
un ouvrage composé exprès. [Voy. son arti- 
cle.) Le fanatique Mésenguy, au contraire, 
ne craint pas de les associer aux miracles 
de l'Evangile , et à ceux qui dans tous les 
siècles ont illustré l'Eglise catholique. Un 
philosophe anglais, de déiste redevenu chré- 
tien par des rétlexions faites sur la conver- 
sion et l'apostolat de saint Paul, mylord Geor- 
ges Littleton {Voy. ce nom), a parlé ainsi de 
ces prétendus miracles : « Us étaient soute- 
« nus de tout le parti janséniste, qui est fort 
« nombreux et fort puissant en France, et 
« composé d'un côté de gens sages et habi- 
« les, et de l'autre de bigots et d'enthou- 
« siastes. Tout ce corps entier se réunit et 
« se ligua pour accréditer les miracles que 
« l'on disait s'opérer en faveur de leur parti; 
« et ceux qui y ajoutèrent foi étaient extrô- 
« mement d sposés à les croire. Cependant, 
« malgré tous ces avantages, avec quelle fa- 
« cilité ces prétendus miracles n'ont-ils pas 
« été supprimés? Il ne fallut pour réussir. 
« que murer simplement l'endroit où cette 
« tombe était placée..... Si Dieu eût réel- 
« lement opéré ces miracles, aurait-il souffert 
« qu'une misérable nuiraille eût traversé ses 
« desseins? Ne vit-on pas des anges descen- 
te dre autrefois dans la prison des apôtres, 
« et les en tirer, lorsqu'ils y furonl renfermés 
« pour les erapôciier de faire des miracles? 
« Mais l'abbé PAris a été dans rim[)nissance 
(c d'abattre le petit mur qui le séparait de 
tt ses dévots, et sa vertu miraculeuse na pu 
« opéi er au delà de ce mur. Et sied-il bien 
« après cela à nos incrédules modernes de 
• comparer et d'opposer de tels miracles à 



« ceux de Jésus-Christ et des apôtres? Aussi 
«( n'est-ce que pour leur fermer la bouche 
« à cet égard que j'ai attaqué l'exemple 
« en (piestion, et que je m'y suis arrêté. » 
Voy. MoNTGERON. On a ditrérentes Vi>s im- 
primées de ce diacre, dont on n'aurait peut- 
ôli'e jamais parlé si l'on n'avait voulu en 
faire un thaumaturge. Ces farces, dit Feller, 
subsistent encore aujourd'hui, quoiifue avec 
moins de publicité. Voy. Montazet, le Jowrn. 
hist. cl litt., !*■' sept. 1787, p. 19; Voy. aussi 
les Mémoires pour servir à l'histoire ecclé- 
siastique pendant le xix' siècle, dans lesquels 
on raconte les tentatives de quelques con- 
vulsionnairos qui ont essayé, depuis la ré- 
volution, de reiiouveler leurs excès. Us n'ont 
})as fini avec la secte, qui, si oh exempte quel- 
ques-uns de ses docteurs, s'est no/ée dans 
le huguenotisme et le philosophisine , avec 
lesquels elle a consommé la révolution de 
1789, détruit la religion catholique en France, 
et rougi le sol de cette région , autrefois si 
chrétionne, du sang de ses prêtres et de ses 
pontifes. Voy. Lafitau. 

PARIS (dom Anselme), chanoine de Sainte- 
Geneviève, oncle du précédent, naquit en 
1631 , à Reims, et mourut en 1G83 dans son 
abbaye. Il était aussi pieux que savant. 11 
fit paraître d'abord une dissertation , sans 
nom d'auteur, sur un traité de Ratramne , 
moine de Corbie, contemporain d'Hincmar, 
traité que l'on trouve dans le troisième vo- 
lume de la Perpétuité de la Foi. En 1675 et 
1676, il publia deux volumes dans lesquels il 
s'attachait à fortifier l'argument de la perpé^ 
tuité relativement à la cn'îance de l'Eglise 
grecque, en montrant que dans tousles temps 
cette église s'est accordée sur la transsubstan- 
tiation avec l'Eglise latine. Il avait en outre 
com[)Osé plusieurs ouvrages que la biblio- 
thèque de son ordre conservait en manus- 
crits. 

PARIS (JÉRÔME de), ancien grand vicaire 
et officiai de Nevers, qui vivait sur la fin du 
xvii^ siècle et au commencement du xviir , 
a publié des Sermons et Homélies, en 16 vo- 
lumes in-12, sur les mystères de Notre-Sci- 
gncur; sur les mystères de la sainte Vierge 
et dos Panégyriques des saints, 3 vol. , 1738 
et années suivantes ; sur les évangiles de 
carême, 3 vol. , Paiis, 174-9. Tous ces discours 
peuvent encore être très-utiles. 

PAKISETTI (Louis), surnommé le Jeune , 
pour le distinguer d'un de ses parents, né à 
Reggio en 1503, étudia d'abord le droit et fut 
reçu docteur. Mais il s'adonna ensuite à la 
culture des lettres et de la poésie, remplit 
plusieurs fonctions municipales dans sa pa- 
trie, et mourut en 1570. Parisetli s'était con- 
cilié l'estime et l'amitié des écrivains les 
plus illustres de son temps, tels que Giraldi, 
Bembo, Sadolet , Calcagnini , etc. On peut 
consulter pour plus amples détails Tira- 
boschi , Biblioteca modenese , tome IV , 
p. 48-5S. Nous citercns do lui : De inmorta- 
lilate animœ , Reggio, IS'i-l, in-i", poème en 
trois livres; Épistolarum lihri sex, ibid. ,154-1, 
in-i°. Les trois [)remiers livres furent réim- 
primés à Bologne, en 1560, in-S", les^ trois 



245 PAR -PAR 2i6 

derniers l'avaient été à Venise, en 1553, in-S", tat.) Parker avait été protégé par l'archevôque 
par les Aide; Theopciœ libri sex , Venise, Cranmer, et fut chapelain d'Anne Boleyn, 
Aide, 1550-1551 , in-8% poëme dont le sujet seconde femme de Henri VIII, qui , en mou- 
est la création du monde ; De divisa in homi- rant, recommanda à ses soins l'éducation de 
num bcnevolcntia afque bencpcentia orationes sa fille Elisabeth, depuis reine. Nommé, en 
tres,Md., Aide, 1552, in-8" ; édition repro- 1534, doyen du collège de Sloke près de 
d. ite en 1559 avec un nouveau frontispice. Clark, dans le comté de Suffolk, il y établit 

PARISlt^RE (Jea>'-César Rousseau ve La), une école, et commença à y montrer ^a haine 

né en 16G7, à Poitiers, d'une des plus an- contre les catholiques. Il jouit de la faveur 

ciennes familles du Poitou, évéque de Ni- de Henri VIII et d'Edouard VI. Mais sous 

mes, mourut dans cette ville en 1736. II as- celui de Marie, il fut contraint de se tenir 

sista comme député à l'assemblée du clergé caché et il employa les loisirs de sa retraiie 

de 1730. Daus le discours de clôture, il dit forcée à traduire les Psai/mps en vers anglais. 

au roi que « son règne était fondé sur la ca- Sous le gouvernement d'Elisabeth, il (iblint 

« tholicité pt qu'il devait se soutenir par les le siège de Cantorbéry; il en était le second 

« mêmes principes. » Ce passage fut mal in- évoque protestant. Parker déclara la guerre 

terprété et lui occasionna des chagrins; ils aux crucifix, aux cierges, aux images, et il 

cpssèrent quand on eut connu les ymres in- montra un zèle si impolitique et si inhumain, 

tentions du prélat. On a publié, enl7i0, le re- en 1575, dans une visite métropolitaine qu'il 

cueil de ses Harangues, Panégyriques , Ser- fit à l'ile de Wight, qu'il s'attira les reproches 

m ons de morale ei Mandements, i \o\. iïï-i^. d'Elisabeth elle-même. On a de !ui : un 

La modestie ou l'amour-propre éclairé de ce traité De antiquitate britannicœ Ecclesiœ , 

prélat le porta à brûler presque tous les ou- in-fol. Mais cette antique église britannique, 

vrages qu'il avait composés dans un âge dont il fait l'histoire, n'est pas celle dont il 

moins mûr. Les pièces contenues dans les était prélat, laquelle ne datait tout au plus 

deux volumes dont nous avons [larlé échap- que du règne de Henri. VIlï. Une édition de 

pèrent à ses perquisitions. La Fable allégo- VHistoria major de Matthieu Paris, Londres, 

rique sur le bonheur et V imaginai ion qu'on 1571, in-fol.; de la Chronique de Matthieu 

trouve dans le recueil des ouvrages de ma- de Westminster, Londres, 1570, in-fol. Jean 

demoiselle Bernard, est de ce prélat : elle est Stype publia, en 1711, en un vol. in-fol., la 

ingénieuse. Cet auteur a employé dans sa Vie de Parker, mort de la pierre en 1575. 

prose un style serré et concis, qui nuit quel- C'est un éloge qui n'est d'accord ni avec les 

quefois à la clarté de ses pensées. Quelques- faits que l'auteur avoue, ni avec ceux qui, 

unes de ses pièces offrent néanmoins de pour en être rejetés, n'en sont pas moins 

temps en temps des traits de la plus grande certains. 

force. Le prélat était plus estimable en lui PARKER (Samuel), né à Northampton en 

que l'auteur. Il appuyait la morale qu'il prê- 16'i-0, d'une famille noble, fut élevé au collège 

chait par l'exemple d'une régularité vrai- de Vadham à Oxford, puis à celui de la Trinité, 

ment épiscopale. 11 devint archidiacre de Cantorbéry , puis 

PARISOT (Jean-Patrocle), maître des évêque d'Oxford, en 1686. On a de lui un 

comptes au parlement de Paris, est connu grand nombre d'ouvrages en latin et en 

par un mauvais ouvrage publié sous le titre anglais, sur des matières de controverse et 

<\q La foi dévoilée par la raison, V[iT\s,, WA\, de théologie. Les catholiques remarquent 

in-8". L'auteur prétend que Dieu a voulu surtout un écrit qu'il publia pour montrer 

établir la religion en un temps par la foi, et l'injustice et l'infonvenance du fameux ser- 

en un autre par la raison, et qu'il était ment'du ïesï. Il mourut en 1687. Ses produc- 

suscité de Dieu pour donner à l'Eglise de tions n'ont pas passé la mer. Les princiiiales 

nouvelles lumières. Ce livre est la production sont : Tcntamina phijsico-theologica; Dispu- 

d'une tête échauffée plutôt qu'incrédule. tationes de Deo et providentia, Londres, 1678, 

PARISOT. Voy. Norbert (le Père). in-'i'°; Démonstration de Vautorité divine, de 

PARKER (Matthieu), né à Norwich en la loi naturelle et de la religion chrétienne, en 
150'i. , fut élevé à Cambridge au ollége de anglais, ainsi que les suivants; Discours sur 
Bennet. Il devint ensuite doyen de l'église le gouvernement ecclésiastique; Discours apo- 
de Lincoln, puis archevêque de Cantorbéry logétique pour Vévêciue Bramhall, etc. 
en 15.59. Si on en croit la plupart des auteurs PARKHURST (Jean), théologien anglais , 
catholiques, il fut ordonné dans un cabaret, né en 1728, à Catesby-House , comté de 
Courayer, dont le témoignage est plus que Northampton, mort le 21 février 1707, à 
suspect, l'a nié; mais il est toujours certain Epsom en Surrey, est auteur : à' xxwe Adresse 
que l'ordination de Parker est nulle, comme amicale à Wesley sur sa doctrine; d'un Lexi- 
tontes celles qui se sont faites sous Elisabeth, con hébreu et anglais, sans points, suivi d'une 
C'est le sentiment de tous les catholiques; Grammaireméthodiquederhébreu, sans points, 
Courayer en convient lui-môme. « Il est à l'usage des commençants, 1762; réimprimé 
« constant, dit-il, que sous Elisabeth, les en 1778 et 1792, avec des augmentations 
« catholiîjues anglais refusèrent de recon- considérables; d'un Lexicon grec et anglais , 
« nailre Parker pour évêque, aussi bien que précédé d'une grammaire grecque, claire et 
«ceux qu'il avait consacrés. Sanderus , facile, 1769 et 179Y, in-8"; d'une réponse à 
«Slapleton, Haiding, en fournissent des Priestley, sous le titre de La divinité et la 
(c preuves autliontiques. » {Voq. l'excellent préexistence du Sauveur, démontrée d'après 
., TfaitédQ Hardouin contre cet écrivain apos- l'Ecriture, 1787, in-8". 



447 



PAU 



PAR 



248 



PARMENTIER (Antoine], né îl Nivello 
dans le Brabuiit, mort h Namiir le 12 mai 
1722, (locleur en tliéologie à Louvain , s'est 
(iistiuj^ué [)ar son zèle [)()ur la foi. Oi. a de 
lui ((uohjues écrits pour la builo Unigcnitiis , 
coiUic Opslraet et d'autres rél'ractaircs, Lou- 
vain, 1718, in-8°. 

PAHNKLL (^William), membre du parle- 
ment, mort à Castle-Howard, en Irlande, le 
2 avril 1820, prit sans cesse la défense de ses 
compatriotes dans la chambre des communes, 
et consacra les méditations et les travaux de 
sa vie entière à l'amélioration morale et 
physique de la nation irlandaise. On lui doit 
deux écrits concernant cet objet : The causes 
of populur (lisconlenls in Irland (Causes des 
niéconleiitcments populaires en Irlande); The 
opology for thc catholics (Apologie pour les 
cathoii(iues). 

P.-VUR (Samuel), ecclésiastique anglican, 
né à Harrow en 17iG, était fds d'un chirur- 
gien-apothicaire. Ses études à Cambridge 
s'étant terminées, il devint sous-précepteur 
à l'école de sa ville natale, puis, au bout de 
cin(i «^'1^ » i' ^^"'i ouvrir un pensionnat à 
Stanmorc. Après avoir été successivement 
maître de l'école de Colchester et de celle de 
Norwich, il fut ordonné prêtre en 1777, et, 
en 1780, il fut recteur d'Asterby en Lin- 
colnshire. En 1781, il publia Sur le dernier 
Jeûne, sous le pseudonyme de Phileleutherus 
norfotciensisy in-i°, un discours qui eut un 
grand succès parmi ses compatriotes. En 
1783, il fut nommé à la cure de Hatton, et 
l'évèque Lowth lui conféra une prébende 
dans la cathédrale de Saint-Paul. A la suite 
d'une émeute que les dissenters excitèrent 
contre le docteur Priestley, en 1791, à 
Birmingham, Parr, que les mêmes agitateurs 
menaçaient , écrivit sa Lettre d'irénopolis 
aux habitants d'Eleuthe'ropolis , ou Sérieuse 
adresse aux dissenters de Birmingham, par 
un membre de. VEglise établie, brochure de 
40 pages, très-éloquente. En 1793, il montra 
combien il était versé dans la littérature 
classique, en faisant paraître une critique 
sur une édition d'Horace , donnée par le 
révérend Henry Homer et Ch. Combe, et 
que celui-ci continua seul, après la mort du 
premier. Son célèbre Sermon de V Hôpital, 
où il s'attachait à combattre l'opinion de 
quelques philosophes qui ont attribué toute 
bienveillance et toute justice à un principe 
d'égoïsme, fut prêché le mardi de Pâques 
1800 dans Christchurch, devant un nombreux 
auditoire et en présence du lord-maire. Ce 
sermon qu'il publia avec des notes curieuses 
lui attira l'inimitié de William Godwin , 
l'auteur de la Justice politique, dont il frois- 
sait les opinions. Samuel Parr était recteur 
de Graffham en Hunlingdunshire, lorsqu'il 
mourut le 6 mars 1825, âgé de 78 ans. On 
cite de lui : Discours sur l'éducation et sur 
les plans suivis dans les écoles de charité, 1785, 
in-i'; l'édition des trois livres de Bellenden, 
Be statu prisci orbis in Religione, Re politica, 
et Litteris , etc., donnée en société avec 
Homer, 1787, in 8°; Opuscules par Warburton 
et un warburtonien, exclus de la collection de 



leurs œuvres respectives, 1789; Suite à un 
opuscule récemment répandu par le révérend 
Charles Curtis, 1792, brochure de 217 pag.; 
Les Caractères de Charles-James Fox , choisis 
et en partie écrits par Philopatris Varvicen- 
sis, 1809, 2 vol. in-8", ouvrage qui fut loin, 
dit un biographe, de remplir l'attente pu- 
blique : c'est un livre mal fait où il y a de 
belles p?ïges. 

PAKRENNIN ou plutôt PARKENIN (Domi- 
niqle), jésuite de la province de Lyon , né 
en 1665, au Russey, bailliage de Pontarlier, 
en Franche-Comté, fut envoyé à la Chine en 
1698. L'empereur Khang-hi le goûta, l'estima, 
et avait souvent des entretiens avec lui ; ce 
fut pour ce prince que le P. Parrenin tra- 
duisit en langue tartare ce qu'il y avait de 
plus nouveau en géométrie, astronomie et 
anatomie, etc., dans les ouvrages de l'Aca- 
démie des sciences de Paris et dans les 
auteurs modernes. Il suivait toujours le 
monarque chinois dans ses voyages de Tar- 
tarie, et il a été le médiateur dans les con- 
testations survenues entre les cours de Pékin 
et de Moscou. C'est à lui qu'on est redevable 
des cartes de l'empire de la Chine. 11 mou- 
rut à Pékin le 27 septembre 1741. L'empereur 
voulut faire les frais de ses funérailles, et 
•les grands de l'empire y assistèrent. Le P. 
Parrenin était en correspondance avec M. de 
Mairan, et leurs lettres respectives ont été 
imprimées en 1759, in-12; elles font honneur 
à l'un et à l'autre. Il traduisit une ancienne 
Histoire de la Chine, et eut part à la Brevis 
relatio eorum quœ spectant ad declarationem 
Sinarum imperatoris Kam-hi circa Cœli , 
Confucii et avorum cultum, Pékin, 1701, 1 
vol. On en conserve un exemplaire à la 
Bibliothèque de Besançon. Le Recueil de 
l'Académie de cette dernière ville, tome 1", 
contient son Eloge, par le P. Renaud. 

PARSONSou PERSONIUS (Robert), né en 
154-7, dans le comté de Somerset , fit ses 
études à Oxford, et, quoique catholique , il 
fit le serment impie qu'on exigeait de ceux à 
qui on conférait le doctorat. 11 s'en repentit, 
le rétracta eu 1574-, et alla à Rome, où il se fit 
jésuite. 11 partit ensuite pour l'Angleterre 
avec le P. Edmond Campian. Ce sont les deux 
premiers jésuites qui y entrèrent. Leur ré- 
3utation les y devança. On était informé de 
a manière dont saint Charles Borroraée les 
avait reçus à Milan, et des victoires qu'ils 
avaient remportées sur Bèze dans des con- 
férences publiques à Genève. On donna leur 
signalement dans tous les ports d'Angleterre, 
pour qu'ils fussent saisis au moment de leur 
débarquement; mais leur zèle pour la foi 
catholique leur fit braver tous les dangers 
et tromper la vigilance des hérétiques. Par- 
sons travailla avec le plus grand fruit à ra- 
mener les hérétiques à l'Eglise, et à raff'ermir 
les catholiques dans la foi de leurs pères. 
Ses succès lurent si grands, que les sectaires 
employèrent tous des moyens possibles pour 
le faire périr; ils mirent sa tête à prix. Ne 
pouvant' le découvrir, ils s'en vengèrent sur 
les catholiques avec tant de fureur, que 
ceux-ci prièrent le P. Parsons de se retirer. 



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Il se rendit à Rome, où il mourut le 15 avril 
1610. Nicolas Antonio , dans sa Bibliothè- 
que des auteurs espagnols, dit que Philippe II 
voulut demander pour lui "à Clément VIII 
le chapeau de cardinal , mais que Pansons 
l'en détourna par ses larmes et ses prières. 
Il profita du crédit qu'il avait auprès de ce 
prince pour l'engager à établir en Espa- 
gne et dans les Pays-Bas des séminaires 
destinés à y élever de jeunes Anglais gui 
pussent ensuite se consacrer à la propagation 
de la foi en Angleterre. On a de lui un grand 
nombre d'ouvrages en anglais, en latin , en 
espagnol, pour la défense de la religion ca- 
tholique, un entre autres sous le nom d'An- 
dré Philopater, en réponse à l'édit d'Elisabeth 
contre les catholiques. C'est un des jésuites 
dont les protestants disent le plus de mal ; 
témoin Larrey, qui en a fait une espèce de 
monstre dans son Histoire d'Angleterre, t. II, 
page 331. 

PARTHENIUS, évéque d'Andrinople. Voy. 
Cyrille. 

PASCAL (Blaise), naquit à Clermont en 
Auvergne, le 19 juin 1623, d'un président à 
la cour des aides. Les mathématiques eu- 
rent pour lui un attrait singulier ; mais son 
père lui en cacha avec soin les principes, de 
peur qu'elles ne le dégoûtassent de l'étude 
des langues. Le jeune Pascal, gêné dans son 
goût pour la géométrie, ne devint que plus 
ardent à l'apprendre , et il y réussit à un 
certain point, de même que dans la physi- 
que. Son traité de VEquilibre des liqueurs et 
les Problèmes qu'il a résolus sur la cyclotde 
prouvent que, s'il avait vécu plus longtemps, 
il aurait excellé dans les sciences auxquelles 
il s'était consacré. Voilà l'éloge que l'on doit 
à ses talents. Mais lorsqu'on dit que, dès 
l'âge le plus tendre, Pascal, sans le secours 
d'aucun livre, et par les seules forces de son 
génie, parvint à découvrir et à démontrer 
toutes les propositions du premier livre 
d'Euclide jusqu'à la 32% on répond qu'un 
homme de ce mérite n'a pas besoin de pa- 
négyriques fondés sur des fables inventées 
à plaisir; lorsqu'on veut faire regarder Pas- 
cal comme l'auteur du sentiment de la gra- 
vité de l'air, parce qu'il a fait faire à M. Per- 
rier, son beau-frère, cette expérience sur le 
Puy-de-Dôme, on répond que cette expé- 
rience est de Descartes qui, deux ans aupa- 
ravant, le pria de la vouloir faire, comme il 
est marqué dans la Lettre 77% tom. III de ce 
philosophe , et que d'ailleurs cette expé- 
rience n'est qu'une suite de celle de Torri- 
celli ; lorsqu'enfm on raconte que Pascal , 
dès l'âge de 16 ans, composa un Traité des 
sections coniques, qui fut admiré de tous les 
savants géomètres, on répond avec Descar- 
tes, dans sa 38' Lettre au P. Mersenne, tom. 
II, que c'était une simple révision du Traité 
de M. Des-Argues. « J'ai aussi reçu, dit Des- 
i( cartes dans cette lettre, VEssai touchant 
« les coniques du fils de M. Pascal ; et, avant 
« que d'en avoir lu la moitié, j'ai jugé qu'il 
« en avait pris presque tout de M. Des-Ar- 
« gués, ce qui m'a été confirmé incontinent 
« après par la confession qu'il en fit lui- 



« même. » Pascal , continuant à se faire de 
la réputation, se retira à Port-Royal-des- 
Champs, et se consacra dans cette retraite à 
l'étude de l'Ecriture sainte. Les solitaires 
(^ui habitaient ce désert étaient alors dans 
1 ardeur de leurs disputes avec les jésuites. 
Ils cherchaient toutes les voies de rendre 
ces Pères odieux : Pascal fit plus, aux yeux 
des Français, il les tourna en ridicule. Ses 
18 Lettres provinciales parurent toutes in-4-% 
l'une après l'autre, depuis le mois de jan- 
eier 1636, jusqu'au mois de mars de l'année 
suivante. Elles sont un mélange de plaisan- 
terie fine et de satire violente ; avant d'être 
publiées, elles furent revues par Arnauld et 
Nicole. On prétend que Bossuet, interrogé 
lequel de tous les ouvrages écrits en fran- 
çais il aimerait mieux avoir fait, répondit : 
les Provinciales. C'est Voltaire qui rapporte 
cette anecdote; il cite pour garant Bussi- 
Rabutin, évêque de Luçon, de qui, dit- il, il 
l'avait entendu dire. Pour la vérifier, il au- 
rait fallu rappeler à la vie cet évêque. Telles 
sont les preuves de Voltaire, et c est sur sa 
parole que la plupart des lexicographes répè- 
tent des assertions si peu vraisemblables. 
Les gens sensés savent qu'il ne faut jamais 
se défier plus de cet homme que quand il 
affirme quelque chose avec plus d'assurance. 
Les Provinciales furent foudroyées par la 
puissance ecclésiastique et par la puissance 
civile. Le pape, le conseil d'Etat, des par- 
lements, des évoques, les condamnèrent 
comme un libelle difl'amatoire. Le parlement 
d'Aix les fit brûler par le bourreau, le 9 fé- 
vrier 1637 ; mais tous ces anathèmes ne servi- 
rent qu'à les répandre. « Vous semble-t-il, dit 
« Racine, que les Lettres Provinciales soient 
« autre chose que des comédies? L'auteur 
« a choisi ses personnages dans les couvents 
« et à la Sorbonne. Il introduit sur la scène 
« tantôt des jacobins et tantôt des docteurs, 
« et toujours des jésuites. Le monde en a ri 
« pendant quelque temps, et le plus austère 
« janséniste aurait cru trahir la vérité que 
« de n'en pas rire. » Lettre de Racine, ou Ré- 
plique aux Réponses de Dubois et Barbier 
d'Aucour, dansV Abrégé de V Histoire de Port- 
Royal, Cologne, 1770, p. 73. Ajoutons à ce 
jugement de Racine, celui de Voltaire {Siècle 
de Louis XIV) : « Il est vrai, dit cet auteur, 
« que tout le livre porte à faux. lOn attri- 
« buait adroitement à toute la société des 
« opinions extravagantes de quelques jésui- 
« tes espagnols et flamands. On les aurait 
« déterrées aussi bien chez les casuistes do- 
te rainicains et franciscains; mais c'était aux 
« seuls jésuites qu'on en voulait. On tâchait, 
« dans ces Lettres, de prouver qu'ils avaient 
« un dessein formé de corrompre les hom- 
« mes; dessein qu'aucune société n'a jamais 
« eu et ne peut avoir. » Voltaire va jusqu'à 
lui ravir le mérite du style des Provinciales, 
tant prôné, et prouve, dans une Lettre au 
Père de La Tour , imprimée en 1767, in-8% 
que si Pascal a écrit avec beaucoup de sel et 
d'agrément, il n'a pas écrit avec toule la pu- 
reté que l'on peut exiger ; il fait de ces Let- 
tres avec les écrits de quelques hommes ce- 



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25i 



lèbres un parallèle qui n'est pas du tout à 
1 avanfage tic Pascal. Rigoley de Juvigny,dan.s 
son livre de De la décadence des Ictlns et des 
t7iœurs, n'en 'parlo pas plus favorablement : 
« Si (;'os Lettres, dit-il, oui fait dans le temps 
« la plus grande sensation, c'est qu'elles at- 
« la(piaient une compa,-i;uie puissante al rs 
« dans l'Fg'ise, dans l'Etat etclans 1» s lettres. 
« On les r(''pandit dans toute rEuro|)e. La 
« manière a^r(''aljle dont elles sont écrites, 
« assaisomiées surtout de ce sel dont se 
<(. nourrit volontiers la malignité, les lit lire 
« et rechcrciier, malgré la sécheresse et le 
« sérieux des matières (ju'on y traite nVoij. 
Daniel (Gabriel), Blsembvum, I';scob4u,Uan- 
cÉ. L'auteur des Prof/nf-ja^e.v s^ brouilla avec 
ses intimes amis, parce qu'il changea de 
sentiment au sujet de la signature du For- 
mulaire. En 16o7, il soutenait, connue ou le 
voit par les 17' et 18' lettres provinciales, 
que les cinq Propositions étaient bien con- 
damnées, mais qu'elles ne se trouvaient pas 
dans VAuguslinua, et qu'on pouvait signer le 
Formulaire; en 1631, il soutint au contraire 
que les papes avaient erré non sur le fait, 
mais sur le droit ; d'oii il concluait qu'on 
ne pouvait pas signer le Formulaire, et que 
la signature des religieuses de Port-Uoyal 
n'était pas sincère. C'est pendant cette que- 
relle qu'un homme du parti dit de lui : « On 
« ne peut guère compter sur son témoi- 
« gnage, soit au regard des faits qu'il rap- 
« porte, parce (lu'il en était peu instruit, soit 
« au regard des conséquences qu'il en tire, 
« et des intentions qu'il attribue tj ses ad- 
« versaires, parce que sur des- fondements 
« faux ou incertains il faisait des systèmes 
« qui ne subsisiaient que dans son esprit. » 
{Lettre d'un ecclésiastiijue à un de ses amis. ) 
Cependant Pascal dép'rissait tous les jours ; 
sa santé s'affaiblissait, et sou cerveau se sen- 
tit do cette faiblesse. Il croyait toujours voir 
un abîme à son côté gauche; il y faisait met- 
tre une chaise pour se rassurer. Ses amis, 
son confesseur, son directeur, avaient beau 
calmer ses alarmes, il se tranquillisait pour 
un moment, et l'instant d'après il creusait 
de nouveau le précipice. Voy. Nicole. Il 
croyait aussi avoir eu une extase ou vision, 
dont il conserva la mémoire le reste de ses 
jours, dans un paoier qu'il port ;it toujours 
sur lui, ^ entre l'étoffe et la doublure de son 
habit. Ses adversaires se sont trop servis de 



ce dérange Tient d' 



organes 



pour affaiblir la 



grande idée que le parti s'est efforcé de don- 
ner d'un de ses plus zélés adoptes. Loin d'i- 
miter un procédé qui serablr; manquer de 
générosité, nous nous contenterons, à Texem- 
)le de saint Jérôme , de regretter qu'un 
lomme si éclairé et si pieux, au moins se- 
on les a|)parences les plus marquées, n'ait 
pas été tout simplement attaché au grand 
arbre de l'Eglise : Nihil aliud dico qxuim Ec- 
cfesiœ hominem non fuisse. Pascal mourut à 
Paris, le 19 août 10G2, à .39 ans. Outre les ou- 
vrages dont nous avons parlé, on a de lui : des 
Pensées, recueillies et données au public de- 
puis sa mort, en 1670, en un vol. in-I2. Ce 
sont différentes réflexions sur le christia- 



nisme. Il avait projeté d'en faire un ouvrage 
suivi; ses inlirmités l'empochèrent de rem- 
plir ce dessfun. Il ne laissa (jue quelques 
IVagments, écrits sans ,'iucune liaison et sans 
aMcun ordre : ce sont ces fragments (pi'on 
a donnés au public. Voltaire les a attaqués. 
Non content d'avoir traité l'auteur de mi,sun- 
tlirope sublime et de vertueux fou, il a beau- 
coup déprimé son livre. On sent comment 
un ennemi forcené du christianisme a dû 
parler d'un ouvrage qui en contenait d'ex- 
cellentes f)reuv(.'S. Voy. Godkjl. Il faut 
convenir néansnoins que l'auteur y est trop 
occupé de lui-même, et qu'à de bonnes ré- 
flexions il mêle des égoïsmes dont il semble 
avoir pris le modèle dans Il^s Essais de Mon- 
taigne, mais qui sont d'autant plus dé|)la- 
cés, que la nature du livre et de la religion 
dont il traite les exclut positivement. Un 
historien ecclésiastique, en parlint de ses 
Pensées et d'autres ouvrages faits par des 
gens de faction et de parti, s'exprime de la 
sorte : « Comme l'esprit de l'Eglise ne fut 
« jamais de mettre en recommandation les 
« ouvrages même irrépréhensibles des éori- 
« vains suspects, parce que les simples pas- 
« sent très-aisément de l'estime de l'auteur à 
« celle de toutes ses productions, nous avons 
« cru ne pouvoir mieux faire que de nous 
« prescrire un silence absolu sur toutes ces 
« sortes d'écrits; du reste, la piété ne j>eut 
« rien y perdre. Avec leur beau style, leur 
« méthode et leur profondeur même, ils sont 
« presque tous d'une froideur et d'une sé- 
« cheresse qui resserrent les cœurs au lieu 
« de les attendrir. Tant il est vrai que l'Es- 
« jjrit saint ne communique point son onc- 
« tion hors du sein véritable de l'Eglise. » 
Voy. Barkal, Mauot. Un Traité de Véqui- 
libre des liqueurs, i.u-12 ; quelques autres 
écrits pour les curés de Paris, contre VApo- 
logie des casuistes du P. Pirot. Les éditions 
les plus recherchées des Provinciales sont, 
celle qui fut imprimée en quatre langues, à 
Cologne, en 1684, in-S' ; celle in~12j en fran- 
çais seulement, sans notes, imprimée à Co- 
logne en 1657, et celle d'Amsterdam en 4 
vol. in-12, 1739, avec les notes de Nicole, 
qui s'est caché sous le nom de Wendrock , 
comme Pascal sous celui de Louis Montalte. 
L'abbé Bossut, de l'académie des sciences, 
publia, en 1779, une édition des OEuvres de 
Pascal, 5 vol. in-8"; nous en avons, depuis, 
plusieurs autres, notaiiunent celle de Paris, 
Didot, 1816, 2 vol. in-8". M. Raymond a pu- 
blii'; un Elofje de Biaise Pascal, qui a été cou- 
ronné par l'académie des Jeux floraux de 
Toulouse, 1816. — Gilberte Pascal, sa sœur, 
veuve de Florin Perrier, a mis à la tête des 
Pensées sur la religion, la Vie de l'auteur. On 
s'imagine aisément comment une sœur en- 
gagée dans le môme parti parle d'un frère 
qui en faisait un des principaux ornements. 
{Voy. sur l;i célébrité des chefs et gens de 
j^arii, une réflexion qui se trouve à l'article 
Arnauld Antoine.) Les Pensées, souvent ré- 
imj)rimées, ont été frauduleusement muti- 
lées dans l'édition dotmée par Condorcet, 
Londres, 1776, 10-8°; réimprimée en 1778, 



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"' avec des notes de Toltaire. Votj. Condorcet. 
L'auteur d© l'article Pascal,, dans la Biogra- 
phie de Micliaud, cite cette édition et ajoute: 
« Elle ne mérite aucune confiance : l'éloge 
« (dont l'éditeur a fait précéder le livre) 
« contient des erreurs, et se ressent, sur 
^ beaucoup de détails, de l'esprit avec le- 
« quel il a été composé. L'auteur affc^cfe de 
\< se contredire lui-même dans les notes, (♦e 
« qui jette un louche continuel sur ce qu'il 
« dit de son h'ro'^, toujours placé do celte 
« manière entre la louange et le sarcasme; ce 
« procédé est celui d'un écriviin qui ne res- 
« pecle pas plus le public qu'il ne sait se res- 
« pecter lui-même. Li^s Pensées de cette éili- 
« lion sont incomplètes; quelques-unes sont 
« mutilées, et d'autres môme falsifiées. Vol- 

. « taire faisant les fonctions de second édi- 

■<* teur, a renforcé le travail de Condorcet de 
« nouvelles notes, dans une édition qui parut 
« en 1778 ; réimprimée en 2 vol. in-18, Lon- 

' « dres,Cazin, 1785. A la lecture de ce recueil et 
« du double commentaire qui l'accompagne, 
« le livre tombe des mains. La mauvaise foi 
« et l'indécence y éclatent à chaque page, 

c« sans parler delà faiblesse du raisonne- 
ff ment dans les passages oh les auteurs ont 
« voulu être sérieux. Si ce travail est un dé- 
« plorfd)le monument des efforts de l'incré- 
« dulité, il atteste du mons l'impuissance 
« des auteurs, dans une triste cause, par la 
« perfidie des m.oyens qu'ils sont réduits à 
« employer. On sait que Voltaire faisait à 

■ «■ Condorcet cette loyale invitation : Mon 
.a ami, nevoiis lassez point de répéter que de- 

« puis Vaceident du pont de Neuillij, le cer- 
« veau de Pascal était dérangé. Il est vrai 

::« que, selon la remarque de Bossut, il n'y a 
« à cela qu'une petite difficulté : c'est que ce 
« cerveau dérangé a produit depuis l'acci- 
« dent, les Provinciales et les solutions des 
« problèmes de la Roulette. » Nous emprun- 
terons ici quelques passages à différents 
critiques sur les principaux ouvrages de Pas- 
cal : « Une conception bien plus haute que 
les Provinciales, dit Laliarpe [Cours de littér.), 
ce fut celle du grand ouvrage qu'il ne put 
que méditer et n'eut pas le temps de com- 
poser; ouvrage où il se proposait de prouver 

' invinciblement la nécessité et la vérité de la 
révélation ; ce qui ne veut pas dire pour ceux 
qui connaissent leur langue et leur religion^ 
qu'il eût jamais pensé à expliquer les mys- 
tères par une théor;e purement humaine, ce 
qui serait détruire la foi pour élever la rai- 
son. Pascal n'était pas capable de cette in- 

î conséquence anti-chrétienne, il voulait seu- 
lenaent démontrer les motifs de crédibilité 
fondés sur la certitude des faits et des consé- 
quences, de manière à ce que la raison n'ait 
rien à y opposer et qu'elle soit forcée d'a- 
vouer qu'il suffit de ce que Dieu nous a 
voulu apprendre pour croire ce qu'il a voulu 
nous cacher. Ce plan est très-philosophique, 
très-exéeutable, et personne ne pouvait l'exé- 
cuter mieux que Pascal, à en ]uger seule- 
ment par les fragments qui nous restent, 

■ tout informes qu'ils nous sont parvenus. La 
liaison des idées est nécessairement perdue : 



c'est une force principale qui manque pour 
le bien de l'ouvrage; mais celle de pensée 
et d'expression suffirait pour l'immortaliser. 
Ex ungue teonem, on voit l'ongle du lion; 
c'est ce qu'on j)eut dire à chaque page de ce 
singulier recu'il qui ne parut ([u'après sa 
mort, sous le titre de Pensées. Voltaire en a 
combattu quelques-unes avec une très-mau- 
vaise logique, et beaucoup de mauvaise 
foi.... Voltaire est allé so heurter contre des 
pierres diii^nttente, combien il eût ri'ussi en- 
core moins contre l'édifice entier!» — De 
Fontafies ( Disc. préli7nin. de la tradurt. de 
VEssai sur lliomme) parle en ces termes du 
style des Pensées: « Où se retrouve, où se 
retrouvera jamais le secret de ce style qui , 
rapide comme la pensée, nous la montre si 
naturelle et si vivante, qu'il semble former 
avec elle un tout indestructible et nécessaire. 
L'expression de Pascal est à la fois auda- 
cieuse et simple, pleine et précise, sublime 
et naïve. Ne semble-t-il pas choisir à des- 
sein lés termes les plus familiers, bien sûr 
de les élever jusqu'à lui, et de leur impri- 
mer toute la majesté de son génie? QupI est 
ce raisonnement vigoureux qui poursuit une 
idée jusque dans ses derniers résultats, et ne 
l'abandonne qu'ar)rès l'avoir forcée de don- 
ner tout ce qu'elle contient. On conçoit l'é- 
loquence de Bossuet, empruntant à la poésie 
de riches images, et ce ton de l'homme ins- 
piré qui, placé entre le ciel et la terre, veut 
émouvoir un grand peuple. Quelques ora- 
teurs ont osé suivre de loin, imiter Bossuet: 
qui tentera d'imiter Pascal? son style ne res- 
semble à celui d'aucun écrivain ancien ou 
moderne; et, chose étonnante, il est peul-r 
être le seul génie original que le goût n'ait 
presque jamais le droit de reprendre; non 
qu'il semble chercher la correction et la pu- 
reté, mais ces idées lui obéissent si bien, 
qu'elles se manifestent nécessairement sous 
les formes qui leur conviennent iC mieux. » 
M. Laurentie, dans une Notice sur Pascal, 
indique les causes qui donnèrent naissance 
aux Provinciales. « Un jour, dit-il, Pascal 
s'était allé promener vers Neinlly au bord 
de la Seine. Les quatre chevaux de son car- 
rosse, car l'histoire parle ainsi, s'étant em- 
portés, le carrosse fut brisé et Pascal faillit 
être jeté dans les flots. Cet accident troubla 
sa tête, il fallut lui commander le repos. Et 
il alla chercher un asile à- Port-Ros al , re- 
traite paisible et pieuse, où il fut accueilli 
avec transport. — C'est là que s'échauffa son 
génie aux conférences des solitaires qui 
avaient pris fait et cause pour le jansénisme. 
Arnauld, cet homme dont la destinée fut de 
passer pour grand sans avoir jamais rien fait, 
Arnauld s'était emparé de l'imagination ma- 
lade de Pascal. Il lui montra les jésuites à 
immoler, et Pascal se laissa armor de toutes 
ces colères de couvent pour aller fraiiper 
des ennemis qu'il ne connaissai-l ni par 1 in- 
jure ni par le bienfait. Les jésuites avaient 
attaqué le iansénisme : Pascal se mit aie dé- 
. fendre. Mais c'était là trop peu pour une con- 
'' troverse où il fallait tuer une société sons le 
prétexte de la grâce efficace. Les j'^suites 



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avaient fait des livres; ces livres étaient em- 
preints (Je l'esprit du temps; quelques-uns 
renfermaient des doctrines mauvaises. Pascal 
s'attaqua à ces livres, le jansénisme fut ou- 
blié I La controverse s'agrandit , la grâce ef- 
ficace, mystère que les gens du monde ne 
pouvaient sonder, fit place au probabilisme, 
aux restrictions mentales , aux cas de con- 
science, questions qu'il était facile de déna- 
turer, et sur lesquelles tombait aisément 
l'ironie, môme sans l'effort d'un génie de 
méchanceté froide et caustique, et aussi tout 
le monde se mit à rire aux scènes, moitié 
théologiques , moitié bouffonnes que Pascal 
opposa pour toute controverse à la gravité 
des Pères jésuites. La lutte n'était pas égale... 
Ce fut un engouement, et le clergé sévère y 
fut entraîné comme le monde. Rien ne ré- 
sista à l'enthousiasme excité par les Provin- 
ciales. Que si on étudie le fond des questions 
traitées avec cette verve de comédie par 
Pascal , on déplore certes un si grand abus 
du génie. Il lui avait été facile de sortir des 
limites du jansénisme pour entrer dans une 
controverse féconde k la satire; il lui avait 
été facile de ramasser en des livres oubliés 
des opinions qui avaient été comme un re- 
flet des opinions universelles d'une époque 
troublée. Le tort des apologistes, ce fut de ne 
pas les abandonner à l'ironie de Pascal. Ils 
eussent amolli ses coups et désarmé sa ma- 
lice. On se crut obligé à la défense; on ne 
fît qu'animer la guerre. — Et qu'est-ce qui 
eût songé sérieusement à rendre un ordre 
tout entier de prêtres chrétiens responsable 
des maximes isolées de quelques moralistes 
malades ? Voltaire n'est pas suspect : « Il ne 
s'agissait pas d'avoir raison, dit-il, il s'agis- 
sait de divertir le public. » Telle fut donc 
l'inspiration de ce livre de comédie, livre 
admirable par son exécution , mais malheu- 
reusement empreint d'une méchanceté ja- 
louse que le génie même ne saurait faire 
excuser... On a voulu découvrir le plan de 
l'ouvrage auquel se rapportaient les Pensées 
de Pascal. C'est un effort inutile. La nature 
de Pascal se refusait peut-être à concevoir 
une grande œuvre d'unité. Il y a bien pour- 
tant dans ses Pensées une pensée qui semble 
prédominante : c'est la pensée de l'abaisse- 
ment et de la misère de l'homme , quand il 
est seul, quand Dieu lui manque, quand il 
se débat par ses jiropres forces contre la na- 
ture et contre lui-même. C'est là très-cer- 
tainement le fond d'un magnifique ouvrage 
et d'une apologie très-haute du christianis- 
me. Mais rien n'indique que Pascal soit parti 
de cette base pour monter à rex[)0sé d'une 
révélation. Ses Pensées sont comme des 
lueurs admirables jetées dans le ciel, mais 
dont le centre ne paraît point aux yeux. 
Telles qu'elles sont, elles saisissent l'esprit 
par leur vivacité el leur énergie. 11 y a quel- 
quefois des éclats d'éloquence qui remuent 
l'âme , noa point de cette éloquence qui 
s'exerce par lexcitalion des passions arden- 
tes, mais d'une éloquence qui parle à la rai- 
son et qui t'étonne et la dompte à force de 
vérité. Le style de Pascal est simple et bril- 



lant à la fois, didactique et éclatant. Il fait 
toucher au doigt les vérités, il rend sensibles 
les choses de l'intelligence. Son imagination 
est ardente , elle se plonge dans les profon- 
deurs de la nature et dans le mystère de l'é- 
tendue. Il semble ouvrir les espaces. — Je 
ne conseillerai point de poursuivre , comme 
on l'a fait quelquefois et de nos jours en- 
core, l'ordre supposé des Pensées de Pascal. 
Le désordre m'en plaît. C'est tout ce qu'elles 
peuvent avoir de poésie, puisque la pensée 
fondamentale n'en saurait être atteinte, et 
que l'œuvre ne sera jamais réalisée. — Li- 
sons Pascal tel qu'il est. Il y a de Pascal 
quelques écrits qui méritent aussi d'être 
lus : ce sont ses Lettres à Fermât , savant 
conseiller de Toulouse , avec qui il échan- 
geait des pensées chrétiennes sur la science 
et la certitude. En tous ces écrits , on voit 
comment la religion féconde et agrandit les 
études; c'est au moins un souvenir h pré- 
sentera ceux qui ont matérialisé la science. 
Peu s'en faut que Pascal n'ait voulu appli- 
quer la géométrie à la démonstration de la 
religion. C'était trop sans doute; mais l'excès 
contraire, un excès autrement fatal, c'est 
d'isoler les sciences , et de ne point voir 
qu'elles sont attachées au ciel par une chaîne 
divine, sans laquelle leur première parole 
même est un mystère éternellement insolu- 
ble. » — Parmi les divers travaux qui ont été 
faits dans ces dernières années sur les Pen- 
sées de Pascal, nous citerons un Rapport pré- 
senté à V Académie française sur la nécessité 
d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal, 
par M. Victor Cousin, qui a donné en 18i7 la 
3' édition de ce travail étendu. M. Cousin n'a 
pas craint d'affirmer le scepticisme philoso- 
phique de ce grand homme; et son paradoxe 
a soulevé de vives et nombreuses protesta- 
tions. On peut voir à ce sujet VAmi de la Re- 
ligion, tome CXXXIV, p. 61, 81 et 621. On a 
des Etudes sur Pascal, par l'abbé Flottes, vi- 
caire général de Montpellier, professeur à la 
faculté des lettres, Paris, 1846, in-8°, ouvrage 
dans lequel le savant apologiste suit les dé- 
tracteurs du chrétien , du philosophe et de 
l'écrivain, et les réfute de la manière la plus 
victorieuse. C'est une des meilleures répon- 
ses qu'on ait faites à l'ouvrage de M. Cousin. 
Entre les éditions récentes des Pensées, nous 
citerons les deux suivantes • Pensées de Biaise 
Pascal, rétablies suivant le plan de l'auteur, 
publiées par l'auteur des Annales du moyen 
dg^e (Frantin), Paris, Gaume frères, 1835, 1 vol. 
in-S"; Pensées, fragments et lettres de Pascal, 
conformes aux manuscrits originaux , par 
M. P. Faugère, Paris, Andrieux, 18i4, 1 vol. 
in-8. — Les Pensées font aussi partie du tom. III 
de la grande collection des Démonstrations 
évangélkjues, de M. Migne, en 18 vol. in-4'. 

PASCHAL I" (saintj, Paschasius, Romain, 
succéda dans la chaire de saint Pierre à 
Etienne IV, en 817. Il envoya des légats à 
Louis le Débonnaire, qui confirma en sa fa- 
veur les donations faites au saint-siége. II 
reçut à Rome les Grecs exilés pour le culte 
des saintes images, et couronna Lolhaire 
empereur. Ce pontife, digne des temps apos- 



«57 



PAS 



PAS 



2S8 



tolicfuus par ses vertus et ses lumières , 
mourut le 11 mai 824. 11 ne lui manquait 
qu'un caractère plus ferme. Rome fut déchi- 
rée par des factions sous son pontificat ; il 
s'y commit des meurtres et d'autres crimes, 
suite de l'anarchie. Son successeur fut Eu- 
gène II; l'Eglise honore la mémoire de saint 
Paschal le 14 mai. 

PASCHAL II, Toscan, nommé auparavant 
Rainieri , succéda au pape Urbain II en 
1099. Il avait été religieux de Cluny avant 
d'être souverain pontife. Il excommunia 
l'antipape Guibert, mit à la raison divers 
petits tyrans qui maltraitaient les Romains, 
tint plusieurs conciles, et s'attira de grandes 
affaires au sujet des investitures, de la part 
de Henri I", roi d'Angleterre, de l'empereur 
Henri IV, et Henri V son fils. Ce prince 
passa en Italie l'an 1110 pour recevoir la 
couronne impériale; mais le pape ne voulut 
la lui accorder qu'à condition qu'il renori- 
cerait au droit des investitures. Henri était 
si peu disposé à satisfaire le pontife, qu'après 
avoir chicané quelques heures, il le fit arrê- 
ter, et exerça des cruautés inouïes, jusqu'à 
faire massacrer les clercs et les religieux 
qui avaient été au-devant de lui avec des 
démonstrations d'attachement et de respect. 
Cette atrocité irrita tellement les Romains, 
que dès le même jour, ils firent main-basse 
sur tous les Allemands qui se trouvaient 
dans leur ville. L'empereur, obligé de quit- 
ter Rome, emmena le pape avec lui, et le re- 
tint prisonnier jusqu'à ce qu'il lui eût ac- 
cordé ce qu'il souhaitait. Dès que Paschal se 
vit en liberté, il cassa, dans deux conciles 
tenus à Rome en 1112 et 1116, la concession 
qu'on lui avait arrachée. Accablé autant que 
dégoûté du poids de la grandeur, il voulut 
abdiquer le pontificat, et ne put en venir à 
bout. Il mourut le 22 janvier 1118. On a de 
lui un grand nombre de Lettres, dans la col- 
lection des Conciles du P. Labbe. — Il ne 
faut pas le confondre avec deux antipapes 
du nom de Paschal ; l'un , du temps de Ser- 
gius I" ( Voy. ce nom ) ; l'autre , qui s'opposa 
au pape Alexandre III. Voy. Gli de Crème. 

PASCHAL BAYLON (saint), naquit en 1540 
à Torre-Hermosa, petit bourg du royaume 
d'Aragon, de parents vertueux, mais d'une 
fortune trop bornée pour qu'il fût envoyé 
aux écoles. Il y suppléa en portant toujours 
un livre avec lui dans les champs, et priant 
ceux qu'il rencontrait de lui apprendre les 
lettres. Il sut bientôt parfaitement lire et 
écrire, et ne se servit de cet avantage que 
pour se perfectionner dans la religion. Sorti 
du premier âge, il se loua en qualité de ber- 
ger. Dans ce paisible état, il apprit comme 
David à connaître , bénir et aimer le Dieu 
qu'il trouvait partout, et acquit en peu de 
temps une si grande expérience dans les 
choses spirituelles, qu'il eut bientôt sujet de 
dire comme lui : Beatus homo quem tu eru" 
dieris, Domine, et de lege tua docueris eum 
(Ps. 93). Voulant rester pauvre, il quitta son 
maître qui avait voulu l'adopter pour son 
fils, et se mit en service dans le royaume de 
Valepce , près d'un couvent de franciscains 



déchaussés, où il ne fut bientôt connu que 
sous le nom du saint berger. En 1564, il' y 
fut reçu en qualité de frère convers, et mou- 
rut âgé de 52 ans, le 17 mai 1592,àVilla- 
Réal, près de Valence. Paul V le béatifia en 
1618, et Alexandre VIII le canonisa en 1690. 
Sa fie a été écrite par Jean Ximénès, son 
compagnon, et par Christovel ou Christophe 
d'Arta. Voy. les divers monuments que le 
Père Papebroch a publiés dans le tome de 
mai , p. 48-132. 

PASCHAL (saint Pierre), religieux de la 
Merci, né à Valence, enseigna la philosophie 
et la théologie avec succès dans son ordre. 
Sa réputation le fit nommer précepteur de 
l'infant don Sanche, puis évêque de Jaen en 
1296.11 combattit avec zèle le mahométisme, 
par un excellent ouvrage publié en 1300, 
par des sermons solides, et par l'exemple 
de sa vie sainte. Il fut pris par les Maures de 
Grenade en 1297. Ces barbares le retinrent 
en esclavage , et le firent ensuite mourir 
cruellement le 6 décembre 1300, à 72 ans. 
Le clergé et le peuple de son église lui ayant 
envoyé une somme d'argent pour sa rançon, 
il la reçut avec beaucoup'de reconnaissance; 
mais au heu de l'employer à se procurer la 
liberté, il en racheta un grand nombre d'en- 
fants qu'il s'était occupé à instruire durant 
sa captivité, et dont l'âge tendre lui faisait 
craindre qu'ils n'abandonnassent la religion 
chrétienne. Son nom est vénéré en Espagne, 
où il fonda un grand nombre de monastères. 
Sa Vie a été imprimée à Paris en 1674, in-12. 

PASCHASE-RATBERT, né à Soissons, fut 
élevé avec soin par les religieuses de Notre- 
Dame de cette ville, dans l'extérieur de leur 
monastère. Il prit ensuite l'habit de bénédic- 
tin dans l'abbaye de Corbie, sous saint Adé- 
lard. Pendant l'exil de son abbé Wala, succes- 
seur et frère d'Adélard, il.composa, vers 831, 
un Traité du corps et du sang du Seigneur, pour 
l'instruction des jeunes religieux de la nou- 
velle Corbie, enSaxe. Il enseigne dans ce traité 
que «le corps de Jésus-Christ est réellement 
« dans l'eucharistie le même qui est né de la 
« Vierge, qui a été crucifié, qui est ressus- 
« cité et qui est monté au ciel. » Cet ou- 
vrage, oij l'auteur ne disait rien de nouveau, 
renfermait quelques expressions nouvelles. 
Ratramne et Jean Scot les attaquèrent ; Pas- 
chase les défendit avec force, prouva qu'il 
n'avait écrit que ce que tout le monde 
croyait depuis les apôtres : Quod totus orbis 
crédit et confitetur. Paschase était alors abbé 
de Corbie. Les tracasseries qu'on lui suscita, 
et quelques autres chagrins, le portèrent à 
se démettre. Il vécut en simple religieux, 
uniquement occupé à orner son esprit des 
connaissances sacrées et ecclésiastiques et à 
enrichir son cœur de toutes les vertus de son 
état. Ce saint religieux mourut le 26 avril 865, 
n'étant que diacre, et fut enterré dans la 
chapelle de Saint-Jean. En 1073, son corps 
fut transféré dans la grande église, par 1 au- 
torité du saint-siége. On trouve son nom dans 
le Martyrologe gallican et dans celui des bé- 
nédictins. Son humilité était telle que mal- 
gré ses lumières et ses vertus, il se croyail 



259 



PAS 



PAS 



Î6(î c' 



lo rebnt do Tordre monastiquo, ot s'appolnit 
Prriparmn movnchonim. Le ministre Claudo, 
et plusieurs autours calviiiisfos, échos de oot 
écrivain, ont prétondu qui! le dogme do la 
transsul)Stanliati(jn n'était pas antériour à 
Pasclia^e, qui en est l'invonlour selon eux ; 
mais Nicole lait voir lo ridicide do celle pré- 
tention ch'mérifine. Il a dôniontré dans son 
Traité de la perpétuilé de la foi, (juo Paschase 
n'a rien enseigné de nouveau sur ce |)oint , 
et que la présence réfdie a été crue et ensei- 
gnée de tout temps dans l'Eglise. Les ouvra- 
ges du savant ahbé deCorbie sont: des Cofti- 
mentaires sur saint Mall'iieu, sur les Lamen- 
tations de Jérémie; un Traité du corps et du 
saut} de Jésus-Clirist dans l'Eucharistie; une 
Epilre à Frudegard, sur le même sujet; la Vie 
de S. Adélard, celle de Wala, et d'autres ou- 
vr.tges, que le P. Sirmond lit imprimer à Pa- 
ris, en lois, in-fol. D. Martrne a inséré dans 
sa Collection lo traité De corpore Chrisli, plus 
exact que dans l'édilion du P. Sirmond , ot 
quelques ouvrages d 'couverts depuis IGI8. 
Le P. d^\chery a publié dans le tome XII' de 
son Spiciléf/e le traité do Paschase Raibort, 
De partu Virginis : question qui fit grand 
bruit aussi dans le xi' siècle, et à laquelle 
cet illustre bénédictin prit part. {Voy. la Vie 
de Paschase, par le P. Sirmond, à la tôle de 
l'édition que ce jésuite a donnée des QEuvres 
de ce savant et pieux cénobite, ainsi qu'une 
autre Vie que dom Hugues Ménard a tirée 
des archives de Corbie, et qu'il a insérée 
dans ses notes sur le martyrologe bénédic- 
tin. Voy. aussi Ceillier, tome XIX, p. 87 ; 
les auteurs de Vflist. litt. de la France, tom. 
V, p. '287; Légipont, Hist. litt. bened., lom. 
III, p. 77.) 

PASINI (Joseph), abbé de Montoronisio, 
né à Turin en 1G96, se distingua par ses vas- 
tes connaissances, et jiar son profond savoir 
dans les langues orientales. Le roi de Sar- 
daigne le nomma son conseiller et ensuite 
bibliothécaire de l'université de Turin, oi!i il 
mourut vers Tan 1770. Ses princi[)aux ou- 
vrages sont : Vocabolario italiano Inlino, etc., 
Turin, 17.J7, 2 vol. in-i" ; Histoire du Nou- 
reau Testament, avec dos réOexions morales 
et des observations, Turin, 17'i-9 ; Veuise, 
1751, 2 vol. in-V ; Codices manuscripti biblio- 
thccœ reyiœ taiirinensis athenœi per linoiias 
diyesti, et binas in partes distribut i, etc., 
avec Antoine Kivautella et François Beria, 
gardes et conservateurs de la même biblio- 
thèque, etc., Turin, 17W-50, 2 vol. in-l'ol. ; 
Grammaticœ linguœ sanctœ instilutio cum vo- 
cum anomalaruin explicatione, Padoue, 1739. 
Tous les ouvrages de l'abbé Pasini sont écrits 
d'un style élégant et correct, et remplis d'une 
érudition très-étendue. 

PASOR (Mathias), né en 1599, à Herborn, 
dans le comté de Nassau, lit de très-bonnes 
études à Heidelberg, où ses succès dans 
plusieurs actes académiques lui valurent une 
chaire de mathéinatiques en 1620. Les guer- 
res du Palalinat l'obli^ièrent de s'enf'dr en 
Angleterre ; il se fixa à Oxl'ord, et y professa 
les langues orientales jusi[u'en 1629; alors on 
lui otlrit la chaire de philosophie à Tironin- 



guo. Il y enseigna aussi les mathématiques , 
la théologie, la mor.ile, et y mourut aimé et 
estimé en 1758. On a de lui : un Recueil de 
thèses, auxqiu'l!es il ava.t pr(''sidé lui-même; 
un Traité contenant des liées générales de 
quehpies sciences. Il a publié les ouvrages 
de Georges Pasor, son père, professeur '"er- 
grec à Franekor, mort on 1037. Les princi- 
paux sont : Lexicon Nori Testamenti, livre 
utile contenaiit tous les mots grecs du Nou- 
veau Tostamont, Elzévir, 1G72, in-S" ; Ma- 
nuàle Testamenti, elc.'; Collcgimn hesiodœwn, ■■ 
dans lequel il analyse les mots difTiciles 
d'Hésiode. 

PAS(^)UALIGUS (Zacharif.), tbéatinde Vé- 
rone, vers le milieu du wii' siècle, s'appli- 
qua à l'étude de la théologie morale. Il a 
donné Praxis jejunii, Gênes, 1655, in-folio. 
Le pays où il na'|uit a conservé l'usage de 
dépouiller ([uelques enfants de leur virilité, 
usage barbare que la jalousie inventa autre- 
fois en Orient, et qu'on renouvela en Occi- 
dent , pour avoir cpiolques belles voix de 
plus. Pas(|u;iligus a lait un Traité moral sur ■[ 
cette cruelle Oj)ératio!), qui est si sévèrement - 
défendue par les lois de lEglise. 

PASQUIER (Etienne), né à Paris en 1529, 
fut reçu avocat auj>arlement etyplrnda avec 
un succès distingué. Il brilla surtout dans le 
temps des querelles des jésuites avec l'uni- 
versité. Versoris se chargea de la cause des 
enfants d'ignace, et Pasquier défendit celle 
de leurs adversaires. Le portrait qu'il fit de 
la société n'était rien moins que flatteur. Sa 
conclusion fut : « Que cet nouvelle société 
« de religieux qui se disaient de la compa- 
« gnie de Jésus, non-seulement ne devait 
« point être agrégée au corps de l'université, 
« mais qu'elle devait encore être bannie 
« entièrement, chassée et exterminée de 
« France. » Cette conclusion i)arut un peu 
dure, ainsi que le reste du plaidoyer, qui 
n'étaitd'ailleursqu'unerléclamation pleine de 
fiel. Les jésuites furent seulement exclus de 
l'université. Henri III gratifia Pasquier de la 
charge d'avocat général de la chambre des 
comptes, qu'il remit à son fils peu de temps 
après. Député en 1588, aux états-généraux 
de Hlois, il lut témoin, dans cotte ville, de 
ras:^assinat du duc de Guise. Après la disso- 
lution des Etats, il suivit le roi à Tours, et il 
y vit la réconciliation d'e ce monarque avec 
Henri IV. Il mourut à Paris en 1(>15, à 86 
ans. Ses principaux ouvrages sont des Poé- 
sies latines et françaises. Celles-ci sont tiès- 
faibles, les autres valent mieux. On trouve 
dans les latines six livres iïhpigrammes et 
un livre des Portraits de plusieurs grands 
hommes. Les françaises sont divisées en 
Jeux poétiques , en Versions poéliaues, en 
Sonnets, en Pastorales. La Puce et la Main 
sont ce qu'il y a de plus saillant. Pasquier 
ayant aperçu une puce sur le sein de ma(le- 
moiselle des Roches, en 1588, pendant la te- 
nue des grands jours de Poitiers, to ..s les poè- 
tes latins et franrùs du royaume p; ircnt j)ari à 
cette rare découverte, et cet insecte fit bour- 
donner tous les insectes du Parnasse. Ce fut, •; 
lo sujet d'un recueil intitulé La Puce des 



261 PAS PAS 262 

grands jours de Poitiers. La Main de Pàsquicr goût, ont regardé comme un écrivain sage 
est un auti'o recueil de vers en son honneur, et éloquent. Il est certain ([ue les jésuites 
Sélant trouvé aux grands jours de Troyes, pouvaient dire comme Tcrlullien : Tali de- 
un peintre, qui avait fait son portrait, avait dicatore damnationis nostrœ etiam gloriamur. 
oublié de lui lairedes mains. Cette singularité Le Monophile en sep,t livres, en prose mêlée 
excita la verve de tous les rimailleurs du de vers. — Ce magistral laissa trois enfants : 
temps. Ordonnance d'Amour, Anvers (Le Théodore, Nicolas et Gui. Le premier fut 
Mans', 1674-, in-8°, pièce obscène , remplie avocat général de la chambre des comptes ; 
d'expressions dont on rougirait même dans le second, maître des requêtes, laissa un vol. 
les maisons de débauche; Recherches sur la do Lettres , in-S", pleines de pai ticularilés 
France, en dix livres, dont la meilleure édi- historiques ; et le dernier fut auditeur des 
tionestde 1665, in-fol. Cet ouvrage est un comi^tes. Les Œuvres de Pasquier ont été 
parterre varié de fruits et de fleurs; on y imprimées en 2 vol. in-fol. à Trévoux, en 
trouve l'utile et l'agréable. Quoique le style 1723. Il y manque : son Catéchisme des jé- 
en ait vieilli, il ne laisse pas de plaire, suites : on a cru servir sa mémoire par cette 
parce que l'auteur avait de l'imagination ; omission ; son Exhortation aux princes, etc., 
mais il faut se déûer de ses éloges et de ses pour obvier aux séditions qui semblent nous 
satires. Quand il parle des personnes ou des menacer pourle fait de la religion, lo62,in-8% 
choses qui lui déplnisent, il se livre à ses de 27 feuillets, indiquée dans le nouveau 
préventions, il s'écliaulïe, il exagère. Des père Le Long, sous le n" 17, 838. Si le P. 
EpUres, en 5 vol. in-8°, publiées en 1610, où Garasse avait connu cet ouvrage, dont l'ob- 
on trouve beaucoup d'anecdotes curieuses jet est de prouver la prétendue nécessité de 
sur l'Histoire de France, 1602, in-S" ; Le favoriser et d'admettre le calvinisme, il n'au- 
Catéchisme des jésuites, 1602, in-8°, plein de rait pas manqué de s'en prévaloir. Pasquier 
sarcasmes et de la satire la plus outrageante, s'est indiqué à la fin de cet écrit par ces let- 
11 traite Ignace, fonditeur des jésuites, de très : S. P. P. faciebat. Dans l'exemplaire de 
chevalier errant, de fourbe, de menteur, de M. Pilhou, elles sont ainsi remplies de sa 
cafard, qui voulut être reconnu pour un au- main : Stcphanus Paschasius, Parisinus. Il en 
tre Jésus-Christ ; de gourmand, de régicide, avait paru, dès 1561, des éditions mulilées , 
de Manès, pire que Luther, parce que sa secte que Pasquier désavoue dans un avis à la tète 
est revêtue de [)apelarderic ; de démon in- de l'iii-S". Il a de[)uis été inséré dans le re- 
carné, de grand Sophi, de grand âne, de don cueil connu sous le titre de Mémoires de 
Quichotte : telles sont les injures qu'il prodi- Condé, dont il lerniine le 1" volume, 
gue à pleines mains contre le fondateur de PASSA VANTI (Jacques), né vers 1297, à 
cette société, dont le seul nom excitait sa Florence, d'une famille distinguée, moi t dans 
bile; aussi Bayle s'écriait-il :« Quelle doit sa patrie en 1357, entra dans l'ordre de Saiut- 
« être sa rage en voyant mettre au nombre Dominique, et rendit son nom célèbre en 
« des saints celui qu'il avait peint des cou- Italie par un traité intitulé Le Miroir de la 
« leurs les jilus noires ! » François-Xavier vraie pénitence, imprimé pour la première 
était selon lui un cafard, un Ma'chiavel, un fois en 1^95, in-V% à Florence. Cet ouvrage 
successeur de Vhérésiarque Manès, ses mira- est fort eslinié tant pour le fond que pourle 
des des contes de la quenouille, etc. Les je- style. L'académie de la Crusca en donna une 
suites sont les scorpions de la France; ils édition, en 1681, qui est la septième; celle 
sont , « non les premiers piliers du saint- de Florence, 1725, in-i% qui est la dernière, 
« siège, mais les premiers pilleurs. » On ne est la meilleure. 

doit pas les appeler « ordre jésuite, mais PASSIONEI (Dominique), cardinal, naquit 

« ordure jésite, parce qu'ils vendent en gros à Fossombrone, dans le duché d'Urbin, le 2 

« les sacrements, jilus cher que Giési ne décembre 1682, d'une famille illustre. Il fit 

« voulut vendre le don des miracles à Naa- ses études aucollé^^e Clémentin à Rome, où 

« man ; hs jésuites sont autant de Judas; il il commença à former dès lors une riche 

« y a dans lajésuiterie beaucoup de la juive- bihliolhèque, devenue depuis si utile aux 

« rie, voire que tout ainsi que les anciens savants. Kn 1706, il vint à Paris pour porter 

« Juifs avaient fait le procès à Jésus-Christ, la barrette au nonce Gualterio son parent. Il 

« aussi ces nouveaux Juifs le font maintenant passa de là en Hollande en 1708, et y joua 

« aux apôtres. » 11 va jusqu'à dire que dans bientôt le rôle de négociateur. Oncommençait 

les vœux des jésuites, il y a de Vhérésie, du à être fatigué de la longue guerre de la sueces- 

machiavélisme et une piperip manifeste; enfin sion d'Kspagne. Les puissances belligérantes 

ce (|u'il dit sur le nom de Pères qu'on don- y avaient envoyé des députés pour la paix, 

nail aux jésuites, ne pouvait so! tir que de la Le pa|)e Clément XI, ne pouvant y avoir 

plumedel'auteur des Ordonnances d'amour; un nonce , choisit Passionei pour défent,lre 

la plus etfrénée luxure n'a rien inventé de secrètement les intérêts du saint-siége. Ses 

plus atroce. On trouve à la fin de ce Caté- soins ne furent pas inutiles : il ob'iut des 

chisme le Pater noster travesti et la parodie alliés l'évacuation des domaines du pape, 

de VAve Maria, où il y a autant de sacrilèges où les troupes allemandes s'étaient établies, 

que de mots. Dans ladernière pièce surtout. De retour à Rome , il fut nommé par Clé- 

l'iiiipiétéetla plus exécrable obscénité com- ment XI caméiier secret et prélat domesti- 

battent à qui aura le dessus. Tel est l'avocat que. En 171i, le pape l'envoya .iu congrès 

lui a plaidé contre un ordre célèbre, et que deBAIe, et, en 1715, à Soleure. Quoiqu'il ne 

les gens qui prétendaient au génie et au bon fût pas heureux dans la première de ces né- 



a 



ÎC3 PAS PAT SM 

« 

gociations, Clément XI n'approuva pas moins ~ Il peut servir d'instruction et de modèle aux 
sa conduite, et le nomma secrétaire de la nonces qui lui succéderont, puisqu'ils doi- 
Propagande en 1719. Sa faveur continua vent avoir le môme but, le maintien de la 
après la mort de ce pontife, sous Innocent ^ religion catholique. — Benoît Passionei, son 
XllI, qui le nomma archevêque d'Ephèse, neveu, publia à Lucques, en 1765,1 vol. ita- 
et lui donna la nonciature de Suisse, qu'il lien, in-fol., oii il a réuni toutes les Inscrip' 
garda jusqu'en 1730. Clément XII le nomma tions grecques et latines, rassemblées par ce 
alors à celle de Vienne, où l'empereur savant cardinal. Cette collection, qui a été 
Charles VI et le prince Eugène lui firent un dissipée après sa mort, renfermait aussi beau- 
accueil distingué. Ses travaux apostoliques coup de bas-reliefs, d'urnes, etc. Le cardinal 
dans ces ditféients pays furent utiles à plu- Passionei était membre de presque toutes les 
sif'urs personnes. L'abjuration du savant sociétés littéraires de l'Italie: il succéda à 
Eckard et celle du prince de Wurtemberg Maffei, comme associé étranger, dans l'aca- 
furent son ouvrage. Il fut fait secrétaire des demie des inscriptions. Lebeau y prononça 
brefs et cardinal en 1738, et incorporé dans son Eloge. 

le même temps aux différentes congrégations PATÈRE, Paterius, disciple et intime ami 

de Rome. Benoît XIV, étant monté sur le de saint Grégoire le Grand, dans le vi' siècle, 

trône pontifical, le chargea des affaires les fut notaire de l'église romaine , et ensuite 

plus importantes, etle nomma bibliothécaire évêque de Brescia, suivant quelques savants, 

du Vatican en 1755. Il enrichit considérable- Cet écrivain ecclésiastique est principalement 

ment ce trésor, et en augmenta l'utilité par connu par un Commentaire sur l'Ecriture 

la communication, li mourut d'apoplexie le 5 sainte, tiré des ouvrages de saint Grégoire, à 

juillet 1761, à 79 ans. L'auteur de son Eloge la suite desquels il a été imprimé. Ce livre 

historique (l'abbé Goujet ), imprimé à La est meilleur pour le sens spirituel que pour 

Haye, in-12, 1763, prétend que la violence le littéral. 

qu'il se fit en signant le bref de condamna- PATERSON (Alexandre), prélat catholique 
tion, lancé contre l'Exposition de la doc- anglais, né à Enzie dans le comté de Baufl, 
trine de Méscnguy, hâta sa mort. Serrao, au- fut d'abord vice-recteuf du collège des Ecos- 
tre zélé du jiarti, dans son ouvrage De prœ- sais à Douai, dans lequel il avait été élevé. 
Claris catechistis (Vienne, 1777), regarde Les despotes révolutionnaires de 1793 s'étant 
sa maladie et sa mort comme une punition emparés de cette maison, Paterson parvint à 
divine. Tel est le fanatisme de secte : non quitter la France avec les maîtres et les élè- 
content de lancer ses traits contre les adver- ves, et retourna dans sa patrie où il exerça 
saires de l'erreur, il les dirige sur ceux mé- les fonctions de missionnaire. En 1816, il de- 
me qu'il regarde comme ses amis, quand ils vint coadjuteur du docteur Cameron, vicaire 
ne mettent pas dans leurs démarches toute apostolique d'Edimbourg, et fut sacré le 28 
la fureur ou l'opiniâtreté qu'il prétend leur août de la même année sous le titre d'évêque 
inspirer. Le cardinal Passionei n'était pas de Cybistra. 11 fit plusieurs voyages à Paris 
favorable aux jésuites; il s'opposa fortement pour réclamer les biens des établissements 
à la canonisation du cardinal Bellarmin, et catholiques écossais en France , et publia, 
proscrivit, dit-on, de sa bibliothèque tous en 1822, un excellent Mémoire à ce sujet; 
les ouvrages de la société. Il n'aimait pas mais il ne réussit qu'en partie. Paterson en- 
davantage les autres religieux. La vivacité de voya, en 1829, en France, un ecclésiastique, 
son esprit le jetait dans des disputes dont il M. Gilliès, missionnaire, et les dons que re- 
voulait toujours sortir victorieux. Malgré çut cet envoyé suffirent pour faire face aux 
l'amitié que Benoît XIV avait pour lui, il s'o- dépenses de la chapelle catholique que l'on 
p'iniâtrait à soutenir dans leurs conversations a construite à Edimbourg. En 1828, il devint 
ses sentiments avec une vivacité mflexible; vicaire apostolique par la mort du docteur 
c'était presque toujours le pape qui était Cameron. Il fit encore un voyage en France 
obligé de céder. Il n'aimait pas le cardinal après la révolution de 1830 , et mourut à 
Valenti, secrétaire d'Etat; il l'appelait \ebacha. Dundee dans l'exercice de ses fonctions, le 30 
Un jour, en lui donnant le baiser de paix, il octobre 1831. 

lui dit assez haut Salamalec, au lieu de Pax PATORNAY (Philippe), prédicateur, né à 
tecum. Malgré ses défauts, le cardinal Pas- Salins l'an 1593, d'une famille distinguée, 
sionei a des droits aux regrets des savants entra , à l'âge de 18 ans, dans l'ordre des 
et à l'estime de la postérité. La révocation Minimes, qu'il contribua à propager dans le 
qu'il fit avec le célèbre Fontanini du Liber comté de Bourgogne, et professa la philoso- 
aiurnus romanorum pontificum; une Para- phie et la théologie. Les succès qu'il obtint 
phrase du psaume 19, faite sur l'hébreu; une ensuite dans la prédication engagèrent l'ar- 
du 1" chapitre de Y Apocalypse, sur le syria- chevêque de Besançon, Ferdinand de Rye, à 
que ; la Traduction d'un ouvrage grec sur le demander au saint-siége pour l'un de se.s 
l'Antéchrist ; l'Oraison /"unè^re du prince Eu- suffragauts, et ce prélat le sacra évêque de 
gène, traduite en français p.ir M""' du Boccage, Nicopolis en 1632. Palornay mourut à Besan- 
sont des monuments de ses connaissances, çou le 1" août 1639, regretté surtout des 
Outre les ouvrages dont nous avons parlé, pauvres. Il n'avait publié que quelques J^esM; 
Passionei est l'auteur des Acta legationis hel- mais on conservait dans la bibliothèque des 
veticœ, in-i". Ce sont six discours prononcés Minimes à Rupt, bailliage de Gray,un recueil 
enuifférentes occasions avec qielques leHres de ses Sermons, et un Abrégé des Controverse» 
|iur les affaires qu'il eut à traiter en Suisse, de Bellarmin, en manuscrit.— Un de ses ^wi'- 



265 



Pkl 



PAT 



266 



renls, Léonard Patornay , jésuite, mort la 
iiKMneaniK^e h Bes;<n;;on,f;rt chargé plusieurs 
fois par Riclielie i de répondre aux écrits des 
ministres protestants. On a de lui: Déclara- 
tiones multoram deductorum ad Ecclcsiœ cas- 
tra, (ju'il publia sous un nom supposé. 

PATOUILLET (Nicolas), jésuite, né l'an 
1622 à Salins, prêcha avec succès dans les 
princip.iles villes du royaume, et devint su- 
périeur de la mission française à Londres. 
Dans ses vieux ans il se retira dans la m:ii- 
son de son ordre à Besançon, où il mourut 
le 1'' nov. 1710. On a de lui : Sentiments d^ine 
âme pour se recueillir en Dieu, Besançon, J 700, 
in-12; Beato Francisco de Sales, episcopo Gene- 
t:ensi panegyricus,dictus Camberii,poslr. idus 
novemb., Ï0G2 : prœmittitur epist. ad Franc, 
de Bertrand de Chamousset, ms., conservé à la 
Bib!iotliè(|ue royale. — Son frèreÉTiENNE, prê- 
tre, mort h Salins en 1696, est auteur d'une 
Oraison funèbre de Marie-Tliércse d'Autriche, 
reine de France, Besancon, IGS'i-, iii-8°. 

PATOUILLET (Louis), né à Dijon en 1699, 
fit ses études au coliége de cette ville, oii il 
eut pour professeur en rhétorique le célèbre 
P. Oudin, qui contribua beaucoup à déve- 
lopper ses talents. Devenu jésuite, il enseigna 
la philosophie à Laon, et se distingua en 
môme temps par l'éloquence de la chaire. 
Api es avoir |)rêché à Naticy devant le roi Sta- 
nislas, et avoir passé encore quelques an- 
nées à Laon, il se retira à la maison professe 
de Paris , s'occupant de divers ouvcages, 
parmi lesquels on distingue la Vie de Pelage 
{V'oy. Pelage), et le Dictionnaire des livres 
jansénistes, k vol. in-12, qui était une nou- 
velle édition de la Bibliothèque jansénisti'du 
P. Colonia, et qui fut rais à l'index »^ Rome 
par un déciet du 11 mars 17oi. H parut con- 
tre lui des Observ.nions de (ioujet et une 
lettre de Kulié. 11 a donné pendant quelque 
temps le Supplément de la Gazelle ecclésias- 
tique, où il redressait les erreurs et ré[)arait 
les omissions de cet écrivain fanatique. Voy. 
llocHE (Jacques). On attribue au P. Paloud- 
lel plusieurs écrits anonymes sur les allaires 
du temps : V Apologie de Cartouche, ou le 
Scélérat justifié par la grâce du P. Quesnel, 
1733, iu-12; les Progrès du jansénisme, par 
frère Lacroix, Quiloa, 174-3, in-12; deux 
Lettres à unévéque sur le livre du P. Norbert, 
1745; une Lettre sur l'art de vérifier les da- 
tes, 1730; Entretiens d'Anselme et dlsidore 
sur les affaires du temps, 1736; Lettres d'un 
ecclésiastique à l'éditeur des OEuvres d'Ar- 
nauld, 175J, iu-12. Il donna en 1749 et en 
1758 les 27' et 28' volumes des Lettres édi- 
fiantes. Il jouit de la coufiance de M, de 
Boaumonl, archevêque de Paris, et du saint 
évoque d Ami. ns, .>!. de La Motte, che-z le- 
quel il vécut quelque temps, et mourut à 
Aviguon, vers 1779. Quelques écrivains lui 
attiiijueut la Réalité du projet de Bourg- 
Fontaine; mais il pa>ait plus vraisemblable 
que cest l'ouvrage du P. SauvAge, jésuite de 
la proviuc(! de Lorraiu !, Voy. Filleau. 

PATiiiCL (sa.ut), évoque et apùlre d'Ir- 
lande, né en 3/2, mort veis l'an 464, après 
avoir converti une multitude de païens, fun- 

DiC.TXON^. DE BlOGUAPIllE KELIG. 111. 



dé des monastères, dont l'un était à Ar- 
magh, et avoir rempli l'Irl.inde d'églises et 
d'écoles, où la piété et 1 s bonnes études 
fleurirent longtemps. On a de lui un écrit 
appelé la Confession de saint Patrice, et une 
Lettre à Corottc, prince du pays de Galles, 
dont il eut beaucoup à souffrir. Ces ouvra- 
ges sont écrits avec peu d'élégance; mais ils 
montrent qu'il était versé dans la science 
des saints, Tillemont dit que ces écrits ont 
des mar.|ues certaines d'authenticité; les au- 
teurs qui les ont suivis en écrivant la Vie de 
ce saint ne l'ont poini farcie de faits apocry- 
phes, appuyés uriiquoment sur des bruits 
populaires. On lui attrib\ie le Traité des 
douze abus, publié parmi les ouvrages de 
saint Augustin et de saint Cyprien. Jacques 
Ware a publié los OEuvres de saint Patrice, 
à Londres, 1658, in-8°. Le Purgatoire de 
saint Patrice, dont Denys le Chartreux et 
p usieurs autres écrivains ont dit tant de 
choses lausses. comme Bollandus l'a démon- 
tré, est une caverne située dans une petite 
île du lac Dearg, dans l'Ultonie. Elle fut 
fermée par ordre du pape, en 1497, pour 
arrêter le cours de certains contes supers- 
titieux. On la rouvrit ensuite, et on la vista 
pour y prier et y pratiquer les austérités de 
la pénitence à i'imilation de saint Patrice, 

3ui se retirait souvent dans ce lieu et dans 
es endroits écartés, pour y vaquer plus 
librement aux exercices de la contempla- 
lion. Ceux qui sont étonnés de lire dans 
la Vie de ce saint des singularités en ma- 
tière de piété et de mortifications peu con- 
ciiiables avec nos goûts , nos usages et 
nos mœurs, ne doivent pas perdre de vue 
cette réflexion de l'abbé Fleury : « Il est à 
« croire que Dieu leur inspira cette con- 
« duite pour le besoin de leur siècle. Ils 
« avaient affaire à une nation si perverse et 
« si rebelle, qu'il était nécessaire de la frap- 
« per par des objets sensibles. Les raison- 
« nemcnts et les exhortations étaient faibles 
« sur des hommes ignorants et brutaux, 
« accoutumés au sang et au pillage. Ils 
« auraient même compté pour rien des 
« austérités médiocres , eux qui étaient 
« nourris dans la fatigue de la guerre, et 
« qui portaient toujours le harnais. Mais 
« quand ils voyaient un saint Boniface, dis- 
« cipleiJe saint Romuald, aller nu-pieds dans 
« les i ays froids; un saint Dominique Lori- 
« cat se mettre tout en sang en se donnant 
« la discipline, ils comptaient que ces saints 
« aimaient Dieu, et délestaient le péché. Ils 
« auraient compté |»our rien l'oraison men- 
« taie; mais ils voyaient bien que l'on priait, 
« quand on récitait des |)saunies. Knlin, ils 
« ne pouvaient douter (jue ces saints n'ai- 
« massent leur prochain, puisqu'ils faisaient 
» [léniteiicu pour les autres, 'l'ouchés de tout 
<( cet exli'rieur, ils devenaient plus dociles, 
« ils écoula eut ces irèlres et ces luoines, 
(« dont ils admiraient la vie; et |.lusieurs se 
X couve, lissaient. » Celle rétlexion suflit 
pour expliquer plusieuis singularités qui, 
uans l'histoire des saints, |)euvent offenser 
des esprits délicats et trop préoccupés des 



S67 



t>AT 



PXt 



26e 



mœurs actuoups ; elle est appiiyde par ce 
mot de l'Apôlro : « Je me suis fat tout à 
« tous, po'ir ga;j;nor tous les hommes h Jé- 
« sus-Christ » : Omnibus omnia fnctns xiim, 
ut omnes fncrrem snivos. F Cor. IX, -22. Voi/. 
SiMÉoN SlyUte,I)()niMQUEf.oric,it. — M. Mi;^iie 
a donné les œuvres de saint Patrice avec 
col.'es d" Salvien, sous ce titre : OFuvrcs tn's- 
complètes de Salvirn, préci'ddes d'une notice 
tirée de Gailand et de Schieniiemann, enri- 
chies des iiOles (!(> BaJuze, suivies des OEii- 
rrcs é§alen)ont tr^s-comfiiètes, 1° d'Arnohe 
le Jeune, Teproduites d'après la Maxima Bi- 
hUothfca PP., de La B1gno:2° de Mamert 
Ciandioii, d'après l'édiiion de (lalland ; 3" de 
saint Patrice, apAtre de l'Iilande, réim|:)ri- 
mées aussi avec les notes et les prolég. de 
GalIand, k" du livre connu sous le nom de 
Liber PrœdestinatifVeprodml comme les deux 
Pères précî'dents avec les notes elles pr')lég. 
de Galland, et suivi d'une liistoire du prédes- 
tinatianisme, |)ar Sirmond, 18V7, 1vol. in-V". 

PATRI'IE, Patricius (Augustin Piccdi.o- 
mim), habile écrivain du xv' siècle, né à 
Sienne, d'une fan)i;ie illustre, fut d'abord 
chanoine de ce'te ville, puis secrétaire de 
Pie II, en liGO. Ce pape lui donna ordre de 
composer un Abréqé des Actes du cencilo de 
liAle, qui se trouve en manusrrit dans la Bi- 
bliothèque du roi de France, et imprimé dans 
le tome 111' des Conciles du père Labbe. Ses 
services lui valurent la i lace de maître des 
cérémonies de la chap.lle du pape, et Févè- 
ché de Plenza dans la Toscane. 11 y mourut 
en l'*96, regardé comme un des plus savants 
hommes de son temps. 11 était également 
versé dans l'histoire sacréf et l'histoire pro- 
fane. 11 eut part au Pontifical, imi)rimé à 
Rome en 1485, in-fol. On trouve de lui, dans 
\b Musœum italicum du Père Mabil.on, Ad- 
ventus Friderici m ad Puulum II ; Vitn Ben- 
cii... et dans Freher : De Comitiis Bntisbomc 
celebrntis. On lui attribue : Traité des rites de 
rEglise romaine, que Christophe Marcel, ar- 
chevêque de Corfou, fit imprimer sous son 
nom à Venise, 1516, in-fol. 

PATRICK (Simon), évoque anglican, né 
l'an 1626 à Gainsborough, dans la province 
de Lincoln, dun marchand, fut élève au col- 
lège de Cambridge. 11 s'y distingua tellement 
par son savoir qu'il en devint président, il 
fut Ciisuite vicaire de Baltersea, dans ieSur- 
rey, puis curé de Covenigarden, paroisse de 
Saint-Paul à Londres, et l'ut nominé chape- 
lain du roi Charles I". En 1678, il fut élevé 
au doyenné de Pétorsborough, puis à l'évèché 
de Cbichester, en 1689. O.i le transféra, eu 
1601, à l'évèché d'Ely, où il termina sa cai-- 
rière, en 1707, à 81 ans. Son emporlimient 
contre l'Eglise romaine n'a honoré. ni son 
savoir, ni his dignités qu'il a occupées ; il se 
fait sentir dans tous ses ouvrages. Les prin- 
cipaux sont : des Commentaires^ sur le Penta- 
teu(pie et s.ir d'autres livres de l'Ecriture 
sainte ; un Recueil de prières, etc. 

PATKiZl ou PATKl/10 (.François ), de 
Ch(.r»o en Islne, et selon quelques-uns de 
Glissa, dans la Dalmati(^, où il naquit en 
1529. 11 enseigna la iiliil sophie à Ferrare, à 



Rome et h Padoue, avec, une réputation 
extraordinaire, soutint que la philosopliie 
de Platon était en tout conforme au eliris- 
tianisme, et fut ennemi déclaré des sen- 
timents péripaté iciens. Il mourut h Rome 
en 1597, à 68 ans. On a de lui : une Edition 
des livres attribués à Mercure Trismégiste; 
une Poétique en ital en, Ferrare, 1536, in-V", 
divisée en deux décades, q.ii est une [ireuve 
que l'auteur avait bien lu les anciens ; Paral- 
leli militari, Rome, 159i-, in-fol. C'est un 
parallèle de l'art m liiaire ancien avec le 
moderne. Joseph Sraliger dit que Patrizio 
est le seul qui ait expliqué les difficultés de 
ce sujet important. Ceux qui sont venus 
ai)rès lui n'ont fait que le copier. C'était le 
plus rare et le plus utile des écrits de cet 
auteur; Délia ' nuova qeometria libri XV , 
Ferrare, 1587, in-i"; Délia storia dieci dia- 
loghi, Venise, 1560, in-4" ; traduit en latin 
par Nie. Stup-mo, et réimprimé avec le Me- 
thodus tiistorica, de Bodin, B.\le, 1576, in-8' ; 
Procli elementa theoloqica et physica latine 
reddita, Fetrare, 1583, in-V°. 

PAiTKN (Tao^i.As), théologien anglican, 
qui vivait dans le siècle dernier, se rendit 
célèbre par divers ouvrages savants en fa- 
veur do la religion, et qui prouvent qu'il 
avait bien étudié les saintes Ecritures. Par- 
mi un ;.rand nombre, les suivants méritent 
une allention particulièrf^ : Apolo(/ie chré' 
tienne, in-8", discoui'S fait pour la chaire ; 
Apologie chrétienne de saint Pierre, faisant 
aussi ia matière d'un sermon qui lut prêché, 
puis publié avecdes notes et une réponse auj. 
objections du Père Ralph Heathcote, aussi 
docteur anglican, mort en 1695 : La suffisance 
des preuves données de Vévidence de l Evan- 
gile, soutenue contre la réplique du père Ralph 
Heathcote, in-8" : L'opposition entre l'Evan- 
gile de J.-C. et ce qu'on appelle la religion 
naturelle, sermon ; Défense du roi David, 
dont le caractère est mal exposé dans quelques 
écrits modernes. Patlen mourut en 1790. 

PATUZZI (Jean-V^inceat), célèbre domini- 
cain, né à Con('gliano, le 19 juillet 1700, prit 
l'habit de son ordre en 1717, dans la congre- 
gatiori du B. Salomoni, qui est une des bran- 
ches de l'ordre de saint Dominique ; il pro- 
fessa la philosophie, puis la théologie à Ve- 
nise, et composa un grand nombre d'ouvra- 
g'S dont on retrouvera la liste dans l'Europe 
littéraire {ininilùQ): qu>'lques-ont paru sous 
le nom d'Eusebio Eraniste, qu'il avait adopté, 
et d'autres sous celui d'Adclfo Dosileo, qu'il 
prend quelquefois. Il mourut à Vicence, le 
26 juin 1769. On a de lui : Vita délia venera- 
hile serva di Dio Rosa Fialetti, del terzo or- 
dine di san Domenico, con l'aggiunta di alcu- 
ne sue lettere, canzoni ed altre spirituali opé- 
rette, Venise, 1740, in-i"; Difesa délia dottri- 
na del angelico dottor sancto Tomaso sopra 
l'articolo cinque délia Q: 154, 2, 2, Lucques, 
1746, in-4% |ans nom d'auteur. Ce livie asi 
dirigé contre' quelques défenseurs du Père 
Bensi, jésuite. De futuro impiorum statu li- 
bri très, Vérone, 1748, in-4°; 2' édition, 
Venise, 1764; Lettere teoloyico-morali di 
JEusebio Eraniste, etc., m difesa délia storiai 



PAT 

del probabilismo dd P. Damello Concina^ 
Venise (Trente), 1752, 1 vol. in-8". L'ou- 
vrage eut trois éditions dans la même année; 
Leùere teologico-moroli in contintiazione dél- 
ia difesadeiristoriadcl probabilismo, (Tienle) 
Venise, 1753, 2 vol. in-S" ; Leltere teologico- 
morali in continuazione delta difesa, etc., 
ovrero Confatazione délia riposta pubblicata 
dut M. R. P. B. delta cowpagnia di Giesu, 
contre i due primi tomi dette leltere di Euse- 
bio Eraniste, (Trente) Venise, 17oi, 2 vol. 
in-8"; Osservazioni sopra varj punti d'isto- 
ria letteraria, esposte in atcune lettere al M. 
R. P. Francesco-Antonio Zaccaria, con due 
appendici, etc., Venise, 1756, 2-= édit., 1760, 
2 vol in-S" ; De re sacramentaria contra per- 
duelles hœreticos libri decem, etc., cura et stu- 
dio P. R. F. Renati Hijacinthi Drouin, docto- 
ris Sorbonici, ord. prœdicatorum, editio se- 
cunda cum notis et addilionibus P. F. Joan- 
nis Vincentii Patuzzi, Venise, 1756, 2 vol. 
in-fol. ; Lettera enciclica del sommo pontefice 
Benedetto XI \\ diretta airossemblea générale 
del clero gallicano, illustrata e difesa da Ea- 
sebio Eraniste, contro l'autore de' dubii e que- 
siti propositi ai cardinali e teologi délia sa- 
cra congregazione di Propaganda, Lugano, 
1758, in-8", 2>= édition, Venise, 1759, insé- 
rée dans la Raccolta secta délie cose di Por- 
tugallo, rapporta a' gesuiti, Luga;i0, 1759; 
2' édition, Venise, con agginnte e monu- 
menti 1761, traduite en français et imprimée 
à Ut-recht, 1760, in-12 ; Trattato délia regola 
prossima délie azioni umane nelta scella délia 
opinioni, etc., Venise, 1758, 3 vol. in-i°. 
Elle fut traduite en latin, Venise, 176l.5ret'e 
istruzione sopra la regola prossiina, nella 
scella délie opinioni, Venise, 1759, réimpri- 
mée à Naples et à Mdan, avec des augmenta- 
tions, et ensuite traduite en latin, inséiée 
(lepu,3 dans la Théologie morale de Gasparo 
yatiolo, imprimée à Venise, 3 vol. in-4"; De 
tndulgcntiis et requisitis prœsertim ad cas re- 
ctpiendas dispositionibus, Rome, 176 J, in-16 
te traité parut dabord sous le nom sup -osé 
de lyicolo Giunchi de' Raspantini ; mais il fut 
réimprimé la même année sous le nom du 
Père Patuzzi. Esposizioni sulla dottrina cri- 
stiana, opéra utdissitna ad ogni génère di per- 
sane, si ecclesiastiche che secolari, nuova edi- 
ztone rweduta e correta, Venise, 1761. C'est 

1 ouvrage de l'abbé Mesenguy traduif en ita- 
lien et imprimé à Naplt-s, mais tellement 
corrigé et changé dans l'édition qu'en donne 
JeFerc Patuzzi, qu'on peut le regarder comme 
une œuvre nouvelle, à labri des censures 
ne Kome ; Lettere ad un ministro di stato 
sopra le marali dottrine demoderni casuisti, 
c i gravissmi danni che ne resultano al pul,li- 
co bene, alla societa civile, e ai diretti,auto- 

9vni'fn'T^r t '^'^'■"^*' Venise, 1761, 

2 vo . in-8 ; deuxième édition, a. ec des aug- 
mentations et corrections, Venise, 176;j,?cms 

e nom dEusebto Eraniste; Lettere apologe- 
tuhe; ovvera Difesa delta dottrina dtian To- 
maso contro le calunnie de suai accusatori 
sulla rnateria del tirannicidia, Venise, 1763, 

n-8 ^ous le nom 6'Easebio Eraniste; De 
tede mferni tn terris quœrenda dissertatio ad 



PAU 



270 



complementum operis de futuro impiorum 
statu, dtstributa in partes très, Venise, 1763 
in-V; La causa dri probabilismo richiamata. 
ail esema da M. Liguori e convinta novella- 
mente di falsita, da Àdelfo Dosileo, (Ferrare) 
Venise, 176i, in-S" ; Osservazioni teolonichi 
sopra l'apologiu di M. D.Alfonso di Liguori 
contro il libre intitolato : La causa dèl pro- 
babilismo, (Ferrar") Venise, in-8% sous le 
nom û'Adelfo Dositeo. Ethica christiana sive 
theologia moralis, ex sanctœ Script urœ fonti- 
bus dcrivata et sancti Tiiomœ Aquinatis doc- 
trina illustrata, 7 vol. in-4% Bassano, 1760. 
Le Père Patuzzi n'ayant pu terminer cet ou- 
vrag(>, il fut achevé par le Père Pierre Fan- 
tini, son confrère, qui le publia et le fit pré- 
céder d'une Vie de l'auteur et du catalogue 
de ses ouvrages. On trouve VEloge du Père 
Patuzzi dans VEurope littéraire, mois de 
juin 1769. On ne peut tro;) louer ce père 
d avoir poursuivi, sans leur donner de répit 
les déienseurs de la morale relâchée. Des 
personnes qui assurément ]a condamnent 
pensent néanmoins qu'il a quel.juefois con- 
londu avec elle une sage condescendance 
des ménagements que dictent la prudence et 
la charité, des temijécaments que deman^ 
dent quelquef is l'amour du prochain et les 
intérêts du salut des pénitenis. L'Evangile 
n est ponit une loi d'excessive rigueur, mais 
do miséricorde aussi bien que de justice ; et 
on s'étonne de voir compris parmi ceux q'ue 
le Père Patuzzi a comb.ittus, le vénérable 
Liguoii, missionnaire zélé, homme consom- 
mé dans la connaissance des voies spiri- 
tuelles, instruit, en un mot, par une longue 
exp. rience, des moyens les plus propres à 
laire rentrer le pécheur en lui-môme, et à ]e 
ramener à la firatique des devoirs religieux. 
PATZKE (Jean-Samuel), pasteur et prédi- 
cateur proiesiant, né 1 an 1727 à Selov, au- 
près de Frau! forl-sur-1'Oder, d'une famille 
pauvre, parvint à force de patience et d'é- 
nergi • à faire de bonnes éludes, et obtint 
une place de pasteur à Wormsfelde par la 
protection du margrave de Schwedt. il fut 
nommé plus tardpa teur à Liégen, puis, en 
1/62, prédicateur à Magdeboujg. C'est dans 
cette ville qu il fit surtout con aître son ta- 
lent pour ia chaire. Patzke mourut le 14 dé- 
cembre 1786, laissant: Sermons sur les évan- 
giles de toute l'année, Magd;-bourg, 1774-1775, 
2 vol. in-i"; Sermons sur les épîtres de toute 
l année, ibid., 1776, 2 vol. in-4^ ; un Choix de 
ses sermons, Magdebourg, 1780; un autre 
Choix de discours prononcés en chaire larut 
à Dessau, en 1794. On a de plus de lui des 
poésies diverses, des traductions de T.rence 
et de Tacite, avec des notes, des feuilles pé- 
riodiques r/digées dans un but moral, des 
drauies sacrés, etc. 

PAUL (saintj, nommé auparavant Saul, de 
la tribu de Benjamin, était né à Tarse, ville 
de Cilicie, et, en cette (jualité, citoyen ro- 
main. Son }>ère, qui était pharisien, l'envoya 
à Jérusalem, où il fut élevé et instruit par 
Gamalicl dans la science de ,'a loi. Il [luisa 
dans la secte des pharisiens une haine vio- 
lente contre le christianisme. Lursau'ou la^ 



Ô7* 



PAU 



PAU 



2-2 



pid.iit saint Etienno, il coop(^ra h sa mort, 
en gardant les liabilloinenls des bourreaux 
qui lapidaient ce saint martyr. Il ne respi- 
rait alors que le sang oi le carnage contre 
les disciples de Jésus-Christ. Il ohlinl des 
lettres du grand-prôtre des Juifs, i our aller 
à Damas se saisir de tous les chriHiens, et 
les mener chargés do chaînes à Jé.usalom; 
mais dans le chemin, il fut tont à coup 
fra|> é d'un éclat de lumière qui le nniversa. 
11 entendit en mémo temps une voix qui lui 
dit : Saul, Saut, pourquoi me persécutez-vous? 
— Qui éti-s-vous, Seigneur? répondit-il. — 
Je suis Jésus-Christ que vous persécutez. 
Paul en tremblant s'écria : Seigneur, que vou- 
lez-vous que je fasse? J^'sus lui dit de se le- 
ver et d'aller à Damas, où il lui ferait con- 
naître ses volontés. Il fut baptisé à Damas, 
par Ananie, et prêcha aissitùt 1 Evangile 
avec zôle en Arabie, à Jérusalem, à Césai ée 
et à Tarse, d'oii saint Barnabe le mena à An- 
tioche. Ils y instruisirent un si grand nom- 
bre de personnes, l'an 38 de Ji'sus-Christ, 
que ce fut alors que le nom de chrétiens fut 
doimé, pour la pr mièce fois, aux disciples 
de Jésus-Christ. De là il fut envoyé à Jéru- 
salem, pour y porter les aum.aies des chré- 
tici.s d'Antioche. Saint Barnabe l'accompa- 
gna dans ce voyage. Après avoir rempli 
leur commission, ils rev nrent à Antioche. 
Ils allèrent ensuite dans l'île de Chypre, l'an 
43, puis à Paphos, oij ils converi rent le 
proconsul Sergius-Paulus On croit que ce 
îïït du nom de ce magistr.it, que ra))ôtre des 
gentils prit le no.n de Paul, pour lequel il 
changea son nom primitif de SauL De 1 île 
de Chypre ils passèrent à Antioche de Pisi- 
die, et d'Antioche à Icône. Ils convertirent 
plusieurs juifs et gentils; mais ayant encore 
couru riscjuc d'êt.e lapi Jés par les Juiis in- 
crédules, ils allèrent à Ly^tres. Ce fut là que 
l'apôtre guérit un homme perclus dès sa 
naissance , nommé Enée. Ce miracle les lit 
prendre j)Our des dieux : le peuple voulait 
les sacritier. Ils avaient bien de la peine à 
réprimer les mouvements de leur idolâtre 
reconnaissance, lorsque que ques juifs, venus 
d'Icone et d'Antioche de Pisiiic, changèrent 
les disjiositions de la populace, qui se jeta 
sur Paul , l'accabla de pierres , et , l'ayant 
traîné hors de la vide, l'y laissa pour mort. 
11 revint néanmoins dans la ville d'où il sor- 
tit le h^niemain pour aller à Derbe avec Bar- 
nabe. Ils repassèrent par Lystres, Icoiie, An- 
tioche de Pisidie, vinrent en Pamphylie, et 
ayant annoncé la parole de Dieu à Perge, ils 
passèrent à Attalie, où ils s'embarquèrent 
pour Antioche de Syrie, d'où ils étaient par- 
tis l'ai, née précéienle. Les fidèles de cette 
ville les dé, uierent à Jéiusalein vers les 
apùties, pour les consulter sur 1 observation 
des cérémonies légales. Les a|)otres sétant 
assemblés [)our en délibj.ei-, «irrètèrent, de 
l'avis de Pierre, qui parla le premier dans 
cette sainte assemblée, regardée comme le 
premier concile d-s chrétiens, et dom le dis- 
cours fut fortement appuyo pai* sain Jac- 
ques, Act. XV, que l'on n'im[)Oserait po.nt 
aux gentils le joug de la loi, mais qu'on les 



obligerait seulement à s'abstenir de viandes 
sacriliées aux idoles, de chairs étouffées et 
de sang, qui étaient en abomination chez les 
Juifs, dont on no devait pas aliéner les es- 
prits, et de la fornication regardée par les 
païd^is comme une chose licite. Paul et Bar- 
nabe revinrent avec cette décision, dont ils 
firent part à l'égi se d'Antioche. Paul ayant 

f>roposé à Barnabe de |)arcourir ensemble 
es villes où ils avaient prêché l'Evangile, 
ils se séparèrent à l'occasion de Marc, que 
Barnabe voulait emmener avec eux. Paul 
prit Sylas avec lui, et parcourut la Syrie, la 
Cilicie, la Lycaonie, la Phrygie, la Galatie, 
la Macédoine, e!c. Il convertit à Athènes 
Penys l'Aréopagite, à la suite d'un discours 
inimitable , |)rononcé devant l'Aréopage 
étonné et stui)éfait. Jamais on ne parla plus 
magnifiquement de la Divinité. Etant re- 
tourné à Jérusalem, l'an 58 de Jésus-Christ, 
il y fut arrêté par le tribun Lysias, et con- 
duit à Félix, gouverneur de la Judée, qui le 
retint pendant deux ans piisonnier à#Césa- 
rée. Festus, son successeur, ayant fait pa- 
raître Paui devant son tribunal, et ne le 
trouvant c )upab'e d'aucun crime, lui pro- 
posa d'aller à Jérusalem pour y êlrejugé. 
M.iis Paul, averti que les Juifs voulaient le 
tuer en chemin, en anpela à César, et il fut 
arrêté qu'on l'enverrait à Bome. Quelques 
jours ai)rès il parut devant Agrippa et la 
reine son é[)Ouse, qu'il convainquit de son 
innocence. Il partit pour Bome, et aborda 
dans l'île de Malte, dont les habitants le re- 
çurent humainement. L'apôtre passa trois 
mois dans cette île; il guérit le père de Pu- 
blius, le premier du linu, et fii plusieurs au- 
tres miracle*. Arrivé à Rome, il eut permis- 
sion de demeurer où il voudrait avec le sol- 
dat qui le gardait. Il passa deux ans entiers 
à Rome, occupé à prêcher le ro, aume de 
Dieu et la religion de Jésus-Christ, sans que 
personne l'en empêchât. Il convertit plu- 
sieurs personnes, jusque dans la cour même 
de l'empeieur. Enfin , après deux ans de 
captivité, il fut mis en line.té, sans que l'on 
sache comment d fut déchargé de l'accusa- 
tion que les Juifs avaient intentée contre lui. 
Il f)arcourut alors l'Italie, d'où il écrivit 
l'Epître aux Hébreux. Il re.^assa en Asie, 
aLa à Ephèse, où il laissa Timot'iée, puis 
en Crète, où il établit Tite. Il fit ensuite 
quelque séjour à Nicopole, revint en Troade, 
passa par Lphèse, puis par Milet, et enfin il 
se transporta à Rrime, où il fut de nouveau 
mis en prison. Ce grand apôtre consomma 
son martyre le 29 juin de l'an 66 de Jé>us- 
Chrisl. Il eut la tète tranchéo par l'ordre de 
Néron, au li^'u nommé les Eaux salviennes, 
et fut enterré sur le chemin d'Oslie. On a 
bâti depuis sur son tombeau une magnifique 
église, (jui a été dévorée par un incendie en 
1823. Nous avons de saint Paul quatorze 
Epîtres qui port nit son nom. A l'exception 
de l'Epître aux Hébreux, elles ne soni pas 
rai'gé>s dans le Nouveau Teslaïuent selon 
l'ordre des temps; on a eu égard à la di- 
gnité dî ceux à qui elles sont écrites, et à 
l'importance des matières dont elles traitent. 



273 PAU 

Ces Epîtres sont : VEpîire aux Romains, 
écrite de Corinthe , vers l'an 57 de Jé- 
sus-Christ; la 1" et la 2' lipîtres aux Co- 
rinthiens, écrites d'Ephèsp, vers Tan 57; 
VEpître aux Galates, écrite à la fin de Tan 
56; VEpitre aux Ephcsicns, écrite de Rome 
pendant sa prison ; VEpîire aux Philippiens, 
écrite vers l'an 62: VEpître aux Colossiens, 
la même année; la première Epître aux 
Thessaloniciens, qui est la plus ancienne, 
fut écrite l'an 52; \e 2' Epître aux mêmes, 
écrite quelque temps après; la première d 
Timothée, l'an 58; la 2" au mêm^; écrite de 
Rome pendant sa prison; ctAe à Tite, l'an 
63; VEpître à Philémon, écrite de Rome l'an 
61 {Voy. Onésime); VEpître aux Hébreux. 
On lui aatlriiiué plusieurs ouvrages apocry- 
phes, comme les prétendues Lettres à Sé- 
nèque; une aux Laodiciens; lis Actes de 
sainte Thècle, dont un prêtre d'Asie fut con- 
vaincu d'être le fab icateur; une Apocalypse 
et un Evangile, condamnés dans le concile 
de Rome sous Gt^lase. Ce qui nous reste des 
écrits de ce saint ai)ôtre suHit pour le faire 
considérer comme un prodige de grâce et de 
sainteté. On y sent une véh^'mence, uî.e 
force pour persuader et pour convaincre, 
que la fiction ne saurait jamais avoir. Il 
n'est pas possible à un esp'it viai de se 
soustraire à l'impression que cette lecture a 
faite sur tant de gran ;s hommes. La sincé- 
rité, la candeur de cet illustre apùtre de Jé- 
sus-Christ, la persuasion intime qui l'ani- 
mait lui-même, sa grande âme victorieuse 
de tant de périls, de tant de persécutions, y 
paraissent dans le plus beau jour. On croit 
Vy voir et l'y entendre encore : rien n'est 
3lus animé, plus vivant ; et on peut lui ap- 
pliquer ce qu'un ancien a dit d'un autre 
lomme célèbre, du même nom : 

Et Pauli stare ingentcm miraberis umbram. 

Saint Je.m Chrysostome, un des plus beaux 
génies et des esprits les plus solides de l'O- 
rient, a montré dans plusieurs excellents 
discours de quelle autorité était le témoi- 
gnage d'un homme tel que Paul. Il désirait 
de voir la ville de Rome, précisément pour 
y révérer la cendre de ce grand apôtre. 
{Exhort. moral., serm. 32. — Novem homil. 
in Paulum, Oper. tom. I, p. 1058.) Bossuet 
disait que si toutes les preuves du christia- 
nisme disparaissaient, les Epitres de saint 
Paul l'y tiendraient constamment attaché. 
Voy. saint Denys d'Alexandrie. La conver- 
sion de ce grand homme, telle qu'il la rap- 
porte lui-môme dans les Actes des apôlres 
et dans ses Epîtres, a ramené au christia- 
nisme un célèbre déiste anglais (Voy. Lit- 
tleton). Le roi Agrip|)a ne put en enten- 
dre le récit sans se sentir porté à professer 
la religion de Jésus-Christ (Act. xxvi). Le 
gouverneur Félix en fut ému jusqu'au fond 
de 1 âme, et refusa d'écouter davantage un 
prisonnier si propre à persuader des vérités 
terribles aux hommes du siècle (Act. xxiv). 
Les premiers fidèles sentaient parfaitement 
la force de l'argument tiré de la conversion 
ue Paul, et bénissaient Dieu de l'avoir fait 



PAU 



274 



servir à la gloire de la foi (Gaj. i). Les plus 
grands ennemis du christianisme ont tou- 
jours été embarrassés de l'impression qui 
résulte invinciblement de l'histoire des écrits 
de ce grand homme. Fréret, qui a fait tant 
d'inutiles efforts pour réfiandre des nua- 
ges sur les livres saints, n'a pomt osé tou- 
cher aux Epîtres de saint Paul. D'autres ont 
substitué des sarcasmes et des injures per- 
sonnelles aux raisons qui leur manquaient. 
L ' prétondu Bolyngbroke rejette tout ce 
qu'écrit Paul, parce que, dit-il, il était chauve 
et petit. Boulanger décide l'affaire en disant 
que c'est un enthousiaste forcené. Saint Paul 
s'est aitiré, sans doute, ces politesses phi- 
losophiques, par le peu d'égards qu'il a eus 
pour les philosophes. On peut croire qu'ils 
étaient alors à peu près tels qu'ils sont au- 
jourd'hui. Paul les regardait comme des 
hommes vains, bouffis d'orgueil jusqu'au 
délire : Diccntes se esse sapientes, siulti facti 
sunt (Rom. i); comme des hommes sans 
mœurs, et abominables dans toute la rigueur 
du terme [Jbid.). Il avertissait les chrétiens 
de se défier de leurs pompeuses leçons et de 
leur suffisance dogmatisante : Videîe ne guis 
vos decipiat per philosophiatn et inanem fal~ 
laciam (Coloss. ii). Il les réfutait vivement, 
dès qu'il en avait l'occasion : Quidam autem 
epicurei et stoici philosophi disscrebant cum 
eo (Act. XVII ). On comprend sans peine 
combien ses principes, ses sentiments et sa 
conduite lui donnaient d'avantage sur tous 
ces vieux pédagogues qui seraonçaient froi- 
dement et commodément le genre humain 
par des sentences de parade et de morgue, 
ou le corrompaient par des maximes de vice. 
Qui d'eux eût osé se vanter d'avoir le zèle, 
l'activité, la patience, la persévérance de 
Paul, et surtout sa parfaite indifférence pour 
la gloire et le mépris, pouf- la calomnie et le 
respect, pour le nom de séducteur et celui 
d'homme vrai, pour l'obscurité et la répu- 
tation ? Per gloriam et ignobilitatem, per in- 
famiam et bonam famam, ut seductores et rc- 
races, sicut qui ignoti et cogniti (II Cor., 
c. VI, V. 8). Non, la sublime dsposition d'â- 
me qui met tout cela de niveau ne leur était 
pas connue; ils n'en soupçonnaient pas 
même la possibilité; elle eût anéanti leur 
fastueuse sagesse s'ils avaient pu en goûter 
un moment la divine impression. 

PAUL (saint), premier eriidte, naquitdans 
la Thébaïde, de parents riches, vers l'an 229. 
Il perdit son père et sa mère dès l'âge de 
15 ans, et se trouva maître d'un bir'n consi- 
dérable. Il en fit deux emplois également 
utiles : il soulagea les pauvres, et se fit in- 
struire dans les sciences. Le feu de la persé- 
cution s'éîant allumé sousDèce, en 250, il se 
retira dans une maison de campagne. Son 
beau-frère, avide de son bien, ayant voulu 
le dénoncer pour en jouir plus tôt, Paul s'en- 
fonça dans les déserts de la Thébaïde. Une 
caverne, habitée autrefois par de faux mon- 
naveurs, lui servit de retraite. Cette solitude, 
à laquelle il s'était d'abord condamné par 
nécessité, ne tarda pas à lui plaire. Il y passa 
le reste de sa vie, inconnu aux hommes, et 



feTS 



PAO 



PAU 



276 



ne vivanf que des fruits d'un palmier dont 
les fouilles servaient à lo couvrir. Dieu le lit 
connaître à saint Antoine, quolcpie temps 
av;uit sa mort. Cet anachorf^te alla le chnr- 
clicr, el vint jusqu'h la j^rotte de Paul, qu'il 
eut le bonheur d'onlrclcnir. I.e saint solitaire 
lui appr t qu'il touchait A son dei-nicr mo- 
ment, et lui domanda le mantoau de saint 
Atl'anase. Antoine alla le chercher; mais au 
retour il no ti-ouva (|ue le cadavre de Paul. 
Ce saint expira en 3V2, à 113 ans, après avoir 
donné naissance à la vie ('"rémitique. On dit 
qu'après qu'il se lut nourri d; s dattes d'un 
)aimier jusqu'h l'âge de 53 ans, un corbeau 
'. ui apporta tous les jours du pain m racu- 
eusenient, et qu'après sa mort deux lions 
firent la fosse dans laquelle saint Antoine 
l'enterra. Quelques savants révoquent ces 
ftiits en doute; mais il paraît que l'histoire 
que saint JérAme, si voisin de ce temps, en 
a écrite avec tant d'intérêt et d'élégance, suffit 
pour leur assurer le suffrage des critiques 
sages. Des moralistes ont trouvé de la diin- 
culté à concilier la sainteté de Paul avec une 
solitude qui le privait de la fréquentation 
des saints mystères et de tous les secours 
que présente l'Eglise, en môme temps qu'elle 
prescrit des devoirs. Mais, sans s'arrêtera 
ces temps de persécution où la fuite pouvit 
paraîtr..' le })lus sAr moyen de salu!, il est re- 
connu que dans les régi "S les plus g<'nérales 
comme les plus respectables, la Providence a 
mis SOS exceptions; qu'elle peut déroger et 
déroge en effet à ses iropres lois.(Koî/. Jeax 
DE LA Choix, Iîusbboch, Taulère.) Qa/s ana- 
clwrctarum, dit un ascétique, si receptas (egcs 
ac ref/ulas 7'espicis, salvus esse sine sncramen- 
tis, sine uUo satntis athniniculo potuit, sine 
utla ecclrsiasiicaruni tegiiin observanlia? El 
accepli tamcn Deo erant et miraculis fulsere ; 
Paultis prœsertiin, quia prima œtatc ab omni 
humano consortio ad mortem usque et Anto- 
nii advenlwn alienus vixit. Quœnam ad hœc 
responsio , nisi dominus est filius hominis 
ETiAM sABBATHi? (]\Iallh. XII.) C'cst souveut 
par ces exceptions mêmes et ces routes inso- 
lites tracées à la sainteté, que la Providence 
atteint son but d'une manière patticulière- 
ment CiTicace. {Voy. Patrice, Siméon Stylite.) 
L'Eglise célèbre safcMele 15 janvier. — On a 
les Vies de saint Paul, ermite, de saint Hila- 
rion et de saint Malchus, iiioincN, par saint 
Jérôme; suivies d'une Notice sur la vie et les 
écrits de Sulpice-Sévère; du Dialogue de 
Sulpice-Sévère sur les vertus (\os moines 
orientaux ; de la Vie de saint Orieniius, ex- 
traite des Actes des saints ; >'iu Coramonitoire 
de saint Orieniius ; et de fragments de saint 
Orientius; traduction avec le texte en regard 
et des notes, par M. F.-Z. CoUombet, 1 vol. 
in-8". 

PAUL ["(saint), succédaaupape Etienne II, 
son frère, en 757. II donna avis de son élec- 
tion à Pépin, lui promettant amitié et fidélité 
jusqu'à l'elfusion de son sang. Ce prince lui 
prêta des secours pour le défendre contre les 
vexations de Didier, roi des Lombards. Paul 
fonda diverses églises, et après avoir gou- 
verné avec sagesse et avec prudence, il mou- 



rut en 7fi7. On a de lui 22 Lettres aans le 
Recueil de (Iretser. 

PAUL II (Pierre Babïjo), noble Vénitien, 
neve i du pape Eugène IV, qui l'honora du 
chapeau de car dnal en 14V0, monta sur la 
chaire de saint Pierre a[très Pie il, on iltM. 
On lit jurer au nouveau pa-ie d'tibserver plu- 
sieurs lois que les cardinaux avaieiit faites 
dans le conclave. Elles regardaient la con- 
tinuation de la guerre con're les Turcs, le 
rétablissement de l'ancienne discipline de la 
cour romaine, la convncalion d'un concile 
général dans but ans, et la fixation du nom- 
bre des cardinaux à VV. De tous ces articles, 
Paul n'exécuta que; celui qui regarda t la 
guerre; co.dre les infidèles. Ce[)endant, pour 
se concilier les cardinaux, il leur accorda le 
privilège de portei l'h.ibit de pourpre, le l)on- 
net de so e rouge et une mitre de soie sem- 
b'ahle <i celle (pie les s .uverains pontifes 
avaii-nt so'ds dro t d(> porter. Il excommunia 
Podiebrack, roi de Bohême, qui persécutait 
ouvertement les catiioIi(|;i. s de ses Etals. 
Cet anathème fut suivi d'une croisade qu'il 
fit prêcher contre ce prince; niais (lie no 
produisit aucini (tl'et remarquable. Les sei- 
gueurs d'Italie, divisés entre eux, exerçai(,'nt 
des vexations horribl'S : Paul III travailla à 
les réunir, el eut le Ixmhour de réussir. Co 
pontife mourut en lV71,h 5'i- ans, d'un excès 
de melon. On a de lui des Lettres el des Or- 
donnances, el on lui attribue un Traite' des 
règles de la chancellerie. Un cordelier, pro- 
fesseur à Bonn, a fabriqué «ous le noui de ce 
pontife une liullc inepte et contradictoire, 
pour faire de rarchevèquc' de Cologne une 
espèce do pape en Allemagne : l'imposture 
fut alors découverte par la maladies-e de 
l'imposteur. {Voy. le Journ. hist. cl llll., 1" 
nov. 1770, p. 3'i8.) Paul réduisit le jubilé à 2a 
ans, par une bulle du lî> avril 1^70. 11 n'ai- 
mait pas beaucoup les gens de leltres (|ui 
effectivemei.l ne manquent pas de causer (les 
troubles quand ils sont en tro|) grand nom- 
bre et trop protégés, ma'is surtout lorsqu'ils 
sont impunément superficiels el vains. 11 sup- 
prima le collège des al)réviateui's, composé 
des plus beaux espr;ts de l\ome. Platine, l'un 
de ces abréviateurs, ne le ménage pas: mais 
comme |)Our de bonnes raisons il avait été 
dépouillé de ses biens et mis deux fois en 
prison [lar ordre de ce paf)e, il ne faut pas 
toujours c.;mpter sur ce qu'il en dit. SK'lla, 
plus équitable, dit que ce fut un pontife 
juste, chariiable envers les pauvres, larticu- 
lièrement envers les cardinaux, les évêques, 
les princes et les nobles qui n'éiaient pas fa- 
vorisés de la fortune ; qu'il les aidait de ses 
proj'res revenus, de même que les veuves et 
les malades. Il ajoute que son principal soin 
était que la ville de Rome fût toujours abon- 
damment pourvue de vivres. Le cardinal 
Quirini a donné la Vie de Paul II, Rome, 17i0, 
in-^°, et l'a très-bien vengé des calomnies de 
Platine. 

PAUL III (Alexandre Farnèse), Romain, 
évêque d'Ostie, et doyen du sacré collège, 
fut mis sur la chaire de saint Pierre d'une 
voix unanime, après Clément VII, le 13 oc 



277 



PAU 



PAU 



â7S 



tobre 1534. Le commoncement de son pon- 
tificat fut marqué par l'indication d'un concile 
général à Mantoue, qu'il transféra ensuite îi 
Trente oCi la première session se tint le 13 
décembre ISVS. Il fit, avec l'empereur et les 
Vénitiens, contre les Turcs, une ligue qui 
échoua. 1! eng-'gea, en 1538, les rois Fran- 
çois I"' et Charles-Quint r^ se trouver à Nice, 
où ils firent une trêve de 10 ans, qui fut 
bientôt romnue. Son zèle était ardent et s'é- 
tendait à tout'. Il étahlit l'inquisition à Na- 
ples, approuva la société des jésuites, con- 
damna V Intérim de Charles- Quint , et se 
conduisit avec autant de circonspection que 
de f rmeté envers Henri VIII, roi d'Angle- 
terre. Ceux qui attribuent le schisme de ce 
prince à la rigueur du pape ignorent les cir- 
constances (Je cet événement, et ne réfléchis- 
sent pas qu'un hnrame auquel six femmes 
n'ont pas suffi n'était point dis[)osé à se con- 
tenter (l'une. Il est ceriam d'ailleurs qi e le 
schisme ét.ul consommé avant Paul III. {Votj. 
Clément VII, ) Paul III avait eu, avant d'em- 
brasser l'état ecclésiasti(|ue , une fille qui 
épousa Bosiu Sforce, et un fil s nommé Pierre- 
Louis Farnèse, qu' il fit duc de Parme et de 
Plaisance. Ce fils ingrat répondit mal aux 
soins de son pèi'e; il gouverna en tyran. Ses 
sujets se révoltèrent et lui ôtèrent la vie. Le 
petit-fils de Paul III ne se comporta pas 
mieux que snn père, et les chagrins qu'il lit 
naître dans le cœur du pontife le mirent, 
sel iu quelques-uns, au lombeau, en 15W, à 
8'i- ans. Près d'expirer, il s'écria, pénétré de 
douleur d'avoir souillé son îime pour des in- 
grats : Si mci non fuerint dominati , etc. 
Paul III aimait les letlres et la poésie, et ré- 
com[)ensait ceux qui les cultivaient. Il nous 
reste quelques Lettres de littérature à Sadolet 
et à Erasme. li avait composé des Remarques 
sur plusieurs Epltrcs de Cicéron. 

PAUL IV (Jean-Pierre Caraffa) , doyen 
des cardinaux et archevêque de Tliéate, au- 
trement Chieti, dans le royaume de Naples, 
ohtint la tiare après Marcel II,- en 1555, ;1gé 
de 80 ans. Il montra, dès le commencement 
de son pontificat, une vigueur qu'on n'atten- 
dait pas de son grand âge. Il menaça des 
foudres ecclésiastiques l'empereur Charles- 
Quint, qui ne s'opposait pas avec assez de 
zèle aux luthériens, et se ligua avec la France, 
pour faire la conquête du royaume de Na, Jes 
sur la maison d'Autriche. Ferdinand ayant 
accepfé l'empire sans consulter le saint-siége, 
Paul IV le trouva fort mauvais. Il renvoya 
l'amljassadeur de ce prince, qui, outré de ce 
procédé, ne se rendit point à Rome pour se 
taire couronner: exemple que tous ses suc- 
cesseurs imitèrent. Il travail a beaucoup à 
la réformation des mœurs, obligea les ecclé- 
si.istiques à porter des habits confirmes à 
leur état, condamna avec sévérité les livres 
impies, punit les blasphémateurs, défendit 
les lieux infâmes, et chassa môme de Rome 
ses neveux et leurs familles, parce qu'ils 
abusaient de leur aulorilé contre les lois de 
la justice et de la religion; il étendit l'auto- 
rité de l'inquisition comme un moyen néces- 
saire pçur contenir les progrès de l'erreur-, 



obligea les évoques à résider dans .eurs 
diocèses, et les religieux h rentrer dans leurs 
monastères, et travailla avec zèle à rétal)lir 
la religion catholique en Angleterre, sous le 
règne de la reine Marie. On lui a reproché 
(le ne pas avoir reçu favorablement l'envoyé 
d'Elisabet". qui é;ait venu lui annoncer l'a- 
vénement d > cette princesse au trône : mais, 
si l'on considère les dispositions de (et te 
reine, surtout sa haine profonde et sangui- 
naire, (}Uoique d'abord dissimulée , contre 
les catholiques, on est convaincu que, par 
des ménagements quelconques, le pape n'au- 
rait rien gagné sur elle. Il fulmina, en 1559, 
contre les hérétiques, une l)u!le terrible par 
laquelle il déclara tous ceux qui faisaient 
profession publique d'hérésie , déchus de 
leurs bénétices dignités, etc. Ce pontife éri- 
gea ensuite divers évèchés en arcluivôchés, 
et cré.i de nouv<;aux évèchés pour être leurs 
sufll'ragants. Enfin, a rôs avoii g^iuverné l'E- 
glise clans des tem[)S pénibles et diiUciles, il 
mourut le 18 août 1559, à S'i- ans. Il s'é'ait 
ren.iu recommandable par son zèle, sa cha- 
rité et la régularité de sa vie; mais il n'en 
fut pas ()lus aimé, sa statue fut insultée par 
la f<opulace qui la brisa et en jeta la tète oans 
le Tibre. Ou a de lui divers écrits : deSynUo- 
lo; de emendanda lùclesiu;h\ lièyle des théatins 
dont il fut l'instituteur avec saint Gael îii, 
et qui tirèrent leur nom de son évôché de 
Théate. 

PAUL V (Camille Borghese), originaire de 
Sienne, né à Home en 1552, fut d'abord clerc 
de la chambre, et ensiiite nonce en Espa^^ne 
sous Clément VTIÏ, qui lui accorda lachaïieau 
de cardinal. Il monta sur le trône ponîiiical 
en ÎG05, après L''on XI, et eut le déplaisir 
de voir s'élever un différend assez grave en- 
tre le saint-siége et la république de Veinse. 
Le sénat avait déf ndu par deux décrets: 
1° les nouvelles fondations de monastères, 
faites sans son concours ; 2° l'aliénation des 
biens-fonds, soit ecclésiastiques, soit sécu- 
liers. Le premier décret fui donné en 1G03, 
et le deuxième en 1605. Le sénat fit arrêter 
vers le même temps un chanoine et un abl)é, 
accusés de divers crimes, et en atlrii)ua la 
connaissance à la justice séculière. C'en était 
plus qu'il n'en fallait |)0ur olfenser le pon- 
tife. Clément VIII avait cru devoir dissi- 
muler; mais Paul V, qui venait de faire plier 
les Génois dans une pareille oceasiori, se 
flatta que les A'éniliens seraient aussi sou- 
ples : il se trompa. Le sénat soutint qu'il ne 
tenait que de Dieu le (louvoir de fa.re des 
lois, sans distinguera matière, ni les règ'es, 
ni les usag s reçus dans les états chrétiens. 
Il refusa de révoq:ier ses décrets, et de re- 
mettre les ecclésiastiques prisonniers entre 
les mains du nonce, comme le pape le de- 
mandait. Paul V, irrité, excommunie le doge 
et le sénat, et met tout l'état eu interdit, si 
on ne lui fait satisfaction dans les 2i jours. 
Le sénat ne fit que protester contre ce rnowi- 
toire,et en défendit la publication dans toute 
l'étendue de ses Etats. Une foule d'écrits, 
lancés de part et d'autre, annonçaient l'ani- 
mosité des deux partis. Les capucins , les 



2*79 



PAU 



PAU 



280 



théatins et les jésuites furent les seuls qui 
observèrent l'interdit. Le sénat les fit tous 
enib.jrquer pour Rome, et les jésuites furent 
bannis à perpétuité. Cepend ni Paul V se. 
préparait à soutenir les armes spirituelles 
parles temporelles. II levait des troupes con- 
tre les Vénitiens : ceux-ci se préparaient à 
les repousser. Mais le [lape, instruit par une 
lettre interceptée, que Fra-Paolo essayait, à 
la faveur de ce difl'érend, d'introduire le cal- 
vinisme à Venise (Voy. Sabpi), s'adressa à 
M. d'Ailincourt, ministre de France, et alors 
le bon Henri IV se donna pour médiateur. 
Ses ambassadeurs à Rome et à Venise enta- 
mèrent la négociation , et le cardinal de 
Joyeuse la termina en 1607. On conviriJ que 
ce cardinal déclarerait à son entrée dans le 
sénat, que les censures étaient levées, ou 
qu'il les levait : et qu en même temps le doge 
lui remettrait la révocation de la protesta- 
tion. On accorda le rétablissement des reli- 
gieux bannis, excepté celui des jésuites, qui 
furent rétablis ensuite. Enfin les Vénitiens 
promirent d'envoyer à Rome un ambassadeur 
extraordinaire, pour remercier le pape de 
îeur avoir rendu ses bonnes grâces. Peu de 
temps après, parut le livre du jésuite Suarez, 
que le parlement de Paris condanuia. Paul V 
réclama contre cet arrêt, qui demeura sus- 
pendu après de longs débats. Lors de l'as- 
semblée des états généiaux, en 1G14-, ce pon- 
tife voulut faire recevoir en Fram e le concile 
de Trente, mais il ne put l'obtenir. Il réclama 
également contre le livre de Kicher, docteur 
en Sorbonne, qui portait alleiiite aux droits 
du saint-siége; l'ouvrage fut censuré, et le 
pontife s'apaisa. Sous >on gouvernement les 
nestoriens-chaldéi-ns se réunirent cniii[)léte- 
ment à 1 Eglise romaine. Paul V s'était aussi 
occupé de terminer un au're d!irérend,long- 
temjis agité dans les congrégations de Auxi- 
liis. Il fit dire aux dis[)utai ts et aux con- 
sultants, que, les congréga ions étant finies, 
il faisait défense aux parties belligérantes de 
se censurer mutuellement. Quelques auteurs 
ont avancé que Paul Y avait dressé couire 
la doctrine ue Molina une bulle à laquelle il 
n'a manqué que d'être promulguée; mais ce 
f it est demeuré jusqu'à présent sans autre 
preuve que le projet de cette bulle, qui se 
trouve à la fin de V Histoire des congrégations 
de Aiixiliis, du P. Serri, qui ne se fonde que 
sur des relations manuscrites de la congré- 
gation de AuxUiis, des PP. François Pegna 
et Thomas Leraos, auxquels, selon le décret 
d'Innocent X, du 23 avril 165i, il ne faut 
nullement ajouter foi. « Tout ce qui put in- 
« téresser b ce sujet la sagesse du souverain 
« pontife, dit l'abbé Bérault,ce fut de main- 
« tenir la concorde entre les écoles catholi- 
« ques, et de réprimer la témérité des doc- 
« leurs, qui voulaient dévoiler des mystères 
« sur lesquels l'Apôtre, élevé jusqu'au troi- 
« sième ciel, ne savait que s'écrier: pro- 
« fondeur des trésors de la sagesse et de la 
« science de Dieu ! Il est de foi que l'homme 
« fait le bien librement, et que la grâce lui 
<( est absolument nécessaire pour les œuvres 
« du salut ; que la grâce ne nuit point au 



« libre arbitre, et que le libre arbitre n'ôle 
« rien au pouvoir de la grâce : voilh deux 
« vérités qu'il faut croire simplement, et qui 
« font également la matière de notre foi. Mais 
« on ne s'est pas tenu à la substance du mys- 
« tère ; on a voulu, pour ainsi dire, en faire 
« l'analyse et en connaître le mode, ou la 
« manière d'ôtie. On a demandé comment, 
« terme qui, en nos mystères, annonce près 
« que toujours la témérité, on a demandé 
« comment la grâce s'accordait avec le libre 
» arbitre ; comment le libre arbitre agissait 
« sous la main de la grâce, et comment la 
« grâce disposait de l'activité du libre aibi- 
« tre ; quelle part ils avaient encore chacun 
« à l'accomplissement des préceptes et au 
« mérite des bonnes œuvres. Objets sagement 
« voilés à nos yeux, afin que nous attendions 
« tout du ciel, et qu'en mèmetemps nous f 'S- 
« sions tout ce qui est en notre pou\oir, afin 
« que noîresaluts'opérât avec crainte ettrem- 
« blemenf,et tout à la fois avec d'autant plus 
« d'assurance , que nous mettrions moins de 
« confiance dans nos faibles eCforis. » Voy. Le- 
Mos , Lessius, Molina. On pressa Paul V, 
non moins vainement, de faire un article de 
foi de l'immaculôe Conception de la sainte 
^ ierge. Paul se contenta de défendre d'en- 
seigner publiquement le contraire. Ce grand 
pontife mit le même discernement dans laf- 
faire de Galilée, ne condamna que le ton 
décisif avec lequel il soutenait une opinion 
incertaine en elle-même (Voy. Copermc) et 
contraire à la lettre de l'Ecriture; il lui per- 
mit même de la soutenir comme une hy- 
pothèse astronomique ; mais Galilée mi» dans 
sa conduite un fanatisme de suflTisance et 
d'orgueil, qui, aux yeux des sages, le rendit 
inexcusable. « Il exigea » (écrivit Guichar- 
din, ambassadeur de Toscane, au grand-duc, 
dans une défiêche du 4 mars 161G) « que le 
« pape et le saint office déclarassent le sys- 
« tème de Co|)ernic fondé sur la Bible ; il as- 
« siégea les antiehambres de la cour et ties 
« palais des cardinaux ; il répandit mémoi- 
« res sur mémoires. Galilée, ajoute l'ambas- 
« sadeur, fait plus de cas de son opinion que 
« de celle de ses amis. Après avoir persé- 
« culé et lassé plusieurs cardinaux, il s'est 
« jeté à 11 tête du cardinal Orsini. Celui-ci, 
« sans trop de prudence, a |)ressé vivement 
« S. S. d'adhérer auxuésirs de Galilée. Le 
« p'ipe fatigué a rompu la conversation... 
« Galilée met un extrême emportement en 
« tout ceci, et il n'a ni la force ni la sagesse 
« de le surmonter. Il pourra nous jeter 
« tous dans de grands embarras; je ne vois 
« pas ce qu'il peut gagner ici par un plus^ 
« long séjour. » (Voy. Galilée et Urbain 'i 
VllI.) Paul V s'appliqua à embellir Rome, et 
à y rassembler les plus beaux ouvrages de 
peinture et de sculpture. Cette ville lui doit 
ses plus belles fontaines, surtout celle qui 
fait jaillir l'eau d'un vase antique, tiré des 
Thermes de Vespasien; et celle qu'on appela 
VAcqua Paola, ancien ouvrage d'Auguste, 
que Paul V rétablit. Il y fit conduire l'eau par 
un aqueduc de 35,000 pas, à l'exemple de 
Sixte-Quint. Il achçva le frontispice de Saint- 



281 



PAU 



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25^2 



Pierre et le magnifique palais de Monte-Ca- 
vallo. Il s'appliqua surtout à relever ot à ré- 
parer les anciens monuments, et à les faire 
servir, autant que leur nature le comportait, 
à la gloire du christiatiisme, comme l'ex- 
prime élégamment l'inscription placée sur 
une colonne de porphyre, tirée du temple 
de la Paix, et portant une belle statue de la 
"Vierge, à côté de l'église de Sainte-Marie- 
Majeure : 

Impura faisi tenipla 

Qiiondamnuniinis 

Jubenle masla perfercbam Caesare. 

Niinc lyeta veri 

Perferens Matrem Dei 

Te, Paule, nullis oblicebo saeculis. 

Son pontificat fut honoré de plusieurs illus- 
tres ambassades. Un roi du Japon, celui de 
Congo, et queli|ues princes des Indes lui 
envoyèrent des ambassadeurs. Le pontife 
eut soin de leisr donner des missionnaires, 
et de fonder des évêchés dans ces pays nou- 
verement conquis à la foi. 11 témoigna la 
même .■ Ifeclion aux Maronites et aux au- 
tres chrétiens orientaux. Il envoya des lé- 
gats h divers princes orthodoxes, soit pour 
leur témoijiner son estime, soit pour les 
confirmer dans leur zèle pour la religion, et 
termina sa carrière le 16 janvier 1621, à 69 
ans, après avoir confirmé l'Oratoire de 
France, les Urs lines, l'ordre de la Charité, 
et qielques autres instituts. « Jamais pape, 
« dit un historien moderne, n'a plus a|)prou- 
« vé d'or Ires religieux et de congrégations 
« différentes, persuadé qu'il ne peut y avoir 
« trop d'asiles à la piété, et que, comme Dieu 
« n'!" conduit pas tous les honunes par la 
« môme voie, il est à propos da leur ouvrir 
« dilférentes routes par où ils puissent aller 
« à lui.» Paul V, ferme darîs ses prétentions, 
grand dans ses vues, mais pas toujours assez 
éclairé dfUis les moyens, brillait plus par sa 
piété et son devoir que par sa politique. On 
a remarqué qu'il ne passa aucun jour de 
son pontificat sans célébrer la messe, mal- 
gré Ses infirmités ordinaires, et l'embarr.is 
des affaires les plus épineuses. Il ordonna à 
tous les religieux d'avoir, dans leurs études, 
des professeurs pour le latin, le grec, l'hé- 
breu et l'arabe; décret qui n'a eu qu'une 
exécution très-imparfaite. 

PAUL DE SAMOSxiTE, ainsi appelé parce 
qu'il était de la ville de Samosate sur l'Eu- 
phrate, fut nuramé patriarche d'Antioche, 
l'an 260 de J.-C. Zénobie régnait alors en 
Syrie, et sa cour rassemblait tous les hom- 
mes célèbres par leurs talents et par leurs 
lumières. Elle y appela Paul de Samosate, 
admira son éloquence, et voulut s'entretenir 
avec lui sur les dogmes du christianisme. 
Cette princesse préférait la religion juive à 
toutes les autres, et ne pouvait se résoudre 
à confesser les mystères de la religion chré- 
tienne. Pour affaiblir cette répugnance, Paul 
tâcha de réduire les mystères à des notions 
toutes naturelles. Il dit à Zénobie, que « les 
« trois Personnes de la Trinité n'étaient 
« point trois Dieux, mais trois attributs sous 



« lesquels la Divinité s'était manifestée aux 
« hommes; que Jésus-Christ n'était point 
« un Dieu, mais un homme auquel la sagesse 
« s'était communiquée extraordinairement, 
« et qu'elle n'avait jamais abandonné...» 
Paul de Samosate ne regarda peut-être ce 
changement criminel dans la doctrine de 
l'Eglise que comme une condescendance 
propre à faire cesser les préjugés de Zéno- 
bie. Mais lorsque les fidèles lui reprochèrent 
cette prévarication, il s'efforça de la justifier,, 
en soutenant qu'en etft Jésus-Christ n'était 
pas Dieu, et qu'il n'y avait en Dieu qu'une 
personne. Les erreurs de Paul alarmèrent le 
zèle desévêques; ils s'assemblèrent à An- 
tioche, et l'adroit sectaire leur protesta qu'il 
n'avait po'nt enseigné les erreurs qu'on lui 
imputait. On le crut, et les évèques se reti- 
rèrent; mais Paul persévéra dans son erreur, 
et elle se répandit. Les prélats d'Orient s'é- 
tant assemblés de nouveau à Antioche, vers 
268, il fut convaincu de nier la divinité de 
Jésus-Christ, déposé et excommunié, etDom- 
nus mis en sa place. Le concile, qui était 
fort nombreux, écrivit au pape saint Denys, 
pour lui faire part de la déposition de Paul et 
de l'ordination de Domnus. Rien ne prouve 
mieux que cette condamnation combien la 
foi de la divinité de Jésus-Christ était affer- 
mie et générale dans l'Eglise, longtemps 
avant le concile de Nicée, et combien les 
sociniens en imposent en cherchant des par 
tisans dans les anciens Pèies. S'il s'en trouve 
qui se sont inexactement ex[)liqués, c'est que 
le langage qui exprime le mystère de la Tri- 
nité n'était point encore rigoureusement 
formé et généralement adopté, quoique la 
loi fût certaine et uniforme. Paul de Samo- 
sate, refusant de souscrire à la décision du 
concile qui l'avait condamné comme un hé- 
rétique, et déposé comme chargé de plu- 
sieurs crimes, demeurait toujours à Antio- 
che, et ne voulait point quitter sa maison, 
qui appartenait à l'Eglise. Les chrétiens s'en 
plaignirent h l'empereur Aurélien, qui or- 
donna que la maison fût adjugée à celui à qui 
le pape de Rome adresserait ses lettres, et 
qui par là serait reconnu être en commu- 
nion avec lui : tant il était notoire, même 
aux païens, que l'union avec TEglise de 
Rome était la marque des vrais chrétiens. 
Les disciples de Paul furent nommés paulia- 
nistes, et préparèrent la secte qui s'éleva le 
siècle suivant, et porta le trouble dans l'E- 
glise et dans l'empire. Voy. Arius. Les mœurs 
de cet hérésiarque étaient ti ès-déréglées; des 
femmes qu'il avait établies jusque dans le 
palais patriarcal l'accompagnaient partout, et 
il se rendit od;eux par ses extorsions, son 
faste, et les désordres de tout genre auxquels 
il s'abandonna. 

PAUL LE SILENTIAIRE, auteur grec, 
ainsi nommé de la dignité qu'il occupait 
dans le palais de Constantinople, vivait sous 
l'empereur Justinien au vi" siècle; nous lui 
devons une Histoire curieuse en vers de 
Véglise de Sainte-Sophie. On la trouve dans 
V Histoire byzantine, avec la traduction et 
les notes de Du Gange, Paris, 1670, in-foho; 



S85 



PAD 



PAC 



281 



im poôme en vers grecs sur les thermes pny- 
siqucs, que lo s>'*vant Hiiet a (''chiiici de ses 
iKdes, Paris, 1598, iii-V", et un assez |j;rnnd 
ri()ii)l)re il'Kpif/rannnrs dans V Anthologie. 
Celle (Je Bi-unck en conlicnt 93. 

PAUL, diacre de Mérida, dans l'Ksirania- 
dure, floiissait aux pi-emières années du vii'^ 
siècle. On a de lui un livre intitulé : De Yila 
et moribus Palrum emn'itrnsium, dont la 
mei1lei!re édition est celle d'Anvers en 1G38, 
in-4.% avec les notes de Vargus. 

PAUL WARNEFHIDE, diacre d'Aquilée, 
au VIN" siècli>, illustre jiar sa piété et ses 
Jurnières, lut secrétaire de Didier, dernier 
roi des Lombards, 11 fut reçu ensuite h la 
cour de Chaileniagne, i)uis appelé à Metz 
pour y établir des écoles. Accusé par des 
envieux d'avoir voulu attenter aux jours de 
l'empereur, il fut relégué (ians l'île de Dio- 
mède, aujourd'hui Tréniiti, dans la nier 
Adriatique. Ardiise, pi-ince de Bénévent, 
]'a| pela quckpro temps a{)rès h sa (our, et 
après la mort de ce prince, en 787, il se re- 
tira au Mont-Cassin, où il embi-assa la vie 
monastiqire, et mourut vers 80;. 11 est au- 
teur d'une Histoire des Lombards, en G liv., 
depuis leur origine jusqu'à la mort de Luit- 
prand, en 7i4. On la trouve dans les Recueils 
de Vulcanius et de Grolius. Il a eu beaucoup 
<le part à VHistoria Miscella. Cet ouvrage 
renferme 24 livres. Les onze premiers ne 
sont que les dix livres de l'Histoire romaine 
d'Eutrope, avec des additions de Paul, insé- 
rées |)ar-(i par-là. Les cinq suivants sonten- 
lièreraent de Paul, et servent de continua- 
lion à Eutro[)e ; les huit derniers sont de 
Landulphus Sagax, (jui vivait du temps de 
Lothaire, fils de Louis le Débonnaire : ces 
huit derniers sont presque cnticremeit tirés 
de Théophanos, ou jilulùt de sou traducteur 
Anastase le Bibliothécaire. Henri Canisius 
en a donné une édition enrichie de notes, 
Ingolstadt, 1603, in-8". VUistoriu Miscella, 
el De rébus Longobardorum, se ti ouvent dans 
le 1" volume des Rrrum ilalicarum scrip- 
tores de Mun.tori. Paul diacre est encore au- 
teijr de quelques Vies de saints, et d'une 
Histoire des évéques de Metz, el de l'Iiynuie 
de saint Jean : Vt qucant Iaxis. Yoy. Ehcuejm- 

BERT. 

PAUL DE SAPsTA-MARlA ou de BUU- 
GOS, savant juif, natif de cette ville, fut dé- 
trompé de ses erreurs en lisant la Somme de 
saint Thomas. 11 embr-assa la religion chré- 
tienne, et entra dans l'état ecclésiastique 
après la mort de sa IVmrae. Son mérite lui 
procura des places importantes et des béné- 
tices considérables. Il fut précepteur de Jean 
11, roi de Caslille, puis aichidiacre de Tré- 
vigno, évêque de Carthagène, et enfui évo- 
que de Burgos. On dit qu'il mourut patriar- 
che d'Aquilée, en 1435, à 82 ans, après avoir 
défendu la religion par ses écrits. Les prin- 
cipaux sont : des Additions aux Postilles de 
• Nicolas de Lyra; un traité intitulé : Scruti- 
nium Scripturarum, Mantoue, 1474, in-fol.; 
Quœstiones de nomine Tetrayrammato. Ses 
trois fils furent baptisés avec lui, et se ren- 
dirent recommandables par leur mérite. Le 



premier, Alphonse, évoque de Burgos, com- 
posa un Abrégé de l'histoire d'Espagne, 
(pion trouve dans YfUspania illustrata, 4 
vol. in-fol.; le second, Conzalve, firt évéquo 
(le'Placentia, et le Irnisième, Ai.vauès, publia 
V Histoire de Jean II, roi de Castille. 

PAUL (saint Vincent de). Voy. Vincent. 

PAULE (sainte), dame romaine, née vers 
349, descendait par "a mère des Scipions et 
des Gracques. Elle en eut les grvrndrs qua- 
lités, (|u'elle releva par toutes les vertus du 
christianisme. Devenue veuve, elle quitta 
toutes les pompes et les délices de Borne 
pour se renfermer dans le monastère de 
Bethléem: Bomœprœtuiit Bethléem, dit saint 
Jér'ùme, et auro tecta.fulgentia informis luti 
vilitatc mulavit. Ella y mewà une vie péni- 
tente, sous la condu te de ce saint docteur, 
et fit bAtir des monastèr-cs et des maisons 
d'hospitalité. Ellea[)piii l'hébreu, [lour mieux 
entendre l'Eciiture .«-aiiile, dont elle faisait 
sa consolation. Voy. Marcelle. Cette illusti-e 
sainte termina sa carrière en 407, à 58 ar>s. 
Voy. Pammaqi'e , qui avait épousé sainte 
Pauline, sa seconde fille; et Elstochilm, 
troisième fille de sainte Paulo,qui resta vierge 
et ne quitta jamais sa mère. C'est à cette 
der-nière sainte que saint Jérôme éc.ivit cette 
lettre qu'on ai pelle Vcpitaphe de sainte Paule; 
ce même Père écrivit une lettre à sainte 
P.iule pour la cons(.ler de la perie de l'ainée 
de ses filles, nommée lilésiUe. 

PAULE (saint François de). Voy. Fran- 
çois. 

PAULET, fils d'un gentilhomme suédois 
établi à Foligni, prit l'habit de Saint-François 
en 1323, à 14 ans; il ne voulut être que 
frère lai, afin de pratiquer mieux l'humilité. 
Gémissant sur l'inobservance de la règle, il 
entre[irit une réforme qu'il api)ela de VOb^ 
scrvance. Plusieurs religieux se rangèrent 
sous sa bannière, et les. O^iertanf/ns occu- 
])aient déjà un grand nombre de couvents, 
lorsque leur instituteur mourut saintement 
en 1390. 

PAULI (Grégoire), ministre de Cracovie 
vers l'an 1560 et 15G6, était infecté de l'er- 
reuc des nouveaux ariens. Il fut un des pre- 
miers qui la répandirent dans la Pologne. 11 
eut même l'effronterie de faire peindre un 
gr-aiid temple dont Luther abattait le loit, 
dont Calvin démol.ssait les murailles, et 
dont lui-même Sfipart les fondements en 
combattant le mystère de la Trinité. Aussi 
disait-il hautement que Dieu n'avait révélé 
que peu de choses à Luther, qu'il en avait 
])ius dit à Zwingle, et |.lus encore à Calvin; 
que lui-même eu avait appris davantage, et 
qu'il espéiait qu'ii en viendrait d'autres qui 
auraient encur e de plus j)arlàites connaissan- 
ces uetout : vanité, incoiL'-tance, incertitudes, 
propres à tons les sectaires dogmatisants. 
Yoy. Lentllls (Scijàon), Servet. 

PAULIAN (Almé-Henri), petit-fils d'un mi- 
nistre protestant converti sous Louis XIV, 
naquit à Ninies le 23 juiliel. 1722. 11 fit ses 
éludes chez les jcsuites et entra fort jeujae 
dans leur société. L'étude des sciences phy- 
siques fut sa principale occupation, et il les 



285 



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professa jusqu'à la suppression de son or- 
dre. Le P. Paulian se livra depuis cette épo- 
que à la composition et à la publicalion de 
quelques ouvrages. Mais les orages de la ré- 
volution étant venus le surprendre au milieu 
de ses tranquilles occupations, il les aban- 
donna i)Our se consacrer au ministère évan- 
gélique. La persécution sembla accroître son 
zèle, et la crainte du supplice n'arrêta pas 
son généreux, dévouement. Le P. Paulian 
mourut octogénaire, vers 1802, dans le village 
de Mauduel près de Nîmes où il s'était re- 
tiré. Nous lui ûevi'iis : Dictionnaire de phy- 
sique. Avignon, 1761, 3 vol. in4". Nous con- 
naissons neuf éditions de cet ouvrage dont 
la dernière est de Paris, 5 vol. in-8"; Nou- 
velles conjectures sur les causes des phénomè- 
nes électriques, 1762, in-i"; Traité de paix 
entre Descartes et Newton, Avignon, 176i, 
3vo].in-12; Dictionnaire des nouvelles dé- 
couvertes faites en pin/siqur, 2 vol. in-8" ; 
Système général de philosophie, 1769, 4 vol. 
in-12; Véritable système de ta nature, Avi- 
gnon, 1771, 2 vol. in-12; Dictionnaire phi- 
losophico-ihéologique, 1774, in-8'. Pelvert 
attaqua cet ouvr.ige assez mal h propos dans 
les Lettres d'un théologien (177G), et Pauliau 
publia une Défense. Guide des mathémati- 
ciens, 1772, in-8°; Commentaire sur l'analyse 
des infiniment petits de VHôpital, in-8°. Le 
P. Paulian avait un frère, avec letjuel d piit 
p.D't à quelques éditions de livres ecclésias- 
tiques publiés à Nîmes, chez Baume. 

PAULIN (saint), que saint Athanase appelle 
un homme véritablement apostolique et un 
des plus intrépides défenseurs de la foi or- 
thodoxe contre les ariens, remplaça saint 
Maximin d^ns le gouvernement de' l'église 
de Trêves. Constance, empereur arien, ayant 
fiiit assembler un concile à Arles en 353, 
contre samt Athanase, y appela aussi saint 
Paulin pour le faire souscrire à la condam- 
nation du saint patriarche ; mais le saint évo- 
que, loin de se prêter à une proposition aussi 
inique, fut le premier des évoques occiden- 
taux qui osa se déclarer hautement pour 
saint Athanase. L'empereur le relégua en 
Phr^ gie, province de l'Asie Mineure, infectée 
de l'hérésie de Montan. Il eut beaucoup à 
soullrir pendant son exil, qui dura jusqu'à 
sa jiiort, arrivée en 35S. Saii.t Jérôme par- 
lant de lui, l'appelle un homme heureux par 
les soutirai ices : Virum beatœ passionis, et 
l'église de Trêves le révère comme martyr. 
Saint Félix, 3' évêque après lui, fit trans- 
porter son corps de Phrygie à Trêves, vers 
l'an 396, et le déposa dans l'église qui porte 
aujourd'hui son nom. Saint Jérôme, dans 
son martyrologe, place la tête du saint au 
31 août, jour auquel elle se célèbre encore 
aujourd'hui. 

PAULIN (saint), né à Bordeaux vers 353, 
d une famille illustre par la dignité consu- 
laire, fut conduit dans ses études (lar le cé- 
lèbre Ausone. Ses talents, ses richesses et 
ses vertus relevèrent aux plus hautes di- 
gnités de^l'ompire. Il fut honoré du consu- 
lat l'an 378, et épousa peu de temps après 
ïhérasie. fille dlustre d'Espagne, qui lui 



apporta de grands biens. Au milieu des ri- 
chesses, des honneurs et de la gloire, Pau- 
lin reconnut le néant des choses du monde. 
D^ concp'^t avec sa femme, ils allèrent cher- 
cher une retraite en Espagne, où il avait des 
terres. Après y avoir demeuré k ans, ils se 
. dépouillèrent eu faveur des pauvres et des 
églises, et ils vécurent dans la continence. 
Le peuple et le clergé de Barcelone, touchés 
des grands exemples de vertu et de mortifi 
cation que leur donnait Paulin, le firent or- 
doniicr prêtre en 3.^3. Le saint solitaire, trop 
connu et trop admiré en Espagne, passa en 
Italie, et se fixa à Noie en Campanie, où. il 
fit de sa maison une communauté de moines. 
Les habitants de cette ville le tirèrent de son 
monastère, pour le placer sur le siège épis- 
copal, l'an 409. Les commencements de son 
épiscopat furent troublés par les incursions 
des Goths, qui prirent la ville de Noie. Ce 
fut dans ces malheurs publics que sa charité 
éclata davantage : il soul.igea les indigents, 
racheta les cai<tifs, consola ies malheureux, 
encouragea les faibles, soutint les forts. 
Après avoir donné des exemples d'humanité 
et de grandeur d'âme, il jouit assez i)aisi- 
bleiU' nt de son évêché jusqu'à sa mort, ar- 
rivée en 431, à 78 ans. Nous avons de ce 
saint plusieurs ouvrages en vers et en prose 
d-ans la Bibliothèque des Pères. La plus am- 
ple édition qui en ait été faite particiilière- 
ment est celle de Vérone, 173'J, in-fol., par 
le marquis MalTei. On estime celle de le Brun 
Desmarettes, 1685, 2 tomes en 1 vol. in-4°. 
On ; trouve : 51 Lettres, traduites en fran- 
çais, 1724, in-8% que saint Augustin ne se 
lassait jioint de lire;un Discours sur l'aumône ; 
Histoire du martyre de saint Génies; 32 Piè- 
ces de poésie. Le style de saint Paulin est 
fleuri, quoiqu'il ne soit pas toujours correct. 
Il y a de la vivacité dans les pensées et de 
la noblesse dans les comparaisons. Il écrit 
avec onction et avec agrément, et on peut le 
mettre au rang des Pères de l'Eglise qui mé- 
ritent le plus d"ôtre lus. {Voyez sa Vie, in-4°, 
par D. Gervaise, et le 2' tome délia nolana 
ecclcsiastica Storia, de Bemondi, de la con- 
grégation des somasques, Naples, 1759, in- 
fol. Cette histoire renferme la vie de saint 
Paulin et une excellente traduction it<ilienne 
de ses OEuvres, surtout de ses poèmes.) On 
lit dans les Dialogues de saint Grégoire, que 
Paulin se mit dans les fers pour délivrer le 
fils d'une veuve, qui avait été pris par les 
Vandales : ce trait ne s'accorde pas avec les 
circonstances des temps et de la vie de saint 
Paulin.LoP.Papebrocli [Act.Sanct., tom. IV, 
jun.) distingue trois Paulin do Noie, et pré- 
tend que ce fut le troisième qui se vendit 
aux Vandales avant lan 535, et que c'est 
de lui qu'on doit entendre ce que dit saint 
Grégoire, qui composa ses Dialogues vers 
l'an 540. — M. Migne a imblié les OEuvres 
très-complètes de saint Paulin de Noie, de 
Marius Victor, de Mérobaude , de saint 
Orience, de saint Auspice, de Paulin du Pé- 
rigord, d'Amœnus, d'un autre Secundinus 
IV. Phébaoe), de Drepane Flore, d'un auteur 
incertain, d'après les éditions de Muralori, 



.87 



PAU 



PAV 



288 



de Galland et de La Bigne, 1 vol. in-i°. 
PAULIN (saint), né en Autricho, fut élevé 
au patriarc.it d'Aqiiilée, vors l'an 777, par 
Cliarlemayne, qui voulait récompenser ses 
connaissances en littérature : l'année d'au- 
paravant, il lui avait adrcss' un resci-it, oh 
il lui donnait les titres de Maître île ç/ram- 
maire et de très-vénérublc. Paidin |)ariit avec 
éclat au concile de Francfort, tenu en 79'i-, 
contre Elipand de Tolède et Félix d'Ur^jel. 
Le savant arclievô(|UO réfuta ce dernier par 
ordre de Charlemagne, auquel il dédia son 
ouvrage. Il mourut en 8QV, aimé et estimé. 
Madrisius, prêtre de l'oratoire d'Italie, a pu- 
blié en 1737, à Venise, in-fol., une édition 
complète des ouvrages de ce saint, avec des 
notes et des dissertations firt curieuses. 
Les principaux sont : le Traité de 'a Trinité, 
contre Félix d'Urgel, connu sous le nom de 
Sacro-Syllabus; un livre (ï Instructions salu- 
taires, attribué longtemps à saint Augustin. 
PAULIN DE SAlNT-BARTHÉLEMY (Jean- 
Philippe Werdin, plus connu sous le nom 
de), carme déchaussé, et missionnaire aux 
Indes, né à Hof sur la Leitha, piès d • Man- 
nersdorf dans la Basse-Autriche, le 25 avril 
17i8, prononça ses vœux en 1769, étudia la 
philosophie et la théologie à Prague, et s'em- 
barqua pour la côte de Malabar en 177i. 
Nommé successivement vicaire général des 
missions de l'Inde, et visiteur apostolique, 
il comptait quatorze ans de travaux dans ce 
pays, lorsque la congrégation de la Propa- 
gande le rappela en Europe, pour lui con- 
fier la correction des catéchismes et d'autres 
livres élémentaires à l'usage des missionnai- 
res, et aussi nour recevoir de lui le tableau 
exact et détaillé des missions de Tlndoustan. 
Lé P. Paulin se rendit à Vienne en 1798, 
lorsque les Français eurent envahi l'Italie. 
Après avoir été bibliothécaire à Padoue et 
secétaire de la congrégation de la Pro- 
pagande, pendant la dispersion do cette 
coniftagnie , il retourna h Rome en 1800, 
et fut nommé par Pie A'II consul tour de 
la congn^galion de l'Index ei inspecteur 
des éludes au collège Urbain de la Pro- 
pagande. Il mourut à Rome le 7 janvier 
1806. Le P.Paulin a laissé un grand nombre 
d'ouvrages relatifs aux missions de l'Inde, 
et qui lui ont fait une grande célébrité. 
Mais ils sont devt^nus moins utiles depuis les 
diverses publications faites par des savants 
de nos jours, et surtout par les membres de 
la société asiatique de Calcutta. Nous citerons 
son Viaggio aile IndieOrientali, Rome, 1796, 
in-4-% fig.; trad. en français par Marchena, 
avec des observ/itions de° Forster, d'Anque- 
til-Duperron et Silvestre de Sacy, Paris, 1808, 
3 vol. in-8° avec un atlas in-i° el le portrait 
de l'auteur. 

PAULINE (sainte). Voy. Pammaque. 

PAULLI (Oliger), fanatique ridicule, né 
• l'an li)ii, à Copenhague, fils d'un médecin 
distingué, s'adonna au commerce et fut sé- 
crétai, e de la compagnie des Indes. Il fit des 
atfaires brillantes, mais les folies auxquelles 
il se livra par suite de ses rêveries religieu- 
ses le menèrent à une banqueroute, et il 



abandonna sa femme et ses six enfants. 11 se 
rendit, en 1695, h Paris, el c'est Ih qu'il se 
crut, h la suite d'une vision, appelé h rele- 
ver le temple de Jérusalem, en qualité de 
roi d'Israël. Il prétendait que son bisaïeul, 
en eml)rassant le christianisme, n'avait pu 
di'truire les droits qu'il tenait de David, dont 
il descendait en ligne directe. Il écrivit à 
Louis XIV ainsi qu'à plusieurs souverains 
pour les engager à l'aider dans son projet de 
reconquérir la Judée; JéruScilem étant prise, 
il devait administrer la Judée jusqu'en 1720, 
éfioque oii il serait remplacé par le Messie 
qui commencerait son règne de raille ans. 
Son audace croissant avec sa folie le fit enfin 
arrêter, en 1701, à Amsterdam, et il fut con- 
damné h scier du bois de Brésil ; il s'exempta 
de ce travail au moyen d'une amende an- 
nuelle de trois cents livres. Paulli mourut 
dans l'obscurité à Copenhague en 1715. Sa 
Vie se trouve dans le k' vol. de Vllistoire de 
la folie humaine, par Adelung, Leipzig, 1787. 
Il reste de Paulli une douzaine de brochures 
en flamand et en hollandais, avec des titres 
bizarres : La Colombe de Noé, Amst., 1696 ; 
Triomphe dans la pierre abattue sans mairiy 
ihid., 1697, etc. 

PAUWELS (Nicolas), né en 1655, curé de 
Saint-Pierre, président du collège d'Arras, 
professeur royal du catéchisme à Louvain, 
sa ville natale, mort en 1713, a donné une 
Théologie pratigue en 5 vol. in-12, Louvain^ 
1715. Elle est estimée. 

PAVELS (Clals), évèque luthérien deNor- 
wége, succéda h Nordhal Brun sur le siège 
épiscopal de Bergf>n en 1817, et mourut dans 
celte ville en 1820, <1gé de 51 ans. On a de 
lui un gr.md nombre de Sermons estimés de 
ses coreligionnaires et des poésies fugitives, 
composées dans sa jeunesse. 

PAVILLON (Nicolas), évoque d'Aleth, fils 
d'Etienne Pavillon, auditeur à la chambre 
des comptes, et petit-fils de Nicolas Pavillon, 
savant avocat au parlement de Paris, naquit 
en 1597. Saint Vincent de Paul, instituteur 
des missions, sous la direction duquel il 
s'était mis, connut ses talents, et les em- 
ploya. 11 le mit à la tète des assemblées de 
chanté et des conférrnces des jeunes ecclé- 
siastiques. La réputation de ses talents pour 
la chaire parvint au cardinal de Richelieu, 
qui réleva à l'évôché d'Aleth. Le nou\el 
évêque augmenta le nombre des écoles pour 
les filles et pour les garçons; il forma lui- 
môme des maîtres et des maîtresses, et leur 
donna des instructions et des exemples. Ces 
actions de vertu et de zèle ne l'empêchèrent 
pas de s'élever contre les décrets du saint- 
siége. Il était lié avec le docteur Arnauld et 
avec les amis el les partisans de ce docteur, 
et ces relations l'entraînèrent dans quelques 
démarches qui ne furent pas généralement 
approuvées. Vincent de Paul en écrivit à l'é- 
voque el lui îit des observations auxquelles 
celui-ci ne se rendit pas entièrement. Tou- 
tefois ce ne fut qu'après la mort de saint 
Vincent que le prélat se prononça tout à fait. 
Il se déclara contre ceux qui signaient le 
Formulaire, et cette démarche prévint Louis 



289 



PAY 



PEA 



290 



XIV contre lui. Ce monarque fut encore'plus 
irrité, lorsque l'évêque d'Aleth refusa de se 
soumettre au droit de régale. On l'accuse 
d'avoir rais tout en œuvre pour brouiller 
Louis XIV avec Innocent XI , afin qu'au 
moyen de ces divisions le parti fût tran- 
quille et se fortifiât; en quoi il a malheureu- 
sement réussi. Il mourut dins la disgrâce en 
1677, âgé de plus de 80 ans. On a de lui : 
Rituel à Tusage du diocèse d'Aleth, avec les 
instructions et les rubriques, en français, à 
Paris, en 1667 et 1670, in-l". Cet ouvrage 
est attribué au docteur Arnauld, par Dupin. 
Leydecker, théologien calviniste, assure, 
dans son Histoire du Jansénisme, que ce li- 
vre tend à la destruction de l'Eglise catholi- 
que et de SOS sacrements. Il fut examiné à 
Rome et condamné par le pape Clément IX. ; 
le décret est de 1668. L'évoque d'Aleth, mal- 
gré cet anathème, continua de faire observer 
son rituel dans son diocèse. Des Ordonnan- 
ces et des Statuts synodaux, 1675, in-12; Let- 
tre écrite au roi, 166i.,Elle fut, sur le réquisi- 
toire de M. Talon, supprimée par arrêt du 
parlement de Paris du 12 décembre 1664. 
Sa Vie a été donnée au public en 1728, 3 vol. 
in-12, par Antoine de La Chassaigne de 
Châtoaudun, docteur de Sorbonne, et par 
Lefèvre de Saint-Marc. C'est un panégy- 
rique. 

PAYEN (dom Basile), bénédictin, né vers 
1680, à Cendrecourt, en Franche-Comté, 
entra dans le cloître, en 1697, et fut professeur 
de philosophie et de théologie à l'abbaye de 
Murbach. Il remplit ensuite les emplois les 
plus importants de son ordre, et composa 
pour l'instruction des novices plusieurs ou- 
vrages, tels que des Grammaires, des Dic- 
tionnaires latin, grec, hébreu, etc. Outre di- 
vers Traités de controvei'se, et îles Disser- 
tations coutre les jansénistes, on cite encore 
de lui : Apparatus in omnes auctores sacros, 
tum Veteris , tum Novi Testamenti, in-fol.; 
Apparatus in scriptores quatuor primorum 
sœculorum, in-fol.; Opus criticum in aucto- 
res, tum sacros , tum non sacros , ecclesiasti- 
cos, in-fol.; Bibliothèque séquanaise, in-4°. 
La dissertation qui la précède est relative à 
l'étendue et aux limites de la Séquanie qui 
embrassait toute la Haute-Bourgogne, et une 
partie de la Suisse et du Bugey. On y trouve 
aussi des Recherches sur l'origine des lettres 
et des arts dans cette province : les auteurs 
sont rangés par ordre chronologique; les 
deux premiers sont Terentius Varro Atacinus, 
auteur du poëme de Bello Sequanico, et Jalius 
Titianus qui, au commencement du iV siè- 
cle, enseignait la rhétorique à Besançon. 
La biblioliièLiue de cet e ville possède deux 
copies de l'ouvrage de dom Payen, l'une in- 
4% de la main de l'auteur, et l'autre en 2 vol. 
in-fol., avec des corrections et des additions 
du savant P. Laire. Mémoires pour servira 
l histoire des hommes illustres du comté de 
Bourgogne, in-/i.°; Histoire de r abbaye de 
Liixeuil et du prieuré de Fontaines, in-fol.; 
Tractatus de origine gentium, linguarum et 
lit.trarum, in-i"; Dissertatio de veteribus 
Grœcorum, Latinorum et Galloram characte- 



ribus, m-*° ; Vocabularium. nomtnum celtico- 
rum, in-fol.; Traité du blason, in-i"*; Abrégé 
de la science des Médailles, in-4% etc. Tous 
ces ouvrages , la plupart manuscrits, ont été 
dispersés par la révolution avec la bibliothè- 
que de l'abbaye de Murbach. Ce savant bé- 
nédictin mourut à Luxeuil, le 23 août 1756, 
âgé de 76 ans. 

PAZ (Jacques-Alvarez de), né à Tolède 
en 1533, entra chez les jésuites en 1555. 
Après avoir gouverné plusieurs collèges, il 
fut nommé visiteur en Aragon, ensuite pro- 
vincial du Pérou. Mais cette destination 
ayant été changée, il fut provincial de To- 
lèile et mourut dans cette ville en 1380. 
Sainte Thérèse, dont il était le directeur, 
fait de lui le plus grand éloge. « Ce bon 
« Père, dit-elle, me lit entrer dans une 
« voie de plus grande perfection. Il accom- 
« pagnait ses paroles de beaucoup de dou- 
ce ceur et des manières les plus insinuantes.» 
Il a donné plusieurs ouvrages de piété qui 
sont estimés ; ils ont été traduits en plu- 
sieurs langues, et entre autres en français 
par le P.Belon, et imprimés à Lyon en 1740. 

PAZMANI ou PAZMAN (Pierre), né au 
Grand- Waradin en Hongrie, se iit jésuite, 
se distingua |)ar son zèle pour le salut des 
âmes, et iem[)lit longtemps bs fonctions de 
missionnaire d ms sa patrie. Il s'acquit une 
telle ré()utation qu'après la mort du cardi- 
nal Forgaces, archevêque de Strigonie, les 
magnats de Hongrie et l'empereur Mathias 
demandèrent au saint-siége qu'il fût nommé 
son successeur. Il fallut des ordres exprès 
du souverain pontife pour le contraindre à 
racce[)t('r. Monté sur ce siège, ses premier» 
soins furent de réparer les maux que l'hé- 
résie avait faits dans son vaste diocèse. Il 
ramena au bercail par sa douceur, son affa- 
bilité et son grand talent d'instruire, beau- 
coup de brebis égarées ; il réforma son 
clergé, publia des lois, et tint plusieurs sy- 
noles à cet effet. Vivant comme un simple 
religieux, à peine avait-il les meubles né- 
cessaires à ses besoins. Ses revenus étaient 
consacrés à soulager les pauvres, à cons- 
truire des églises et à élever d'autres pieux 
monuments à la religion. Tirnau lui doit sa 
cathédrale, Presbourg un beau collège, et 
plusieurs villes d'édifiantes et utiles fonda- 
tions. Ferdinand II lui obtint le chapeau 
de cardinal en 1629. Il mourut à Presbourg 
le 16 mars 1637. On a de lui : un grand 
nombre d'ouvrages ascétiques, polémiques, 
etc., en hongrois ; des Sermons pour les di- 
m.inches et les fêtes, dans la même langue, 
1636, in-folio ; quelques ouvrages polémi- 
ques, en latin ; Vindiciœ ecclesiasticœ y 
Vienne, 1620, in-4° ; Acta et décréta synodi 
strigoniensis celebrata 1629 , Presbourg , 
1629, in-i", etc. 

PEAN, janséniste peu connu, né l'an 
168i, mort en 1764, est auteur de plusieurs 
écrits publiés pour la défense de sou parti : 
Parallèle de la morale des païens avec celle 
des jésuites, 1726, in-8^ ; Parallèle de la doc- 
trine condamnée par la bulle Unigenitus avec 
celle des écrivains sacrés,- des Pères el des 



201 



Plk 



t'EC 



49« 



docteurs (Je l'Ef^bse, sur ,a faiblesse (h 
l'homme et sur la force de la grrhe, Utrccht, 
17;n, in-8°; l.e combat de l'Erreur contre 
la Vérité, ou Suite du pnrnU'le de la doctrine 
des païens avec celle des jésuites, Utici;lit, 
17V9, iii-8" ; Combat du molinisme contre le 
jansénisme, Aiiistordani Paris], 1750, 2 vol, 
111-12; Mémoires historifjues sur le Formur- 
laire, 1750, 2 vol. in-12; Abrégé de l'expli- 
cation de plusieurs psaumes, faite par M. 
Dujuet, Trévoux, 1759, 2 vol, 

PEARGE (ZAcn.vRiEj, pré.at anglican, né 
l'an 1G9(), à Londres, tils d'un distillateur, 
fui noinmé, en 1707, élève du roi à Fécole 
de Westminster, où il lii des progrès rapi^ 
des. En 1710, il entra au collège de la Trinité 
à Cambridge, et, en 171G, il donna dans celte 
ville une édition du traité de l'Orateur, de 
Cicéron, avec d(\s notes très-judicieuses, 
in-8°. En 1739, il l'ut nommé do)>7i de Win- 
chester, et il assista en cette qualité à l'as- 
semblée de 17V9 pour le comté de Kent ; 
élevé, quatre ans après, sur le siégo é\ns,- 
copal de liangor, qu il n'accepta qu"avec 

{)eine, il le quitta en 1750 pour celui de 
\ochester, auquel il réunit le doyenné de 
Westminster, On vou.ut lui fiire accepter 
l'archevôch.' de Caiitorbéry ou l'évèché de 
Londres, mais il s'y refusa conslammont. 
l'earce mourut le 29 juin 1774- : on Tenterra 
dans régliseue Bromicy, province de Kent, 
et on lui érigea un cJnotaphe dans l'abbaye 
de Westminster. Comme Huadly, il réJui- 
sait la cène à une simple cérémonie, et ses 
opinions ne s'éloignaient pas beaucoup de 
la doctrine socini( ni.e. Son édition de Ora- 
tore, et ce.le de Officiis, qu'il donna 5 Lon- 
dres, 174-5, in-8", tirent estimer son éiudi- 
lion, et d'Olivet lui demandait des rensei- 
gnements pour son édition de Cicéron. On 
a encore de Pearce : Longinus de Sublimitate 
cum versione lulina et notis, Londres, 172i, 
in-i°, plusieurs fois réituitrimé dans le for- 
mat in-8° ; Keview of Ihe text of Paradise 
lost, Londres, 1733, in-8° : c'est une criti- 
que de l'ouvrage de Henlley sur le Paradis 
perdu, de Millon; An account of Trinity 
collège, Cambridge, 1720 ; A letter ta tlie 
clergg of tlie churcli of Kngland, 1722 ; deux 
Lettres contre Middlelon, à Toccasion de sa 
Lettre à Waterland ; un Commentaire avec 
des notes sur les quatre évangélistes et les 
Actes des apôtres, Londres, 1777, 2 vol. 
m-k", avec une nouvelle traduction de la 
première E[)itre de saint Paul aux Corin- 
thiens. On y trouve aussi des mémoires de 
Pearce sur les événements de sa vie, et 
une notice, de Derby ; des Sermons sur di- 
vers sujets, Londres, 1777, k vol. in-8", 

PEAUSUN (Jean), né à Snoring dans le 
comté de Norfolk en 1G12, fut élevé à Eaton 
et a Cambridge, et prit les ordres selon le 
rite anglican en 1639, li eut ensuit-* plusieurs 
emplois ecclésiastiques jusqu'à la mort fu- 
nesie de Charles l", dent il était zélé parti- 
san, lldeuieura sans emploi sous Cromwell ; 
mais Ciiarles 11 étant remonté sur le trône 
le lit son chap. lain, le nOiUma princi|)al du 
collège de la liinité, el euiiu, eu 1U72, évé- 



quo de Chester , où d ni0ur>'t en 1686, Ce 
prélat fut un exemple de la force et de la 
faiblesse de l'esprit hum.iin, A,rès avoir 
fait éclater son génie dans la malurilé de 
l'clgo, il perdit entièrement la niémcnre sur 
la Un d3 ses jours, et tomba dans l'enfance. 
Ses nipeurs et son caractère étaient faciles, 
on le trouvait même trop relAclié dans S(m 
diocèse, et l'on ne peut nier qu'd ne fût 
plu5 sévère dans ses écrits que dans sa con- 
duite. Il eut, en 1657, et conjoinlem.'nt avec 
(junniug, depuis évèijue d'Ely, une confé- 
rence avec deux prêtres catholiques, sur le 
schismi) d'Angleterre. Les protestants })ré- 
lendent qu'il avait été convenu q le les actes 
de celte conféience ne seraient point imjirï- 
raés sans le consentement des deux parties, 
et que cependant il. en parut une copie in- 
fidèle à Paris, en 1658, sous le titre de 
Schisme démasqué, réimprimée à Oxford 
sous le règne de Jacques 11. On a de Pear- 
son un grand nombre d'ouvrages. Les p.in- 
cipaux sont : Vindiciœ epistolarum sancti 
Jgnatii , 1672, in-i°, ouvrage dans lequel il 
démontre l'authenticité des Epîtros de saint 
Ignace, maitjr, contre quel jwes calvinis es ; 
des Annales de la vie el des ouvrages de 
saint Cy|)rien, qui se trouvent dans T'-di- 
tion de ce Père, donnée |)ar Jean Fell, 
évèque d'Oxford ; un excellent Commentaire 
en anglais sur le Symbole des apôtres. Il a 
été traduit en latin, in-i% Francfort, 1691, 
Les Annales de la vie de saint Paul, et des 
Leçons sur les Actes des apôtres, avec des 
Dissertations chronologiques sur l'ordre et 
la succession des jiremiers évoques de 
Rome, e;i latin, etc. Ces deux ouvrages ?e 
trouvent dans ses Opéra posthuma, I6fc8, 
in-i" ; Prolegomenain Hieroclem, in-8, avec 
les OEuvres de ce philosophe. Dans tous ses 
écrits on voit le savant |)rofond, le critique 
judicieux, et, ce qui esi plus rare dans un 
écrivain anglican, on y trouve beaucoup de 
modération à l'égard de l'Eglise catholique. 
On lui doit aussi, conjointement avec son 
frère Richard, mort en 1670, catholique 
romain, une édition des Grands critiques, 
Londres, 1660, 10 vol. in-fol,, réimprimés 
à Amsterdam, en 1684-, 8 tomes en 9 vol, 
in-fol. Il faut y joiiidre le Thésaurus theolo- 
gico-philologicus, Amsterdam, 1701 el 1702, 
2 vol, in-fol. ; la Crilica sacra de Louis de 
D;eu, 1 vol. in-fol. ; la Synopsis critico- 
rum, Londres, 1669, ou Utrecht, 1684, 5 vol. 
in-fol. 

PECCHIOLI (Antomo-Alamanno), ecclé- 
siastique llor.'ntin, né à Sesto, village de 
l'Etat de Florence, fut d'abord maître à l'é- 
cole des clercs de l'église de Samt-Laurent 
de cette ville, dont il devint plus tard pré- 
bende, et mourut à Florence le 30 juin 
1748. On a de lui : Tractatus peregrinarum 
recentiumque quœstionum, occasione accepta 
a singulari libro de eruditione apostolorum, 
et a commentario de recta christianorum, in 
eo quod ad mysteriwn divinœ Trinitaiis atti- 
net, sententia, evulgatis per Exe. Jos. Lami, 
Venise, 1748, in-8°. Ce livre attaquait le 
célèbre abi)é Lami, qui y répondit par l'é- 



293 



PEL 



PEL 



394 



crit suivant : Ezamo. di alcune asserzioni del 
signor Antonio Alumanno Pecchioti, nel suo 
libro intilolato : Tractntus percfjrinarum 
recentiunu/ue qnœstionum, etc., Florence, 
l-7'!-9. Si l'âge de Pecchioli et la date de son 
ouvragn sont exactement exprimés, cet 
ecclésiasiique avait 80 ans quand il publia 
son ouvra^^çe, et il n'existait i)lus, lorsque 
punit h] r'ponse de l'abbé Lami. 

PÉDÉUOJîA (Piek»e-Mauie de), religieux 
mineur réformé de Saint-François, ainsi ap- 
pelé de Peileroba, son lieu natal, gros bourg 
du territoire de Tfévise, naquit le 3 fé.rier 
1703 : son nom était Pielra Rossa. Il entra 
ilans l'ordre des mineurs réformés, au cou- 
vent de Bassano, le 9 novembre 1719. Chargé 
de professer succi-ssivement la rhétorique, 
la phdo>ophie et la théologie, il s'en acquitta 
avec un grand succès. Son talent pour la 
eliaire augmenta sa célébrité; il |)rècha, pen- 
dant jilus do (piarante ans, à Rome, à Tré- 
vise et dans les [irincipales villes d'Italie. 
Lorsque son grand âge lui rendit le repos 
nécessaire, il se retira à Trévise oii il mourut 
le <6 novembre 1785. On a imj)rimé son Ca- 
rême, Vicence, 17^6, 2 vol. in-'r, dédié à 
Victor-Amédée, roi d ■ S,-irdaigne. Le cnrac- 
tèie d'éloquence du P. Pédéntba est la véhé- 
mence, la force et l'onction. Outre yon Ca- 
rême, on a de lui u i volume de Panégyri- 
ques et de Sermons, Vicence, 1788. Be- 
EOit XIV l'appelait le prédicateur des prédi- 
cateurs. 

PiilGNÉ (Etienne), ne à Paris le 30 dé- 
cembre 17:8, fut professeur à Ueims , à 
Amiens, à Liège et à Moulus, obtint l'émé- 
ritatet une pension de riiniversité,et mourut 
à Pars sur la fin de l'année 1< 22. Indépen- 
damment d'un Traité de Mythologie, qu'il 
composa pour ses «^lèves, et qui f<,t iirqirimé 
après la mort de l'auteur, Peigné écrivit un 
Précis de la vie de Jésua-Christ, extrait de 
r Evangile et des meilleurs auteurs qui ont 
écrit sur cette matière, avec des notes histo- 
riques, géograqhiques et chronologiques à l'u- 
sage de la jeunesse, particulièrement destiné 
aux établissemenls dAnslruclioyi publique; ou- 
vrage autorisé par l archevêque de Paris , 
Paris, 1821, 1 vol. in-12 et in-18; 2' édition 
revue et augmentée de la cUation en marge 
des textes de l'Evangile et des saintes Ecri- 
tures, Paris, 1822. Cet ouvrage est, dans son 
genre, e-timé tant pour le fond que [)Our la 
forme. Montmignon revit et corrigea cette 
Seconde édition. Peigné avait entrepris, peu 
de temps avant sa mort, les Vies particu- 
lières des apôtres , pour faire suite à celle 
du Sauveur ; mais il ne put mener ce tra- 
vail à lin. 

PELAGE I", Romain, diacre de l'Eglise 
romaine, fat archidiacre du pape Vigile, et 
aiiocrisiaire en Orient, où il se signala par 
sa prudence et sa ferme! é. 11 fut mis sur la 
chaire do saint Pierre en 555. Il dut en partie 
son élévation à l'empereur Justnien, qui 
avait goûté son esprit. Le nouveau })ontife 
s'appliqua à réformer les mœurs et à sup- 
primer les nouveautés. 11 condamna les trois 
Chapitres, dont il paraissait avoir parlé favo- 



rablement en écrivant, en 5!i-6, à Ferrand, 
diacre de Cartliage, pour le prier de délibérer 
avec son évèqueet les autres les plus instruits 
sur celte affaire, et travailla ta faire recevoir 
le cin([U'ème concile tenu à Constantinople 
en 553. Vigile, son prédécesseu , s'était long- 
temps oi)posé à cette condamnation, quoi- 
qu'à la tin il y ait acquiescé, parce qu'il crai- 
gnait qu'ell(> ne fit regarder comme hétéro- 
doxes des hommes dont la foi lui i)araissait 
pure, quoijue leurs écrits prêtassent à la 
censure. Pelage ap(irouva la condamnation 
de leurs éci'its dans des circonstances où 
leurs personnes semblaient n'être plus com- 
promises, et où les entycliiens ne parais- 
saient plus pouvoir tirer avantage de cette 
condamnation. Yoy. I»as, Vigile. Dans l'at- 
taque des erreurs dominantes, il arrive Irès- 
iiaturellement que les j)ersonnes 1 s mieux 
intentioiinéês semblent donner dans une 
extrémité opposée, et s'écarter de ce milieu 
si étroitement circonscrit, où se tient la vé- 
rité. Or, rien n'est |)lus raisoiinable (pie de 
ne pas confondre les défenseurs, peut-être 
trop ardents de l'orthodoxie, avec les parti- 
sans d'une erreur reconnue. Et c'est sous ce 
l)oinl de vue qu'il faut envisager la conduite 
quelquefois inégal s queLjuefois môme op- 
j)osée, mais toujours conséquente, que les 
pontifes et les conciles ont tenue à l'égard 
des doctrines et des docteurs. Les évoques 
de Toscane refusant d'aJfiérer au cinquième 
concde, et s étant sé|)arés do la communion 
de Pelage, il leur écrivit en ces termes re- 
marcjuables : « Comment ne croyez-vous jias 
« être séparés de la couimunion de tout le 
« monde, si vous ne récitez pas mon nom 
« suivant la coutume, dans les saints mys- 
« tères : puisque, tout iiidigne que j'en suis, 
« c'est en moi que subsste à présent la l'er- 
« meté du siège apostolique avec la succes- 
« sioii de répiScoj)at? » Les Romains assiégés 
pari sCoths lui durent beaucoup.il distribua 
des vivres, et obtint de Totila, à la prise de 
la ville en 556, [)iusieurs grâces en faveur des 
citoyens. Il mourut en 559. On a de lui seize 
EpUres. Le droit que s'attribua alors Justi- 
nien dans l'élection des papes (droit nouveau 
selon le Père Pagi), soutenu par ses succes- 
seurs, occasionna dans la suite des vacances 
du Siège de Rome beaucoup plus longues 
qu'auparavant. On voit cependant que, dès 
le temps d'Odoacre, les souverains d'Italie 
avaient prétendu diriger, ou, si l'on veut, 
troui)ler celte élection. 11 eut pour succes- 
seur Jean m. 

PÉLACE II, Romain, fils de Wingil, qui 
est un nom goth, obtint le trône [)onlifical 
après Renoil 1", en 578. U s'opposa à Jean, 
patriarche de Constantinople, qui prenait le 
titre d'évéquc œcuiwJnique [voyez Ckégoihe le 
Grand et PHocAs),et travailla avec zèlç, mais 
sans succès, à ramener à l'unité de l'Eglise 
les évèques d'istrie, qui faisaient schisme 
pour la déf lise des trois Chapitres. Yoy. Vi- 
gile, pai)e, et luxa. Il s'éleva de son temps 
une mala de extraordinaire, aussi subite que 
violente : souvent on ex[>irait en éternuant 
et en bâillant ; d'où est venu, selon 'Quelques 



SOS 



t>EL 



PEL 



âfl6 



historiens, la coutume de dire h celui qui 
élernue : Dieu vous bénisse! cl celle de faire 
le signe de la croix sur la bouche lorscju'on 
bAille. Pelage H l'ut attaqué de celle [)este, 
et en mourut l'au 590. Sa mort fut iionoréc 
des larmes des pauvres, qu'il secourait avec 
largesse. On lui attribue 10 Epîtres, mais la 
1'% la 2% la 8' et la 9' sont suj)posées. Il eut 
poni' successeur saint (îrégoire le Grand. 

PELAGE, appelé d'abord Morgan, ou né 
sur les bords de la mer, nom qu'il changea 
contre celui de Pélagius, est un fameux hé- 
résiarque, né au IV' siècle dans la Grande- 
Bretagne. Il embrassa l'état monastique à 
Bangoie, dans le pays de Galles, et vint à 
Rome, où il se lia avec Rufm le Syrien, dis- 
ciple de Théodore de Mo[)Sueste, qui 'lui 
apprit les erreurs de son maitie. Pelage était 
né avec un esprit ardent et impétueux. En 
étudiant l'Ecriture et les Pères, il fixa son 
attention sur tous les endroits qui détendent 
la liberté de l'homme contre les partisans de 
la fatalité, et tout ce qui prouvait la corrup- 
tion de l'homme et le besoin de la grâce lui 
échapj)a. « Le péché originel, ce grand centre, 
« dit un théologien, oiî se réunissent les fils 
« divers qui conduisent vers la sortie du la- 
« byrinthe, dont l'ignorance ou l'oubli avait 
i( fait éclore l'Iiérésie de Manès, de Cerdon, 
« de Marcion, et engendré tant de creux sys- 
« tèmes sur le bien et le mal, tant de vaines 
« disputes sur Ihomme et sur le Créateur, ce 
« mystère qui en ex()lique tant d'autres, et 
« dont la croyance devient |)ar là même si 
« raisonnable que les sages de l'antiquité 
« profane ont eiifrevue et qu'ils ont |)lus ou 
« moins clairement énoncé , Pelage l'a mé- 
« connu. » Pélige dévelof)pa ses idées dans 
le iV livre du Libre arbitre, qu il publia 
contre saint Jérôme, et dans lequel il dé- 
couvrait toute sa doctrine, en y ajoutant des 
erreurs nouvelles. Les principales étaient : 
1* qu'Adam avait été créé mortel, et qu'il se- 
rait mort soit qu'il eût péché ou non; 2" que 
le péché d'Adam n'avait fait de mal qu'à lui, 
et non à tout le genre humain; 3° que la loi 
de Moïse conduisait au royaume céleste aussi 
bien que l'Evangile; h" qu'avant l'avènement 
de J.-C. les hommes ont* éié sans péché : 
5° que les enfants nouveau-nés sont dans le 
même état oii était Adam avant sa chute; 
6° que tout le genre hum.iin ne meurt point 
par la mort et j)ar la prévarication d'Adam, 
comme tout le genre liumain ne ressuscite 
point par la résurrection de J.-C; 7" que 
l'homme nait sans péché, et qu'il peut aisé- 
ment obéir aux commandements de Dieu, 
s'il veut. Rome ayant été {)rise par les Gotlis, 
Pelage en sortit, et passa, en 4.09, en Afrique 
avec Célestius, le plus hibile de ses secta- 
teurs. Il ne s'arrêta pas longtemps en Afri- 
que; il y laissa Célestius, qui se fixa à 
Carthage, où. il ensei^ina les sentiments de 
son maître. Cependant Pelage dogmatisa en 
Orient où il s'était rendu, ses erreurs furent 
dénoncées au concile deDiospolis. Les Pères 
de celte assemblée b^s analhémalisèrent so- 
lennellemi.'ut, ei l'auteur fut forcé de se ré- 
tracter; mais celle rétractation ne changea 



pas son cœur. Il fut condamné de nouveau, 
en '••IG, dans le concili' de Caithage et dans 
celui (le Milève. Les Pères de ces conciles 
firent pari de b'ur jugemoni au pane Inno- 
cent r% qui se joignit à eux, et continua leur 
décret. Ce fut a}»rès cette décision du sauit- 
siége, que saint Augustin dit à l'hérésiarque : 
La cause est Unie ftprès que Home a pro- 
noncé : Inde rescripta venerunt, causa finita 
est; utinam aliquando finiatur error! Inno- 
cent I" étant mort |)eu de temps après, Pe- 
lage écrivit à Zozime, son successeur, et lui 
députa Célestius, pour faire lever l'excom- 
municalion portée contre lui et contre son 
ami. Le pape Zozime voulut bien recevoir son 
apologie; mais il assem.da en même temps 
des évoques et des prêtres, qui condamnè- 
rent les sentiments de Pelage, en approuvant 
la résolution où il était de se corriger. 11 
reçut en môme temps une Confession de foi 
de Pelage, où il désavoi ait les erreurs qui 
30uvaient lui être échappées. Zozime, trompé 
)ar celte soumission apjiarente, écrivit en sa 
'aveur aux évêques d'Afrique pour les prier, 
non de lever l'excommunicaiion lancée c^itro 
lui, comme quelques auteurs 1 ont dit, mais 
de ditférer de deux mois la décision de cette 
affaire. Ces prélats assemblèrent un nouveau 
conciJe à Carthage, en, 417, et ordonnèrent 
que la sentence prononcée par le pape Inno- 
cent contre Pelage et Célestius subsisterait 
jusqu'à ce qu'ils anathématisassent leurs er- 
reurs. Le pape Zozime eut la grandeur d'âme 
de reconnaître qu'il ava.t été surpris. Il con- 
firma le jugement du concile et condamna 
les deux- héréiiques dans le même sens que 
son prédécesseur. L'empereur Honorius , 
instruit de ces diiférenls anathèmes, ordonna 
qu'on traiterait les pélagiens comme des hé- 
rétiques, et que Pelage serait chassé de Rome 
avec Célestius, comme hérésiarques et per- 
turbateurs. Ce rescrit est du 30 avril 4-18. 
Le 1" mai suivant, il y eut encore un concile 
à Carthage contre les pélagiens, dans lequel 
brilla saint Augustin, le docteur de la grâce. 
On y dressi neuf articles d'anathèmes contre 
cette hérésie. Les évêques qui ne voulurent 
point souscrire à la condamnation furent 
déposés par les juges ecclésiaslicpjes, et 
chassés de leurs sièges par l'autorilé impé- 
riale. Pelage, obligé de sortir de Rome, se 
retira à Jérusalem, où il ne trouva pas d'a- 
sile; et l'on n'a su ni en quel temps ni en 
quel pays il mourut. Quelques s;iints Pères 
ont loué les mœurs de cet hérésiar()ue; mais 
Orose et plusieurs autres Pères ont soutenu 
qu'on l'avait mal connu, que sa piétendue 
vertu n'était qu'hypocrisie, qu'il aimait la 
bonne chère et qu'il vivait dans la mollesse 
et les délices. Julien d'Eclane fut le chef des 
pélagiens après la mort de leur preaiier père. 
Cette hérésie ^rit une nouvelle forme sous ce 
nouveau chef. Elle ravagea pendant quelque 
temps rOrieni et rOccidL'ut , et séleignit 
enlin tout à fait. Nous avons de Pelage une 
Lettre h Démétriade, dans le tome deuxième 
de saint Augaslm, dans l'édition des Réné- 
dict.ns; de? fragments de ses quatre livres 
du Libre arbitre^ et des Commentaires sur les 



297 PEL 

Epîtres de saint Paul, qui se trouvent dans 
[^PP^^^^^operum divi Augustini , Anvers, 
170-i, in-loho. On voit par ses dcrifs nn'i 
avait de l'esprit, mais qu',1 n'était ms^l 
vant; il rebute par la ^érilité et la'séche: 

T ^ t^^ ^^"^^ Pa^ ^« cardinal Noris et 
par Je P. Patouillet, 1751, in-12. Cette der- 

est hi'p^r', '^^f"^^ ^.'^^ ce"e du cardinal, 

fomfp, r'"/^' P'^'"' ^' "^^^ sages et prol 
londes; 1 auteur nous montre dans le oéla- 

f^vlT, '^'''' ?^ '''''''''''^ '' ï«« a' Ss 
de 1 hérésie qui lui est contradictoirement 
opposée, tant la marche et le génie deT'er- 
reur sont les mêmes, de quelque extrémité 
qu elle parte. Parmi les auteurs qui écdv - 
Ss in'^saint'^S'r' "^ distingue ^sainf Au- 

PÉLAGIE (sainte), vierge et martvre d'An- 
loche, dans le iv siècle, durant Persécu- 
tion de Maximin Daza. Elle se précS 1 

ut i" '?'' ^^ i^ ^^''^''^ pour^écEer à 
la perte de son honneur, que des gens L 

ravfr^Pa"sifnte"f.f^"\^ P'^f ^''-'-- 
ravir. La sainte pouvant espérer de faire une 

chute lieureuse, son action ne présénîe an 
cune diiïiculté en morale; mais indénenl.r 
ment de cette considération, on peu '^"e que" 
Pélagie n'écouta que sa foi et le désir de ?)é 
tromper et de convertir les païens Ce fe" 
estime héroïque de la chasteté était b en pro- 
pre à démontrer aux persécuteurs nnno 
cence dos mœurs des cl rétiens m.P ri. 
cessait de calomnier, et à leur îmTiniei du 

siè^cfe^tvih iïï^îf'^'-^""'^? P^"itente du v 
la V Mp H^ A 1 u P"ncipale comédienne de 
Ja ville dAntioche. La srâce avim t!! ,.kx 
son eo^ur, elle reçut le bfptlme?et se retfra 
sur la montagne des Oliviers nr^^ Z iT 

1 XIV ?(ïi" /! ''' î^'c^P'iore Calixte (ffist 
&eZe bÛVT^''''''''^ ^°™"^« "ne reli- 
fius ces traits PI '^" Ménologe, la peint 
qu'elle se f re iWeLse fr' ^''^^^^^^^nt 
« critique, croire cm e c^tT^^'^'l' ^^* '^^ 
« porté%n habifcrtrair^ à sontxe'^^!! 
« genre de déguisement a touiours It^ ^J 
« abominât on. L'Ancien TpcVo "^ . . ^*^ ^^ 

dinaires et anorm;,iPc . actions extraor- 
semble condamner i^'^^p^,,^ ,2^ S^^^'-ale 

PÉLAGlUS-ALV^Rt^^' r "^ L^^^ite. 

PELARGUS F„,; ^?^- ^"^y- ^^Ez. 

PELF^IIER (Cï/cot 'î'if • ■ 
Paris en 1631 avec d'^ H' °''°-"'^'' "^ ^ 
reuses, fut lié de bonnp L ''''''''^^"^ ^^u- 
Molé, Lau.oignon? S S T? ''^^"""' 
grands hommes de son^'^^^ // ^^^^ 

Diction.. x,b Biooh.phib hblio. IL 



PEL 



298 



conseiller au Châtelet, puis au parlement 
tuteur des princes, fils de Gasfnn H-Onf? ' 
ensuite président de la t cînmhnp i ^^"'' 
quêtes, et prévôt des marchand 'en mn'u 
signala sa gestion en faisant construke U 
quai de Pans, qu'on nomme encore au on 
d hui le Quai Peletier. Il se distin-ua ovirr 

X , .^^^'^e'* dans celle de controW p^ 
néral des finances. Peletier sentit an P.i ^ 

contrôleur-général faisait quh^^^esïeureux" 
Il faisait beaucoup demécontents I se dlmi't 
de cette place six ans après, fut fait direc 

et de son sab.1 s occupa plus que de l'étude 
rêmes aux rhL ""^"^'^ P-f ^e'" '«"« les ca- 

ptfe^d^^Sto^u^ r^sî^^d^i-r;:!: 

?ut"L"l7lr^i 80 ^^'^-euve-lSof.^1 m ^u- 

lorien, un de ces magistrats resDecfahlP« 
« qui concoururent, autlnt par Ss vertn. 
« que par leurs talents, à l'illustratinn Hn 

« idor sa familip n? ^°"' ^^"^ rassem- 

;.fa.ea?Jr.ÏÏ»;Vr/erS^^^^ 
L%lT •"" Ires-grand nombre d-ExtraisM 

rv,;»„.- , ' ^^^ "isaieu maternpl • à is 

et l'autrp in <? -^ ^® ^^'^^* rM*;<cM^, l'un 
depeniée^^^^^^^ sont que des recueils 

on Ini rfnif î «"^eiirs anciens et modernes- 
on lui doit encore a meillpiiro z,^^,/,- j ' 

dXfr^etr^LX'^efÇ^^ 

valions de PierrV Phhn ^'''''^^^ ^^^^^- 

iVo.e//.. L F^de ClandP t' ^p ?^^ ^' ^«^ 
écrite en latin mr TR. •'', ^^^^''^' ^ ^'^ 
— rifliu/p r 1 nP'i V ■^^^^"i le cadet, in-i» 

Pl.smurs dJi'vem It' 'f, '7 ^"f^"^^' ^«"ï 
nairp r '.f i f ^^^^ eités dans ce Die ion- 

1706 DP, dp ill '''^nS'Ts, et luourul en 

g^r^'Sn1;lf„»l^S'- 

tira à SainTsn1'„ *'^''? ' «^P'Scopat et se re- 

]iiS^"- -- - c.=;"^e^pit 

â4 ,1; Tr"" '''''' \^ "^'^ de Souzi moïrut 
l'pvo î^ f*"^ en 1G86, après avoir donné 
Pm\!."r^^'^*' '^P'"'' l^^^^oique piété. L'abbé 
Pi 03 art a donné sa Vie sous le titre de Mo- 
acte des jeunes gens, P.iris, 178!), in-18. Louis 
le second des iil| do Claude Le Peletie^, es? 

10 



299 



PEL 



PËL 



500 



l.n tij^e des Lo Pelotier de Rosamho, dont lo 
dorriior, président h iiiortior. porta sa t^tù ?ur 
réciiafaïul avec l'illuslre Maleslierbcs , son 
beau-pèro. 

PI'LRKSTUIÎ (Pirnni:,\ (ils d'un taillonr, 
i\6 h Rouoii vers 1635, mort i^i Paris en 1710, 
h 75 ans, lisait tout, niais avec di; bons l'iin- 
cipes et des intentions droites. II n'était Agé 
que de 18 ans, quand l'archcvôcjue do Paris, 
Pérélixe, le manda : «J'apprends, lui dit-il, 
« que vous lisc.7, d'os livres hérétique.'^ ; ôtes- 
(f vous assez docte pouf cela ? — Monsei- 
rt gneur, réjiondit lo jeune lioaime, votre 
« ([uestion m'enlbarrass^è : si je dis que je 
« suis assez savant, vous iflo direz (juc je 
« suis un orgueilleux; si je dis râlé non, 
« vous me détendrez de )es lire. » Sur cette 
!'é|)0]ise, lo prélat lui permit de contirtuer. Il 
a donné une secomJe édition du Imile de la 
lecture des Pires, et des Notes ôieoilenles 
sur le texte de cet ouvrage, Paris, 1697, 
in-12. 

POLISSON. Voy. PeLlisson. 

PELLEGÎUN (SiMov-JosEPU), fils d'un con- 
seiller au parlement de Marseille, oii il na- 
qijît en 1663 , ent.d dans l'ordre dès reli- 
gieux servîtes, et demeura longtemps |)armi 
eux, à Moustiers, dans le diocèse île liiez. 
Mais, dégoûté de son état, il s'ènd)arqua sur 
un vaisseau en qiial;f() d'aumônier, et lit 
une ou deux courses. De retour en 1703 de 
ses caravanes, il ouvrit l)Outîquc d'épiijyam- 
mes, de înadrigaiix, (Vcpilhulaines, (le compli- 
ments pour toutes sortes de fêles et d'oi:ca- 
siôhs ; il les vendait plusdu moins, selon le 
nombre des vrrs et If.ur dilïérente mesur;'. 
Il travailla ensuite pour les théAtres de Pa- 
ris, et surtout pour celui de TOpéra-comi- 
que. Ce qui fit dire à un plaisant : 

Le malin catholiqae et le scrir idotàlre, 
Il dina de lauiel el soupa du thoàire. 

Ce gètire d'ouvragés n'étant nullement digne 
d'un prêtre, le cardinal de Noailles lui pro- 
posa de renoncer h. la messe ou 5 l'opéra : 
l'abbé Pellegfin voulut garder ce qui le fai- 
sait Vivre, et le cardinal l'interdit. Ses pro- 
tocti'urs lui procurèrent ime pension sur le 
Mertitre, auquel il travailla pour la pariie 
des spectacles. Il mourut en ItVb, à 82 ans, 
sincèrement converti. On a de lui, outre des 
Tragédies et dc5 Comédies dont le plan ne 
Vaiit onlinairement rien, et dont ];i versifica- 
tion est fade et languissante : Cantiques spi- 
rituels sur les points les plus importants de 
la religion, sur différents airs d'opéra , f)0ur 
les dames do Saint-Cyr, à Paris, in-S" ; autres 
Cantiques sur les [)oints principaux de la re- 
ligion et de la morale, Paris, 1725, in-12; 
Histoire de T Ancien et du Nouveau Testament, 
mise en cantiques, sur les airs de l'opéra et 
ds vaudevilles, 2 vol. in-8", Paris, 1705; les 
Psaumes de David, en vers français, sur les 
plus beaux airs de Lully, Lamfinrt et Gam- 
pra, à Paris, 1705, in-8"; V Imitation de Jé- 
sus-Christ sur les plus beaux vaudevilles, 
Paris, 172i), in-8"; les OEuvr es d'Horace tra- 
duites en vers français, éclaircies par des 
notes, augmentées d'autres traductions et 



pièces de poésies, avec un discours sur ce 
célèbre poêle, et un abrégé de sa vie, Paris, 
1715, 2 vol. in-12. Il n'y a qUe 5 livres d'O- 
des, (jui soient traduits. 

PELLEtilUNl (Josupii-Loi-is), jésuite, né k 
Vérone en 1718, s'adonna à la [)rédi(ation 
avec un tel succès, que l'impératrice Marie- 
Thérèse rap|)cla à Vienne où il pièclui un 
carême devant la cour impériale. De retour 
6n Italie, il continua d'occuj'cr la chaire 
évangélique avec une grande distinction , 
sans iiéy^iger la poésie et la littérature. Le 
P. Pellegrini mourut à Vérone le 18 avril 
i709, âgé de 81 ans. On a de lai : Poésies la- 
tines et italiennes, Venise, 177i-, 2 vol. in-8°; 
Bassano, 1791, in-8"; Au peuple Véronais, 
oraison, 1800, in-S" : elle est ppécédéo dune 
Notice sur la vie de l'auteur, j>ar le comte 
Giidiari ; Vers consacrés à la mort d'Amaritte, 
1800 , in-8°. Amaiitte, anagramme de Ma- 
riette, était le nom d'une sa'ur, qui lui était 
extrêmement chère, el dont il pleurait la mort 
prématurée; Débora, Jephté , Jonas, leçons 
sacrées, Venise, 1804, 2 vol. in-8°; Tobie, 
raisonnements, ibid., \8ii^, 2 vol. in-S"; Ser- 
mons, ihid-i i11-X 1 vol. in-S"; 1818, 5 vol. 
in-S" ; Panéf/ijriques, iidd., 1820, in-8". Il 
était membre de l'acadénne des Arcades de 
Kome, et de beaucoup d'autres sociétés lit- 
tér/iires. 

PELLEPRAT (Pierre), jésuite, né l'an 
iGOO à Bordeaux, professa d'al>ord dans plu- 
sieuis collèges, })arul*ivec distinction dans 
la chaire sacrée à ^atis, et oulint de ses su'- 
périeurs, âurla lin de 1G39, \» permission de 
s'embarquer siu' un bâtiment qui se rendait 
à la Maitinifjue. De là il passa au Mexique, 
oiî il s'appliqua pendant onz-e années à l'in- 
struction des habitants du pays, li mourut au 
milieu de ses travaux, le 21 avril 1667, à 
Puebla de los Angeles. On a du P. Pelleprat : 
Prolu iones oratoriœ, Paris, 164'i-, in-8", re- 
cueil de discours piononcés en diverses oc- 
casions; Relation des missions des jésuites 
dans les ilcs et dans la terre-ferme de l Améri- 
que méridionale, Paris, 1655, ii>-8% Introduc- 
tion à la langue des Culibis, sauvages de VA- 
mérique méridionale, Paris, 1655, in-8°, opus- 
cule raie el recherché. 

PELLETIEU (Jean Le), né à Rouen en 
1C33, s'appliqua d'abord à la peii.ture. Il 
l'abandonna pour l'étude des langues, et ap- 
prit sans maître le latin , le grec, l'italien, 
Tespagnol , l'hébreu, les mathématiques, 
l'astronomie, l'architecture, la médecine et la 
chimie. Sur la tin de ses jours il ne s'appli- 
qua presque plus qu'à lélude de la religion, 
et continua cette élude ju^qu'<l .'a mort, arri- 
vée eu 1711, à 78 ans. On a de lui»: i.ne sa- 
vante Dissertation sur l arche de Noé. 11 y 
ex|ilique la possibilité du déluge universel, 
et comment toutes les espèces d'animaux 
ont pu tenir dans l'arche. Borrel avait déjà 
démontré la même chose ; mais Pelletier, 
S'ans contester ses mesures et ses calculs, 
avait trouvé des inconvénients dans son plan, 
et il tâche de les éviter dans celui qu'il pro- 
pose. {Voy. BoBHEL et Wilkiîjs.j 11 y a. joint 
une Dissertation sur VHemine de saint Be- 



601 PEL PEL 30Î 

tioît. C'est un gros vol. in-12, dans lequel il en Italie et ailleurs. Ayant éié fait gardien 

y a autant de savoir que de sagacité. Des du couvent de Bûle gi\ 1522, le commerce 

hissertalions sur les poids et mesures des an- qu'il eut avec les hérétiques le pervertit. 

€ie))s; sur Kesitah, mot hébreu dans la Ge- S'éfant lié avec Zwingle, il donna dans les 

nè>e, chap. xxxni ; sur la chevelure d'Absalon, sentiments de Luther, qu'il enseigna d'abord 

sur le temple de Salomon et d^Ezecliiel, sur la avec précaution, pour ne pas provoquer le 

mort de Socrate, sur les erreurs des pein- zèle des catholiques ; mais en 152G il quitta 

très, etc., dans les Journaux de Trévoux; son habit religieux, et alla enseigner l'hébreu 

une Traduction française (le là Vie dcSixte- à Zurich, où il se maria bientôt après. Il 

Quint par Leli, 169i, 2 vol. in-12; de l'on- mourut en 1556, à 78 ans, après avoir eu des 

VI âge anglais de IlO!)ert Nanton, sous le titre démêlés fort vifs avec Erasme. On a de lui 

de Fragmenta regalia ou Caractère véritable plusieurs ouvrages, que les protestants ont 

d'Eltzàbetli, reine dWngleterre, et de ses fa- fait imprimer en 7 vol. in-folio. On y trouve 

voris. On le trouve dans les dernières édi- une traduction LUine des Coinmentaires hé- 

tions de la Vie de cette princesse par Leti. braïques des rabbins , non-seulement sur 

Les dissertations de Pellelier sont écrites TEcrilure sainte, mais endOre sur la doctrine 

d'une manière prolixe et languissante, mais particulière des Juifs. 

le résultat en est net et solide. PELLiCIER (Glillaume), évoque de Mont- 
PELLETIER (Claude), docteur en théolo- pellier, né dans le petit bourg de Melgueil 
gie et chanoine de Sriint-Pierre de Reims, ou Mauguio en Lan^^uedoc, s'acquit l'estime 
est auteur d'un grand noiubre d'ouvrages, la de François I" par son esprit. Ce prince 
plupart en faveur de la soumission aux dé- l'envoyn, en 15iO, ambassadeur à Venise, 
cisions de l'Eglise catholique, et en [)articu- Paul III lui accorda la sécularisation de son 
lier à la constitution Unigeaitus. On sent chapitre, et la permission de transférer son 
bien que sous ce point de vue les hommes siège de Maguelone à Montpellier. Ce prélat 
du parti ne l'ont point ép irgné. Voy. le ca- moiitra beaucoup de zèle contre le calvinisme, 
talogue de ses écrits, à la tin de son Traité et ce zèle lui attira de la part des sectaires 
dogmatique de la grâce universelle, 1727. Il des calomnies de tous les genres. 11 mourut 
mourut vers 1751. lldénonça les instructions à Montpellier, en 15G8, d'un ulcère dans les 
de M. Bossuet, évoque de Troyes, à M. Lan- entrailles, causé par l'ignorance ou par la 
guet, archevêque de Sens : Bossuet le tra- malice d'un apothicaire qui lui tit prendre 
duiàt au [)arlement, et obtint contre lui un des [)ilules de coloquinte mal broyées. Pelh- 
arrét de cette cour, en date du 2 juillet 1735. cier avait une riche bibliothèque et de pré- 
Une Nouvelle défense de la Constitution qu'il cieux manuscrits, dont plusieurs se trouvent 
pub ia à Rouen, 1729, 2 vol.; et un Jrrt/fe flfe à la bibliothèque de la rue Richelieu. 
ramour de Dieu, tiré des livres saints, furent Cujas, Rondelet, Turnèbe, de Thou, Scévole 
déférés au parlement ; et ce corps digénéré, de Sainte-Marthe, et les autres savants de 
jugeant sur des affaires qui n'étaient pas de son temps , ont célébré son savoir et ses 
son ressort, su[)piima les ouvrag;.'S. autres qualités. Il a laissé plusieurs ouvrages 
PELLETIER (Le). Voy. Peletier. manuscrits, et l'on prétend que c'est à lui 
PELLLVÉ (Nicolas de), né au château de que nous devons l'Histoire des poissons, que 
Jouy en 1518 d'une ancienne famille de Nor- nous avons sous le nom de (îuillaume Ron- 
mandie, s'attac'ia au cardinal de Lorraine, delet, médecin de Montpellier 

gui lui procura l'évôché d'Amiens, en 1553. PELLINI (Janvier), archevêque de Conza, 
n l'envoya en Ecosse l'an 1559 avec plu- né à Naples le lls.'ptembre 17ttl,fut dabord 
sieurs docteurs de Sorbonne, pour essayer employé par le cardinal Rutfo Scilla, arche- 
de ramener les hérétiques ; mais la reine vèque de Naples, en diverses occasions, no- 
Elisabeth s'étant opposée à leurs pieux di.'s- tamment dans son collège archiépiscopal, où 
seins, Pellevé fut obligé de revenir en France, il ensoigna le dogme. 11 devint chanoine de 
Il quitta son évêché d'Amiens pour l'arche- Naples en 1823, et professeur d'Ecriture 
vêché de S;'ns, et suivit le cardinal de Lor- sainte dans l'université. Elevé sur le siège 
nnne au concile de Trente, où il parut avec archiépiscopal de Con/.a en 1832 , Pellini 
tant d'éclat, que Pie V l'honora de la pourpre montra autant de charité que de zèle dans 
en ISi'O. Envoyé à Rome deux ans après, il l'administration de son diocèse. Par ses soins 
servit les rois de France avec beaucoup de les étu les ecclésiastiques se relevèrent, et il 
zèle et de fidélité pendant plusieurs années, établit dans son séminaire l'étude des lan- 
Les troubles des nouvelles hérésies l'ayant gués savantes. Ce prélat est mort le Û octo- 
engagé dans la ligue, Henri 111 fit saisir les bre 1835. Il avait prononcé les Eloges de 
revenus de ses bénéfices en 1585 ; mais bien- Léon XJI et de Pie V'Ul en italien. ïi avait 
tôt apï'ès ce prince lui accorda la mainlevée encore composé un Entretien historique sur 
de ses biens, et le fit archevêque de Reims, le couronnement des images de lasafftte Vierge 
après la mort du cardinal de Lorraine , dans l'église du Vieux-Jésus ; un autre sur les 
aux états de Blois, en 1588. Il mourut en glorieux faits de saint Higin, pape; des 
1594. Traités théologiques sur la sainte Vierge, sur 
PELLICAN (Conrad), né h Ruffach, on Al- le Culte des Saints et sur la Vérité de la reli- 
sace, l'an 1478, se fit cordeUer en 149V, et gion chrétienne; des Appendices aux In- 
changea le nom de sa famille qui était Kur- stitutions théologiques de Thomas de Char- 
schner en celui de PclUcan. l\ exerça les mes. 
principales charges de son ordre i3n France, PELLISSON-FONTANiER (Paul), né à 



8ii5 



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304 



Bëziers en lO^V, d'iiiio famille do robe, on- 
gi)inir(' de Cîislres, perdit son père de bonne 
heure. Sa mère l'rleva dans la religion pré- 
tendue réformée. Ses talents donnaient des 
espérances h cette secte; il avait autant de 
j)i''nétration (jue de vivacité d.uis l'esprit. 11 
^■tudia successivement àCaslres,h .Monlauban 
et à Toulouse. Les auteurs latins, grecs, 
français, espagnols, italiens, lui devnirent 
familiers. A |)eine avait-il donné (pielques 
mois à l'étude du droit, (pi'il entreprit do 
paraphraser les JnslUulions de Juslinien. 
Cet ouvrage, imprimé à Paris, in-8", en IGVo, 
■était écrit de façon à faire douter que ce fût 
3a production d'un jeune homme. Pellisson 
parut bientôt avec éclat dans le barreau de 
Castres; mais lorsqu'il y brillait le plus, il 
J'ut attaqué de li petite vérole. Cette maladie 
.air.nblit ses yeux et son tempérament, et le 
rendit le modèle de la laideur. Sa (igure 
'était tellement changée, que Mlle de Scu- 
déri, son amie, disait en plais.tntant qu'il 
•abasuit de. la permission qiCont les hommes 
■d'être laids. 11 était étroitement lié aveccette 
personne aussi laide que lui, et il hgura dans 
Jes romans de cetle femme auteur sous les 
noms {ÏAcante et (ÏHcrminius. Plusieurs ou- 
vrages qu'il composa à Paris l'y tirent con- 
naître avantageusement de tout ce qu'il y 
avait alors de gens d'esprit et de mérite. Il 
:s'y fixa en 1632, et l'académie française, 
■dont il avait écrit Y Histoire, fut si contente 
de cet ouvrage, qu'elle lui ouvrit ses portes. 
Touquet, instruit de son mérite, le choisit 
pour son premier commis et lui donna toute 
sa coniiance. Ses soins furent récompensés, 
en 1G()0, par des 1 -ttres de conseiller d'état. 
Il avait eu beaucoui) de part aux secrets de 
rûU([iiet ; il en eut aussi à sa disgrâce. Il fut 
conduit à la Bastille, et n'en sortit (jue qua- 
tre ans après, sans qu'on pût jamais le dé- 
tacher de son maître. 11 y composa pour lui 
des Mémoires (]ui sont des chefs-d'œuvre. 
« Si quelque chose approche de Cicéron, dit 
« l'auteur du Siècle de Louis XIV, ce sont ces 
n tinis Factwns. Us sont dans le même genre 
« que ])lusieurs discours de ce célèbre ora- 
« teur, un mélange d'alfaires judiciaires et 
« d'alfaires d'état, traitées soUdement, avec 
«un art qui j)araît peu, et une éloquence 
«touchante. » Fouquet se serait peut-être 
perdu sans la présence d'esprit de Pellisson. 
Confrontés ensemble, le |)remier craignait 
qu'on ne lui opposât des pièces redoutables : 
il demeurait inteidit , lorsque Pellisson 
s'écria : Monsieur, si voies ne saviez pas que 
les papiers qui attestent le fait dont on vous 
charge, sont brûlés, vous ne le nieriez pas 
arec tant d'assurance. Fouquet, ainsi averti, 
♦int ferme et ne put être convaincu. Pellis- 
son avait conservé une foule d'amis dans ses 
malheurs, et ces amis obtinrent entin sa li- 
berté. Le roi le dédommagea de cette capti- 
vité par des pensions et des i)laces. Il le 
chargea d'écrire son histoire, et l'emmena 
a\ec lui dans sa preauère conque e de la 
Franche- omté. Pellisson méditait depuis 
longtemps d'abjurer la religion protestante; 
il exécuta ce dessein en 1670. Peu de temps 



après, il prit l'ordre de sous-diacre, et ODtint 
l'abbaye de Gimont et le prieuré de Saint- 
Orens, riche bénétice du diocèse d'Auch. 
L'arx;lievè(iue de Paris ayant été reçu à 
l'académie française en 1671, Pellisson ré- 
pondit h ce prélat avec autant d'esprit (jue 
de grâce. Ce fut dans cette occasion qu'il 
prononça le Panégyrique de Louis XIV, tra- 
duit en latin, en es|)agnol, en italien, en an- 
glais, et même en arabe par un patriarche du 
Mont-Liban. 11 fut reçu la même année maî- 
tre des re(piêtes. La guerre s'étant rallumée 
en 1672, il suivit Louis XIV dans ses cam- 
pagnes. Son zèle pour la conversion des 
calvinistes lui mérita l'économat de Cluny en 
167i, de Saint-Germain-des-Prés en 1675, et 
de Saint-Denis en 1679. Le roi lui confia en 
même temps les revenus du tiers des écono- 
mats, pour être distribués à ceux qui vou- 
draient changer de religion , et qui par là 
Kourraient se trouver dans l'abandon et le 
esoin. Il était occupé à réfuter les erreurs 
des protestants sur l'eucharistie, lorsqu'il fut 
surpris par la mort à Versailles, en 1693. Il 
ne reçut point les sacrements, parce qu'il 
n'en eut pas le temps. Il est faux qu'il les 
ait refusés, comme l'assurent encore aujour- 
d'hui les calvinistes, et il est très-certain 
qu'il avait communié peu de jours avant sa 
mort. On a de lui un grand nombre d'ouvra- 
ges dont le style en général est noble, léger, 
facile, mais quelquefois négligé. Les princi- 
paux sont : Histoire de l'académie française, 
qui parut pour la première fois en 1633, h 
Paris, in-12, et dont la meilleure édition est 
celle de l'abbé d'Olivet, qui la continuée, en 
1730, 2 vol. in-12. Trop de minuties sur de 
petits écrivains et d'inexactitudes dans les 
laits ont nui à cet ouvrage, d'ailleurs assez 
curieux. Histoire de Louis XJV, dej)uis la 
mort du cardinal Mazarin, en 166!, jusqu'à 
la paix de Nimègue, en 1678. Cet ouvrage, 
imprimé en 1749, en 3 volumes in-12, sent 
beaucoup le courtisan, et annonce |)eu le hou 
historien. Abrégé de la vie d'Anne d'Autriche, 
in-folio, qui tient du panégyrique; Histoire 
de la conquête de la Franche-Comté en 1G68, 
dans le tome vu' des Mémoires du père Des- 
molets. C'est un modèle en ce genre, suivant 
les uns, et c'est peu de chose suivant d'au- 
tres ; Lettres historiques et OEuvres diverses, 
3 vol. in-12, Paris, 174-9. Ces lettres sont 
comme un journal des voyages et des cam- 
pements de Louis XIV, depuis 1670 jusqu'en 
1688; il y en a 273. Elles sont écrites sans 
précision et sans pureté. Recueil de pièces 
galantes, en prose et en vers, de Mme la 
comtesse de La Suze et de Pellisson, 1693, 
5 vol. in-12. Les poésies de Pellisson ont du 
naturel, un tour heureux et de l'agrément, 
mais elles manquent un peu d'imagination. 
Poésies chrétiennes et morales, dans le recueil 
dédié au prince de Conti. Réflexions sur les 
différends de la religion, a\en une réfutation 
des chimères de Jurieu et des idées de Leib- 
nitz sur le tolérr;ntisme, en 4 vol. in-12. 
Traité de l'Eucharistie, in-12. Ces deux 
ouvrages méritent l'estime des gens sensés, 
autant pour le fond des choses, que pour la 



305 



PEL 



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modération avec .aquelle ils sont écrits. 
M. Migne les a fait entrer dans sa grande 
collection des Démonstrations évamjéliques, 
en 18 vol. in-4% où ils forment une partie 
du tome III. En 1739, on imprima les OEu- 
vres diverses de Pellisson, Paris, 3 vol. in-12, 
et en 1805 Desessarts a publié les OEuvres 
choisies de Pellisson, 2 vol. in-t2. 

PELTAN ou PELTE (Théodore-Antoine 
de), jésuite, natif du village de ce nom dans 
la Campine liégeoise, enseigna avec beaucoup 
de réputation les langues grecque et hébraï- 
que et la théologie à Ingolstadt, et mourut 
à Augsbourg le 2 mai 1582. On ne peut rien 
ajouter à Téloge qu'en fait Valèrc Rotmare 
dans son Histoire des professeurs de Vani- 
versité d' Ingolstadt. On a de lui : Paraphra- 
sis et scholia in Proverbia Saîomonis, An- 
vers, 1606, in-4°; plusieurs Traités de con- 
troverse contre les erreurs de son temps; 
un grand nombre de Traductions du grec 
en latin : 1" du Commentaire d'André de Cé- 
sarée, évoque de Cappadoce, sur VApoca- 
lypse, Ingolstadt, 157i; 2° des Actes du pre- 
mier concile d'Ephèse, avec des notes, 160i, 
in-fol.; 3° des Homélies des 17 Pères grecs, 
sur les principales fêtes de l'année, 1579; 
k" les Commentaires de Victor d'Antioche sur 
saint Marc, de Tite de Bostre, sur saint Luc, 
dans le tome '*' de la Bibliotlipque des Pères; 
5° une Chaîne des Pères grecs sur les Pro- 
verbes de Salomon, Anvers, 1614; G" de la Pa- 
raphrase de saint Grégoire Thaumaturge, 
sur VEcclésiaste, avec des notes. Peltan était 
du petit nombre des savants qui unissent 
les avantages d'une vaste mémoire à ceux 
d'un jugement solide, et les richesses de 
l'érudition à l'exactitude des raisonne- 
ments. 

PELVERT (Bon-François Rivière, plus 
connu sous le nom de), théologien appelant, 
né à Rouen le 5 août 1714, étudia ch^z les 
jésuites de celte ville, puis à l'université 
de Paris, et fut ordonné prêtre en 1738 par 
M. de Caylus, évêque d'Auxerre. Bossuet, 
évéque de Troyes, le nomma professeur de 
théologie dans son séminaire; mais Pelvert 
occupa peu de temps cette place, parce que 
Bossuet se démit de son siège, et que son 
successeur, Poncet de La Rivière, professait 
d'autres sentiments. Pelvert se retira dabord 
dans la communauté des prêtres de Saint- 
Josse, à Paris, où le curé Bournisien rassem- 
blait les appelants. Après la mort de ce curé 
qui arriva en 1753, il forma avec l'abbé Me- 
nildrien et quelques autres une communauté 
secrète où ils dogmatisaient à l'aise. En 
1763 il assista, ainsi que l'abbé Duhamel, au 
prétendu concile d'Utrecht. Il mourut à Pa- 
ris le 18 janvier 1781, après avoii" publié 
sans y mettre son nom un assez grand nom- 
bre d'écrits sur des matières de théologie et 
de controverse, ou pour la défense de ses 
opinions. En voici les titres : Dissertations 
théologiques et canoniques sur l'approbation 
nécessaire pour administrer le sacrement de 
pénitence, 1755, in-12; Dénonciation de la 
doctrine des ci-devant soi-disant jésuites, aux 
archevêques et évêgues, 1767. in-12; deux 



à^ettres sur ta distinction de religion naturelle 
et de religion révélée, et sur les opinions 
théologiques, 1769, in-12; l'année suivante, 
Pelvert y en ajouta trois autres, dont une 
roulait sur l'ouvra-;e de ISIalloville intitulé : 
Examen approfondi des difficultés de Roxis- 
seau, contre la religion chrétienne. Ces cinq 
Lettres réunies forment 2 vol. in-12; six 
Lettres d'un théologien, on Von examine la 
docirine de quelques écrivains modernes contre 
les incrédules, 1776, 2 vnl. in-12. Ces quel- 
ques écrivains étaient les anciens jésuites 
Delaraare, Nonnotte, Floris et Paulian qui,, 
naturellement, étaient loin de penser comme 
Pelvert sur beaucoup de matières; Disserta- 
tion sur la nature et Vessence du sacrifice d& 
la Messe, 1779, in-12; Défense de la Disserta- 
tion, ou Réfutation de quatorze écrits, 1781 , 
3 vol. in-12. Ces deux ouvrages, doiit le 
dernier parut après la mort de Tautour, ont 
rapport à une controverse assez vive qui 
s'éleva contre les appelants, à l'occasion 
d'un livre de l'abbé Plowden sur la nature 
du sacrifice de la messe; Exposition suc- 
cincte et comparaison de la doctrine des an- 
ciens et des nouveaux philosophes, 1787, 2 
vol. in-12, ouvrage dirigé contre les incré- 
dules, et auquel l'auteur n'eut jtas le lemps 
de mettre la dernière main. On lui attribue- 
une Lettre à une Religieuse sur la défense de- 
lire les Réflexions morales et '.es Nouvelles ec^ 
clésiastiques, 1782, in-12. Pelvert fut l'édt 
teur du traité latin de Ciourlin sur la grâce 
et la prédestination, 3 vol. in-V, et il laissa 
un grand nombre de manuscrits. 

PENN (Guillau.me), législate-ur de la Pen- 
sylvanie, et un des chefs des quakers ou 
trembleurs, fils unique du chevalier Penn, 
vice-amiral d'Angleterre, naquit à Londres 
en 1644. Elevé dans l'université d'Oxford, it 
y fut dressé à tous les exercices qui forment 
l'esprit et le corps. Sa curiosité l'ai tira de- 
puis en France. Il parut d'abord à la cour, 
et apprit à Paris la politesse fiançaise. L'a- 
mour de la patrie l'ayant rappelé *en Angle- 
terre, et le vaisseau qu'il montait ayant été 
obligé de relâcher dans un porl d"lrl;inde» 
il entra par hasard dans une assemblée de 
quakers ou trembleurs. Il se lit instruire 
dans les principes de cette secte, et revint 
trembleur en Angleterre. Un auteur mo~ 
dénie prétend qu'il l'était avant de sortir 
d'Angleterre, qu'il le devint [)ar la connais- 
sance qu'il fit à Oxford môme avec un qua- 
ker, et que dès l'âge de 16 ans il se trouva 
un des chefs de cette secte. Mais cet auteur 
n'a pas assez examiné ce lait. Penn, de re- 
tour chez le vice-amiral, son père, au lieu 
de se mettre à genoux devant lui, et de lui 
demander sa bénédiction, selon l'usage des 
Anglais, l'abordable chiipoau sur la tète, et 
lui dit : Je suis fort aise, l'ami, de tt voir en 
bonne santé. Le vice-amiral crut que sou 
fils était devenu fou ; il s'aperçut bientôt 
qu'il était quaker. Il mit tout" e:i usage 
pour obtenir de lui qu'il allât voir le roi et 
le duc d'York le cliai) au sous le bras, et 
qu'il i!0 les tutoyât point. Guillaume répon- 
dit que sa conscience ne le lui lermettail 



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pas. Le pc're, indigné, le chassa (\e sa maison, 
l'onn alla pn^clior dans la cité ; il y fit beau- 
coup de prosélytes. Comme il était jeune, 
beau et bien fait, les leiiuncs de la cour et 
do la ville accouraient dévoleuient [)0ur l'en- 
tendre. Le patriarche d(>s (}uakers, (ieor{j;o§ 
Fox, vint du fond de lAniAlelerre le voir à 
Londres sur sa réputation. Tous deux s'em- 
barquèrent pour la Hollande, et eurent des 
succès dans un pays où toutes les religions 
sont autorisées, hormis la véritable. Mais ce 
qui les encouragea le plus, ce fut la récep- 
tion que leur lit la princesse jinlaline Elisa- 
beth, tante de Georges JL roi d'Angleterre. 
Elle était alors retirée à La Haye, où elle vit 
les amis; car c'est ainsi qu'on appelait alors 
les quakers en Hollande. Elle eut plusieurs 
conférences avec eux; ils. prêchèrent sou- 
vent chez elle, et s'ils ne firent pas d'elle 
une parfaite quakeresse, ils avouèrent au 
moins qu'elle n'était pas loin de penser 
comme eux. Les amis semèrent aussi en Al- 
lemagne, mais ils y recueillirent peu. Penn 
repassa bientôt en Angleterre, sur la nouve.le 
de la maladie de son père, et vint recueillir 
ses derniers soupirs. Le vice-amir.d se récon- 
cilia avec lui et lui laissa de grands biens, 
parmi lesquels il se trouvait des dettes de la 
couronne pour des avances faites par le vice- 
amiral dans des expéditions maritimes. Il fut 
obligé d'aller tutoyer Charles II et ses mini- 
stres plus d'une fois, pou» son paiement. Le 
gouvernement lui donna, en 168Ô,au lieu d'ar- 
gent, la propriété et la souveraineté d'une 
Ï»rovince d'Amérique, au sud de Maryland. 
l partit avec deux vaisseaux chargés de 
quakers qui le suivirent. On appela dès lors 
ce pays Pcnsylvanie, du nom de Peun ; il y 
fonda la ville de Philadelphie, qui est au- 
jourd'hui très-florissante. Il commença par 
faire une ligue avec les Américains sauvages, 
ses voisins. Le nouveau souverain fut aussi 
le législateur de la Pensylvanie. Il donna 
des lois dont aucuue n'a été changée depuis 
lui. 11 revint en Angleterre pour les affaires 
de son nouveau pays, après la mort de Char- 
les II. Le roi Jacques II, qui avait aimé son 
père, eut la même affection pour le tils; 
Penn lui fut très-attaché. On l'accusa même 
de s'être fait jésuite, à l'imitation de ce 
prince, qui ne l'a jamais été plus que lui. 11 
se défendit avec tant d'éloquence eu présence 
de ses juges et de ses accusateurs, qu'il fut 
renvoyé absous. 11 se tint dans une espèce 
de solitude sous le roi Guillaume, dans la 
crainte de donner lieu ii de nouveaux soup- 
çons. En 1699, il ht un second voyage avec 
sa femme et sa famille dans la Pcnsylvanie. 
De retour en Angleterre, en 1701, la reine 
Anne voulut souvent l'avoir à sa cour. 11 
vendit la Pensylvanie à la couronne d'An- 
gleterre, en 1712, 280,000 livres sterling. 
L'air do Londres étant contraire à sa santé, 
il s'était relire en 1710 à Huschomb, près de 
Twiford, dans la province de B uckingham. 
11 y passa le reste de sa vie, et mourut en 
1718, à 7i ans. On a de lui plusieurs écrits 
on anglais, en faveur de la secte des trem- 
bleurs, dont il fut comme le fondateur et le 



législateur en Amérique, et le principal sou- 
tien en Europe. (Toy/. Bauclav, Robert, et 
Fox, Georges). Dans une de ses lettres, 
écrite en 1683, et insérée dans les tUispi- 
nins Letlrrs, Loiidr(!s, 1777, il avance et 
prouve asse^ bien (jue (juelques nations 
américaines descendent des anciens juifs. 
Voy. MiiNASSEu BiîN-IsBAiîr,. Ona de Penn un 
grand nombre d'opuscules en anglais qui ont 
été recueillis en 172G, in-fol. : ils sont pré- 
cédés de la 17e de l'auteur, 

PENNA (Frwçois-Horace della), religieux 
capucin et z('lé missionnaire, né l'an 1680 à 
Maci-rata, fut envoyé au Tibet e.i l<il9 avec 
douze relij^ieux de son ordre. Lorsqu'il re- 
vint h Borne en 1735, il avait perdu, dans le 
cours de ses travaux apostolicpies, neuf de ses 
laborieux compagnons, en remplacement des- 
quels on It.i adjoignit neuf autres capucins, 
qui partirent avec lui pour les missions da 
Tibet, en 1738. Le P. délia Penna mourut 
dans le Néj)àl le 28 juillet 17i7, à Palan ou 
Héla, dans un couvent de sou ordie. Il s'é- 
tait rendu très-familière la langue lii)étaine. 
D'après les renseignements par lui louinis, 
la congrégation de la Propagande publia une 
llclalion dit commencement et de l'état pré- 
sent du grand royaume du Tibet, et de deux 
autres royaumes voisins, Rome, 17i2, m-k", 
en italien. On lioil au P. délia Penna la ver- 
sion de l'oraison dominicale en tibétain, l'ex- 
plication d'un tableau du système cosmogo- 
nique, une clironique et mythologie tibé- 
taines, une description du Tibet, une Chro- 
nique traduite de la iangue de ce pays, une 
relation très-détaillée des mœurs et de la re- 
ligion des habitants de cette contrée en pi us 
de 17 chaj)ilres, et d veis autres morceaux 
restés manuscrits, mais dont le P. Giorgi a 
profité dans son Alphabetanum Tibetanum. 

PENNEC (le Rév. P. Cyrille Le), du dio- 
cèse de Léon, fit profession, le 15 mai 1611, 
au couvent desCarmesde Saint-Po) -de-Léon, 
et devint, en 1618, prieur de la communauté 
d'Hennebon. Le P. de Villiers dil, dans sa 
Bibliothèque latine des Carmes, qu'il y lit 
renaître les beaux jours de la vie monasti- 
que. Revenu, vers 1630, au couvent de Saint- 
Pùl-de-Léon, qu'il appelait son berceau, le 
P. Le Pennée y mourut le 1" mai 1649. On a 
de lui : Le dévot pèlerinage du Folgoét , avec 
le sommaire des pardons et indulgences con- 
cédées à cette saincte chapelle, Morlaix, lG3i, 
in-18. Il en a paru de nos jours un précis, 
sous ce litre : Le dévot pèlerinage de iSotre- 
Damc du Folgoét, par le II. P. Cyrille Le Pen- 
née, religieux carme, avec la liste des autres 
chapelles dédiées à la Vierge, dans Vévéché 
de Léon, Bennes, 1825, iii-18, rédigé par 
M. Miorcec de Kerdauet. L'ouviage a iié re- 
produit en entier dans la nouvelle édition des 
Vies des saints de la Bretagne- Armorique, 
par Alb. Legrand, Brest, 18.J7, in-V; De la 
salutation angélique , adjoustée des saincts 
noms de Jésus et Marie, et autres œuvres de 
la Vierge, Morlaix, 103i, in-18 ; Calendrier 
des fêtes de la Vierge, Morlaix, 16V7, in-32 de 
22+ pages. Le P. Le Pennée a de plus laissé 
en manuscrit: Viridarium Curmeli, sive index 



Î09 



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chronologicxis gravtssimorum patrum gênera- 
lium sacri ordinis Carmelitarum et nonnuUo- 
rum claroi'um ac itlustrium virorum prœdicti 
ordinis, onusotile de 39 pages, qui commen- 
çait h saint Bcrtholde, élu premier général 
des Carmes en 1103, et tiuifsait à Théodore 
Strali, 38° général ; Le sacré fleuron duMont- 
Carmel ; Le. sacré bocage de Notre-Dame de 
Berven, chapelle située entre Lesneven et 
Siiint-Pol-de-Léon ; Gymnasium Carmelita- 
rum, sive Elogia cUirorum virorum et scrip- 
torum pêne omnium sacri ordinis fratrum 
gloriosissimœ Deiparœ Virginis Mariœ de 
Monte Carmelo, de 17:2 pages. 

PKNNOÏTI (Gabriei.), de Novare, cha- 
noine régulier cle Saint-Àuguslin, de la con- 
grégation de Latran, s'est fait connaître par 
une histoire des chanoines réguliers, sous le 
titre de Gcneralis totius ordinis clericormn 
canonicorum Uistoria tripartita, curieuse et 
pleine de recherches. Elle fut imprimée à 
Rorae en 1624., et à Cologne en 16i5; Pro~ 
pugnaculum humanœ libertatis, etc. L'autour 
vivait sous le pontificat d Urbain VIIJ. C'était 
un homme savant et vertueux, que son mé- 
rite éleva aux premières charges de sa con- 
grégation. 

PEQUIGNY. Yoy. Bernardin. 

PERALDUS (Guillaume), dominica'n du 
Dauphiné, mort vers l'an 1260, que plusieurs 
écrivains de son ordre ont cru à tort avoir 
été archevêqiie de Lyon, est auteur d'un 
traité imprimé plusieurs fois: J)e crtf,ditione 
Religiosorum. Yoy. la BibUoth^gue dci, écri- 
vains dominicains, par Eehard ( t Quétif, 

PÉRAHD-CASTEL (François). Yoy. Cas- 
tel. 

PERAU (Gabriel -Louis Calabre), diacre 
et licencié de la maison et socié.té de Sor- 
bonne, né à Seniur en Auxois en 1700, mou- 
rut le 31 mars 17G7, k 67 ans. l\ fut sincère-' 
ment regretté,, tant des gens de lettres, dont 
il honorait la profession par ses mœurs, que 
des amis qu'il s'était faits en grand nombre. 
Sa droiture et sa probité, son esprit égal et 
liant, sa fi'anchiso et sa gaîté naturelles, la 
douceur de son caractère, rendaient son com- 
merce aussi facile que sûr. 11 est i)rincipale- 
ment connu par la continuation des Yics de^ 
hommes illustres de la France, commencées 
)ar d'Avrigny, tom. :5y.III à XXIli. Les vo- 
umes qu'il a composés, sont recommanda- 
bles par l'exactitude i\es recherches et par la 
netteté du style. Op y désirerait quelquefois 
plus de chaleur et d'élégance. M.Turpin s'é- 
tait chargé de continuer cet ouvrage, que 
Pérau fut obligé d'abandonner à cau.^e do la 
perte de sa vue, Turpin est plus recherché 
dans sa manière ; son style est atfecté, et les 
faits sont souvent de son imagination. Pérau 
est encore éditeur d'un grand nombre d'ou- 
vrages qu'il a retouchés, augmentés et enri- 
chis de notes et de préfaces. Son édition des 
OEuvresde Bossuet, en 12 v;;!. in4", ne ren- 
ferme ni les sermons, ni les lettres. On a 
encore ddui : une Description des Invalides, 
1750, in-fol. ; la Yie de Jérôme Bignon, 1757, 
in-12, estimée. Elle forme le 27" vul. des Yies 
des hommes illuslres. 11 a publié, en outre. 



aes Editions de Boileau, de Saint-Réal, la 
Description de Paris par Brice, la Médecine 
des pauvres, de Hecquet, etc., et a écrit le 
Secret des Francs-AIuçons, 17Vi, in-12. — Le 
Recueil A. B. C, qui est une collfction de 
pièces historiques, 17'i.o-62, 2'i- vol, in-12. 

PERBOYRE (Jean-Gabriel), missionnaire, 
né le G janviçr 1802, dune famille de culti- 
vateurs, à Puech,i)etit hame(;iu (Je la paroisse 
de Mongcsty, diocèse de Cahors, était neveu 
du vénérable lazariste, M. Perboyre, qui 
s'est fait connaître j)ar les services qu'il a 
rendus au diocèse de Montauban, comme, su- 
périeur du petit séminaire. Deux de ses frô- 
r^îs furent la/.ai'istes comme lui, et l'un de 
ceux-ci mourut à Batavia, étant sur le point 
de conuîiencer ses travaux apostoliques dans 
la Chine. Deux de ses. sœurs et une de ses 
cousines firent profession chez les sublimes 
filles de Saint-Vincent de Paul. C'est par la 
raison même que plusieurs mrmbies de sa 
famille étaient entrés dans l'état ecclésiasti- 
que, que Jean-Gabriel ne fui point destiné 
d'abord à cette sainte carrière, ses parents 
désirant de le retenir auprès d'eux pour les 
aider dans leurs Iravaux. La Providence en 
disjiQsa .guirement. Ayant accompagné son 
frère Louis qiji 5e rendait au séminaire de 
IMonlauhan, il v passa quelques semaines, et 
il donna dès lors des martiues si visibles de 
sa vocation religieuse, que le digne supé- 
rieur, son oncle, et tous les nviîtres, voulu- 
rent le retenir, et obtinrent à cet elfet le con- 
sentement de ses pèr(> et mère. A l'issue d'un 
sermon de l'abbé de ChièzeS;, qu'il entendit 
en 1817, il dit : Je veux être missionnaire, et 
cette espèce d'qngagement, il l'a glorieuse- 
ment tenu jusqu'au bout. M. Thieys, qui fut 
l'un de ses maîtres, raconte, dans une lettre, 
qu'ti la fin de son cour^ de rhétorique, dans 
les exercices publics c[ui précédèrent la dis- 
tribution des prix, il lut un morceau dont le 
titre était : La croix est le plus beau des mo^ 
numents. « Quelle est belle, s'écriait-il, cette 
« croix plantée au milieu des terres infidèles, 
« et souvent arrosée du sang des apôtres de 
« Jésus-C|irist 1 » En 1820, le 28 décembre, 
le Jeune Perboyre piononça ses vœux dans 
la congré;.^ation de Saint-Lazare. H fut or- 
donné prêtre le 23 septembre 1826, et fut 
envoyé comme directeur au collège de Monf- 
didier (Somme), puis à Saint-FiQur, comme 
professeur de philosophie. }1 devint ensuite 
supérieur du petit séminaire, Ses austérités 
et son zèle ayant altéïé sa santé, ses supé- 
rieurs ra|)peïèrent, en 1832, à la place de 
sous-directeur dunovicial de la congrégation 
à Paris. Sa piété fervente, sa douce charité, 
lui gagnèrent les cœurs, et il opéra d'heu- 
reuses conversions. Ayant obtenu, à force 
d'instance, de partir pour les missii-ns ile la 
Chine avec deux missionnaires qui étaient 
sur le point de s'y rendrç, l'abbé Perboyre 
s'embarqua au mois de mars 1835 pour Ma- 
cao. L'année suivante, au moment de jiéné- 
trer dans l'intérieur du pavs, il écrivait à sa 
sa'ur: « Jespère que le bcn Dieu me jiroté- 
« c;era dans tout ce pèlerinage. Je pars bien 
« portant et bien content. Si vous {jouviez 



311 



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« me voir un peu maintenant, je vous offri- 
« rais un si)octaclc inléres'^ant avec mon ac- 
X coutrcinent chinois, ma tAte rasée, ma lon- 
« gue queue et mes moustaches, balbutiant 
« une nouvelle langue, mangeant avec des 
« b;Uonnels qui servent tle couteaux , de 
« cuillers et de fourchettes. On dit que je ne 
« re[)r(^sonte pas mal un Chinois ; c'est par 
« \h qu'il faut commencer à se faircî tout à 
« tous. Puissions-nous les gagner tous ainsi à 
« Jésus-Christ ! » A son arrivée dans la mis- 
sion, il s'appliqua avec ardeur à instruire les 
inlidèles; mais le terme de ses travaux n'é- 
tait i)as éloigné. Tao-Kouan, empereur de la 
Chine, qui jusqu'alors s'était borné à déni- 
grer et ridiculiser les chrétiens, qu'il confon- 
dait dans la classe des escrocs et des fi- 
lous, changea tout à coup de système. La 
persécution fut organisée le 15 septembre 
1839 à Kou-In-Taii, dans la province du 
Hoii-Pé, où plusieurs missionnaires s'étaient 
réunis pour célébrer la fête du saint nom 
de Marie. Ces missionnaires étaient M.\I. 
Rameaux, Baldus, Perboyre, le P. Clausetto, 
missionnaire italien de la Propagande, etc. 
La messe finissait, lorsqu'on apprit que le 
préfet civil, un mandarin militaire et le 
commissaire du vice-roi, arrivaient en toute 
hâte de Kou-Tchen-Kien avec 125 s.itellites, 
qui mirent le feu au séminaire de Kou-In- 
Tan. Ils massacrèrent les fidèles qu'ils pu- 
rent saisir, et leur rage s'exerça même sur 
les enfants, dont un certain nombre fut jeté 
dans la prison de Kou-Tchen. Les misson- 
naires s'étaient dispersés, et l'abbé Per- 
boyre, en proie à d'intolérables souffrances, 
errait depuis trois jours dans les monta- 
gnes, accompagné d'un catéchumène, lors- 
qu'ils rencontrèrent des soldats : « Nous 
cherchons un européen ; pourriez - vous 
nous en donner des nouvelles? dirent ceux- 
ci. — Vous cherchez un européen ? reprit le 
catéchumène.— Oui, c'est un chef de la reli- 
gion du MaUre du ciel. — Et combien a-t-on 
])romis à celui qui le livrera? — Trente 
laëls. — Eh l)ien ! cet homme est l'européen 
que vous cherchez, » dit le misérable en 
montrant le missionnaire. Les satellites se 
l)récipitent sur le s.iint lazariste, et le traî-, 
nent à Kou-Tchen, les mains liées et le cou 
chargé de chaînes. Avant d'entendre sa der- 
nière sentence, il eut encore à soulTrir d'hor- 
ribles tortures. A Sian-Yan-Fou, le manda- 
rin qui le questionna voulut donner à son 
interrogatoire un afjpareil inouï. 11 est d'u- 
sage que le prévenu se tienne constamment 
à genoux devant son juge. On étendit des 
chaînes et des débris de pots cassés au mi- 
lieu de la salle, et ce fut, suivant l'expres- 
sion de >L Hue, sur ce rude prie-dieu qu'on 
le lit s'agenouiller à nu. Pour qu'il pût con- 
server cette horrible position, il était sus- 
pendu par la machine hant-so, c'est-à-dire 
par une machine placée au-dessus de sa 
tète et à l.iquelle étaient attachés les deux 
pouces réunis de ses deux mains et sa 
queue, de manière f)Ourtant que tout le 
j)oids du corps se portAt sur les cliaînes. 
On plaça sur ses mollets une large traverse 



de bois, et, aux deux extrémités, deux satel- 
lites se balançaient, pendant que le manda- 
rin cherchait h lui arracher une parole d'a- 
postasie. A Ou-Tchan-Fou, métropole de 
la province du Hou-Pé, la cruauté fut pire 
encore. Enfin il fut condamné à la mort par 
la strangulation. Lorsqu'on le conduisit au 
lieu du supplic(\ il était nu-pieds et aVait 
pour toi.t vêtement un caleçon recouvert 
de la robe rouge des condamnés. Ses bras 
étaient attachés derrière le dos, et dans ses 
mains était fixée une longue perche au haut 
de laquelle flottait une espèce de drapeau 
})Ortaiil sa sentence. Cinq malfaiteurs furent 
décapités en punition de leurs crimes ; son 
tour étant venu, il se mit à genoux et fit sa 
prière. Le bourreau l'ayant saisi lui attacha 
les pieds derrière le dos, le lia au poteau et 
se mit en position de l'étrangler. Il s'y re- 
prit à trois fois ; et, comme après la troi- 
sième torsion, le corps semblait conserver 
un souffle de vie, un satellite l'acheva en 
lui lançant un coup de pied. C'est le 11 sep- 
tembre 18W, que l'abbé Perboyre rempor- 
tait ainsi la palme du martyre. Les chré- 
tiens gagnèrent les fossoyeurs qui leur re- 
mirent le corps du saint prêtre, et ils le pla- 
cèrent à côté des restes vénérables de Clet, 
prêtre de la même congrégation, qui avait 
été martyrisé en 1820. Le père de Perboyre, 
en a[)prenant la mort de son fils, fléchit les 
genoux en répétant les paroles de Job : Dieu 
me l'avait donné, etc., et sa mère exprima 
sa pieuse résignation par ces paroles : 
« Pourquoi hésiterais-jc à faire à Dieu le 
« sacrifice de mon fils? La sainte Vierge 
« n'a-t-elle pas généreusement sacrifié le 
« sien pour mon salut ? » On a cité une 
foule de guérisons miraculeuses obtenues 
par l'intercession du martyr. On a publié 
une Notice sur la vie et la mort de Jean- 
Gabr. Perboyre, etc., 18i2, 1 vol in-8% orné 
du portrait du martyr. 

PERCIN. VOIJ. MOTGAILLARD. 

PERCOTO (Jea> -Marie), missionnaire, 
né l'an 1729 h Udine, entra dans la congré- 
gation de Saint-Paul, et devint vicaire apos- 
tolique et évêque de Maxula. Il porta la pa- 
role de Dieu dans le royaume d'Ava, où il 
mourut en 1770. La Vie de Percoto a été 
écrite par M. A. GrifTini , son confrère , 
Udine, 1782, in-4°. On y trouve d'intéres- 
sants détails sur les royaumes d'Ava et de 
Pégu. Percoto avait traduit en birman plu- 
sieurs livres de l'Ecriture sainte, et com- 
posé une grammaire ainsi qu'un diction- 
naire de celte langue ; il traduisit en italien 
des livres dogmatiques des Birmans, qui 
furent déposés dans les archives de la Pro- 
pagande à Rome. 

PERCY (Thomas), prélat anglais, né l'an 
1728 à Bridgenorth en Shropshire, d'une 
famille qui descendait des anciens comtes 
de Norlhuraberland, devint en 1782 évoque 
de Dromore en Irlande, et mourut dans 
cette ville le 28 septembre 1811, ilgé de 
83 ans. On a de cet évoque plusieurs ouvra- 
ges estimés en Angleterre : Han-Kiou- 
Chouan, roman traduit du chinois, 1761, 



515 



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i vol. in-12; Mélanges chinois, 1762, 2 vol. 
iii-12; Cinq morceaux de poésie runique, 
Irail'. de l'irlandais, 17G3, iii-V ; Cantique de 
Salomon avec un Commentaire et des Notes, 
lT6i, in-S" ; Clef du Nouveau Testament, 
1764, iii-S" : c'est un manuel concis, com- 
losé en faveur de ceux qui s'appliquent à 
a littérature sacrée ; il a été ado[)té dans 
es universités et réimprimé plusieurs fois ; 
Reliques d'ancienne poésie anglaise, 1775, 
3 vol. in-12; k' édition, 1812, 3 vol. in-8°. 
Cos Reliques sont composées de ballades 
héroïques, et de quelques autres plus ré- 
centes du même genre : elles font époque 
dans l'histoire de la littérature anglaise du 
xviir siècle ; un Sermon prêché devant les 
enfants du clergé, lors de leur réunion anni- 
versaire à Saint-Paul, 1769 ; une traduction 
des Antiquités septentrionales de Mallet, 
1806, in-V ; etc. 

PÉRÉFIXE, (Hardoli> de Beaumoxt de), 
archevêque de Paris et historien, d'une an- 
cienne maison de Poitou, où il naquit en 
1605, était tiis du maître d'hùlel du cardi- 
nal de Richelieu. Il fut élevé par ce minis- 
tre, se distingua dans ses études, fut reçu 
docteur de la maison de Sorbonne, et prê- 
cha avec applaudissement. Il devint ensuite 
précepteur de Louis XIV, puis évêque de 
Rodez et confesseur du roi ; mais, croyant 
ne pouvoir en conscience remplir en môme 
temps les obligations de la rési iei.ce et 
celle de l'éducation de son auguste élève, 
il donna volontairement la démission de cet 
évêché. 11 lut fait archevêque de Pans en 
1664. Son zèle pour le repos de l'Eglise et 
l'unité de la doctrine lui fit publier un Man- 
dement pour la signature pure et siui])le du 
Formulaire d'Alexandre Vil. On sent bien 
qu'après cela les jansénistes ne l'ont pas 
épargné. L'auteur du Dictionnaire critique 
le traite d'homme de peu de sens, d'une petitesse 
d'esprit et d'une obstination invincible. Le ca- 
ractère doux et aimable do Péréfixe, et ses 
autres qualités, auraient du fermer la bou- 
che à ses ennemis même ; mais c'est le pro- 
pre du fanatisme de ne voir que l'ignorance 
et le vice dans ceux qui le combattent, tandis 
qu'il ne découvre que des lumières et des 
vertus chez ses partisans. Cet illustre [irélat 
termina sa carrière en 1670. 11 avait été 
reçu de l'académie française en 1654. On a 
de lui : une excellente Histoire du roi 
Henri IV, dont la meilleure édition est d'El- 
zévir, 1661, in-12; elle a été depuis très- 
souvent réimprimée. Cette histoire , qui 
n'est qu'un abrégé, fait mieux connaître 
Henri IV que celle de Daniel. On croit que 
Mé/erai y eut part, et il s'en vantait publi- 
quement ; mais cet historien incorrect ne 
iournit sans doute que les matériaux. Il n'a- 
vait point ce style touchant de Péréfixe, qui 
donne tant de charme à son récit, et qui a 
fait dire à un critique moderne que 
« Henri IV devait plus à cette histoire qu'à 
« la Henriade; i)arce qu'elle est écrite d'un 
« ton de sentiment et de dignité qui la rend 
« bien plus intéressante. » Un livre intitulé : 
Institutio principis, 1647, in-16, qui con- 



tient un recueil de maximes sur les devoirs 
d'un roi enfant. On trouve VEloge historique 
de ce prélat composé par Marlignac, dans le 
Journal des Savants, de 1698, p. 191, 

PEREIRA (Benoît), Pererius, savant jé- 
suite espagnol, né en 1535 à Valence, mort 
à Rome en 1610, à 75 ans, professa avec suc- 
cès dans son ordre. On a de lui : des Com- 
mentaires latins sur la Genèse, in-folio, à 
Anvers, et sur Daniel. Il y a beaucoup de 
recherches dans l'un et dans l'autre ouvra- 
ges. On a encore de lui : De magia, observa- 
tione somniorum et divinatione astrologica 
libri m. Il y combat et dévoile les presti- 
ges de ces arts funestes. 

PEREIRA DE CASTRO (GabrièT), juris- 
consulte portugais, membre du collège de 
Saint-Paul dans l'université de Coimbre, 
expéditeur des appels, sénateur du concile 
suprême de Portugal, né à Brague d'une 
famille illustre dans le barreau, était encore 
en vie en 1623, dans un âge avancé. 11 est 
auteur d'un ouvrage de droit intitulé : De 
manu regia, seu de legibus regiis quibus 
regni PortugaUiœ in causis ecclesiasticis 
cognitio est ex jure, privilégia, consuetudine, 
Lisbonne, 1622, in-folio. Il a paru à Lvon, 
en 1673, in-folio ; l'édition qui porte 1698 
n'a rien de nouveau que le frontjspice. Cet 
ouvrage, divisé en deux parties, est estimé : 
il contient un grand nombre de diplômes 
sur les matières ecclésiastiques, recueillis 
avec soin et tirés des archives de la cou- 
ronne, appelées Torre de Tombo. Ces diplô- 
mes concernent les concordats faits entre 
la puissance ecclésiastique et le roi, et ser- 
vent très-bien à terminer les différends qui 
s'élèvent entre les deux puissances. Toutes 
les matières qui divisent souvent le trône 
et l'autel y sont discutées avec beaucoup 
d'érudition. 

PEREIRA ( Joseph), carme portugais, était 
encore en vie l'an 1731, mais d'un âge avan- 
cé. Nous avons de lui : Dissertation apologé- 
tique, historique, dogmatique et politique des 
Rites sacrés, en portugais, Lisbonne, 1751, 
iu-ï" ; Chronique des Carmes portugais de ta 
stricte observance , Lisbonne, 1747, 2 vol. 
in-fol. 

PEREIRA. Voy. Figueiredo. 
PERERJNYI (François), jésuite hongrois, 
s'appliqua à faire fleurir les lettres dans sa 
patrie. On a de lui : Archi - Laurus strigo- 
niensis, Tyrnau, 1655, in-8°; c'est l'éloge en 
vers des 58 archevêques de Strigonie. 

PÉRÈS (Jean-Baptiste), oratorien et pro- 
fesseur de mathématiques et de physique à 
Lyon, devint bibliothécaire de la ville d'A- 
gen, où il est mort le 4 janvier 1840. On a 
de lui une brochure intitulée : Comme quoi 
Napoléon n'a jamais existé, sans nom tl'au- 
teur, 1827 ; 5" édition, Paris, 1842, in-32, avec 
le nom do l'auteur. Cette petite brochure pré- 
sente sous la forme d'un piquant paradoxe 
une critique assez ingénieuse de l'ouvrage 
de Dupuis, intitulé : Origine de tous tes cul- 
tes, et de tous les écrits dans lesquels on 
s'étaie, pour soutenir des systèmes faux, 
d'analogies ou de rapprochements astrono- 



315 



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iniques, mvtliologiquos, liistoririiios , aux- 
(jueis, avec un peu d'adresse, on fait si- 
gnilier tout ce que l'on veut. 

PKKI";Z (ANTorNK), ar(liev(\]ue (Je Tarrn- 
goue, mort à Madrid le 1'^ mai Ki.'H, à 08 
a»is, n laissé des Sermons et do.s Traités sur 
TE^lisc, sur les Conciles, sur l'Hciilun', sur 
la Tradition, pidjliés sous ce ùiio : Pcnta- 
teucfiHS pdei, sivp voluminn Y de Errlrsia, de 
Conciliis, de Scriplum sacra, de Tradilioni- 
hns sacris , de Homnno Povdfice, Madrid, 
1020 ou 1021, in-fol. Ce volume se trouve 
dilîicilement conijjlef. OuL'Iques traits de la 
5' partie, ayant éveilR' la sus(;e[)li|ji]it(^' de la 
cour de IJome, occasionnèrent la suppres- 
sion tacite de Touvraiie , dit un bio^^raplie, 
et il n'a point été réimprimé. — Un autre 
Antoine Fébez, jésuite, mort en 1031, en- 
seigna la théologie ï\ Salamanque, à Rome, 
et publia divers Traités de théologie sco- 
lastique et morale. Le cardinal Pallavicin 
l'appelle virum ingcnio mortalinin niilli se- 
ciindum, simuh/ue religione ac pictnte inchj- 
tum. —iosc\)h PÉUKZ, bénédictin es[)agnol , 
professeur en théologie dans l'université de 
Salamanque, s'appliqua à éc'aircir l'histoire 
d'Espagne et surtout celle de son ordre. 11 
l)ublia en 1088 des Dissertations latines con- 
tre le P. Papebroch. Mais il convient en môme 
temps que l'on faisait bien de purger Tliis- 
toire des saints des contes absurdes qui la 
défiguraient. Il mourut vers l'an 1090 

PEREZ (le P. André), théologien espa- 
gnol, et religieux dominicain, né vers 1570 
dans le royaume do Léon, se fit une répu- 
tation dans son ordre comme prédicateur, 
devint supérieur de son couvent h Madrid, 
et mourut vers 10-30. On a de ce religieux des 
Sermons, 2 vol. iu-i°; Vie de saint Raymond 
de Pegnafort. Mais le P. André Pérez est en- 
core 1)1 us connu par un roman intitulé : La 
Picara Justina, qui fut imprimé })Our la pre- 
mière fois à Bruxelles en 1608, in-8% sous 
le pseudonyme de François Ubeda Toledan. 
Une traduction française, que l'on attribue à 
l'abbé de Boisrobert ou à son frère d'Ou- 
ville, en a été imprimée à Paris; elle est intitu- 
lée : La Narquoise Justine, lecture pleine de 
récréatives aventures et de morales railleries, 
etc., 1033, in-8°. On y trouve un tableau naïf 
des mœurs espagnoles au commencement 
du xvii« siècle. L'auteur paraît avoir pris 
pour modèle le Guzman d'Alfarache d'Ale- 
man, que Lesage a popularisé en France. 

PERIERUS(Jeax), jésuite, natif de Cour- 
trai, se distingua dans l'étude de l'antiquité 
ecclésiastique, et mérita d'être associé aux 
savants hagiographes d'Anvers qui ont écrit 
les Acta sanctorum. 11 mourut l'an 1702, à 
31 ans. 

PERION (JoàCHiM), docteur de Sorbonne, 
né, vers la fin du xv' siècle, à Cormery en 
Touraine, se fit bénédictin dans l'abbaye de 
ce nom en 1317, et mourut dans son mo- 
nastère vers 1339. On a de lui : quatre Dia^ 
logues latins sur Vorigine de la langue fran- 
çaise, et sa conformité avec la grecque, Paris, 
1353, in-8''; Topicorum (heologicorum libri 
duo. in quorum secundo agitur de iis omni- 



bus qu(p fiodie ao hœreticis definduntur, Pa- 
ris, 13'i9, in-8"; Cologne, 1359, in-8"; De vi- 
tis et rébus gestis Apostoloruiji, Pai'is, 1331, 
in-10; réimprimé plusieurs fois et traduit en 
irançais pai- Jean de La Fo.s>e, ibid., 1352, 
in-10; des traductions latines de quelques 
livres de Platon , d'Arisloïc, de saint Jean 
Damascène, de Justin, dOrigène, et de saint 
lîasile. Son latin t st élégant, mais l'auteur 
maii'iuait do critique 

PERKINS idtii.LvuMF:), théologien angli- 
can, né en 1538 à Moiston dans le comîé \',-i 
Warwick. se l'ondit h d)ile dans l'Ecritu;!^ 
sainte. 11 devint profoscur de théologie à 
Canibridge, oiî il moui'tit en 1002, à •V3 <ujs. 
On a de lui : Commentaires sur une jj.^rticde 
la Bible ; un grand nombre de Traités théo- 
logiques \\\V)i\\nés en 3 vol. in-folio. 

PERPÉTUE et FÉLICITÉ (saintes), mar- 
tyres, ont soulfoit la mort h Carthage pour 
la foi de Jésus-Christ, en 203, 20i, ou 205. 
Dom lluinart a domié des actes de leur mar- 
tyre. Ces actes sont authentiques et ont été 
cités par Tertullien et par saint Augustin. 
La première jiartie de ces actes, qui va jus- 
qu'à ia veille <le leur martyre, a été écrite 
par sainte Perpétue; saint Sature et un té- 
moin oculaire ont ajouté le reste. On y ad- 
mire surtout la vision qu'elle eut peu de 
jours avant sa n)0rt. Sollicitée par Sature, un 
des compagnons de son futur martyre, de 
deniander h Dieu de ([uelle manière finirait 
leur confession, elle vit en songe une échelle 
d'or si haute qu'elle touchait de la terre au 
ciel, mais si étroite qu'il n'y pouvait mon- 
ter qu'une personne à la fois. Aux côtés de 
cette échelle étaient attachés des crocs, des 
Inmes d'épées, des couteaux, des pointes de 
fer et autres ferrements, disposes de ujanière 
que celui qui y serait monté sans prendre 
garde ii soi , en aurait été percé et dé- 
chiré. Au pied de Téchelle était un dragon 
effroyable qui semblait en défendre l'appro- 
che. Sature monta le premier et invita Per- 
pétue h le suivre. Arrivée au haut de l'é- 
chelle, elle vit un jardin fort spacieux, et 
au milieu de ce jardin un grand homme ha- 
billé en berger, qui tirait le lait de ses bre- 
bis au milieu d'une foule de personnes vê- 
tues de blanc. Soyez la bienvenue, ma fille, 
dit-il h. la sainte, et en même temps il lui 
donna comme un morceau de fromage fait 
avec le lait qu'il tirait. Après c|u'elle l'eut 
mangé, tout le monde ayant répondu Atnen, 
elle s'éveilla à ce bruil, sentant encore quel- 
que cliose de doux dans sa Ijouche. Elle se 
crut alors destinée au martyre, et Sature 
consomma effectivement son sacrifice quel- 
ques instants avant elle. (Voy. Vindiciœ ac- 
torum sanctarum Perpétua; et Felicitatis, du 
cardinal Orsi, in-i°.j — Il y a une autre 
sainte Félicité {Voy. ce nom) qui a soulTert 
le martyre avec ses sept fils, sous Marc- 
Aurèle, dont certains écrivains ont tant exal- 
té l'humanité. 

PERPÎNIACO (GuiDO de) , ainsi appelé 
parce qu'il était de Per;iigiian, se fit carme, 
et fut général do son ordre l'an 1318, évêque 
de Majorque en 1321, et mourut h Avignon 



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Je 21 août 13i2. On a de lui : une Concor- 
dance des Evangélistes ; [iïie Somme des héré- 
sies avec leur réfutation; des Statuts syno- 
daux et jilusieurs autres ouvrages. 

PERPINIEN (Pierre-Jean), Perpinianus, 
jésuite, né vers 1530 à Elche au royaume de 
Valence, fut le premier de sa compagnie qui 
fut professeur d'éloquence à Coimbre. Il y 
reçut de grands applaudissements, surtout 
lorsqu'il y prononça son discours ^e6^//w/îrt- 
siis socieiatis Jcsu.U enseigna ensuite la rhé- 
torique à Home, puis l'Ecriture sainte dans 
le collège de la Trinité à Lyon, et enfin à 
Paris, où il mourut en 15GG, Agé d'environ 
36 ans. Muret et Paul Manuce font un grand 
éloge de la pureté de son langage et de celle 
de ses mœurs. Il est compté parmi les bons 
latinistes modernes. Le père Lazery, jésuite, 
a publié le recueil de ses ouviages, à Rome, 
en 174-9, en k vol. in-8". Ils contiennent: dix- 
neuf Harangues d'une belle et riche latinité, 
d'un style nombreux, sonore, imposmt et 
agréable; c'est un des écrivains espagnols 
qui ont le mieux rendu le ton de rélo(]U(nice; 
la Vie de sainte Elisabeth, reine de Portugal ; 
un Recueil de 33 Lettres, dont 2i2 de Perpi- 
nien et 11 de ses amis ; seize [wl'ûs Discours, 
intitulés : Proœmia et gratiarum actiones ad 
pubiicas philosophiœ, theologiœ,jurispruden- 
tice disputationes. 

PERPONCHER (W.-E. de), écrivain et 
poëte hollaudids, issu d'une famille noble, se 
moutra, pendant la révolution française, fi- 
dèle à son ancien gouvernement. îl f.it du 
nombre des otages que la général Molitor, 
chargé df la défense de la Hollande, envoya 
en 18^3 à Paris ; ces otages, comme ceux du 
Piémont et de quelques autres pays, ne re- 
virent leur patrie qu'après la chute du gou- 
V(-'riiement impérial. Perponchcr mourut en 
1819, à Utrecht, dans un âge avancé. 11 avait 
publié plusieurs ouviages de morale et de 
théologie estimés des protestants, notamment 
di'S Observations sur les Epîtres de saint 
Paul, avec des notes, et une traduction en 
langue hohandaise de l'Ancien Testament de 
Michaélis.Onaausside lui un volume de Poé- 
sies hollandaises, Utrecht, lëOJ. 

PERRAULT (Nicolas), docteur en Sorbonne, 
ifrèr.e de Claude Perrault, le célèbre archi- 
-tecie de la façade du Louvre, et de Charles 
Perrault, l'auteur du Parallèle des anciens et 
des modernes, qui fut membre de l'académie 
fiançaise, domia en 1607 1 voL in-4.", sous 
ie t Ire de Théologie morale des Jésuites, 
ouviage de parti, qui ne prouve ni son équité 
ni sa mod ration. 

PERRAY. Voy. Duperrvy. 

PERREAU (Pierre), ecclésiastique, né le 
22 septembre 176G à Savigny-sur-Beaune , 
fut accusé, lors des démêlés de Napoléon 
avec le pape, d'avoir répandu le bref au car- 
dinal Mauiy et la bulle d'excommunication. 
Arrêté et enfermé à Vincennes, il montra 
jusqu'à la (iu une fermeté digne d'éloges. 
En 181i , l'abbé Perreau devint membre 
d'une commission ecclésiastique chargée des 
alfaires de l'Eglise, et peu de temps a[)rès 
il fut attaché à la chapelle du roi en qualité 



ue chapelain. Mgr de Croï le nomma, en 
182'i., vicaire général de la grande aumône- 
rie, et il conserva ces fonctions jusqu'en 
1830. Alors il quitta la France; il rentra dans 
sa patrie en 183'i-, et mourut le 5 mai 1837, 
âgé de 71 ans. 

PERRENOT (Axtoine), ministre de Char- 
les-Quint et de Philippe 1!, pli!s connu sous 
le nom de cardinal de Granvclle, était fils de 
Nicolas Perrenot, seigneur de (jran\ elle, et 
chancelier de l'empereur Chailes-Quint. Il 
naquit le 20 août 1517, k Ornans, dans le 
comté de Bourgogne. Il fit ses études à Pa- 
doue et puis à Louvain avec beaucoup de 
succès, et ap{)rit le latin, le grec, l'allemand, 
l'italien, l'espagnol. Après avoir brillé dans 
l'université de Padoue et de Louvain, il en- 
tra dans les ordres sacrés. Son père le mena 
à la cour de Charles-Quint, qui ne tarda pas 
h l'employer dans les négociations. Le jeime 
Granvelle s'en acquilta avec autant de faci- 
lité que d'honneur. Semblable à César, il 
occupait cinq secrétaires à la fois, en leur 
dictant des lettres en différentes langues; il 
en savait sept f)arfaitement. A l'âge de 25 ans, 
il fut sacré évoque d'Arras. Il assista au con- 
cile de Ticnte, et y soutint avec tant de 
zèle les intérêts de l'empereur, qu'il en fut 
récompensé |)ar une chai'ge de conseiller 
d'état. Son maître 1." chargea plus d'une fois 
d'alfaires impoManles, dont il se tira avec 
succès. Dans la guerre conti'e les protestants 
de l'Allemagne,' Granvelle prit Constance par 
surprise. Cette ville était devenue l'asile des 
l)rutestants, et pendant les dernières guerres 
do Charles-Quint, Granvelle le servit de la 
plume et de l'épée : il se tenait h cheval, 
armé de pied en cap, à côté de la litière où 
était l'empereur, qui souvent souffrait de la 
goutte. Une éloquence douce et persuasive 
lui tlonnait un grand ascendant sur les es- 
prits. Il conclut le traité de Passau, qui lut 
très-favorable à l'Allemagne; et il négocia, 
en 1553, le mariage de l'infant don Philippe 
avec Marie, reine d'An;=;leteie, ce qui rendit 
pour quelque temps l'Espagne arbitre de 
toute l'Europe. Chaiies-Quint, en abdiquant 
l'autorité souveraine, recommanda Granvelle 
à son successeur. L'évoque d'Arras mérita 
les bonnes grâces de Phih[)pe II, qui le con- 
sultait en toute occasion. Granvelle fut fait 
archevêque de Malines en 1559, année où 
cette église fut érigée en métropole, et il 
obtint la dignité de chancelier qu'avait eue 
son père. La duchesse de Parme (.Marguerite 
d'Autriche), chargée du gouvernement des 
Pays-Bas, accorda toute sa confiance à Gran- 
velle, qu'on lui avait donné comme minisUe 
et conseil. Cette princesse lui i)rociira le 
chapeau de cardinal en 1561. Mais l'hérésie, 
et la révolte qui en est une suite naluielle, 
ayant mis le trouble dans les provinc; s 
belgiques, les factieux cabalèrent si forte- 
ment contre le cardinal, (ju'il craignit jiour 
sa personne. Il demanda au roi la pcrmis- 
siou de se retirer à Besançon pour quelque 
temps, ce qu'il obtint en 156V. Le séj.ur 
qu'il y fit pendant 5 à6 ans forme uiio des 
beii'S époques de sa vie. Le cardinal de 



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PER 



FER 



320 



Granvelle avait pour secrétaire le célèbre 
Juste-Li|>so, qu'il amena avec lui, ainsi (|ue 
Pétri, habile nellénisle. Il s'y occupa do 
l'élude des lettres, attira des hommes sa- 
vants auprès de sa personne, établit une 
académie littéraire, et enf,'<igea Arias Monta- 
nus à prendre soin de la Polyglotte d'Anvers, 
(iranvelle avait fait f.iire à ses Irais les copies 
des exemplaires gi ecs de la Bible du Vatican, 
qu'il do